vendredi 27 novembre 2009

Relâche

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Je m'absente jusqu'à mercredi soir, et reprendrai les billets le jeudi 4 décembre. Juste un petit mot avant de clore momentanément nos échanges.
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En consacrant un billet à l'Esprit de Vérité, je ne visais personne, que ce soit bien clair dans la pensée de tous mes lecteurs. J'accepte parfaitement la remarque que certaines de mes présentations "absolutistes" relèvent de l'esprit de mensonge que je dénonçais hier. J'ai dit, et je le ferai, que je m'efforcerai désormais d'éviter les effets, la rhétorique, tout ce qui relève justement du père du mensonge. J'admets tout à fait que mes opinions n'ont pas de valeur absolue et que je puis me tromper. Mais j'affirme qu'en Jésus, il n'y a pas de ténèbres, qu'en lui tout est lumière, et qu'il nous invite à dire "un oui qui soit un oui, un non qui soit un non".
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Je vous souhaite une bonne semaine. A bientôt.

jeudi 26 novembre 2009

Que la lumière soit !

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Je vous ai déjà dit le choc qu'a été pour moi la lecture du petit ouvrage d'Arthur KATZ et Paul VOLK, intitulé "L'Esprit de Vérité. Un message prophétique." Je voudrais en citer ici un assez long passage, sans commentaires.
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"Le relativisme est l'essence même de la sagesse de monde. Le monde exalte la tolérance, y voit une vertu cardinale, et veut bien tout tolérer, sauf les valeurs absolues et la vérité absolue. Rien n'est plus abominable pour la sagesse et les lumières de ce monde, rien n'est plus ridicule à ses yeux que ce qu'il appelle le "dogmatisme". Derrière le souci qu'affiche ce monde pour les situations complexes, derrière cette vérité qui veut que pour toute situation il y ait un contexte particulier qu'il faut toujours prendre en compte, il y a un rejet de l'absolu sous toutes ses formes. Dans son zèle pour condamner le "dogmatisme", le monde place la tolérance au-dessus de la justice et dénigre la vérité.
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Le relativisme s'exprime par ses formules toutes faites "il se peut que ce soit vrai pour toi, mais ce n'est pas vrai pour moi." "Tout dépend de la façon dont on considère la chose." "Rien n'est tout noir ni tout blanc." C'est ainsi que l'adultère, au même titre que la beauté, dépend du regard de celui qui considère la chose. Pour la sodomie, on a trouvé cet euphémisme :"Un autre style de vie". Tout ce qui est valeur ou jugement se dissout et devient brouillard, grisaille généralisée. Ce brouillard est mortel pour la vérité. Il résulte de la mise en pratique du relativisme, de la confusion entre le bien et le mal, entre le blanc et noir, entre les ténèbres et la lumière. Mais Dieu est lumière et il n'y a pas en lui de ténèbres. La lumière est vérité ; ce brouillard grisâtre est mensonge, séduction, tout autant que les ténèbres si ce n'est davantage. Les premières paroles que Dieu prononça sur une création encore à l'état de chaos furent "Que la lumière soit" et il sépara la lumière des ténèbres (Genèse 1, 3-4). Cet acte de séparation n'a jamais été résilié : lumières et ténèbres ne peuvent se mélanger pas plus que ne le peuvent vérité et mensonge. [...] La sagesse de ce monde cherche sans cesse à nier les distinctions que Dieu a établies pour l'éternité, à rendre floue la ligne de démarcation entre vérité et mensonge, à fabriquer ce brouillard, cette grisaille qui permet de redéfinir et de justifier tout ce que nous désirons être ou faire. Le relativisme est séduisant, car à la différence de la vérité, il fait tellement bien notre affaire !"
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Le commentaire viendra tout à l'heure.

mercredi 25 novembre 2009

Non !

