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dimanche 22 avril 2018

Dimanche 22 avril 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Décomposition de l'Europe apostate


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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1. GEORGES BERNANOS, L’ABANDON DU CHRISTIANISME ET LA DECOMPOSITION L’EUROPE.
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"Je ne vois aucune possibilité d’un rétablissement politique de l’Europe par des moyens politiques.
"Si la distinction subsiste entre pays totalitaires et pays libres, l’avantage sera en faveur des États totalitaires. Et si toute l’Europe devient totalitaire, le remède sera pire que le mal. L’expérience semble malheureusement démontrer que les démocraties n’ont été qu’une étape de l’évolution de la société capitaliste qui détruisit la société chrétienne. La société moderne n’est pas viable. La ridicule disproportion entre son énorme complexité économique et la faiblesse et l’inefficacité de sa morale utilitaire éclate aujourd’hui aux yeux de tout le monde. Le monde actuel possède infiniment trop de puissance pour ce qu’il a d’honneur." 
In
Georges BERNANOS.
La révolte de l’esprit. Écrits de combats (1938-1945). ("Le goût des idées". Collection dirigée par Jean-Claude ZYLBERSTEIN.) Présentation de Gilles BERNANOS.
Les Belles Lettres, Paris, 2017. (Page 15.)
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2. CONTREPOINT DE THOMAS MORE.
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"Chercher le bonheur sans violer les lois, est sagesse ; travailler au bien général est religion ; fouler aux pieds la félicité d’autrui en courant après la sienne, est une action injuste.
"Au contraire, se priver de quelque jouissance, pour en faire part aux autres, c’est le signe d’un cœur noble et humain, qui, du reste, retrouve bien au-delà du plaisir dont il a fait le sacrifice. […]. L’homme qui a foi aux vérités religieuses doit être fermement persuadé que Dieu récompense la privation volontaire d’un plaisir éphémère et léger, par des joies ineffables et éternelles."
In
Thomas MORE.
Utopie. Traduction V SOUVENEL.
Paulin, Libraire, Éditeur, Paris, 1842. (Livre 2, Page 186 ; réédité par les Éditions sociales.)
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3. COMMENTAIRE PERSONNEL.
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Rod DREHER dans son admirable livre passe en revue les vertus qui président à la vie d’un couvent bénédictin et il explique comment, d’une certaine manière, il est possible d’appliquer ces vertus à la famille et à des communautés humaines qui ont fait ce pari. L’Europe, hélas, a apostasié sa foi ; elle est en train de se décomposer sous nos yeux impuissants. Chaque jour qui passe, chaque initiative des commissaires européens, du parlement européen, de la CEDH nous renvoient à cette décomposition avancée. Nous ne perdrons pas courage. Je vois tous les jours, et de plus en plus, des gens qui, sans être des piliers de sacristies, ont compris le danger de l’ubris, de la démesure, de la folie du grand bistringlin européen. Et dans une certaine mesure, les contre-sociétés zadistes qui naissent ici et là ne font que se dresser contre cette inhumanité. Partager, discuter dans des lieux propres à la communauté de vie, aimer la nature, me semblent être porteurs de valeurs pré-évangéliques. J’en reparlerai pour avoir été le témoin de la vie d’une de ces communautés. Et j’en reparlerai demain.
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4. LIENS UTILES.
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Un monde en pleine décomposition !



Aider le peuple syrien à reconstruire.


Le bidonnage de l’attaque chimique (bis, car j’ai déjà donné un lien analogue).


Les patriarches orientaux condamnent l’agression des Américains, Britanniques et Français.


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Ils se tiennent les coudes contre nos propres intérêts moraux et spirituels, sans parler des intérêts économiques, tout à fait secondaires.


Nous vous soutiendrons madame !


Et nous soutiendrons les parents de ce petit garçon condamné à mort par des médecins et des juges !


Et ils voudraient nous faire aimer l’Europe !


