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jeudi 6 octobre 2022

BILLET DU 06 OCTOBRE 2022. LE PARADOXE DE LA LIBERTE : INDIVIDU CONTRE ADMINISTRATION.

 "Car tel s’avère le paradoxe de la liberté selon les modernes : l’émancipation des individus de la contrainte primordiale qui les engageait envers une communauté supposée les précéder quant à son principe d’ordre, et qui se monnayait en très effectives attaches hiérarchiques d’homme à homme, loin d’entraîner une réduction du rôle de l’autorité, comme le bon sens, d’une simple déduction le suggérait, a constamment contribué à l’élargir. L’indéniable latitude acquise par les agents individuels sur tous les plans n’a aucunement empêché, mais au contraire a régulièrement favorisé, la constitution, à part et en sus de la sphère de l’autonomie civile, d’un appareil administratif prenant de plus en plus largement et minutieusement en charge l’orientation collective. Plus du tout sous le signe de l’imposition d’une loi extérieure, intangible, échappant à la prise des hommes puisqu’antérieure à leur volonté. Sous le signe, fondamentalement, de l’organisation du changement, de la maîtrise de l’évolution, de la définition de l’avenir — de la production de la société par elle-même dans le temps."

Marcel GAUCHET.

La démocratie contre elle-même. (Collection "Tel", N°317.)

Gallimard, Paris, 2002.


Nous avons dans cette analyse lumineuse d'un livre de première grandeur tout le drame de notre époque qui est en train de se jouer sous nos yeux. Le principe d'ordre ancien était féodal, puis il est devenu "ordinal"  en ce sens que l'on décomposait la société en ordre, doté chacun d'une fonction sociale, comme dans toutes les sociétés indo-européennes ainsi que l'a démontré magistralement DUMEZIL. Le seul principe d'ordre qui prévaut aujourd'hui n'est même plus celui du mérite puisque l'on voit comment le copinage, le magouillage, l'effarante manière de juger qu'a la justice en sont les éléments principaux, monnayés en normes de droit positif. Je n'ai pas envie de donner des exemples. Il y en a trop dans l'actualité. Et puis, pour des raisons qui me sont personnelles, je ne crois pas utile d'impliquer des personnes précises, alors qu'en réalité ce que nous voyons est le résultat de la neutralité axiologique de la politique, c'est-à-dire l'absence de tout aspect moral dans la détermination des normes du droit, et en vérité le fruit de la blessure originelle de l'homme, telle que la raconte le livre de la Genèse.

dimanche 18 septembre 2022

BILLET DU 18 SEPTEMBRE 2022. LA VERITABLE NATURE DE L'ETAT MODERNE... LE TOTALITARISME

 Depuis toujours je me demande ce qui légitime le pouvoir de l'Etat, j'entends d'un Etat moderne quel qu'il soit. J'ai trouvé un début d'explication lumineux dans la présentation que font Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET du fameux Discours de la servitude volontaire d'Etienne de la BOETIE. Je vous jure que la lecture de ces quelques lignes achève de me convaincre de l'illégitimité totale, absolue et définitive de ce que nous appelons "Démocratie". Il vaut la peine de réfléchir à ce que disent ce deux penseurs :

"Car l'état moderne, c'est l'Etat de l'idéologie, au vrai sens du terme, c'est-à-dire d'une explication de la société tout aussi imaginaire que l'explication religieuse, mais à la différence de celle-ci rendant compte de la société à partir d'elle-même. Avec l'idéologie, la raison de ce qui constitue notre commun, n'est plus à chercher qu'ici. Le causes du social sont toutes ramenées dans le social. L'Etat moderne, c'est l'Etat qui se libère de toute garantie extra-sociale et libère la société de toute justification extérieure. C'est en ce sens l'Etat de la toute puissance, l'Etat qui peut s'assigner pour tâche la prise en charge d'une totalité sociale qui n'est plus que pour lui, qui ne dépend plus que de lui. L'Etat qui prétend ressaisir la société dans son ensemble. L'Etat transformateur par excellence, l'Etat producteur de la société, et dans son expression dernière : l'Etat révolutionnaire."

