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mardi 21 juillet 2015

21 juillet 2015. Nouvelles estivales de la Résistance. Europe : dépasser les différences en les reconnaissant !

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Non, non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

Il y a lieu, plus que jamais, d'être courageux, en ces moments de troubles, de  manipulations politiques, de trafic de la justice et de la répression des libertés les plus essentielles.

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1. La citation du jour.
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"D’autres, pour servir la paix, invitent les peuples à se fréquenter davantage, à se visiter les uns les autres, les assurant qu’ils éteindront ainsi dans leurs cœurs le sentiment de leurs différences, prendront conscience de leur communauté de nature. Rien ne semble moins prouvé. On peut admettre, au contraire, que la fréquentation de l’étranger ne nous fait sentir que plus vivement notre différence avec lui. Ce qu’il faut enseigner aux hommes, c’est à abolir le sentiment de leurs différences en s’appliquant à se sentir chacun dans sa région d’humanité supérieure à ces différences ; chose qu’ils peuvent fort bien faire, et peut-être mieux, en demeurant chacun à son foyer. La paix sera, pour les hommes, le fruit d’un travail de vie intérieure, non de promenades à la surface du globe. [...]" 

In Julien BENDA.
Discours à la nation européenne. Avant-propos d’André LWOFF. (Collection Folio, série Essais, no 209).

Gallimard, Paris, 1992 (date du dépôt légal.)
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2. Commentaires.
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Il est très intéressant de réfléchir à ces propos de Julien BENDA. On pourrait croire qu'ils tendent à abolir les différences. Il n'en est rien. Pour BENDA, il s'agit de dépasser le sentiment des différences et non les différences, en rentrant en soi-même, en faisant un travail intérieur pour retrouver en nous cette commune part d'humanité, qui permet les rapprochements des hommes non de l'extérieur, non par des mesures artificielles, non par le recours au tourisme intellectuel ou au tourisme tout court, mais par l'empathie.
C'est pour avoir méconnu ces principes que les actuels dirigeants de l'Europe même cette belle initiative à sa perte. La manière dont on traite l'affaire grecque est typique de ce qu'il ne fallait pas faire : rien n'est plus injuste, disait ARISTOTE, que de traiter également des hommes différents. On peut en dire autant des nations. Les hommes politiques le savaient. Ils savaient que la Banque Goldman-Sachs avait certifié des comptes publics grecs  falsifiés. Mais ils ont préféré servir leur ego, et idolâtrer leurs idées que de s'incliner devant la réalité.
Je prends les paris : la GRECE sortira de l'euro. Ce sera bien pour elle, et ce sera bien fait pour nous qui par pure lâcheté avons donné, par le canal de nos parlementaires, notre accord à cette folie, et perdrons nos créances ; la folie consistait à feindre que la GRECE pouvait être placée fiscalement, politiquement, économiquement, culturellement, sur le même pied que l'ALLEMAGNE ou que la FRANCE. Il fallait dépasser ces différences par un travail intérieur, avant de se lancer dans cette aventure... Mais n'est-ce pas top demander à ces serviteurs zélés de l'internationalisme, du mondialisme et de l'économisme que de rentrer en eux-mêmes ?
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3. Informations diverses.
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Trouvée sur le net cette vidéo :

https://youtu.be/hU340NjpPRM
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Article de Thibaut d'ARCY sur le site du Boulevard Voltaire.

