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mardi 24 octobre 2017

24 octobre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Le pendule démocratique !

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Si Roberto n'existait pas on ne saurait l'inventer, tant sa pensée est ferme et nettement exprimée.

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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"La Déclaration des droits attribue donc à l’homme la possibilité de faire tout ce qu’il veut, y compris ce qui lui est nuisible, en ignorant ou en refusant toute loi naturelle ou morale, avec la seule limite de ne pas porter atteinte à la liberté d’autrui. Il s’agit d’une conception pour ainsi dire «westphalienne» de la liberté, dans laquelle l’individu, comme l’État est conçu comme une monade, superiorem non recognoscens. La liberté se fonde sur l’acte de volonté, singulier ou général, des individus, et, de fait, résulte de l’équilibre des intérêts, de la médiation entre les droits, en somme des rapports des forces sociales. Mais alors il s’ensuit une oscillation pendulaire entre les deux extrêmes de l’individualisme absolu, qui conduit à la désagrégation sociale, et de la domination absolue de la société sur l’individu, expression de cette «démocratie totalitaire» à laquelle Jacob TALMON a consacré une analyse lucide. La volonté générale, expression du peuple, du parti qui le représente, ou d’une minorité plus ou moins «éclairée», n’est assujettie à aucune loi, parce qu’elle est elle-même la source de la loi et de tout droit."
In
Roberto de MATTEI.
La dictature du relativisme. (Collection "Riposte catholique")
Muller édition, Asnières-sur-Seine, 2011. (Page 70.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il faut vraiment être aveugle pour accepter l’idée que la moitié des voix plus une suffit à conférer l’autorité (le droit d’édicter des normes : auctoritas) et le pouvoir (le droit de les faire appliquer par la force : potestas) au camp, au parti, à la faction qui a la fortune de recueillir cette miraculeuse voix en plus. Il n’y a aucun moyen de créer dans une cité le climat d’amitié nécessaire à la vie en commun dans ces conditions parfaitement conflictuelles. ARISTOTE (Les Politiques, Livre IV, chapitre 11 : « En effet, la communauté politique suppose l’amitié, car on ne veut même pas faire de chemin en commun avec ses ennemis ») l’explique lumineusement. Il n’accorde aucune supériorité à l’un des trois régimes politiques droits (monarchie, aristocratie, et gouvernement constitutionnel) mais il dénonce vigoureusement les constitutions déviées qui découlent de ces régimes : la tyrannie, l’oligarchie et la démocratie. C’est une honteuse interprétation que de dire qu’il met la démocratie au rang des régimes droits. Il s’en explique d’une manière éclairante.
Roberto de MATTEI décrit les mouvements pendulaires de ces démocraties hors sol qui autorisent comme la nôtre (j’y reviendrai) les journaux stipendiés à injurier des initiatives citoyennes quand elles ne conviennent pas à leur idéologie. Libération à cet égard est un champion de la haine concentrée pour tout ce qui ne pense pas comme le mouvement LGBT dont il est un des plus fidèles et zélés serviteurs.
Bref, plus que jamais, il convient de déserter ce régime qui est en train de crever sous son poids, son aveuglement et son mépris de la subjectivité sociale, laquelle inclut aussi, figurez-vous, le sens du sacré, l'intuition de Dieu et le respect de la loi naturelle.
Ces raisons expliquent le désastreux mouvement démocratique pendulaire qui associe la liberté la plus extrême à la tyrannie la plus violente. La démocratie, en vérité devrait s'appeler Pendule démocratique, tant elle ne cesse d'osciller entre ces deux pôles !
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Excellent article sur l’Action Française.


Oui c’est un danger pour la République qui, du reste le sait ! Comme mon cher BERNANOS, je ne suis pas un adepte de MAURRAS, mais en revanche, je suis résolument contre un système qui se dit démocratique et a confisqué le pouvoir, l’argent et les avantages au profit d’une oligarchie insolente, incompétente et inutile qui se drape dans la toge d'une légitimité usurpée. La citation du jour explique lumineusement pourquoi je n’adhérerai jamais à la République française telle qu’elle s’impose à nous avec ses mensonges, ses manipulations et sa  négation de la nature humaine. Je complète ce commentaire par ceci : "Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou masqué comme le prouve l’histoire. " Jean-Paul II (Veritatis splendor, N°101 du 6 août 1993)
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Une information qui a peu de chance d’être diffusée dans la 

grande presse.