Et, un peu plus loin : "(...). L'Etat est toujours secrètement athée. Il ne croit pas à l'œuvre divine. Il a de bonnes raisons de ne croire qu'à la sienne. Et s'il s'empare de la religion, c'est pour devoir finalement la détruire. Un jour il lui faudra l'abolir pour vraiment s'établir. Ni Dieu, ni nature au-dessus de lui, rien dans les lois de la société qu'il soit éternellement voué à respecter. Pas de limite à son droit à changer. (...)."

Les contraintes de toute sortes imposée à l'exercice de la pensée, du droit à de réunir, du droit des parents à enseigner leurs enfants, les lois sur l'avortement et bientôt sur l'euthanasie illustrent le pouvoir sans limite que s'assigne l'Etat, sans aucune légitimité autre que celle d'un vague adoubement par une minorité de citoyens dépourvus de tous moyens de peser sur leur vie par des actes et des choix libres.  

jeudi 1 septembre 2022

BILLET DU 01er SEPTEMBRE 2022. L'AUTONOMIE DE LA PERSONNE A LA SAUCE COVIDIENNE !

 Et voilà encore un ouvrage fondamental. Je vous en livre un petit morceau, avant de vous en donner la référence :

"(...) : la reconnaissance par la société des droits de l'individu ne signifie pas que la même société lui confère l'autonomie indispensable pour les exercer. On a même fortement le sentiment du contraire à considérer l'évolution des sociétés modernes, dont la culture paraît conspirer à littéralement détruire chez les individus de se comporter en sujets autonomes. La visée par excellence du totalitarisme : l'embrigadement, la participation forcée au processus politique "scientifiquement" conduit par l'Etat-Parti. En regard de quoi ressort le droit fondamental acquis de fait par les individus au sein des sociétés libérales: le droit de se désintéresser de la conscience de l'existence sociale, de s'enclore strictement dans sa propre sphère privée. Mouvement dont on ne saurait se dispenser d'interroger l'effet ravageur, à long terme, sur l'intime économie psychique des êtres, et dont le moins qu'on puisse dire, c'est que, s'il les isole narcissiquement, ce n'est pas pour leur procurer la force personnelle d'assumer, vis-à-vis du dehors, l'originalité et l'indépendance qu'ils revendiquent intérieurement. Plus à l'inverse, l'individu se complait dans sa proximité avec lui-même et ses familiers, plus par ailleurs le souci de ne pas apparaître différents des autres le tenaille, plus il s'en remet volontiers aux mains expertes de bons guides pour décider à leur place."

In Marcel GAUCHET,

La démocratie contre elle-même (Collection "Tel", N°317.)

Gallimard, Paris, 2002.

Vous aurez compris pourquoi j'ai parlé de sauce covidienne. Les débats scientifiques font rage sur l'utilité des prétendus vaccins, mais des sages, des scientifiques, des gens qui savent et surtout des gens qui peuvent, nous ont présenté la vérité à laquelle nous étions priés de nous ranger. Les vrais héros de cette crise pandémique sont bien ceux qui ont su résister, au prix de leur carrière, de leurs finances, de leur réputation à la rage administrative, politique, médiatique ; ce sont eux qui ont fait preuve d'autonomie et de jugement. Puissent-ils être reconnus un jour comme les héros d'une période sombre et ténébreuse. Mais la plupart de nos concitoyens ont préféré le conformisme, ont eu peur et ont fini par obéir à des ordres contradictoires.

samedi 29 juin 2019

Samedi 29 juin 2019. Versaillais un jour, Versaillais toujours ?


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SUGGESTION.
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Très chers lecteurs, s’il est un livre que vous devez lire de toute urgence, c’est bien celui dont je vais vous donner sitôt l’auteur et le titre :

Gérard BARDY.
De Gaulle parle aux Gilets jaunes… et à Macron.
Éditions Télémaque, Paris, 2019.

Je ne me fais aucune illusion. Ce livre roboratif ne sera chroniqué par aucun des journaux bien pensants, détenus par des grosses fortunes, qui, toutes ou presque, ont aidé monsieur MACRON dans sa campagne électorale, et ne sont pas disposées à entendre siffler à leurs oreilles certains propos cinglants du général, des propos qui n’ont pas perdu une once de leur acuité, et de leur valeur prophétique. Et comme les rédactions de ces journaux sont peuplés d’imbéciles, au sein où notre cher BERNANOS l’entendait, il y a fort peu de chance qu’après avoir lu ce livre (car ils le liront), ils modifient en quoi que ce soit leurs pratiques sociales.

