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dimanche 18 août 2019

Dimanche 18 août 2019. Quand un philosophe chinois nous fait la leçon !

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Je suis, comme vous le pouvez constater, dans ma période chinoise. Voici un texte tiré du Mèngzǐ, qui a pour auteur MÈNG ZǏ, ou, selon le terme latinisé, MENCIUS. A plusieurs reprises, dans ces billets, j’ai eu l’occasion de vous présenter quelques passages de cet héritier de la pensée de CONFUCIUS. La traduction que voici est donnée par H.G. CREEL, dans son livre La pensée chinoise, de Confucius à Mao tseu-Tong (Payot, Paris, 1955) traduit de l’anglais par Jean-François LECLERC. Je vous donne aussi le texte chinois (que l’on peut trouver dans le Chinese Text project) et la traduction qu’en fit James LEGGE. Il convient de savoir que ce texte a également été traduit en français par G. PAUTHIER d'une part, et de l'autre par S. COUVREUR (téléchargeable depuis

"Meng Zi dit : La nature humaine possède certaines tendances qui la guident vers le bien. C’est en cela que je dis qu’elle est bonne. Si les hommes se conduisent mal, il ne faut pas en chercher la raison dans leur essence. Tous les humains possèdent des dispositions à la sympathie, au remord et au dégoût, à la vénération et au respect. Ce sont ces dispositions qui constituent les germes des vertus de bienveillance de droiture, de bienséance et de sagesse. Ces vertus, ce n’est pas le monde extérieur qui me les infuse ; elles font partie intégrantes de mon moi. Une opinion différente proviendrait d’un manque de réflexion. C’est pourquoi il est dit : « Cherchez et vous les trouverez ; négligez-les et vous les perdrez. » Les hommes sont différents les uns des autres, certains sont deux fois plus différents que les autres, certains cinq fois plus, d’autres encore incalculablement plus, pour la simple raison qu’ils ne sont pas tous capable de développer leurs qualités innées."

Ce passage ne prend pas en compte le texte où intervient CONFUCIUS, surligné en jaune. Le passage surligné en gris, n’est pas traduit non plus.

告子上 - Gaozi I, 6, §2

孟子曰:「乃若其情,則可以為善矣,乃所謂善也。若夫為不善,非才之罪也。惻隱之心,人皆有之;羞惡之心,人皆有之;恭敬之心,人皆有之;是非之心,人皆有之。惻隱之心,仁也;羞惡之心,義也;恭敬之心,禮也;是非之心,智也。仁義禮智,非由外鑠我也,我固有之也,弗思耳矣。故曰:『求則得之,舍則失之。』或相倍蓰而無算者,不能盡其才者也。《詩》曰:『天生蒸民,有物有則。民之秉夷,好是懿德。』孔子曰:『為此詩者,其知道乎!故有物必有則,民之秉夷也,故好是懿德。』」

Mencius said, 'From the feelings proper to it, it is constituted for the practice of what is good. This is what I mean in saying that the nature is good. If men do what is not good, the blame cannot be imputed to their natural powers. The feeling of commiseration belongs to all men; so does that of shame and dislike; and that of reverence and respect; and that of approving and disapproving. The feeling of commiseration implies the principle of benevolence; that of shame and dislike, the principle of righteousness; that of reverence and respect, the principle of propriety; and that of approving and disapproving, the principle of knowledge. Benevolence, righteousness, propriety, and knowledge are not infused into us from without. We are certainly furnished with them. And a different view is simply owing to want of reflection. Hence it is said, "Seek and you will find them. Neglect and you will lose them." Men differ from one another in regard to them - some as much again as others, some five times as much, and some to an incalculable amount - it is because they cannot carry out fully their natural powers. It is said in the Book of Poetry, "Heaven in producing mankind, Gave them their various faculties and relations with their specific laws. These are the invariable rules of nature for all to hold, and all love this admirable virtue." Confucius said, "The maker of this ode knew indeed the principle of our nature!" We may thus see that every faculty and relation must have its law, and since there are invariable rules for all to hold, they consequently love this admirable virtue.'

