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jeudi 20 août 2020

Jeudi 20 août 2020. Lettre ouverte au Dr Piepho. Version allemande.

AVIS PRELIMINAIRE.

L'allemand est langue maternelle du Dr PIEPHO. C'est un biostatisticien certainement très compétent, mais qui méconnaît sans aucun doute les méthodes d'enquête d'opinion. Il entend démontrer que quand ROUSSEL et RAOULT mettent en évidence une corrélation entre les avis sur l'hydroxychloroquine et le montant des honoraires perçus par les donneurs d'opinion de la part du Laboratoire Gilead qui veut nous fourguer le Remdésivir. Les avis sont d'autant plus défavorables que les honoraires perçus sont élevés...
Voici la version allemande de la lettre ouverte au Dr  PIEPHO.

Offener Brief an Herrn Dr PIEPHO

"Sehr geehrter Herr Dr PIEPHO,

Ich habe mit Interesse den Brief gelesen, den Sie vor ein paar Tagen dem Verleger von New Microbes and New Infection, Band 37, geschickt haben, mit den Titel ‚“Influence of conflicts of interest on public positions in the COVID-19 era, the case pf Gilead Sciences“ by Roussel and Raoult (2020).”
Ich bin kein Biostatistiker wie sie. Nichtdestotrotz denke ich, das ihre Kommentare nicht ganz gutgläubig sind. Zuerst beanstanden sie die Tatsache, das Roussel und Raoult, die, von Ihnen genannt: „Zusammenfassung“ von Daten und die Reduzierung auf fünf Items der analysierten Meinungen des Verfassers benützt haben. Dieses Verfahren ist äußerst üblich in Sozialwissenschaften, und viele Meinungsumfragen die die Abschätzung von einer Kohorte von Leuten benötigen, bieten sie in einer kleinen Zahl von Kategorien an, gewöhnlich 5, gestaffelt von 1 bis 5. Deshalb gibt es keinen Grund, die Anwendung dieser Methode für den von Roussel und Raoult analysierten Inhalt des Artikels zu verweigern. Außerdem, die Unterteilung in subtilere Meinungskategorien wäre mit Recht beanstandet worden. Die Reduzierung der Analyse auf eine Kategorie hätte den Wert des Artikels gemindert, gleichzeitig wie den der Meinungsumfragen. Wenn ich Roussel und Raoults Artikel richtig verstanden habe, ist die Klassifizierung in fünf Meinungsklassen der Finanzierung von Gilead vorausgegangen. Natürlich kann man diese letzte Möglichkeit nicht ausschliessen. Jedoch, da sie es indirekt andeuten, lässt sich auch annehmen das die Verfasser nicht ganz ehrlich oder nicht kompetent sind.
Den zweiten Grund den sie vorbringen und der die Schlussfolgerung des Artikels wertlos macht, ist das Roussel und Raoult nicht die benützten Beitrage und Passagen zur Klassifizierung der Ärztemeinungen zitiert haben. Gemäß französischem Gesetz würde es wegen dieser Verfahrensweise vermutlich zu einer Anklage wegen Falschanschuldigung kommen (ohne Gewinnchancen, da die Daten bezüglich ärztlicher Honorare öffentlich sind). Meiner Ansicht nach ist der Wert dieses Beitrags, dass niemand gesagt hat das jeder die offizielle Website besuchen kann.
An diesem Standpunkt gibt es nur noch zwei Möglichkeiten. Entweder sind Roussel und Raoult nicht ehrlich, oder wir können Vertrauen in sie haben. Obwohl Sie den Eindruck erwecken, keine von diesen Meinungen zu teilen, scheint die erste in ihrem Brief hintergründig durchzuscheinen, außer Sie sprechen dem Ärzte Team aus Marseille jegliche statistische Kompetenz ab. Bezüglich dieses Punkts läge ich gerne falsch. Zu viel Statistik tötet die Statistik. Sutor ne ultra crepidam...
Entgegen ihrem Urteil das den Beitrag als unrettbar darstellt, gibt es ein Mittel (oft von Jean Piaget benützt um die Qualität seiner Rangfolgen bezüglich der kindlichen psychologischen Entwicklungs Stadien zu überprüfen) die richtige Meinung von Roussel und Raoult zu beweisen : die Vergabe der Titel der Artikeln und Passagen, die für die Rangfolge der Meinungen bezüglich den Nutz von chloroquine gegen den Covid-19 benützt worden sind, an einen anonymen Forscher (natürlich ohne zu die Finanzierung von Gilead zu erwähnen) zu vergeben und diese Rangfolge mit deren des Verfassers, die sie beanstanden, zu vergleichen.
In der Hoffnung auf baldige Nachricht verbleibe ich mit freundlichen Grüßen

Pr Dr Philippe POINDRON"

Merci à Stéphane RICHARD, un très brillant élève que j'ai rencontré à SJP, dont la langue maternelle est aussi bien le français que l'allemand. J'aurai la version portugaise dans la journée.

lundi 10 août 2020

Lettre ouverte au Dr Piepho version française

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Cher Dr PIEPHO,

J’ai lu avec intérêt la lettre que vous avez envoyée il y a quelques jours à l’éditeur de New Microbes and New Infections, Volume 37, intitulée "‘Influence of conflicts of interest on public positions in the COVID-19 era, the case of Gilead Sciences’ by Roussel and Raoult (2020)."

Je ne suis pas un biostatisticien comme vous. Néanmoins, je pense que vos commentaires ne sont pas entièrement de bonne foi. En premier vous critiquez le fait que Roussel et Raoult ont utilisé ce que vous appelez l’« agrégation » de données, et la réduction à 5 items des opinions analysées par les auteurs. Cette manière de faire est très courante en matière de sciences sociales, et nombre de sondages d’opinion demandant l’appréciation d’une cohorte de gens, proposent de classer les réponses en un petit nombre de catégories, cinq en général, notée de 1 à 5. De ce fait, il n’y a aucune raison de refuser l’application de cette méthode aux contenus des articles analysés par Roussel et Raoult. En outre la subdivision en des catégories d’opinion plus subtiles aurait été critiquée avec raison. Réduire l’analyse à une classe aurait vidé l’intérêt du papier, en même temps de celui des enquêtes d’opinion. Si j’ai bien compris l’article de Roussel et Raoult, la classification en cinq classes d’opinion a précédé leur assignation à un financement par Gilead. Évidemment, on ne peut exclure cette dernière possibilité. Cependant, en le suggérant indirectement, vous suggérez aussi que les auteurs ne sont pas entièrement honnêtes ou ne sont pas compétents.

