Affichage des articles dont le libellé est Julien Benda. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Julien Benda. Afficher tous les articles

jeudi 11 octobre 2018

Jeudi 11 octobre 2018. Nouvelles du pari bénédictin : Europe bénédictine, oui ! Europe du grand machin, non !


-
Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
-
L’EUROPE ET LA MORT.
-
"Ce sont surtout les individus européens que l’on pousse à disparaître dans l’unification européenne, et à oublier l’Europe aux anciens parapets, aux divisions, aux conflits, aux différenciations, aux immenses œuvres d’art aussi et surtout. La « construction européenne » est la destruction du passé et de la mémoire de l’Europe. On incite les Européens à entrer dans le sarcophage européen au nom de la sécurité et du principe de précaution qui sont l’essentiel programme politique et idéologique de l’Europe actuelle ; et ce programme ne pourrait être appliqué si subsistaient les anciennes frontières et les anciennes divisions, pas seulement géographiques mais intimes aussi et d’abord (d’où la nécessité de l’apparition d’un nouvel homme subjectivement unifié dans un univers qui l’est objectivement). […]. En réalité, l’Europe et l’Amérique avec des moyens certes différents, se nourrissent de la même religion de la sécurité, où l’instinct de conservation remplace la vie, et où la guerre au risque (comme aux dissidences résiduelles et aux négativistes) est la seule guerre encore envisageable, et aussi probablement la dernière, et la seule source d’aventures quand l’Histoire s’est retirée. Tout l’Occident moderne est marqué par cette obsession, qui lui donne sa couleur à la fois grotesque et à mourir d’ennui. Ici comme ailleurs, il s’agit pareillement d’empêcher les morts de mourir. La guerre américaine contre le terrorisme (légitime, sauf que dans le cas de l’Irak, elle s’est bien entendu trompée de cible) relève de l’assurance-vie obsessive, comme la construction européenne. Dans les deux cas, la mort anticipée règne. Et la prévention de la mort est le seul programme proposé aux vivants. C’est le seul avenir que l’on ait à leur indiquer, et le chemin pour y aller est unique : il n’est pas historique, il est médical. Comme tel, c’est un terrorisme rationnel et bienveillant, mais c’est un terrorisme."
In
Philippe MURAY.
Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage.
Chapitre Les métamorphoses. (Pages 290 et 291.)
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition).
-
CONTREPOINT DE JULIEN BENDA.
-
"D’autres, pour servir la paix, invitent les peuples à se fréquenter davantage, à se visiter les uns les autres, les assurant qu’ils éteindront ainsi dans leurs cœurs le sentiment de leurs différences, prendront conscience de leur communauté de nature. Rien ne semble moins prouvé. On peut admettre, au contraire, que la fréquentation de l’étranger ne nous fait sentir que plus vivement notre différence avec lui. Ce qu’il faut enseigner aux hommes, c’est à abolir le sentiment de leurs différences en s’appliquant à se sentir chacun dans sa région d’humanité supérieure à ces différences ; chose qu’ils peuvent fort bien faire, et peut-être mieux, en demeurant chacun à son foyer. La paix sera, pour les hommes, le fruit d’un travail de vie intérieure, non de promenades à la surface du globe. Mais c’est toujours le même esprit : prétendre donner aux hommes par des moyens mécaniques, et en n’exigeant rien de leur force d’âme."
In
Julien BENDA.
Discours à la nation européenne. Préface d’André LWOFF. (Collection Folio, série Essais, n°209). (Page 115.)
Gallimard, Paris, 1992 (date du dépôt légal).
-
COMMENTAIRES.
-
Il est tout de même curieux que deux esprits supérieurs en arrivent par des chemins différents aux mêmes conclusions. Quel rapport avec le pari bénédictin allez-vous me dire ? Il est très clair. Il est plus que très clair. Au VIe siècle, à la mort de saint Benoît de Nursie (en 547 au mont très CASSIN), fondateur de l’ordre des bénédictins, il existait déjà un grand nombre de monastères de son ordre, en France, en Irlande, en Suisse, en Italie. Il serait trop long, inutile et fastidieux d’en donner la liste. Nombre d’entre eux existent encore. Alors que les hordes barbares venues de l’Orient européen déferlaient sur l’Europe occidentale, ils perpétuaient la transmission des textes bibliques et philosophiques, étaient des hauts lieux de culture, travaillaient de leurs mains la terre, produisaient de très grands artistes et brillaient comme des feux splendides au sommet d'une civilisation grandement menacée Les monastères, îlots de prière et de culture, attiraient dans leur voisinage un peuple de pauvres qu’ils enseignaient, soignaient et nourrissaient ; ils soustrayaient aux violences des barbares des pans entiers de nos patries et perpétuaient le meilleur de l’humanité. Les monastères communiquaient entre eux en latin, et ils formaient une confédération, et non point un bloc unique de structures tenues d’obéir à un grand chef, non élu et tout puissant. Leurs abbés étaient des hommes de sainteté. Bref ils formaient une sorte de contre-modèle de société qui bientôt s’opposerait aux rois, aux empereurs, à tous ces princes de la terre qui auraient bien voulu les soumettre à leur pouvoir. Bref, ils étaient libres, de cette liberté que Jésus avait promis à ses disciples en leur disant : « Ma vérité vous rendra libres ».
Pour avoir fait à plusieurs reprises de courts séjours à l’abbaye bénédictine de TRIORS, une fondation de l’abbaye de FONTGOMBAULT, j’ai palpé, j’ai senti ce grand courant de prière et de sainteté venu du fond de nos âges et qui se transmet par capillarité aux nouveaux venus (de très jeunes gens, souvent très fortement diplômés) et aux habitants des alentours (sans doute la chose qui m’a le plus frappé). L’Europe bénédictine a existé. Ce n’est pas l’Europe des eurocrates, et, pour ce qui me concerne, je ne donnerai jamais mon suffrage à des candidats qui la soutiennent. SALVINI, ORBAN et d’autres, en dépit de certains excès, défendent une civilisation qui par lâcheté se laissera périr volontairement pour perpétuer le mythe du progrès économique capitaliste indéfini, et celui de la liberté indéfinie qui ne cesse de réclamer de nouveaux droits, tous plus extravagants les uns que les autres. Ils ne le veulent pas, et ils ont raison.
Je n’ai aucune honte à prophétiser avec Venance FORTUNAT : Vexilla regis prodeunt !