Je trouve que ce passage du Mèngzǐ est extrêmement éclairant. Il apparaît en effet que tout être humain, même le plus abominable de noirceur possède en lui ces tendances innées à la sympathie, à la bienveillance, à la droiture. Les criminels les plus endurcis ont des amis, des préférences, de la vénération pour des caïds qui ont fait leurs preuves dans l’industrie de la violence, de la rapine ou de la cruauté. MENCIUS ne donne pas la réponse à cette question essentielle qui touche à la liberté : qu’est-ce qui fait qu’en dépit de ces dispositions propres à la nature humaine, certaines êtres les utilisent pour commettre ce qu’il est convenu d’appeler le mal, d’autres pour vivre le bien.
Il me paraît évident que ces inclinations naturelles ont besoin d’être orientées de l’extérieur de la subjectivité. Du reste, MENCIUS le rappelle en des termes qui, mutatis mutandis, ressemblent à ceux de Jésus : Cherchez et vous trouverez ! C’est bien tout le problème de la modernité : qu’est-ce qui va m’orienter vers le bien ? Ou vais-je porter l'objet de ma recherche ? La loi ? C’est ce qu’ont décidé les hommes politiques depuis les Lumières. Mais nous voyons bien que la loi peut un jour déclarer mal tel ou tel acte, et très bon, le même, quelques décennies après (je pense au cas très brûlant de l’avortement qui fut considéré comme un crime, avant d’être élevé à la hauteur d’une vertu quasiment constitutionnelle, au point qu’il est interdit de s’y opposer publiquement ; il s’agit d’une question très délicate qui relève de la conscience éclairée des femmes, de leur mari ou compagnon, et du médecin. Point n’était besoin de légiférer).
Le politique n’a pas de légitimité pour définir ce qui est moralement bon ou mauvais. Nous savons que la Parole, celle qui nous a été laissée par Jésus et ses apôtres, est en cette matière le port sûr et béni qui, si nous y sommes fidèles, nous met dans une sérénité absolue. Mais le politique est en réalité pris en otage par des camarillas successives, composées d’hommes et de femmes à l’ego boursouflé. Qu’il se borne à régler la justice, les finances, la guerre et la diplomatie. Et qu’il nous fiche la paix, une bonne fois pour toute, en se rappelant qu’il ne tire sa légitimité que de sa volonté  proclamée de conduire l’homme à la fin qui lui est due et non à la fin qu’il lui assigne dans une seule perspective : celle de se faire élire, réélire, et vénérer par les médias.

Mencius en train de lire (d'après Wikipedia)


Mencius.jpg

dimanche 17 décembre 2017

17 décembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate !

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Nous achevons aujourd’hui la lecture de TRESMONTANT. Nous commençons demain la lecture d’un livre essentiel de G.K. CHESTERTON, L’Homme éternel.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Trop souvent, les polémistes qui s’en sont pris au christianisme, ou qui ont cru du moins s’en prendre à lui en brandissant le problème du mal comme une arme de guerre et un argument massue, se sont trompés d’adresse. Ils ont cru réfuter le christianisme. Ils ont réfuté le millénarisme. Si en effet le but de la création était de nous rendre heureux sur la Terre, c’est manifestement raté. On remarquera en passant à quel point les doctrines politiques, qu’elles soient de gauche ou de droite, sont profondément millénaristes, puisqu’elles prétendent, qu’elles osent prétendre, apporter à l’humanité le bonheur ! Ce qui est méconnaître profondément ce qu’est l’homme dans la plénitude de sa dimension. L’homme est un animal qui peut vendre, comme Esaü, son droit d’aînesse pour un plat de lentilles. Mais c’est un animal qui ne peut pas être heureux par cette opération.
"Voici donc un point clairement établi : le christianisme est proprement et essentiellement surnaturel. Toute interprétation qui prétendrait le réduire au champ ou au domaine politique le dénature radicalement en faisant de lui ce que justement il n’a jamais voulu être : une forme de millénarisme."
In
Claude TRESMONTANT.
Sciences de l’univers et problèmes métaphysiques.
Éditions du Seuil, Paris, 1976. (Page 208.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il est absolument nécessaire de prendre conscience de ce fait : les hommes politiques, de droite, comme de gauche, qui prétendent nous apporter le bonheur se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Ils le savent. Et ils mentent donc en nous promettant que demain l’on rase gratis.
Les hommes politiques peuvent améliorer le sort terrestre des hommes, et c’est justice que de le reconnaître, mais ils n’ont pas le droit de leur promettre le bonheur. Tout au plus, rejoignant en cela ce que dit notre grand Thomas d’AQUIN, peuvent-ils permettre à la grâce de prendre racine dans une nature humaine enfin rendue à sa dignité : en effet il ne peut y avoir de grâce sans nature. Et il est particulièrement honteux et déshonorant de promettre le ciel à celui qui ne peut vivre convenablement sur la terre.
C’est que, comme le dit TRESMONTANT, l’homme est fait pour la vie éternelle, il a la nostalgie, consciente ou non, mais psychiquement présente sous diverses formes, du paradis perdu. Et comme le dit MILTON auteur du poème qui porte ce nom, voici ce qui nous trouble et nous hante, la déchéance de notre originelle innocence.

