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dimanche 14 mai 2017

14 mai 2017. Note brève. Un petit bonhomme plein de malice !

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Christian est un petit bonhomme plein de malice. Il est arrivé en France il y a 8 mois, sans connaître un mot de français. Tous les soirs ou presque, on peut le voir Porte de Saint-Cloud, devant le Mc Do qui fait l’angle avec l’avenue de Versailles, assis au pied d’un arbre, sagement, entre son papa et sa maman. Tous les trois, ils sont protégés par une couverture. Aucun d’eux ne réclame, aucun ne demande quoi que ce soit aux passants indifférents. Seule, une tasse de carton calée entre les jambes du gamin lesquelles font saillie sous la couverture, indique que les trois s’en remettent au regard de l’autre.
Il y a quelque jour, j’ai demandé à Christian s’il parlait français ; il a répondu que oui, qu’il allait à l’école ; lors, ce bref dialogue m’a valu de connaître son prénom. Le papa et la maman ne parlent pas notre langue. Les deux sont recrus de fatigue, de lassitude, et d’une sorte d’indifférence qui confine au désespoir. Je n’ai pas pu savoir où ils passaient la nuit. J’apprends que Christian a un grand frère qui apprend le métier de boulanger.
Tous, ils viennent de Roumanie, victimes d’une ancestrale hostilité qui frappe leur peuple, le peuple des Roms.
Il est trop facile de généraliser et de dire « les immigrés ». Certes, il convient de discerner. Mais ce n’est pas cette abstraction qui est en cause quand on croise une telle détresse. Je me moque complètement du jugement qu’on pourra porter sur mes propos. Ces frères en humanité sont là, je les vois, je peux les toucher, leur parler, les écouter. Et je me souviens alors du bon Samaritain, non que je me compare à cet homme si bon. Non ! Je me souviens simplement des paroles du Maître : lequel de ces trois – le prêtre, le lévite ou le Samaritain – a été le prochain du blessé ? Je trouve là une raison suffisante pour essayer à la mesure de mes pauvres moyens de me rendre proche de ces frères en humanité.
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mercredi 25 mai 2016

25 mai 2016. Nouvelles de la Résistance. Marcel Gauchet et Claude Lévi-Strauss et la belle carnassière

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Voici, tiré d'un ensemble d'articles réunis en un seul volume sous le titre La démocratie contre elle-même, une analyse remarquable de Marcel GAUCHET :

"Les difficultés de principe que soulève la présence massive d’enfants d’origine immigrée dans le système scolaire représentent à la fois un cas particulier, une amplification dramatique et un condensé complet des données de notre problème. Elles font ressortir de façon criante le chemin parcouru. Elles symbolisent pour ainsi dire la mise en échec du projet de l’école républicaine par les acquis du relativisme culturel. Il est clair en effet que nous n’aurons plus jamais la bonne conscience et la foi du charbonnier dans les valeurs universelles de la nation France et de la civilisation européenne qui ont fait la force assimilatrice incomparable de la machine scolaire de la IIIe République. On n’éradique pas l’empreinte de l’Islam comme on a effacé les marques du patois picard ou défait le moule des catégories bretonnes. Et nous manquons de conviction dans l’imposition pour faire de bons Français avec de petits Sénégalais sur le mode où on l’a réussi dans le passé avec de petit Polonais. Aussi cette butée est-elle le foyer d’exemplification rêvé pour les contempteurs de l’insupportable violence faite aux individus et aux peuples par la pédagogie traditionnelle. La différence de culture est érigée en paradigme de cette différence personnelle dont une éduction authentiquement démocratique doit se proposer le respect et le développement. Il est demandé à l’école de devenir l’institution prototypique où prendrait forme un lien de société enfin attentif à la pluralité des êtres, des groupes et des valeurs, sur la base notamment de la reconnaissance du « droit de l’homme à vivre dans sa culture ». Ces nobles sentiments ne tardent pas, hélas, à exhiber leurs limites, et disons le mot, leur malfaisant irresponsabilité. L’inconséquence flagrante de la belle âme éclate dès qu’on aborde l’épineuse question des droits politiques. Comment promouvoir la participation politique des populations immigrées sans imposer de fait une règle du jeu et des normes de droit qui n’ont rien à voir, le cas échéant, avec les idéaux de leurs cultures premières ? Que veut dire l’insertion dans la République sans une adhésion informée et raisonnée à ses principes, dont la fréquentation des autres cultures révèle assez qu’ils ne vont pas de soi ? Qu’est-ce qu’une citoyenneté qui ne repose pas sur une connaissance minimale du pays où elle s’exerce et sur une maîtrise élémentaire du cadre civique qui lui donne corps, sinon une citoyenneté supplétive ou de seconde zone ? Mais c’est au-delà toute la question de la participation sociale qui est posée. « Vivre dans sa culture » au sein d’une autre culture, majoritaire, et culture de la réussite dont on n’a pas rejoint le sol par hasard, c’est vivre en marge, et dans l’humiliation quotidienne de ne pas bien posséder les clés de l’univers où l’on est condamné à évoluer. La notion de « société multiculturelle » dont se gargarise la gauche mondaine en son invariable bêtise relève à cet égard de l’imposture démagogique la plus caractérisée. Elle vaut à l’échelle d’une mince élite suffisamment formée pour évoluer à l’aise d’une langue et d’un cadre de pensée à l’autre. Dans son application de masse, elle signifie pour la plupart privation, existence à l’écart, enfermement dans une appartenance interdictrice."