Nous y sommes.




mercredi 21 juin 2017

21 juin 2017. Nouvelles de la Dissidence. Loi Travail ! Ne pas se tromper sur l'homme

Nous continuons notre parcours dans l'ouvrage collectif, appelé Transmettre l’essentiel, actes d’un colloque organisé par L’Académie d’éducation et d’études sociales. Artège-Lethielleux, Paris, 2016. Encore une réflexion de Pierre-Yves GOMEZ dans son excellent article Le sens du travail.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Je trouve frappant que, dans les débats ou les réflexions politiques, le thème du travail comme fondation ne vient jamais. On parle volontiers de « valeurs » de la République, de la laïcité, de l’Histoire de la France parfois, du progrès de la France « mère des arts, des armes et des lois », etc. Mais pas du travail comme ciment national. On parle abondamment du chômage (par la négative donc), mais pas du travail, de la philosophie du travail, du sens du travail, de l’utilité du travail pour qu’existe une société. Pourtant le contenu du travail, les projets et la manière de travailler fixent une communauté nationale ou locale, nous l’avons dit. Cela me paraît suffisamment évident pour que je me demande pourquoi la question du vivre ensemble n’est jamais abordée sous cet angle.
Les sciences humaines et sociales ont montré depuis fort longtemps qu’il n’y a pas de communautés qui tiennent sans des représentations partagées du travail. C’est ce que j’appelle la condition du travailleur clairement établie. On forme un peuple parce qu’on a défriché ensemble des terres, parce qu’on a bâti des routes et des cathédrales, parce qu’on a jeté des ponts, etc. C’est cela aussi qui participe à la transmission d’une culture. Une culture qui intègre une représentation, une philosophie du travail et des manières multiples de réaliser le travail ‘bien fait’" (Page 202.)
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2. COMMENTAIRES.
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Cette page n’a l’air de rien et pourtant il me semble qu’elle est décisive pour notre avenir. Il convient très clairement de dire que si la loi réformant le code du travail se borne à n'en voir que l'aspect économique, elle court à un échec certain.
En faisant croire aux Français, essentiellement aux salariés, que le travail était une malédiction, ou encore un poids dans la vie humaine, l’idéologie socialiste et marxiste en général et madame AUBRY en particulier ont réduit le travail à seule dimension économique et encore, à son seul rôle de moyen, celui de gagner suffisamment d’argent pour assurer non seulement sa vie ordinaire, mais encore ses loisirs et ses plaisirs, placés dans l’imaginaire social comme le but de l’existence.
En faisant croire au salarié qu’il ne faisait que vendre sa force de production à un patron avide (tout comme le salarié) de faire de l’argent pour ses loisirs et ses plaisirs, on a négligé la dimension sociale de l’agir ensemble, dans une équipe, un groupe, une organisation. La chose s’est évidemment aggravée avec l’augmentation de la taille des entreprises et la spécialisation des tâches. Voilà qui a accru le sentiment de n’être qu’un rouage dans un ensemble mécanique complexe. Or, même dans une entreprise de grande taille (je pense à EADS et Airbus) il est possible de créer des conditions de travail qui rendent les salariés fiers de participer à une œuvre collective. C'est ce ces entreprises qu'il faut tirer des leçons.
Cette idée de la lutte des classes a rendu inévitable la codification des droits (mais pas des devoirs) des salariés en face de l’employeur, l’empilement de mesures, de réglementations souvent idiotes, le compte pénibilité étant l’illustration la plus éclatante de l’imbécillité hollando-socialiste en la matière. Bien sûr qu’il y a des tâches pénibles ; certaines sont d’ordre physique et il est normal, juste et légitime d’en tenir compte ; mais qui mesurera le stress lié aux exigences de rendements (pour ne citer que cet exemple) ou à  des conditions subjectives parfaitement impossibles à évaluer ? Si la vie n'était qu'un chemin couvert de pétales de roses, cela sa saurait.
Tout est à repenser.

Il y a une autre conséquence importante. Il est impossible d’absorber une masse croissance d’immigrés sans assurer à ceux-ci le moyen de s’intégrer par le travail dans la communauté nationale. S’il s’agit de profiter d’une main d’œuvre à bon marché, c’est inacceptable. Il nous faut avoir de l’imagination, du discernement, et rejeter systématiquement ceux d’entre les étrangers qui veulent profiter des avantages de leur pays d’accueil sans lui payer en retour, par une contribution, si minime soit-elle le tribut de reconnaissance qui lui est dû, ne serait-ce qu’en en apprenant la langue et l’histoire.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Merci et honneur à vous monsieur !

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À soutenir et à faire connaître. Vive Natacha !

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Une passionnante enquête !

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L’Europe ! C’est beau l’Europe !


L’espagnol qui est une des langues les plus parlées dans le monde n’est donc pas éligible comme langue de rédaction des brevets européens ? Et on voudrait nous faire aimer ce grand bidule ? Je soutiens nos amis espagnols dans légitime revendication.
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Liberté, liberté, liberté !