mardi 21 juillet 2015

21 juillet 2015. Nouvelles estivales de la Résistance. Europe : dépasser les différences en les reconnaissant !

-
Non, non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !

Il y a lieu, plus que jamais, d'être courageux, en ces moments de troubles, de  manipulations politiques, de trafic de la justice et de la répression des libertés les plus essentielles.

-
1. La citation du jour.
-
"D’autres, pour servir la paix, invitent les peuples à se fréquenter davantage, à se visiter les uns les autres, les assurant qu’ils éteindront ainsi dans leurs cœurs le sentiment de leurs différences, prendront conscience de leur communauté de nature. Rien ne semble moins prouvé. On peut admettre, au contraire, que la fréquentation de l’étranger ne nous fait sentir que plus vivement notre différence avec lui. Ce qu’il faut enseigner aux hommes, c’est à abolir le sentiment de leurs différences en s’appliquant à se sentir chacun dans sa région d’humanité supérieure à ces différences ; chose qu’ils peuvent fort bien faire, et peut-être mieux, en demeurant chacun à son foyer. La paix sera, pour les hommes, le fruit d’un travail de vie intérieure, non de promenades à la surface du globe. [...]" 

In Julien BENDA.
Discours à la nation européenne. Avant-propos d’André LWOFF. (Collection Folio, série Essais, no 209).

