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vendredi 9 décembre 2016

08 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance. Tout finit par se savoir, cher Manu !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"C’est difficile de s’affranchir d’un parti ! Soyons francs, l’étiquette politique, le mode de scrutin, les modes de désignation, les modes de financement des campagnes électorales sont des choses qui comptent et qui pèsent. Vous êtes donc dans un rapport où vous tendez l’élastique en permanence, jusqu’au bord de la rupture, mais sans rompre pour autant. J’en suis un des exemples. Cela dit, est-ce qu’il y a des possibilités de rupture et d’affranchissement ? Je crois qu’il ne faut pas l’exclure dans l’avenir."
Confidence de Manuel VALLS à Stéphane LENEUF. Mercredi 4mars 2009, Assemblée Nationale.
In
Le goût du pouvoir. Rencontres avec les jeunes loups de la politique.
Bourrin éditeur, Paris, 2010, p. 35.
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2. COMMENTAIRES.
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Manuel VALLS ne sera pas soutenu par Martine AUBRY, j'en fais le pari. Dans le livre de LENEUF, il est mentionné qu’en début juillet 2009, ladite Martine lui avait envoyé une lettre l’enjoignant de cesser ses attaques contre le Parti socialiste ou de le quitter. La remarque citée est une réponse à madame AUBRY, dont Manuel VALLS avait dit à LENEUF que sa pensée s’était arrêtée aux années quatre-vingt-dix, sans préciser du reste s’il s’agissait des années 1890 ou 1990. J’inclinerais volontiers à croire que Manu Menton Pointu pensait au XIXe siècle, tant madame AUBRY est restée archaïque, sectaire et hargneuse.
Ceci étant dit, on voit poindre dans cette sorte de profession de foi (elle ne date que de 7 ans) le cynisme d’un homme qui a circonvenu François HOLLANDE, et se soucie du socialisme comme de colin-tampon. Pour dire le vrai, nous partageons avec allégresse son insouciance, mais nous craignons aussi bien son sectarisme que son arrogance, et nous n’oublions pas qu’il a fait gazer des femmes, des vieillards et des enfants lors de La Manif Pour Tous de mars 2014. De cela, il devra rendre compte tout comme le sinistre BOUCAULT qui a fait probablement truquer les photos aériennes publiées par le Monde, lesquelles laissaient entendre qu’il n’y avait pas eu autant de manifestants qu’avancés, et qu’il a interdit la transmission des photos aériennes prises par la protection civile aux responsables de cette manifestation.
Mensonge, désinformation, violence en tous ordres ne me paraissent pas honorer celui qui prétend à nos suffrages !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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C’est le grand amour chez les socialistes :


Faut pas s'géner Julien !
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Enfin, elle démissionne !





mercredi 24 décembre 2008

La meilleure défense, c'est l'attaque...

