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mercredi 20 février 2019

Mercredi 20 février 2019. La République à géométrie hypervariable


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Il paraît que le racisme est une offense faite à la République. J’aurais eu tendance à penser qu’il est une injure faite à l’humanité, et je voudrais ici vous rappeler quelques belles envolées des républicains les plus purs, les plus engagés, les moins suspects quant à leur attachement à cette forme politique qui montrent l'extrême labilité de l'opinion républicaine en matière de racisme.
J’ai déjà fait un billet sur cette belle envolée de Jules FERRY faite à la Chambre des députés le 28 juillet 1885 (sous les protestations de la gauche, PELLETAN et CLÉMENCEAU et de la droite royaliste, de GUILLOUTET, en tête ; j’ai déjà fait un billet sur le sujet) : « Il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures ».
JAURÈS n’est pas en reste sur ce sujet ; le 20 novembre 1903, à cette même Chambre des députés, il n’hésite pas : « La civilisation qu’elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l’état présent du régime marocain ».
Puis c’est au tour de Léon BLUM, l'un des grands penseurs de la gauche, de dire dans cette même Chambre des députés, le 9 juillet 1995 : « Nous avons trop l’amour de notre pays pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française. […]. Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler au progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie ».
Il est vrai que Léon BLUM est un homme d’une extraordinaire lucidité. Ne disait-il pas le 8 novembre 1932, peu avant que HINDENBURG ne désigne HITLER comme chancelier de l’Empire, dans le journal "le Populaire : « HITLER a perdu le pouvoir, il a perdu jusqu’à l’espérance du pouvoir »".

Voyez-vous, dans un système politique "axiologiquement neutre" ou qui se proclame tel, il n’y a jamais rien de définitif. C’est pourquoi le racisme n’est pas une négation des valeurs de la République, mais un refus d’obéir à l’injonction christique qui nous est faite d’aimer tous les êtres humains comme soi-même. Ce qui était bon en 1885, ou en 1903, serait aujourd’hui condamné par les Tribunaux. Alors que les belles consciences aient enfin recours à des arguments de vérité morale et philosophique, sans parler des vérités théologiques, et qu’ils ne viennent pas nous les briser menu en brandissant la République comme étendard : elle n’en demande pas tant, la pauvrette.

mercredi 4 novembre 2015

04 novembre 2015. Nouvelles de la Résistance. Nadine est un enfant de choeur à côté d'Ernest



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1. Les citations du jour.
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Envoyée à Arthur de GOBINEAU, à propos de son Essais sur l’inégalité des races humaines, cette lettre de RENAN datée du 26 juin 1856 :

"Vous avez fait là un livre des plus remarquables, plein de vigueur et d'originalité d'esprit, seulement bien peu fait pour être compris en France ou plutôt fait pour y être mal compris. L'esprit français se prête peu aux considérations ethnographiques : la France croit très peu à la race, [...].
Le fait de la race est immense à l'origine; mais il va toujours perdant de son importance, et quelquefois comme en France, il arrive à s'effacer complètement. Est-ce là absolument parler de décadence? Oui, certes au point de vue de la stabilité des institutions, de l'originalité des caractères, d'une certaine noblesse dont je tiens pour ma part le plus grand compte dans l'ensemble des choses humaines. Mais aussi que de compensations! Sans doute si les éléments nobles mêlés au sang d'un peuple arrivaient à s'effacer complètement, alors ce serait une avilissante égalité, analogue à celle de certains États de l'Orient et, à quelques égards de la Chine. Mais c'est qu'en réalité une très petite quantité de sang noble mise dans la circulation d'un peuple suffit pour l'ennoblir, au moins quant aux effets historiques; c'est ainsi que la France, nation si complètement tombée en roture, joue en réalité dans le monde le rôle d'un gentilhomme. En mettant à part les races tout à fait inférieures dont l'immixtion aux grandes races ne ferait qu'empoisonner l'espèce humaine, je conçois pour l'avenir une humanité homogène."
In
Ernest RENAN.
Qu'est-ce qu'une nation? et autres textes politiques, choisis et présentés par Joël ROMAN, Presses Pocket, 1992, p 221.

Mais RENAN dit aussi, ce qui relativise le propos tenu sur l’esprit français, peu fait pour les considérations ethnoghraphiques :

"Je ne voyais pas assez nettement à cette époque les attachements que l'homme a laissé dans le règne animal, je ne me faisais pas une idée suffisamment claire de l'inégalité des races.
"Le processus de la civilisation est reconnu dans ses lois générales. L'inégalité des races est constatée. Les titres de chaque famille humaine à des mentions plus ou moins honorables dans l'histoire du progrès sont à peu près déterminés.
"La colonisation en grand est une nécessité politique tout à fait de premier ordre… La conquête d'un pays de race inférieure par une race supérieure qui s'y établit n'a rien de choquant… Autant les conquêtes entre races égales doivent être blâmées, autant les régénérations des races inférieures ou abâtardies par les races supérieures est dans l'ordre providentiel de l'Humanité."
Ernest RENAN.
Cité par
André VALENTA.
Le scientisme ou l'incroyable séduction d'une doctrine erronée. Préface du cardinal POUPARD.
Mélodie, Cercle de réflexion sur la science, sans mention de lieu, 1995.