"Il se nommait Angel Ariel Escalante Perez. Angel, céleste bambin de douze ans, livré en pâture à la bête humaine, a donné sa vie pour que nous puissions voir, dans les ténèbres de nos villes turpides, l’éclat même de la pureté et de l’honneur. Angel nous a délivré un instant du chaos et de l’abjection ; que soit loué aujourd’hui son courage édifiant.
Angel habitait la ville de Guatemala. Il rentrait de l’école. Sur son chemin du retour, il croisa ses bourreaux : six membres d’un gang de narcotrafiquants. Il lui mirent une arme entre les mains et lui imposèrent ce dilemme atroce : tuer ou être tué. Tuer un homme, un chauffeur de bus, et prendre sur lui la responsabilité du crime, ou accepter de finir là sa vie, à douze ans. C’est alors qu’un éclair sublime traversa cette petite âme déjà grande comme celle d’un vieux soldat.
Angel refusa. Sait-on ce que cela veut dire ? A-t-on conscience de la beauté inouïe de ce « Non » qui jette un opprobre définitif sur la barbarie du monde entier ? Angel refusa de tuer un homme, dont le métier – coïncidence funeste – était aussi celui de son propre père, et se vit proposer un nouveau choix, plus horrible encore : préférait-il mourir sous les coups patients d’une machette ou précipité du haut du pont Incienso, culminant à 135 mètres ? Ô Ange ! De quelle boue sont donc faits ces hommes ?
Angel chuta, chuta… Des ailes, sans doute, lui furent données – pourquoi n’y aurait-il point des miracles en réponse de la suprême abomination ? – car l’enfant, avant de se briser les os, fut retenu par un branchage et survécut. On eût aimé que l’histoire s’achevât ainsi, dans la splendeur d’une grâce inattendue ; mais Angel mourut deux semaines plus tard à l’hôpital, dans les bras de son père : son cœur s’arrêta. Oh, son cœur vaillant manqua cette fois de la force qu’il faut pour regarder l’horreur du monde !
Quant à moi, j’ai peine à lever aujourd’hui les yeux vers le ciel où passe notre fière aviation. Je reste sourd aux fanfares. Je m’incline devant un enfant sauveur de notre humanité, honteux de mes compromissions, de mes lâchetés, de mes expectatives. Que sont mes rébellions de spectateur, mes témérités de bureaucrate ? Et quel visage aurait notre monde si, tous, nous avions un peu de l’insoumission, un peu de la droiture inflexible d’Angel Ariel Escalante Perez – petit martyr du Guatemala ?".
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dimanche 17 juillet 2011

Agitation

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Madame Eva JOLY propose de supprimer le défilé militaire du 14 juillet et de le remplacer par un défilé citoyen. C'est du moins la manière dont les médias nous ont présenté la chose. Avant de pousser des cris d'orfraie, les hommes politiques, les journalistes, les "experts", les "milieux autorisés", sans compter le vulgum pecus devraient se poser et poser au trublion quelques questions. Puis-je me permettre d'en suggérer quelques unes ?
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Sur quelles raisons rationnelles et objectives faites-vous reposer votre proposition ?
Est-ce par antimilitarisme ?
Est-ce par pacifisme ?
Est-ce pour donner des gages à une certaine frange de votre électorat potentiel, ou de ceux des écologistes qui ont soutenu votre candidature aux élections primaires ?
Est-ce pour donner une autre image de la France que celle d'une nation perpétuellement en armes ?
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J'ai entendu dire par madame JOLY que seules la Russie ex-soviétique, la Chine et la Corée du Nord, outre la France, donnaient leurs armées en spectacle aux foules enthousiastes. Cela est vrai. Il est non moins vrai que ces mêmes pays organisent ou organisaient aussi des défilés du type citoyens, préconisés par madame JOLY. Ils comprenaient ou comprennent des ouvriers, des paysans, des "travailleurs intellectuels", le tout organisé comme une parade militaire. L'argument ne tient donc pas. Ce n'est pas par amour de la dictature que le défilé du 14 juillet est organisé.
