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jeudi 1 février 2018

29 janvier 2018. Nouvelles de la Dissidence. De l'inutilité des étiquettes, de l'utilité du caractère !

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Je reprends mes billets en essayant de rattraper mon retard. Vous aurez donc droit à trois billets de fin janvier, datés des 29, 30 et 31, et publiés aujourd’hui.
Nous allons achever la lecture de Simone WEIL avent d’inaugurer un nouveau cycle pour le mois de février.
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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 1. LA CITATION DU JOUR.
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"Vanité des étiquettes politiques. On peut se lancer dans le mouvement révolutionnaire avec un esprit de chef désireux de brasser les masses et de jouer un grand rôle sur la scène de l'histoire, ou bien de soldat fanatique ; et il se trouve dans les rangs des conservateurs des hommes de bonne volonté simplement disposés à faire concourir les forces dont ils disposent au plus grand bien de tous. C'est par le caractère que les hommes sont frères ou étrangers entre eux. Ces quelques pages constituent un appel, et cet appel est adressé sans distinction à tous ceux qui d'une part sont épris de probité intellectuelle, ont besoin de voir clair dans toutes leurs pensées et de toucher la réalité du doigt, et qui d'autre part ont l'âme assez généreuse pour être fermement résolus à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour combattre tout ce qui contribue à diminuer, à humilier, à écraser des êtres humains, et cela non par rapport à un avenir indéterminé, mais présentement."
In
Simone WEIL.
Oppression et liberté.
Gallimard, Paris, 1955. Collection Espoir
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2. COMMENTAIRES.
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Mes commentaires seront très brefs. Monsieur MÉLENCHON répond à la définition du révolutionnaire en peau de lapin. Monsieur Jean-Frédéric POISSON a le profil d’un homme de caractère qui a le sens du bien commun et il a eu des analyses très justes sur le rôle utile des syndicats, lors des débats des primaires de la droite.
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3. REVUE DE PRESSE UN PEU BAROQUE, INSOLENTE OU CURIEUSE.
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Une contribution inédite d’Elvire DEBORD sur Alix REYNIS, un artisan rare et doué.

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Sur les élections législatives partielles.

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Je suis assez d’accord avec Philippe BILGER. 

Gérard COLLOMB ne fait pas si mal que ça.

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Théo, Pépère et la désinformation !


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Voir ce film qui va bientôt sortir.

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Belle jeunesse ! Je ne cesse de le dire, et j’en suis le témoin ébloui.


