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samedi 23 août 2014

23 août 2014. Nouvelles de la Résistance : que l'esprit de corps n'est pas l'esprit de parti.

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On y revient toujours !

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche d'être vrai, c'est la lâcheté.
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1. Les citations du jour.
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Il est tout de même très frappant que des esprits aussi différents que le vicomte de BONALD, Lanza del VASTO ou Simone WEIL disent tous la même chose à propos des partis. Permettez que je vous rafraîchisse la mémoire. Et ayez la patience de tout lire, même si cela vous paraît un peu long.

(a) Monsieur de BONALD. (Mélanges littéraires, politiques et philosophiques. Tome second. Librairie d'Adrien Le Clère, Paris, 1854. Page 217 ) :

"L'esprit de corps et l'esprit de parti sont deux esprits différents et même opposés.
L'esprit de parti est, comme le dit le mot de parti, l'esprit particulier d'une partie, d'une fraction d'un grand tout ; et les partis religieux ou politiques ne sont que des fractions ou des sectes de la société.
L'esprit de corps est l'esprit général du corps tout entier.
L'esprit de parti divise et dissout ; l'esprit de corps réunit et affermit, et l'on peut dire qu'un corps sans esprit est un corps sans âme. Venons aux exemples.
La chambre des députés est divisée en quatre partis ou parties, deux côtés et deux centres, quelquefois momentanément réunis deux à deux, habituellement divisés.
Chacun de ces partis a son esprit particulier, et il ne peut en être autrement.
La chambre des députés ne fait pas et ne peut pas faire un corps politique. Elle n'a rien d'héréditaire ; elle ne se renouvelle pas individuellement, mais périodiquement, et intégralement. Les nouveaux-venus, étrangers les uns aux autres à à ceux qu'ils remplacent, y portent chacun leur esprit, leurs opinions, leurs intérêts, leurs vues et les partis se groupent différemment. [....]."

(b) Simone WEIL. (Note sur la suppression générale des partis politiques.Climats/Flammarion, Paris, 2009. Page 42) :

"Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice.
La pression collective est exercée sur le grand public par la propagande. Le but avoué de la propagande est de persuader et non pas de communiquer de la lumière. Hitler a très bien vu que la propagande est toujours une tentative d'asservissement des esprits. Tous les partis font de la propagande. Celui qui n'en ferait pas disparaîtrait du fait que les autres en font. Tous avouent qu'ils font de la propagande. Aucun n'est audacieux dans le mensonge au point d'affirmer qu'il entreprend l'éducation du public, qu'il forme le jugement du peuple."
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(c) Lanza del VASTO. (Les quatre fléaux. Chapitre 4. Section 52 intitulé De l'esprit de corps. Editions du Rocher, Paris, 1993. Page 269).

Bien qu'intitulée De l'esprit de corps, cette section montre à l'évidence que, sous ce nom, Lanza del VASTO parle de l'esprit partisan. Ce décalage sémantique ne change rien à la validité du constat.