Ou encore

"La race sémitique et la race indo-européenne, examinées au point de vue de la physiologie, ne montrent aucune différence essentielle; elles possèdent en commun et à elles seules le souverain caractère de la beauté. [...] Il n'y a donc aucune raison pour établir, au point de vue de la physiologie, entre les Sémites et les Indo-Européens une distinction de l'ordre de celles qu'on établit entre les Caucasiens, les Mongols et les Nègres. [...] Tour à tour les Juifs, les Syriens, les Arabes sont entrés dans l'œuvre de la civilisation générale, et y ont joué leur rôle comme parties intégrantes de la grande race perfectible; ce qu'on ne peut dire ni de la race nègre, ni de la race tartare, ni même de la race chinoise, qui s'est créé une civilisation à part. Envisagés par le côté physique, les Sémites et les Ariens ne font qu'une seule race, la race blanche; envisagés par le côté intellectuel, ils ne font qu'une seule famille, la famille civilisée."
In
Ernest RENAN.
Histoire générale et système comparée des langues sémitiques.
Imprimerie impériale, Paris, 1858, pp 479-480.
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2. Commentaires.
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RENAN est connu à la fois par ses travaux sur les langues sémitiques et par sa critique historique du christianisme et du Christ. Bien entendu, dans notre République, c’est surtout au nom de son agnosticisme et de son doux combat contre la personne de JESUS, qu’il est connu, chéri, encensé… On a oublié qu’il fut un grand savant et un fin connaisseur des langues sémitiques. Il est juste de le rappeler
Pauvre madame MORANO qui a eu le malheur de dire, maladroitement, que la France était un pays fait d’hommes de race blanche et judéo-chrétien. Elle n’arrive pas à la cheville d’Ernest qui lui ne fait pas dans le détail, et attribue le qualificatif de civilisés au seuls Aryens et Sémites !
Elle se défend mal Nadine. Elle ne voit pas que le racisme arrogant de ces grands esprits ou de ces hommes politiques, tous portés par le progressisme, est à l’origine de ce mal dont on l’accable (et qui chez elle est imaginaire) et que ses propos sont à une tasse de tilleul ceux que les affirmations de RENAN ou de Jules FERRY sont à la vodka !
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3. Informations diverses.

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A voir ABSOLUMENT, du site TV Liberté cette interview du Général Didier TAUZIN (merci à Dominique qui m'a transmis le lien).


https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=FsZP1ySTs3s
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Du site Aleteia, la reproduction de cette icône dédiée aux martyrs coptes de Lybie.


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samedi 17 octobre 2015

17 octobre 2015. Nouvelles de la Résistance. Négation des différences, source principale de violences !


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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, certes, c'est la lâcheté, mais c'est aussi notre volonté de ne pas penser !

