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dimanche 18 septembre 2022

BILLET DU 18 SEPTEMBRE 2022. LA VERITABLE NATURE DE L'ETAT MODERNE... LE TOTALITARISME

 Depuis toujours je me demande ce qui légitime le pouvoir de l'Etat, j'entends d'un Etat moderne quel qu'il soit. J'ai trouvé un début d'explication lumineux dans la présentation que font Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET du fameux Discours de la servitude volontaire d'Etienne de la BOETIE. Je vous jure que la lecture de ces quelques lignes achève de me convaincre de l'illégitimité totale, absolue et définitive de ce que nous appelons "Démocratie". Il vaut la peine de réfléchir à ce que disent ce deux penseurs :

"Car l'état moderne, c'est l'Etat de l'idéologie, au vrai sens du terme, c'est-à-dire d'une explication de la société tout aussi imaginaire que l'explication religieuse, mais à la différence de celle-ci rendant compte de la société à partir d'elle-même. Avec l'idéologie, la raison de ce qui constitue notre commun, n'est plus à chercher qu'ici. Le causes du social sont toutes ramenées dans le social. L'Etat moderne, c'est l'Etat qui se libère de toute garantie extra-sociale et libère la société de toute justification extérieure. C'est en ce sens l'Etat de la toute puissance, l'Etat qui peut s'assigner pour tâche la prise en charge d'une totalité sociale qui n'est plus que pour lui, qui ne dépend plus que de lui. L'Etat qui prétend ressaisir la société dans son ensemble. L'Etat transformateur par excellence, l'Etat producteur de la société, et dans son expression dernière : l'Etat révolutionnaire."

Et, un peu plus loin : "(...). L'Etat est toujours secrètement athée. Il ne croit pas à l'œuvre divine. Il a de bonnes raisons de ne croire qu'à la sienne. Et s'il s'empare de la religion, c'est pour devoir finalement la détruire. Un jour il lui faudra l'abolir pour vraiment s'établir. Ni Dieu, ni nature au-dessus de lui, rien dans les lois de la société qu'il soit éternellement voué à respecter. Pas de limite à son droit à changer. (...)."

Les contraintes de toute sortes imposée à l'exercice de la pensée, du droit à de réunir, du droit des parents à enseigner leurs enfants, les lois sur l'avortement et bientôt sur l'euthanasie illustrent le pouvoir sans limite que s'assigne l'Etat, sans aucune légitimité autre que celle d'un vague adoubement par une minorité de citoyens dépourvus de tous moyens de peser sur leur vie par des actes et des choix libres.  

lundi 30 juillet 2018

Lundi 30 juillet. Nouvelles du pari bénédictin. L'inéluctable dérive de l'Etat ; le refus du parieur