"Cet oubli de leurs propres intérêts, ce renoncement à leur repos et sécurité, ainsi qu'à leurs affections personnelles et à leurs rancunes particulières, à leurs plaisir et à leur liberté, cette soumission à l'ingrate discipline, cet attachement à des chefs qu'ils n'ont pas choisis, et qui ne leur veulent aucun bien, la fierté qu'ils éprouvent à se voir capables de produire ensemble un si grand dégât, l'étonnant pouvoir qui se révèle en eux de haïr soudain toute une catégorie d'hommes, des peuples entiers, de les haïr de confiance sans les avoir auparavant jamais connus ni rencontrés, la différence qu'ils parviennent à établir entre des êtres portant la même apparence humaine et se livrant à des actes pareils, entre eux-mêmes et ceux d'en face, ce renversement des instincts naturels, des sentiments humains, du jugement, sont dus à une forte passion qui ressemble autant à l'amour qu'au contraire de l'amour, et qui s'appelle l'Esprit de Corps."
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2. Commentaires.
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Ces analyses se suffisent à elles-mêmes. Simplement, il est important de noter que l'esprit de corps exalté (à mon avis exagérément) par BONALD peut virer rapidement au corporatisme dénoncé par Lanza del VASTO, c'est-à-dire à un système qui reproduit à l'échelle d'un groupe humain restreint les vices du système des partis, qui exclut l'autre, le différent, le dissemblable. Un corps vivant n'exclut pas, il complète et intègre tout en différenciant. Et la différenciation est la clé de la paix civile. La mort des corps intermédiaires qui faisaient la richesse et la variété de notre patrie a conduit à l'installation définitive de la guerre civile froide qu'est la démocratie à la française. Nous sommes en train d'en crever.
Madame DUFFLOT se plaint que monsieur HOLLANDE ne soit le Président de personne. Je ne partage pas cet avis. Il est le Président des Socialistes. Et, en vérité, c'est bien ce qu'elle lui reproche. Il n'a pas su transcender le clivage politique qui a permis son élection. Il ne peut pas être autre chose qu'un socialiste, Président des Socialistes, certainement pas de la France.

mercredi 14 août 2013

Nouvelles de la Résistance : l'esprit de corps est un esprit de haine, deuxième billet du 14 août 2013

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Hier, je vous citais un passage des Quatre fléaux  de Lanza del VASTO. Je poursuis aujourd'hui la citation d'un extrait qui complète ce que je vous ai donc déjà livré sur l'Esprit de Corps. Je commenterai ce passage, car Lanza del VASTO est un apôtre de la non-violence, valeur suprême à laquelle tiennent par-dessus tout les Veilleurs ; de plus, sans le savoir, Lanza del VASTO fait écho à Simone WEIL.
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"Sans doute l'Esprit de Corps rapproche entre eux ceux qui sont du même corps, c'est-à-dire du même groupe, mais c'est moins un amour commun qu'une hostilité collective. C'est toujours un amour limité comportant son revers de haine. L'Esprit de Corps auquel toutes les vertus civiques se trouvent liées est une arme à deux tranchants comme la hache des licteurs avec son faisceau de verges autour du manche. L'amour limité projette une ombre d'aversion et de méfiance sur tout ce qui n'est pas l'objet aimé. Le revers d'ombre est même plus étendu que l'objet éclairé, car si son objet est limité, l'agressivité qui en résulte prend des proportions universelles et se rabat sur n'importe quoi. Il ne faut donc pas s'étonner si "l'amour de la patrie", par exemple, n'oblige pas du tout celui qui le professe à la bienveillance et bienfaisance à l'égard de tous ses compagnons, mais l'oblige expressément à faire la guerre à tous les ennemis de la patrie. Cette sorte d'amour n'a pas pour raison le besoin d'union, mais bien les besoins de la défense et de l'attaque. Les concitoyens, en temps de paix et laissés à eux-mêmes, s'exploitent et s'oppriment tranquillement les uns les autres ; ils ne se résolvent à "l'union sacrée" que sous la pression du danger imminent et de l'ennemi commun. Ce n'est donc pas assez de dire que l'Esprit de Corps est un amour limité qui a son revers de haine, il faut remarquer que la haine y est à l'endroit et l'amour à l'envers."
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Je n'aurais pas la cruauté de rappeler que l'Union de la Gauche ressemble un peu à ces rassemblements destructeurs, et que la moins nette union de la droite prétendument républicaine, est de la même eau. Les partis politiques s'appuient sur l'Esprit de Corps. Il ne peut rien en résulter de bon. Je n'ai pas eu l'opportunité de vous résumer les trois premières étapes de la Marche des Veilleurs. Mais c'est exactement le contraire de cet Esprit étroit et rempli de haine, un beau contraire qui s'est manifesté avec éclat dans une des veillées ; c'est un esprit d'ouverture et de non violence qui a prévalu. La parole y a été donnée à des opposants des Veilleurs. Ils ont été écoutés avec respect, et si les désaccords probablement persistent, le mur de la haine a commencé de se fissurer. C'est tout de même plus constructif que les anathèmes du sénateur MICHEL ou de madame TAUBIRA. Ce sont ces forteresses partisanes qu'il faut démanteler et les Veilleurs ont commencé de le faire.
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Il faut donc supprimer les partis ou en limiter les pouvoirs de nuisance et de division. Lisez le livre de Simone WEIL dont je vous rappelle les références :
"Note sur la suppression générale des partis politiques. Précédée de Mettre au ban les partis politiques par André BRETON. Et suivie de Simone Weil par ALAIN. Éditions Flammarion, Climats, Paris, 2009."
Et écoutez ce que la philosophe a écrit (sans doute en 1938) à Georges BERNANOS, ce cher Georges BERNANOS, à propos de son ouvrage Les Grands cimetières sous la lune :
 