Allez ! Soyez patients et lisez jusqu'au bout.
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1. La citation du jour.
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"Ce travail immense de nos anciens, en ce pays, qui partout frappe l'attention malgré le voile que tissent dessus chaque année davantage la nature victorieuse et la mort ; la ténacité des premiers pionniers qui sont venus là, leur sagesse qui leur a fait choisir l'emplacement des maisons et des cultures ; la pauvreté de leurs moyens, leur patience à tirer parti de tout, leur frugalité et leur résistance. Tout cela dont je suis séparé par quel abîme ! Tout cela était-il sans importance pour leur vie spirituelle, je ne dis pas celle qu'ils exprimaient mais celle qu'ils vivaient ? Est-ce sans importance pour la vie spirituelle de tout homme, pour sa vie religieuse ? Ô tradition d'énergie, de ténacité, de frugalité, d'endurance, on ne connaît ta valeur humaine et religieuse que lorsqu'on t'a perdue, irrévocablement perdue peut-être !"
In
Marcel LEGAUT.
Lettre des Granges, publication ronéotée, N°3, p. 6.
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2. Commentaires.
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Nous sommes les témoins impuissants d’une destruction programmée et voulue de notre patrie, par une camarilla d’illuminés, au sens propre et au sens figuré du terme. Marcel LEGAUT, mon cher Marcel, exprime avec nostalgie ce qu’il ressent à la disparition de ce qu’a été la France. Mais je ne regarde pas l'avenir dans un rétroviseur. J'essaye de comprendre l'ici et maintenant. Et j'exige qu'on se souvienne de ce que ma patrie a été pour lui permettre de mieux être et de perdurer.
Ce que la France est aujourd’hui est la conséquence d’une sédimentation progressive de faits historiques qui se sont accumulés les uns au-dessus des autres. Mais la couche la plus ancienne, n’en déplaise aux bien-pensants, est la France rurale, habitée par des paysans tenaces, durs à la besogne, amoureux de leur métier. Sur cette couche, et à cause de la politique coloniale et raciste conduite par les Jules FERRY et ses acolytes, se sont déposées d’autres couches, faite de l’installation sur notre sol de populations étrangères. Il est trop facile de taper sur « les immigrés » quand, dans les années 1960, on allait les chercher par cars entiers en ALGERIE ou en AFRIQUE pour qu’ils viennent travailler dans nos usines. J’en ai été le témoin quand, au temps de ma jeunesse, alors que je m’occupais d’une troupe scoute à ACHERES, j’ai vu les ouvriers venus de ces lointains pays, se presser aux portes des usines SIMCA.
Mais entre cette couche originelle et immémoriale, et la couche moderne, s’est déposée la boue d’une Révolution (qui avait bien commencé, comme le dit BERNANOS) sanglante, utopique, universaliste dans ses idées, mais sectaire et féodale dans sa pratique. De cela nous ne sommes pas remis (voir informations diverses !). La solidité de notre patrie a reposé pendant des décennies sur ce vieux fond chrétien qu’on s’est acharné à faire disparaître, avec succès, mais qui permettait la nécessaire intégration des immigrés. Qui se souvient de l'obligation faite par le Deutéronome aux Israélites de bien accueillir l'étranger ?
Les remarquables travaux de René GIRARD prouvent que la source essentielle de la violence réside dans l’indifférenciation qui se répand comme une peste dans les sociétés humaines. Nier les différences, c’est installer au cœur de la société le principe de la guerre de tous contre tous. Mais les différences assumées et respectées n’empêchent nullement que dans une patrie donnée, des citoyens d’origines diverses puissent fraterniser paisiblement, en se reconnaissant dans ce qui fait leur identité. La violence de certains coins de banlieues n’a pour origine que notre refus de reconnaître des identités particulières, ou d’installer une hiérarchie entre des modes de vie différents. Or, tant que la dignité humaine n’est pas offensée par ces manières de vivre, je ne vois point là de quoi s’affoler. La violence tend à réinstaurer de la différence là, où bien existante, elle est niée.
Dans un billet récent intitulé « sagesse africaine », je racontais l’histoire de cette rencontre avec un africain plein d’humour et d’intelligence. Hier encore à l'aumônerie où j'assure la catéchèse des lycéens, j’avais une très longue discussion avec B… une jeune fille dont le papa est ivoirien et qui avait honte de la couleur (magnifique selon moi, car B… est une très belle jeune fille et je ne crains pas pour elle le vide, mais plutôt le trop-plein !) de sa peau. J’ai entendu sa plainte et j’en avais le cœur serré. 
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3. Informations diverses.
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Le mémoricide des guerres de Vendée.

"Comment faire disparaître l’histoire et le passé local d’un village ou d’une région en incitant des maires à changer le nom de leur commune ? Le 11 février dernier, une proposition de loi pour « l’amélioration du régime de la commune nouvelle » était adoptée à une large majorité par les députés français. La loi a reçu le plein accord du Sénat quelques semaines plus tard.
Cette loi qui comporte des dispositions financières incitatives – regroupement de communes contre argent – ne serait-elle pas un écran de fumée visant à masquer le véritable objectif de l’Etat ? Faire disparaître les communes … et leurs passés.

La Chapelle-Basse-Mer et les communes « nouvelles »
On le sait, les dotations financières accordées aux communes de France s’effondrent. Résultat, les maires en mal d’argent sont parfois prêts à toutes les concessions pour obtenir des moyens financiers supplémentaires. N’y aurait-il pas là un chantage magistralement organisé ?
Le dernier exemple en date nous l’avons trouvé aux limites de la Vendée et de la Loire Atlantique. D’ici quelques semaines, les communes de La CHAPELLE-BASSE-MER et de BARBECHAT doivent se regrouper. On a proposé aux habitants de changer le nom de leurs communes en « DIVATTE SUR LOIRE ». Or, la commune de La CHAPELLE-BASSE-MER porte ce nom depuis des décennies et fut, durant la Révolution française, le théâtre de massacres perpétrés par les soldats de la République.

Du génocide au « mémoricide » programmé
En 1794, 800 personnes, hommes, femmes, enfants, vieillards furent assassinés par les républicains. Les habitants, par le biais d’une pétition réunissant plus d’un millier de signatures, refusent le changement de nom de leur commune estimant que l’Etat veut effacer son passé, comme Reynald SECHER l’a bien montré dans ses ouvrages et en particulier dans « Vendée : du génocide au mémoricide ». La France organise un révisionnisme légal."

