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mardi 17 juillet 2018

Mardi 17 juillet 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Modernes contre modernes ou le pugilat ridicule !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.

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MODERNITÉ ?
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"On racontait encore naguère que la modernité était un combat. Elle n’est plus qu’un combat avec elle-même. […].
Le Moderne ne s’oppose plus qu’au Moderne. La rupture se bat avec la cassure. La contradiction avec la dérangeance. L’art de maintenant avec l’art d’actuellement. Le neuf avec le nouveau. L’instable avec le mouvant. Le déraisonnable avec le délirant. Le dingue avec le fou. Le transgressant avec le dépassant.
Il n’existe plus d’Assis de la pensée à opposer aux Debout de la subversion. Il n’existe plus de couchés de l’acquiescement qui pourraient servir de repoussoir aux Insurgés de l’insurrection. Les désaccords n’ont plus lieu qu’entre instances largement d’accord sur les objectifs à atteindre, et qui ne se séparent même pas sur la question de la désirabilité d’un monde en train de se suicider : tous le veulent et le veulent plus désastreux encore. Le désaccord n’est pas entre les temps anciens et le temps présent ; il est dans le temps présent et toujours en accord ave lui.
Une telle situation est sans précédent, et ce serait une lourde erreur d’essayer de d’échapper par la rationalité ou par la critique à l’étouffement qu’elle procure : il ne faut plus « analyser » ou « décrypter » l’actualité, il faut frapper directement au cœur de la drôlerie si peu cachée qu’elle recèle. Il faut prendre le Moderne la main dans le sac en train de se crêper son propre chignon."
In
Philippe MURAY.
Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage.
Préface (page 9).
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition).
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CONTREPOINT DE JEAN BASTAIRE.
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"Non pas transgresser, mais transfigurer. Non la révolte, mais la résurrection."
In
Jean BASTAIRE.
Court traité d’innocence (page 82).
P. Lethielleux, Paris ; Culture et vérité, Namur, 1977.
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Nous sommes en plein dans le pari bénédictin. Le cardinal RENARD disait, il y a bien longtemps : « Parmi les dons du Saint Esprit, je ne sache point qu’il y ait le gémissement ». Nous n’avons donc pas à gémir, nous qui avons fait ce pari. Nous avons à accueillir tout ce qui est humain, et à combattre farouchement tout ce qui défigure l’homme, notamment dans les tentatives furieuses que font les « Modernes » pour imposer leur délire à une masse d’êtres humains sidérés par les pauvres audaces des susdits.
Si j’ai repris, à mon corps défendant, ces billets, c’est que, de divers côtés, il m’est revenu que je n’avais pas le droit de baisser les bras ; je ne me fais aucune illusion sur la portée réelle de ces commentaires et de ces citations. Mais s’ils peuvent conforter dans l’espérance, la foi et la charité, les lecteurs qui me font l’honneur de me lire, alors je n’ai aucune raison de fuir. Et je reprendrai à mon compte la citation de CICÉRON mise en exergue du livre de MURAY :

La retenue et la modération ne sont pas de mise dans une cause excellente !

La cause de la vie est excellente ! La cause de la beauté aussi ! La cause de l’amour humain authentique, idem. Et, compte tenu de ce qui se prépare dans l’ombre ténébreuses des loges, des officines LGBT, des bureaux de monsieur SOROS, et de ceux de la soi-disant Europe, il y a lieu de se dresser fièrement et d’affirmer qu’il est préférable d’obéir à Dieu qu’aux hommes.

Nous commençons un cycle sur ce livre remarquable de Philippe MURAY. Et qui plus est un libre d'une irrésistible drôlerie.
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LIENS UTILES.
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Sur le Président de la République.


Ces parlementaires ont vraiment du temps à perdre…


(Réaction de joueurs croates. Les joueurs d’origine africaine, devenus français, et qui aiment leur patrie d’adoption, ne méritent pas ce jugement. Ils ont bien servi la France par leur talent.)

Légion d’honneur : une illustration de la modernité ! Belle analyse.

(Pensez-donc : Olivier PY, un ardent défenseur de toutes les transgressions est nommé !)

 Et, parfaite illustration du propos de MURAY :

(Il a dit la vérité ; il doit être exécuté. Pauvres imbéciles de RTL !)