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J'aurais pu donner à ce billet un titre drôle, cruel, et qui aurait fait mouche, en disqualifiant un peu la personne à qui je désire dire non ! Je veux parler de monsieur Pierre BERGE qui déclare que le Téléthon vient parasiter la générosité des français, et accuse l'Association Française contre les Myopathies (AFM) d'investir les sommes recueillies dans l'achat de bâtiments. Désireux de mettre en pratique la décision d'infléchir mes remarques dans un sens plus argumenté et plus objectif, je n'ai pas cédé à la tentation de la facilité.
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Pour répondre à monsieur BERGE, je vais me prévaloir de deux réalités : la première a trait à l'AFM. Son actuel directeur scientifique, le Dr Serge BRAUN, est un de mes élèves. Il a réalisé son travail de thèse dans le laboratoire dont j'étais le responsable ; puis y est revenu pour un second séjour post-doctoral, après en avoir passé un premier à l'Université de Californie, à LOS ANGELES, dans le laboratoire du Pr Valérie ASKANAS. Notre laboratoire a bénéficié pendant des années de subventions de l'AFM destinées à soutenir nos recherches sur l'amyotrophie spinale progressive, et - je l'ai déjà dit - nous avons pu faire des travaux qui ont marqué un tournant dans la compréhension de la pathogénie de cette maladie. Grâce à l'AFM, la France est devenue l'une des toutes premières nations du monde en matière de recherche sur les maladies génétiques et de décryptage du génome humain. Le Généthon d'Evry, centre de séquençage de l'ADN, a été un modèle du genre, copié dans le monde entier. Le soutien au Centre d'Etude du Polymorphisme Humain a été également décisif pour placer notre pays au tout premier plan dans ce domaine. L'AFM ne se borne pas à subventionner des recherches sur les maladies musculaires ou neuro-musculaires. Elle subventionne aussi de très nombreuses recherches sur d'autres maladies orphelines (maladies qui ne frappent que quelques dizaines de personnes par an). Il faut bien comprendre qu'il est impossible à la recherche publique de subventionner des travaux sur des maladies qui ne sont pas un problème de santé publique (comme le cancer, le SIDA, la maladie d'Alzheimer, ou les maladies cardiovasculaires). Il est donc logique de faire appel à la générosité privée.
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Monsieur BERGE se dit atteint d'une myopathie. Je dis bien "une", et non pas "de". Il n'est pas atteint de myopathie de Duchenne de Boulogne, car il ne serait plus ce monde ; il l'aurait quitté en atteignant l'âge de 20-25 ans. Il existe des dizaines de "myopathies" de topographie, d'intensité et de gravité variables. Je ne rentre pas dans les détails, inutiles pour mon propos. Mais je souligne qu'il y a un risque de confusion entre cette très grave myopathie, celle que connaissent la majorité des gens, et les très nombreuses autres formes d'atteinte musculaire.