Dans les quelques jours qui viennent, je me propose de vous donner quelques extraits de cet auteur, gaulliste dans l’âme, gaulliste historique, doté également de ce recul et de cette courtoisie propre à des gens qui pensent.
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MAUVAISE REACTION DU PRESIDENT FACE AUX GILETS JAUNES.
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Voici un premier extrait :

"La colère exprimée dans la rue par les Gilets jaunes aux cris de « Macron démission » n’est pas une première. Tous les présidents avant lui sont passés par là et ont, à leur tour, essuyé la fronde du peuple. Pour cette raison, la réaction d’Emmanuel MACRON face à l’insurrection des Gilets jaunes demeure incompréhensible. Quand ses prédécesseurs faisaient profil bas et cherchaient les voies de la médiation, lui s’enferme dans ses certitudes et à l’Élysée, lâchant de loin en loin de petites flèches inutilement blessantes ou humiliantes.
"Bravache et sûr de lui, il n’a en aucun cas cherché à jouer la désescalade. Sous-estimant gravement la colère populaire, le pouvoir est passé de l’ignorance et du mépris à la répression et à la diversion, parfois même à la provocation." (Page 16.)
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COMMENTAIRES.
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Chers amis, je serais infidèle à ma pensée profonde, à mon admiration pour Léon BLOY et pour Georges BERNANOS, si je ne continuais pas à soutenir le mouvement des Gilets jaunes dans ce qu’il avait de pacifique (nous y reviendrons) et si je cessais de vomir cette bourgeoisie mollassonne, égoïste et peureuse qui méprise le peuple. Je suis scandalisé, littéralement scandalisé, de voir qu’une partie de la grande bourgeoisie versaillaise a préféré voter pour le parti de PONCEFRELU-PILATOQUET (il s’agit d’un sobriquet, non pas d’une injure ; après tout Victor HUGO appelait NAPOLEON III, BADINGUET, en reprenant le surnom que lui avait donné le peuple et quelques auteurs malicieux) que pour des partis plus conformes dans leur programme aux intérêts de notre patrie. Que ce soient monsieur BELLAMY, ou monsieur DUPONT-AIGNAN, ou monsieur BARDELLA, ou monsieur HAMON, ou monsieur MELENCHON, il ne manquait pas de candidats présentant de solides qualités (intellectuelles pour les uns, politiques pour les autres, nationales pour d’autres encore). Ils l’ont voulu les Versaillais, ils l’ont. Ils ont eu la trouille (qu’on me passe cette trivialité), et ils ont préféré l’ordre (acquis à coup de matraques, de LBD, de gaz lacrymogènes, d’yeux crevés) à la compassion. L’avenir leur montrera qu’ils ont eu tort. Les Versaillais d'aujourd'hui sont-ils les descendants soft des Versaillais de 1871 qui firent des milliers de morts lors de la répression de la commune ? On se le demande !

Fort justement BARDY cite, Page 81 un extrait de l’entretien que Marcel GAUCHET (un homme très remarquable) avait eu avec Pierre RAMOND et Uriel GADESSAUD, pour le Grand Continent, en février 2019.

"Dans cette mondialisation technico-économique, il y a un phénomène d’uniformisation qui ébranle gravement les manières de faire locales. […]. La déstabilisation identitaire provoquée par la mondialisation est un ressort tout à fait nouveau qui est le vrai cœur des mouvements qualifiés un peu vite de populistes."