dimanche 15 janvier 2017

15 janvier 2017. Nouvelles de la Résistance. Supprimons les partis politiques

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche d’être vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Les partis sont un merveilleux mécanisme par la vertu duquel, dans toute l’étendue d’un pays, pas un esprit ne donne son attention à l’effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice, la vérité.
[…].
Si l’on confiait au diable l’organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux."
In
Simone WEIL.
Note sur la suppression générale des partis politiques. (Réédition de l’édition Gallimard de 1957.)
Éditions Sillage, Paris, 2016, p. 32.
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2. COMMENTAIRES.
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Je n’ai pas perdu mon temps à écouter le premier débat des primaires de la gauche ; pour ce qui est des primaires de la droite, je n’ai écouté qu’une petite partie du premier débat. Tout ce déballage d’ego m’ennuie profondément. De tous les prétendants dits de droite, le seul qui m’ait paru défendre la justice, le bien public et la vérité est monsieur POISSON. Si vous avez bien écouté ce qu’il disait, vous constaterez, par exemple, que non seulement il n’a pas tenu le même discours que ses compétiteurs sur les syndicats, dont il a reconnu l’utilité ; il a constaté – en tant que chef d’entreprise – que 80 % des accords négociés patronat-syndicats étaient avalisés par les responsables syndicaux, mais il a proposé des solutions justes, équilibrées et soucieuses du bien public dans presque tous les domaines. Dans ces débats, les candidats ont passé beaucoup de temps, semble-t-il, à discuter de monsieur BAYROU, mais assez peu à évoquer la question du chômage ou de la pauvreté : manifestation la plus extrême de l’esprit de parti.
Pour ce qui est de la gauche, dont les potions mortifères sont élaborées dans les cornues du Grand Orient, on peut affirmer qu’elle présente à un degré extrême les défauts dénoncés par Simone WEIL. Les clans, les écuries, les passions déchaînées en faveur de tel ou tel candidat, les anathèmes ou les coups d’encensoir n’ont jamais porté sur des propositions concrètes mais sur des idées, sorties des lobes cérébraux des aveugles les plus aveugles. Il n’y a pas un domaine, ou presque, où les propositions socialistes soient fondées sur la justice, le bien commun et la vérité. Les propositions et les lois sur l’avortement sont sans doute la manifestation la plus extrême de la négation des droits du faible, sous couvert de la défense des droits de la femme. Ne parlons pas des lois économiques, faites pour défendre les seuls salariés dotés d’un CDI, de préférence dans la fonction publique. Aucune réflexion sur la modification des modes de production vers les petites entreprises, l’auto-entreprenariat, la création de petites structures par des initiatives personnelles. Ces imbéciles ont taxé les auto-entrepreneurs au motif (du reste justifié parfois) d’une concurrence déloyale avec les TPE. La bonne solution eut été d’aligner la fiscalité des TPE sur celle des auto-entrepreneurs. On a fait tout le contraire. Et l’on a ainsi, au nom de l’idéologie, non pas du bien commun, frustré notre patrie de la création de milliers d’emplois.
Ne parlons pas de vérité. Les partis politiques de la connaissent point. Ce qui les intéresse, c’est le pouvoir, son exercice, et la jouissance des avantages qu’il procure. Les mensonges proférés sur la situation en Syrie, pour ne citer que cette question, et la perte totale de crédibilité de notre patrie dans un pays dont nous avions été le protecteur, illustre à merveille ce processus qui consiste à élaborer une fausse image de la réalité, à la diffuser et à tromper l’opinion publique, avec l’aide des médias, de la classe dominante et de la finance.
Bref, pour reprendre ce que dit Simone WEIL dans la même note, et pour dénoncer le manichéisme des sondages et leurs effets de manipulation, « Presque partout ― et même souvent pour des problèmes purement techniques ― l’opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre s’est substitué à l’obligation de la pensée. »
Je suis résolument pour la suppression, que dis-je ? pour l'interdiction des partis politiques. Ils ont fait assez de mal comme ça. Le général de GAULLE avait bien raison, le seul qui ait su se placer au-dessus des gnomes qui sont à la tête de ces petites officines. 
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Non à la culture de mort.




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L'information commence à échapper au monde médiacratique.

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/01/d%C3%A9sormais-la-hi%C3%A9rarchie-de-linformation-%C3%A9chappe-en-grande-partie-aux-m%C3%A9dias-officiels.html 



samedi 29 octobre 2016

29 octobre 2016. Nouvelles de la Résistance : mettre fin au régime de partis !