La seconde raison que vous invoquez et qui rend les conclusions de l’article irrémédiable (sic !) est que Roussel et Raoult n’ont pas cité les articles et les passages qu’ils ont utilisés pour classer l’opinion des médecins. Selon la loi française, cette manière de faire aurait probablement été attaquée en justice sous le chef de dénonciation calomnieuse (sans aucune chance de succès, car les données concernant les honoraires perçus par les médecins sont publiques). Selon moi, le mérite de cet article est que personne n’est nommé et que tout le monde peut consulter les sites officiels. À ce point, il ne reste que deux solutions. Ou bien Roussel et Raoult ne sont pas honnêtes ou bien nous pouvons avoir confiance en eux. Bien que vous donniez l’impression de ne partager aucune de ces opinions, il semble que la première apparaisse en toile de fond dans votre lettre, à moins que vous cherchiez à dénier toute compétence en statistiques à l’équipe marseillaise. Concernant ce point, j’aimerais avoir tort. Trop de statistiques tuent les statistiques

Contrairement à votre jugement qui rend l’article non remédiable, il existe un moyen (souvent utilisé par Jean Piaget pour s’assurer de la qualité de ses classements concernant le stade de développement psychologique des enfants) de prouver l’opinion bien fondée de Roussel et Raoult : donner les titres des papiers et des passages utilisés pour le classement des opinions sur l’usage de la chloroquine pour traiter la Covid-19 à un chercheur anonyme (sans mentionner bien sûr le financement de Gilead) et de comparer ce classement à celui des auteurs que vous critiquez.
Espérant avoir de vos nouvelles dans un futur très proche,
Sincèrement vôtre.

Philippe POINDRON


lundi 11 mai 2020

Lundi 11 mai 2020. Lettre ouverte du Pr Cabane au Président du Conseil de l'ordre des médecins.

Lettre du Pr Jean Cabane ancien chef de service de Médecine Interne de l’Hopital St Antoine



Lettre ouverte au président de l'Ordre des médecins : à faire circuler !! merci...



"Monsieur le Docteur  BOUET



Conseil National de l’Ordre des Médecins



Monsieur le Président,



Dans cette période troublée de la pandémie de coronavirus, nous arrivons à un point critique intolérable où il me paraît urgent et évident que la voix des médecins, représentés par leur Ordre, doit se faire entendre pour rétablir les bons caps. Je vous fais donc ici mes propositions, car nous entendons des choses très préoccupantes, de nature  à compliquer beaucoup le déconfinement, et  à altérer la confiance que les malades et le grand public mettent en nous.



Il y a eu, et tout le monde le regrette, beaucoup de mensonges sur les masques. Si nous regardons les pays où l’épidémie a été le mieux contenue (Taiwan, Hong Kong, Corée), ce sont ceux où 100 % de la population met un masque, pas chirurgical mais « maison », dès qu’un virus est annoncé. A Hong Kong, aux portes de la Chine, 7 millions d’habitants tassés sur 25 km2, seulement 4 morts...sans confinement autre que le masquage et la fermeture des écoles. Personne ne parle de « distanciation » parce que ce n’est ni nécessaire ni faisable. L’étude des femmes enceintes de New York a montré que les cas asymptomatiques de covid19 étaient 7 fois plus fréquents que les symptomatiques, donc restreindre les masques à tel ou tel est sans fondement, il faut que tout le monde soit masqué.



Cette position de masquage généralisé répond non seulement à la crainte de la 2° vague, mais elle valorise et responsabilise tous les Français, dont jusqu’ici je déplore plutôt l’infantilisation. Elle recentre l’action collective sur le seul mode de contamination du virus, la voie respiratoire. Même si certains veulent faire peur en montrant que le virus reste viable quelques heures sur une surface inerte, il n’a jamais été démontré qu’on pouvait se contaminer au SRAS-cov-2 par contact : il est donc tout à fait aberrant de promulguer des « gestes barrière » de lavage obsessionnel, de désinfection, d’application de gel hydroalcoolique, de précautions de bloc opératoire ; de même que de chercher à reprendre une activité des entreprises, des commerces, des transports, des spectacles, des écoles, lycées, etc., avec les préconisations de distanciation que nous entendons actuellement dans les média. La seule barrière efficace est le simple masquage qui répond aux questions de sécurité, et si les masques maison bien faits sont mis, cela limitera la consommation et la pollution énormes liées aux masques jetables.



Je suis très inquiet d’entendre la mise en place de « brigades » chargées de pister les contacts de patients covid19+, et d’une application sur smartphone dans le même but. Ceci relève du travail et de la responsabilité du médecin et uniquement du médecin. Je suis choqué qu’on puisse faire une pareille entorse au secret médical et qu’on puisse envisager que les libertés auxquelles nous sommes si attachés soient ainsi bafouées. Il en va de même de notre liberté de prescription, qu’il ne devrait pas être possible d’altérer, sous peine de voir la confiance de nos malades sérieusement écornée. Dans la même ordre d’idées, je n’accepte pas l’usurpation du rôle du pharmacien par l’État qui s’est arrogé le droit d’empêcher un pharmacien de dispenser une molécule courante (hydroxychloroquine) .



Monsieur le Président, vous êtes sur un siège qui permet une prise de parole qui portera car elle sera empreinte d’une volonté légitime de recadrer les missions essentielles de notre profession, dans l’intérêt général. Demandez des mesures de bon sens et efficaces : **des masques pour tous tant que le virus circule, pas de pistage ni de flicage mais un travail d’épidémiologie effectué par des médecins, liberté de prescription et monopole médical sauvegardés, pas de distanciation compliquée, infaisable, inutile . Et profitons-en pour redémarrer la santé sur un mode plus sain, libre et sans influence, tant en ville qu’à l’hôpital.**



Merci d’avance, Monsieur le Président, de lire et de réfléchir vite à cette lettre ouverte



Bien confraternellement



Professeur Jean Cabane."


Chers amis et lecteurs, cette lettre est admirable de netteté et d'audace. Nous devons écouter ce que dit ce spécialiste de médecine interne. Les décisions des pouvoirs publics sont incohérentes et incompréhensibles. Comme je l'ai déjà dit, les virus enveloppés, j'en ai manipulés un certain nombre, pendant ma thèse et lorsque j'étais responsable d'un laboratoire de recherche à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg ; ils sont très fragiles. Il n'a jamais été démontré imparablement que le virus responsable de la Covid-19 puisse rester infectieux et contaminer un sujet sensible par voie indirecte. La seule publication que j'ai vue sur le sujet est une publication chinoise, très intéressante du reste, mais concluant sur une possible transmission indirecte sans le prouver.
Des masques, encore des masques et toujours des masques. Inutiles il y a deux mois, aux dires de Mme NDIAYE, ils sont aujourd'hui obligatoires dans les transports publics, mais pas dans la rue, ce qui est une aberration. Dans les transports publics, un humoriste a bien résumé la situation : Le masque et la prune...




mercredi 2 janvier 2019

Mercredi 02 janvier 2019. Lettre aux Gilets jaunes !