Marcel GAUCHET.
La démocratie contre elle-même. Tel Quel N°317.
Article L'Ecole à l'école d'elle-même. Contraintes et contradiction de l'individualisme démocratique.
Publié initialement dans Le Débat, N°37, nov.-déc. 1985.
(Pages 121 et 122 de Tel Quel).

En écho à cette charge contre la gauche mondaine et son invariable bêtise, ce constat de Claude LEVI-STRAUSS :

"Un choix éthique qui engage la culture du pays d'accueil ne peut s'exercer qu'entre deux partis : soit proclamer que tout ce qui peut se prévaloir de la coutume est permis n'importe où ; soit renvoyer dans leur pays d'origine ceux qui - et c'est leur droit - entendent rester fidèles à leurs usages même si, quel qu'en soit le motif, ils blessent gravement la susceptibilité de leur hôte.
In
Claude-LEVI-STRAUSS.
Nous sommes tous des cannibales, page 90. Le Seuil, Paris, 2013 (Collection La librairie du XXIe siècle).

Deux remarques s'imposent : 
Marcel GAUCHET ne se réclame d'aucune religion ni d'aucun parti. C'est un sociologue d'une rare finesse.
Claude LEVI-STRAUSS a milité au parti socialiste en compagnie de l'un des pires laïcards de la IIIe République, Maurice DEIXONNE. C'est un chaud partisan du relativisme culturel. Il ne prône en aucune façon la supériorité d'une culture sur l'autre. Mais il estime que le respect que l'on doit à chacune d'elle exige que l'on se plie à ses us et coutumes.

Voilà donc deux personnalités qui ne sont en aucune façon des raciste ou des nazis et qui pourfendent, chacune avec ses propres arguments, le multiculturalisme si cher à la belle et calamiteuse carnassière laquelle achève de détruire ce que la IIIe République avait eu tant de mal à édifier. Je reviendrai dans un prochain billet sur deux articles, publiés dans Le Monde et qui illustrent à merveille quoique contradictoirement selon moi, et bien que tous deux écrits par des personnalités de gauche, l'insoluble contradiction  de l'anthropologie de l'autoconstruction, hors de toutes les déterminations (familiales, religieuses, sociales, etc. si odieuses à monsieur Vincent PEILLON), et les obligations scolaires. Nous y reviendrons donc.

samedi 17 octobre 2015

17 octobre 2015. Nouvelles de la Résistance. Négation des différences, source principale de violences !


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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, certes, c'est la lâcheté, mais c'est aussi notre volonté de ne pas penser !