C'est le mot dissidence qui m'a plu. Il faut que je le précise !
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On se demande ce que les pouvoirs publics attendent pour les 

fermer.

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J’espère bien que l’Action Française va gagner son procès 

contre ces imbéciles.


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C’est une habitude bien française !

: nous avons abandonné le Tsar Nicolas II, comme quelques décennies plus tard nous avons abandonné le Shah d’Iran.

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Même le Huf le dit !

(L’infirmerie se moquerait-elle de l’hôpital ?)

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Bientôt on vendra tout : sperme et ovocytes !

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Le Pr Stéphane MERCIER et sa juste analyse de l’avortement.


mardi 3 octobre 2017

02 octobre. Nouvelles de la Dissidence : à propos du babillage contemporain.

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Nous poursuivons le cycle Jean-Claude GUILLEBAUD. Avec retard, voici donc le billet du 2 octobre. Celui du 3 viendra cet après-midi.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"On pourrait épiloguer à n’en plus finir sur la médiocrité du débat contemporain, fustiger l’imprévoyance des uns et l’ignorance des autres, la démagogie et la futilité d’une époque qui danse au-dessus des gouffres et capitule devant de  simples mécanismes techniques ou financiers. On pourrait s’indigner de l’incroyable légèreté du discours médiatique lorsqu’il évoque ce qu’on pourrait appeler « la nouvelle question humaniste ». Dans ce babillage de l’époque, l’humanisme est parfois puérilement désigné comme une revendication gentille, désuète, attendrissante, moralisatrice, etc. La référence à l’homme est ingénument ravalée au rang d’un moralisme doux, d’une sorte de scoutisme que la technoscience n’admet plus qu’avec une indulgence agacée. Humanisme et universalisme sont perçus, au fond, comme les survivances respectables mais obsolètes d’un monde ancien. On pourrait s’alarmer aussi du silence des politiques — tous partis confondus — devant certains problèmes bioéthiques capitaux et devant des interrogations qui devraient, toute affaire cessante, mobiliser la société entière. Bien trop souvent, ils se taisent. Ou rasent les murs. Comme si la question posée était trop difficile pour eux…"
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
Le principe d’humanité.
Éditions du Seuil, Paris, 2001. (Page 24.)
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2. COMMENTAIRES.
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Comment ne pas adhérer totalement à ce constat de GUILLEBAUD. De savants experts discutent sur les étranges lucarnes pour savoir si le tueur de MARSEILLE est un psychopathe ou un djihadiste, alors que le bon sens incline à juger qu’il est les deux. Voilà donc qui invite à se poser une question de fond sur l’islam et le Coran dans son interprétation littérale. Mais on refuse ce débat. On préfère raser les murs en effet, et comme le dit fort justement un article de l’AGRIF, il est parfaitement possible d’aimer d’amitié et d’affection de nombreux musulmans, et de condamner fermement les dérives intégristes et cruelles de l’islam, et de les combattre par tous les moyens.
On se moque de l’humanisme et des associations qui voient en tout être humain un frère en humanité ; on préfère privilégier l’économie, de préférence la macro-économie, et mépriser au plus profond de son intelligence (en fait, plus que cela, l’occulter totalement), la vie de chaque personne dans sa spécificité. Bien entendu, il n’est pas possible de légiférer pour une personne et une juste distance doit être tenue entre la loi et les citoyens. Moyennant quoi, jamais les lois et les règlements n’ont été plus faits pour satisfaire des minorités qui entendent imposer à la majorité leurs vues personnelles, nombrilistes et autocentrées. Les arguments humanistes avancés avec raison et modération pour s’opposer aux soi-disant avancées sociétales sont balayés d’un revers de main ; tout cela est la manifestation d’une bisournourserie inconséquente disent ceux qui en profitent. Bref, on nage en pleine confusion, et dans ce flot qui nous emporte, il y en a qui surnagent à coup de fric, de média et de trafic d’influence.
On pourrait multiplier les exemples de ces inconséquences, de cette absence de hiérarchisation des urgences et des besoins humains.
GUILLEBAUD a raison : les élites (ça il ne le dit pas) méprisent le peuple, et ravalent (ça il le dit) le débat démocratique à un babillage consternant.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Annoncer plutôt qu’exclure !