Comprenez-bien, chers amis, que "populiste", ça fait un peu "populo", et que « c’est pas bon » pour les affaires, pour le commerce, pour les voyages, pour les vacances et tout et tout. Le "populo", c’est un empêcheur de tourner en rond… Glissons-le sous le tapis rouge des palais nationaux, et n’en parlons plus !




mardi 15 janvier 2019

Mardi 15 janvier 2019. Petit voyage dans l'ordre symbolique post-moderne, Intellectuels pléonastiques et intellectuels oxymoriques


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Nous continuons notre voyage dans l’ordre symbolique post-moderne : il ne saurait y avoir de bien que le bien défini par la gôôôche ! J’emprunte à l’ouvrage d’André PERRIN les données de ce billet.
J’ai intitulé ce billet "Intellectuels pléonastiques ; intellectuels oxymoriques". Vous allez voir pourquoi.
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INTELLECTUELS PLÉONASTIQUES ET INTELLECTUELS OXYMORIQUES.
Dans la remarquable préface que Jean-Claude MICHÉA fait du livre d’André PERRIN, il y a cette note 1 en bas de la page 12. La voici dans son entier :

"Dans leur Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique (Le Monde du 27 septembre 2015) ― et comme le rappelle André PERRIN dans son avant-propos ― Geoffroy de LAGASNERIE et Édouard LOUIS affirmaient ainsi qu’« intellectuel de droite reste un oxymore, mieux : une impossibilité ». Un véritable débat intellectuel ne saurait donc opposer, si l’on suit ces deux inquisiteurs en herbe, que les seuls « intellectuels de gauche ». Et encore, précisaient-ils, sous la condition que ces derniers refusent de constituer « certains thèmes comme discutables, certains problèmes comme pertinents ». Nul doute que leur prochain « manifeste » contiendra un appel à rétablir le Parti unique et la peine de mort pour « déviationnisme »."

Belle ouverture d'esprit !
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DEUX EXEMPLES D’INTELLECTUELS PLÉONASTIQUES CONTRE DES INTELLECTUELS OXYMORIQUES.
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(a) Commençons donc par rigoler de la définition que donnent les deux imbéciles de service (au sens où notre cher BERNANOS a défini les imbéciles) : s’il est impossible d’être un véritable intellectuel sans être de gauche, il s’ensuit qu’ajouter « de gauche » au mot intellectuel est un pléonasmes, et intellectuel de droite, une impossibilité, une négation, un non-être, un non-pensant, un oxymore.

(b) Voici deux exemples du mode de pensée des intellectuels de la classe des LAGASNERIE et LOUIS. 

MORDILLAT contre SALAMITO. 

"Par ailleurs c’est en toute impunité que de véritables non-spécialistes peuvent obtenir de retentissants succès médiatiques en foulant aux pieds les exigences de la déontologie et de la méthodologie historiques. Ainsi Gérard MORDILLAT et Jérôme PRIEUR : ces romanciers et cinéastes dépourvus de toute formation historique et exégétique qui, ignorant le grec, n’ont aucun accès direct aux textes des Évangiles, ont publié un livre intitulé Jésus après Jésus. La christianisation de l’Empire romain, prolongé par  une série télévisée intitulée L’Apocalypse dont Jean-Marie SALAMITO, professeur d’histoire du christianisme antique à la Sorbonne, a montré dans un petit livre incisif qu’il fourmillait d’erreurs, de contresens, d’incompréhensions, de confusions, de contradictions et de rapprochements absurdes ouvrant la porte à des interprétations tendancieuses. Confronté à l’historien dans l’émission Réplique, MORDILLAT à bout d’arguments, a eu le front de lui lancer : « vous êtes un curé déguisé en historien ». La communauté des historiens ne s’en est pas émue." (Pages 28 et 29 du livre d’André PERRIN.)"

LAGASNERIE ET LOUIS contre Marcel GAUCHET.