Si vous voulez bien lire derrière les lignes vous ne pouvez qu'être étonné. Vous attendiez, comme moi, que monsieur DRAY oppose un démenti catégorique aux allégations répandues par la presse, et qui prétendent lui attribuer des manoeuvres financières curieuses au détriment, notamment du syndicat FIDL. Pas du tout : monsieur DRAY fait savoir par son avocat qu'il dépose une plainte contre X pour "violation du secret de l'instruction". Quand de telles violations arrangeaient les affaires du PS, monsieur DRAY était moins pointilleux. Mais là, c'est une autre affaire.
Les questions sont simples : (a) monsieur DRAY a-t-il retiré oui ou non des sommes importantes des comptes de la FIDL et des Parrains de SOS Racisme, soit en argent liquide soit par virement à son compte personnel ? (b) monsieur DRAY peut-il expliquer, si c'est bien le cas, les raisons de ces mouvements de fonds ? Tout le reste est de la littérature.
Quant à la FIDL, elle proteste : "c'est une tentative de déstabilisation" prétendent ses responsables. De qui ? Pourquoi ? Ils ne le disent pas. Mais je ne les entends point contester la réalité des soustractions considérables opérées sur leur trésorerie, ni évoquer le nom du soustracteur. Peuvent-ils l'expliquer, preuves à l'appui ?
Si j'étais méchant, faisant état de l'amour immodéré de monsieur DRAY pour les montres, qui toutes ne sont pas en plastique, je dirais volontiers que dans cette affaire il est temps de mettre les pendules à l'heure. Si machination il y a, et ce n'est pas impossible, il faut en démasquer les auteurs et les punir. Si les retraits sont douteux ou frauduleux, ce que la justice dira, il sera bon que monsieur DRAY renonce à une carrière politique. Mais rien n'est moins sûr. Monsieur NUCCI a pu continuer une (discrète) carrière politique, se faire réélire député, après l'affaire du Carrefour du Développement. Le corps électoral ne s'est pas ému de ces façons de faire. Et les grilles du Jardin de l'Observatoire, si elles pouvaient parler, diraient tout ce qu'elles savent sur les fermes jarrets du défunt Président MITTERAND. On a conspué, vilipendé, traîné dans la boue monsieur JUPPE pour une affaire autrement plus bénigne d'appartement qui lui aurait été sous-loué, et qu'il n'a occupé que quelques mois, et a abandonné après avoir très largement compensé un moins perçu qui n'était rien moins que questionnable. Monsieur JUPPE est un homme d'état. Monsieur DRAY est loin d'en avoir l'envergure. Ne parlons pas de Ségolène ou de Martine. Ces gens aiment le pouvoir, non pas la vérité.

mardi 23 décembre 2008

De tout et de rien

Rien, dans l'actualité, n'incite à de longs développements. Je vais donc butiner ça et là des impressions, et des remarques.
L'un de mes lecteurs, fort courtoisement, me dit qu'il n'approuve pas ma position de refus du travail du dimanche. Je n'ai pas d'autres arguments à lui opposer que celui de la transmission immémoriale de la tradition : le dimanche est fait pour le repos. Je voudrais simplement rappeler ici les terribles paroles du prophète AMOS (8, vv 4-6) : "Ecoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre et voudriez faire disparaître les humbles du pays, vous qui dites : "Quand donc sera-t-elle passée, la nouvelle lune, que nous vendions notre blé, et le sabbat, que nous écoulions notre froment ? Nous diminuerons la mesure, nous augmenterons le sicle, nous fausserons les balances pour tromper ; nous achèterons le pauvre pour de l'argent et l'indigent pour une paire de sandales..."
Ah, je les devine, les agioteurs qui dans l'ombre ourdissent et trament leurs petites affaires, impatients de voir le sabbat s'achever ! S'ils pouvaient le supprimer même ! Mais ils le peuvent ! Et ils ne se privent pas de le crier, et d'insister pour pouvoir vendre leur froment et acheter le pauvre contre une paire de sandales. Je suis contre le travail du dimanche, parce que le dimanche n'est pas fait pour le négoce ou la consommation. J'admets volontiers que mon point de vue est "judéo-chrétien", comme me l'a dit il y a peu de temps, avec une certaine violence, l'un de mes contradicteurs. Ce dernier ne voit pas que c'est justement le judéo-christianisme qui lui permet d'avoir une parole libre et autonome. Je le renvoie au superbe livre de Marcel GAUCHET, Le désenchantement du monde dont je reparlerai un jour.
Autre chose. Vu aujourd'hui, Place Saint-Michel, une centaine de pauvres bougres, en majorité des africains, encadrés par quelques rares meneurs qui ne l'étaient pas : ils agitaient des drapeaux et réclamaient la régularisation des travailleurs sans-papiers. La loi prévoit que dans les métiers qui ont du mal à recruter, la chose est possible. Admettons. Mais, selon moi, une situation de non-droit ne peut créer de droit. Et les employeurs qui s'aventurent à embaucher des sans-papiers, des clandestins par conséquent, devraient être sévèrement punis. Comme devraient être reconduits dans leur pays les personnes dépourvus de titres de séjour. Ce n'est pas ainsi qu'il faut traiter le problème de la pauvreté dans le monde. Il faut réclamer de nos hommes politiques qu'ils cessent de soutenir des régimes corrompus, qui confisquent l'aide destinée à leur peuple, il faut accepter de payer les matières premières à un juste prix, et ne pas laisser leurs prix fluctuer au gré de la spéculation. (Ne pourrait-on imaginer de fixer des cours internationaux planchers et plafonds ?) Et puis nous devrions avoir la décence de ne pas étaler notre impudente richesse dans des pays où les enfants meurent de faim ou de maladie. Non à ces safaris, à ces clubs, à ces voyages organisés qui n'enrichissent que les agences et quelques intermédiaires locaux peu regardants sur les moyens. Il nous faut rentrer dans une certaine ascèse du regard et de la pratique, et ne pas faire le généreux sur le dos de la collectivité qui doit, par ses impôts, contribuer - ce qui est normal et humain - à soigner et à héberger ces miséreux en attendant de traiter leur cas.
Julien DRAY, c'est un fait avéré, a fait transiter sur son compte personnel des sommes considérables, puisées dans les réserves de l'UNL et de la FIDL, des syndicats lycéens qu'il a contribué à créer, et qui comptent dans leur soutien des personnalités que la pauvreté ne submerge pas. Nul n'est en mesure de dire si ces transferts de fonds sont délictueux. Attendons l'enquête. (Bornons-nous à constater que 320.000 euros font quand même beaucoup, et qu'on peut se demander comment des syndicats de lycéens peuvent traiter de telles sommes.) Les "amis" de monsieur DRAY, au PS, soutiennent assez mollement leur collègue. L'affaire tombe à pic aussi bien pour madame AUBRY que pour monsieur DARCOS. Is fecit cui prodest dit un adage latin. L'a fait celui à qui la chose profite. Je me demande si les deux personnalités sus-nommées n'ont pas une ligne téléphonique qui les relie directement. Car manifestement, ils sont les premiers bénéficiaires de ces révélations.