Voir

jeudi 1 octobre 2015

01 octobre 2015. Nouvelles de la Résistance. Je demande l'exclusion de Jules Ferry du parti socialiste. 2eme billet du jour

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(Discours de Jules FERRY à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885).
M. Jules Ferry
[...]
Messieurs, il y a un second point, un second ordre d'idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question [Il s'agit de la colonisation de l'Afrique].
Sur ce point, l'honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu'est-ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canon ? Qu'est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.
Voilà, messieurs, la thèse ; je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire : c'est de la métaphysique politique... (Ah ! ah ! à l'extrême gauche.)
Voix à gauche. Parfaitement !
M. Jules Ferry...et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu'au bout votre thèse, qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l'expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.
[...]
Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche.)
M. Jules Maigne. Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme !
M. de Guilloutet. C'est la justification de l'esclavage et de la traite des nègres !
M. Jules Ferry. Si l'honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l'extrême gauche et à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)
M. Raoul Duval. Nous ne voulons pas les leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !
M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !
M. Georges Périn. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !
M. Jules Ferry. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite.)
M. Joseph Fabre. C'est excessif ! Vous aboutissez ainsi à l'abdication des principes de 1789 et de 1848... (Bruit), à la consécration de la loi de grâce remplaçant la loi de justice.
M. Vernhes. Alors les missionnaires ont aussi leur droit ! Ne leur reprochez donc pas d'en user ! (Bruit.)
M. le président. N'interrompez pas, monsieur Vernhes !
M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures...
M. Vernhes. Protégez les missionnaires, alors ! (Très bien ! à droite.)
Voix à gauche. N'interrompez donc pas !
M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures ont des devoirs...
M. Vernhes. Allons donc !
M. Jules Ferry. Ces devoirs, messieurs, ont été souvent méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. (Très bien ! très bien !) Mais, de nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquit­tent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation.
M. Paul Bert. La France l'a toujours fait !
M. Jules Ferry. Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu'un peut nier qu'il y a plus de justice, plus d'ordre matériel et moral, plus d'équité, plus de vertus sociales dans l'Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions oeuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l'Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l'histoire de cette conquête, il y a aujourd'hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d'ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu'auparavant ?
M. Clemenceau. C'est très douteux !
M. Georges Périn. Rappelez-vous donc le discours de Burke !
M. Jules Ferry. Est-ce qu'il est possible de nier que ce soit une bonne fortune pour ces malheureuses populations de l'Afrique équatoriale de tomber sous le protectorat de la nation française ou de la nation anglaise ? Est-ce que notre premier devoir, la première règle que la France s'est imposée, que l'Angleterre a fait pénétrer dans le droit coutumier des nations européennes et que la conférence de Berlin vient de traduire le droit positif, en obligation sanctionnée par la signature de tous les gouvernements, n'est pas de combattre la traite des nègres, cet horrible trafic, et l'esclavage, cette infamie. (Vives marques d'approbation sur divers bancs.)
[...]
M. Jules Ferry. Voilà ce que j'ai à répondre à l'honorable M. Pelletan sur le second point qu'il a touché.

Il est ensuite arrivé à un troisième, plus délicat, plus grave, et sur lequel je vous demande la permission de m'expliquer en toute franchise. C'est le côté politique de la question."
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Ces propos sont intolérables, et autrement plus intolérable que ceux de madame MORANO que la bienpensance entend sacrifier sur l'autel des petits intérêts électoraux. 
Je réclame que l'on change le nom des avenues, boulevards, lycées, institutions portant le nom d'un homme qui a osé parler de races inférieures et de races supérieures et a justifié le colonialisme comme il l'a fait. Il ne mérite pas qu'on l'honore. Dehors Jules FERRY, hors de notre mémoire, hors de l'espace public !   
J'ajoute que le tort de madame MORANO - et c'est un complément à mon billet d'hier - est d'avoir confondu le multiracialisme et le multiculturalisme. Ce qui est condamnable dans ses propos, c'est de lier implicitement les deux notions. Il est clair que des populations d'origines, d'opinions et de races diverses peuvent parfaitement se sentir et se trouver français en France, tout simplement parce qu'ils acceptent l'héritage ancestral de la manière de vivre en leur patrie. Ce qui n'est pas acceptable, c'est de se voir imposer la charia, le hallal, l'appel à la prière par le muezzin dans des établissements d'enseignement public (cf. ce qui se passe à SAINT-AMBROIX), ou tout autre forme de manifestations culturelles qui ne peuvent s'inscrire dans cet héritage et veulent tout simplement le subvertir au profit d'une seule vision du monde. 
Madame, faites connaître publiquement ces propos de Jules FERRY. Clouez le bec à ces imbéciles. Vous n'avez pas eu raison de présenter les choses comme vous l'avez fait, pour les raisons que je viens de dire. Mais ces propos, s'ils sont mal ajustés, ne sont en aucun cas racistes. Je raconterai du reste une petite histoire scientifique qui montrera exactement ce qu'il en est.

lundi 18 août 2014

18 août 2014. Nouvelles de la Résistance : on appelle ça le progrès !

