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samedi 25 novembre 2017

25 novembre. Nouvelles de la Dissidence. Se sentir séparé pour communier avec l'autre.

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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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Poursuivons sans crainte la lecture de Louis LAVELLE. Cette citation enrichit et complète celle de mob billet d’hier.

"La communion entre les êtres n’est possible qu’à condition qu’ils se sentent d’abord séparés. Et même elle ne commence qu’à partir du moment où ils sont assurés tous deux d’être enfermés l’un et l’autre dans l’intimité de leur propre solitude. Jusque-là, aucune communication ne saurait être valable. Ils ne peuvent agir vraiment l’un sur l’autre que dans la partie la plus inviolable d’eux-mêmes, où tout ce que l’on offre, tout ce que l’on accepte semble rompre également la pudeur. L’individualité des différents êtres est d’abord un effet de la matière : et l’on sait que pour les plus délicats, être touché, c’est déjà se sentir blessé. Que faudra-t-il dire du contact qui peut se produire entre deux volontés ? Nous ne pouvons pas penser à notre solitude où un autre va pénétrer, à la solitude d’un autre qui pour nous va s’ouvrir, sans éprouver une sorte de tremblement, une immense espérance accompagnée d’une douloureuse anxiété. Dans les formes les plus hautes de la communion entre deux êtres humains, où règnent une confiance et une joie presque continues, il faut que cette anxiété demeure, qui est encore la marque du caractère sacré de la solitude et du miracle qui la dépasse. […]."
In
Louis LAVELLE.
Le mal et la souffrance. ["Présences" ; sous la direction de DANIEL-ROPS.]
Librairie Plon, les petits-fils de Plon et Nourrit, Imprimeurs-Éditeurs, Paris 1940. (Page 199.)
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2. COMMENTAIRES.
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C’est en pensant à ces jeunes qui désirent s’engage dans le mariage que j’ai choisi ce passage. Rien ne me hérisse plus que d’entendre des homélies de mariage où le célébrant vante auprès des époux l’idée du « n’être plus qu’un ». Cette idée est philosophiquement et anthropologiquement fausse. Pour rentrer en relation dans un couple, il faut être deux. Et LAVELLE indique avec une force extrême que la rentrée en relation, c’est le contact entre deux solitudes et deux volontés, où ceux qui aiment vraiment ouvrent à l’autre cette partie d’eux-mêmes qui est le cœur profond ou encore l’esprit, le temple où réside en nous Dieu immanent. 
Vous allez me dire que l’on est loin de ce qui normalement fait l’objet de ce Blog et qui est essentiellement consacré à la politique au sens noble du terme, c’est-à-dire à la vie commune dans l’espace public. C’est au nom d’une vraie relation à l’autre que la courtoisie et les bonnes manières sont requises par la vie en commun et le vivre ensemble. Et nous savons bien que dans l’espace public, nous rencontrons surtout des gens que nous ne connaissons pas. Les ignorer parce que nous ne les connaissons pas, c’est fermer son cœur à la relation. Et c'est vouloir échapper au risque et à l'anxiété de la rencontre !
Il est très clair que l’on est loin du compte pour ce qui est du respect des bonnes manières. Quand un délinquant tabasse un conducteur de bus et se voit infliger un simple rappel à la loi, comme cela s’est vu récemment en Bretagne, on peut s’interroger sur ce que signifie le vivre ensemble. Le lien social exige cette ouverture de l’esprit ou du cœur, laquelle requiert en effet le respect de l’autre dans sa singularité et son inaliénable mystère.
Le simple rappel à la loi à ce délinquant violent, sans aucune autre sanction, ne fait que renforcer celui-ci dans une solitude, un enfermement proprement calamiteux… Mais les juges appliquent paraît-il la loi. Si c’est le cas, alors il faut la changer.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE, BAROQUE OU CURIEUSE.
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Tout finit par se savoir.


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Une évidence que les laïcards ne veulent point admettre.

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A tout péché, miséricorde. ENTHOVEN fait son mea culpa.

Il fallait le signaler et reconnaître du panache à Raphaël.

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Qu’ils ne viennent pas nous faire la morale.

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La CAMIF a raison ! Elle est cohérente avec les valeurs qui ont été à la racine de sa fondation.

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Il n’y avait pas que les Vendéens à être persécutés sous la Terreur.

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Et enfin :



samedi 18 octobre 2014

18 octobre 2014. Nouvelles de la Résistance. Foutez la paix à nos enfants (bis)

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Ce n'est pas l'ignorance, non ce n'est pas elle qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.

Avant de délivrer la citation du jour, je prie mes lecteurs d'excuser mon retard à produire mon billet quotidien. Je n'ai pas d'autres excuses que celle de la fatigue dont j''expliquerai dans les informations l'origine.
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1. La citation du jour.
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"Il est clair qu'en essayant d'instaurer un monde propre aux enfants, l'éducation moderne détruit les conditions nécessaires de leur développement et de leur croissance. Il est pour le moins étrangement frappant que cette éducation fasse tant de mal à l'enfant, elle qui ne prétendait avoir d'autre but que de le servir et qui rejetait les méthodes du passé comme ne tenant pas assez compte de sa nature profonde et de des besoins. Le Siècle de l'enfant, comme on peut s'en souvenir devait émanciper l'enfant et le libérer des normes tirées du monde des adultes. Mais comment a-t-on pu négliger, ou simplement ne pas reconnaître les conditions de vie les plus élémentaires nécessaires à la croissance et au développement de l'enfant ? Comment a-t-on pu exposer l'enfant à ce qui plus que tout autre chose caractérise le monde des adultes, c'est-à-dire à la vie publique, alors que l'on venait de s'apercevoir que l'erreur de toute les anciennes méthodes avait été de considérer l'enfant comme un petit adulte ?
[...]
[...], la particularité de la vie moderne est de considérer la vie, c'est-à-dire la vie terrestre de l'individu aussi bien que celle de la famille, comme le plus grand des biens ; et c'est pour cette raison qu'à la différence de tous les siècles précédents la société moderne a affranchi cette vie ainsi que toutes les activités qui la préservent et l'enrichissent DE L'INTIMITE POUR L'EXPOSER A LA LUMIERE DU MONDE PUBLIC. [...].
[...]
[...]. Plus la société moderne supprime la différence entre ce qui est privé et ce qui est public, autrement dit plus la société intercale entre le public et le privé une sphère sociale où le privé est rendu public et vice versa, plus elle rend les choses difficiles à ses enfants qui par nature ont besoin d'un abri sûr pour grandir sans être dérangés."
In 
Hannah ARENDT.
La crise de la culture. (Collection Folio, série essais, N°113.)
Gallimard, Paris, 1972.
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2. Commentaires.
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La destruction de la famille, pensée, voulue et exécutée par ce pouvoir est bien en train de projeter dans l'espace public ceux qui par nature devraient rester dans l'espace privée, celui de la famille. Il semble que certains juges du Conseil d'Etat aient pris conscience de la gravité de ces tentatives ; ils ont réussi à faire retirer le soutien à la ligne Azur que le sinistre PEILLON et ses non moins sinistres successeurs (du latin sinister : situé à gauche) avaient exigé des Recteurs.
Les enfants n'ont pas à être soumis à la tyrannie du politique, comme ils le sont depuis le sinistre Jules FERRY, [le père de la politique coloniale française, le raciste le plus répugnant dans sa condescendante arrogance vis-à-vis des "races inférieures" (ce sont ses propres paroles)] et jusqu'à l'incompétente, carnassière quoique jolie (et bien pourvue de dents) Najat VALLAUD-BELKACEM.
Les lois n'ont pas à se préoccuper de ce qui concerne la sphère privée. Elles doivent organiser la vie dans l'espace public.
Je vois d'ici l'objection : "un enfant maltraité par sa famille doit-il être laissé en de telles conditions" ? Certes non, mais je pourrais répondre que l'existence des assistantes sociales ou de la PMI ou des éducateurs n'a pas empêché le martyr de la petite Marina, ni le viol et le meurtre d'une élève du Lycée cévenol par un adolescent connu pour ses violences et prétendument suivi par la puissance juridique publique.
En ces domaines, l'Etat et les politiques sont impuissants quoi qu'ils fassent.
L'état doit se contenter de donner aux parents les conditions de vie, matérielles et spirituelles, qui leur permettent d'éduquer leurs enfants. Ce n'est pas en ratiboisant les allocations familiales, en rabotant le quotient familial, en modifiant indûment le dispositif du congé parental qu'il y parviendra. Il faudrait simplement que les hommes politiques donnent en ces domaines de meilleurs exemples. Le général de GAULLE, qui avait une fille gravement handicapée, l'a donné en s'occupant d'elle jusqu'à ses derniers instants et en entretenant sa mémoire parmi les siens. Monsieur HOLLANDE a plaqué la compagne qui lui avait donné quatre enfants pour vivre avec une femme qu'il congédiait publiquement sept ans plus tard, et la tromper en se rendant nuitamment, casqué, mais hélas pas comme MINERVE, chez madame GAYET.
Les responsables socialistes sont obsédés par le sexe. Ayons le bon goût de glisser sur les frasques de DSK. Considérons seulement les initiatives des uns en faveur du "chèque contraception" (madame ROYAL) ou du soutien à l'exposition intitulé le "Zi sexuel" qui n'est pas piquée des hannetons.
Foutez la paix à nos enfants, disons-nous. Foutez leur la paix, et occupez vous des chômeurs, des violences ethniques qui se développent dans les banlieues "sensibles", des trafiquants de drogue, des sans-abris. Tout le reste est de la poudre aux yeux, et vos prétendues "mesure de justice" ne sont que de très légers voiles, des voiles transparents hélas, jetés sur la nudité impudique de votre politique.
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3. Informations.
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La machine à couacs : une vidéo (merci à Yann).