mardi 22 juillet 2008

Le vrai visage des socialistes français

J'ai suffisamment critiqué monsieur LANG, il y a plus d'un an, pour saluer ici son courage. Il reste un opposant déterminé à la politique du gouvernement, et il le dit - ce qui est tout à fait son droit - mais il estime que la réforme de la constitution va dans le bon sens et il le dit. Je partage tout à fait l'avis de Frédéric LEFEBVRE, le porte-parole de l'UMP ; il estime que celui qui a trahi la gauche, ce n'est pas Lang, c'est Hollande. Encore attaché au forme de courtoisie, j'aurais préféré que Frédéric LEFEBVRE fît précéder les patronymes soit d'un prénom soit d'un monsieur. Mais on ne peut pas tout avoir. Du reste, le porte-parole se rattrape ; il ajoute en effet que la chasse à l'homme lancée contre Jack Lang par une direction finissante au PS, qui n'a même pas le courage de tirer les conséquences de son échec sur toute la ligne, est inquiétante. Il est bon de rappeler que 17 députés socialistes partageaient l'avis de monsieur LANG ; ils ont été contraints de voter contre leur conscience. En somme, les soucis politiciens ont prévalu contre l'intérêt général et la démocratie. Frédéric LEFEBVRE continue : Cela s'appelle du terrorisme intellectuel. Pour y avoir résisté, M. Lang serait conduit vers la sortie.
Monsieur DRAY, lui, n'y va pas par quatre chemins : Il n'a plus sa place dans notre famille. Monsieur DRAY a une curieuse manière de concevoir la famille. Souffrez que je vous narre un petit incident qui commence à dater mais qui illustre assez bien le fonctionnement intellectuel de ce terrible censeur. Nous sommes en automne 1991. L'Association Frères des Hommes est mal en point et perd 2 millions de francs par an. Cette ONG n'a ni attache politique ni attache confessionnelle ; son but est de participer à des opérations d'urgence (catastrophes naturelles), à des opérations de promotion de la recherche médicale, à des actions de solidarité internationale. Recruté comme directeur de la Communication, monsieur Claude DENREY, proche de monsieur Jean-Luc MELANCHON et animateur de la Nouvelle (!) École Socialiste [NSE], fait entrer au Conseil d'Administration quatre de ses amis politiques. Créées comme par hasard dans l'année qui est celle du renouvellement du Conseil d'Administration de l'Association, 5 équipes locales de Frères des Hommes, Massy, Lons-le-saunier, la Roche-sur-Yon (3 départements où les fédérations socialistes sont dirigées par des membres de la NSE), Créteil-Thiais, et Verneuil arrivent à l'Assemblée Générale avec une centaine de mandats, dont 36 viennent d'adhérents de la NSE des messieurs DRAY et MELANCHON. Ces messieurs débarquent l'ancien bureau et prennent le pouvoir. Désormais l'Association est dirigée par une équipe de 7 personnes, dont 5 de la NSE, laquelle fusionne avec le courant de Marie-Noëlle LIENEMANN et devient la Gauche Socialiste. Bien entendu, le nouveau bureau nie toute accusation de putsch. Et, utilisant les manoeuvres bien connues de diversion, prétendent que l'Association n'utilisait pas ses 20 millions de budget annuel pour des actions de solidarité vis-à-vis du tiers-monde, mais 3 millions seulement, oubliant qu'une partie des fonds était versé à une Association européenne. Cette présentation est bien entendu biaisée, puisque l'objet de ladite Association n'est pas exclusivement le tiers-monde. Mais quand on se dit socialiste, il faut faire du social et le montrer. Messieurs DRAY et MELANCHON se sont fait une belle virginité d'hommes charitables en évinçant madame DIGEON, la Présidente. En outre deux employés, dits en fin de mission ont été renvoyées, un autre a démissionné.
Nous n'avons pas de leçons de morale à recevoir de ces gens prêts à tout pour arriver à leurs fins et assouvir leur goût du pouvoir. Monsieur LANG doit rester au PS, et monsieur HOLLANDE le quitter au plus vite.