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Chers Gilets jaunes,

Voici une lettre ouverte qui prodigue quelques conseils utiles à la poursuite de votre, que dis-je, de notre mouvement.
Dans ses vœux, que je n’ai pas écoutés, il semble que le Président de la République ait parlé de restaurer l’ordre républicain. Il faisait sans doute allusion aux diverses manifestations des Gilets jaunes qui vient troubler, effectivement, le ronronnement étatique.
L’ordre dit républicain, qui a germé dans l’esprit des bourgeois libertins de la Révolution, jusqu’à trouver son plein développement dans le sanglant établissement de la IIIe République sur les cadavres des communards, n’est qu’une sorte de désordre organisé par les élites politiques, économiques, financières, techniques, scientifiques pour leur plus grand profit.
Entendons-nous bien : je crois qu’il est très important de pouvoir vivre dans l’espace public en toute sécurité. Je crois qu'il faut des lois, mais des lois justes et non point "axiologiquement neutres" comme ils disent. Si vous lisez les nouvelles, vous voyez qu’ici et là on menace les Gilets jaunes qui occupent pacifiquement les ronds-points, d’amendes, de poursuites, bref de tous les foudres de la justice aux ordres. Elle est aux ordres, en effet, puisqu’elle applique les lois votées par le corps législatif, composé essentiellement de ces élites (voir plus bas).
Voici donc ce que je préconise pour la poursuite pacifique mais déterminée du mouvement.
(a) Porter, comme signe de reconnaissance, dans la rue, dans les magasins, dans sa voiture, dans l’espace public, le gilet jaune.
(b) Déclarer les manifestations en préfecture, en changeant chaque fois de déclarant, de façon que la police, les RG, les juges, ne puissent identifier un quelconque chef ou responsable. Faire autant de déclarations que de manifestations prévues, et attendre la réaction des Préfets.
(c) Manifester devant les lieux du pouvoir d’état, non point pendant des heures, mais, par exemple pendant une ou deux heures (en précisant dans la déclaration, l’horaire de début et de fin) : préfectures, sous-préfectures, tribunaux, centres des impôts, et quand rien de cela n’existe, devant les mairies, derniers refuges des lambeaux de nos libertés.
(d) Le faire pacifiquement, sur le mode du sit in silencieux, en portant des pancartes mentionnant les demandes du Peuple français : Référendum d’initiative populaire ; diminution drastique des dépenses de l’état et des collectivités territoriales (notamment les dépenses somptuaires : réceptions, voyages d’étude, multiplication indue des vice-présidences avec les indemnités afférentes, voitures de fonction ; suppression des subventions aux associations qui se prétendent culturelles et ne sont le plus souvent que des moyens détournés par de médiocres intermittents pour continuer à diffuser des messages de « déconstruction » (morale, religieuse, traditionnelle), demande d’une autonomie accrue pour les collectivités territoriales, notamment les communes qui ont perdu depuis des lustres nombre de franchises qui leur permettaient de rayonner et de vivre. Suppression des communautés de communes (j’ai un exemple assez croquignolet de la mascarade qu’elles représentent), mais maintien de la possibilité de fusion entre communes volontaires. Mise au pas des hauts fonctionnaires, experts de ceci, experts de cela, qui ont des solutions techniques inattaquables, à ceci près qu’elles sont inapplicables.
(e) Enfin, refus de tout argument vulgaire, qui vise un homme ou des hommes.
Chers amis, il ne faut pas baisser les bras. Nous commençons à relever la tête. Nous aurons gagné, le jour où les forces de l’ordre refuseront de cogner sur des manifestants pacifiques et autorisés.
Allez ! Allons ! Courage. Tenons bon contre cette soi-disant démocratie qui n’est en fait que la confiscation du pouvoir par une caste qui ne veut point se laisser déposséder de ses privilèges.
Permettez-moi de vous rappeler ce que disait Jésus : « Que le plus grand soit comme celui qui sert ». Il n’y a d’autorité que d’autorité de service. Pour l'instant, quelques cas remarquables de hauts fonctionnaires et d'hommes politiques, mis à part, car il ne faut pas généraliser, on en est assez loin.
Bien amicalement.

Philippe POINDRON.
Professeur honoraire des Universités.
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ILLUSTRATION PAR JEAN-CLAUDE MICHEA.
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"De ce point de vue, les élections législatives de juin 2017 représentent un véritable cas d’école. Tous les médias officiels, on s’en souvient, avaient alors célébré avec enthousiasme le fait que la nouvelle Assemblée nationale était « de loin la plus féminine de toute l’histoire » (les femmes y représentaient en effet, avec 224 députées, 38,82 % du nouveau corps législatif — le pourcentage d’élues atteignant même 46,45 % au sein du groupe de La République en marche). Certains de ces médias n’avaient d’ailleurs pas manqué de prolonger cette analyse en attirant l’attention sur le fait que cette assemblée était également « la plus jeune de toute l’histoire » et que même la part des « minorités visibles » — quoiqu’encore beaucoup trop faible — y avait progressé de façon appréciable. Une telle ferveur médiatique est assurément justifiée dans la mesure où cette double révolution de l’âge et du genre constitue indéniablement, par certains côtés, un véritable progrès humain (sauf à regretter le temps de ces gérontes fossilisés et bardés de décorations qui peuplaient les tribunes officielles des pays dits « communistes »). L’ennui, c’est que cette nouvelle « assemblée introuvable », effectivement rajeunie et féminisée comme jamais, se trouve être en même temps la plus élitiste et la moins représentative de toute l’histoire de la Ve République (il faut même, selon certains historiens, remonter jusqu’en 1871 — autrement dit à cette Assemblée versaillaise qui légitimera la répression sanglante de la Commune — pour retrouver dans la représentation nationale » un tel degré de consanguinité sociale). En témoigne, entre autres, le fait que les classes populaires, pourtant largement majoritaires dans le pays, n’y sont plus désormais « représentées » que par un peu moins de 3 % des élus. Double évolution politique — un pas en avant sur le plan sociétal, deux pas en arrière sur le plan social — qui ne peut bien sûr surprendre quiconque a compris la véritable nature de la logique libérale. Mais qui risque, en revanche, d’être perçue comme « contradictoire » (au sens non dialectique du terme) par tous ceux qui accordent encore du crédit à la vieille fable idéologique (il est vrai souvent très rentable en termes de carrière médiatique ou universitaire), selon laquelle le libéralisme culturel du Monde, de Libération ou du Nouveau Magazine littéraire n’aurait absolument rien à voir, d’un point de vue logique et philosophique, avec le libéralisme économique du Point, du Figaro ou de Valeurs actuelles. Auquel cas on se demande d’ailleurs bien pourquoi, pour ne prendre que cet exemple particulièrement révélateur, la très active French-American Foundation se donnerait chaque année autant de mal pour recruter et former des agents d’influence universitaire, médiatique et politique (formation qui inclut, entre autres, un stage obligatoire aux États-Unis) aussi engagés dans le combat sociétal — pour ne citer ici qu’un tout petit nombre de ces fameux « young leaders » — que Laurent JOFFRIN, Alain MINC, Emmanuel MACRON, Éric FASSIN, Najat VALLAUD-BELKACEM, Marisol TOURAINE, David FONTAINE ou encore Rokhaya DIALLO.
Jean-Claude MICHÉA.
Le loup dans la bergerie.
Climats. Un département des Éditions Flammarion, Paris 2018. (Page 142.)



lundi 3 avril 2017

03 avril 2017. Nouvelles de la Résistance. Lettre ouverte à monsieur François Bayrou.