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La deuxième réalité est mon engagement à l'Association Tibériade, qui accueille des séropositifs. La vérité m'oblige à dire que nos accueillis approuvent la sortie de monsieur Pierre BERGE, lui-même séropositif et président du SIDACTION dont Line RENAUD est vice-présidente. La vérité m'oblige à dire aussi que j'avais sollicité madame Line RENAUD pour qu'elle vienne rendre visite à Tibériade, et que je n'ai jamais eu de réponse. Elle n'a sans doute jamais eu mon message, car je le lui avais envoyé par le biais de son Association.
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Les réactions de nos accueillis sont purement émotionnelles. On peut les comprendre. Quoique l'on fasse et dise, nos amis s'identifient à leur "maladie" (je mets des guillemets, car la séropositivité n'est pas une maladie, mais un état immunitaire particulier), et ils réclament une attention de tous les instants, une bienveillance inépuisable. Ils sont en grande détresse. Et c'est le regard que porte notre société qui en est responsable en grande partie. La raison de ce regard oblique est facile à comprendre : hormis les accidents transfusionnels (aujourd'hui rarissimes), le principal mode de transmission du virus de l'immunodéficience humaine est bien connu : addiction à la drogue utilisée par voie parentérale ; pratiques homosexuelles (encore que la transmission hétérosexuelle augmente en fréquence, en raison du vagabondage sexuel, et que la tranmission post-natale de la mère à l'enfant, en Afrique soit un très réel problème). Une chose est de ne pas condamner les personnes ; une autre est de considérer ces pratiques comme normales, tant sur le plan personnel que sur le plan social. Le fait est cependant que le SIDA est devenu une question de santé publique, du fait de ces comportements personnels à risque. Il y a là une grande différence d'avec une maladie génétique dont le porteur n'est en rien responsable de son état.
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Monsieur BERGE croit, ou feint de croire que le Téléthon siphonne l'argent privé et détourne la générosité des particuliers, au détriment de la recherche sur le SIDA. C'est faux. L'ANRS subventionne par millions d'euros des recherches fondamentales et appliquées (vaccin) sur le SIDA, et la France est un des tout premiers pays du monde dans ce domaine. Monsieur BERGE reproche au Téléthon de susciter la pitié des donateurs potentiels en leur montrant des enfants en fauteuil roulant. Voyez-vous, j'en ai vus et beaucoup, qui sont venus visiter notre laboratoire. Et j'en avais le coeur serré. Il n'est pas normal de mourir à 12 ans, à 16 ans ou à 20 ans... On ne meurt plus du SIDA, ou plus exactement des infections opportunistes liées à la séropositivité. Et rien ne prouve que l'argent soustrait au Téléthon irait dans les poches du SIDACTION. Je crois même pouvoir affirmer qu'il n'irait certainement pas pour les raisons que j'ai dites et que je résume. On n'est pas responsable d'une maladie génétique qui n'intéresse pas les pouvoirs publics ; on a une responsabilité certaine dans sa contamination par le virus de l'immunodéficience humaine. Et ceci explique cela. Je regrette de devoir dire ici non, monsieur BERGE, vous n'avez pas raison.