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Non, une fois de plus non, ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"L'absurdité, le gribouillisme qui résultent, va comme je te pousse, de l'enrôlement dans les partis, sont incomparablement plus manifestes aujourd'hui que jamais. Il suffit, d'ailleurs, que l'un d'eux se soit fait une spécialité des tournants en épingle à cheveux pour mettre en détestable condition tous les autres. N'y a aurait-il pas, dans la structure de tout parti politique, une anomalie rédhibitoire, un vice fondamentalement préjudiciable à l'homme ? C'est ce dont des esprits divers, mais qu'on peut tenir pour éclairer, se sont avisés tour à tour. Au meeting qui se tint l'an dernier à Pleyel sur le thème « Internationalisme de l'esprit» , l'occasion me fut donnée en sa présence de rappeler qu'Albert CAMUS voyait dans la non-appartenance à toute espèce de parti la première caution que devraient appelés à fournir ceux qui, d'un large et passionné échange de vues et d'idées, croient encore possible d'attendre un remède au mal actuel. On conçoit, en effet, que plus la discipline est forte à l'intérieur d'un parti, plus les idées qui le mènent tendent à se stéréotyper, à se scléroser. Qu'on se reporte aux maîtresses pages où Jules MONNEROT dans sa très importante Sociologie du communisme, montre comment un tel parti s'empare de «l'idéal du moi» pour le faire servir à sa propre socialisation."
André BRETON [Préface au livre de Simone WEIL « Note sur la suppression générale des partis politiques. »]
Climats/'Editions Flammarion, Paris, 2006 (date du dépôt légal). parue d'abord dans Combat, N°1803, daté du 21 avril 1950), p. 17.
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2. COMMENTAIRES.
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Le spectacle qu’offre aux yeux des citoyens médusés le petit monde clos des partis politiques justifie amplement le constat et le souhait que notre grande philosophe Simone WEIL (celle qui est morte à Londres an 1942) a utilisé comme titre pour un ouvrage absolument fondamental. Nous voyons des hommes et des femmes qui se déchirent au sein même des partis qui prétendent à nos suffrages. Marine interdit Marion de télévision, Claude Bartolone tourne les talons à François Hollande et Manuel Valls ne décolère pas contre celui qui l’a trahi en laissant paraître dans "le livre" des propos tenus en privé, Jean-Luc Mélanchon est en délicatesse avec le parti communiste. Jean-François Coppé déteste Fillon qui le lui rend bien, et Nicolas Sarkozy dézingue à tout va son adversaire à l’identité sans doute heureuse, j’ai nommé monsieur Juppé.
Un seul échappe à mon réquisitoire : Jean-Frédéric Poisson. Écoutez-le et concluez.
Ainsi, ces gens qui prétendent introduire de l’harmonie dans notre patrie, sont incapables de s’entendre entre eux. Vous pourriez croire que c’est pour des raisons de programme et d’idées ? Que nenni, c’est pour des raisons de pouvoir. Comment capter les voix des électeurs en les manipulant ? Avez-vous entendu parler de France, de patrie, de sécurité, de travail ? Que nenni ! On se bat pour des chocolatines à 15 centimes ou des footballeurs qui auraient besoin de muscler leur cerveau.
Tout cela est dérisoire. Aussi bizarre que va vous paraître mon opinion, le seul qui à gôôôche ait une certaine cohérence est monsieur Mélanchon. Outre qu’il est un orateur politique de la taille d’un Jaurès ou d’un Barrès, il a pris quelques initiatives intéressantes, comme celle de tirer au sort un certain nombre de participants se réclamant de ses principes, pour participer à ses conventions et congrès. C’est un bon début !
En vérité, je puis partager certaines idées de la droite qualifiée d’extrême, en matière de patriotisme et d’attribution de la nationalité française, trouver normal que la nouvelle gauche réclame une plus juste répartition des richesses (à condition qu’elle frappe à la bonne adresse !), admettre la nécessité d’aider ceux de nos compatriotes qui vivent dans le dénuement, vouloir que les délinquants soient effectivement punis, ne pas salir systématiquement les syndicats qui sont souvent utiles (monsieur Poisson du reste l’a dit), mais encourager le renouvellement de leurs méthodes et de leurs cadres, et par-dessus tout réclamer que l’on attribue aux corps intermédiaires des pouvoirs politiques réels et des franchises contre quoi l’État ne pourrait rien.
D’où la nécessité d’expulser ces nuisibles qui détruisent la France, parce qu’ils prétendent mieux la connaître que les Français eux-mêmes, et de voter pour des gens qui ont une pensée politique large, une compréhension profonde de nos problèmes, et une absence totale de préjugés. Celui qui correspond le mieux à ce profil idéal est monsieur Poisson. C’est pourquoi je convie mes quelques lecteurs à lui apporter leur suffrage aux élections primaires.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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La carotte et le bâton de monsieur GAZNEUVE, euh CAZENEUVE !


Vous pourriez voir des difficultés à activer le lien. Copiez-le et allez sur Google ou Mozilla ou tout autre moteur de recherche.

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Un bon livre et de bonnes idées : mettre fin aux règnes des partis.

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Les propositions de Jean-Frédéric Poisson.