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Une fois encore, une fois de plus, la devise des Résistants aux imbéciles :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. Les citations du jour.
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"Il n'y a rien de plus absurde que de vouloir importer en Chine, la France, ou l'Espagne, ou l'Italie, ou quelque autre partie de l'Europe. N'apportez rien de tout cela, mais apportez la Foi. Une foi qui ne rejette ni n'offense la façon de vivre et les usages d'aucun peuple, quand il ne s'agit pas de choses mauvaises. Au contraire, la Foi veut que ces choses soient conservées et qu'elles soient protégées."
Instruction du pape  Alexandre VII (Flavio CHIGI) qui fut pontife romain du 16 avril 1655 au 22 mai 1677, envoyée aux fondateurs des Missions Etrangères de Paris. 

Et vous allez voir l'immense progrès que représente le discours de l'illustrissime Jules FERRY, vénéré par nombre d'imbéciles. Dans un ancien billet, j'ai déjà donné un extrait  de ce discours mémorable prononcé par le moustachu ou le barbu - je ne sais plus bien comment qualifier un porteur d'abondants favoris - à la Chambre :

"Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche, nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.) La vraie question, messieurs, la question qu’il faut poser, et poser dans des termes clairs, c’est celle-ci : est-ce que le recueillement qui s’impose aux nations éprouvées par de grands malheurs doit se résoudre en abdication ? [...] Est-ce que, absorbés par la contemplation de cette blessure qui saignera toujours, ils laisseront tout faire autour d’eux ; est-ce qu’ils laisseront aller les choses ; est-ce qu’ils laisseront d’autres que nous s’établir en Tunisie, d’autres que nous faire la police à l’embouchure du fleuve Rouge et accomplir les clauses du traité de 1874, que nous nous sommes engagés à faire respecter dans l’intérêt des nations européennes ? Est-ce qu’ils laisseront d’autres se disputer les régions de l’Afrique équatoriale ? Laisseront-ils aussi régler par d’autres les affaires égyptiennes qui, par tant de côtés, sont des affaires vraiment françaises ? (Vifs applaudissements à gauche et au centre. Interruptions.)" (Discours de Jules FERRY à la chambre, le 28 juillet 1885).
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2. Commentaires.
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En ces temps enténébrés, où il est de bon ton de ridiculiser les chrétiens et leurs pasteurs, il est tout de même important de rappeler certaines vérités historiques. Qui, de l'Eglise ou de la République a respecté les peuples ? Qui a considéré les nations africaines asiatiques avec mépris et qui les a considérées dans leur beauté propre ? Qui s'est paré des arrogantes toges des philosophes du XVIIIe siècle, et qui a revêtu la tunique sans couture de Jésus ?
Il me semble que la réponse se trouve aisément pour qui est dépourvu de préjugés. Mais c'est trop demander à ces imbéciles des médias qui trempent leur plume dans le vinaigre, ou ceux du théâtre politique que d'avoir la probité intellectuelle de reconnaître les faits. La paternité du colonialisme arrogant est à imputer, chez nous, aux plus éminents des républicains. Et les seuls à s'y être opposés sont d'une part les monarchistes, et d'autre part quelques députés de ce que l'on appelait alors l'extrême gauche (Camille PELLETAN et Georges CLEMENCEAU). Les raisons des oppositions monarchistes ou ultra-républicaines étaient fort différentes. Les unes trouvaient leur source dans l'idée que les chrétiens se font de l'homme, les autres dans les soucis d'affermir une république encore chancelante.
Nous subissons aujourd'hui les conséquences de ces initiatives colonialistes. Que les héritiers légitimes de ces hommes politiques ne viennent pas invoquer l'ignorance. Nous avons exporté nos vices et nos fantasmes. Nous en payons le prix avec une immigration incontrôlée.
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3. Informations diverses.
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Enfin du bon sens et le Royaume Uni nous donne l'exemple ! A propos de la mort d'un petit encore dans le ventre de sa mère.

Jeanne Smits ne m'en voudra pas si je reprends ici intégralement un article qu'elle a publié sur son Blog, en tous points remarquable, et auquel je vous recommande vivement de vous abonner !

"Un jeune homme de 18 ans devra répondre de « destruction d'enfant » au Royaume-Uni après avoir causé la mort d'un enfant à naître en frappant au ventre une adolescente de 16 ans enceinte de 7 mois.

Dusan Bako a été arrêté jeudi après-midi peu après avoir agressé sa victime dans un parc public d'Oldham, Copster Hill Park, près de Manchester, en plein jour : il l'avait violemment frappée au ventre. Emmenée en urgence à l'hôpital, la jeune femme a donné naissance à son bébé qui, hélas devait mourir peu de temps après.