"Ce que vous dites du nationalisme, de la guerre, de la politique extérieure française après la guerre m'est également allé au cœur. J'avais dix ans lors du traité de VERSAILLES. Jusque là j'avais été patriote avec toute l'exaltation des enfants en période de guerre. La volonté d'humilier l'ennemi vaincu, qui déborda partout à ce moment (et dans les années qui suivirent) d'une manière si répugnante, me guérit une fois pour toute de ce patriotisme naïf. Les humiliations infligées par mon pays me sont plus douloureuses que celle qu'il peut subir."
 
Cela n'empêcha pas Simone WEIL de gagner LONDRES au péril de sa vie, au début de la deuxième guerre mondiale. Elle y mourut de tuberculose. Il est donc possible de manifester des désaccords sans détester l'autre et en étant fidèle positivement à ce que l'on croit juste et véridique. C'est cela penser. Et c'est tout le contraire de l'idéologie qui ne connaît que les idées et ne pense pas.
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Demain, je reviendrai sur la confusion entretenue depuis la Révolution française entre Droit et loi.
 
 
 

mardi 13 août 2013

Nouvelles de la Résistance : à l'accusateur de Jérôme Lambert, premier billet du 13 août 2013

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Cher visiteur du site des Veilleurs officiels qui avez osé accuser Jérôme LAMBERT de félonie, au motif que, député socialiste, il a voté contre la loi TAUBIRA, je vous dédie ce que LANZA del VASTO dit de l'esprit de corps, esprit auquel l'honnête homme que vous condamnez sans appel et sans réflexion a eu le courage de ne pas céder. J'ose espérer, sans trop y croire, que vous en viendrez à lire ce passage en vous priant de noter que je ne me fais pas meilleur que je ne le suis et que je suis moi-même soumis, à mon corps défendant, à cet abominable perversité de l'âme.
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"De l'esprit de corps
 
Cet oubli de leurs propres intérêts, ce renoncement à leur repos et sécurité, ainsi qu'à leurs affections personnelles et à leurs rancunes particulières, à leur plaisir et à leur LIBERTE, cette soumission à l'ingrate discipline, cet attachement à des chefs qu'ils n'ont pas choisis, et qui ne leur veulent aucun bien, la fierté qu'ils éprouvent à se voir capables de produire ensemble un si grand dégât, l'étonnant pouvoir qui se révèle en eux de haïr soudain toute une catégorie d'hommes, des peuples entiers, de les haïr de confiance sans les avoir auparavant jamais connus ni rencontrés, la différence absolue qu'ils parviennent à établir entre des êtres portant la même apparence humaine et se livrant à des actes pareils, entre eux-mêmes et ceux d'en face, ce renversement des instincts naturels, des sentiments humains, du jugement, sont dus à une forte passion qui ressemble autant à l'amour qu'au contraire de l'amour, et qui s'appelle l'Esprit de Corps."
 