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Hommage à ce soldat mort en mission.

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C’est loin le Pakistan, et puis c’est un chrétien : tout le monde s’en fout.

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Elvire DEBORD analyse un livre de Christian DICKES sur l’immense Benoît XVI.

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Aidons nos frères dans la foi.

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Les militaires remplissent les missions qu’on leur confie !

Et c’est pourquoi on ampute le budget des armées.


mercredi 13 septembre 2017

13 septembre. Nouvelles de la Dissidence. Démocratie, individualisme, matérialisme et pillage !

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Tvetan TODOROV continué !

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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle, c’est de la faire aimer !

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1. LA CITATIOND DU JOUR.
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"L’autre grande menace qui pèse sur la société démocratique vient de ce que les hommes y pensent obsessionnellement à la satisfaction de leurs intérêts matériels. De ce fait même, ils délaissent les valeurs spirituelles. « Tandis que l’homme se complaît dans cette recherche honnête et légitime du bien-être écrit TOCQUEVILLE, il est à craindre qu’il ne perde enfin l’usage de ses plus sublimes facultés, et qu’en voulant tout améliorer autour de lui, il ne se dégrade enfin lui-même. » Cette crainte est plus qu’une hypothèse : à observer les mœurs américaines, TOCQUEVILLE voit partout le fort amour des richesses, puisque celles-ci occupent maintenant le sommet de la hiérarchie, réservée dans les sociétés aristocratiques aux honneurs. « La démocratie favorise le goût des jouissances matérielles », explique-t-il. « Ce goût, s’il devient excessif, dispose bientôt les hommes à croire que tout n’est que matière ; et le matérialisme, à son tour, achève de les entraîner avec une ardeur insensée vers ces mêmes jouissances. » Le matérialisme est la pente naturelle des hommes en démocratie.
Tzvetan TODOROV.
Le Jardin imparfait. La pensée humaniste en France. (Collection dirigée par Jean-Paul ENTHOVEN ; Biblio essais ; Le Livre de Poche N°4297.)
[Le Livre de Poche], Grasset, Paris, 2006. (Page 30.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il me semble que TODOROV, avec l’aide bienveillante de ce cher TOCQUEVILLE, décrit avec une merveilleuse précision les raisons pour lesquelles, en même temps que la liberté de penser, la démocratie nous précipite dans le précipice sans fond du matérialisme le plus noir, le plus suicidaire. L’exemple archétypique de cet état d’esprit — mais il ne s’agit pas là de condamner, simplement de constater — est celui des pillages qui sévissent sur les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy après le passage du cyclone Irma. Alors qu’en métropole, un incroyable mouvement de solidarité se développe (c’est le propre du génie français) à l’initiative de toutes sortes d’institutions charitables privées, sur place, chacun tente de sauver sa peau et de remplir son estomac. On aurait pu imaginer qu’il s’organise entre les rescapés une sorte de partage de ce qui subsistait dans tant de ruines accumulées. Mais la démocratie a réussi ce tour de force de faire condamner un État qui a – je le dis haut et fort – rempli ses obligations, et, au nom de cette condamnation, de pousser les habitants des îles à ce chacun pour soi, dévastateur et misérable. Ah ! Nous la payons bien cher, cette démocratie moderne tellement vantée par les beaux esprits des ministères, vantée sur le papier bien sûr, mais nous voyons bien que les vertus authentiquement démocratiques ne sont plus enseignées depuis belle heurette (expression originelle authentique pour « belle lurette ») dans les écoles, les collèges, les lycées, les facultés. Or ces vertus étaient des vertus civiques, des vertus inscrites dans la vie de l’espace public. L’espace public des démocraties à la grecque est devenu dans nos modernes démocraties une jungle où, dans certains quartiers, il n’est pas bon qu’une femme déambule non accompagnée.
Il me semble aussi que notre ministre de l’éducation nationale est un bon ministre et qu’il a compris l’enjeu essentiel d’un enseignement digne de ce nom. Nous ne pouvons que souhaiter une chose : sa réussite.