La presse britannique évoque le fait divers avec émotion, signalant que le responsable local de la police, Jamie Daniels, l'avait qualifié d'« exceptionnellement tragique » en lançant un appel à témoins. « Des officiers spécialisés s'occupent de la jeune fille, dont je n'arrive même pas imaginer à quel point elle a été bouleversée par ce qui lui est arrivé », a-t-il déclaré. Les journaux n'hésitent pas à écrire qu'elle a « perdu son bébé à naître ».

Il peut paraître absurde d'insister sur ce point. Mais ce langage de vérité va à contre-courant de la fiction répandue par la rhétorique du « droit à l'avortement » : on ne milite pas pour la destruction des enfants à naître, il faut donc les qualifier d'« amas de cellules », lorsqu'ils sont petits, ou de « fœtus », tant qu'ils ne sont pas nés.

La France a connu l'apothéose de ces fables lorsque la Cour de cassation a refusé de reconnaître qu'une mère ayant perdu son « fœtus », mortellement blessé, lors d'un accident de la route, puisse obtenir des sanctions et des dommages pour la mort de son enfant de la part du conducteur responsable. Le bébé pas respiré, avait décidé la justice, on ne pouvait le reconnaître comme un être humain, sujet de droit. Toute la douleur de la mère ni pouvait rien. Ni le fait que sa grossesse était quasiment à terme.

Dans l'affaire anglaise le tout petit qui a perdu la vie du fait de la violence d'un voyou, violence aggravée par le fait qu'elle a frappé une jeune femme très visiblement enceinte, on peut certes noter que l'enfant a respiré, puisqu'il n'est pas mort avant sa naissance.

Mais enfin c'est lui qui a reçu un coup, en même temps que sa mère, et c'est lui qui est mort, et l'homme de la rue comme le journaliste – et la police et la justice aussi – y voient spontanément un crime, sans se demander si le bébé est mort avant de naître ou non.

Dusan Bako, détenu depuis jeudi devra donc bien répondre de « destruction d'enfant » et d'agression lors de sa première comparution devant le magistrat ce lundi. C'est bien l'enfant qui est la principale victime."

jeudi 24 mai 2012

Débuts

En raison des diverses propositions que compte mettre en oeuvre le nouveau gouvernement, il me paraît nécessaire de reprendre la publication de quelques billets.
De façon à ne pas tomber dans le piège de l'idéologie et d'être fidèle à la Parole, je m efforcerai de ne pas être agressif ou ironique, mais de rester factuel et de ne pas me moquer des personnes. J'insiste donc sur  le changement de ton que je désire introduire dans cette nouvelle série de billets ; ce sera l'opinion d'un citoyen, d'un homme qui a trouvé dans la parole de Jésus le sens, la lumière et la vie ; ce sera, du moins je l'espère, une opinion nuancée mais sans concessions.

Monsieur HOLLANDE a cru bon d'inaugurer son mandat par un hommage à Jules FERRY. Je vous renvoie au billet que j'ai consacré au discours que cet homme d'état a prononcé à la Chambre il y a plus d'un siècle, et dans lequel apparaissait sa croyance en l'existence de races supérieures et de races inférieures, les premières ayant l'obligation d'éduquer et d'éclairer les secondes (fondement idéologique du colonialisme). Pour l'honneur des chrétiens d'une part et des humanistes de gauche de l'autre, il est bon que ces propos aient suscité la réprobation des députés monarchistes (monsieur de GUILLOUTET) ou de droite et des députés de ce qui était considéré à l'époque comme l'ultra-gauche (Camillle PELLETAN entre autre). C'est à un tel homme qu'hommage a été rendu.

Ce n'est pas faire injure au Président de la République que d'attribuer à sa démarche un parfum électoraliste destiné à capter davantage la bienveillance des enseignants. Jules FERRY a  instauré l'école gratuite, laïque et obligatoire. Que l'école soit gratuite est une excellente chose ; il n'est pas normal que la pauvreté barre l'accès à la connaissance. Qu'elle soit obligatoire est également excellent. Qu'elle soit laïque à la sauce anticléricale pose question. J'aurai l'occasion demain de vous dire qu'elles étaient les intentions réelles des initiateurs de ce type d'école ("il s'agit, disait l'un d'eux, d'achever l'oeuvre de déchristianisation de la France entreprise par la Révolution").