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2014/10/17/25005-20141017ARTFIG00161-executif-29-mois-au-pouvoir-et-autant-de-couacs.php 
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La Sculpture de monsieur McCARTHY (infos tirées du site du salon beige).

Le maire de Paris a donc subventionné l'érection de la structure gonflable géante simulant un sex toy. Que l'on puisse présenter cela comme de l'art est le signe le plus évident de la décadence non seulement des moeurs mais encore du goût. Cette "sculpture" a été traitée de la manière qui convient : dégonflée, désarrimée de son support, elle gisait flasque et bestiale. Pour vous situer ce monsieur McCARTHY dont la Monnaie de Paris présente quelques oeuvres, voici ce qu'en dit les responsables de l'exposition.


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Ma soirée avec les jeunes d'ANNUNCIO.

Je suis rentré fort tard hier soir, car j'ai passé ma soirée avec les jeunes du mouvement Annuncio qui lancent régulièrement des équipes d'évangélisation de rue. J'ai vue des dizaines de jeunes gens et de jeunes fillesen adoration, à genoux, prier avec une ferveur qui fait honte à ma tiédeur. J'ai vu ces jeunes, bien formés, audacieux, respectueux, aimants et ouverts, aborder délicatement les passants sur la Place Saint-Michel. Pour ma part, en compagnie de Benoît, une jeune lycéen qui vient à l'aumônerie ou je suis animateur, l'expérience a été une bénédiction. Benoît avait apporté son violon. Il joue admirablement bien (il est élève au Conservatoire) et il a attiré par la beauté de sa musique des jeunes et des moins jeunes. Je note que les plus ouverts au dialogue ont été Mohamed, d'une part, et Majdi de l'autre, deux jeunes musulmans.
que dire d'autre ? Rien ! Que de l'action de grâce.

lundi 13 octobre 2014

13 octobre 2014. Nouvelles de la Résistance. Que la Résistance aux nazis est une modèle pour nous...

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Nous n'y pouvons rien, et c'est pourquoi j'insiste :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.

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1. La citation du jour.
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La citation du jour est empruntée à la préface qu'Hannah ARENDT écrivit pour ce livre remarquable qu'est La crise de la Culture (un ensemble de ses articles regroupés en un ordre logique) (Folio Essais N°113), Gallimard, Paris, 1972 (date de la première édition en français).

Hannah ARENDT commente la phrase mélancolique que René CHAR écrivait en envisageant la fin de cette période où il vivait la Résistance à l'oppression nazie : "Si j'en réchappe, je sais que je devrai rompre avec l'arôme de ces années essentielles, rejeter (non refouler) silencieusement loin de moi mon trésor."

"Quel était ce trésor, dit-elle ? Tel qu'eux-mêmes [i.e. les résistants, note du transcripteur] le comprenaient, il semble qu'il ait consisté, pour ainsi dire, en deux parts étroitement liées : ils s'étaient aperçus que celui qui a épousé la Résistance a découvert sa vérité, qu'il cessait de se chercher sans jamais accéder à la prouesse, dans une insatisfaction nue, qu'il ne se soupçonnait plus lui-même d'insincérité, d'être un acteur de sa vie frondeur et soupçonneux, qu'il pouvait se permettre d'aller nu. Dans cette nudité, dépouillés de tous les masques - de ceux que la société fait porter à ses membres aussi bien que ceux que l'individu fabrique pour lui-même dans ses réactions psychologiques contre la société - ils [les résistants] avaient été visités pour la, première fois dans leurs vies par une apparition de la liberté, non certes, parce qu'ils agissaient contre la tyrannie et contre des choses pires que la tyrannie - cela était vrai pour chaque soldat des armées alliées - mais parce qu'ils étaient devenus des challengers, qu'ils avaient pris l'initiative en main et par conséquent sans le savoir ni même le remarquer, AVAIENT COMMENCE A CREER CET ESPACE PUBLIC ENTRE EUX OU LA LIBERTE POUVAIT APPARAITRE [majuscules de votre serviteur]. A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide mais le couvert reste mis. 
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2. Commentaires.
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Je crois que ce texte est fondamental pour comprendre la montée en puissance d'un mouvement comme La Manif Pour Tous, ou comme celui des Veilleurs.
Il ne manque pas d'imbéciles patentés pour parler du premier en tentant de le ringardiser, de le renvoyer dans les cordes d'une prétendue extrême-droite, d'une bourgeoisie catho et réactionnaire. Tous ces mots sont des jugements, en aucun cas une analyse en profondeur d'un ébranlement qui étonne même les sociologues. Bien entendu, les TAUBIRA,les BELKACEM, les CAZENEUVE et les grands dignitaires des Loges, abondent dans le sens de ces misérables contempteurs. Mais contre la liberté recouvrée, vécue, savourée, contre la résistance à l'oppression exercée par minorité déconnectée du réel, ils ne peuvent rien, ils sont impuissants et de ce fait incapables d'engendrer quoi que ce soit d'utile à la société.
Il ne manque pas d'imbéciles pour railler le second mouvement, celui des Veilleurs. Du reste, en Italie, des excités (voir ci-dessous) agressent périodiquement les Sentinelles/Veilleurs debout. Mais leur violence n'aura jamais raison de la LIBERTE QUI APPARAÎT DANS L'ESPACE PUBLIC. Depuis deux siècles, la prétendue démocratie s'arroge le droit d'organiser cet espace à sa convenance, en renvoyant à l'espace privé l'expression de la liberté. Enfin, les Français se réveillent et comprennent que l'espace public leur appartient et qu'il n'est pas le monopole de la Police, des Forces du désordre et des fonctionnaires couchés aux pieds de monsieur CAZENEUVE, de madame TAUBIRA ou de monsieur VALLS dit MENTON POINTU.
Cet espace public, nous entendons bien l'investir car il est le bien commun de tous les Français, nous entendons l'investir dans le calme, la non-violence, le respect des biens et des personnes, ainsi que celui des lois non liberticides.
Ils sont beaucoup de souci à se faire ; nous avons seulement à craindre leurs représailles et leurs zélés serviteurs, j'ai nommé les juges du Syndicat de la Magistrature.
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3. Informations diverses.
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Discours du cardinal archevêque de MADRID, Mgr VARELA, lors de son départ pour raison d'âge (Blog de Jeanne SMITS).