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Une religieuse qui doute malgré son immersion dans la foi.


dimanche 27 novembre 2011

La démocratie est bien malade

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Un parti qui  représente environ 7 % des électeurs n'aura aucun mal à trouver les 500 signatures requises pour valider la candidature de son champion aux élections présidentielles ; un parti qui recueille entre 18 et 20 % des voix peine à trouver chez les élus les dites signatures. C'est ce qu'on appelle la démocratie.
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Je n'ai de sympathie ni pour les écologistes ni pour le Front National. J'ai dit ailleurs que ces partis présentent dans leurs programmes des propositions qui me paraissent utiles ou bonnes. Il est donc tout à fait normal que madame Eva JOLY puisse se présenter. Mais je trouve scandaleux que Marine LE PEN ait du mal à recueillir ces signatures et que les ténors de la politique, sous le prétexte qu'il faut éviter les candidatures farfelues à l'élection présidentielle, aient porté de 100 à 500 le nombre de signatures d'élus pour valider la candidature d'un citoyen français, en l'assortissant de la publication de l'identité de ces soutiens. En démocratie, tout citoyen doit avoir le droit de se présenter à cette élection, sans aucune barrière. Toutes les mesures dites de précautions sont des arguties pour préserver le pré-carré et les prébendes de ceux qui depuis trente ans ne cessent de nous conduire tout droit dans le mur. Bien entendu, cette liberté doit être associé la responsabilité. Les frais de campagne ne doivent pas être remboursés au candidat, et encore moins à ceux qui ont obtenu plus de voix en pourcentage que le seuil requis par la loi. Le candidat doit les payer de ses fonds personnels, ou des dons de ses partisans, ou sur les fonds du parti qu'il représente. Et je trouve curieux que les champions des "plus démunis" fassent justement pleuvoir les deniers publics (notre argent, je le redis) sur les plus gros partis, et assèchent les plus petits.
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La vérité, c'est Simone WEIL qui l'a exprimée dans ce petit livre, ce petit bijou de réflexion dont j'ai si souvent parlé : Note sur la suppression générale des partis politiques. Elle décrit les caractères des partis. Elle en voit trois essentiels. Voici ce qu'elle dit du dernier :
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"Quant au troisième caractère des partis, à savoir qu'ils sont des machines à fabriquer de la passion collective, il est si visible qu'il n'a pas à être établi. La passion collective est l'unique énergie dont disposent les partis pour la propagande extérieure et pour la pression exercée sur l'âme de chaque membre."
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Feu le Président MITTERRAND excellait dans l'art d'attiser les passions collectives. En soutenant le "Touche pas à mon pote", par exemple, ou en modifiant in extremis la loi électorale pour éviter un désastre, il a fait entrer 50 députés du FN, tout en poussant les siens à taper dessus à bras raccourcis. C'est un moyen d'accéder au pouvoir, de s'y maintenir ou de s'y accrocher. je doute fort que c'en soit un de gouverner. Un excellent article sur la nécessité de l'union nationale en ces moments de crise terrifiants (car nous n'avons pas tout vu, loin de là) a paru dans Le Figaro de vendredi sur ce sujet. J'y reviendrai.
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samedi 17 avril 2010