vendredi 9 novembre 2012

Les salons parisiens

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Mes très chers amis d'Avignon m'ont fait connaître un livre, lors du très bref séjour que j'ai fait dans le midi pour des raisons professionnelles, un livre délicieux, plein de cette culture assimilée, réfléchie, pensée, le livre aussi d'un éminent critique littéraire et musical. Je veux parler de Milan KUNDERA et de cette petite merveille qu'est Une rencontre (Collection Folio, N°5323. Gallimard, Paris, 2009).
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Moins bête que les élites à la mode, KUNDERA ne cache pas son admiration pour Anatole FRANCE et, dans la section III de son ouvrage, Les listes noires ou divertimento en hommage à Anatole France, il lance à l'adresse des faiseurs de mode qui ont classé très rapidement le romancier dans les auteurs mineurs, dont les livres reliés et dorés sont tout juste bons à remplir les bibliothèques pour y faire de la figuration, il lance, disais-je, cette petite réflexion :
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"Des salons. Nulle part au monde, ils n'ont joué un rôle aussi grand qu'en France. Grâce à la tradition aristocratique qui dure depuis des siècles, puis grâce à PARIS, où, sur un espace étroit, toute l'élite intellectuelle du pays s'entasse et fabrique les opinions ; elle ne les propage pas par des études critiques, des discussions savantes, mais par des formules épatantes [ Jean DUTOURD aurait été heureux de voir cette formule fleurir sous la plume de KUNDERA qui manie le français avec une rare élégance], des jeux de mots, des vacheries brillantes (c'est ainsi : les pays décentralisés diluent la méchanceté, les centralisés la condensent)."
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Réfléchissez-bien, très chers lecteurs, à la l'impertinente pertinence de ce propos. Les pays centralisés condensent la méchanceté. Ce sont les salons parisiens qui a force de calomnies, de bons mots, de vacheries approximatives, concoctés par les grossiums de la presse du genre Matthieu PIGASSE, les journalistes à leur solde (pas assez de place pour les citer tous), les folliculaires qui vous pondent des romans où se mêlent le morbide, le sordide, le languide et l'érotisme élégant, ont dézingué le Président SARKOZY. Il n'était pas énarque, lui ; il avait exercé un métier, lui ; oh, certes, il ne brillait par une culture exceptionnelle (tout le monde n'est pas Georges POMPIDOU, ni, je l'ajoute à mon corps défendant, François MITTERRAND), ni par un goût artistique aussi pointu que celui déployé par Jacques CHIRAC en matière de céramique japonaise, mais il avait du bon sens, une énergie farouche, et il ne crachait pas sur l'argent comme feignent de le faire ceux de nos hommes politiques qui cumulent les indemnités au titre de leur responsabilité ; et nous ne mettrons pas longtemps encore à  regretter le précédent Président. Ceci étant dit, je désapprouve absolument, définitivement et irrévocablement les vacheries et méchancetés qui circulent sur le net à propos de monsieur HOLLANDE et de sa compagne. On ne se grandit pas avec ces façons de faire. Argumentons, défendons nos points de vue de manière précise et rationnelle, mais de grâce, ne faisons pas à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'il nous fasse.
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Indépendamment de cette notule, je vous recommande la lecture de ce petit chef-d'oeuvre qu'est Une rencontre.

vendredi 17 octobre 2008

Picasso ou le roi est nu.

LANZA del VASTO n'était pas tendre avec les artistes contemporains. Il disait d'eux : ils font de telles bêtises. Incroyable ! Et puis il veulent nous faire avaler ça... C'est plein d'un sens qui n'existe pas. Mais l'enfant voit que le roi est tout nu. La robe tellement fine qu'on ne la voit pas. Tout le monde est en extase. Mais les enfants :"Pourquoi, papa, pourquoi le roi est-il tout nu ?" C'est comme ça, Picasso et les autres : pleins d'un mystère ou une signification qui n'y sont pas ; il n'y en a pas, et il n'y en a pas à mettre.
Picasso a du talent, il aurait pu faire des choses belles. Il en a fait deux ou trois qui sont belles. Dans sa jeunesse. Après, il n'a fait que des bêtises.
J'entends bien que ces propos vont choquer. Il est admis que toute personne de goût se doit d'admirer ces femmes difformes, ces pénis obscènes, ces divagations de l'art. Pourquoi, grand Dieu, pourquoi Pablo s'est-il commis avec ces horreurs, lui qui a fait L'enfant à la colombe, L'arlequin et tant de chefs d'oeuvre quand il n'était pas encore connu. La gloire, voilà le poison, voilà la déviation. si vous allez voir l'exposition PICASSO, souvenez-vous de ces paroles.
Allez, je vous re-cite encore un extrait d'un texte que je trouve essentiel pour comprendre ce que signifie la pensée moderne. Il illustre à merveille ce que dit LANZA :
Le sujet idéal du régime totalitaire est [...] l'individu qui, pour une raison ou une autre, est devenu incapable d'éprouver la réalité du monde, et le sens ou le non-sens qui s'y produit, et c'est, corrélativement, l'individu incapable de s'interroger sur la véracité et le sens des discours sur ce monde.
L'idéologie totalitaire ne se définit pas par un corpus d'idées, par une "vision du monde", comme on l'a dit, et comme cette idéologie elle-même le prétendait, elle ne convainc pas par ses idées, si tant que l'on peut parler de "conviction" à son propos, mais elle se caractérise par une mentalité, par ce que l'on peut appeler une attitude fondamentale de la pensée qui consiste en une indifférence foncière pour les idées qu'elle charrie, indissociable d'un mépris radical pour la réalité du monde dont elle prétend parler, en l'occurrence, pour l'existence concrète des hommes qui font ce monde.
Je sais, je radote. Je crois vous avoir déjà servi ce texte au moins partiellement.
C'est exactement cette attitude fondamentale de la pensée qui explique l'adhésion de PICASSO au communisme, l'opinion de SARTRE sur le marxisme, promu par lui au statut d'horizon indépassable de l'histoire ou la complaisance d'un SOLLERS, d'un BARTHES et de bien d'autres, pour MAO et sa Révolution Culturelle.
Je plaide pour un retour au réel. Et le réel, c'est ce qui nous résiste.
Voici les références des livres d'où j'ai tiré mes citations.
LANZA del VASTO.
Les facettes de cristal. Entretiens avec Claude-Henri ROQUET.
Le Centurion, Paris, 1981.
Anne-Marie ROVIELLO.
Les intellectuels modernes une pensée an-éthique et prétotalitaire.
In Colloque Hannah ARENDT. Politique et pensée.
Petite Bibliothèque Payot, [N°289], Paris, 2004 (3ème édition)