"La première désobéissance de l’homme et le fruit de cet arbre défendu dont le mortel goût apporta la mort dans le monde, et tous nos malheurs, avec la perte d’Éden, jusqu’à ce qu’un homme plus grand nous rétablît et reconquît le séjour bienheureux, chante, Muse céleste ! Sur le sommet secret d’Oreb et de Sinaï tu inspiras le berger qui le premier apprit à la race choisie comment, dans le commencement, le Ciel et la Terre sortirent du chaos. Ou si la colline de Sion, le ruisseau de Siloë, qui coulait rapidement près de l’oracle de Dieu, te plaisent davantage, là j’invoque ton aide pour mon chant aventureux : ce n’est pas d’un vol tempéré qu’il veut prendre l’essor au-dessus des monts d’Aonie, tandis qu’il poursuit des choses qui n’ont encore été tentées ni en prose ni en vers.
Et toi, ô Esprit ! qui préfère à tous les temples un cœur droit et pur, instruis-moi, car tu sais ! Toi, au premier instant tu étais présent : avec tes puissantes ailes éployées, comme une colombe tu couvas l’immense abîme et tu le rendis fécond. Illumine en moi ce qui est obscur, élève et soutiens ce qui est abaissé, afin que de la hauteur de ce grand argument je puisse affirmer l’éternelle Providence, et justifier les voies de Dieu aux hommes."
MILTON.
Le Paradis perdu, livre I, les deux premiers paragraphes. (On peut retrouver le texte complet en français, sur Wikisource, comme je viens de le faire.)
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE, CURIEUSE, BAROQUE ET PAS BIEN-PENSANTE.
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Un député mahorais s’insurge.

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Sur la crèche de Noël, ces réflexions.

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Si ça pouvait être vrai !

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Et dire que SOLERE s’est présenté et a été élu comme député à BOULOGNE-BILLANCOURT.


Je souhaite vivement que cette collusion mafieuse trouve son épilogue dans le jugement (impartial) de monsieur URVOAS et la démission d’un homme qui prétend défendre la morale fiscale mais aurait pris quelques libertés avec elle (ce qui reste à confirmer).
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Messeigneurs les évêques, ne méprisez pas votre petit troupeau.

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Comme j’ai toujours été de sensibilité fédéraliste et girondine, j’approuve cet article paru en tribune libre sur le site de Breizh Info.

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Un témoignage poignant, que VOUS DEVEZ LIRE et qui en dit long sur la mentalité soixante-huitarde.


mardi 17 octobre 2017

16 octobre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Oui, il y a une nature humaine !