mardi 24 novembre 2009

A Hicham

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J'ai eu l'occasion de dire tout le bien de ce jeune homme qui travaille au Monop de le Route de la Reine. Ce matin, alors que j'allais acheter des lames de rasoir, il tenait la caisse. Peu de chalands à cette heure relativement matinale. Nous avons pu discuter. Je lui ai dit que j'avais parlé de lui dans un commentaire de commentaire. Il n'en croyait pas ses oreilles. Et pourtant. Et il m'a bien dit qu'il ne fallait pas faire l'amalgame entre les voyous qui sont des voyous non pas parce qu'ils viennent ou que leurs parents viennent d'Algérie ou du Maroc, mais parce qu'ils sont mal élevés, sans principes et sans repères, et que nous n'avons pas su ou pu les accueillir et les intégrer convenablement - ce qui n'excuse en aucune manière leur comportement de voyous.
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Je souhaite que nombre de professionnels puissent recruter des jeunes comme HICHAM - tel est son prénom - qui allie la gentillesse à l'élégance du comportement et au sourire bienveillant, la compétence à la dignité. Allons ! Merci Hicham pour ce que vous êtes et qui permet aux yeux qui savent voir de ne pas désespérer d'une situation apparemment sans issue.

Exactitude, sincérité, vérité

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Chers lecteurs, vous l'avez constaté, je n'ai pas produit de billet hier. Je vais m'en expliquer le plus précisément possible. D'abord, je ne partage pas l'irritation que les commentaires divers expriment vis-à-vis de tel ou tel lecteur. Et il me semble parfois que ces commentaires ne sont pas exprimé en vérité mais plutôt en référence à un système de pensée préformé que j'appelle système idéologique. Bien entendu, j'aurai pu moi-même, chaque fois qu'une telle situation se présente, exprimer mon désaccord. Je ne l'ai pas fait, je le regrette.
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La lumière sur ce point m'est venue dimanche soir, à l'Eglise Saint-Ignace, desservie par les jésuites du Centre Sèvres. Un membre de notre petite fraternité de prière nous avait invité à venir à "La Messe qui prend son Temps", qui y est offerte tous les dimanches soirs aux étudiants et aux jeunes professionnels, mais aussi à tous ceux qui veulent bien passer près de deux heures à écouter un enseignement solide, à prier en silence, à partager le fruit de leur méditation avec leurs voisins de rangée.
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C'était la fête du Christ Roi. L'Évangile du jour relatait la fameuse scène où Pilate demande à Jésus : "Qu'est-ce que la vérité ?" et se voit répondre : "Quiconque procède de la Vérité écoute ma voix", par un Roi issu non de la Terre mais du sein du Père, un Roi dont le Royaume n'est pas de ce monde. L'enseignement fut d'une densité remarquable, accueilli dans un silence plein, attentif, réceptif. Impossible de dire plus sur ce silence habité, sur l'attention, la concentration des fidèles. On y insistait sur l'exactitude, qui a pour contraire l'erreur, et qui est l'adéquation de la parole avec les faits, sur la sincérité qui est l'adéquation de la parole avec les sentiments éprouvés par le locuteur et dont le contraire est le mensonge lequel a pour prince et père Satan. La père jésuite qui enseignait insista sur un point essentiel : la vérité n'est pas au terme d'un raisonnement ; la vérité est une personne, celle de Jésus ; être dans la Vérité c'est rencontrer Jésus, qui ne fait rien de lui-même mais fait ce que son Père lui indique. Et d'ajouter : l'exactitude et la sincérité sont les conditions essentielles de la rencontre, et Jésus est le seul chez qui la parole et l'être se confondent, sans erreur ni mensonge.
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En tant que scientifique, bien entendu, j'ai chassé l'erreur. Ce fut même mon métier. Et c'est la raison pour laquelle le relation minutieuse et aussi exhaustive que possible des faits me paraît essentielle à tout dialogue, aussi bien dans la sphère privée que dans l'espace public. Autant que faire se peut, j'ai cherché la sincérité, mais je réalise que par souci de plaire, ou de produire un effet, je n'ai pas toujours été sincère. Oui, c'est là que le bât blesse. Car nous avons beaucoup de mal à être sincère. Je vous renvoie à ce billet où je citais Arthur KATZ et Paul VOLK : "Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrais, c'est la lâcheté".
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Je remercie fraternellement Olibrius qui, maladroitement parfois, a pointé l'approximation, disons-le mot, l'insincérité de certains de mes propos, et leur absolutisme. Il m'a rendu un grand service. Je partage certaines indignations de Tippel, mais comment ne lui dirais-je pas que ces remarques procèdent d'un système de pensée préétabli, dans le cadre duquel il tente de faire rentrer les faits, racontés toujours avec exactitude, il faut le souligner, et avec courage, ce que nous ne savons pas toujours faire ? Bien entendu, les commentaires de Fourmi, d'Adèle, de Ropartz, de Norman, de Meise, et d'autres lecteurs m'ont toujours paru utiles.
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Ces réflexions ne sonnent pas le glas du Blog, mais une certaine inflexion. Je dirai pourquoi les remarques de madame AUBRY, les initiatives du Président SARKOZY me paraissent, les unes issues du père du mensonge, les autres, de la pauvre chair (au sens de Paul de Tarse) de l'homme, et parfois aussi du père du mensonge. Et je m'efforcerai de justifier ces analyses en étant le plus exact possible dans la relation des faits, aussi sincère que possible dans l'expression de mes sentiments et de mes opinions, et dans l'espérance que mes paroles soient vraiment celles d'un disciple.
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Bonne journée.
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dimanche 22 novembre 2009