jeudi 3 avril 2008

La cheville de Julien et la moustache de Noël

Monsieur Julien DRAY a la cheville fine et robuste. Candidat déclaré à la succession de François HOLLANDE, ne lui fait-on pas dire dans une interview donné au journal gratuit Direct Matin, "Avec moi, le PS va vivre" (titre de couverture) ? Diable (si je puis m'exprimer ainsi), monsieur DRAY est-il un thaumaturge capable de réveiller un mort ? A vrai dire, le journal déforme le propos de monsieur DRAY ; celui-ci affirme en réalité : "Les gens se disent qu'avec moi, on est sûr que le parti socialiste va vivre et qu'il ne sera pas au service de telle ou telle ambition personnelle". Ce qui n'est pas du tout la même chose. Du coup, j'ai lu avec plus d'attention les propos du député. Je me demande s'il n'a pas étudié (un peu) mon Blog. Il a le courage de proclamer fermement : "Je mets en garde le parti contre l'antisarkozysme stérile. A l'avenir nous serons jugés sur notre capacité à proposer. C'est ce travail qui doit former la colonne vertébrale du projet socialiste." J'ai suffisamment critiqué certains propos passés de monsieur DRAY pour approuver ses présents propos. Par conséquent, la cheville de Julien n'est pas si enflée que ça, même si le projet de rassemblement de toute la gauche, prôné par le candidat DRAY, et son clin d'oeil au MoDem, me semblent relever du grand écart. Attendons ses propositions et examinons-les sans faire de procès d'intention à celui qui les élaborera. En tout cas, monsieur DRAY a compris bien des choses (sauf l'importance du religieux pour l'Homme).
La moustache triomphante de monsieur MAMMERE, et "l'autocérébroscopie ", voire "l'auto-ombiloscopie" (petits néologismes qui désignent la propension à regarder dans son cerveau ou vers son nombril), auxquelles il se livre, méritent un commentaire ; je veux parler bien sûr de l'Afghanistan, et de l'influence française en ce pays que notre Noël ignore complètement (voir mon billet d'hier).
En 1921, le Roi Amanullah, qui a arraché chèrement aux anglais l'indépendance totale de son pays en 1919, donne à la France la quasi exclusivité des fouilles archéologiques en Afghanistan. En 1922, il est créé une Délégation Archéologique Française en Afghanistan (DAFA), qui restera, au moins jusqu'en 1950, la seule mission archéologique active dans cette région. Le premier Directeur de la DAFA est Alfred FOUCHER. Il se fera aider dans ses travaux par le géologue Jules BERTHOUX. Joseph HACKIN fait des découvertes fabuleuses, notamment celle du trésor de BEGRAM (disons plutôt que c'est sa femme RIA qui fait les premières découvertes, dont celles d'ivoires splendides). D'autres archéologues français prestigieux, Daniel SCHLUMBERGER (Directeur de la DAFA jusqu'en 1963), Jean-Marie CASAL, Paul BERNARD (le dernier Directeur de la DAFA, et qui cesse d'exercer ses fonctions en 1978, début des bouleversements politiques afghans) font des découvertes absolument fabuleuses. Peu nombreux, ces savants font honneur à notre pays ; ils sont connus, aimés et respectés des élites intellectuelles afghanes. Ils ont rendu leur passé aux Afghans. Rien que pour cela, il vaut la peine de défendre ceux-ci contre l'obscurantisme des Talibans. Si la moustache de Noël MAMMERE doit se lever à l'horizontale, c'est en mémoire de ces hommes désintéressés. Et souvenons-nous de ce que DALADIER, accueilli par les acclamations d'une foule mue par un lâche enthousiasme, à dit à son retour de MÜNICH : "Ah, les c..., s'ils savaient". Eh bien, nous savons. Il n'y a pas lieu d'être lâche.