Monsieur,

Il y a quelques années, un député alsacien dont je tairais le nom avait invité un de ses amis et moi-même à assister à une conférence que donnait une éminente juriste, professeur de droit, dans une salle dépendante du Palais Bourbon. J’y fus.
Vous y assistiez, monsieur. Le hasard a voulu que je fusse assis à votre droite. J’avais jusque-là de la sympathie pour vous. C’est pendant cette conférence que cette sympathie s’est transformée en stupéfaction, une stupéfaction négative, il faut que je le dise.
L’éminente juriste en question dont j’ai oublié le nom tout comme le sujet dont elle traitait, me semblait donner dans le relativisme juridique le plus total. Le moment des questions arrive. J’en pose une ; c’était une interrogation, non point une accusation. Avant même que la conférencière réponde, c’est vous qui, me toisant avec arrogance, aviez répondu à sa place, en me reprenant vertement. La conférencière était interdite et bafouilla alors une réponse qui montrait qu’elle non plus n’avait rien compris à ma remarque. Elle était trop pleine de son sujet pour accorder la moindre importance aux questions d’un profane.
Ceci m’avait prouvé trois choses : (a) vous n’aviez pas écouté ce que j’avais dit ; (b) par conséquent que vous ne pouviez pas me comprendre ; (c) mais que vous aviez une réponse venue tout droit de votre inoxydable et universel savoir du politique patenté que vous êtes. De ce jour, j’ai compris qu’il n’y aurait rien à attendre de vous qui ne soit issu de votre ego surdimensionné. François MITTERRAND, dit-on, vous appréciait beaucoup. On le comprend, lui qui mania le cynisme, le mensonge et l’obscurité de la pensée politique avec un art extrême que vous semblez lui avoir emprunté.
Je poursuis cette lettre, en reprenant un article du Parisien. Je prie par avance le signataire de l’article d’excuser mon rapt !

"Le 4 février, lors d'un meeting à Lyon, Emmanuel Macron avait assuré «qu'il n'y a pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple». Alors que leur alliance venait d'être scellée, Français Bayrou s'était démarqué de son candidat, assurant que pour lui «il y a une culture française, avait-il déclaré lors du Grand Rendez-vous Itélé-Europe1-Les Echos. Je suis un défenseur de la culture et de la langue française».
Mais ce dimanche 2 avril, rétropédalage. Invité de RTL pour le Grand Jury, le maire de Pau s'est aligné sur la position de son candidat. «Non, il n'y a pas de culture française, il n'y pas de littérature française ou de rock français», estime François Bayrou. «Dans les arts, heureusement que nous ne sommes pas enfermés dans un cadre national. La littérature française a été extraordinairement enrichie par la littérature des caraïbes francophones», justifie-t-il."

Si vous disiez à un écrivain francophone des Caraïbes que ses écrits ne procèdent pas de la culture française, il ressentirait sans aucun doute votre affirmation comme une insulte à son talent. Dites la même chose à un François CHENG ou à un Andrei MAKINE, à Tahar BEN JELLOUN, sans compter Eugène IONESCO qui n’est plus de ce monde. Allez leur dire que leurs œuvres ne procèdent pas du génie de notre langue, enrichi par le génie propre de leur patrie, et écoutez leur réaction.

Vous avez beau être agrégé de lettres classique, monsieur, cela ne vous empêche pas d’avoir commis une cuistrerie à l’endroit de votre patrie. Pour cette raison, puisque vous avez revêtu la tunique neuve de votre nouveau mentor, vous vous êtes définitivement disqualifié. Car, partageant la répulsion de BERNANOS vis-à-vis de l’abject nationalisme, je partage aussi son patriotisme qu’il a pris grand soin de distinguer du poison qu’il dénonce.

J’ai bien l’honneur, monsieur, de vous saluer.

Philippe POINDRON.

Professeur honoraire des Universités.

samedi 25 juillet 2015

25 juillet 2015. Nouvelles estivales de la Résistance. Lettre ouverte à monsieur Laurent Joffrin.

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Non à la lâcheté ! On ne peut pas laisser les imbéciles bernanosiens dire n'importe quoi !
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1. La citation du jour.
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Elle est tirée d'un article publié par l'inénarrable Laurent JOFFRIN dans le journal Libération, Il y expose ceci à propos de la décision du collège médical du CHU de REIMS de ne pas arrêter l'hydratation et la nutrition de Vincent LAMBERT :


La décision « d’arrêt des soins » ne peut selon lui pas être prise dans la sérénité car "les parents de Vincent Lambert sont liés à la fraternité Saint-Pie-X, secte catholique d’extrême droite dont le Vatican, en dépit de certaines tentatives de négociations, a toujours déclaré l’illégitimité. Ainsi, c’est une phalange intégriste qui a réussi, par la menace, à faire dévier la procédure légale. Elle n’a rien à envier aux groupes équivalents dans les autres religions, par exemple les intégristes musulmans."

Voici le portrait (pris sur le site du Boulevard Voltaire) de monsieur JOFFRIN. La main bénissante, le regard perdu et le ventre avantageux, voilà l'homme qui ose écrire ce qui vient de vous être exposé.

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2. Commentaires sous forme de lettre ouverte.
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Monsieur,