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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VOILA L’ÉVOLUTION INÉLUCTABLE DE L’ÉTAT.
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"Nouvelle forme de la puissance qui engendre un nouvel espace de connaissance. L’affirmation de l’État même lorsqu’elle n’est qu’en germe, dès lors qu’elle s’appuie sur ce fondement, c’est l’affirmation d’un savoir possible de la constitution de la société par elle-même. L’État est toujours secrètement athée. Il ne croit pas à l’œuvre divine. Il a de bonnes raisons de ne croire qu’à la sienne. Et s’il s’empare de la religion, c’est pour devoir finalement la détruire. Un jour il lui faudra l’abolir pour vraiment s’établir. Ni Dieu, ni nature au-dessus de lui, rien dans les lois de la société qu’il soit éternellement voué à respecter. Pas de limite à son droit à changer. Omnipotent et productif, il fait voir partout l’artifice et la marque d’une création dans la communauté humaine. Jusque dans le sujet humain : pas d’arrêt de la fabrication sociale sur une intangible nature psycho-anthropologique qui dicterait ses exigences à l’institution. L’homme de l’État ce sera l’homme nouveau. Sous l’effet de cette négation en marche de la nature, dans cet effacement de toute transcendance autre que celle de l’État lui-même, surgit un nouveau mode d’explication de la communauté politique. Le social en tant que tel devient pensable. L’État s’imposant radicalement à la société, impose une autre pensée du social."
In
Étienne de La BOÉTIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LÉONARD. Et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS, Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav LANDAUER, Simone WEIL et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT. (Petite Bibliothèque Payot N°134.)
Payot et Rivages, Paris, 2002.
Chapitre Présentation de l’ouvrage par Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET, Page 40
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CONTREPOINT D’UN ADMIRATEUR DE LÉO STRAUSS.
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"Léo STRAUSS (1899-1973) soutient que la philosophie antique et médiévale, sous les espèces de ce qu’il appelle « la philosophie politique classique », est généralement mieux à même de nous guider, de nous permettre de penser et de faire face aux choix décisifs de nos vies, que la philosophie moderne et contemporaine. Telle est l’opinion qui semble être celle de cet auteur étrange et déroutant, opinion qu’il s’est faite relativement tôt (dans les années trente du XXe siècle) et qu’il a conservé et approfondie tout le reste de sa vie. C’est assurément là une gageure, et cette opinion fait de lui le philosophe le plus singulier et le plus déroutant de l’histoire de la philosophie moderne. Il est étrange en effet de nier ce qui est tenu par tous les contemporains pour une évidence, à savoir que la philosophie « évolue » et que « naturellement » la philosophie d’aujourd’hui est adaptée à notre temps puisqu’elle en est issue. Par ailleurs, s’il est vrai qu’il a existé jusqu’au XXe siècle des partisans de la philosophie classique (en particulier le thomisme, mais où est-il encore sérieusement enseigné ?), aucun ne s’est avancé masqué comme STRAUSS derrière l’apparence d’un historien de la philosophie. Les partisans de la philosophie classique se sont présentés au cours des Temps modernes comme des défenseurs de l’ordre politique pré-démocratique (monarchiste, par exemple, ainsi Joseph de MAISTRE) ; or STRAUSS ne cache pas son souci de défendre la démocratie, en particulier la démocratie libérale moderne, contre la tyrannie et en particulier contre la tyrannie communiste. On peut donc être « démocrate » sans être « progressiste ».
In
Léo STRAUSS.
Nihilisme et politique. Traduit de l’anglais et présenté par Olivier SEDEYN. ("Rivage poche/Petite bibliothèque". N°460. Collection dirigée par Lidia BREDA.)
Payot et Rivages, Paris, 2004.
Texte de présentation (remarquable) d’Olivier SEDEYN, page 7.
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COMMENTAIRE PERSONNEL.
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Ma foi, je dois dire que je me reconnais très bien dans cette analyse de SEDEYN sur la philosophie, et sur les prétentions autoritaires, totalitaires, inhumaines de l’État, illustrées magnifiquement par les événements actuels, dénoncées par ABENSOUR et GAUCHET. J’ai étudié pendant un an, et avec une certaine ardeur, la philosophie thomiste. Cette étude m’a mis du plomb dans la tête, permettez-moi de vous le dire. Pour ce qui est de mon horreur de l’État, il n’y a rien de nouveau. Je ne cesse de la dire depuis l’ouverture de ce Blog. Ce qui ne veut pas dire que je rejette l’ordre politique. Je rejette le politique qui veut détruire tout ce qui ne plie pas aux manigances du Prince, nie l’ordre de la nature, et fait passer le fric (pudiquement appelé « économie ») avant l’homme. Je résume : je préfère obéir à Dieu qu'aux hommes. Je n'obéis à ces derniers que pour autant qu'ils servent le bien commun lequel ne se confond jamais avec celui d'une idéologie, d'un clan, ou de sociétés que je nommerai pas. C'est cela, me semble-t-il qui rentre dans le pari bénédictin : choisir de vivre d'une certaine façon, etiam in perilium.
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LIENS ÉDIFIANTS.
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Chronique des cinglés (suite, mais pas fin) !