« Il n’est pas nécessaire d’avoir un quelconque don de prophétie pour entrevoir que dans l’avenir proche – l’avenir de notre Patrie, de notre Communauté autonome et de notre Ville – seront mises à l’épreuve la fermeté et la clarté de notre foi au Christ, l’unique Sauveur de l’homme, la force de notre espérance et la volonté de suivre et d’accomplir fidèlement le commandement évangélique de l’amour. Nous ne devons pas nous effrayer, ni reculer dans notre mission qui est d’être des témoins vaillants de Jésus-Christ (…). Et évidemment, en cette heure de l’histoire difficile et complexe, il va falloir prier, prier beaucoup, pour l’Eglise et ses pasteurs, pour les religieux et les religieuses, pour les familles, pour les jeunes et pour les enfants… afin que nous sachions continuer d’être “la lumière” et “le sel” de la terre nouvelle, c’est-à-dire témoins de l’espérance véritable pour tous ceux qui souffrent dans leur âme et dans leur corps : pour toute notre société si vacillante, sceptique et déprimée. »

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Des Sentinelles/Veilleurs debout agressés par des membres du mouvement LGBT en Italie (Site de la Repubblica).






Voir la vidéo

http://www.repstatic.it/content/localirep/img/rep-torino/2014/10/05/180247020-f349a921-1de5-4bb9-a24d-3f6de567dd3e-th.jpg
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La Manif pour tous en Slovaquie (via le site du Salon beige) : une vidéo.

http://www.repstatic.it/content/localirep/img/rep-torino/2014/10/05/180247020-f349a921-1de5-4bb9-a24d-3f6de567dd3e-th.jpg




jeudi 2 janvier 2014

Nouvelles de la Résistance : la croix celtique de monsieur Urvoas ou l'exigence de l'uniformité !

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de 
devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La Citation du jour.

C'est à TOCQUEVILLE que nous emprunterons la citation du jour. Elle m'a été suggérée alors que je regardais des photos de la foule anonyme sur l'Avenue des Champs Elysées, la nuit de la saint-Sylvestre. "Je promène mes regards sur cette foule innombrable composée d'être pareils, où rien ne s'élève ni ne s'abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m'attriste et me glace, et je suis tenté de regretter la société qui n'est plus". (De la Démocratie en Amérique.)

2. Commentaires.

Voilà bien le vice congénital de la démocratie à la française : l'uniformisation des comportements et des désirs dans l'espace public. Hannah ARENDT décrit cet espace comme le lieu de l'apparaître (pas du paraître : de l'apparaître). Les princes qui nous gouvernent depuis l'avènement au pouvoir de cette caste de bourgeois industriels et industrieux, enrichie par le pillage des biens prétendus nationaux, ne veulent voir qu'une seule tête se manifester dans le champ public. Cette uniformité, ce contrôle permanent des pensées et des actes des personnes leur permet d'asseoir leur pouvoir, de faire leur pelote, de transmettre à leur descendance le droit de faire de leurs concitoyens transformés en sujets, le jouet de leurs volontés, et de constituer un club très fermé de décideurs qui pensent pour les autres, savent tout et méprisent le menu peuple. L'égalité dont ils nous abreuvent est une réalité parfaitement virtuelle. Entre un Harlem DESIR qui se fait remettre par monsieur MITTERRAND les amendes de son association (Touche pas à mon pote) contractées pour stationnement abusif, et la majoration qui est attribuée à tous contrevenants ayant dépassé les délais de paiement d'une amende, parce que la poste a égaré la notification ou encore l'a fait parvenir à son destinataire hors délais (cas réel, arrivé à BOULOGNE-BILLANCOURT), il n' y a pas d'égalité de traitement. Nous verrons bien si monsieur Jean-Vincent PLACE paiera les 18.000 euros qu'on lui réclame pour stationnement interdit, contraventions qu'il a encourues, en se servant du reste d'un véhicule de la Région Île-de-France.
Voulez-vous un autre exemple ? Prenez celui de monsieur URVOAS, un imbécile patenté (je parle du phénotype, pas du génotype, du paraître non de l'être de ce monsieur), un imbécile de l'espèce la plus sectaire, la plus insupportable qui se puisse imaginer. Il s'étrangle, il s'offusque le pauvre député socialiste, il s'étouffe d'indignation, il meurt de tristesse, se pâme devant l'abomination ! Pensez-donc. Il a vu, tatoué sur le corps d'un légionnaire une croix celtique. Monsieur Jean-Jacques URVOAS est député socialiste de Bretagne et Président de la Commission des Lois à l'Assemblée. Il manque singulièrement de culture celtique cet homme-là. La croix celtique est le symbole du christianisme breton. Mais il y a belle heurette (autre forme de belle lurette) qu'il a oublié jusqu'au nom du Sauveur. 
En vertu de cette même uniformisation des comportement dans l'espace de l'apparaître, on importune les porteurs de sweat au logo de la Manif pour tous, on enquiquine de paisibles concitoyens qui arborent un bonnet rouge. Je vais me précipiter dans une boutique Armor Lux pour m'acheter un de ces bonnets. Il complétera ma panoplie de dissident de ce régime, puisque le sweat, je l'ai déjà ! Exeant les imbéciles ! Exeant ! Une des formes de Résistance pacifique serait sans doute de porter un tel bonnet en ces temps de grands froids à venir.
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3. Informations sur la résistance.


Vidéo du Printemps français.

Voici l'URL de cette très intéressante vidéo.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=TN6qo-LgxZ0
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La Manif Pour Tous vue par TF1.

Voici l'URL de la vidéo relatant les actions de la LMPT.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=OoSLcePYzfw
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Voeux des Nantais à monsieur HOLLANDE.

Noter la couleurs des couvre-chefs.

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Les sentinelles/veilleurs debout devant le ministère de l'injustice.


Noter aussi la présence ci-dessous de sentinelles/veilleurs debout portant le bonnet rouge (on en voit 3).


 
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Jour de Colère.