mardi 4 mars 2008

René Girard, encore

René GIRARD vient de faire paraître un livre qui, curieusement, n'a pas eu le retentissement qu'il aurait dû avoir. Je n'ai pas encore achevé sa lecture, mais je voudrais vous donner un extrait de l'Introduction de ce livre essentiel. Il explique en partie l'énervement qui m'a saisi devant la réaction de monsieur DRAY aux propos de Nicolas SARKOZY sur la religion. Mais, à la décharge de monsieur DRAY, il faut dire que les religions qu'il déteste sont les religions qui ont gardé le statut de religions sacrificielles archaïques, et qu'il lui manque (en tout cas je l'espère) la connaissance du message christique.
"Le christianisme est un meurtre fondateur à l'envers, qui illumine ce qui doit rester cacher pour produire les religions rituelles sacrificielles. C'est lui que Paul compare à une nourriture pour les adultes, par contraste avec la nourriture pour les enfants qu'étaient encore les religions archaïques. Nietzsche lui-même a parfois des intuitions de ce genre à propos du 'caractère enfantin' des Grecs. Mais pour rendre la situation encore plus démente, la révélation chrétienne est la victime du savoir paradoxal qu'elle apporte. ON LA CONFOND DE MANIÈRE ABSURDE AVEC LE MYTHE, que visiblement elle n'est pas, doublement méconnue ET PAR SES ENNEMIS ET PAR SES PARTISANS, qui tendent à la confondre avec une de ces religions archaïques qu'elle démystifie. Or TOUTE DÉMYSTIFICATION vient du christianisme. Mieux encore : le seul religieux vrai est celui qui démystifie les religions archaïques."
C'est pourquoi dans l'un de mes billets j'avais dit que Jésus est venu démolir toutes les religions et non point en créer une nouvelle.
René GIRARD dira un peu plus loin : "Il y avait déjà quelque chose de chrétien dans tous les mythes. Mais en révélant l'innocence des victimes, la PASSION rend positif ce qui était encore négatif : on sait dorénavant que les victimes ne sont JAMAIS COUPABLES." Voilà pourquoi ceux qui condamnent l'initiative du "faire mémoire" des enfants juifs persécutés, massacrés, anéantis par les nazis, sont exactement dans la situation de ne pas vouloir rendre visible cet inimaginable meurtre fondateur d'une impossible nouvelle religion, mais sont dans une contradiction dont ils ne peuvent sortir, car c'est l'innocence des victimes révélées par Jésus qui leur font repousser avec horreur les nazis et leur (au singulier) abominable crime. Si CETTE RÉVÉLATION FONDAMENTALE n'avait pas fait irruption dans l'histoire des hommes, jamais la shoah n'aurait suscité en nous l'effroi qui nous saisit quand on en voit les traces et les effets. (Les Assyriens n'ont jamais protesté contre les atrocités que leurs rois commettaient contre les habitants des cités vaincues ; et les compagnons de Gengis Khan ou de Tamerlan ont pu édifier sans s'émouvoir de sanglantes pyramides avec les dizaines de milliers de têtes de leurs ennemis qu'ils décapitaient bien que le souverain leur eût promis la vie sauve s'ils se rendaient !). En somme, monsieur DRAY ne voit pas que le message de JÉSUS, vécu, voulu, aimé, propagé, est le seul message susceptible de nous faire échapper au cycle de la violence infinie, et de nous soustraire aux terribles futurs que nous sommes en train de nous prépare nous-mêmes par notre aveuglement. Je n'ai malheureusement pas la place d'être plus explicite ; je voudrais simplement être compris : la solution de monsieur DRAY est une fausse solution, et elle précipite notre mouvement à l'abîme. Je maintiens ma sympathie pour sa personne, mais mon aversion pour ses analyses.
Lisez ce livre ! Exceptionnel.
René GIRARD.
Achever Clausewitz.
Carnets Nord, Paris, 2007.

