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vendredi 6 novembre 2009

Clarification

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Juste avant de partir en voyage, un billet qui me semble nécessaire, une clarification sur le problème de l'identité nationale. Il m'apparaît en effet que dans mes remarques sur cette question, j'ai été insuffisamment précis.
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Une première constatation : le débat sur l'identité nationale n'a de sens que parce que nombre de jeunes français, qui ont des parents d'origine étrangère, souvent africaine ou nord-africaine, ne se reconnaissent pas ou ne veulent pas se reconnaître comme tels. Il s'agit donc de voir comment il est possible d'agréger ces jeunes gens à la communauté nationale sans leur faire renier leurs origines.
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J'ai eu d'assez nombreux élèves dont les parents ou grands parents étaient d'origine portugaise, italienne, espagnole ou polonaise. Aucun d'eux n'avait oublié d'où venait sa famille, mais aucun n'aurait songé à revendiquer une autre appartenance que française. La pauvreté, le fascisme, la guerre civile avaient poussé ces familles à émigrer ; elles s'étaient intégrées sans difficulté. Mais ces pays étaient tous européens et de tradition chrétienne. Et les différences n'étaient pas considérables entre le pays d'origine et le pays d'accueil. J'ai eu un beau-frère d'origine roumaine ; il était plus amoureux de sa nouvelle patrie que nombre de Français nés en France de parents français. Il parlait admirablement notre langue. Et pourtant, il aimait tout naturellement sa patrie d'origine. J'ai eu aussi des élèves d'origine nord-africaine. Là encore, pas de problèmes avec eux, avec comme seule réserve (et encore), certaines manières de voir la réalité propre à la langue arabe et à la religion musulmane. Certains la pratiquaient avec ferveur, d'autres un peu plus mollement. J'ai eu aussi des élèves venus de l'Afrique noire, et qui, hormis le fait qu'aucun d'eux n'a songé à revenir dans son pays où sa compétence aurait été utile, n'ont eu la moindre difficulté d'intégration. Dans tous les cas, je le reconnais bien volontiers, il s'agissait d'une élite, douée, travailleuse, intelligente.
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La question de l'intégration se pose essentiellement pour les "jeunes des banlieues", des cités. Des bandes organisées et rivales se disputent des territoires pour pouvoir organiser leur trafic de drogues, de voiture, de téléphones portables volés, etc. Ces bandes sont marquées ethniquement. On peut tourner autour du pot autant que l'on veut, c'est ainsi. Bien entendu, cette organisation n'est pas imputable à un quelconque facteur racial. C'est un effet culturel. On se regroupe par affinité de culture, de langue, de religion. Et comme on s'ennuie, qu'il n'y a pas d'emplois, et que la société de consommation étend ses ravages et ses mirages, on veut des voitures, des I-phones, des appareils de photos, des blousons de cuir, "comme les autres". L'argent du trafic étant facilement gagné, il est inutile de se donner du mal pour travailler à l'école, pour acquérir un diplôme ou une compétence professionnelle. La pression exercée par les pairs sur les individus achève de désagréger le reste de sentiment d'appartenance à une communauté nationale. On peut toujours dire qu'il faut éduquer, enseigner, etc. Si ces jeunes n'y trouvent pas d'intérêt, ils ne se laisseront ni éduquer ni enseigner. La conclusion me semble claire : la prévention des trafics et leur répression doivent être exemplaires et impitoyables. Encore faut-il en avoir la volonté politique, et l'ayant, y mettre les moyens. Ceux-ci viendront avec.
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Tout autre est le cas des étrangers. Il y a des étrangers en situation régulière, qui travaillent, payent leurs impôts, etc. Prenons seulement conscience que leurs enfants nés en France seront presque automatiquement français, et qu'il convient de prendre en compte dès maintenant cette question. Et puis il y a des étrangers en situation irrégulière, c'est-à-dire sans titre de séjour régulier. Des employeurs peu scrupuleux les recrutent, les payent avec un lance-pierre, et ne déclarent rien aux URSAFF et autres caisses de ceci et de cela. Ils doivent être très sévèrement sanctionnés, leur établissement ou leur entreprise fermée voire confisquée. Et le cas des étrangers ainsi exploités doit être examiné en détail pour une éventuelle régularisation qui ne peut être automatique. D'autres étrangers sont en situation irrégulière. Ou bien ils se cachent, et souvent vivent de rapines ou de mendicité à la sauvette. Ou bien, comme ceux de la jungle de CALAIS, ils attendent dans des conditions misérables de passer en Grande Bretagne. Ils excitent la pitié et, ce qui est bien naturel, se voient offrir des aides ponctuelles par des personnes généreuses. On doit les admirer, car il n'est pas question de fermer ses entrailles à un frère qui a faim. Mais on doit les mettre en garde contre les effets pervers d'une telle aide, et leur faire comprendre qu'il n'est pas d'autres solutions politiques acceptables que de renvoyer ces malheureux dans leur pays d'origine.
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On voit bien qu'il ne s'agit plus là d'identité nationale, encore que des idéologues voudraient nous le faire croire. Une absence de droit ne saurait créer de droit. C'est ainsi. Où alors qu'on n'exige pas de nos compatriotes qu'ils aient un comportement civique.
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J'espère voir été clair.
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mardi 23 décembre 2008