Gallimard, Paris, 1992 (date du dépôt légal.)
-
2. Commentaires.
-
Il est très intéressant de réfléchir à ces propos de Julien BENDA. On pourrait croire qu'ils tendent à abolir les différences. Il n'en est rien. Pour BENDA, il s'agit de dépasser le sentiment des différences et non les différences, en rentrant en soi-même, en faisant un travail intérieur pour retrouver en nous cette commune part d'humanité, qui permet les rapprochements des hommes non de l'extérieur, non par des mesures artificielles, non par le recours au tourisme intellectuel ou au tourisme tout court, mais par l'empathie.
C'est pour avoir méconnu ces principes que les actuels dirigeants de l'Europe même cette belle initiative à sa perte. La manière dont on traite l'affaire grecque est typique de ce qu'il ne fallait pas faire : rien n'est plus injuste, disait ARISTOTE, que de traiter également des hommes différents. On peut en dire autant des nations. Les hommes politiques le savaient. Ils savaient que la Banque Goldman-Sachs avait certifié des comptes publics grecs  falsifiés. Mais ils ont préféré servir leur ego, et idolâtrer leurs idées que de s'incliner devant la réalité.
Je prends les paris : la GRECE sortira de l'euro. Ce sera bien pour elle, et ce sera bien fait pour nous qui par pure lâcheté avons donné, par le canal de nos parlementaires, notre accord à cette folie, et perdrons nos créances ; la folie consistait à feindre que la GRECE pouvait être placée fiscalement, politiquement, économiquement, culturellement, sur le même pied que l'ALLEMAGNE ou que la FRANCE. Il fallait dépasser ces différences par un travail intérieur, avant de se lancer dans cette aventure... Mais n'est-ce pas top demander à ces serviteurs zélés de l'internationalisme, du mondialisme et de l'économisme que de rentrer en eux-mêmes ?
-
3. Informations diverses.
-
Trouvée sur le net cette vidéo :

https://youtu.be/hU340NjpPRM
-
Article de Thibaut d'ARCY sur le site du Boulevard Voltaire.

"Il se nommait Angel Ariel Escalante Perez. Angel, céleste bambin de douze ans, livré en pâture à la bête humaine, a donné sa vie pour que nous puissions voir, dans les ténèbres de nos villes turpides, l’éclat même de la pureté et de l’honneur. Angel nous a délivré un instant du chaos et de l’abjection ; que soit loué aujourd’hui son courage édifiant.
Angel habitait la ville de Guatemala. Il rentrait de l’école. Sur son chemin du retour, il croisa ses bourreaux : six membres d’un gang de narcotrafiquants. Il lui mirent une arme entre les mains et lui imposèrent ce dilemme atroce : tuer ou être tué. Tuer un homme, un chauffeur de bus, et prendre sur lui la responsabilité du crime, ou accepter de finir là sa vie, à douze ans. C’est alors qu’un éclair sublime traversa cette petite âme déjà grande comme celle d’un vieux soldat.
Angel refusa. Sait-on ce que cela veut dire ? A-t-on conscience de la beauté inouïe de ce « Non » qui jette un opprobre définitif sur la barbarie du monde entier ? Angel refusa de tuer un homme, dont le métier – coïncidence funeste – était aussi celui de son propre père, et se vit proposer un nouveau choix, plus horrible encore : préférait-il mourir sous les coups patients d’une machette ou précipité du haut du pont Incienso, culminant à 135 mètres ? Ô Ange ! De quelle boue sont donc faits ces hommes ?
Angel chuta, chuta… Des ailes, sans doute, lui furent données – pourquoi n’y aurait-il point des miracles en réponse de la suprême abomination ? – car l’enfant, avant de se briser les os, fut retenu par un branchage et survécut. On eût aimé que l’histoire s’achevât ainsi, dans la splendeur d’une grâce inattendue ; mais Angel mourut deux semaines plus tard à l’hôpital, dans les bras de son père : son cœur s’arrêta. Oh, son cœur vaillant manqua cette fois de la force qu’il faut pour regarder l’horreur du monde !
Quant à moi, j’ai peine à lever aujourd’hui les yeux vers le ciel où passe notre fière aviation. Je reste sourd aux fanfares. Je m’incline devant un enfant sauveur de notre humanité, honteux de mes compromissions, de mes lâchetés, de mes expectatives. Que sont mes rébellions de spectateur, mes témérités de bureaucrate ? Et quel visage aurait notre monde si, tous, nous avions un peu de l’insoumission, un peu de la droiture inflexible d’Angel Ariel Escalante Perez – petit martyr du Guatemala ?".
 .




samedi 6 décembre 2014

06 décembre 2014. Nouvelles de la Résistance. Les faux-prophètes !