Vous ressemblez tout à fait à ces clercs que vous n'avez cessé de condamner avec la plus extrême sévérité de par vos options politiques et qui entendaient imposer à la société leurs manières de voir et leur éthique, aujourd'hui honnie des bobo dont vous êtes un remarquable représentant. C'est maintenant votre très élastique morale que vous entendez imposer à la société tout entière. Vous ne valez, à cet égard, guère mieux que ces prélats bien en cour qui soufflaient jadis à nos monarques la nature des contraintes comportementales qu'ils entendaient faire peser sur les épaules des Français. Qu'il y ait eu dans ces tentatives cléricales une volonté de puissance et de domination condamnable, c'est l'évidence. Mais vos fulminations ressemblent étrangement à celles que prononçaient tel ou tel évêque de jadis, du haut de sa chaire. Votre chaire à vous, c'est votre journal dont la puissance de persuasion est autrement plus forte, plus prégnante et plus insupportable. Les évêques en question, eux, avaient souvent une vie personnelle édifiante. C'est vous qui appartenez à une secte dont la légitimité ne cesse d'être mise en cause au fil des élections.
Vous avez l'audace d'assimiler la position des parents de Vincent LAMBERT et de leurs soutiens à la position d'intégristes musulmans ! Et personne ne semble avoir eu le courage de vous dire bien haut que cette insinuation est non seulement ignoble mais ridicule. Les uns justifient que l'on tue les infidèles, les autres que "l'on n'éteigne point la mèche qui fume" comme le dit le poète ISAIE et qu'on laisse vivre un homme qui n'est pas malade, simplement pauci-relationnel.
Au-dessus de la loi, monsieur, il y a la conscience. Et je vous dénie absolument le droit de nous imposer par la force, par l'injure et par des comparaisons honteuses une vision de la vie que ne partagent pas nombre de vos concitoyens. HITLER n'a pas hésité à supprimer près de 20 000 handicapés mentaux, au motif que leur vie ne valait pas la peine d'être vécue et qu'ils étaient une gène pour la société. Selon vous, et sur des critères purement idéologiques et subjectifs, la vie de Vincent LAMBERT n'est pas digne d'être vécue. Et c'est bien cette opinion qui est inepte.
J'ai sur vous, monsieur, un certain avantage. Je ne suis point médecin, mais pharmacien et universitaire. J'ai travaillé pendant 20 ans avec un très grand ami et collègue médecin, professeur de neurologie au CHU de STRASBOURG. Je pleure tous les jours sa disparition, et je garde en tête les discussions longues, profondes et mesurées que nous avions sur ces questions. Il me disait qu'un médecin n'est pas fait pour la mort, mais pour la vie. Nous avons conduit de nombreuses recherches sur diverses maladies neurodégénératives. Et, bien que je ne sois plus enseignant-chercheur, je continue dans le domaine, notamment en poursuivant de fructueuses recherches sur des maladies réputées incurables comme la maladie de CHARCOT, dans le cadre d'une consultance scientifique.
Vous exercez sans aucune compétence ni aucun droit un magistère moral, vous condamnez sans appel des parents qui entendent soustraire leur enfant à la griffe de l'état. Franchement, vous y croyez vous aux menaces qui pèseraient sur le corps médical rémois ? C'est un mensonge, un mensonge de plus dans cette lamentable histoire.
Votre article est critiquable non seulement sur le fond, mais sur la forme. Et comme le disait un philosophe contemporain (je le cite de mémoire) : "Je préfère un homme qui adore une idole de bois qu'à un homme qui n'adore que lui-même".
Ce sera le mot de la fin.
J'ai bien l'honneur, monsieur, de vous saluer, non sans vous avoir plaint au préalable.

Philippe POINDRON,
Professeur honoraire des Universités,
ancien vice-prédisent de l'Université Louis Pasteur de STRASBOURG.

dimanche 8 mars 2015

08 mars 2015. Nouvelles de la Résistance. Lettre ouverte du Père Jean-Claude Brunetti à monsieur Hollande. Deuxième billet de ce jour.

En complément de ce que je ne cesse de ire (bien mal) voici la lettre ouverte que le Père Jean-Claude BRUNETTI, prêtre du diocèse de CHAMBERY a envoyée à monsieur HOLLANDE. Celui-ci doit s'en tamponner le coquillard avec une patte de langouste ; il nous a donné de multiples exemples de son mépris pour ses concitoyens en général et ses concitoyens chrétiens en particulier. Mais il y a bien des Français qui pensent comme le Père BRUNETTI qu'il convient de remarcier.
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Lettre ouverte au Président de la République
Par J.-C. Brunetti 



Lettre ouverte au Président de la République
Jean-Claude Brunetti
2 place du cardinal Garrone
73000 Chambéry                                                                                                              18 février 2015




Monsieur le Président de la République


Considérez-vous que les chrétiens de France soient des membres à part entière de la République ?
Je ne vous écris pas dans un esprit de revendication, ma lettre est simplement l'expression d'une déception et d'une peine sincère, celle de me sentir en tant que membre d'une institution et en tant que personne particulière, non reconnu et pratiquement méprisé par les responsables de mon pays.
Ces derniers temps vous avez souvent parlé de "nos compatriotes musulmans", des "juifs de France", pour lesquels vous avez multiplié les gestes de solidarité et vous avez eu entièrement raison, compte-tenu des événements tragiques des 7 au 9 janvier.
Deux personnes qui se reconnaissaient dans le christianisme ont perdu la vie dans ces événements. On a peu parlé d'elles, rien d'anormal à cela, car elles n'ont pas été tuées en raison de leur religion, elles assuraient simplement la sécurité des autres…
Mais, lorsque 21 coptes d'Egypte sont assassinés en Libye, assassinat clairement défini comme une menace adressée "au peuple de la Croix, fidèle à l'Eglise égyptienne ennemie" et que l'Elysée parle à deux reprises de "l'assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens"… cela me blesse profondément.
A Paris et à Copenhague on tue des Français ou des Danois parce qu'ils sont Juifs, mais en Libye on tue des Egyptiens…
Ce parti-pris d'ignorance est vraiment le signe d'un mépris pour les chrétiens, c'est du moins comme cela que je le ressens, monsieur le Président.
Car il y a plein d'autres choses qui me blessent : Quand, par exemple, vous dites que "l'islamoterrorisme", comme l'appelle votre Premier ministre, est d'abord dirigé contre les musulmans modérés, c'est vrai que des musulmans sont victimes de DAECH, mais le "d'abord" est sans doute un peu fort, il ne faut pas oublier que, de par le monde, le christianisme est la religion la plus persécutée (très souvent par les tenants d'un islam sinon terroriste, du moins fondamentaliste), comme le souligne l'étude documentée récemment parue aux éditions XO, intitulée "Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde."
Je rappelle, à ce sujet, que la France avait "généreusement" promis d'accueillir 500 chrétiens de Syrie, choisis dans la marée des réfugiés. Il me semble que nous ayons des difficultés à remplir le contrat, dites-moi si je me trompe…
Il est souvent question des dégradations de mosquées ou de synagogues, ce qui est déplorable, bien évidemment, mais le fait que l'évêque de l'Ain ait été amené à prendre la décision de laisser les tabernacles dans toutes les églises de son diocèse, vides et portes ouvertes pour dissuader les auteurs de profanations de ciboires et d'hosties, ne mérite pas qu'on en parle…
Je comprends très bien que l'institution Eglise ne vous attire pas spécialement, elle n'a pas toujours eu une histoire glorieuse, Mais c'est le propre de toute institution, en connaissez-vous une de parfaite ? La République elle-même n'a-t-elle pas quelques cadavres dans ses placards ? Est-ce une raison pour ne pas l'aimer, pour ne pas souhaiter qu'elle s'améliore ?
Il y a aussi le fait que récemment certains chrétiens aient pu prendre des positions qui vous agacent…Que des citoyens ne pensent pas comme vous, c'est la gloire de la République et de la liberté d'expression dont vous êtes un ardent défenseur.
Seulement à ce sujet, il y a, me semble-t-il, deux libertés, celle des membres de l'intelligentsia reconnue qui peuvent se moquer de tout, c'est-à-dire ne rien respecter, et ceux qui, au nom du respect, justement, mettent un frein à leur expression. C'est-à-dire qu'il y a les "Charlie" et les autres, ceux que Charlie appelle des "cons" (je vous prie d'excuser cette licence de langage qui n'en est hélas plus une).
J'ai dans les premiers jours qui ont suivi les terribles événements de début janvier défilé avec tous les autres (enfin, beaucoup !) pour manifester le refus de la barbarie par toute la nation (dont je suis membre !) mais, pour autant, la philosophie de Charlie, bien sympathique à beaucoup d'égard, me paraît trop hexagonale et pour être précis, bien trop "bobo parisien", pour être la mienne ! Je ne publierai pas des caricatures pour le plaisir de proclamer que je suis libre, en ne prenant pas en compte que, dans d'autres pays, (et c'était prévisible, puisque ça avait déjà eu lieu) d'autres payeraient de leur vie ma liberté.
Il est vrai que ce n'étaient que des chrétiens nigériens… enfin, des "ressortissants nigériens" comme ont dû dire vos services… et puis quelques églises qui ont brûlé, rien à voir, circulez.
Ma lettre est sans doute plus marquée d'amertume que je ne l'aurais voulu en commençant, et peut-être, bien que je m'en défende, ma vision est-elle un peu déformée. J'espère cependant ne pas avoir été injuste envers vous.
J'ai simplement voulu vous dire, en tant que citoyen d'un pays que j'aime au moins autant que vous, combien votre humanisme rétréci et votre laïcité à géométrie variable me déçoivent.
Je vous conserve le respect dû à vos fonctions, cette lettre en est d'ailleurs un signe. Je vous souhaite la meilleure fin de mandat possible.
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Le Père BRUNETTI manifeste du respect pour la fonction. Je n'en ai aucune, personnellement quand je vois comment elle est remplie par monsieur HOLLANDE. Je vous rappelle ce que disait Louis PASTEUR : "c'est l'homme qui honore la fonction et non la fonction qui honore l'homme". 