Silence étourdissant des médias !


Les lunettes d’Alexandre ! Et tout et tout !




A lire et à diffuser largement cette analyse parfaitement rationnelle et factuelle.


et compléter par la lecture de La Cause du Peuple.


Philippe de VILLIERS parle de l’Europe macrono-libéro-mondialo-vendue, une Europe contre les Nations.


Donnez à une école du pari bénédictin !

http://www.ebse.fr/ (École hors contrat, qui ouvre à ALOXE-CORTON).


Et ma chère Eugénie BASTIÉ cite très pertinemment deux de mes auteurs préférés ! Merci à vous Eugénie.




Est-ce le début de la fin ?

dimanche 29 juillet 2018

Dimanche 29 juillet 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Bien commun n'est pas bien particulier !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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L’ETAT MODERNE. CE QU’EN DISENT ABENSOUR ET GAUCHET.
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"[…]. Car l’État moderne, c’est l’État de l’idéologie, au sens vrai du terme, c’est-à-dire d’une explication de la société tout aussi imaginaire que l’explication religieuse, mais à la différence de celle-ci rendant compte de la société à partir d’elle-même. Avec l’idéologie, la raison de ce qui constitue notre monde commun, n’est plus à chercher qu’ici. Les causes du social sont toutes ramenées dans le social. L’État moderne, c’est l’État qui se libère de toute garantie extra-sociale et libère la société de toute justification extérieure. C’est en ce sens l’État de la toute-puissance, l’État qui peut s’assigner pour tâche la prise en charge d’une totalité sociale qui n’est plus que pour lui, qui ne dépend plus que de lui. L’État qui prétend ressaisir la société dans son ensemble, l’État tout-présent dans la société. L’État transformateur par excellence, l’État producteur de la société, et dans son expression dernière : l’État révolutionnaire."
In
Étienne de La BOÉTIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LÉONARD. Et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS, Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav LANDAUER, Simone WEIL et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT. (Petite Bibliothèque Payot N°134.)
Payot et Rivages, Paris, 2002.
Chapitre Présentation de l’ouvrage par Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET, page 7.
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2. CONTREPOINT DE LÉO STRAUSS.
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"Quel est le mobile qui sous-tend la mise en cause de la civilisation moderne, de l’esprit de l’Occident et en particulier de l’Occident anglo-saxon ?
"La réponse doit être la suivante : il s’agit là d’une protestation morale. Cette protestation vient de la conviction que l’internationalisme inhérent à la civilisation moderne, ou plus précisément, que l’établissement d’une société parfaitement ouverte qui est, pour ainsi dire, le but de la société moderne et par conséquent toutes les aspirations liées à ce but sont inconciliables avec les exigences fondamentales de la vie morale. Cette protestation vient de la conviction que la racine de toute vie morale est essentiellement, et par conséquent éternellement, la société close ; de la conviction que la société ouverte est vouée, sinon à être immorale, du moins à être a-morale : le lieu où se retrouvent ceux qui recherchent le plaisir, le profit, un pouvoir irresponsable, où se retrouvent en fait toutes les irresponsabilités et l’absence de sérieux."
In
Léo STRAUSS.
Nihilisme et politique. Traduit de l’anglais et présenté par Olivier SEDEYN. ("Rivage poche/Petite bibliothèque". N°460. Collection dirigée par Lidia BREDA.)
Payot et Rivages, Paris, 2004. (Page 36.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il me semble que le texte de Léo STRAUSS illustre parfaitement l’état politique du monde, et en particulier, l’état politique de notre patrie : recherche du plaisir, du profit, irresponsabilité du pouvoir, toutes les irresponsabilités et une ABSENCE DE SÉRIEUX. Monsieur BAYROU, surnommé « manche à air », a beau crier sur les toits que l’affaire BENALLA est instrumentalisée, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre parfaitement l’analyse de STRAUSS.
Quant à l’attitude de JUPITER et de sa conception de l'État, elle est bien celle que décrivent ABENSOUR et GAUCHET : l’État dans lequel nous avons le malheur ontologique de vivre est l’État de la toute-puissance, et c’est bien cet état de la toute-puissance qu’incarne monsieur MACRON. Lui imputer la responsabilité de la chose n’est pas entièrement juste. Il n’a fait que porter à son niveau d’incandescence suprême, l’a-moralité de ce monde prétendu « ouvert », transparent, mondialisé.
L’homme du pari bénédictin croit au bien commun. Il accepte au nom de ce bien de faire les sacrifices matériels nécessaires pour assurer l’advenue de ce denier. Mais seulement l'advenue du bien commun, lequel ne se confond pas avec l'intérêt d'un clan.
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LIENS ILLUSTRATIFS ET COMMENTATIFS DE L’ACTUALITÉ.
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Mentez ! Mentez ! il en restera quelque chose. Est-ce bien vrai ?