Un superbe poème de Marc RUGGERI en l’honneur de la Vierge Marie.

C’est l’heure de Marie,
l’heure où finissent les ombres
du Grand Livre accompli.
L’heure, pour elle, d’agrafer le Temps,
d’emmailloter le monde
dans son manteau de nuit.

Elévations sur notre temps (été 2017)

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3 REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Français et Finlandais au Liban !


Inutile de dire qu'n tant que Français, j'aime le Liban où je compte quelques amis, anciens élèves ou étudiants.
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Etat des lieux en Syrie ;

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La France et la désinformation.

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Et la censure !

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La boucle de l’individualisme et du matérialisme est bouclée.

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Les Restos du cœur de Nantes cherchent des bénévoles.

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Un bilan nécessaire ; et je parle ici comme le pharmacien que je suis.

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Peut-être ces imbéciles préfèrent-ils Satan ?

Ils n’ont pas besoin de l’appeler. Il est bien là, et on se demande s’il ne les inspire pas !


Quand Joffrin nie grossièrement que “Libé” et “Le Monde” sont complaisants avec Macron

vendredi 1 août 2014

1er août 2014. Nouvelles de la Résistance : décisions curieuses mais prévisibles de nos "élites"

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Juste avant de partir en vacances pour quelques jours, je vous rappelle la devise qui doit unir tous les amoureux du bien, du beau et du vrai.

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. Les citations du jour.
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Autant vous le dire tout de suite, je déteste Jean-Jacques ROUSSEAU, l'inventeur d'une "Volonté générale" qui ne satisfait aucun de ceux qui sont censés avoir participé à son élaboration. Mais il dit parfois des choses dont il faut bien convenir qu'elles sont justes, dont celles-ci, par exemple :

"La voix de la conscience [synonyme de la morale pour ROUSSEAU] ne peut pas plus être étouffée dans le cœur humain que celle de la raison dans l’entendement, et l’insensibilité morale est tout aussi peu naturelle que la folie." 

"Il n’y a jamais dans ces corps collectifs nul amour désintéressé pour la justice : la nature ne l’a gravé que dans le cœur des individus." 