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Excellent article à lire attentivement :


L'auteur fait notamment allusion à KELSEN, dont j'ai parlé à plusieurs reprises lors du vote de la loi dite TAUBIRA. 
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Un grand homme politique et un grand saint : Thomas MORE.


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Quand BFMTV prend ses désirs pour des réalités, je me marre !

bfm fiabilite

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Oui L'Eglise catholique aime les femmes !



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mardi 14 juin 2011

Paroles d'un homme de terrain

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Je vous l'avais promis. Je tiens ma promesse. Voici un petit extrait du livre du père Camille BRISCHOUX. Le père a été en paroisse pendant quarante ans et dans sa Lettre d'un curé de base à un évêque ordinaire dont la lecture me fut réconfortante et roborative, il n'esquive aucune des difficultés pastorales auxquelles il a été confronté pendant son ministère. Après avoir crié la douleur et la détresse qui est la sienne de devoir dispenser les sacrements institués par le Christ à des baptisés qui n'ont pas la foi, il aborde sans détour dans le chapitre CONFESSION la question de la contraception. Je trouve ces paroles justes et il est important qu'elles sortent de la bouche d'un prêtre expérimenté. Je commencerai par rappeler que j'ai souvent dit ici même ceci :  l'obsession des clercs en matière de comportement sexuel a éloigné de l'Eglise quantité d'hommes et de femmes de bonne foi. J'espère ne pas choquer les rigoristes ou les puritains en rapportant ici l'avis du père BRISCHOUX.
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"Humanae vitae n'était pas infaillible et le document évoqué plus haut sur la sexualité ne l'était pas non plus. On peut donc discuter. Avec mon gros bon sens hérité de mon ascendance ouvrière, je dis simplement que la contraception est de tous les temps et de tous les pays et, en particulier, de notre Occident chrétien. Quelquefois elle est de nécessité absolue.
[...]
Le recours obligé à des méthodes [de contraception] dites "naturelles" (Ogino, température) est dépassé. Bien malin qui pourrait faire une différence de valeur "naturelle" entre un caoutchouc, une pommade, un thermomètre ou n'importe quoi.
[...]
Mais direz-vous, vous allez contre la loi portée par Rome ! Oh que non. Je constate simplement que la loi sur la contraception est universellement inappliquée parce qu'elle est inapplicable. Qui donc pourrait m'en vouloir de constater un état de choses universel ?"
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Pour ce qui me concenre, il m'apparaît que la maîtrise de soi est effectivement demandée par Jésus à ceux qui écoutent sa parole. C'est l'évidence. Mais Jésus dénonce à de très nombreuses reprises l'hypocrisie des Pharisiens qui "retiennent la mouche mais laissent passer le chameau" dans les mailles de leurs tamis, et il n'a jamais cessé de révéler la miséricorde de son Père à ceux qui ont cru en Lui. Du reste Paul de TARSE a recommandé le remariage aux veufs et aux veuves désireux de vivre une belle sexualité (il ne le dit pas comme ça bien sûr, mais d'une manière plus abrupte : "Je dis toutefois aux célibataires et aux veuves que [...] s'ils ne peuvent se contenir, qu'ils se marient : mieux vaut se marier que brûler [1Co 7, 8]) et il ne lie pas cette recommandation à la procréation. Il y a donc un idéal vers quoi il est bon de tendre ;  il y a des hommes et des femmes qui y parviennent dans l'amour et la paix intérieure. Et puis il y a des hommes et des femmes pour qui la chose est tout simplement impossible "pour l'instant" et qui n'en sont pas moins charitables, humbles, priants. La foi ne se résume pas à l'observation de préceptes comportementaux. Elle est d'abord un chemin, une expérience de rencontre amoureuse et de la rencontre découle tout le reste. J'ose le dire : je fais cette expérience de rencontre et elle me comble.
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Ceci pour dire que l'Église n'est pas si bornée que ces messieurs les imbéciles veulent bien le dire. Et que les propos de BENOÎT XVI dont je vous parlais hier, doivent être analysés dans un contexte beaucoup plus général. Je vous renvoie aussi à un billet (daté du 27 février 2008) consacré aux très sages recommandations que saint THOMAS MORE, dans Utopie, donnait à des jeunes gens désireux de se marier. Cherchez-le, vous serez étonnés.
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Allez ! Bonne journée.

mercredi 27 février 2008

Ringards, les cathos ?