La triple faute du Président ?


Mgr TURINI défend l’installation des croix contre les laïconnards de PERPIGNAN.



Le journal Marianne, marraine des Laïconnards ou bien de France Propaganda LGBT ?

On s’y perd dans le maquis des imbéciles.


Ora et Labora ou le succès des établissements hors contrat.


Une famille chrétienne.


Chronique des cinglés.


Et toujours les laïconnards, défenseurs acharnés de l’intolérance et de la liberté d’expression à sens unique.



mardi 11 novembre 2014

11 novembre 2014. Nouvelles de la Résistance. L'amour de la servitude reste une énigme !

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. Les citations du jour.
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Dans la remarquable étude introductive qu'ils font au Discours de la servitude volontaire, Miguel ABENSOUR et Marcel GAUCHET dénoncent les annexions indues de cette oeuvre par les "démocrates", les révolutionnaires, les anarchistes ou les libertaires, ainsi que les lectures plus apaisées, en quête d'une solution qu'en font une Simone WEIL, par exemple, ou Pierre LEROUX que je ne connais pas. La question centrale est celle de l'existence d'une énigme qui n'a pas encore trouvé de solution réelle : comment se fait-il que les hommes acceptent d'être asservis à la violence d'Etat, et préfèrent vivre dans une société à la violence contenue par la force plutôt que de vivre dans une société d'amitié. ABENSOUR et  GAUCHET notent ceci :

(a) L'ambition de l'Etat moderne "n'est pas de contrôler du dessus et à distance la société pour en extraire le surplus économique, mais pénétrer littéralement la société, s'introduire dans ses articulations les plus fines, se rendre maître de ses rouages les plus intimes. Réglementer, codifier, redéfinir, changer, moderniser, "Civiliser", diront les grands commis éclairés et les serviteurs zélé. Briser donc cette base ou ce noyau le plus archaïque où se conservent d'antiques modes de pensée, des gestes millénaires, et surtout un gouvernement de la petite communauté continuant à conjurer au sein d'elle-même par la tradition la différence de ceux qui commandent et de ceux qui obéissent."

(b) ABENSOUR et GAUCHET constatent que l'Etat moderne "trouve ses assises stables dans l'Europe du XVIe siècle". [Je me permets de signaler que ce siècle est celui de la naissance de l'Humanisme dont on ne cesse de célébrer les charmes et de vanter les vertus - ce qui peut se concevoir d'une certaine manière - mais aussi celui où les pensées abstraites et totalitaires commencent à germer dans l'esprit des philosophes pour culminer avec le  nazisme, le communisme, le maoïsme et tous les régimes autoritaires et tyranniques.] Du reste nos auteurs insistent : "Plate incompréhension [...] des chantres de la modernisation faisant passer avec une larme de regret aux profits et pertes du juste cours cours de l'histoire ce sang inutilement versé pour une cause perdue. Quel visage la marche de la Raison n'aurait-elle pas pris décidément pour ses fanatiques avant d'en arriver à sa concrétisation terminale dans les chars soviétiques. Contre l'amour de l'ordre, contre la soif rétrospective de répression reste du moins à sauver la mémoire des insurrections paysannes. L'interrogation systématique, la réévaluation du sens de ce long refus de la paysannerie reste pour l'essentiel à entreprendre. [...] mais c'est sur la Vendée, par exemple qu'une recherche plus approfondie doit être poursuivie."