-
On peut le dire :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !


-
1. La citation du jour.
-
"Prêcheurs de la modération, vous trouverez des ouailles peu dociles. Rendu proprement fou d’orgueil par ses récentes conquêtes, l’Homme professe aujourd’hui pour sa propre puissance un culte qu’on n’a jamais vu, et n’a d’audience que pour ceux qui viennent sanctifier sa volonté illimitée d’accroissement matériel. Il s’applique même à interpréter dans ce sens les enseignements les plus nettement hostiles à cette passion, les plus nettement épris de biens tout spirituels. Ne voit-on pas aujourd’hui des docteurs enseigner que l’essence du christianisme est de glorifier l’esprit de production, de surexciter l’instinct acquisitif ? Selon une certaine école américaine, ce que Jésus serait venu apporter aux pauvres pêcheurs du lac de Tibériade, c’est une « organisation du travail » dont Jean-Baptiste avait essayé en vain de les doter. Telle est l’humanité qu’il vous faut inviter à la modération de ses volontés de puissance. L’apôtre devra s’armer de courage…" 
In
Julien BENDA.
Discours à la nation européenne. Avant-propos d’André LWOFF. (Collection Folio, série Essais, no 209).
Gallimard, Paris, 1992 (date du dépôt légal.)
-
2. Commentaires.
-
Julien BENDA souligne avec justesse le contresens que certains exégètes aussi bien allemands qu'américains, membres des églises protestantes, ont donné à l'enseignement de JESUS. BENDA appartenait à une famille d'origine juive. Il a perçu admirablement le message que la pauvre naissance du Fils, dans une étable, vient souligner. C'est qu'il était "spirituel", au sens que l'on accorde au penser des hommes qui prient et étudient.
Un monceau d'imbéciles ont choisi Noël pour s'attaquer au symbole le plus fort, le plus populaire de l'humilité divine ; ils ont obtenu, à NANTES, par un jugement du Tribunal Administratif, de faire supprimer la crèche que le Conseil Général de Vendée avait fait installer dans ses locaux.  Et le plus navrant, c'est que monsieur RETAILLEAU, le Président dudit Conseil, se réclamant de l'obéissance aux lois de la République a obtempéré.
Robert MENARD le maire de BEZIERS n'a pas eu de ces scrupules timorés. Malgré les injonctions du Préfet de l'HERAULT, monsieur de BOUSQUET, il maintient sa crèche dans les locaux de la mairie ; les rares imbéciles du Front de Gauche, membres du Conseil Municipal, avaient en effet protesté pour qu'on ôte de leur vue cette scène insultante.
Il se trouve que d'autres mairies ont fait comme Robert MENARD, en s'asseyant sur des règles obsolètes qui briment le sentiment du peuple et son histoire. Nous devons les soutenir. Signez la pétition de soutien à Robert MENARD.  A cet effet, visitez le site de l'Observatoire de la christianophobie où vous trouverez tous les éléments nécessaires à l'expression de votre protestation.
Nous ne voulons pas qu'une poignée d'imbéciles, de haineux, d'aveugles imposent par la violence de la loi une manière de faire et de penser qui satisfait leur ego mais oppriment les citoyens.
Eh bien nous ne nous tairons pas. Et nous invitons les maires, les conseillers généraux, les hommes politiques à ignorer des jugements rétrogrades et iniques. Maintenez les crèches, mettez-en sur le parvis des Eglises, dans les vitrines des commerçants, dans le hall des mairies dont les édiles ne sont ni aveugles ni imbéciles ni haineux. L'étable de la nativité vaut bien la résidence secondaire de monsieur HOLLANDE à MOUGINS. Pas de modération dans notre révolte, dans notre haut-le-coeur contre cette oppression d'une clique. Non ! Du courage, de l'espérance, et - si nous sommes bienveillants, ce que, en dépit que j'en aie, je vous invite à être - un dialogue ouvert avec les plus ouverts (il y en a) des laïcards.
-
3. Infos diverses.
-
Une crèche qui, pas plus que le sein de madame TARTUFFE, ne se peut regarder sans qu'on ait envie d'y toucher !