Concrètement, cette école n'est pas gratuite pour tout le monde. De très nombreux contribuables ne veulent pas mettre leurs enfants dans des établissements où l'on désapprend de sens de l'Autre en niant toute transcendance et payent une première fois pour entretenir ce système, et une seconde pour éviter que ce dernier ne soumette les siens au lavage de cerveau (plus ou moins important selon les établissements et les enseignants, certes). Le slogan "à école publique fonds publics" consiste tout simplement à dire que l'argent des particuliers est celui de l'Etat. C'est une pensée totalitaire. Cette école n'est pas laïque ; elle est violemment anti-chrétienne. J'aurais préféré qu'on l'appelât neutre et qu'elle le fût effectivement. Mais on peut tourner tant qu'on veut autour du pot ; elle vise à ôter de l'esprit de nos jeunes toute référence chrétienne. J'en fais le constat stupéfiant tous les vendredis quand je rencontre la trentaine de lycéens et lycéennes qui fréquentent l'aumônerie des Lycées Claude Bernard et La Fontaine où je fais de la catéchèse. Elle fait le lit de l'individualisme. Elle fait le lit du constructivisme qui prétend que l'on se construit soi-même, oubliant que l'on est autant construit par les autres que par soi. Et elle conduit à former une jeunesse déboussolée, consommatrice, sans repères et sans joie, sans idéal et sans perspectives. Elle est obligatoire ? Mais de qui se moque-t-on ? Combien de jeunes des banlieues ont-ils déserté cette école sans que s'émeuvent les pouvoirs publics qui continuent imperturbablement à distribuer des Allocations Familiales à ces pères et mères de familles nombreuses aux enfants perdus ? En somme, il y a un énorme écart entre les slogans et la réalité. Et c'est le propre de l'idéologie.

La démarche de monsieur HOLLANDE s'inscrit dans un courant qui n'a cessé depuis des décennies de nous conduire à l'abîme, au non-sens, à l'égoïsme, à l'arrogance. Je ne dis pas qu'il est tout cela et qu'il l'approuve. Je dis qu'il y croit ou fait semblant d'y croire. Je dis enfin qu'une réflexion approfondie, dépourvue de tout a priori politique ou idéologique, mue par le seul désir de vouloir le biens de nos enfants et celui de notre patrie devrait conduire à revoir en profondeur un système qui a administré la preuve de son inefficacité et a fait faillite.


mercredi 11 mai 2011

Marcheraient-ils sur la tête ?

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Aurions-nous des responsables politiques qui marchent sur la tête et nous entraînent dans leur schizophrénie ?


Je voudrais revenir sur l'affaire dite "des quotas" en essayant de dépassionner le débat.


Je vais commencer par raconter une histoire vraie. Il me semble qu'elle éclaire d'un jour très particulier les difficultés que nous rencontrons dans le traitement, ô combien maladroit, de l'immigration et de la présence sur notre sol d'importantes communautés d'origine étrangère qui ont choisi de vivre en France, en adoptant totalement ou partiellement la nationalité française.


J'ai un ami très cher que je connais depuis plus de 50 ans. Il est prêtre et a été missionnaire pendant 30 ans en Afrique. Pour des raisons de confidentialité, je ne préciserai pas dans quel pays d'Afrique noire francophone il exerça son ministère.


Il avait un évêque absolument exceptionnel. Un homme de foi, un homme tout donné à sa mission, d'une grande finesse et d'une intelligence hors du commun. Mon ami le voyait souvent et ils échangeaient en profondeur. Cet évêque lui dit un jour : "Il me vient parfois l'idée de maudire le jour de ma naissance, et le fait d'être né noir".


Voilà donc un homme remarquable à tous égards qui maudit le fait d'être noir. Mais qui donc a pu mettre dans sa tête et dans celle de ses compatriotes l'idée que le fait d'être noir était l'indice d'une infériorité irrémissible ? Il faut, pour comprendre cela, revenir aux premiers temps du colonialisme et à l'arrogance d'un Jules FERRY qui prétendait se faire un devoir d'apporter aux races, déclarées par lui inférieures, les lumières de la civilisation européenne. Ce péché originel-là, il pèse sur nos épaules. Et c'est, selon moi, l'inconsciente culpabilité collective qui nous fait pousser des cris quand on emploie le mot "noir" ou "maghrébin". Un peu d'humilité et beaucoup de réflexion nous l'indiquent : la couleur de la peau ne change en rien la nature profondément humaine d'un homme et ces africains sont nos frères en humanité, point final. Il n'y a même pas à discuter.


J'avance donc l'hypothèse que c'est l'instauration dans l'inconscient collectif d'un représentation dissymétrique de la relation africains-européens qui est responsable de ces psychodrames.


J'avance l'hypothèse que c'est pour se faire pardonner par les peuples et les communautés que leurs pères idéologiques ont tenté d'asservir, que les bien-pensants de la gauche font un procès injuste à Laurent BLANC et à tant d'autres.


La question que posaient les responsables du foot-ball demeure : faut-il limiter la proportion des adolescents titulaires d'une double nationalité dans les centres de formation au foot-ball de haut niveau, au risque de les voir servir, une fois qu'ils sont formés, des équipes étrangères ? Est-il normal, dans un pays qui prône le droit du sol exclusif, au point d'obliger des nouveau-nés à être français alors qu'ils ne le voudraient plus à l'âge d'homme ou de femme, d'accepter le statut de binational ? Est-il normal que la deuxième nationalité soit acquise au titre du droit du sang (la nationalité des parents) dans un pays qui se flatte de l'avoir aboli ? Est-il normal, au pays de la prétendue et soi-disant égalité, il faille accepter des différences qui poussent des binationaux à ne pas se sentir membres à part entière de notre patrie ? Que faut-il faire ? Quelle action entreprendre ?