In
Jean-Jacques ROUSSEAU, VOLUME 11. Rousseau, juge de Jean-Jacques. Dialogues. Collection complète des oeuvres, Genève, 1780-1789, vol. 11, in-4°.
Edition en ligne www.rousseauonline.ch, version du 7 octobre 2012.
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2. Commentaires.
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Il ne sert à rien de se lamenter sur la perte du sens civique et la dissolution du lien social. Un Marcel GAUCHET a parfaitement décrit dans son Désenchantement du monde le processus qui nous conduit là où nous en sommes, et qui est étroitement lié au développement de ce que les faux-nez de la tyrannie appelle "démocratie". GAUCHET montre que la "démocratie" conduit d'une part au développement du pouvoir d'un état fondamentalement anonyme et tyrannique, et d'autre part, à un nécessaire individualisme, puisque le vivre ensemble n'est plus réglé sur l'occupation du monde par les dieux et pas davantage par le vrai Dieu, dont la passion, l'abaissement et le retrait - avant la montée glorifiante vers le Père - nous laisse totalement libre de nos actes.
ROUSSEAU, que je viens de vous citer, illustre bien ce processus. C'est la voix de la conscience personnelle qui aujourd'hui nous conduit au bien, ce n'est plus la loi ; la société est ce gros animal social, un animal incapable de faire quoi que ce soit par amour de la justice, et il revient à l'Etat d'en huiler les articulations. ROUSSEAU a contribué à l'avènement de cette société, déjà dénoncée il y a des siècles par PLATON ! 
Il en résulte que si, par voie démocratique, nous élisons des gouvernants immoraux, nous n'avons d'autres moyens d'agir dans le champ politique que la pratique de la vertu personnelle, l'union de ceux qui partagent la même vision de l'homme, la résistance des personnes ou des groupes, la désobéissance civile, voire la violence, quand ces mauvais élus offensent la justice et le droit.
Nous vivons de tels moments. Le CSA a tancé la chaîne de télévision qui a eu le courage de montrer la joie des parents d'enfants trisomiques, au motif que le sujet n'était pas d'intérêt général. Le Conseil constitutionnel a rejeté le recours d'environ 80 parlementaires qui voulaient qu'on maintînt la notion de "détresse" dans l'accès à l'avortement. Ce n'est pas la première fois que ce Conseil donne des avis de ce genre : rappelez-vous : le Mariage pour tous ou le rejet du recours des Maires contre la loi qui l'autorise. Cette instance ne représente plus rien d'autre qu'une chambre d'enregistrement. Il se pourrait toutefois qu'elle fît l'objet prochain de quelques bouleversements, dans l'histoire du rejet de la Pétition citoyenne et le coup de théâtre spectaculaire qui intime au CESE l'ordre de l'examiner.
Nous sommes entrés dans une décadence morale que l'actuelle majorité précipite. Parviendrons-nous à l'enrayer ? Cela ne dépend que de nous.
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3. Informations diverses.
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Communiqué du CSA après la diffusion de l'émission sur les petits trisomiques.

"Dans le cadre de ses missions, le Conseil ne cesse de soutenir toute initiative de lutte contre la stigmatisation des personnes handicapées et en faveur de leur insertion dans la société. A ce titre, il encourage l’ensemble des médias audiovisuels à donner une image profondément respectueuse de leur vie personnelle et sociale.
Concernant le message « Chère future maman » qui met l’accent sur les possibilités offertes grâce à leur entourage aux enfants trisomiques, le Conseil n’a nullement entendu gêner sa diffusion à la télévision. En effet, il a constaté que ce message présente un point de vue positif sur la vie des jeunes trisomiques et encourage la société à œuvrer à leur insertion et à leur épanouissement. 
Cependant, le Conseil a observé au vu de plaintes que, pour autant, ce message était susceptible de troubler en conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie personnelle différents. Il s’est borné à en tirer la conséquence que son insertion au sein d’écrans publicitaires était inappropriée."
Bref, le CSA respecte les personnes trisomiques, mais il ne faut pas pousser, si on peut continuer à les exterminer avant leur naissance, sans se poser trop de question...
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Publicités du Métro parisien (via le Salon beige).



Elle est pas belle la France ?
C'est-y-pas beau la démocratie du fric ?
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Décision du Conseil constitutionnel.

"Le Conseil constitutionnel a relevé que les dispositions existantes réservent à la femme enceinte le soin d'apprécier seule si elle se trouve dans une situation de détresse. La modification de leur rédaction pour prévoir que la femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption à un médecin ne méconnaît aucune exigence constitutionnelle. L'article 24 de la loi déférée est conforme à la Constitution."


lundi 23 juin 2014

23 juin 2014. Nouvelles de la Résistance : individualisme et démocratie

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En bon monomaniaque que je suis, je vous le redis, très chers lecteurs :

Ce  n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

De TODOROV dans son Jardin imparfait;