-
Ce qu'il advient aux chrétiens du Moyen et du Proche-Orient.


mercredi 14 mai 2014

Nouvelles de la Résistance : l'Europe, ses casseroles et leurs conséquences.

-
Non, vous dis-je depuis des mois, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
-
1. La citation du jour.
-
La citation du jour est emprunté à Julien BENDA
[Discours à la nation européenne. Avant-propos d’André LWOFF. (Collection Folio, série Essais, no 209).
Gallimard, Paris, 1992 (date du dépôt légal.)]

"D’autres, pour servir la paix, invitent les peuples à se fréquenter davantage, à se visiter les uns les autres, les assurant qu’ils éteindront ainsi dans leurs cœurs le sentiment de leurs différences, prendront conscience de leur communauté de nature. Rien ne semble moins prouvé. On peut admettre, au contraire, que la fréquentation de l’étranger ne nous fait sentir que plus vivement notre différence avec lui. Ce qu’il faut enseigner aux hommes, c’est à abolir le sentiment de leurs différences en s’appliquant à se sentir chacun dans sa région d’humanité supérieure à ces différences ; chose qu’ils peuvent fort bien faire, et peut-être mieux, en demeurant chacun à son foyer. La paix sera, pour les hommes, le fruit d’un travail de vie intérieure, non de promenades à la surface du globe. Mais c’est toujours le même esprit : prétendre donner aux hommes par des moyens mécaniques, et en n’exigeant rien de leur force d’âme." 
-
2. Commentaires.
-
J'ai, bien entendu, lu ce livre dans son intégralité. Il est fort intéressant. BENDA est politiquement inclassable  et on l'a traité de "plus grand emmerdeur du siècle" pour cette raison-là. L'intérêt de cette citation tient (à mon humble avis) à son accord avec le réel. Je ne suis pas certain que BENDA aurait aimé l'Europe que défend avec passion un  Alain LAMASSOURE et que condamne avec raison un Henri GUAINO. Cette Europe-là, les peuples n'en veulent pas. Elle est faite pour l'économie, la rentabilité, l'argent, comme si la seule raison de vivre des Européens étaient d'en gagner toujours davantage. BENDA ne dit pas qu'il faut abolir les différences, bien au contraire ; il dit qu'il faut abolir le sentiment des différences - ce qui n'est pas la même chose - en s'appliquant chacun DANS sa région d'humanité supérieure à ces différences. On ne saurait mieux illustrer la question, longuement examiné jadis par ARISTOTE, du genre et de l'espèce.
L'Europe de BRUXELLES n'a jusqu'ici enrichi qu'un petit nombre de gens, et de grandes compagnies à vocation internationale. Elle n'est pas responsable de l'instauration de la Paix en son sein. La Paix a résulté longtemps de l'équilibre de la terreur engendré par le développement des armes atomiques. On voit aujourd'hui comment, pour avoir voulu intégrer l'UKRAINE dans son grand machin économique, elle a fait sombrer ce pays dans l'anarchie. Elle a méprisé l'histoire, elle a méprisé le peuple russe, elle a sous-estimé son Président. Il était évident que la RUSSIE ne laisserait pas s'établir à ses frontières un pays affilié à cette Europe-là. Elle a ignoré que l'homme ne vit pas seulement que de pain, mais aussi d'honneur, de vie intérieure, et par-dessus tout de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu. L'homo economicus n'existe que dans les cerveaux des technocrates ; leur Europe est une construction de l'esprit. Il est sans doute trop tard pour quitter l'euro. Mais nous n'aurions pas eu besoin de créer cette monnaie unique si nous avions refusé de rentrer dans ce jeu de la finance, de la compétition économique à outrance, de la course au bien-être matériel. Je crois que BENDA a raison : la Paix est le fruit d'un travail intérieur ; elle réclame de la force d'âme, une certaine tempérance, et de la bienveillance. Les monstrueux islamistes prennent prétexte de ce matérialisme pour commettre leurs forfaits. L'Europe, à la remorque des Etats-Unis quant à cette perspective porte une responsabilité écrasante dans le déclenchement de nombreux conflits et l'accomplissement de ces crimes.
-
3. Menues infos.
-
A propos de l'enlèvement des lycéennes du Nigéria : une photo (via l'Observatoire de la christianophobie).