In Les quatre fléaux, N°52, du chapitre 4, PUISSANCE ET JUSTICE.
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PS : j'ai déjà, il y a assez longtemps, parlé de cette citation. Que ceux qui l'ont déjà lue me pardonne ce paresseux réemploi.

mardi 25 août 2009

Esprit de corps, passion amoureuse de la force

Je reviens à LANZA del VASTO que j'avais délaissé depuis trop longtemps. Je le fais après avoir entendu XYLOGLOSSE, alias Arnaud MONTEBOURG, pérorer à cors et à cris dans les étranges lucarnes, à propos des primaires au parti socialiste. Et il me revenait ce que dit mon cher barbu à propos de l'esprit de corps ; souffrez qu'en quelques mots je vous résume la chose :
"L'Esprit de Corps, c'est la passion amoureuse pour la force du groupe. Ce n'est pas l'amour de tous, ni d'aucun des membres du groupe ; ce n'est pas l'amour du groupe, c'est l'amour de la puissance du groupe. La passion amoureuse est la recherche d'une puissance aveugle, ou, à son défaut, d'une souffrance obscure, d'une secousse enfin et d'un excès qui procurent la perte de conscience et l'oubli des limites de la personne, extase charnelle et sacrifice instinctif. [...] L'acte de tuer ou de mourir dans la bataille est l'oeuvre de chaire de l'Esprit de Corps et l'homme y atteint en effet à l'oubli des limites de sa personne, à la perte de la conscience à l'extrême pointe de l'exaltation vitale."
In
Les quatre fléaux. Chapitre 4. Puissance et justice. Section 54.
Il me semble qu'une partie de nos maux viennent de cet esprit de corps qui corrompt toute tentative de dialogue, de discussion, de compromis, et qui veut la victoire d'un camp par l'écrasement de l'adversaire de l'autre camp. XYLOGLOSSE est un fou furieux, et un fou dangereux. Il est de la même race que les Conventionnels qui au mépris de la Constitution par eux votée et imposée, en violation permanente des Droits de l'homme, de la morale, et de la saine politique, ont précipité la France dans une tourmente dont elle n'est jamais sortie tout à fait. XYLOGLOSSE est un fauteur de guerre civile en puissance, tant est grande sa haine de tout ce qui ne pense pas comme lui. Il est loin d'avoir l'envergure d'un ROCARD, d'un DELORS, d'une Martine AUBRY, ou même d'un Lionel JOSPIN. Et c'est pourtant à lui, je le crains, que les agités du PS, risquent d'accorder leur confiance. Ah, que Dieu nous préserve d'un tel désastre ! Un bellâtre qui dicte sa loi à notre patrie ? Quelle horreur !
Quand aurons-nous enfin la culture de la discussion, le respect de l'opinion d'autrui, la bienveillance qui fait examiner avec un oeil critique certes, mais ouvert, les propositions de ceux qui ne pensent pas comme nous ? Comment se fait-il qu'un homme qui n'est certainement pas idiot puisse raisonner de manière aussi primaire, si ce n'est par passion du pouvoir ?
Dans un récent billet, j'honorais la mémoire d'Adrien ZELLER, le défunt Président de la Région Alsace. Ce que j'aimais chez lui, c'est son aptitude à "rentrer dans le point de vue de l'autre", à "sauver sa proposition", comme le dit Ignace de LOYOLA, et à trouver des solutions qui puissent trouver l'assentiment de tous ou presque. Comme le disait LANZA, toujours lui, "la beauté du compromis est que quelque chose soit fait".