Le tri, pas l'amalgame

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Un lecteur a fait référence, dans un commentaire, aux "incidents" qui ont eu lieu à MARSEILLE et à LYON après le match aller de football entre l'équipe égyptienne et l'équipe algérienne, et il se demandait qui allait payer les dégâts entraînés par ces débordements. Il avait en tête, à l'évidence, le débat sur l'identité nationale, et les difficultés nées de l'octroi automatique de la nationalité française à tout étranger né sur le sol français.
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Le match retour qui a vu la victoire et la qualification de l'Algérie a suscité de nouveau des manifestations violentes. L'AFP, repris par le site de France Info, a présenté ainsi les événements. Première dépêche : "Légers incidents aux Champs Elysées après le match Algérie-Egypte". Deuxième dépêche, quelques heures plus tard "Soixante-trois personnes interpellées après les violences des Champs Elysées". Je cite de mémoire le titre des dépêches et il se peut que mes citations ne soient pas totalement exactes. Mais je suis sûr de la formule "légers incidents", et "soixante-trois personnes interpellées" à la suite des "événements" des Champs Elysées.
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Ainsi, de légers incidents peuvent être suivis de l'interpellation de soixante-trois personnes. Il y a comme un léger décalage dans la présentation des faits et de leurs résultats... Mais plus encore, on apprend que ces "légers incidents" et ces interpellations sont consécutifs au pillage (en moins de deux minutes disent d'autres dépêches d'agence) du magasin Mont Blanc, et du Magasin Swatch et du bris de plusieurs vitrines dont celle d'un restaurant.
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On peut supposer que ces rassemblements sont le fait de jeunes gens d'origine algérienne, fiers de voir que leur pays d'origine ait gagné son billet pour l'Afrique du Sud. On peut comprendre qu'ils aient besoin d'exprimer collectivement et publiquement cette fierté. Mais enfin, c'est le pays de leurs aïeux, ce n'est pas ou ce n'est plus leur patrie, et l'Algérie n'est pas une province française. On ne peut donc assimiler ces explosions de joie spontanée à celles qui surviennent après des matchs entre l'équipe de RENNES et celle de MARSEILLE par exemple. Les bretons, s'ils ont gagné, brandissent le drapeau blanc et noir de la Bretagne, aux beaux motifs d'hermine, et les provençaux, agitent les couleurs de leurs clubs, et font de même s'ils sont vainqueurs. Et de surcroît, ces victoires ne sont pas suivies d'émeutes, car c'est bien le nom qu'il faut donner aux mouvements ici évoqués.
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Il y a donc un problème, et ce problème est bien lié à l'origine de ces jeunes. Je refuse de voir en chacun d'entre eux un islamistes en puissance, un haineux, un délinquant. Cet amalgame, s'il était accepté comme vérité établie, entretiendrait un soupçon perpétuel, une animosité entre les citoyens, et finalement un climat de guerre civile larvée. Il y a dans ces rassemblements de jeunes ce que la presse appellent des "casseurs" qui entraînent leurs compagnons d'aventure et qui eux sont de véritables fléaux. Ce sont eux qu'il faut viser. La première des mesures consiste à les déchoir de la nationalité française, s'ils sont nés en France de parents étrangers, et, en cas de récidive, de les renvoyer dans le pays de leurs parents. S'ils sont nés français de parents français, il faut les déchoir de leurs droits civiques. Il n'est pas concevable que de tels voyous puissent par leur vote (dont on connaît la couleur...) infléchir la politique française. Il faut confisquer leurs motos, leurs téléphones portables, leurs ordinateurs, bloquer leurs éventuels compte en banque pour payer les dégâts, et se donner le moyen de suivre leurs déplacements grâce au bracelet électronique. La prison ne sert à rien.
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Ce ne sont pas des mesures inhumaines. Elles n'attentent aucunement à la dignité de la personne. Et elles permettent à la société de se protéger des exactions de ces bandes connues, fichées et rarement punies. Il s'agit aussi, et c'est le point le plus important de mon billet, d'accueillir fraternellement, les bras grands ouverts, tous ceux de nos banlieues que dégoûtent les pratiques des voyous ; il s'agit de ne pas pratiquer l'amalgame entre les délinquants en puissance ou les délinquants avérés, et ceux qui désirent vivre comme tous les autres jeunes français. Le tri oui, l'amalgame non. Ainsi, et en changeant ce qui doit l'être, nous séparerons "les boucs des brebis." Et c'est justement l'amalgame qui nous empêche de le faire. Car, dans nos têtes encombrées de préjugés, condamner les uns (ce qui est tout à fait légitime) reviendrait à condamner les autres (ce qui est une imbécilité de pensée).

samedi 21 novembre 2009

Un génie, vraiment ?