In Etienne de La BOETIE.
Le discours de la servitude volontaire. Texte établi par Pierre LEONARD et
La Boétie et la question du politique. Textes de Félicité de LAMENNAIS,  Pierre LEROUX, Auguste VERMOREL, Gustav VERMOREL, Simone WEIL, et de Miguel ABENSOUR, Marcel GAUCHET, Pierre CLASTRES et Claude LEFORT.
Petite Bibliothèque Payot, N°134, Paris, 2002.
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2. Commentaires.
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A bien des reprises dans mes billets, j'ai parlé du prurit législatif qui irritait les Conventionnels, au point qu'ils se grattaient tous les jours l'occiput pour trouver matière à faire une nouvelle loi (15 000 en 5 ans). Il s'agissait pour eux d'affirmer le pouvoir de l'Etat sur la société des hommes ; ils voulaient une société d'égalité là, où dans bien des endroits existaient une véritable société d'amitié.
Les décrets de nos actuels ministres, leurs arrêtés, leurs circulaires, les directives européennes, les indiscrètes interventions de l'Etat dans la sexualité des enfants par le biais de l'Education dite "nationale" ne sont que l'expression de cette tendance oppressive de l'Etat, une tendance insupportable pour un amoureux de la liberté. L'Etat veut tout régenter, tout contrôler, et s'il existait une machine à lire les pensées, les dépositaires du pouvoir d'Etat n'hésiteraient pas à y soumettre leurs opposants. (Du reste l'imagerie médicale pourrait bien un jour permettre cette intrusion criminelle dans notre intériorité).
Eh bien, il nous faut reconnaître que pour l'instant, nous aimons cette servitude, au point d'accepter une fiscalité folle, des réglementations absurdes et des dérogations accordées aux grands de ce monde (je vous en donnerai quelques exemples) au nom de leur droit à nous opprimer. Le jour où nous préférerons la liberté et l'amitié, - seuls fondement réels de la fraternité -, à l'étouffante gouvernance de ces incapables (et de ceux qui leur succéderont), je ne donne pas cher de la survie de ce régime qui se dit démocratique et qui n'est que la pâle copie des régimes les plus totalitaires qui n'aient jamais été, au sang versé près.
J'ajoute, en ce jour où nous célébrons l'armistice qui mit fin à la seconde guerre mondiale, qu'honorer la mémoire de généraux, de maréchaux ou de premiers ministres qui ont conduit un million trois cent mille jeune français à l'abattoir, me semble être une offense à la mémoire de ces derniers. Si ce sacrifice n'est pas l'illustration d'un asservissement par eux consenti à un clan politique restreint de vielles ganaches radicales-cassoulet, CLEMENCEAU en tête, alors, je ne comprends plus rien à l'histoire de mon pays. Bien entendu, j'admire le sacrifice des générations passées et même l'audace de certains chefs militaires. Mais quand je vois à quoi il a abouti, je me demande si ce sacrifice n'était pas vain.
Notez enfin l'allusion aux Guerres de Vendée, dont je ne me lasse pas de souligner l'horreur, tache de sang et de crime sur la tunique blanche de Marianne !
L'amour de la servitude, décidément, reste une énigme.
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3. Menues et réjouissantes infos.
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La Manif Pour Tous à COMPIEGNE (via le Salon beige).