"[...]. La tendance à la désocialisation suggère TOCQUEVILLE, risque de se renforcer encore. Ne comptant plus sur une place attribuée par la société et confirmée par plusieurs générations d’ascendants, l’individu commence par se suffire à lui-même et s’habitue à se penser isolément. Après avoir réduit la société à ses seuls proches, il ne pense même plus à eux ; la démocratie « le ramène sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer tout entier dans la solitude de son propre cœur ». S’attaquant d’abord à la seule vie publique, l’esprit individualiste finit par corrompre la vie sociale tout entière.
                     "L’autre grande menace qui pèse sur la société démocratique vient de ce que les hommes y pensent obsessionnellement à la satisfaction de leurs intérêts matériels. De ce fait même, ils délaissent les valeurs spirituelles. « Tandis que l’homme se complaît dans cette recherche honnête et légitime du bien-être écrit TOCQUEVILLE, il est à craindre qu’il ne perde enfin l’usage de ses plus sublimes facultés, et qu’en voulant tout améliorer autour de lui, il ne se dégrade enfin lui-même. » Cette crainte est plus qu’une hypothèse : à observer les mœurs américaines, TOCQUEVILLE voit partout le fort amour des richesses, puisque celles-ci occupent maintenant le sommet de la hiérarchie, réservée dans les sociétés aristocratiques aux honneurs. « La démocratie favorise le goût des jouissances matérielles », explique-t-il. « Ce goût, s’il devient excessif, dispose bientôt les hommes à croire que tout n’est que matière ; et le matérialisme, à son tour, achève de les entraîner avec une ardeur insensée vers ces mêmes jouissances. » Le matérialisme est la pente naturelle des hommes en démocratie."
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2. Commentaires.
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On se plaint, je me plains, les médias se plaignent, tout le monde se plaint de l'invasion de l'individualisme de l'homme contemporain, et de l'intensité idolâtrique avec laquelle il recherche les biens matériels, la jouissance, le confort. TODOROV, commentant TOCQUEVILLE, explique assez bien pourquoi.
Je vous laisserai sur ce constat, car je dois partir en voyage pour la journée. Mais je vous promets qu'on reviendra là-dessus.
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vendredi 30 août 2013

Nouvelles de la Résistance : De la démocratie et de ses résultats... premier billet du 30 août 2013

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Aujourd'hui, je ne ferai que vous citer les réflexions amères de Marcel GAUCHET. Et, pour faire plaisir à Charlotte (qui n'a pas répondu à mon billet d'avant-hier), il ne s'agira pas de la loi TAUBIRA, laquelle n'est que l'épiphénomène d'un mouvement plus profond d'aliénation démocratique du sujet :
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"Dira-t-on ainsi que dans notre société, la liberté et la possibilité, jamais vues à l'échelle de l'histoire, de lire, de penser, d'écrire, de publier débouchent sur une féconde et diverse autonomie intellectuelle ? Jamais on n'a vu, au contraire, pareil suivisme, pareil conformisme, pareille dévotion envers des oracles de bas étage qui n'ont pas besoin de K.G.B. pour faire répéter les plus grotesques de leurs propos, à prétention par surcroît dénonciatrice et pseudo-subversive.. [...]. Voit-on la liberté de mouvement, de mœurs, d'opinion mener à des conduites indépendantes, personnelles, intérieurement libres en un mot ? La privatisation, on l'a cent fois observé (mais le sujet mérite plus que jamais d'être creusé), marche de pair avec une massification des comportements et des modes de vie. Les droits de l'homme d'un côté, mais point de sujet autonome de l'autre côté pour les exercer : telle paraît être la formule vers laquelle se dirige nos sociétés.
***
"L'émancipation de l'individu-homme et les droits qui la sanctionnent ne sont pas séparables d'une aliénation collective qu'ils tendent à alimenter : constat qu'il faut commencer par sérieusement méditer avant de se précipiter sur la formule magique des droits de l'homme comme la clé enfin trouvée du problème politique. Il est un envers menaçant - qui ne le sait à présent ? - d'une société libérée de toute oppression : la domination totale. Il peut y avoir aussi un revers à la lutte naïve pour l'accroissement de la sphère des droits de l'individu : le renforcement du rôle de l'Etat, l'approfondissement de l'anonymat social, l'aggravation encore du désintérêt pour la chose publique et la banalisation angoissée des conduites. Aliénation : c'est, en son sens précis, le terme générique qui s'impose ici. Car ce dont il s'agit en chacun de ces points, C'EST D'UNE DISJONCTION PRIVATIVE ENTRE LE POINT DE VUE INDIVIDUEL ET LE POINT DE VUE COLLECTIF (majuscules de votre serviteur). On est individuellement libre, mais à l'intérieur d'une société prise en charge par l'Etat ; on se sent soi, on se vit sur le mode de la particularité par devers soi, mais on est n'importe qui du point de vue d'ensemble de l'organisation où l'on s'insère. On est du dehors indépendant en tant qu'atome social, mais on est du dedans incapable, d'une part incapable de penser parmi les autres ; et, d'autre part, incapable de prendre ses distances et d'assumer sa différence par rapport aux autres."
 