Je dois dire qu'en ennemi déclaré de la Révolution française, de ses excès et des atrocités, je n'aime pas beaucoup les affiches qui s'inspirent de ces ténèbres dont nous ne sommes pas sortis. Mais enfin puisque le site de Jour de Colère publie cette annonce, je vous la communique, en réaffirmant que si nous devons être forts, nous devons être non violents, et par-dessus tout ignorer ceux qui prétendent nous gouverner et nous représenter. Ils n'ont de pouvoir que celui que nous leur attribuons. Nous devons le respect aux personnes, c'est l'évidence, mais nous devons combattre la manière dont les fonctions politiques et administratives sont exercées par eux. Non aux mensonges de monsieur BOUCAUT, non aux ordres illégaux de Manuel GAZ (et les Veilleurs dont je suis continuerons de se rassembler où ils veulent et quand ils le veulent). Et je ne vois pas beaucoup de manière de résister si ce n'est la désobéissance civile.





vendredi 20 septembre 2013

Pourquoi il est urgent et nécessaire de résister

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Dans la continuité du billet que je destinais hier à mes amis, je désire exposer ici de manière argumentée et sereine les raisons objectives que nous avons de résister aux "innovations" sociétales de nos gouvernants.
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Je vais d'abord préciser une chose. Bien que je reçoive de nombreux messages qui ridiculisent ou injurient les personnes privées de nos gouvernants et de leurs proches, je me suis toujours interdit de les exploiter pour défendre mon point de vue. Que n'ai-je pas reçu sur madame TRIERWEILLER, ou sur tel ou tel ministre, ou sur monsieur HOLLANDE ! Ce qui concerne leur vie privée, tant qu'elle n'offense pas l'espace public, l'espace politique par excellence, ne m'intéresse en aucune façon. Et si j'ai pu faire des allusions ou des références, par exemple, au statut de première dame de France décernée à madame TRIERWEILER, c'est parce qu'il s'agit d'une fonction publique et que comme telle, elle est soumise à la critique de tous les citoyens dans l'espace public, ce qu'est précisément ce Blog. Madame TRIERWEILER n'est pas la première dame de France. Elle est la compagne de monsieur HOLLANDE. Rien de plus, rien de moins, ce qui soulève effectivement des problèmes juridiques.
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En conséquence, s'il y a des raisons de résister, ce n'est pas à cause des personnes privées, et ce n'est pas elles qu'il faut critiquer ou combattre. Il faut critiquer leur système d'idées et leur volonté de les appliquer, non pas en leur opposant un autre système ou d'autres systèmes d'idées, mais en leur opposant une pensée.
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Je vais essayer de le faire. L'espace public est l'espace politique par excellence, celui où le citoyen apparaît (ou devrait apparaître), comme le dit si bien Hannah ARENDT. Je dis bien apparaît, et non paraît. Certes, et c'est bien la grande dérive de l'actuelle démocratie, à cause des médias, de la lutte pour le pouvoir et pour les bonnes places, et du dévergondage des élections, les hommes politiques qui font apparition dans l'espace public adoptent le mode du paraître et non point de l'être. Et ils entendent interdire aux citoyens que nous sommes d'exprimer leur opinion  dans le même espace, au motif que les 900 imbéciles (au sens de BERNANOS) que sont les députés et les sénateurs, drapés dans la dignité de mandataires de la patrie, ont reçu délégation pour penser à notre place. Non seulement ils nous interdisent de nous exprimer dans un espace qui nous appartient, en confondant par exemple rassemblement et manifestation, mais ils entendent s'immiscer dans l'espace privé, inviolable, des familles, en se substituant aux parents dans l'éducation, en prétendant libérer nos enfants des chaînes familiales, religieuses, ethniques, sociales (Vincent PEILLON) pour les remplacer par les chaînes socialistes, celle de l'homo socialistus economicus ! Ils savent nous soutirer une bonne partie du fruit de notre travail pour le redistribuer à ceux qui n'en ont pas, de par leur faute, les privant de la dignité de participer à la vie de la cité par leur activité.  En somme, nos gouvernants sont déterminés à envahir tout l'espace humain, et à ne laisser aucune place à l'espace privé. Il nous reste heureusement la pensée et la conscience. Et celui-là, ils vont avoir du mal à en faire le siège !
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Voilà contre quoi je me bats. Voilà contre quoi je vous invite à réagir. Ce projet est totalitaire, et sur le plan de la structure, il ne diffère pas de l'embrigadement des enfants dans les jeunesses hitlériennes, les pionniers staliniens ou les gardes rouges maoïstes pour ce qui concerne les enfants, et des milices de tous poils pour ce qui concerne les adultes. Il s'agit seulement d'une version soft du totalitarisme, et c'est par ce caractère volontairement insidieux, oblique et ténébreux que cette version est terriblement dangereuse. Je ne doute pas, encore une fois, que nos gouvernants croient à la pertinence de leurs projets. Je dis simplement qu'ils rêvent dans le domaine des systèmes d'idées, des systèmes déconnectés du réel, du concret, de l'épaisseur des jours et de la trame des joies et des douleurs humaines. Souvenez-vous : le propre de l'idéologie est d'être parfaitement insensible au sort de l'homme concret.
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Nouvelles de la résistance :

(a) Un collectif de maire a saisis le Conseil d'Etat d'une question prioritaire de constitutionnalité tendant à faire examiner par le Conseil Constitutionnel la conformité à la constitution d'une absence de clause de conscience permettant à un maire de refuser de célébrer un mariage homosexuel. Attendons.
 
(b) Vidéo sur la fête de la Rose à PREFAILLE (ou comment un parti utilise la police pour protéger un rassemblement privé).
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DU5BfAAZjW4

samedi 31 août 2013

Nouvelles de la Résistance : que l'espace public appartient aux citoyens et non à monsieur le Préfet de Police, premier billet du 31 août 2013

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C'est donc ce soir, sur l'esplanade de la Défense que commencera l'ultime déambulation des Veilleurs. Monsieur le Préfet de Police de Paris, dont l'absence de curiosité est absolument stupéfiante (il lui a fallu consulter les réseaux sociaux pour faire pondre par ses services, le 28 août, un communiqué prétendant interdire ce qu'il appelle une manifestation et qui n'est qu'un rassemblement de citoyens dans l'espace public, prévu pour le 31 août).
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Des cités grecques à Hannah ARENDT, l'espace public a toujours été considéré comme le lieu où s'exprime la vie politique de libres citoyens. Nous sommes des citoyens, nous sommes libres, en tout cas dans nos têtes, dans nos coeurs et dans nos esprits, et ce n'est pas monsieur BOUCAULT qui va nous priver de cette liberté d'expression par un ukase grotesque, alambiqué et digne du grand guignol. Les Veilleurs ne sont pas une association, ils ne sont pas un syndicat, ils n'ont pas de Président ; monsieur le Préfet s'étonne de ne pas trouver devant lui un interlocuteur avec qui il pourrait discuter d'un nouvel itinéraire de déambulation et d'un lieu de rassemblement plus conformes à ses vœux ? Mais il n'a donc strictement rien compris. Les citoyens se rassemblent où ils veulent, parlent comme ils le désirent, et se déplacent dans l'espace public comme ils l'ont décidé. La seule limite à l'usage de cette liberté est le respect de l'autre, et l'absence de trouble à "l'ordre public", qui ici se transforme en une très élastique notion socialo-maçonnique ; l'ordre public risque de se confondre avec un ordre du sulfureux Ministre de l'Intérieur.
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Nous nous rendrons donc sur l'esplanade de la Défense pour entendre des textes, de la musique, des témoignages. Et si l'ordre public, le vrai, risque d'être troublé, il ne pourrait l'être que par les "antifas". Je ne sais pas si vous avez déjà entendu ces jeunes abreuver d'injures obscènes et de crachats ceux qui n'ont pas l'heur d'assentir à leurs opinions, si vous les avez vu tenter le coup de poing contre des concitoyens qui eux restent non violents ? C'est terrifiant, au sens propre. Voilà où nous a amené un pouvoir qui est incapable de faire face aux graves problèmes économiques du pays, mais n'hésite pas à s'aligner sur les États-Unis pour faire une guerre très contestable, qui prend des lois sociétales rejetées par une partie des Français, mais ne sait répondre à leur désir que par des augmentations d'impôts. Le mouvements des Veilleurs permet aux citoyens de se réapproprier la politique ; il démasque l'hypocrisie d'une pseudo-démocratie inspirée (a) d'une part par des "élites" qui ont des comportements de vampires, encore infiniment plus condamnables que ceux de l'élite nobiliaire de l'Ancien Régime (elle faisait la guerre, elle et il en est mort dans les combats un peu plus que d'énarques en Afghanistan ou en Lybie), et (b) d'autre part par des courants de pensée antireligieux, libertariens, volontairement secrets, détenteurs de pouvoirs occultes usurpés par la ruse et le mensonge, aspirant à la domination mondiale d'une culture égalitaire, creuse, négation absolue de la nature humaine, pour instaurer durablement le règne de l'argent sur quoi une partie de leur pouvoir est assis.
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Ils ont du souci à se faire !