Je puis en tout cas témoigner que dans la paroisse que je fréquente, il y a un nombre très élevé de fidèles d'origine africaine qui sont accueillis comme des frères et soeurs et donnent aux tièdes bien des exemples de foi et de charité. Qu'ils soient infiniment bénis pour leur joie de vivre et leur sourire.


C'est tout pour aujourd'hui.


vendredi 30 avril 2010

28 juillet 1885, ou Jules Ferry démasqué

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Il se tint d'étranges propos à la Chambre des députés, le 28 juillet 1885. Jules FERRY devait s'expliquer devant la représentation nationale sur sa politique ouvertement colonialiste, combattue à la fois par la droite (monarchistes) et l'extrême gauche (qui nous paraîtrait bien pâle aujourd'hui) à laquelle appartenaient CLEMENCEAU et Camille PELLETAN ["pas d'ennemis à gauche" disait ce dernier] ; la gauche modérée, les radicaux, les socialistes soutenaient cette politique. Jules FERRY devait donc la défendre à la fois contre les opposants de droite et d'extrême gauche, qui voulaient renforcer les défenses françaises face à l'Allemagne, sur la frontière des Vosges plutôt que de se lancer dans des expéditions coloniales hasardeuses. Camille PELLETTAN avait dénoncé avec virulence la politique d'expansion coloniale menée par FERRY. Voici les passages les plus significatifs de la passe d'armes du 28 juillet 1885 dont les admirateurs de Jules FERRY n'ont pas lieu d'être fiers.
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"Sur ce point, l'honorable M. Camille Pellettan raille beaucoup, avec l'esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu'est-ce que c'est que cette civilisation qu'on impose à coups de canons ? Qu'est-ce, sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n'ont pas autant de droit que nous ? Est-ce qu'elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu'elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré, vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.
Voilà messieurs, la thèse : je n'hésite pas à dire que ce n'est pas de la politique, cela, ni de l'histoire, c'est de la métaphysique politique... (Ah ! Ah ! à l'extrême gauche)
Voix à gauche : Parfaitement !
M. Jules FERRY : ... et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan, - de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Vous ne le soutiendrez pas jusqu'au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges PERIN, le partisan de l'expansion qui se fait par voie de trafic et de commerce.
M. Camille PELLETAN : Oui !
M. Jules FERRY : Vous nous citez toujours comme exemple, comme type de la politique coloniale que vous aimez et que vous rêvez, l'expédition de M. de Brazza.
Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l'extrême gauche).
M. Jules MAIGNE : Oh ! Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l'homme.
M. de GUILLOUTET [un monarchiste] : C'est la justification de l'esclavage et de la traite des nègres !
M. Jules FERRY : Si l'honorable monsieur Maigne a raison, si la déclaration des droits de l'homme a été écrite pour les noirs de l'Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas (interruptions à l'extrême gauche et à droite. Très bien ! Très bien ! sur divers bancs à gauche.)
M. Raoul DUVAL : Nous ne voulons pas leur imposer ! C'est vous qui les leur imposez !
M. Jules MAIGNE : Proposer et imposer sont des choses fort différentes !
M. Georges PERIN : Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés ! "
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Et voilà le clou, l'apothéose de la pensée de Jules FERRY.
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"M. Jules FERRY : Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d'approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l'extrême gauche et à droite)."
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Qui osera dire enfin que ces paroles sont ignobles ? Qu'elles témoignent d'un racisme et d'une arrogance insupportables ? Et qu'elles traduisent l'opinion majoritaire de la Chambre des députés de l'époque. Pour l'honneur de la France, heureusement, il y eut à droite comme à l'extrême gauche des hommes qui ont protesté contre cette vision-là. Elle nous a certes valu le deuxième empire colonial du monde (après celui des Anglais). Elle nous vaut aujourd'hui le ressentiment de ces peuples qui avaient autant à nous apprendre qu'à être enseignés par nous, et elle est à l'origine de la haine ou de l'hostilité que nombre de citoyens des anciennes colonies françaises expriment à l'égard de notre patrie. En outre, elle fut une bombe à retardement, puisque la colonisation arrogante est à l'origine de flux migratoires que nous ne pouvons plus contrôler.
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Il n'empêche que monsieur Jules FERRY a l'insigne honneur d'être l'éponyme de nombre de lycées, d'avenues, boulevards, rues et places. Qu'en pensent les tenants de la laïcité à la française qui doivent tant à Jules FERRY ? Aujourd'hui, monsieur FERRY serait déféré devant les tribunaux.