jeudi 27 mars 2008

La solidarité, encore

La scène se passe dans le métro, ligne 9, hier, peu avant midi, du côté de la station Nation-Place des Antilles. Un homme, enveloppé d'un drap blanc comme on le serait d'un grand châle, - un drap qui lui tombe aux pieds et lui donne l'allure d'un spectre, - manifestement étranger, sans doute originaire d'Asie Centrale ou du Caucase, monte comme une flèche dans la rame. Une jeune fille, assise, mange un sandwich. L'homme la regarde, les yeux exorbités, lui fait un signe. Croyant qu'il veut un morceau de papier, la jeune fille déchire l'enveloppe de son sandwich et lui donne ce qu'elle croit être l'objet de sa demande. Il crie alors, montrant sa bouche ouverte : "Manger !". Elle lui donne le reste de son sandwich. Il s'en saisit avec une avidité, une violence qui ne peuvent venir que de l'extrême nécessité dans laquelle il se trouve, et sans dire merci, quitte le wagon, en gagne un autre où il peut déguster ce que la jeune fille lui a donné, comme l'aurait fait un chien qui, se saisissant d'un os, va se cacher derrière sa niche pour le ronger. Sauf que la jeune fille a vu en lui son semblable, et ne s'en est pas tenue aux apparences. Assise en face de moi, une dame d'un certain âge s'offusque de cette absence de merci. La jeune fille sourit et entame paisiblement la viennoiserie qui lui sert de dessert. J'en ai le coeur serré.
En rentrant chez moi, je me replonge dans l'ouvrage capital de LANZA del VASTO Les quatre fléaux, livre qui parle entre autre de ces questions. Et je tombe sur ce texte que je vous livre en tremblant, avec l'espoir extrême qu'il vous transpercera jusqu'aux moelles :
"Solidarité est un mot commode, en grand honneur aujourd'hui auprès des prêcheurs de morale. Et si par morale ils entendent utilité sociale, ils ont raison de tenir pour excellent le mot et son contenu, car c'est le moellon dont les cités humaines sont bâties, et l'équivoque qu'il contient doit être reconnue d'utilité publique.
En fait, dès qu'on appuie dessus le regard de l'esprit, on voit son amalgame se décomposer en deux éléments d'inégale valeur et de sens contraire : l'un c'est la Charité, l'autre c'est l'Esprit de Corps. L'un ou l'autre peuvent constituer la solidarité : l'un et l'autre y contribuent à quelque degré. Mais par leur essence et leurs effets ils se distinguent, ils s'opposent, ils doivent s'opposer. [...] Il va de soi que celui qui aime n'a qu'à faire ce qu'il veut pour bien faire ; qu'on n'a besoin d'user ni de contrainte pour l'écarter de l'injustice, ni de menaces pour le rappeler à ses devoirs ; que là où la charité règne, il ne peut subsister ni dol, ni vol, ni violence, ni division, ni oppression, ni révolte."
Cette jeune fille, diront les uns, a fait preuve de solidarité ; les autres prétendront qu'en faisant ce qu'elle a fait, elle encourage la mendicité des immigrants. Ceux qui ont des yeux pour voir, y reconnaîtront tout simplement la charité. Et ceux qui ont l'esprit de corps, s'appuyant sur de nombreux faits de ce type venus à leur connaissance, prendront des dispositions législatives contraignantes, soit pour "redistribuer" à ces pauvres gens, soit pour les "expulser", les repousser loin de nos regards qui risqueraient d'être blessés par ces bêtes traquées. Aucun ne reconnaîtrait le fruit d'une action véritablement libre dans le geste de cette jeune fille. (Bien entendu, cela n'exonère pas les pouvoirs publics de l'obligation d'assurer une vie matérielle convenable à leurs administrés, mais pas à la façon des rengaines qu'on nous sert sur la solidarité de tel côté, sur l'immigration de tel autre.)
Alors que la justice voudrait de nous que nous n 'entretenions pas notre niveau de vie par une injuste rétribution des matières premières et des produits venus dans les pays d'où affluent les miséreux. Avis à tous les bien-pensants de gauche. Avis à tous les fanatiques de la prétendue liberté à droite.