vendredi 30 août 2013

Nouvelles de la Résistance : De la démocratie et de ses résultats... premier billet du 30 août 2013

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Aujourd'hui, je ne ferai que vous citer les réflexions amères de Marcel GAUCHET. Et, pour faire plaisir à Charlotte (qui n'a pas répondu à mon billet d'avant-hier), il ne s'agira pas de la loi TAUBIRA, laquelle n'est que l'épiphénomène d'un mouvement plus profond d'aliénation démocratique du sujet :
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"Dira-t-on ainsi que dans notre société, la liberté et la possibilité, jamais vues à l'échelle de l'histoire, de lire, de penser, d'écrire, de publier débouchent sur une féconde et diverse autonomie intellectuelle ? Jamais on n'a vu, au contraire, pareil suivisme, pareil conformisme, pareille dévotion envers des oracles de bas étage qui n'ont pas besoin de K.G.B. pour faire répéter les plus grotesques de leurs propos, à prétention par surcroît dénonciatrice et pseudo-subversive.. [...]. Voit-on la liberté de mouvement, de mœurs, d'opinion mener à des conduites indépendantes, personnelles, intérieurement libres en un mot ? La privatisation, on l'a cent fois observé (mais le sujet mérite plus que jamais d'être creusé), marche de pair avec une massification des comportements et des modes de vie. Les droits de l'homme d'un côté, mais point de sujet autonome de l'autre côté pour les exercer : telle paraît être la formule vers laquelle se dirige nos sociétés.
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"L'émancipation de l'individu-homme et les droits qui la sanctionnent ne sont pas séparables d'une aliénation collective qu'ils tendent à alimenter : constat qu'il faut commencer par sérieusement méditer avant de se précipiter sur la formule magique des droits de l'homme comme la clé enfin trouvée du problème politique. Il est un envers menaçant - qui ne le sait à présent ? - d'une société libérée de toute oppression : la domination totale. Il peut y avoir aussi un revers à la lutte naïve pour l'accroissement de la sphère des droits de l'individu : le renforcement du rôle de l'Etat, l'approfondissement de l'anonymat social, l'aggravation encore du désintérêt pour la chose publique et la banalisation angoissée des conduites. Aliénation : c'est, en son sens précis, le terme générique qui s'impose ici. Car ce dont il s'agit en chacun de ces points, C'EST D'UNE DISJONCTION PRIVATIVE ENTRE LE POINT DE VUE INDIVIDUEL ET LE POINT DE VUE COLLECTIF (majuscules de votre serviteur). On est individuellement libre, mais à l'intérieur d'une société prise en charge par l'Etat ; on se sent soi, on se vit sur le mode de la particularité par devers soi, mais on est n'importe qui du point de vue d'ensemble de l'organisation où l'on s'insère. On est du dehors indépendant en tant qu'atome social, mais on est du dedans incapable, d'une part incapable de penser parmi les autres ; et, d'autre part, incapable de prendre ses distances et d'assumer sa différence par rapport aux autres."
 
In Marcel GAUCHET. La démocratie contre elle-même. Collection Tel, Gallimard, Paris, 2002.
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Voilà le résultat de la démocratie contemporaine en général, et de la démocratie française actuelle en particulier, une aliénation du sujet dans sa dimension politique. C'est pourquoi, recouvrant l'autonomie chère à nos pères grecs, les Veilleurs dont je suis, redonne au civisme et à la politique leur dimension interpersonnelle, et cela contre les dictateurs prétendument démocratiques aux petits pieds qui entendent nous imposer leurs vues. Venez tous nombreux demain à 17 h 30, Esplanade de la Défense, pour déambuler dans l'espace public, en libres citoyens, pour participer au rassemblement des Veilleurs.
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mercredi 22 décembre 2010

Laïcité

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Le Pr Abdennour BIDAR enseigne la philosophie à SOPHIA-ANTIPOLIS. Il a fait paraître dans la livraison du journal Le Monde datée du 21 décembre 2010, un article fort intéressant et qui stimule le réflexion. Il le consacre à la nécessité qu'il y a de mettre en oeuvre dans notre pays une pédagogie de la laïcité, arguant à juste titre que la "République ne saurait se contenter d'imposer la neutralité par la seule loi". Probablement d'origine musulmane, le Pr BIDAR constate qu'une "minorité active [de musulmans]" considère que "cette laïcité n'est qu'une idéologie concurrente de la leur, et contre laquelle, à ce titre, il leur paraît légitime de faire valoir leur droit à la différence". C'est fort bien poser le problème.
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Il ajoute quelques paragraphes plus avant : "Se souvenir de ce qu'on appelle aussi 'être laïque' est l'occasion de rappeler qu'avant d'être un principe politique, la laïcité est une 'position de conscience' : est laïque la conscience critique capable de prendre la distance du doute et de la remise en question vis-à-vis de toutes les convictions, vérités, visions du monde, qui la sollicitent".
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Fidèle à la nouvelle règle de conduite que je me suis fixée, et dans la mesure où la question des revendications islamistes (je n'ai pas dit musulmanes) de visibilité dans l'espace public met la laïcité au premier plan des questions politiques, je vais NOUS poser quelques questions à propos de ce texte :
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(a) Une conscience critique peut-elle arriver à conclure, par le seul fait de son libre jeu, que telle vision lui paraît juste et telle autre fausse ? Et si oui selon quels critères ?
(b) Une conscience, telle que la définit ce texte, doit elle être nécessairement sceptique (révoquer en doute a priori toute vision affirmée du monde, toute conviction, toutes vérités qui la sollicitent) pour mériter le qualificatif de critique et laïque ?
(c) Si la réponse est : oui elle doit l'être, une conscience critique peut-elle accepter l'idée même que des hommes et des femmes tiennent pour vérité telle ou telle croyance qu'elle-même révoque en doute avant même d'en avoir examiné les fondements au motif que ce sont des affirmations, des convictions, des visions du monde personnelle, ou propres à des communautés humaines plus ou moins grandes ?
(d) Une conscience critique peut-elle admettre que l'espace public, laïc par définition, est imprégné dans sa structure même, par l'histoire, la culture, la géographie, et qu'une pure indifférence vis-à-vis de ces déterminations est purement abstraite et impossible ?
(e) Une conscience critique peut-elle admettre que l'on doit obéir en tout à sa propre conscience ?
(f) Peut-elle surplomber toutes les consciences individuelles ?
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Le Pr BIDAR fort justement fait une différence entre le principe politique de laïcité, et le principe éthique de laïcité. En somme, et là je me vois dans l'obligation de commenter, la neutralité reconnue de l'espace public reviendrait à renoncer personnellement, au nom du bien commun, à y imposer des comportements, des paroles, des gestes manifestant explicitement une appartenance religieuse ; mais dans ce cas pourquoi tolérer des comportements non religieux mais de nature idéologique, et relevant eux aussi de croyances ?
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Ces questions sont fort complexes, et je n'ai pas de réponses à ce dilemme vieux comme ANTIGONE et CREON. J'ai tout de même un élément à apporter : une conscience est toujours la conscience d'une personne. Car la société non plus que les groupes humains ne pensent pas. Cela a été très bien dit par Simone WEIL. En somme une conscience critique est une abstraction dépourvue de tout caractère concret.
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J'attends vos réponses.