Allez ! Soyez patients et lisez jusqu'au bout.
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1. La citation du jour.
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"Ce travail immense de nos anciens, en ce pays, qui partout frappe l'attention malgré le voile que tissent dessus chaque année davantage la nature victorieuse et la mort ; la ténacité des premiers pionniers qui sont venus là, leur sagesse qui leur a fait choisir l'emplacement des maisons et des cultures ; la pauvreté de leurs moyens, leur patience à tirer parti de tout, leur frugalité et leur résistance. Tout cela dont je suis séparé par quel abîme ! Tout cela était-il sans importance pour leur vie spirituelle, je ne dis pas celle qu'ils exprimaient mais celle qu'ils vivaient ? Est-ce sans importance pour la vie spirituelle de tout homme, pour sa vie religieuse ? Ô tradition d'énergie, de ténacité, de frugalité, d'endurance, on ne connaît ta valeur humaine et religieuse que lorsqu'on t'a perdue, irrévocablement perdue peut-être !"
In
Marcel LEGAUT.
Lettre des Granges, publication ronéotée, N°3, p. 6.
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2. Commentaires.
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Nous sommes les témoins impuissants d’une destruction programmée et voulue de notre patrie, par une camarilla d’illuminés, au sens propre et au sens figuré du terme. Marcel LEGAUT, mon cher Marcel, exprime avec nostalgie ce qu’il ressent à la disparition de ce qu’a été la France. Mais je ne regarde pas l'avenir dans un rétroviseur. J'essaye de comprendre l'ici et maintenant. Et j'exige qu'on se souvienne de ce que ma patrie a été pour lui permettre de mieux être et de perdurer.
Ce que la France est aujourd’hui est la conséquence d’une sédimentation progressive de faits historiques qui se sont accumulés les uns au-dessus des autres. Mais la couche la plus ancienne, n’en déplaise aux bien-pensants, est la France rurale, habitée par des paysans tenaces, durs à la besogne, amoureux de leur métier. Sur cette couche, et à cause de la politique coloniale et raciste conduite par les Jules FERRY et ses acolytes, se sont déposées d’autres couches, faite de l’installation sur notre sol de populations étrangères. Il est trop facile de taper sur « les immigrés » quand, dans les années 1960, on allait les chercher par cars entiers en ALGERIE ou en AFRIQUE pour qu’ils viennent travailler dans nos usines. J’en ai été le témoin quand, au temps de ma jeunesse, alors que je m’occupais d’une troupe scoute à ACHERES, j’ai vu les ouvriers venus de ces lointains pays, se presser aux portes des usines SIMCA.
Mais entre cette couche originelle et immémoriale, et la couche moderne, s’est déposée la boue d’une Révolution (qui avait bien commencé, comme le dit BERNANOS) sanglante, utopique, universaliste dans ses idées, mais sectaire et féodale dans sa pratique. De cela nous ne sommes pas remis (voir informations diverses !). La solidité de notre patrie a reposé pendant des décennies sur ce vieux fond chrétien qu’on s’est acharné à faire disparaître, avec succès, mais qui permettait la nécessaire intégration des immigrés. Qui se souvient de l'obligation faite par le Deutéronome aux Israélites de bien accueillir l'étranger ?
Les remarquables travaux de René GIRARD prouvent que la source essentielle de la violence réside dans l’indifférenciation qui se répand comme une peste dans les sociétés humaines. Nier les différences, c’est installer au cœur de la société le principe de la guerre de tous contre tous. Mais les différences assumées et respectées n’empêchent nullement que dans une patrie donnée, des citoyens d’origines diverses puissent fraterniser paisiblement, en se reconnaissant dans ce qui fait leur identité. La violence de certains coins de banlieues n’a pour origine que notre refus de reconnaître des identités particulières, ou d’installer une hiérarchie entre des modes de vie différents. Or, tant que la dignité humaine n’est pas offensée par ces manières de vivre, je ne vois point là de quoi s’affoler. La violence tend à réinstaurer de la différence là, où bien existante, elle est niée.
Dans un billet récent intitulé « sagesse africaine », je racontais l’histoire de cette rencontre avec un africain plein d’humour et d’intelligence. Hier encore à l'aumônerie où j'assure la catéchèse des lycéens, j’avais une très longue discussion avec B… une jeune fille dont le papa est ivoirien et qui avait honte de la couleur (magnifique selon moi, car B… est une très belle jeune fille et je ne crains pas pour elle le vide, mais plutôt le trop-plein !) de sa peau. J’ai entendu sa plainte et j’en avais le cœur serré. 
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3. Informations diverses.
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Le mémoricide des guerres de Vendée.

"Comment faire disparaître l’histoire et le passé local d’un village ou d’une région en incitant des maires à changer le nom de leur commune ? Le 11 février dernier, une proposition de loi pour « l’amélioration du régime de la commune nouvelle » était adoptée à une large majorité par les députés français. La loi a reçu le plein accord du Sénat quelques semaines plus tard.
Cette loi qui comporte des dispositions financières incitatives – regroupement de communes contre argent – ne serait-elle pas un écran de fumée visant à masquer le véritable objectif de l’Etat ? Faire disparaître les communes … et leurs passés.

La Chapelle-Basse-Mer et les communes « nouvelles »
On le sait, les dotations financières accordées aux communes de France s’effondrent. Résultat, les maires en mal d’argent sont parfois prêts à toutes les concessions pour obtenir des moyens financiers supplémentaires. N’y aurait-il pas là un chantage magistralement organisé ?
Le dernier exemple en date nous l’avons trouvé aux limites de la Vendée et de la Loire Atlantique. D’ici quelques semaines, les communes de La CHAPELLE-BASSE-MER et de BARBECHAT doivent se regrouper. On a proposé aux habitants de changer le nom de leurs communes en « DIVATTE SUR LOIRE ». Or, la commune de La CHAPELLE-BASSE-MER porte ce nom depuis des décennies et fut, durant la Révolution française, le théâtre de massacres perpétrés par les soldats de la République.

Du génocide au « mémoricide » programmé
En 1794, 800 personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards furent assassinés par les républicains. Les habitants, par le biais d’une pétition réunissant plus d’un millier de signatures, refusent le changement de nom de leur commune estimant que l’Etat veut effacer son passé, comme Reynald SECHER l’a bien montré dans ses ouvrages et en particulier dans « Vendée : du génocide au mémoricide ». La France organise un révisionnisme légal."

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