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vendredi 30 août 2013

Nouvelles de la Résistance : De la démocratie et de ses résultats... premier billet du 30 août 2013

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Aujourd'hui, je ne ferai que vous citer les réflexions amères de Marcel GAUCHET. Et, pour faire plaisir à Charlotte (qui n'a pas répondu à mon billet d'avant-hier), il ne s'agira pas de la loi TAUBIRA, laquelle n'est que l'épiphénomène d'un mouvement plus profond d'aliénation démocratique du sujet :
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"Dira-t-on ainsi que dans notre société, la liberté et la possibilité, jamais vues à l'échelle de l'histoire, de lire, de penser, d'écrire, de publier débouchent sur une féconde et diverse autonomie intellectuelle ? Jamais on n'a vu, au contraire, pareil suivisme, pareil conformisme, pareille dévotion envers des oracles de bas étage qui n'ont pas besoin de K.G.B. pour faire répéter les plus grotesques de leurs propos, à prétention par surcroît dénonciatrice et pseudo-subversive.. [...]. Voit-on la liberté de mouvement, de mœurs, d'opinion mener à des conduites indépendantes, personnelles, intérieurement libres en un mot ? La privatisation, on l'a cent fois observé (mais le sujet mérite plus que jamais d'être creusé), marche de pair avec une massification des comportements et des modes de vie. Les droits de l'homme d'un côté, mais point de sujet autonome de l'autre côté pour les exercer : telle paraît être la formule vers laquelle se dirige nos sociétés.
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"L'émancipation de l'individu-homme et les droits qui la sanctionnent ne sont pas séparables d'une aliénation collective qu'ils tendent à alimenter : constat qu'il faut commencer par sérieusement méditer avant de se précipiter sur la formule magique des droits de l'homme comme la clé enfin trouvée du problème politique. Il est un envers menaçant - qui ne le sait à présent ? - d'une société libérée de toute oppression : la domination totale. Il peut y avoir aussi un revers à la lutte naïve pour l'accroissement de la sphère des droits de l'individu : le renforcement du rôle de l'Etat, l'approfondissement de l'anonymat social, l'aggravation encore du désintérêt pour la chose publique et la banalisation angoissée des conduites. Aliénation : c'est, en son sens précis, le terme générique qui s'impose ici. Car ce dont il s'agit en chacun de ces points, C'EST D'UNE DISJONCTION PRIVATIVE ENTRE LE POINT DE VUE INDIVIDUEL ET LE POINT DE VUE COLLECTIF (majuscules de votre serviteur). On est individuellement libre, mais à l'intérieur d'une société prise en charge par l'Etat ; on se sent soi, on se vit sur le mode de la particularité par devers soi, mais on est n'importe qui du point de vue d'ensemble de l'organisation où l'on s'insère. On est du dehors indépendant en tant qu'atome social, mais on est du dedans incapable, d'une part incapable de penser parmi les autres ; et, d'autre part, incapable de prendre ses distances et d'assumer sa différence par rapport aux autres."
 
In Marcel GAUCHET. La démocratie contre elle-même. Collection Tel, Gallimard, Paris, 2002.
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Voilà le résultat de la démocratie contemporaine en général, et de la démocratie française actuelle en particulier, une aliénation du sujet dans sa dimension politique. C'est pourquoi, recouvrant l'autonomie chère à nos pères grecs, les Veilleurs dont je suis, redonne au civisme et à la politique leur dimension interpersonnelle, et cela contre les dictateurs prétendument démocratiques aux petits pieds qui entendent nous imposer leurs vues. Venez tous nombreux demain à 17 h 30, Esplanade de la Défense, pour déambuler dans l'espace public, en libres citoyens, pour participer au rassemblement des Veilleurs.
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samedi 17 avril 2010

Civisme dans la Chine ancienne

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Voici comment MOZI (chap. XII) envisage la contribution de ses compatriotes à la vie de la cité :
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"Quiconque apprendra qu'un autre rend service à son pays devra rapporter le fait aux autorités, il en sera récompensé comme si c'était lui-même qui avait rendu service ; mais quiconque apprendra qu'un autre cause du tort à son pays devra le signaler, faute de quoi il sera puni comme s'il était lui-même l'auteur du crime."
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Évidemment, la maxime peut paraître un tantinet expéditive. Car si nous envisageons assez facilement de pouvoir louanger ou faire louanger un homme de mérite, nous répugnons à dénoncer les fauteurs de troubles quelle que soit la gravité des actes commis. C'est ainsi que règne en Italie ou en Corse la fameuse loi du silence, l'omerta, et que nombre de journalistes invoquent le secret sur l'origine de leurs informations et l'identité de leurs sources, même quand il s'agit de criminels ou de délinquants avérés.
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Tout est question de discernement. Seule une conscience éclairée peut décider de ce qu'il convient de faire quand elle a connaissance de ces faits. On peut laisser à la police le soin de punir des contrevenants ; cacher des délinquants est déjà une autre affaire. Quant aux criminels, il n'y a pas à balancer, et du reste la loi, en France nous en fait obligation : nous avons l'obligation morale de les faire connaître aux autorités judiciaires.
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Affaire suivre dans un prochain billet.