lundi 12 avril 2010

La tentation d'ailleurs

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Par moment, je suis saisi d'une étrange passion : vivre dans une ferme toute construite de granit, au toit couvert de lauzes, une ferme perdue dans une belle clairière, nichée au fond des sombres forêts de la Margeride ! Aucun bruit, hormis celui du vent dans la cime des pins et des épicéas, et celui d'une aile d'oiseau, un oiseau solitaire et triste peut-être. Le premier voisin à 10 km de là. Une grande pièce unique pour vivre, travailler et dormir. Une grande cheminée où brûleraient l'hiver d'énormes bûches. Loin de ces hommes fourmis qui ne voient rien, plongés qu'ils sont dans leur journal, ou qui n'entendent rien d'autre que le bruit furieux du rap ou du rock, drogués par cette affreuse musique qu'ils enregistrent fiévreusement dans leurs MP3. Loin de ces affiches agressives qui ne font qu'exalter la richesse, le luxe, le confort, la bouffe, le sexe. Loin de cette insupportable agitation qui mime le choc des atomes dans la matière surchauffée.
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Bien entendu, c'est une tentation. Et je ne sais si je survivrais à l'épreuve du réel. Tant il est vrai que notre véritable maison, c'est ailleurs.
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Alors, comment faire ? Résister ! Résister en établissant autant de liens directs qu'il est possible avec les passants de la rue, les passagers du métro, les chalands des boutiques, par le sourire, par des mots simples. Montrer que nous faisons partie de la société des hommes. Ne pas se décourager. Ni les médias, ni les politicards de droite comme de gauche, ni les publicitaires ne doivent pouvoir entamer notre liberté de juger et de penser, et de réduire à de justes proportions leur importance - car ils en ont bien sûr ; le nier serait irréaliste. Et ne pas considérer l'espace public comme la salle de bal des ego boursouflés.
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Je conviens que tout cela manque de saveur et de pertinence. Mais il me semble que nous devons faire un effort pour rétablir de la civilité dans ces lieux où nous sommes amenés à croiser des inconnus, des hommes et des femmes dont nous ignorons l'histoire, les joies et les souffrances. En somme, l'homme réel, plutôt que l'homme imaginé par les idéologues, les "créatifs", et les marchands du temple.
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mercredi 23 décembre 2009

Quand les religions mettent un pays laïc en feu...

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Il est tout de même curieux de constater que dans un pays dit "laïc", la question des religions tiennent une place si importante dans l'espace public, l'espace politique par excellence lequel est réputé avoir confiné le religieux à l'espace privé, celui de la famille : question de la burqa, problème des minarets suscitent des commentaires de tous les milieux politiques. Ainsi, on apprend que monsieur BESANCENOT s'élève avec vigueur contre une possible loi destinée à empêcher le port de la burqa dans ledit espace. On aurait pu imaginer qu'il s'élève avec vigueur contre les persécutions qui frappent les chrétiens en Chine, à Cuba, ou dans les états hindouistes de l'Inde, voire en Egypte où l'on affame les coptes en tuant les porcs qui servent à les nourrir, sous le prétexte que ce sont des animaux impurs. De cela, les tenants de l'idéologie de gauche n'en ont cure. Je ne suis pas certain que les motifs invoqués par les idéologue de droite pour soutenir l'initiative qui vise à interdire le port de la burqa soient d'un autre tonneau que celui de la gauche : le tonneau électoral. Peut-être pourrait-on demander aux Français ?
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La véritable question, me semble-t-il, est la suivante : est-il acceptable de laisser se constituer en France des communautés, musulmanes pour la plupart, dans lesquelles le politique et le religieux se confondent ? On peut répondre oui. On peut répondre non. Tout dépend. On peut simplement envisager qu'un jour, ces communautés fortes de millions de citoyens, réclament pour elles, et un territoire là où elles sont installées, et des lois particulières qui s'accordent à leur foi.
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Nous avons, hélas, des exemples en Europe, de ces questions soulevées par la présence de fortes communautés musulmanes dans des pays chrétiens. Faut-il rappeler l'histoire récente de la BOSNIE, où - c'est épouvantable - on a massacré des milliers de musulmans parce qu'ils étaient musulmans, ou celui du KOSOVO, injustement soustrait à la souveraineté de la SERBIE, parce qu'il est peuplé de sujets musulmans albanophones ? Comment faut-il concilier la légitime liberté de culte et de foi, avec le respect des règles du bien vivre ensemble ? C'est une vraie question, et l'on ne peut y répondre par des références idéologiques. On peut inversement rappeler le génocide des ARMENIENS par les TURCS, perpétré pour les mêmes raisons que celui des Musulmans de SREBRENICA.
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De mon point de vue, seul le dialogue, un véritable dialogue, avec les lettrés et les intellectuels musulmans, en général de très haute volée, et l'appel à la responsabilité, peut permettre de trouver des issues à ces apparentes impasses. On peut également promouvoir dans les milieux musulmans des études exégétiques historico-critiques du Coran de même nature que celles que les chrétiens ont entrepris sur le Bible, promouvoir également une très forte éducation civique, et travailler à apaiser le ressentiment des peuples et des hommes qui se sentent humiliés par l'arrogance occidentale. Et puis monsieur BESANCENOT pourrait aussi prendre la relance de soeur EMMANUELLE dans les bidonvilles du CAIRE. Voilà qui mettrait en accord la théorie et la pratique. Mais, comme disait (authentiquement) ma grand-mère : "Grand parleux, p'tiot faiseux".