Le petit monde politico-médiatique commence à s'émouvoir, notamment du côté des féministes. Personne, ni madame TRIERWIELER, ni mademoiselle GAYET, ni madame BRUNI-SARKOZY (les trois ont participé ou vont participer à une grande réunion de protestation contre ce crime abominable), n'a relevé que ces jeunes filles ont été enlevées parce qu'elles sont réputées chrétiennes. Mais c'est bien la seule raison de leur rapt (qui ne date pas d'hier du reste). Ce silence assourdissant devient insupportable. Les BORO HAKAM tuent et persécutent les chrétiens et seulement eux. Je n'ai pas entendu le Conseil Français du Culte Musulman protester contre ces exactions, pas plus du reste que contre la barbarie des djihadistes syriens dont je fais état dans la section suivante.
-
Voilà un aspect d'une partie du mouvement de rébellion qu'a voulu soutenir monsieur HOLLANDE en voulant faire la guerre à Bachar el ASSAD (via Alain, un correspondant alsacien).
-
Je m'étais promis de ne jamais vous montrer de telles photos. Je n'avais fait que les évoquer. En voici une qui nous montre les djihadistes de SYRIE en train de poser en riant avec les têtes de chrétiens qu'ils ont enlevés et décapités. Si je le fais c'est pour lutter contre la manière dont les médias présentent la rébellion syrienne. Je préfère un régime qui assure à tous la paix civile et le libre exercice de leur religion, à un mouvement qui se comporte comme ces monstres. Je vous fais grâce des photos où l'on voit un djihadiste remplir une cuvette du sang qui coule d'un tronc décapité ; il serait revendu (paraît-il) pour 100 000 dollars le litre en Arabie saoudite pour permettre à de pieux musulmans de se purifier avec du sang chrétien. Certes, tous les opposants à monsieur ASSAD ne sont pas des sanguinaires, mais ils ne sont pas majoritaires...


Voir aussi à ce propos la vidéo :  http://gloria.tv/?media=54870...6
-

lundi 25 juin 2012

Bonnes feuilles de Julien Benda

-
Je vous avais promis de vous livrer un petit commentaire sur le livre que Julien BENDA a publié sous le titre Discours à la nation européenne, en réponse sans aucun doute aux Discours à la nation allemande de FICHTE.
-
Julien BENDA est sans doute un philosophe qui prend la pause. Une critique très serrée de ses positions a été publiée par Jean MALAQUAIS sous le titre Julien Benda et la justice abstraite. http://revueagone.revues.org/822 (Revue AgonE, tome 23, pages 193-204, 2000). Et je dois dire que son idéalisme froid, inspiré de PLATON et de KANT me glace quelquefois le coeur. Mais il aime la philosophie spéculative et il dit dans l'ouvrage dont je viens de vous donner le nom des choses tout à fait intéressantes. Celle-ci, notamment :

"La religion de l'originalité est la religion de ce qui ne se rattache à rien et toise l'univers du haut de cet Unique. C'est la religion de l'orgueil et du mépris."

Et s'adressant aux clercs (dont il avait fustigé la lâcheté dans son fameux La trahison des clercs), il leur dit encore ceci :

"En tout cela, ce qu'il vous faut faire, c'est encore détruire l'oeuvre insensée du XIXe siècle, qui s'est mis à élever la spontanéité au-dessus de l'ordre, l'originalité au-dessus de la vérité."

Nous y voilà. BENDA rejoint là Marcel DECORTE dont je vous ai souvent parlé. Tout le monde aujourd'hui se veut original et se pense "différent" des autres alors que chacun de nous ne fait que les imiter dans leur conformisme de pensée, de désirs et de comportement. C'est que nous sommes pris dans les griffes du gros animal social français, héritier de la Révolution.