De tout et de rien

Rien, dans l'actualité, n'incite à de longs développements. Je vais donc butiner ça et là des impressions, et des remarques.
L'un de mes lecteurs, fort courtoisement, me dit qu'il n'approuve pas ma position de refus du travail du dimanche. Je n'ai pas d'autres arguments à lui opposer que celui de la transmission immémoriale de la tradition : le dimanche est fait pour le repos. Je voudrais simplement rappeler ici les terribles paroles du prophète AMOS (8, vv 4-6) : "Ecoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre et voudriez faire disparaître les humbles du pays, vous qui dites : "Quand donc sera-t-elle passée, la nouvelle lune, que nous vendions notre blé, et le sabbat, que nous écoulions notre froment ? Nous diminuerons la mesure, nous augmenterons le sicle, nous fausserons les balances pour tromper ; nous achèterons le pauvre pour de l'argent et l'indigent pour une paire de sandales..."
Ah, je les devine, les agioteurs qui dans l'ombre ourdissent et trament leurs petites affaires, impatients de voir le sabbat s'achever ! S'ils pouvaient le supprimer même ! Mais ils le peuvent ! Et ils ne se privent pas de le crier, et d'insister pour pouvoir vendre leur froment et acheter le pauvre contre une paire de sandales. Je suis contre le travail du dimanche, parce que le dimanche n'est pas fait pour le négoce ou la consommation. J'admets volontiers que mon point de vue est "judéo-chrétien", comme me l'a dit il y a peu de temps, avec une certaine violence, l'un de mes contradicteurs. Ce dernier ne voit pas que c'est justement le judéo-christianisme qui lui permet d'avoir une parole libre et autonome. Je le renvoie au superbe livre de Marcel GAUCHET, Le désenchantement du monde dont je reparlerai un jour.
Autre chose. Vu aujourd'hui, Place Saint-Michel, une centaine de pauvres bougres, en majorité des africains, encadrés par quelques rares meneurs qui ne l'étaient pas : ils agitaient des drapeaux et réclamaient la régularisation des travailleurs sans-papiers. La loi prévoit que dans les métiers qui ont du mal à recruter, la chose est possible. Admettons. Mais, selon moi, une situation de non-droit ne peut créer de droit. Et les employeurs qui s'aventurent à embaucher des sans-papiers, des clandestins par conséquent, devraient être sévèrement punis. Comme devraient être reconduits dans leur pays les personnes dépourvus de titres de séjour. Ce n'est pas ainsi qu'il faut traiter le problème de la pauvreté dans le monde. Il faut réclamer de nos hommes politiques qu'ils cessent de soutenir des régimes corrompus, qui confisquent l'aide destinée à leur peuple, il faut accepter de payer les matières premières à un juste prix, et ne pas laisser leurs prix fluctuer au gré de la spéculation. (Ne pourrait-on imaginer de fixer des cours internationaux planchers et plafonds ?) Et puis nous devrions avoir la décence de ne pas étaler notre impudente richesse dans des pays où les enfants meurent de faim ou de maladie. Non à ces safaris, à ces clubs, à ces voyages organisés qui n'enrichissent que les agences et quelques intermédiaires locaux peu regardants sur les moyens. Il nous faut rentrer dans une certaine ascèse du regard et de la pratique, et ne pas faire le généreux sur le dos de la collectivité qui doit, par ses impôts, contribuer - ce qui est normal et humain - à soigner et à héberger ces miséreux en attendant de traiter leur cas.
Julien DRAY, c'est un fait avéré, a fait transiter sur son compte personnel des sommes considérables, puisées dans les réserves de l'UNL et de la FIDL, des syndicats lycéens qu'il a contribué à créer, et qui comptent dans leur soutien des personnalités que la pauvreté ne submerge pas. Nul n'est en mesure de dire si ces transferts de fonds sont délictueux. Attendons l'enquête. (Bornons-nous à constater que 320.000 euros font quand même beaucoup, et qu'on peut se demander comment des syndicats de lycéens peuvent traiter de telles sommes.) Les "amis" de monsieur DRAY, au PS, soutiennent assez mollement leur collègue. L'affaire tombe à pic aussi bien pour madame AUBRY que pour monsieur DARCOS. Is fecit cui prodest dit un adage latin. L'a fait celui à qui la chose profite. Je me demande si les deux personnalités sus-nommées n'ont pas une ligne téléphonique qui les relie directement. Car manifestement, ils sont les premiers bénéficiaires de ces révélations.