"Le 30 juillet 2014, le journal Libération publiait une tribune intitulée : Pourquoi nous appelons à boycotter les rendez-vous de l’histoire de Blois. Les auteurs, Édouard LOUIS, et Geoffroy de LAGASNERIE, philosophe, disaient avoir appris non seulement avec stupéfaction, mais avec « un certain dégoût » que Marcel GAUCHET avait été invité à prononcer la conférence inaugurale de cette rencontre. Comment, nous expliquaient-ils en substance, serait qualifié pour parler de la rébellion un réactionnaire qui ne s’était jamais rebellé QUE contre FOUCAULT, BOURDIEU et le mariage pour tous ? Passons sur cet étrange présupposé en vertu duquel il faut être marxiste pour parler de MARX, croyant pour parler de la religion, et, allons jusqu’au bout, néo-nazi pour étudier le nazisme… Il est exact que GAUCHET a critiqué FOUCAULT et BOURDIEU mais il n’est pas rare que des philosophes contestent les thèses d’autres philosophes et si M. de LAGASNERIE, philosophe, en est chagriné, il a dû beaucoup souffrir en étudiant l’histoire de la philosophie. Il est en revanche inexact que GAUCHET se soit opposé au mariage homosexuel : il s’y est au contraire déclaré favorable, mais a commis le crime de donner la parole dans un numéro de la revue dont il est le rédacteur en chef et qui s’appelle Le Débat à plusieurs intellectuels, des psychiatres, une psychanalyste, une sociologue, qui y étaient opposés. Ce numéro devait être suivi d’un autre où des partisans du mariage homosexuel répondaient aux précédents, comme c’est l’usage dans cette revue. […]. Alors messieurs LOUIS, écrivain, et de LAGASNERIE, philosophe, pouvaient justifier ainsi leur refus du débat avec Marcel GAUCHET : « Ce serait comme si nous nous inscrivions dans le même monde que ce militant de la réaction. »"  (Page 64 du livre d'André PERRIN.)

Car ils l’ont dit ! Mais ce sont de vrais intellectuels bernanosiens, je veux dire de véritables imbéciles tels que le définit notre cher Georges. Voilà donc ce que nous dit le nouvel ordre symbolique : tout ce que l’homme peut faire, il doit le faire, et tant pis pour ceux qui opposent de sérieuses raisons aux soi-disant et prétendus progrès du progrès.
Je vous invite à acheter séance tenante le livre d’André PERRIN. Scènes de la vie intellectuelle en France. L’artilleur/Toucan,, Paris, 2016. C’est un livre d’une précision, d’une érudition, d’une probité intellectuelle rare, et ce n’est pas le livre d’un idéologue, mais d’un philosophe, un vrai.
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PRÉCISIONS.
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La publicité à la braguette en faveur de la série Sex education, rare, il est vrai par rapport aux autres affiches, pouvait encore se voir hier sur le quai de la station Odéon, ligne 10, direction Boulogne.


lundi 30 juillet 2018

Lundi 30 juillet. Nouvelles du pari bénédictin. L'inéluctable dérive de l'Etat ; le refus du parieur