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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Qui refuse la loi naturelle refuse l’existence d’une nature humaine stable et permanente. Mais s’il n’existe pas de nature humaine invariable en tout temps et en tout lieu, il est impossible de parler de droits fondamentaux à respecter. La loi naturelle et les droits qui s’ensuivent sont en fait immuables et valides pour tous les temps et pour tous les hommes, parce que la nature humaine demeure toujours la même en tout temps et en tout lieu. Dans le cas contraire, avec la loi naturelle, tombent non seulement les droits humains mais l’idée même d’égalité entre tous les hommes. Quelle égalité possible existe-t-il entre hommes qui ne seraient pas identiques, puisque leur nature changerait continuellement ?"
In
Roberto de MATTEI.
La dictature du relativisme. (Collection "Riposte catholique")
Muller édition, Asnières-sur-Seine, 2011. (Page 35.)
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2. COMMENTAIRES.
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Faut-il être aveugle pour ne point voir que la loi naturelle est le socle, le fondement de tout ordre politique juste ? C’est bien la réalité ontologique de la nature humaine qui nous enjoint de considérer tous les êtres humains sur un pied d’égalité, qui nous permet de juger que le racisme est une abjection, et l’exploitation des pauvres par les riches une abomination : oui, le cri des pauvres monte jusqu’à Dieu, et Dieu les entend. Oui les crimes commis au nom de l’appartenance à une race ou à une religion appellent sur eux la « vengeance » divine.
Vous pouvez tourner vos pensées dans tous les sens, vous sentez bien, sans toujours pouvoir l’expliquer, qu’il y a des actions et des décisions justes et d’autres qui ne le sont pas. Et ce n’est pas en référence à la loi des hommes qu’un tel jugement peut être porté. Que voulez-vous, je n’y peux rien. Je préfère écouter les paroles de Jésus que celle de monsieur MACRON, ou de monsieur MÉLENCHON, ou de monsieur WAUQUIEZ, quand ils se réfèrent à des idéologies qui ignorent la nature de l’homme : l’homme est un sujet social, qui dit « je », et ne trouve de sens à sa vie que dans la relation. Il n’est pas un atome social, coupé de la communauté humaine, et soumis au bon vouloir de l’État et de sa machine à broyer : l’administration.
Ce n’est pas Jésus qui a parlé de races inférieures, c’est Jules FERRY. Que ses thuriféraires ne viennent pas nous casser les pieds aujourd’hui en mettant sur le compte du racisme la légitime indignation des Français contre les incivilités nombreuses de « migrants ». Il y en a des quantités qui vivent en France fort civilement, et que nous devons accueillir vraiment. Quant aux autres, nous avons le droit de les juger et de les expulser. Cette réaction repose sur un des piliers de la loi naturelle et que Thomas d’Aquin a fort bien résumé : le devoir que nous avons de persister dans l’être. Voilà qui demande du discernement dont nombre d'hommes politiques et de grossiums semblent être dépourvus !
Mais il semble aujourd’hui que le darwinisme social ait le vent en poupe et que les puissants veulent nous imposer leur loi, nous manipuler, et jouir en toute tranquillité de leur statut.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Une contribution de l’Association Avenir pour tous de Virginie Tellenne.

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Un jeune moine parle de la vie monastique.

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Une illustration du commentaire de ce jour.

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La déshumanisation continue.

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Ecouter le Miserere.

Et partager le repentir de David.


mardi 27 juin 2017

27 juin 2017. Nouvelles de la Dissidence. Oui, il y a une nature humaine !