jeudi 19 juin 2008

Une directive européenne sur l'expulsion des clandestins

Le Parlement européen a adopté à une large majorité (367 voix pour, 206 contre et 109 abstentions) une directive censée harmoniser les politiques européennes en matière d'expulsion des étrangers en situation irrégulière, ceux que l'on appelle les clandestins. Les belles consciences de gôôôôche (les verts, SOS racisme), et les associations de défense des droits de l'homme (Amnesty international, notamment) protestent, car cette directive porte à 18 mois maximum la durée de détention. Essayons d'y voir plus clair et avec objectivité.
D'abord, il s'agit d'une durée maximale. Et qui peut le plus peut le moins. En France cette durée est de 32 jours, et le ministre n'entend pas changer cette règle. Mais il faudra que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas s'y mettent, chez qui cette durée de détention n'a pas de limite. Grosso modo, il s'agit donc d'une sorte d'amélioration.
Nous vivons en démocratie. Ce qui y règle les comportements dans l'espace public, c'est la loi. Il en résulte qu'une situation de non droit ne peut créer de droit. Il me semble que ce principe doit rester intangible. Mais il faut aussi que la loi et son esprit soit respectée par la puissance publique. C'est aussi un principe intangible.
Tout être humain a le devoir de vivre. C'est, selon moi, encore un autre principe intangible. On ne saurait donc accabler a priori ces pauvres diables qui ont réussi, au prix de mille périls, à traverser les océans, souvent sur des bateaux de fortune, qui ont perdu nombre de leurs compagnons pendant cet exode.
J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il n'y a pas de droits sans devoirs corrélatifs. Les défenseurs des droits de l'homme devraient donc rappeler à leurs protégés qu'ils sont accueillis dans un pays qui a des lois, et qu'ils ont le devoir de les respecter, quand bien même leur séjour est entaché d'une tare originelle. Nous ne pouvons accepter la polygamie, le trafic de drogue ou de faux papiers, les rapines, les violences et les arrogances de ceux que nous hébergeons momentanément. Ils doivent être considérés comme tous les citoyens de notre pays.
Il faut que les belles consciences de gôôôôche comprennent que l'on ne peut à la fois réclamer l'augmentation du pouvoir d'achat, l'accroissement des dépenses publiques improductives (l'Etat devait à la Sécu, aux dires de Philippe SEGUIN, un milliard d'euros au titre des soins gratuits dispensés aux clandestins), l'augmentation du nombre de fonctionnaires, le maintien de structures administratives coûteuses et vermoulues, et l'empilement de dispositifs sociaux qui aboutissent à créer de nouvelles structures, grandes dévoreuses de papiers, tatillonnes, et viscéralement méfiantes vis-à-vis des administrés. On peut toujours faire payer les riches. En France, les riches sont à l'heure actuelle les titulaires de hauts salaires. Ils sont des forces importantes pour entretenir la vigueur économique et l'innovation dans notre pays. Les autres riches, les vrais, ont fichu le camp depuis longtemps, avec la bienveillante complicité politique des socialistes et du Traité de Maastricht.
Alors que faire devant la détresse de ces pauvres gens qui croient trouver chez nous l'Eldorado, et ne rencontrent que mépris et misère ? Il me semble qu'il ne faut pas attendre 18 mois (directive votée) ni 12, ni 6. Il faut immédiatement renvoyer chez eux ces clandestins. Ceci n'est pas suffisant. Il faut aider beaucoup plus et beaucoup mieux les pays pauvres, les pays en voie de développement, les pays émergents, payer les matières premières à leurs producteurs directs, en évitant les spéculateurs, traders, courtiers, et autres intermédiaires qui ne sont que des parasites. Il faut aussi comprendre que les modes de développement de ces pays ne sont pas forcément les nôtres, adapter nos aides à leurs cultures, éviter d'y faire du tourisme à la mode du Club Méditerranée, y aller le coeur et l'intelligence ouverts, et savoir dépenser généreusement sans se faire avoir (ce qui n'est pas bon non plus). Bref, il y a toute une politique à reconsidérer, et qui passe aussi par l'éducation de nos concitoyens.
Et puis monsieur MAMERE, qui est maire de BEGLES pourrait peut-être demander à ses administrés de recevoir chez eux ces clandestins, il pourrait donner l'exemple lui-même ; il pourrait aussi construire un Foyer d'Accueil pour eux, et les embaucher comme employés municipaux dans des conditions qui autoriseraient leur régularisation. Mais entre l'action et les paroles verbales, il y a un pas que monsieur MAMERE hésite à franchir. A vrai dire, d'ailleurs, tous les élus socialistes, notamment dans les grandes villes (ils les administrent presque toutes) devraient en faire autant. Ils mettraient ainsi en accord leur discours et leurs actes.