Ce désire de changement, ce prurit d'originalité, cette volonté affichée de création (voyez comment l'on singe,  le Créateur), c'est la maladie incurable su siècle. Elle explique les délires de certains artistes (ah ! le monochrome verts de KLEIN, un monochrome qui se présente comme une planche à pain verticalement dressée enduite d'un vert glauque, un vert verts-de-gris, un vert caca d'oie, et qui vaut des millions. Ah ! Le Golgotha picnic,  le Piss Christ, les infâmes colonnes de BUREN, et les délires musicaux de tel ou tel auteur). Attention, il ne s'agit pas de jeter le bébé avec l'eau du bain, et il est tout à fait possible de discerner dans la modernité ce qui vient de l'esprit (MANESSIER par exemple) ou ce qui est le fruit pourri de l'orgueil et de la bouffissure de l'ego. En matière de politique, nous allons être servi, que dis-je, nous le sommes déjà, tant les situations personnelles, les propositions aberrantes, l'idolâtrie du relativisme ont atteint des sommets. Nous sommes en train de crever, et il semble que la plupart d'entre nous en soyons heureux. Nous sommes dans le vent !
-
Donc, BENDA sur l'originalité à tout prix, a mille fois raison. La nouveauté, l'originalité n'est pas de nature dialectique ; elle n'est pas davantage le fruit de l'automatisme de la parole ou du geste. La nouveauté est ce vient ajouter à la substance ; elle est de nature purement accidentelle (au sens philosophique qui oppose la substance à l'accident) et cependant pensée.
Et en matière politique, on a vu ce que donne la rupture !
-
A bientôt.


jeudi 6 octobre 2011

De la vérité

-
Dans l'introduction, brillantissime, qu'il donne à une réédition (dans les Cahiers Rouges ; Grasset, Paris, 1975) du livre de Julien BENDA, La trahison des Clercs, livre que je me suis procuré sur les indications de Pierre-Henri THOREUX, André LWOFF cite Miguel de UNAMUNO :
-
"Le visage de la vérité est redoutable, le peuple a besoin de mythes, d'illusions, le peuple a besoin d'être trompé. La vérité est quelque chose de terrible, d'insupportable, de mortel."
-
On ne saurait mieux dire. Et je ne saurais mieux dire à nombre de mes lecteurs qui parfois me taxent de contradiction ou de mollesse condamnatoire. Je vous donnais hier un exemple des mensonges que notre République entretient sur notre histoire nationale. Je pourrais commenter les mensonges dont nous abreuvent les actuels responsables politiques de tous horizons. C'est inutile pour l'instant. Simplement, je voulais rappeler ici que je ne me soucie point des idéologies, mais de justice, de vérité, de raison (toutes vertus dites "cléricales", au sens de "propres au clerc" selon BENDA), et d'expériences personnelles (ce que ne cite pas cet auteur) sans prétendre y parvenir, hélas. Mais en tout cas, j'essaye. Mais je n'aurai garde de me compter au nombre des intellectuels. Je m'efforce de penser.
-
Dans mon billet d'hier, je ne défendais point l'abbé du CHAYLA, assassiné par les camisards. Ce meurtre est ignoble et injustifiable. Il a été suscité, hélas, par les mauvais traitements que le curé de PONT-DE-MONVERT a fait subir à de nombreux huguenots qui ne voulaient point se convertir. D'aucun côté, le commandement d'amour de JESUS n'y trouve son compte. Et j'accusais formellement les instaurateurs de la République (de Jules FERRY à CLEMENCEAU) de mensonge. La démocratie ne trouve pas son compte dans les omissions et les silences pudiques sur les ignominies, les massacres (NANTES, LYON, BORDEAUX, PARIS, tout l'Ouest de la FRANCE, et ailleurs) révolutionnaires qui ont enfanté ce monstre, ou plutôt ce JANUS BIFRONS qu'est la République française ; sur combien de cadavres, sur combien d'injustices, de vols, de spoliation, d'oppression, de tyrannie, notre devise s'est-elle levée ? Liberté, Égalité, Fraternité vraiment ? Il y a bien du chemin à faire pour qu'elle commence à trouver un minimum d'incarnation dans l'espace public. Certes, il a fallu casser bien des oeufs pour faire une telle omelette. On voit l'omelette, mais on ne voit plus les coquilles.
-
C'est que la vérité, comme le soleil, ne peut se regarder fixement.