lundi 15 septembre 2008

La vraie laïcité

Le politique et le religieux relèvent de deux ordres différents, pour un chrétien en tout cas. Tout le monde connaît le fameux épisode du denier de César où Jésus dit à des hypocrites qui tentaient de le prendre au piège : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Et Jésus dira devant Pilate : Mon Royaume n'est pas de ce monde. (Il lui dira aussi : Tu n'aurais sur moi AUCUN pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut).
Il faut donc affirmer avec force (a) que les chrétiens n'ont pas à vouloir instaurer le règne de Dieu sur la terre et (b) que les autorités politiques ont reçu pouvoir de diriger les nations et les peuples et qu'un chrétien est tenu EN CONSCIENCE de leur obéir, tant qu'elle n'offensent pas les droits de Dieu et ne font pas violence à leurs convictions.
Là est tout le problème. Les grecs nous ont appris à mettre la conscience au-dessus de la tyrannie. ANTIGONE a préféré obéir aux dieux en ensevelissant son frère que d'obéir à CREON, ce tyran, qui prétendait l'en empêcher. Pour un chrétien, il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes quand se pose le problème du choix. Ce sont là droits élémentaires, non pas ceux de l'individu, mais ceux de la personne.
Selon moi, la vraie laïcité consiste (a) à ne pas prendre de décisions politiques qui s'inspireraient d'une religion ou D'UNE IDÉOLOGIE ; elles ne doivent désirer que le service du bien commun ; (b) à laisser à la conscience tous ses droits, y compris celui de s'exprimer dans l'espace public.
Voilà pourquoi nous devons admettre (a) qu'il existe des conceptions diverses du bien commun, lesquelles s'expriment (plus ou moins nettement, et d'une manière plus ou moins idéologique) au moment des élections et s'offrent au choix du citoyen ; apprendre (b) à ne pas protester quand un pape visite notre pays, mais pas davantage quand des fidèles musulmans organisent leur grand rassemblement au Bourget, ou les protestants l'assemblée du Désert, ou les fidèles juifs la commémoration des déportations et des camps de la mort ; et (c) à refuser de faire ce que notre conscience réprouve ; ce droit est donné aux journalistes sous la forme de la "clause de conscience" ou "de la protection de l'anonymat de leurs sources", il doit être donné aux médecins chrétiens qui refusent de procéder à des avortements ou à des euthanasies actives, à des militaires chrétiens qui refusent de pratiquer la torture (cf. le général de La BOLLARDIERE), à des fonctionnaires chrétiens qui ne veulent pas couvrir des pratiques de corruption, à des enseignants chrétiens qui combattent les mensonges historiques. Cela me paraît être le minimum de respect que la vraie démocratie doit aux citoyens. La chose est admise en théorie. En pratique, c'est un peu différent... En revanche, et au nom même de la conscience, se soustraire à l'impôt, frauder le fisc, transgresser les lois par tous les moyens, cela un chrétien ne peut pas le faire. (Et c'est pourquoi je ne trouve pas honteux de payer 1,1 % d'impôts sur les revenus du patrimoine pour permettre à des chômeurs de réintégrer une vie sociale normale en travaillant. Ce n'est pas là une mesure injuste.) Voilà, selon moi, ce qu'est la vraie laïcité : non pas un combat permanent entre la calotte et les hussards noirs de la République, mais un respect des lois, et la possibilité d'exprimer - de manière argumentée - dans l'espace public, qui est l'espace politique par excellence, des choix de conscience. Et par espace public, je n'entends pas parler des médias, mais des lieux où s'élaborent et se décident les lois.

samedi 26 juillet 2008

Habiter sa vie

Il me semble que l'homme contemporain n'habite plus sa vie. Je vois à cela deux raisons : (a) une sécularisation totale de la société ; (b) une évolution irrépressible de la démocratie qui lui est corrélative.
La société est totalement sécularisée. Le mouvement est amorcé depuis la Renaissance ; il s'est précipité sous les Lumières, et il a atteint aujourd'hui un point de non retour. Le laïcisme à la française, et tous les laïcismes du reste, est tout aussi englobant que les systèmes religieux dont il entend contenir l'empire et empêcher la tyrannie. En prétendant confiner la religion à la sphère privée, oubliant que l'homme est un sujet social, il a réussi à en détruire d'influence dans cette sphère même. Ainsi, l'espace public est non seulement laïcisé, mais aussi les esprits et les communautés, qu'elles soient familiales, associatives, ou territoriales. Le laïcisme a simplement négligé un fait qu'aucun philosophe ne remet en cause : tout agent agit en vue d'un bien. En refusant de réfléchir sur la nature de ce bien, en réduisant par conséquent les questions posées à l'intelligence au comment des choses, et jamais à leur pourquoi, il a fait du progrès et de la science (en réalité, aujourd'hui, la technique) des idoles qui ont pour nom Progressisme et Scientisme. Mais l'homme est têtu. Et s'il ne sait pas quelle est la nature du bien qu'il poursuit, il a la vague intuition qu'il en existe un. Il y a donc une sorte de schizophrénie de la pensée ; on agit en vue d'un bien dont on ne connaît pas vraiment la nature, sauf à imaginer qu'il n'est que matériel. Mais en satisfaisant, légitimement, ses exigences matérielles, l'homme en comprend vite les limites. De là l'impression de dégoût et de tristesse qui envahit celui que la Fortune a comblé. Rien qu'en une matière si importante, la sexualité, l'adage le dit bien : Post coïtum omnia animalia trista.
L'évolution de la démocratie, sous les coups conjugués du Progressisme et du Scientisme, et de la sortie de la religion, a porté un coup fatal à la délibération intérieure. En contraignant par l'impôt et la réglementation les comportements individuels, elle arrache l'homme à la liberté du don ; voudriez-vous être charitable ? Vous ne le pourriez pas ! Vous créez, par exemple, une association d'entr'aide. Quinze jours après la réception du récépissé d'enregistrement, vous recevez une liasse de papiers de l'administration fiscale, qui à l'aide d'un questionnaire absolument incompréhensible à qui n'a pas fait une école de commerce, vous demande si vous êtes assujetti à la TVA, si vous faites des bénéfices commerciaux ou pas, si vous avez ou non du personnel rétribué, etc. L'Etat pense pour vous ; il vous impose des mesures de sécurité pour vos piscines privées (si vous avez la chance d'en posséder une) mais ne vous demande pas de surveiller vos enfants quand ils se baignent ; il réglemente les ascenseurs mais n'exige pas que les habitants des immeubles fassent attention aux travaux qui améliorent leurs logements ; il exige du conducteur ceintures de sécurité, éthylomètre, limitation de vitesse, mais ne demande pas à l'éducation nationale de former à la prudence. Première tendance désastreuse.
Il en est une deuxième tout aussi grave. En concentrant les initiatives politiques sur les droits des individus, la démocratie les habitue à recevoir, et non pas à donner. Pouvoir d'achat ? Bien sûr qu'en l'état actuel de la civilisation, il faut un minimum pour vivre. Mais qui osera affirmer, dans le monde politique, que les revenus sont le fruit d'un travail, si petit soit-il ? Certes, il y a des situations terribles, où la personne assistée n'est pas ou plus en mesure de travailler. Elles exigent d'être prises en compte par la société. Mais il est trop facile de dire que la société est responsable de cet état de fait. On peut y trouver des explications, bien sûr. Mais de là à en faire des excuses totalement absolutoires, il y a un pas qu'il ne faut pas franchir. Tout ne peut être imposé de l'extérieur à la conscience humaine. Elle reste capable de choisir, de délibérer, de juger. Là est la dignité de l'homme.
Habiter sa vie, selon moi, consisterait à prendre la totale responsabilité de ses actes, à la mesure de ses capacités de discernement. Elle ne va pas sans risques, et, de ceux-ci, il en est que la société doit couvrir, sans aucun doute. Doit-elle tous les couvrir, en fermant les yeux quand ils sont excessifs ou aboutissent inéluctablement à des effets nocifs (tabac, alcool, drogue, vagabondage sexuel, etc.) ? Il est bien difficile de répondre à cela. Du moins peut-on par une éducation sans concessions ouvrir les yeux du plus grand nombre, être moins répressif pour des délits mineurs, et intraitable pour ceux qui engagent la société tout entière.
Dernière et ultime remarque. Dans l'histoire de l'humanité, on peut distinguer trois phases. Une phase antérieure à l'instauration des religions ; une phase plurimillénaire de sociétés humaines totalement dépendantes des religions. Elle a duré jusqu'à l'avénement de Jésus. Une phase de sortie des religions, paradoxalement inaugurée par Jésus qui est venue les détruire toutes, en dénonçant leur origine sanglante et est venu remplacer le règne de la Loi, par celui de l'Amour. Le christianisme portait en germe la sortie des religions. Le laïcisme a tué l'élan que portait ce grand mouvement ; il nous émancipait pourtant de la tyrannie de la Loi. Il a remplacé le règne de la Loi, par celui du juridisme et de la réglementation. Sur le plan de la structure, il nous fait rentrer de nouveau dans le joug des religions qu'il prétend briser. Nous pourrons revivre qu'en retournant à la source.

jeudi 21 février 2008

Pain de sucre ou étron de chien ?