Nous aurons bientôt achevé notre parcours dans l’ouvrage collectif, appelé Transmettre l’essentiel, actes d’un colloque organisé par L’Académie d’éducation et d’études sociales. Artège-Lethielleux, Paris, 2016. Cette fois-ci, nous voyageons dans la contribution de Guillaume de PRÉMARE, intitulée Faire vivre des communautés de destin pour construire le bien commun. Pour la gouverne de mes lecteurs, je précise que Guillaume der PRÉMARE a publié en juin 2015 un livre intitulé Résistance au meilleur des mondes ! Tout un programme.
Ce billet s’adresse à tout le monde, bien sûr, mais surtout à ces jeunes chamboulés par le discours fumeux du monde qui détruit tout repère, dézingue toutes les vertus et s’efforce de déstabiliser le peu qui reste de la transmission de notre passé. Ce monde est la proie de Satan. Le griffu se déchaîne, car il sait qu’il est déjà vaincu, lui l’esprit de confusion, l’esprit de division, l’accusateur des frères, et la parole du monde reflète bien mal la fureur qui le saisit devant la sainteté.
Courage, espoir, fermeté d’âme, chers jeunes qui avez accepté de lire mes billets. Je ne suis pas un saint, voyez-vous, mais mon plus cher désir est de le devenir, car je ne puis être heureux dans le péché et la médiocrité d’âme. Et c’est vous, votre enthousiasme, votre innocence (je dis bien innocence) qui n’ont pas été entamés par les désillusions et les malheurs de la vie qui m’ont permis de surmonter les miens propres et de retrouver la jeunesse que je croyais, à tort, définitivement perdue.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Oui, il y a une nature humaine. Et il y a, au cœur de l’âme humaine, un désir profond. Ce désir, c’est le bonheur, selon ARISTOTE. Comment définir le bonheur ? C’est aimer et être aimé. Aimer, pour le définir rapidement, c’est donner et recevoir ; se donner, se recevoir soi-même et l’un l’autre. C’est le désir profond de l’homme. Je pense que nous retrouvons ce désir chez HOUELLEBECQ [voir mon billet d’hier] lorsqu’il cherche à identifier le mal-être de ce monde où l’homme respire mal, lorsqu’il en appelle à cet enlacement de douces dépendances qui manquent tant à l’homme contemporain."
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2. COMMENTAIRES.
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La plus grande erreur intellectuelle, anthropologique et par voie de conséquence, politique, consiste à nier qu’il y ait une nature humaine, propre à l’homme et à lui seul, propre à tous les hommes, quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau, leurs croyances, leurs religions. Cette commune nature est la seule et unique raison qui nous oblige à considérer tous les êtres humains comme des frères. La fraternité n’implique nullement que nous passions sous silence les erreurs, les mensonges, les crimes de nos semblables. Mais elle suppose que nous puissions discerner ce qu’est le bien autant pour eux QUE POUR NOUS.
Il me semble que l’une des premières conditions du bonheur consiste à s’accepter tel que l’on est. Je m’explique. Nous avons tous une haute opinion de nous-même, nous nous faisons tous une haute image de ce que nous devrions être. C’est tout simplement la dictature de l’ego. Mais lorsqu’il s’agit de confronter la réalité de nos vies concrètes à l’image de nos vies rêvées, se creuse sous nos pieds alors l’abîme insondable de la discordance entre le rêve et la réalité. Dans ces rêves, bien sûr, il n’y a pas que le désir de vertu, et même il brille souvent par son absence. Mais il peut y avoir le rêve d’une réussite sociale éclatante, d’un amour total, durable et parfait pour celle ou celui avec qui on veut vivre, d’une vie paisible sans heurts ni difficultés ni douleurs, d’une réussite intellectuelle éclatante (je pense spécialement aux jeunes qui aspirent à rentrer dans des grandes écoles prestigieuses). Il peut y avoir aussi, pour les âmes les plus nobles, les souffrances de ne pas être à la hauteur des vertus qu’on se prête avec complaisance.
Je ne vois qu’une réponse à nos déceptions assumées, c’est la réponse à la question du psalmiste (Psaume 8) :

05. Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme que tu en prennes souci ?
06. Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur !

Je n’ai aucune envie de moraliser. Mais je dis et j’affirme qu’en tout être humain, là où il est, dans la culture et le pays où il vit, il y a ce désir d’infinitude, et d’amour qui ne périt pas. J’affirme, parce que j’ai cherché toute ma vie comment combler ce désir, qu’il ne peut l’être que par l’amour et la miséricorde du Père manifestés aux hommes par Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Ma quête a été récompensée par une véritable conversion.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Pensons en ces jours à ceux qui, en quittant leur terre natale, l’Algérie, ont tout perdu.

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Régis de CASTENAU souligne les dangers d’une réforme hâtive du code du travail.


En fait, cette réforme, inutile dans bien des cas pour les petites entreprises, pourrait bien être faite pour enrichir les grosses. Cela ne veut pas dire qu’il faille le laisser en l’état, bien sûr, mais qu’il faut le moduler en fonction de la taille des entreprises.
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Claude LEVI-STRAUSS et la défense de l’identité.

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Ce que tu as caché aux sages et aux savants…

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La vie un mystère à vivre !



J’avoue que cet article va bien dans le sens de la citation du jour.

dimanche 6 octobre 2013

Spinoza, les politiques et les théologiens... Lisez, ça vaut le coup ! Premier billet du 6 octobre 2013