lundi 12 avril 2010

La tentation d'ailleurs

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Par moment, je suis saisi d'une étrange passion : vivre dans une ferme toute construite de granit, au toit couvert de lauzes, une ferme perdue dans une belle clairière, nichée au fond des sombres forêts de la Margeride ! Aucun bruit, hormis celui du vent dans la cime des pins et des épicéas, et celui d'une aile d'oiseau, un oiseau solitaire et triste peut-être. Le premier voisin à 10 km de là. Une grande pièce unique pour vivre, travailler et dormir. Une grande cheminée où brûleraient l'hiver d'énormes bûches. Loin de ces hommes fourmis qui ne voient rien, plongés qu'ils sont dans leur journal, ou qui n'entendent rien d'autre que le bruit furieux du rap ou du rock, drogués par cette affreuse musique qu'ils enregistrent fiévreusement dans leurs MP3. Loin de ces affiches agressives qui ne font qu'exalter la richesse, le luxe, le confort, la bouffe, le sexe. Loin de cette insupportable agitation qui mime le choc des atomes dans la matière surchauffée.
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Bien entendu, c'est une tentation. Et je ne sais si je survivrais à l'épreuve du réel. Tant il est vrai que notre véritable maison, c'est ailleurs.
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Alors, comment faire ? Résister ! Résister en établissant autant de liens directs qu'il est possible avec les passants de la rue, les passagers du métro, les chalands des boutiques, par le sourire, par des mots simples. Montrer que nous faisons partie de la société des hommes. Ne pas se décourager. Ni les médias, ni les politicards de droite comme de gauche, ni les publicitaires ne doivent pouvoir entamer notre liberté de juger et de penser, et de réduire à de justes proportions leur importance - car ils en ont bien sûr ; le nier serait irréaliste. Et ne pas considérer l'espace public comme la salle de bal des ego boursouflés.
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Je conviens que tout cela manque de saveur et de pertinence. Mais il me semble que nous devons faire un effort pour rétablir de la civilité dans ces lieux où nous sommes amenés à croiser des inconnus, des hommes et des femmes dont nous ignorons l'histoire, les joies et les souffrances. En somme, l'homme réel, plutôt que l'homme imaginé par les idéologues, les "créatifs", et les marchands du temple.
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vendredi 3 octobre 2008

Lettre ouverte à madame le sénateur Dominique Voynet

Madame,

Je croyais naïvement que, membre du corps législatif, vous étiez un promoteur et un gardien des lois que vos êtes chargée d'élaborer, d'amender et de voter. C'est donc avec stupeur et indignation que j'ai appris par la presse votre décision de ne pas organiser de service minimum d'accueil dans les écoles de la commune dont vous êtes maire. Les mamans de MONTREUIL seront très contentes de l'apprendre. Elles vont, à quelques jours de la grève des enseignants, chercher comment régler le problème de la garde de leurs enfants mardi prochain, et pour beaucoup d'entre elles, ce sera au détriment de leur revenu. Souffrent vos administrés pourvu que votre idéologie soit sauve.
On aimerait savoir pourquoi vous refusez d'organiser cette garde. Vous ne vous dérobez pas, madame, vous le dites tout crûment : "Le texte est inapplicable". Voilà bien une raison ! Il y a des milliers de commune, dont PARIS, qui le trouvent tout à fait applicable. Pas vous. Si par malheur vous reveniez, vous et vos amis, au pouvoir accepteriez-vous que les textes votés par votre majorité ne soient pas appliqués par ceux auxquels ils sont destinés. Vous imaginez un adversaire politique responsable dire que l'ISF est une imbécillité, doublée d'une injustice et qu'il ne faut donc pas faire de déclaration de fortune au fisc, que la loi sur le minimum de logements sociaux à construire dans les communes de plus de 3500 habitants ne peut être mise en oeuvre. Vous aurez beau vous époumoner pour que les cyclistes respectent les feux rouges, pour que les automobilistes paient leur stationnement et ne garent pas leur véhicule, n'importe où, pour que les collégiens et lycéens, sans compter ceux que les médias appellent pudiquement les jeunes, respectent les murs et les locaux de leurs établissements. Vous ne serez jamais crédible. Votre attitude est tout simplement scandaleuse, et elle témoigne bien de l'esprit totalitaire qui anime votre action et votre discours : ne sont bonnes et respectables que vos lois. Celles d'une majorité élue démocratiquement ne valent pas tripette. Il ne faut pas s'étonner, si devant ce manque de respect pour la démocratie, et de rigueur dans le discours politique de nombre d'élus de notre vaillante gôôôôche, nos jeunes ne respectent rien, pas même leurs parents, et bien sûr leurs professeurs. Vous êtes un de ces éléments corrupteurs du civisme qui depuis trente ans pourrissent notre pays.
Et je me demande encore pourquoi ces propos ne sont pas relevés par les tribunaux.
J'ai bien l'honneur, madame, de vous saluer.