mardi 19 août 2008

Les intellectuels modernes : une pensée pré-totalitaire

Je viens de trouver une citation d'Hannah ARENDT qui traduit d'une manière saisissante mon sentiment profond, un sentiment que je n'ai pas su expliquer clairement depuis que j'ai ouvert ce Blog, obscurité qui m'expose aux critiques les plus virulentes de ringardise ou d'intolérance, en raison même de l'impuissance dans laquelle je suis de formuler de manière concise ma pensée. Que dit-elle Hannah ARENDT ? Ceci, qui mérite d'être ruminé et que commente dans un article qui porte le titre même de ce billet, Anne-Marie ROVIELLO : Le sujet idéal du règne totalitaire n'est ni le nazi convaincu, ni le communiste convaincu, mais l'homme pour qui la distinction entre fait et fiction (i.e. la réalité de l'expérience) et la distinction entre vrai et faux (i.e. les normes de la pensée) n'existent plus.
Anne-Marie ROVIELLO démontre de manière éblouissante que ce sujet idéal est l'individu incapable de s'interroger sur la véracité et le sens des discours sur ce monde. Son texte est truffé de constatations éblouissantes. L'idéologie totalitaire, dit-elle, se caractérise par une attitude fondamentale de la pensée qui consiste en une indifférence foncière pour les idées qu'elle charrie, indissociable d'un mépris radical pour la réalité du monde dont elle prétend parler, en l'occurrence, pour l'existence concrète des hommes qui font ce monde.
ARENDT avait bien vu le côté totalitaire du romantisme allemand, et je comprends, grâce à elle, l'aversion viscérale que je porte à ce courant esthétique qui a envahi l'Europe au XIXe siècle. ROVIELLO développe ainsi : Chez ces premiers intellectuels modernes que sont les littérateurs romantiques, les mots d'esprit s'étant libérés de la tension vers le sens, s'affaissent en de simples trouvailles, et ces trouvailles sont d'autant plus réussies, c'est-à-dire surprenantes, qu'elles ont rompu toute attache avec la réalité. Les trouvailles finissent par être recherchées pour elles-mêmes, elles se ferment au sens qui ne représente plus qu'une entrave pour le libertinage de la pensée.
Il n'y a pas de réelle opposition entre la force contraignante du totalitarisme et le libertinage de la pensée romantique ; toutes deux participent d'une émancipation radicale de la pensée vis-à-vis des contraintes et limites qu'impose la visée du dire vrai et le faire sens. Ce qui compte, c'est la trouvaille, ce n'est pas son poids de sens ; l'indifférence à cette question du sens, le mépris du monde où se révèlent sens et non-sens (je glose le texte de ROVIELLO), voilà la tare essentielle de cette pensée moderne. L'idéologie totalitaire ne doit sa cohérence qu'à l'abandon total de tout ce qui peut l'entraver, c'est à dire la réalité complexe du monde.
Je vous recommande la lecture de cet article roboratif. Et je constate que tous mes billets ont été hantés par le souci de coller aux faits, d'accepter les limites et les entraves que m'imposent et la création et la loi, de chercher le sens (dont j'ai développé le statut dans un ancien billet). Il n'est pas encore trop tard pour revenir aux réalités, et combattre ce mal pernicieux qui nous fait lécher la main du pouvoir communiste chinois, au mépris des millions de paysans et ouvriers qu'il maintient dans une incommensurable misère, qui nous pousse à soutenir madame PIETRELLA au mépris de ses juges et de ses victimes, ou qui nous fait admettre dans nombre de domaines ce qu'une incessante quête du sens ne manquerait pas de nous désigner comme ignoble, inacceptable, ou répugnant.
Anne-Marie ROVIELLO.
Les intellectuels modernes, une pensée an-éthique et prétotalitaire.
In
Colloque Hannah ARENDT.
Politique et pensée.
Petite bibiothèque PAYOT, N°289.
Payot et Rivages, Paris, 2004.