Il est de bon ton, depuis des lustres, de moquer la ringardise des cathos, et la haine que l'Église catholique a du corps. Voici le petit extrait d'un livre tout à fait intéressant, dont je ne vous donnerai l'auteur qu'après vous avoir imposé cette lecture instructive :
"En fait de mariage ils observent avec un respect religieux une coutume qui nous a d'abord très-fort (sic) choqués tant elle nous parut bisarre (sic) & indécente. Lorsque deux personnes se recherchent, ils ne veulent point qu'elles s'engagent avant d'avoir toutes deux jugé par elles-mêmes des qualités de leur propre corps. En conséquence, une vénérable matrone déshabille la future & la fait voir toute nue à son amant, qui de son côté est présenté à sa maîtresse dans l'état de pure nature par quelque grave et honnête personnage. Nous eûmes de la peine à retenir nos éclats de rire en apprenant cet usage, & nous leur avouâmes franchement que nous le trouvions fort sot et fort impertinent. Mais ils se moquèrent bien de nous & des inconséquences aussi funestes que multipliées que commettent sur cet article les peuples de notre Univers. Quoi, nous dirent-ils, lorsqu'il s'agit de l'achat d'un méchant bidet, vous faites les plus grandes attention à votre marché pour n'en être pas la dupe. [...] Mais à combien plus forte raison devez-vous être attentif au choix que vous faites d'une femme. Songez que c'est uniquement de ce choix que dépend cette volupté délicieuse qui fait le charme de nos beaux jours ou ce dégoût insurmontable qui les remplit d'amertume. etc., etc." [Amant et Maîtresse, au XVIIIe siècle, signifient l'amoureuse et l'amoureux]
C'est un homme politique qui a écrit cela. C'est aussi un saint de l'Église catholique. Il a été assassiné par son souverain qui ne lui trouvait pas l'échine assez souple. Il s'agit de saint Thomas MORE, chancelier d'Angleterre (1478 - 1535), et cet extrait est tiré de son célèbre ouvrage, connu sous le nom de l'Utopie, mais dont le titre exact est légèrement plus long (voir plus bas).
Voici un autre extrait
"L'objet le plus noble & le plus intéressant de toutes leurs questions et de toutes leurs recherches est de savoir en quoi consiste le vrai bonheur de l'homme, si c'est dans une seule ou dans plusieurs choses réunies. La plupart des Utopiens embrassent sur cet article le système d'Epicure ; ils sont persuadés que si la volupté n'est pas entièrement dispensatrice de bonheur, elle seule du moins contribue le plus à nous le procurer. Ce qui va vous étonner sans doute, c'est qu'ils fondent sur la religion même, toute triste & toute sévère qu'elle est, une morale si facile & si douce. Jamais ils ne dissertent sur le souverain bien de l'homme qu'ils n'invoquent le secours de leur religion ; ils déduisent leurs conséquences de ses principes mêmes ; ils mêlent ses maximes aux raisonnements de la philosophie, & pensent que, sans le secours de leurs lumières réciproques, ils feraient pendant toute leur vie des recherches infructueuses pour trouver la félicité."
In
Tableau du meilleur gouvernement possible ou l'Utopie,
de Thomas MORUS, Chancelier d'Angleterre, en deux livres. Traduction nouvelle dédiée à S.E.M. le Comte de Vergennes, Ministre des Affaires Étrangères,
Par M. T. ROUSSEAU.
A Paris, Rue Dauphine, à l'entrée à droite par le Pont-Neuf, Chez Alex. JOMBERT, Successeur de Ch.-Ant. JOMBERT, son Père, Libraire du Roi pour l'Artillerie et le Génie, 1780. (Je possède ce livre dans ma bibliothèque.)
Il y a là, agrémenté d'une précision, d'un humour, et d'une très fine psychologie, un enseignement d'une très rare modernité. Homme politique, Thomas MORE ne crachait point sur la philosophie. Catholique fervent, et rentré en opposition avec Henri VIII, il sait concilier les exigences de la raison, de la nature et de la foi. Pas mal, pour un homme de la Renaissance. Allons, messieurs les hommes politiques, un petit effort de lecture. Vous trouverez bien des choses intéressantes dans ce livre sur l'art de gouverner, et monsieur DRAY pourra peut-être changer d'opinion et renoncer à son antipathie pour "une vision religieuse de la société".
Bonne semaine.