lundi 17 juin 2013

Nouvelles de la Résistance, premier billet du 17 juin 2013

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Je rentre de ma chère Alsace... Et je reprends la deuxième partie de la lettre dont vous eûtes primeur dans le premier billet du 15 juin. Cette fois-ci, le scripteur demande à monsieur BACRI de transmettre à sa compagne madame Agnès JAOUI ses remarques. Je me fais un plaisir de vous les transmettre :
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" En revanche, je me sens capable d’essayer de répondre aux incompréhensions de madame Jaoui, en lui expliquant ce « qu’elle hallucine ». Vous transmettrez, s’il vous plaît. Je ne vais pas perdre de temps à décortiquer ce qui ne va pas dans ce pseudo « mariage pour tous ». Ses incohérences anthropologiques, juridiques, politiques, philosophiques ont été expliquées en long et en large… S’il prenait à madame Jaoui l’envie de véritablement essayer de comprendre ce « qu’elle hallucine », elle aurait tout sous la main en quelques clics.
Je ne vais pas, non plus, insister sur le fait que cette loi concerne une micro-minorité (probablement autour de 0,2% de la population en âge de se marier, d’après l’INSEE) et qu’elle est supportée par une poignée d’activistes qui ne représentent qu’eux-mêmes, et certainement pas les homosexuels.
Mais je vais plutôt rester dans votre registre, celui des « merveilles que le mariage homosexuel va produire ».
Le mariage homosexuel va produire une société merveilleuse dans laquelle chaque sexe va enfin pouvoir se passer de l’autre. Progrès immense, les femmes vont enfin pouvoir s’opprimer entre elles. Car, comme le savent tous ceux qui essaient de voir un peu plus loin que le bout de leur nez, non seulement certaines femmes battent leurs maris, mais elles cognent aussi leur « compagne » à l’occasion. On va donc désormais expliquer au citoyen circonspect que l’égalité des sexes exige qu’il y ait autant de femmes que d’hommes partout dans la société, sauf dans la famille et pour faire des enfants. Brillant. Cohérent.
Le mariage homosexuel va aussi produire une catégorie inédite et merveilleuse d’enfant : l’orphelin né dans un chou. Celui qui aura été choisi pour être adopté par deux hommes sera officiellement né d’eux et privé de toute idée de mère, jusqu’à la fin de ses jours. La société, qui aura décidé de son sort, affirmera dans l’état-civil de cet être humain, de ce citoyen, qu’aucune femme ne l’a jamais porté ni mis au monde. La loi qui impose à un enfant de vivre dans un mensonge officiel, voilà un bien beau progrès pour l’humanité.
Mais tout ceci vous apparaîtra sans doute un peu trop subtil. Pourquoi se préoccuper de tous ces détails, quand on sait, comme c’est votre cas, que tous les hommes mariés boivent, battent leurs femmes et violent leurs enfants ? Passons donc à plus concret.
Malgré les manœuvres dilatoires de nos gouvernants, le mariage homosexuel finira par produire la PMA. Ça n’est bien évidemment qu’une question de temps, et vous le savez d’autant mieux que vous l’appelez certainement de vos vœux, comme tant d’autres. La PMA finira donc par être autorisée aux lesbiennes mariées. Puis, par égalitarisme, aux lesbiennes concubines. Aux célibataires. Puis, aux « non-lesbiennes », en couple ou pas, mariées ou pas. Bref « à tous », comme le mariage éponyme. Cela ne fait certainement ni chaud ni froid à madame Jaoui, qui ne comprend pas « comment certains définissent la façon dont les autres doivent vivre ou avoir des enfants ». On ne s’attardera sur la vacuité abyssale d’une telle déclaration, que pour se demander comment madame Jaoui imagine que l’humanité puisse subsister si, à un moment ou un autre, « certains » ne définissent pas quelques règles sur la « façon de vivre » « et de faire des enfants » des « autres »… De quel droit madame Jaoui entend-elle empêcher votre voisin de palier de faire ses besoins ailleurs que devant sa porte, si c’est « sa façon de vivre » ? De quel droit veut-elle interdire le viol, si c’est une « façon d’avoir des enfants » ? Visiblement, madame Jaoui a des hallucinations sélectives, puisqu’elle comprend parfaitement, par ailleurs, que « certains » (adultes) imposent à d’« autres » (enfants) leur « façon de vivre » (homosexuelle) sans mère ou sans père. On a les cohérences qu’on peut, et madame Jaoui semble finalement n’être pas si « complètement d’accord » que ça avec les bons conseils du monsieur-Bacri-du-début-de-l’interview…
En revanche, il semble plus intéressant de s’attarder sur un autre point concernant la PMA. La PMA qui va se généraliser, consistera à acheter du sperme pour fabriquer un enfant à la commande. Bien sûr, le système du don anonyme n’a aucun avenir dans le monde « merveilleux » où la PMA thérapeutique aura laissé la place à une PMA de convenance. A partir du moment où le soin aura cédé la place à la prestation de service, les femmes qui auront recours à la PMA voudront du sperme de qualité. Elles voudront choisir son producteur. Et on les comprend : comment pourrait-on bien imposer à une femme de s’inséminer du sperme dont elle ne choisirait pas l’origine, alors que la société toute entière exige de savoir si ses lasagnes contiennent du bœuf ou du cheval ? Comme on en voit les prémices sur internet, la PMA va donc déboucher sur un marché mondial où l’on pourra sélectionner et acheter la semence d’un « étalon » sur catalogue, en fonction de sa race, de sa taille, de son électrocardiogramme, de son tour de biceps… La sélection raciale à domicile, sur tablette numérique... Cet eugénisme commercial de convenance est une des merveilles que le mariage homosexuel va produire. Merci, monsieur Bacri. Merci, madame Jaoui.
Et puis, par égalitarisme, le mariage homosexuel va finalement produire la merveille de la GPA. Vous me permettrez de la décrire dans sa réalité la plus sordide : un contrat par lequel deux homosexuels passent commande à une femme plus pauvre qu’eux d’un enfant qu’elle va concevoir, porter, puis mettre au monde, pour le leur remettre contre paiement d’une somme d’argent. En bref, la location de l’utérus d’une femme en situation de précarité et la vente de son bébé. La femme réduite à un incubateur. L’enfant réduit à un bien de consommation. Une perspective magnifique pour les humanistes que madame Jaoui et vous êtes sans doute.