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Je viens de trouver dans un gros livre publié chez Larousse et qui s'appelle La pensée politique, ce petit texte que l'on doit à Baruch SPINOZA, et qui forme la section 2 du Chapitre I (Introduction) de son Traité politique, publié en 1677 (traduit du latin par Emile SUISSET. Editions Charpentier, Paris, 1842) :
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"[...], les politiques passent pour plus occupés à tendre aux hommes des embûches qu'à veiller à leurs intérêts, et leur principal titre d'honneur, ce n'est pas la sagesse, mais l'habileté. Ils ont appris à l'école des faits qu'il y aura des vices tant qu'il y aura des hommes. Or, tandis qu'ils s'efforcent de prévenir la malice humaine à l'aide des moyens artificiels depuis longtemps indiqués par l'expérience et dont se servent d'ordinaire les hommes que la crainte gouverne plutôt que la raison, ils ont l'air de rompre en visière à la religion, surtout aux théologiens, lesquels s'imaginent que les souverains doivent traiter les affaires publiques selon les mêmes règles de piété qui obligent un particulier. Mais cela n'empêche pas que cette sorte d'écrivains n'aient mieux réussi que les philosophes à traiter les matières politiques, et la raison est simple, C'EST QU'AYANT L'EXPÉRIENCE POUR GUIDE, ILS N'ONT RIEN DIT QUI FÛT TROP ÉLOIGNÉ DE LA PRATIQUE." (Majuscules de votre serviteur.)
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Je vous fait grâce de la suite du texte, pourtant fort éclairante, mais je vous ferai pas grâce de mes commentaires. SPINOZA montre ici qu'il a compris ce qu'est l'idéologie, les systèmes de pensée appliqués à la politique, et leur absolue inefficacité dans ce champ très particulier de la vie humaine en société. Les théologiens ont raison, nous dit-il, parce qu'ils ont compris une chose fondamentale : c'est à la personne, à sa conscience, à sa liberté que doit faire appel une politique conforme à la nature humaine. Il faut bien des lois,  certes, puisque il y a des vices et des travers humains préjudiciables à la vie en société (la cupidité, la violence par exemple), mais ce n'est pas à coup de lois que l'on peut les vaincre ou les contenir, c'est par des questions en permanence posées à la conscience particulière, et des questions qui obligent à une réponse quelle qu'elle soit, si l'homme veut donner du sens à sa vie. Nos Princes socialistes n'ont rien compris. Ils sont prisonniers de leur système. Je ne suis pas certain que les Princes déchus aient davantage compris que l'application d'un système à la vie politique soit de nature à amener la paix et le "bonheur public". C'est en cela que le principe monarchique me semble supérieur au principe de la délégation de nos pouvoirs à un ensemble de représentants qui se combattent les uns les autres, soit pour accéder au droit de nous conduire selon leurs vues, soit pour le conserver. Ce qui ne veut pas dire que le principe démocratique soit condamnable : ce qui l'est dans la forme actuelle de la République, c'est la confusion entre le pouvoir exécutif, et le pouvoir législatif, sans compter du reste le judiciaire. On croyait que MONTESQUIEU avait fait école. On constate qu'il n'en est rien. Et nous sommes en train d'en crever.
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Je me désole de l'absence de commentaires, et parfois je me dis que je parle dans le vide. Est-ce que ça vaut le coup de se donner tant de mal ? Parfois je me pose la question.
 

mardi 18 octobre 2011

Retour à mon cher Léon

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De Léon BLOY, ce texte que tout être humain, moi le premier, devrait lire et relire tous les matins en se levant. Ce sera ma contribution du jour et je trouve qu'elle pèse d'un très fort poids de beauté, de vérité et de justice :
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"Au fond, de quoi s'agit-il pour ne pas être un idiot ou un porc ? Simplement de faire quelque chose de grand, de mettre de côté toutes les sottises d'une existence plus ou moins longue, de décider qu'on paraîtra ridicule à trois concierges et à un notaire pour entrer en condition dans la Splendeur. Alors vous saurez ce que c'est que d'être l'ami de Dieu."
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Le souci de plaire au monde, les paillettes d'une vaine gloire, la crainte de ne pas être aimé qui pousse à sacrifier la vérité sur les autels du pouvoir ! Il y en aurait à dire sur la puissante affirmation de Léon BLOY. Il met par-dessus tout l'éminente dignité de l'homme appelé de par sa nature même à faire de grandes choses, de celles qui le font monter vers Dieu. Cette seule aspiration devrait guider l'action des responsables quels qu'ils soient et des pasteurs des hommes. Mais je vois que trop souvent, ils flattent en nous les tendances les plus basses (l'envie et l'égoïsme), celles que le Malin essayent de semer dans nos coeurs pour nous entraîner dans ses abîmes de ténèbres, de douleurs et de dégoût de soi. Rien ne nous empêche de suppléer à leurs carences en prenant l'initiative de rentrer en condition dans la Splendeur. Monsieur Giscard d'ESTAING aurait dit : "en faisant le bon choix".
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samedi 12 février 2011