dimanche 24 février 2008

Vous Nous avez faits pour Vous...

"Vous Nous avez faits pour Vous, Seigneur, & notre coeur est inquiet, jusqu'à ce qu'il se repose en vous" dit Augustin d'Hippone dans ses Confessions (Livre I, chapitre I).
L'abbé GROU, un ecclésiastique du XVIIIe siècle, commente ce texte d'une manière qui me semble très pertinente ; j'en extrais ce court passage : "Tant que nous avons fait notre Dieu des richesses, des plaisirs, des honneurs ; tant que nous avons prétendu y trouver notre béatitude, jamais nous ne l'y avons rencontrée. Une voix intérieure nous criait : ton bonheur n'est pas là ; tout cela ne te remplit pas ; tes désirs vont toujours au-delà de ce que tu possèdes ; ton coeur ne cesse de demander ; et tout ce que tu lui donnes, ne fait qu'irriter ta faim. Tu as eu, il est vrai, quelques moments d'ivresse ; mais est-ce dans l'ivresse, dans l'aliénation de la raison, qu'est le bonheur d'un être raisonnable ?"
Il est intéressant de noter qu'au tout début du commentaire, avant l'extrait que je viens de citer, l'abbé GROU dit ceci : "Cette sentence est le premier Principe de la Morale ; & elle rend raison des agitations du coeur humain..."
J'invite monsieur Julen DRAY, dont j'ai vigoureusement critiqué l'appel a combattre "une vision religieuse de la société", à se poser les questions qu'a si bien formulées l'abbé GROU. Trouve-t-il plénitude et sens dans le seul combat politique ? Et s'il lui advenait d'être battu aux élections, comment réagirait son coeur ? N'a-t-il jamais fait, ne fût-ce qu'un instant, l'expérience terrible de la vanité des succès, de la possession, des plaisirs ? Voilà qui me paraît impossible. Et voilà pourquoi il me semble que ces interrogations essentielles doivent porter toute vision, tout projet, toute action politiques. Il n'est pas demandé aux politiques d'y apporter des réponses toutes faites. Il leur est demandé de permettre à leur frères et soeurs en humanité de se les poser. Et ceux-ci ne le peuvent que si les besoins élémentaires de leur nature sont satisfaits. C'est là, la justification fondamentale des exigences de justice sociale : permettre à tout être humain de se poser les vraies questions : celle du sens de sa vie, celle de sa fin, celle de son bonheur. Il ne le peut que si les exigences de sa nature sont satisfaites.
Citations tirées de l'ouvrage ci-dessous :
Abbé GROU.
Morale tirée des Confessions de S. (sic) Augustin.
Tome premier. (Chapitre premier, page 5)
A Paris, Chez Mérigot, jeune, Libraire, Quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, 1786. (Je possède ce livre dans ma bibliothèque.)

jeudi 21 février 2008

Pain de sucre ou étron de chien ?