Comme pour la PMA, la GPA va générer un marché florissant, dont les pionniers font déjà fortune aux Etats-Unis, qui permettent de sélectionner les donneuses d’ovules sur leurs critères raciaux, intellectuels, religieux. Et les matrices sur leur largeur de hanches et la qualité de leur placenta. Allez jeter un coup d’œil sur le « catalogue » de ces juments poulinières, si vous voulez comprendre au lieu d’« halluciner ». C’est ici : https://www.eggdonor.com/search/. Vous cherchez une grande brune, sportive, bouddhiste, diplômée de l’enseignement supérieur mi-latino, mi-caucasienne, les cheveux bouclés et les yeux verts ? Pas de problème, vous trouverez le bon pédigrée pour quelques milliers d’euros. Un marché mondialisé d’exploitation de la misère humaine… Le lebensborn version capitaliste. De belles soirées en perspectives dans le Marais, durant lesquelles les acheteurs pourront sélectionner les critères génétiques d’un futur être humain comme ils élaboreraient leur cuisine aménagée.
Pour bien enfoncer votre nez dans l’ « hallucination », citons quelques cas de figure qui mériteraient vos analyses percutantes à tous deux:
·         Que se passera-t-il quand une femme sera morte en couches en délivrant « sa commande » ? Accident du travail comme l’imagine M. Bergé ? On versera l’argent aux orphelins de la dame, si elle élevait déjà seule ses premiers enfants ? Ou bien ceux-ci hériteront-ils de ce demi-frère ou de cette demi-sœur dont leur mère elle-même ne voulait pas ?
·         Que se passera-t-il si le couple de tourtereaux se sépare avant la naissance de l’enfant qu’ils auront commandé ? Il y aura une clause de rétractation ? On pourra forcer la mère à avorter, au moins ? Même après la durée légale ? Ou devra-t-elle le mettre au monde pour l’abandonner ? Il y aura un marché de l'occasion ?
·         Que se passera-t-il si la maman finit par aimer l’enfant qu’elle porte et veut le garder à la naissance ? On l’obligera à le livrer ? Le père biologique sera-t-il obligé de subir avec cette femme (quelle horreur !) une paternité qu’il comptait partager avec son « mari » (à lui) ?
·         Que se passera-t-il si l’enfant naît avec une infirmité non décelée durant la grossesse ? Les deux « maris » pourront-ils en refuser la livraison pour vice caché ? Demander une réduction de prix ?
·         Que se passera-t-il si la mère, après dû enregistrement de l’état-civil par les « deux pères » de l’enfant, réclame que soit reconnue sa maternité ? Refusera-t-on à l’enfant d’avoir une mère au motif qu’il a déjà deux pères et que c’est bien suffisant ? Ou finira-t-on par avoir des enfants avec trois, quatre, cinq parents, comme cela est en train d’être envisagé dans les pays qui, avant la France, ont joué aux apprentis-sorciers avec le mariage homosexuel ?
Bien sûr, la GPA ce sera d’abord pour les homosexuels puis, par égalitarisme, ce sera « pour tous ». Une actrice pourra ainsi sous-traiter sa grossesse à une étudiante bulgare sans le sou, afin de conserver la ligne et de tourner son nouveau film sans subir nausées et vergetures. Ou comment faire - ou plutôt ne pas faire - des enfants « à sa façon », selon l’expression délicieuse de madame Jaoui.
Après le « salon du mariage gay », on aura les agences de tourismes pour choisir sa mère porteuse aux antipodes, les sociétés de sperme « bio », le commerce d’ovules équitable, les gamètes discount, les offres « deux grossesses pour le prix d’une »… Le sperme au rayon surgelé chez Leclerc ? Quelles merveilles va nous apporter le mariage homosexuel .
Voilà, monsieur Bacri, comment ceux-là mêmes que l’on attendait à la pointe du combat pour la dignité humaine se retrouvent complices de la création du pire marché d’exploitation de l’être humain depuis l’invention de l’esclavage. Bravo les artistes ! C’est vrai que la guerre c’est moche, monsieur Bacri. Et, si vous vous en étiez tenu à ce genre de banalités, vous seriez passé pour un gars pas bien malin, mais gentil. Cela aurait été un moindre mal.
Alors, un conseil pour finir, si vous permettez : vous devriez relire plus souvent vos interviews, monsieur Bacri. Cela vous passerait peut-être l’envie d’infliger vos fulgurantes imbécillités à ceux qui ont a mauvaise idée de les lire.
 

samedi 15 juin 2013

Nouvelles de la Résistance, premier billet du 15 juin 2013

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Je dois à un très ancien et plus que très cher ami, presque un frère, la communication d'une lettre ouverte à monsieur BACRI, compagnon de madame JAOUI, en réponse à des curieux propos que ce monsieur BACRI, membre influent du show-bizz a tenu sur les opposants au projet dit TAUBIRA. Cette lettre est très longue ; je la publierai donc en deux partie. Il faut savoir que ces propos sont rapportés par TGV magazine, le périodique que la SNCF distribue dans les TGV à sa clientèle. Il est intéressant de noter que le grand responsable de la SNCF est monsieur Guillaume PEPY, le même qui avait mis le TGV Lyon-Paris à 5 euros le voyage, le jour de la manifestation des partisans de ladite loi. Toute coïncidence n'est bien sûr que fortuite... Il s'agissait, paraît-il, de fêter je ne sais quel événement.
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Voici donc la première partie de cette lettre savoureuse :
 
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“Monsieur BACRI,
De passage en France, j’ai récemment pris le TGV et, à cette occasion, ai trouvé, sur mon fauteuil, la revue “TGV magazine” dont madame Agnès Jaoui et vous faites la couverture.
Feuilletant la revue, j’ai commencé à lire votre interview, curieux de ce que vous auriez à dire aux clients de la SNCF. Je dois avouer que j’avais un a priori plutôt favorable, me faisant l’idée que vous étiez quelqu’un qui avait du recul sur la société. Une sorte d’anti-people, pas trop adepte de la langue de bois, imperméable au politiquement correct et à la pensée unique germanopratine.