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Il faut que nous nous posions donc une autre série de questions.
Pourquoi organise-t-on un défilé militaire au 14 juillet ?
Pourquoi nous-dit que la fête nationale célèbre la prise de la Bastille, alors qu'en réalité, il s'agissait initialement de commémorer la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 ?
Quelles sont les visées des hommes politiques quand ils font organiser ce défilé, d'une manière qui n'est jamais quelconque mais toujours soigneusement pensée ?
Dans quelle page de notre histoire nationale vient s'inscrire le défilé ?
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Madame JOLY a la double nationalité, norvégienne et française. Il n'y a aucune raison objective de douter de son patriotisme et de son amour pour la France. Elle a fait une carrière exemplaire de magistrat dans son pays d'adoption. Néanmoins, pour autant qu'il m'en souvienne, lorsqu'elle a abandonné ou quitté la carrière, il me semble qu'elle a eu des mots assez amers pour la justice française et qu'elle est retournée en Norvège au moins quelques temps. La Norvège, à deux reprises, a rejeté par référendum, sa rentrée dans l'Union Européenne. Il est donc légitime de poser à madame JOLY ces questions.
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Avez-vous voté lors de ces référendum ?
Quelle est votre position sur l'Union Européenne ?
Est-il pensable qu'un Président la République française ait une double nationalité [il y a un exemple cependant, celui du Président Alberto FUJIMORI, né à LIMA, qui avait gardé sa nationalité japonaise tout en étant Président du Pérou] dont une est celle d'un pays qui a refusé de participer à la (flageolante) aventure européenne ?
Si vous êtes élue, pensez-vous renoncer à la nationalité norvégienne ?
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Tant que nous n'aurons pas de réponses à ces questions, nous ne pouvons pas apprécier objectivement la valeur, la portée, et les intentions de madame JOLY. Tout n'est que prétérition. Monsieur FILLON n'a pas eu raison d'évoquer la mauvaise connaissance que madame JOLY auraient des traditions républicaines. C'est inélégant. Madame JOLY dit avoir vécu en France depuis 50 ans. Mais elle a gardé un très fort accent étranger ce qui indique, et c'est normal, qu'elle a gardé un lien très fort avec sa culture et sa langue maternelle. On peut donc supposer qu'elle est culturellement, affectivement et linguistiquement partagée entre la Norvège et la France. La question est donc bien se savoir s'il est possible de servir deux maîtres. Il se peut que oui ; il se peut que non. Il revient à madame JOLY de donner ses propres réponses. Toutes les autres considérations ne sont qu'agitation.
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Je vais maintenant donner mon opinion personnelle : je trouve que le défilé du 14 juillet est très beau. Je pense qu'il a pour but d'entretenir dans le coeur des Français, cocardiers à l'extrême et jadis peuple guerrier, l'amour d'une Révolution qui n'a pas fini de faire des ravages dans l'esprit civique. Je crois qu'il vaudrait mieux le supprimer et le remplacer par une autre manifestation qui reste à imaginer, mais qui pourrait être plus consensuelle, et permettrait à notre peuple de faire la part de ce qui reste horrible dans cette Révolution et de ce qui fut magnifique. Tâche difficile, tant que le goût du pouvoir et l'aveuglement idéologique viennent polluer l'espace public et le débat politique.