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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VOILA L’ÉVOLUTION INÉLUCTABLE DE L’ÉTAT.
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"Nouvelle forme de la puissance qui engendre un nouvel espace de connaissance. L’affirmation de l’État même lorsqu’elle n’est qu’en germe, dès lors qu’elle s’appuie sur ce fondement, c’est l’affirmation d’un savoir possible de la constitution de la société par elle-même. L’État est toujours secrètement athée. Il ne croit pas à l’œuvre divine. Il a de bonnes raisons de ne croire qu’à la sienne. Et s’il s’empare de la religion, c’est pour devoir finalement la détruire. Un jour il lui faudra l’abolir pour vraiment s’établir. Ni Dieu, ni nature au-dessus de lui, rien dans les lois de la société qu’il soit éternellement voué à respecter. Pas de limite à son droit à changer. Omnipotent et productif, il fait voir partout l’artifice et la marque d’une création dans la communauté humaine. Jusque dans le sujet humain : pas d’arrêt de la fabrication sociale sur une intangible nature psycho-anthropologique qui dicterait ses exigences à l’institution. L’homme de l’État ce sera l’homme nouveau. Sous l’effet de cette négation en marche de la nature, dans cet effacement de toute transcendance autre que celle de l’État lui-même, surgit un nouveau mode d’explication de la communauté politique. Le social en tant que tel devient pensable. L’État s’imposant radicalement à la société, impose une autre pensée du social."
In
Étienne de La BOÉTIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LÉONARD. Et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS, Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav LANDAUER, Simone WEIL et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT. (Petite Bibliothèque Payot N°134.)
Payot et Rivages, Paris, 2002.
Chapitre Présentation de l’ouvrage par Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET, Page 40
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CONTREPOINT D’UN ADMIRATEUR DE LÉO STRAUSS.
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"Léo STRAUSS (1899-1973) soutient que la philosophie antique et médiévale, sous les espèces de ce qu’il appelle « la philosophie politique classique », est généralement mieux à même de nous guider, de nous permettre de penser et de faire face aux choix décisifs de nos vies, que la philosophie moderne et contemporaine. Telle est l’opinion qui semble être celle de cet auteur étrange et déroutant, opinion qu’il s’est faite relativement tôt (dans les années trente du XXe siècle) et qu’il a conservé et approfondie tout le reste de sa vie. C’est assurément là une gageure, et cette opinion fait de lui le philosophe le plus singulier et le plus déroutant de l’histoire de la philosophie moderne. Il est étrange en effet de nier ce qui est tenu par tous les contemporains pour une évidence, à savoir que la philosophie « évolue » et que « naturellement » la philosophie d’aujourd’hui est adaptée à notre temps puisqu’elle en est issue. Par ailleurs, s’il est vrai qu’il a existé jusqu’au XXe siècle des partisans de la philosophie classique (en particulier le thomisme, mais où est-il encore sérieusement enseigné ?), aucun ne s’est avancé masqué comme STRAUSS derrière l’apparence d’un historien de la philosophie. Les partisans de la philosophie classique se sont présentés au cours des Temps modernes comme des défenseurs de l’ordre politique pré-démocratique (monarchiste, par exemple, ainsi Joseph de MAISTRE) ; or STRAUSS ne cache pas son souci de défendre la démocratie, en particulier la démocratie libérale moderne, contre la tyrannie et en particulier contre la tyrannie communiste. On peut donc être « démocrate » sans être « progressiste ».
In
Léo STRAUSS.
Nihilisme et politique. Traduit de l’anglais et présenté par Olivier SEDEYN. ("Rivage poche/Petite bibliothèque". N°460. Collection dirigée par Lidia BREDA.)
Payot et Rivages, Paris, 2004.
Texte de présentation (remarquable) d’Olivier SEDEYN, page 7.
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COMMENTAIRE PERSONNEL.
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Ma foi, je dois dire que je me reconnais très bien dans cette analyse de SEDEYN sur la philosophie, et sur les prétentions autoritaires, totalitaires, inhumaines de l’État, illustrées magnifiquement par les événements actuels, dénoncées par ABENSOUR et GAUCHET. J’ai étudié pendant un an, et avec une certaine ardeur, la philosophie thomiste. Cette étude m’a mis du plomb dans la tête, permettez-moi de vous le dire. Pour ce qui est de mon horreur de l’État, il n’y a rien de nouveau. Je ne cesse de la dire depuis l’ouverture de ce Blog. Ce qui ne veut pas dire que je rejette l’ordre politique. Je rejette le politique qui veut détruire tout ce qui ne plie pas aux manigances du Prince, nie l’ordre de la nature, et fait passer le fric (pudiquement appelé « économie ») avant l’homme. Je résume : je préfère obéir à Dieu qu'aux hommes. Je n'obéis à ces derniers que pour autant qu'ils servent le bien commun lequel ne se confond jamais avec celui d'une idéologie, d'un clan, ou de sociétés que je nommerai pas. C'est cela, me semble-t-il qui rentre dans le pari bénédictin : choisir de vivre d'une certaine façon, etiam in perilium.
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LIENS ÉDIFIANTS.
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Chronique des cinglés (suite, mais pas fin) !


Silence étourdissant des médias !


Les lunettes d’Alexandre ! Et tout et tout !




A lire et à diffuser largement cette analyse parfaitement rationnelle et factuelle.


et compléter par la lecture de La Cause du Peuple.


Philippe de VILLIERS parle de l’Europe macrono-libéro-mondialo-vendue, une Europe contre les Nations.


Donnez à une école du pari bénédictin !

http://www.ebse.fr/ (École hors contrat, qui ouvre à ALOXE-CORTON).


Et ma chère Eugénie BASTIÉ cite très pertinemment deux de mes auteurs préférés ! Merci à vous Eugénie.