Outre qu'elle était fort belle, ma grand mère était une femme pleine d'humour. Toutes les fois qu'elle voyait les esprits s'enflammer pour des babioles, elle nous disait avec un merveilleux sourire : "D'un étron de chien, vous faites un pain de sucre". Cela suffisait à nous calmer. Ainsi en est-il de la polémique Chantilly montée par les biens pensants (on se comprend...) contre Emmanuelle MIGNON.


Monsieur Julien DRAY, une grande figure intellectuelle, tolérante, ouverte, et tout et tout, invite le camp laïc à se "mobiliser contre la vision religieuse de la société". Il est nécessaire d'analyser ce propos tout simplement stupéfiant, qu'il délivre à l'occasion du procès en sorcellerie fait à cette pauvre Emmanuelle MIGNON (ce qui est tout de même assez paradoxal pour un a-religieux). Monsieur DRAY ne dit pas "contre l'invasion de la société par les religieux ou les religions". Non ! Il dit "contre la vision religieuse de la société". Que l'homme, à tort ou à raison, ait été depuis la nuit des temps un animal religieux, ne semble guère l'émouvoir. Que des milliards d'êtres humains croient en un dieu créateur et suprême pas davantage. Monsieur DRAY a définitivement tiré un trait sur ces vieilles lunes. Il a dû passer des nuits entières à étudier l'anthropologie religieuse, à lire le Rig Veda, l'Avesta, les Entretiens de Confucius, le Tripitaka, le Coran, l'Ancien et le Nouveau Testament, etc. sans aucun doute. Il en a tiré pour sa vie des conclusions. Il veut nous les imposer. Il ne lui échappe pas, pourtant, que ces textes donnent tous une analyse relativement convergente des obligations de la vie en société, et notamment que des principes supérieurs, et extrinsèques à la simple volonté humaine, sont nécessaires à son développement harmonieux. (Je me place ici du point de vue des structuralistes, et des structures mentales révélées par ces textes). Monsieur DRAY nous impose sa religion à lui, qui est celle du laïcisme, dont nous ignorons les principes moraux, et le nom de celui ou ceux qui les inspirent, à l'exception de MARX, de PROUDHON, de SAINT SIMON, de FOURIER, de Ségolène (peut-être ; j'en suis moins sûr), de Julien DRAY soi-même, et de ses amis. Il rêve d'un homme nouveau, il ne pense pas l'homme actuel, réel, concret. C'est pourquoi c'est un homme dangereux pour la paix civile ; il a le profil idéal du persécuteur. Je n'ai pas envie de devenir l'homme rêvé par monsieur DRAY, je ne désire pas davantage que mes enfants et mes petits enfants le deviennent. Et je forme des voeux ardents pour que monsieur DRAY n'ait jamais de responsabilités ministérielles. Je me sentirais dans l'obligation de lui désobéir. Mais je lui reconnais le droit d'exprimer dans l'espace public ses idées sectaires, comme je me sens le droit de donner dans ce même espace une vision de la société que je tiens de la Tradition, de mes pères, de mon éducation, et, j'ajoute, surtout d'une très longue réflexion personnelle. Je ne désire pas imposer ma vision. J'exige d'avoir le droit de l'exposer, pour autant qu'elle ne viole pas les lois et qu'elle ne lèse personne. Monsieur DRAY accepterait-il un débat avec Emmanuelle MIGNON, ou pourquoi, pas avec moi ?
Petit détail supplémentaire : Emmanuelle MIGNON est une catholique fervente. Il était donc nécessaire de la dégommer et l'on utilisera pour cela les mêmes et ignobles moyens que ceux qui ont eu raison d'Hervé GAYMARD, lui aussi catholique fervent, et père de huit enfants, ce qui est éminemment condamnable pour ceux qui ne parlent que de contraception, d'IVG et de planning familial.

vendredi 19 octobre 2007

Bassesse

Avec l'épaisse finesse qui caractérise et le journalisme contemporain et la pensée de certains hommes politiques, de l'opposition notamment, on ironise sur le divorce de Nicolas SARKOZY d'avec son épouse. Ainsi 20 minutes titre-t-il "Nicolas SARKOZY tient sa rupture" (c'est-y pas drôle ce titre, hein ?), Noël MAMERE, député Verts déclare : "Il est temps de refermer la page de l'américanisation de la vie publique". C'est curieux de la part d'un homme qui s'est fait une belle notoriété en mariant deux homosexuels ("Mamère Noël est une ordure" concluait avec une vraie drôlerie, André SANTINI [je crois] à l'issue attendue [la non reconnaissance juridique d'un faux mariage] de ce feuilleton publicitaire). Arnaud MONTEBOURG n'est pas en reste : "La France se moque des peines de coeur de ses dirigeants". Ca lui va bien, lui qui a déclaré que le "vrai problème de Ségolène ROYAL était son compagnon". Beaucoup de membres de la majorité ont renvoyé au domaine privé cet épisode douloureux aussi bien pour Cécilia que pour Nicolas SARKOZY et pour leur fils de 10 ans, Louis. Voilà qui me paraît être la vraie réponse à la question de cette séparation. André SANTINI a eu un commentaire juste et plein de compassion, en exprimant sa tristesse. La palme du soupçon imbécile et de la bassesse d'esprit revient à monsieur EMMANUELLI qui déclare "qu'il aurait parié que l'annonce de cette rupture aurait lieu le jour de la grève des transports" (je cite de mémoire, mais le fond est juste). Mais qui a soupçonné monsieur EMMANUELLI, après sa condamnation à deux ans d'inéligibilité pour avoir couvert comme trésorier du PS des pratiques compréhensibles mais condamnables, qui a soupçonné monsieur EMMANUELLI, disais-je, de malversations ? D'une manière générale qui a glosé en ricanant sur la rupture de Ségolène ROYAL avec François HOLLANDE ? Je me demande, personnellement, si les attaques dont Cécilia SARKOZY a été l'objet dans l'affaire des infirmières bulgares, n'ont pas été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ; elles l'ont convaincue de jeter l'éponge. On l'aurait jetée à moins. Les grandes consciences de gôôôche ont été ignobles en accablant madame SARKOZY et ils portent peut-être une part de responsabilité dans cette rupture (lire à cet égard le témoignage d'Isabelle BALKANY, une amie du couple : "On n'a pas assez insisté sur le traumatisme qu'a représenté pour Cécilia la polémique sur la libération des infirmières bulgares, dans laquelle elle s'est beaucoup impliquée. On avait dit qu'elle avait été bouleversée par cette polémique. On était bien au-dessous de la vérité.")
Je trouve tout à fait incroyable, intellectuellement, que des hommes (qui par passion politique, idéologie, ou conviction personnelle), veulent renvoyer la religion au domaine privé, commentent à l'envi ce qui en relève à l'évidence bien davantage, la vie conjugale et familiale. Au prix d'écoutes téléphoniques nombreuses, et de la persécution haineuse de ce pauvre Jean-Hédern HALLIER, le Président MITTERAND a fait garder le secret sur l'existence sa fille. Il n'était pas nécessaire d'avoir recours à ces moyens extrêmes. Il suffisait d'appliquer le principe énoncé plus haut et que je redis : ce qui relève de la vie familiale et conjugale n'a rien à faire avec le domaine public. C'est là une grande conquête que nous devons aux grecs, et qu'a commenté admirablement Hannah ARENDT. Je ferai ce soir un autre billet sur les grèves.