lundi 14 juillet 2008

Quand une baudruche se dégonfle...

Quand une baudruche se dégonfle, elle s'empresse d'en faire enfler une autre. A ce jeu là, je crains que les poumons de Ségolène ne prennent un vilain coup. Déjà, pour ce qui concerne les cambriolages de son appartement, elle a dû en rabattre. On a de sérieuses raisons de penser que le premier a été commis par une jeune yougoslave âgée de 23 ans, fichée bien après ce délit, pour de multiples vols. Quant au second, on s'achemine vers un dénouement qui remplira l'ex-candidate de confusion, et la poussera à présenter ses excuses pour calomnies, diffamation et insinuations sans preuves. On a retrouvé les empreintes exploitables de deux individus qui sont en cours d'identification et qu'on retrouvera bientôt.
La baudruche des cambriolages ayant rendu l'âme, il faut en gonfler une autre, attiser la haine d'une partie des Français contre l'autre, par tous les moyens ; elle enfile des mots creux comme on enfile des perles. Souffrez que je vous cite quelques propos de Ségolène, tenus après le défilé du 14 juillet.
Je dénonce l’intolérable épreuve infligée à tous les Français et à nos forces armées républicaines contraintes de défiler devant la présence inadmissible de Bachar al-Assad, présent à la tribune officielle du 14 juillet, jour de fête pour les libertés républicaines.
Quelle envolée ! Quel style ! Ainsi, il est possible en France de défiler devant une présence ? Voilà un curieux emploi de ce verbe d'action. Poursuivons
Après la visite de Kadhafi, un autre dictateur retrouve ainsi une crédibilité internationale sans aucune contrepartie : ni regret pour les soldats français massacrés au Drakkar, ni Tribunal international pour l’assassinat de Rafic Hariri, ni reconnaissance de la souveraineté du Liban.
Napoléon, qui s'y connaissait en la matière, disait qu'on peut tout faire avec des baïonnettes (ce dont nous avons eu ce matin une éblouissante démonstration avec le quadrille qui portaient ce nom) sauf s'asseoir dessus. Il s'agit là d'une conclusion qui accorde les données de la physique du solide à celle de l'histoire diplomatique.
Madame ROYAL doit avoir des trous de mémoire. Monsieur MITTERRAND qui fut son idole (ce qui agaçait prodigieusement Claude ALLEGRE) avait quand même bien dit, au début de la guerre d'Algérie que la seule négociation c'est la guerre - il était alors Ministre de l'Intérieur -avant de se raviser et de ne point s'opposer aux accords d'Evian signés par le Général de GAULLE, en dépit des atrocités commises par le FLN chez les pieds-noirs. Voilà donc réglé les cas de monsieur MITTERRAND et du Général. Sans parler de l'interdiction de survol aux avions américains qui allaient bombarder la LYBIE du colonel KHADAFI, décidée par le premier, qui montrait par là une fâcheuse indulgence pour le dictateur par elle vilipendé.
Et pourtant madame ROYAL persiste :
Je suis convaincue que ni le Général de Gaulle, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac n’auraient laissé la France payer ce prix d’une mise en scène humiliante.
J'ignorais que le défilé du 14 juillet fût une mise en scène. Ce que je sais c'est que la décision du LIBAN et de la SYRIE d'échanger des ambassadeurs est une reconnaissance de la souveraineté du LIBAN par la SYRIE. Madame ROYAL, ou bien feint de ne pas comprendre, ou bien ment, ou bien ne comprend rien à la psychologie collective qui reconnaît l'importance symbolique d'un tel échange, car on ne peut entretenir des relations diplomatiques avec soi-même. Dans tous les cas, madame ROYAL est nulle. Et elle affaiblit encore son pays en déniant à son Président un succès qui grandit la France tout entière. Monsieur DELANOE lui, n'a pas eu ces mouvements stupides du menton. Il est venu, car invité ; il a considéré que c'était normal d'être présent. Le Ministre des Affaires Étrangères, du reste, lui a donné l'accolade. Et monsieur DELANOE n'a pas été obligé d'aller serrer la main à monsieur BACHAR EL ASSAD.
Il est tout à fait vraisemblable que la Syrie a été impliquée dans l'attentat du DRAKKAR, mais on n'a jamais pu le prouver. Les services syriens ont été plus habiles que les nôtres dont deux agents se sont fait prendre la main dans le sac après avoir coulé le Rainbow Warrior et provoqué la mort d'un homme. Ce qui, à une moindre échelle certes, n'est guère plus recommandable. Mais le commanditaire s'appelait François MITTERRAND ; et Dieu est saint. Et il a même eu le droit de pratiquer 3.000 écoutes téléphoniques illégales pour protéger sa vie privée, sans que Ségolène s'en émeuve. C'est une forme subtile de cambriolage, un cambriolage prouvé, et qui a été (mollement) poursuivi ; il fut conduit à des fins personnelles ET politiques.
Nous déplorons la mort de nos soldats dans l'attentat du DRAKKAR. Nous condamnons les dirigeants de la SYRIE d'alors pour ce crime odieux dont ils furent les très probables instigateurs. Nous n'oublions pas, surtout pas, et nous n'avons sans doute pas épuisé toutes nos ressources pour venger ces disparus. Peut-être même est-ce fait. Nous pouvons espérer maintenant que le timide dégel entre le LIBAN et la SYRIE se poursuive par des négociations et des accords plus substantiels entre toutes les parties du conflit qui ensanglante le Proche-Orient. Ainsi, la mort de nos soldats n'aura pas été inutile.
Madame ROYAL aurait mieux fait de se taire. L'enflure ridicule de ses propos n'a d'égale que l'enflure de son ego. Pourvu qu'elle ne soit pas désignée comme premier secrétaire du PS. Pourvu ! Mais quand une de ses baudruches se dégonfle, elle se dépêche d'en faire enfler une autre, et l'on aura du mal à débarrasser la scène politique de cette encombrante virago.