In Marcel GAUCHET. La démocratie contre elle-même. Collection Tel, Gallimard, Paris, 2002.
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Voilà le résultat de la démocratie contemporaine en général, et de la démocratie française actuelle en particulier, une aliénation du sujet dans sa dimension politique. C'est pourquoi, recouvrant l'autonomie chère à nos pères grecs, les Veilleurs dont je suis, redonne au civisme et à la politique leur dimension interpersonnelle, et cela contre les dictateurs prétendument démocratiques aux petits pieds qui entendent nous imposer leurs vues. Venez tous nombreux demain à 17 h 30, Esplanade de la Défense, pour déambuler dans l'espace public, en libres citoyens, pour participer au rassemblement des Veilleurs.
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vendredi 6 janvier 2012

J'ai craqué

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Je m'étais promis de ne plus parler de mon très cher Gustave (je veux parler de Gustave THIBON) pendant un certain temps, disons un mois. Mais, entendant les âneries d'Eva JOLY, les phrases creuses de François HOLLANDE, les rodomontades de Jean-Luc MELANCHON, et pensant toujours à la belle définition du comportement de l'idéologue et du fer rouge qui marque le front des idéologies (de toutes les idéologies ; souvenez-vous : leur caractéristique est de ne pas se soucier de l'homme concret [voir mon, billet d'hier pour un horrible exemple des méfaits de l'idéologie]), j'ai craqué. Voici donc ce que le philosophe-vigneron dit (il le dit en 1935, mais le propos n'a pas pris une ride ; il a même rajeuni, à croire que les socialistes contemporains ont barbouillé leur catéchisme avec une crème revitalisante de l'Oréal, par ce qu'il le vaut bien) :
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"« Personnalisme » de l’homme moderne, imprégné de socialisme. – Le socialisme veut favoriser l’épanouissement de la personne. Loin d’être niveleur, nous dira-t-on, il tend, en libérant l’individu de toute contrainte (classes, traditions, religions, etc.) à conduire chacun à son optimum de rendement personnel ou social. « Dans une démocratie, écrit HERRIOT, l’individu ne connaît d’autres limites à son ascension que celles de son propre effort.»

"Je réponds : le socialisme est déjà niveleur à la clef en tant qu’il supprime entre les hommes toutes différences autre que celles des aptitudes et des réussites individuelles (à n’user que de ce critère, souvent superficiel, on désorganise la hiérarchie sociale qui exige des bases lointaines, des racines profondes…) Mais ceci n’est encore rien. Cet homme soi-disant « concret » que le socialisme veut délivrer, qu’est-il donc en vérité ? Un microcosme fermé, asphyxié, un individu que ne baigne plus le fluide vital des grandes continuités humaines (hérédité, patrie, religion…), un être séparé de la plus concrète réalité humaine, quelque chose d’abstrait, d’arraché, - au sens le plus précis et le plus cruel du mot. L’homme concret authentique : il a le sens de sa dépendance et de sa finalité organique, le sens de cette destinée extra-individuelle qui limite et harmonise sa liberté… Mais l’homme « concret » au sens de la mentalité actuelle, quelle froide abstraction ! Cet individu absolu qui n’a plus d’aïeux, plus de patrie, plus de Dieu, comment pourrait-il vivre ? Trouve-t-on en soi-même l’air qu’on respire ? " (In Parodies et mirages ou la décadence d'un monde chrétien, page 102).
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TAINE, THIBON, RIFKIN, FENG YOULAN, tous ces penseurs et historiens que l'on ne cite pas car ils pensent mal (notamment aux yeux des Sociétés de Pensée que nous connaissons et qui ont fait plus de tort à notre patrie que les hordes d'ATTILA, des Normands, des Wisigoths et des Ostrogoths réunies) ont comme mérite de parler de l'homme concret, de l'expérience incarnée, de la vie dans ce qu'elle a de quotidiennement relationnelle, d'organique, de joyeux, d'émouvant ou de dramatique. Et c'est pourquoi je vous en ai souvent parlé. Nous en avons ras la casquette de tous ces anathèmes fulminés par des hommes qui ont le verbe haut, le goût des abstractions, et sont capables de vous dire que la neige est noire et qu'il fait nuit en plein midi. Si je fustige la gauche, c'est qu'elle dénigre, critique, démolit tout ce que font les responsables, mais qu'elle ne dit pas avec quel ciment elle entend reconstruire ce qu'elle a si allègrement pulvérisé. Des imbéciles, vous dis-je, des imbéciles au sens de BERNANOS.
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C'est tout pour aujourd'hui.