Outre qu'elle était fort belle, ma grand mère était une femme pleine d'humour. Toutes les fois qu'elle voyait les esprits s'enflammer pour des babioles, elle nous disait avec un merveilleux sourire : "D'un étron de chien, vous faites un pain de sucre". Cela suffisait à nous calmer. Ainsi en est-il de la polémique Chantilly montée par les biens pensants (on se comprend...) contre Emmanuelle MIGNON.


Monsieur Julien DRAY, une grande figure intellectuelle, tolérante, ouverte, et tout et tout, invite le camp laïc à se "mobiliser contre la vision religieuse de la société". Il est nécessaire d'analyser ce propos tout simplement stupéfiant, qu'il délivre à l'occasion du procès en sorcellerie fait à cette pauvre Emmanuelle MIGNON (ce qui est tout de même assez paradoxal pour un a-religieux). Monsieur DRAY ne dit pas "contre l'invasion de la société par les religieux ou les religions". Non ! Il dit "contre la vision religieuse de la société". Que l'homme, à tort ou à raison, ait été depuis la nuit des temps un animal religieux, ne semble guère l'émouvoir. Que des milliards d'êtres humains croient en un dieu créateur et suprême pas davantage. Monsieur DRAY a définitivement tiré un trait sur ces vieilles lunes. Il a dû passer des nuits entières à étudier l'anthropologie religieuse, à lire le Rig Veda, l'Avesta, les Entretiens de Confucius, le Tripitaka, le Coran, l'Ancien et le Nouveau Testament, etc. sans aucun doute. Il en a tiré pour sa vie des conclusions. Il veut nous les imposer. Il ne lui échappe pas, pourtant, que ces textes donnent tous une analyse relativement convergente des obligations de la vie en société, et notamment que des principes supérieurs, et extrinsèques à la simple volonté humaine, sont nécessaires à son développement harmonieux. (Je me place ici du point de vue des structuralistes, et des structures mentales révélées par ces textes). Monsieur DRAY nous impose sa religion à lui, qui est celle du laïcisme, dont nous ignorons les principes moraux, et le nom de celui ou ceux qui les inspirent, à l'exception de MARX, de PROUDHON, de SAINT SIMON, de FOURIER, de Ségolène (peut-être ; j'en suis moins sûr), de Julien DRAY soi-même, et de ses amis. Il rêve d'un homme nouveau, il ne pense pas l'homme actuel, réel, concret. C'est pourquoi c'est un homme dangereux pour la paix civile ; il a le profil idéal du persécuteur. Je n'ai pas envie de devenir l'homme rêvé par monsieur DRAY, je ne désire pas davantage que mes enfants et mes petits enfants le deviennent. Et je forme des voeux ardents pour que monsieur DRAY n'ait jamais de responsabilités ministérielles. Je me sentirais dans l'obligation de lui désobéir. Mais je lui reconnais le droit d'exprimer dans l'espace public ses idées sectaires, comme je me sens le droit de donner dans ce même espace une vision de la société que je tiens de la Tradition, de mes pères, de mon éducation, et, j'ajoute, surtout d'une très longue réflexion personnelle. Je ne désire pas imposer ma vision. J'exige d'avoir le droit de l'exposer, pour autant qu'elle ne viole pas les lois et qu'elle ne lèse personne. Monsieur DRAY accepterait-il un débat avec Emmanuelle MIGNON, ou pourquoi, pas avec moi ?
Petit détail supplémentaire : Emmanuelle MIGNON est une catholique fervente. Il était donc nécessaire de la dégommer et l'on utilisera pour cela les mêmes et ignobles moyens que ceux qui ont eu raison d'Hervé GAYMARD, lui aussi catholique fervent, et père de huit enfants, ce qui est éminemment condamnable pour ceux qui ne parlent que de contraception, d'IVG et de planning familial.