Et vos premiers mots me donnaient à penser que j’étais dans le vrai. Je vous cite : « On nous demande parfois notre avis sur le monde, la maladie, les impôts… Cela apporte un éclairage disproportionné à des opinions souvent médiocres. Je le ressens en lisant celle des autres, parce que je ne lis pas les miennes justement à cause de cela. Nous sommes des artistes, pas des philosophes. Résultat, des chanteurs ou des acteurs disent des conneries du genre « la guerre, c’est moche » et ça devient parole d’évangile. Il m’arrive parfois d’être surpris, mais pour une interview intéressante, que d’imbécilités ! ». Et madame Jaoui d’opiner : « Je suis complètement d’accord »…

Bel exemple d’humilité dans une profession où la taille de l’ego est souvent inversement proportionnelle au talent. Ça commençait bien.
Las ! Je n’imaginais pas que vous pousseriez l’art de la démonstration jusqu’à faire, dans la même interview, la preuve que vos craintes de dérapages étaient si bien fondées.

En effet, quelques lignes plus loin, répondant à une question qu’on ne lui pose pas, madame Jaoui affirme qu’elle est « hallucinée […] des réactions négatives au mariage pour tous ». On passera sur le barbarisme. Le bon français, dont on pouvait pourtant espérer que des acteurs professionnels seraient les zélés promoteurs, est manifestement la première victime de cet article.
 
La seconde est le bon sens. Car, contrairement à vos premières déclarations, vous n’avez même pas besoin qu’on vous demande votre avis sur un sujet pour en dire les pires stupidités. Vous renchérissez en essayant d’être drôle : « je les comprends de vouloir préserver à tout prix ce mariage hétérosexuel quand on voit les merveilles qu’il produit : l’inceste, le viol, la violence alcoolique, la soumission des femmes… ».
 
Rien de moins.
Ne croyez-vous pas avoir oublié la malaria, le trou dans la couche d’ozone, le nazisme et le stalinisme, la grippe aviaire, la crise financière et le chômage de masse, la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le mildiou, les marées noires et l’algue verte, le réchauffement climatique, les lundis pluvieux, les hémorroïdes, l’extinction du dodo, la mort de Joe Dassin, les khmers rouges, la propagation du sida, les cailloux dans les chaussures et les échardes dans les doigts, les boutons de fièvre et les lèvres gercées, les grèves dans le métro et les embouteillages sur le périphérique, le ténia, la fin des vacances et le cancer du colon.
J’aime bien creuser un peu le sujet, quand je lis des analyses ciselées à la feuille de boucher comme la vôtre… Alors, allons-y, si vous le voulez bien.
Qu’est-ce qui, dans le « mariage hétérosexuel », peut bien générer autant de fléaux que ceux que vous citez ?

Serait-ce le mariage lui-même ? Cela expliquerait pourquoi madame Jaoui et vous êtes restés des amants. Enfin, des amis… Enfin, on ne sait pas trop en lisant l’article - et vous non plus apparemment. On pourrait, en effet, imaginer que, terrorisé à l’idée de devenir alcoolique dès le seuil de la Mairie franchi, effrayé par la perspective de devenir un violeur en signant le registre d’état-civil, angoissé par la perspective de devoir taper sur votre femme dès la nuit de noces, vous ayez préféré ne pas vous marier. L’explication serait convaincante, s’il n’était que l’on ne comprend pas, alors, pourquoi le mariage ne produirait plus les mêmes effets dès lors qu’il est « homosexuel ».
 
Il faut donc chercher ailleurs. Du côté de l’hétérosexualité, sans doute. C’est probablement elle, cette horrible hétérosexualité, qui rend alcoolique, violent, violeur, incestueux, qui opprime les femmes. Tout serait tellement plus doux et pacifique sur terre si tous les êtres humains étaient homosexuels. Et c’est scientifiquement irréfutable, puisque l’espèce humaine disparaîtrait aussitôt. Quelle paix, enfin ! Problème : si c’est bien l’hétérosexualité qui est la source de toute cette violence, se peut-il que vous-même asservissiez madame Jaoui ? Ou que celle-ci vous batte ? Se peut-il que, sous l’effet de l’alcool, vous ayez déjà abusé d’un de vos parents ? J’ai du mal à le croire. Décidemment, il n’est pas facile d’expliquer les tares du « mariage hétérosexuel ».

Je ne vois finalement qu’une réponse possible. Pourquoi le mariage hétérosexuel est-il si mauvais ? Parce que. Et c’est aussi pour cette même bonne raison que le mariage homosexuel c’est bien, et même mieux ! C’est la seule explication rationnelle.

Bien sûr, je pourrais essayer de vous expliquer que l’inceste « homosexuel » se pratique au moins dans les mêmes proportions au sein d’une population que celle-ci comprend d’homosexuels. Je pourrais vous demander d’aller expliquer votre théorie sur le viol aux parents des victimes de l’adjudant Chanal. Ou aux pensionnaires masculins de quelques établissements pénitentiaires. Ou vous inviter à lire cette étude statistique officielle canadienne qui démontre qu’il y a deux fois plus de violence « conjugale » dans les couples homosexuels que dans les couples hétérosexuels. Vous apprendre qu’après le sida, la drogue est la deuxième cause de décès chez les homosexuels. Qu’après la drogue, la violence « conjugale » est la troisième cause de décès chez les homosexuels. Ou tenter de vous faire comprendre que le viol a commencé à exister avec la sexualité – quelle que soit son orientation – et bien avant que le mariage soit imaginé par nos très lointains ancêtres.

Mais je ne crois pas que ceci vous intéresse, ni ne soit à la portée de votre compréhension. Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage… Pour promouvoir le mariage homosexuel, l’église de la bien-pensance bobo, dont vous vous faites le thuriféraire dans le train, a décidé qu’il fallait détruire le mariage tel qu’il existe depuis des milliers d’années, en utilisant, s’il le faut, les fards les plus grossiers. De toute façon, notre société relativiste perd peu à peu tout sens critique. Tout se vaut, rien n’est mieux, il n’y a pas de bien, chacun peut faire ce qu’il veut. Comme « a envie de dire » madame Jaoui dans cette interview, « ça ne [n]ous regarde pas ! ». Personne n’ayant plus son mot à dire sur rien – excepté nos acteurs-philosophes, qui ont un avis éclairé sur tout - plus la revendication est outrancière, plus l’affirmation est colossalement bête, plus elles ont désormais de chances de « passer » dans l’opinion. La raison n’ayant aucune prise sur un dogme, vous ne comprenez donc probablement pas ce que vous venez de lire."
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La deuxième partie de la lettre s'adresse à madame JAOUI. Suite au prochain billet.