samedi 29 novembre 2008

Marcel Gauchet toujours

L'hebdomadaire Le Point publie une interview de Marcel Gauchet dans sa livraison du 27 novembre. L'éminent penseur vient de publier un livre intitulé "Les Conditions de l'éducation", chez Stock. On l'interroge sur ce qu'il a identifié dans ce livre comme un drame philosophique : la disparition de la joie d'apprendre. Et on lui demande entre autre : Comment l'expliquez-vous ?
Voici sa réponse :
C'est un des événements anthropologiques majeurs des dernières décennies. En premier lieu, il s'explique par le fait que nous avons cessé de croire au caractère humanisant du savoir. Depuis le XVe siècle, l'humanisme moderne est fondé sur l'idée que la dignité de l'homme s'établit au travers de la connaissance. Pour devenir un humain complet, accéder à la sagesse et à l'usage réglé de sa raison, il faut se cultiver, pas seulement par l'acquisition de connaissances, mais aussi par celle de la civilité. Les humanistes accordent une très grande importances aux manières, aux moeurs. Or nous devons constater la mort clinique de cette tradition occidentale, tombée sous les coups de l'individualisation, dans la nouvelle acception de ce terme : on est homme d'abord et en naissant l'humanité vous est donnée, elle n'est pas à conquérir. On naît individu - le savoir vous enrichit mais ne change rien à votre humanité. En clair, l'individualisation a frappé d'obsolescence l'humanisme moderne dans sa philosophie la plus fondamentale.
Il me paraît intéressant de souligner ce que GAUCHET dit de la civilité.
On demeure stupéfait, ainsi, qu'un tribunal puisse déclarer que l'utilisation d'une poupée vaudoue à l'image du Président de la République est attentatoire à la dignité de sa personne, ne pas en interdire la vente et demander que la mention "attentatoire etc..." figure sur la boîte proposée aux chalands. C'est un exercice d'une rare hypocrisie.
Le fabriquant se frotte les mains ; il a commandé une nouvelle fournée de figurines. Il va faire des sous, et les sorciers en herbes vont se passer les nerfs sur un ennemi imaginaire. Tout cela découle simplement de l'idéologie ambiante, largement imprégnée, mais pas seulement, de l'idéologie socialiste, de l'idéologie rousseauiste, une idéologie largement fondée sur le ressentiment du "petit" contre le "gros", tel que l'a fustigé NIETZSCHE. La perte de la civilité traduit le sentiment que marquer du respect à autrui, c'est se comporter comme un esclave vis-à-vis de son maître et lui être soumis.
Et c'est ainsi, encore, que la puissance publique a baissé les bras contre les taggeurs (dont l'activité a été déclaré jadis "artistique" par monsieur LANG), que le stade de France est plein quand il y a un concert de rock, que les bibliothèques érudites sont désertes, et que l'on réclame (souvent à juste titre) des postes d'enseignants pour juguler le désordre de classes déclarées surpeuplées, quand il y a 50 ans, un professeur de lycée enseignait sans difficulté à des classes de 40 élèves au moins.