Encore ! allez-vous dire

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Encore, allez-vous dire... Oui, encore, mais pour le meilleur. Le Pr Anne CHENG a consacré une partie des cours qu'elle a dispensés cette année au Collège de France sur la revisite de CONFUCIUS, à l'analyse d'un livre publié par un philosophe américain, Herbert FINGARETTE (Confucius - the secular as sacred, improprement traduit, dans la seule édition en langue française, par Confucius - du profane au sacré.) Ce livre a été publié en 1972, chez Harper and Row, Publishers, New York, Hagerstown, san Francisco and London. J'ai pu me procurer les deux versions, anglaise et française. Le Pr CHENG a eu mille fois raison d'insister sur la révolution intellectuelle que représente la lecture des Entretiens (dans leur partie la plus ancienne, la seule susceptible d'être attribuée à Maître KONG sans trop d'incertitude) par FINGARETTE. Et c'est de cela que je désire vous entretenir, dans un contexte où tant l'idéologie que les hommes politiques semblent avoir oublié la nature profonde de sujet social, et religieux, qu'est l'être humain.
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CONFUCIUS, on le sait, accordait beaucoup d'importance aux rites (en chinois LI au 3ème ton). Et l'on pourrait croire qu'il s'agit là d'une exigence tatillonne, formelle, étroite. Or l'analyse approfondie de maints propos de Maître KONG (autre nom de CONFUCIUS) permet au philosophe professionnel qu'est FINGARETTE d'aboutir à de toutes autres conclusions.
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Dans le chapitre I de son livre, chapitre intitulé La Communauté humaine comme rite sacré, FINGARETTE est amené à dire ceci :
"L'image du rite sacré comme métaphore de l'existence humaine nous met éminemment en présence de la dimension du sacré dans l'existence humaine. Il y a plusieurs dimensions du rite sacré qui culminent dans la sacralité. Le rite fait ressortir avec force non seulement l'harmonie et la beauté des formes sociales, la dignité inhérente et ultime des échanges humains ; elle (sic) fait aussi ressortir la perfection morale implicite dans l'accomplissement de ses propres fins en traitant les autres comme des êtres d'une égale dignité, comme des participants libres dans le li. De plus, agir par le biais de la cérémonie, c'est être complètement ouvert à l'autre ; car la cérémonie est publique, partagée, transparente ; agir autrement, c'est être secret, obscur, tortueux, ou simplement tyranniquement coercitif."
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En réfléchissant à ces paroles si profondes, je me disais - et FINGARETTE y fait allusion en commentant le rite de la poignée de main - que les formes de courtoisie, la politesse, les rites sociaux, ne sont que des cérémonies dotées d'une sacralité dont nous n'avons même pas, ou dont n'avons plus, conscience. La centration croissante des messages politiques, idéologiques, publicitaires sur le "Je" et plus insidieusement sur le "moi", nous fait perdre la dimension essentiellement sociale de notre nature. Du reste, nombre de savants du XIXe siècle, profondément matérialistes, soulignaient avec inconscience et arrogance que les "races inférieures" n'étaient pas pleinement humaines au motif qu'elles n'étaient pas politiques. Un examen dépourvu de préjugés permet de constater que ces sociétés dites "inférieures" sont profondément humaines justement en raison de l'existence de rites dotés de sacralité en leur sein.
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Si cette analyse est vraie, alors nous pouvons dire que tout rejet des formes visibles de politesse (que ce soit dans les gestes, dans les paroles, dans le vêtement, etc.) n'est qu'un retour à une véritable barbarie, quand bien même il s'accommoderait de toutes les avancées techniques et scientifiques.
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J'aurai l'occasion de revenir sur les travaux d'Emmanuel MOUNIER et de son personnalisme communautaire, car FINGARETTE, dans un chapitre de son livre, analyse la pensée de CONFUCIUS d'une manière qui la fait apparaître absolument parallèle à celle de MOUNIER. Avant de terminer, je vous invite à méditer la partie du texte relative à la perfection morale associée à l'accomplissement de ses propres fins. Il n'est pas indifférent de rappeler ici que pour un chrétien la finalité de l'action politique consiste à conduire le citoyen vers la fin qui lui est due.
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