mardi 25 septembre 2007

Des crocodiles dans le marigot

Une brève note dans les journaux gratuits nous apprend que madame Chunlan Liu est décédée vendredi dernier à l'hôpital. Cette chinoise de 52 ans s'était jetée par la fenêtre de son appartement pour éviter ce qu'elle croyait être un contrôle de police. C'était une sans papiers, et elle craignait l'expulsion.
Tout d'abord, ayons pour elle une pensée ; et pour les siens, si elle en avait qui vivaient avec elle, des sentiments de compassion. Il ne s'agit pas de verser des larmes de crocodile dans le marigot politico-médiatique nauséabond où est en train de sombrer cette triste affaire, mais de voir comment, concrètement, il serait possible de les aider, sans verser dans la démagogie et dans l'appel d'air.
Ensuite revenons à la réalité des faits. La police judiciaire menait une investigation chez un suspect qui hébergeait madame Chunlan. Elle le faisait sur instruction du parquet de Meaux, à la suite d'un vol. La Préfecture de police rappelle "qu'en aucun cas l'action des policiers n'était liée à une opération de contrôle de l'immigration irrégulière". Madame Chunlan n'était pas visée. Elle a obéi à un mouvement de panique, car elle craignait sans doute l'expulsion.
Bien entendu, des élus de gôôôôche se sont joints à la manifestation organisée par le Réseau Education sans Frontières et de Collectifs de sans-papiers. "La politique se durcit, ils veulent du chiffre et les traques, particulièrement dans le Xè, sont de plus en plus intensives" dit l'honorable Rémi FERAUD, premier adjoint au maire du Xè. Monsieur DELANOE lui emboîte le pas, à quelque distance toutefois ; il déplore "la pression grandissante qui s'exerce sur les étrangers et la multiplication des contrôles d'identité et des interpellations collectives". (Que les contrôles s'exercent dans les quartiers hébergeant le plus de clandestins putatifs me paraît être plus efficace que des contrôles organisés dans le Mercantour ou au beau milieu de la Margeride ! On a fort peu de chance de trouver des coquillages dans la Mer de Glace.) Sans qu'on sache bien pourquoi, monsieur DELANOE évoque les "dérapages" susceptibles de se produire avec les tests ADN (qui seraient facultatifs et librement demandés par les postulants au regroupement familial, et qui de toute façon ne passeront pas la barrière du Sénat !), lesquels n'ont rien à voir avec la défenestration de madame Chunlan.