Il faut supprimer les partis politiques

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Je vous jure que je ne l'ai pas fait exprès. Figurez-vous que je suis tombé par hasard sur un petit opuscule dû à Simone WEIL, notre grande Simone WEIL, en cherchant un tout autre ouvrage dans les rayons d'une excellente librairie. Il a pour titre Note sur la suppression générale des partis politiques. Je l'ai dévoré en quelques dizaines de minutes, car le texte est court mais d'une inégalable densité. On ne sort pas de cette lecture comme on y est entré, et l'on se fait alors de la démocratie une tout autre idée de ce qu'elle prétend être dans la bouche de nos élites. Au fur et à mesure de ma lecture, je me disais : voilà ce qui est juste et que je n'ai jamais su bien dire dans mes billets. Voilà ce que mes lecteurs doivent lire, méditer, connaître et approfondir : il ne peut y avoir de parti politique légitime dans un régime authentiquement démocratique.
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D'abord, un peu d'histoire. Cette note a paru dans le numéro 26 de la revue La Table ronde, daté du mois de février 1950. André BRETON réagit à ce texte alors inédit dans une livraison d'avril du journal Combat et ALAIN, qui fut un des maître de Simone WEIL, le fait au même mois dans la même revue de La Table ronde. Simone WEIL est morte depuis sept ans quand paraissent ces réflexions.
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Voici quelques extraits de ce texte dont je recommande absolument la lecture, et de la plus urgente et expresse manière.
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"Le fait qu'ils [les partis] existent n'est nullement un motif de les conserver. Seul le bien est un motif de conservation. Le mal des partis politique saute aux yeux. Le problème à examiner, c'est s'il y a en eux un bien qui l'emporte sur le mal et rende ainsi leur existence désirable."
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"S'ils sont du mal, il est certain qu'en fait et dans la pratique ils ne peuvent produire que du mal. [...] Mais il faut d'abord reconnaître quel est le critère du bien.
Ce ne peut être que la vérité, la justice, et, en second lieu, l'utilité publique.
La démocratie, le pouvoir du plus grand nombre, ne sont pas des biens. Ce sont des moyens en vue du bien, estimés efficaces à tort ou à raison."
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"Seul ce qui est juste est légitime. Le crime et le mensonge ne le sont en aucun cas."
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"La vérité est une. La justice est une. Les erreurs, les injustices sont indéfiniment variables. Ainsi les hommes convergent vers le juste et le vrai, au lieu que le mensonge et le crime les font indéfiniment diverger. L'union étant une force matérielle, on peut espérer trouver là une ressource pour rendre ici-bas la vérité et la justice matériellement plus fortes que le crime et l'erreur."
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Il est très important au point où j'en suis de mes citations d'indiquer que Simone WEIL attribue aux passions le crime et les erreurs. Et à propos des théories de Jean-Jacques ROUSSEAU, exposées dans le Contrat social, elle dit ceci :
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"Un vouloir injuste commun à toute la nation n'était aucunement supérieur aux yeux de ROUSSEAU - et il était dans le vrai - au vouloir injuste d'un homme. [...] ROUSSEAU pensait seulement que, le plus souvent, un vouloir commun à tout un peuple est en fait conforme à la justice, par la neutralisation mutuelle et la compensation des passions particulières. C'était là pour lui l'unique motif de préférer le vouloir du peuple à un vouloir particulier."
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"Si une seule passion collective saisit tout un pays, le pays entier est unanime dans le crime. Si deux, ou quatre ou cinq ou dix passions collectives le partagent, il est divisé en plusieurs bandes de criminels. Les passions divergentes ne se neutralisent pas, comme c'est le cas pour une poussière de passions individuelles fondues dans une masse ; le nombre est bien trop petit, la force de chacune est bien trop grande pour qu'il puisse y avoir neutralisation. La lutte les exaspère."
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"Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient de commencer par en discerner les caractères essentiels. On peut en énumérer trois. (a) Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective. (b) Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres. (c) La première fin, et, en dernière analyse, l'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite.
Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration." [Les divisions en (a), (b) et (c) sont de votre serviteur.]
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Et ceci qui est admirable de justesse et de profondeur :
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"Mais comment désirer la vérité sans rien savoir d'elle ? C'est là le mystère des mystères. Les mots qui expriment une perfection inconcevable à l'homme - Dieu, vérité, justice - prononcés intérieurement avec désir, sans être joints à aucune conception, ont le pouvoir d'élever l'âme et de l'inonder de lumière.
C'est en désirant la vérité à vide et SANS TENTER D'EN DEVINER A L'AVANCE LE CONTENU QU'ON REÇOIT LA LUMIÈRE. C'est là tout le mécanisme de l'attention. [Majuscules de votre serviteur.]
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Comment passer sous silence la conclusion ? Impossible. Elle résume absolument ce que je pense.
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"Presque partout - et même souvent pour des problèmes purement techniques - l'opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s'est substituée à l'opération de la pensée.
C'est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques, et s'est étendue à travers tout le pays, presque à la totalité de la pensée.
Il est douteux qu'on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques."
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Demain matin, je reprendrai un passage de Cynthia FLEURY et un passage de Rémi BRAGUE, qui illustreront de manière concrète la signification essentielle de l'ouvrage de Simone WEIL que tout citoyen devrait avoir lu. J'ajoute que, piqué au vif par les remarques d'un lecteur que j'admire et qui trouve mes billets sans fadeur et sans pertinence, je me suis rendu compte qu'il avait raison, et qu'il n'y a aucune raison de ne pas dire crûment ce que je pense : non au PS (le premier créateur de ces coupables pulsions collectives), non à l'UMP (le second créateur), non au Modem, non au PC, aux écologistes et à toutes ces organisations créatrices de ces passions partisanes qui nous empêchent de vivre vraiment en démocratie.
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