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René GROUSSET est un grand connaisseur de l'Orient en général et de la Chine en particulier. J'ai lu nombre de ses livres, car - je l'ai déjà dit - je me suis pris de passion pour l'Empire du Milieu et je suis fasciné par son histoire, son art, sa littérature. Je m'intéresse de très près à ce que dit cet historien. Mais je voudrais, à propos de certains de ses avis, expliquer comment fonctionnent nos mentalités modernes, et comment il nous est possible de trier dans les faits du passé ceux qui nous conviennent ou nous plaisent et ceux que nous préférons passer sous silence.
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Pour René GROUSSET, le Premier Empereur Jaune, celui dont on a retrouvé la tombe habitée de milliers de soldats et de personnages en terre cuite (on a pu en admirer quelques uns à Paris, car la Pinacothèque a consacré une exposition à cet Empereur et à son tombeau), est un des plus puissants génies de l'humanité, un génie qui dépasse César et Alexandre. Le compliment n'est pas mince, et l'on se précipite pour en savoir plus.
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Un génie vraiment, celui qui fit brûler en 212 avant J.-C. les livres classiques et avec eux 460 lettrés qui critiquaient les innovations de l'Empereur et son mépris de la tradition ? Un génie, l'homme qui fit bouillir vivant les féodaux qu'il jugeait hostiles à sa personne ou dangereux pour sa politique ? Un génie vraiment, celui qui fit creuser sa tombe par 700.000 condamnés, castrés au préalable, qui fit ensevelir tous les artisans qui avaient contribué à installer les machines destinées à protéger sa tombe, et toutes les nombreuses épouses qui ne lui avaient pas donné d'enfants ? Un génie ? Un génie l'homme qui envoyait des milliers de jeunes garçons et de jeunes filles se perdre sur la mer à la recherche des Îles habitées par des Immortels ?
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L'intérêt de l'opinion de René GROUSSET réside dans les présupposés de sa pensée. Un homme qui réunifie et centralise un pays, l'uniformise sous une poigne de fer avec l'aide de légistes inhumains, qui unifie poids, monnaie, écriture, largeur des essieux des chars, est un génie à cause de résultats qu'il obtient, et qui sont les effets de sa volonté de puissance. N'est-ce pas dire que la fin justifie les moyens ? Et n'est-ce pas ainsi que la Révolution - mutatis mutandis - a transformé la France ?
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Le même fonctionnement intellectuel est à l'oeuvre dans l'enseignement de la Révolution à nos jeunes. Il ne s'agit pas de nier les améliorations réelles apportées à la Chine par QIN SHIHUANGDI, le Premier Empereur Jaune des QIN, ni celle de certaines lois révolutionnaires. Mais il s'agit de savoir s'il était possible de faire l'économie de ces horreurs pour arriver aux mêmes résultats ? Les uns diront que non, et c'est l'opinion de la majorité des intellectuels français ; les autres diront que oui, et je prétends que cela était possible. Du reste, chez nous, le mouvement avait été donné, le 4 août 1789, par le duc d'AIGUILLON et le vicomte de NOAILLES à l'initiative desquels des privilèges nobiliaires qui, avec le temps étaient devenus des avantages injustifiés, furent abolis. Ne suffisait-il pas d'aller dans cette direction pour obtenir en douceur ce qui fut instauré ensuite par l'injustice, la cruauté et la violence ?
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Bien entendu, la bonne foi de René GROUSSET n'est pas en cause. C'est sa manière d'envisager la fonction du politique qui m'interpelle. Et je me demande si finalement notre système démocratique qui consiste pour une majorité à imposer à une minorité qui ne peut ni discuter ni négocier ni amender n'est pas une forme adoucie de cette manière de triompher par la seule volonté de puissance. Je maintiens que le compromis (pas la compromission) est nécessaire et devrait être imposé par la Constitution.