Plusieurs remarques : il semble bien que l'action du Réseau Education sans Frontières s'exerce tout particulièrement à l'intérieur des nôtres et assez peu dans les pays qui en auraient le plus besoin. Mais ce réseau porte bien son nom : il a pour but de transformer les susdites en passoire, sans aucun souci des moyens qu'il faudrait mettre en oeuvre pour accueillir tous les déshérités du monde, deshérités dont il réclame la venue de toute la force de sa généreuse mais irresponsable idéologie.
En second lieu, je ne vois pas ici le lien factuel entre ce drame et les contrôles de l'immigration irrégulière. Je vois le lien psychologique chez madame Chunlan, et le lien idéologique chez MM FERAUD et DELANOE, et je ne puis les empêcher de fantasmer et d'exploiter à ce qu'il croit être leur profit, cet épouvantable accident. Mais je trouve cela honteux, que dis-je ? ignominieux. Encore des crocodiles dans le marigot.
Dernière remarque. Nous sommes dans un pays régi par des lois. Nos droits civiques et politiques découlent de notre Constitution. Je dis, je répète et je maintiens qu'une situation de non-droit ne saurait être légitimée par la seule force du fait accompli. S'il devait en être ainsi, je ne donnerais pas cher de l'avenir de notre démocratie, du civisme et de l'esprit citoyen. Je ne donnerais pas cher de nos libertés : le fascisme, le racisme, et la xénophobie auraient un bel avenir devant eux.
Enfin, il me paraît indispensable de faire le départ, dans les sans-papiers, entre les immigrés politiques et les immigrés économiques. Oui à l'accueil des uns, non à celui des autres. Ce serait déraciner ces pauvres gens que de leur faire croire à l'eldorado occidental sans pouvoir leur assurer un accueil décent. Il faut simplement imaginer une autre politique et une politique qui soit globale. Nous pourrions, par exemple, voter pour des candidats qui afficheraient clairement leur volonté d'affecter 2 % du PIB à l'aide aux pays pauvres ; nous pourrions accepter de payer plus cher les matières premières (café, chocolat, minerais de toutes sortes, etc.) arrachées à la terre au prix du sang et de la sueur des pauvres, en fixant par exemple, via l'OMC, des prix obligés, pour toute la durée d'une campagne, et en jugulant ainsi l'ignoble spéculation ; nous pourrions prendre soin de ne pas soutenir les dictateurs corrompus qui dans trop de pays du tiers monde monnayent leur soutien politique aux nations occidentales et détournent à leur profit l'aide qui est envoyée à leur pays. Nous pourrions vivre plus sobrement. Ainsi, nous n'extérioriserions pas notre propre pauvreté, laquelle, il faut le rappeler, est bien présente dans notre patrie. Mais, je l'ai dit, il y a des crocodiles dans le marigot. Crocodiles politiques, crocodiles financiers, crocodiles agioteurs, crocodiles intéressés, crocodiles aux dents longues...