Est-ce le début de la fin ?

dimanche 29 juillet 2018

Dimanche 29 juillet 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Bien commun n'est pas bien particulier !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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L’ETAT MODERNE. CE QU’EN DISENT ABENSOUR ET GAUCHET.
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"[…]. Car l’État moderne, c’est l’État de l’idéologie, au sens vrai du terme, c’est-à-dire d’une explication de la société tout aussi imaginaire que l’explication religieuse, mais à la différence de celle-ci rendant compte de la société à partir d’elle-même. Avec l’idéologie, la raison de ce qui constitue notre monde commun, n’est plus à chercher qu’ici. Les causes du social sont toutes ramenées dans le social. L’État moderne, c’est l’État qui se libère de toute garantie extra-sociale et libère la société de toute justification extérieure. C’est en ce sens l’État de la toute-puissance, l’État qui peut s’assigner pour tâche la prise en charge d’une totalité sociale qui n’est plus que pour lui, qui ne dépend plus que de lui. L’État qui prétend ressaisir la société dans son ensemble, l’État tout-présent dans la société. L’État transformateur par excellence, l’État producteur de la société, et dans son expression dernière : l’État révolutionnaire."
In
Étienne de La BOÉTIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LÉONARD. Et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS, Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav LANDAUER, Simone WEIL et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT. (Petite Bibliothèque Payot N°134.)
Payot et Rivages, Paris, 2002.
Chapitre Présentation de l’ouvrage par Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET, page 7.
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2. CONTREPOINT DE LÉO STRAUSS.
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"Quel est le mobile qui sous-tend la mise en cause de la civilisation moderne, de l’esprit de l’Occident et en particulier de l’Occident anglo-saxon ?
"La réponse doit être la suivante : il s’agit là d’une protestation morale. Cette protestation vient de la conviction que l’internationalisme inhérent à la civilisation moderne, ou plus précisément, que l’établissement d’une société parfaitement ouverte qui est, pour ainsi dire, le but de la société moderne et par conséquent toutes les aspirations liées à ce but sont inconciliables avec les exigences fondamentales de la vie morale. Cette protestation vient de la conviction que la racine de toute vie morale est essentiellement, et par conséquent éternellement, la société close ; de la conviction que la société ouverte est vouée, sinon à être immorale, du moins à être a-morale : le lieu où se retrouvent ceux qui recherchent le plaisir, le profit, un pouvoir irresponsable, où se retrouvent en fait toutes les irresponsabilités et l’absence de sérieux."
In
Léo STRAUSS.
Nihilisme et politique. Traduit de l’anglais et présenté par Olivier SEDEYN. ("Rivage poche/Petite bibliothèque". N°460. Collection dirigée par Lidia BREDA.)
Payot et Rivages, Paris, 2004. (Page 36.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il me semble que le texte de Léo STRAUSS illustre parfaitement l’état politique du monde, et en particulier, l’état politique de notre patrie : recherche du plaisir, du profit, irresponsabilité du pouvoir, toutes les irresponsabilités et une ABSENCE DE SÉRIEUX. Monsieur BAYROU, surnommé « manche à air », a beau crier sur les toits que l’affaire BENALLA est instrumentalisée, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre parfaitement l’analyse de STRAUSS.
Quant à l’attitude de JUPITER et de sa conception de l'État, elle est bien celle que décrivent ABENSOUR et GAUCHET : l’État dans lequel nous avons le malheur ontologique de vivre est l’État de la toute-puissance, et c’est bien cet état de la toute-puissance qu’incarne monsieur MACRON. Lui imputer la responsabilité de la chose n’est pas entièrement juste. Il n’a fait que porter à son niveau d’incandescence suprême, l’a-moralité de ce monde prétendu « ouvert », transparent, mondialisé.
L’homme du pari bénédictin croit au bien commun. Il accepte au nom de ce bien de faire les sacrifices matériels nécessaires pour assurer l’advenue de ce denier. Mais seulement l'advenue du bien commun, lequel ne se confond pas avec l'intérêt d'un clan.
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LIENS ILLUSTRATIFS ET COMMENTATIFS DE L’ACTUALITÉ.
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Mentez ! Mentez ! il en restera quelque chose. Est-ce bien vrai ?


La triple faute du Président ?


Mgr TURINI défend l’installation des croix contre les laïconnards de PERPIGNAN.



Le journal Marianne, marraine des Laïconnards ou bien de France Propaganda LGBT ?

On s’y perd dans le maquis des imbéciles.


Ora et Labora ou le succès des établissements hors contrat.


Une famille chrétienne.


Chronique des cinglés.


Et toujours les laïconnards, défenseurs acharnés de l’intolérance et de la liberté d’expression à sens unique.