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vendredi 7 août 2015

07 août 2015. Nouvelles estivales de la Résistance. Des mots et non des idées...

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Encore un petit coup de devise :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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Elle sera brève et empruntée à l'immense GOETHE :

"Quand les idées manquent,
c'est alors qu'un mot vient à propos tenir sa place."
(Traduction d'Auguste BURDEAU. On peut aussi voir la très belle traduction  du Faust par Gérard de NERVAL.)

Et, pour mes nombreux lecteurs allemands, voici ce passage en allemand :

"Doch eben wo Begriffe fehlen,
Da stellt un Wort zu rechter Zeit sich ein."

Johann Wolfgang von GOETHE.
Faust, I, verset 1995 (Mephistophélès).
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2. Commentaires.
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A qui croyez-vous que je pense ? Je vous le laisse deviner... Vous pouvez voir la suite de ces versets en allemand en tapant dans Coogle : Doch eben so Begriffe fehlen.
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3. Infos diverses.
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Onques entendîtes-vous la presse narrer et commenter ce qui suit ?

"Nouvelles du front sur 10 jours, du 5 au 15 juillet, à peine censurées par médias et gouvernement, tout juste tues

(source : Police nationale et Délit d’im@ges)
Notez bien les dates…

Kremlin-Bicêtre (94) : Le commissariat visé par des tirs au plomb (5 juillet 2015).

Les Ulis (91) : le commissariat caillassé par une quinzaine de personnes. Cette attaque n’a entraîné ni blessé, ni interpellation (nuit du 5 au 6 juillet 2015).

Vaulx-en-Velin (69) : deux jeunes attaquent le commissariat à coups de tirs de mortier d’artifice (7 juillet 2015).

Valence (26) : des jeunes ont tenté d’incendier le poste de police du quartier (nuit du 8 au 9 juillet 2015).

Fontenay-le-Fleury (78) : tir de mortier contre le commissariat de police (nuit du 9 au 10 juillet 2015).

Dinan (22) : Une bande de jeunes prend d’assaut la gendarmerie (nuit du 10 au 11 juillet 2015).

Vaulx-en-Velin (69) : le commissariat a fait l’objet de tirs de projectiles dont une grenade à plâtre (nuit du 12 au 13 juillet 2015).

Noisiel (77) : le commissariat a subi trois attaques par tirs de mortiers et divers projectiles (nuit du 13 au 14 juillet 2015).

Trappes (78) : le commissariat a été visé à deux reprises par des tirs de mortiers (nuit du 13 au 14 et du 14 au 15 juillet 2015).

Les Ulis (91) : le commissariat a été attaqué par une quarantaine de caillasseurs, jets de cocktails Molotov, de mortiers et de pierres (nuit du 13 au 14 juillet 2015). « On en est à trois attaques de ce commissariat en moins de quinze jours »

Neuilly-Plaisance (93) : les locaux de la police municipale y ont été « assiégés par une centaine d’individus » (nuit du 13 au 14 juillet 2015).

Saint-Denis (93) : le bâtiment du peloton autoroutier de la CRS7 a été la cible de jets nourris de mortiers. Un véritable guet-apens avait été monté pour accueillir la police. Sur le toit des immeubles de la cité Joliot-Curie qui jouxte les locaux de la CRS7, des jeunes projetaient des barres de fer sur les patrouilles. (nuit du 13 au 14 juillet 2015).

Garges (95) : le commissariat assiégé et visé par des tirs de mortiers (nuit du 13 au 14 juillet 2015)
Fosses (95) : plusieurs cocktails Molotov ont été lancés sur les bâtiments de la gendarmerie (nuit du 13 au 14 juillet 2015).

Sarcelles (95) : des tirs de mortiers sur le parking du commissariat (14 juillet 2015).

Montigny-lès-Cormeilles (95) : le poste de police visé par deux jets de cocktails Molotov (nuit du 14 au 15 juillet 2015).

Meylan (38) : les locaux de la Police municipale incendiés (nuit du 14 au 15 juillet 2015).

Conflans-Sainte-Honorine (78) : le commissariat visé par un tir de fusée de feu d’artifice (nuit du 14 au 15 juillet 2015).

Marseille (13) : le commissariat du 3e visé par deux cocktails Molotov (nuit du 15 au 16 juillet 2015).


Soit 22 attaques perpétrées en dix jours, dont 10 à cheval sur le 14 juillet, contre les forces de l’Etat (dont trois sur le commissariat des Ulis et deux sur celui de Trappes)avec armes à feu, cailloux, mortiers et fusées, cocktails Molotov, grenades et barres de fer."

C'est bien cela ! Faute d'idées on met des mots pour désigner la réalité. Or elle est claire. Des quartiers entiers échappent au contrôle de l'Etat, et il est très commode d'appeler "jeunes" des bandes sont on connaît les activités et le mépris pour la France.

Mais ces messieurs n'en ont cure et préfère obliger les Français, par leurs impôts, à rembourser à la RUSSIE deux navires qu'elle avait dûment payés, pour un motif qui n'apparaît pas très clair, sauf à admettre qu'une fois encore nos responsables ont cédé à la pression américaine. Plus dépendants, plus rampant, plus veules que nos hommes politiques, c'est difficile à trouver en Europe.
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Les Rafales étaient des Mirages : l'Inde annule sa commande d'avions !

Une nouvelle qui n'a pas fait beaucoup de bruit dans la Presse...  Mais on trouve l'info sur le site du Boulevard Voltaire, sous la plume de Floris de BONNEVILLE.

"Voilà vengé l’affront que le président Hollande avait fait au président Poutine en annulant la commande de ces deux porte-hélicoptères Mistral qui auront, en fin de compte, coûté à la France quelques milliards d’euros. Mais, il est vrai qu’en bon socialiste, l’argent ne compte pas, et c’est tout juste s’il a une odeur. L’Inde souveraine a décidé d’annuler l’achat de 126 Rafale commandés à grand renfort de publicité et de promotion élyséenne. 18 milliards d’euros qui tombent à l’eau. Et quel est l’heureux élu : Vladimir Poutine, l’ennemi juré de notre mal-aimé Président qui sera très heureux de livrer 128 avions de combat made in Russia.


Faut-il voir dans son annulation la main mystérieuse du Kremlin ? Notre ami Manuel Gomez avait déjà évoqué la possibilité de ce désastre politico-économique. Politique, car c’est bien entendu la politique désastreuse du Quai d’Orsay et le non-sens de la politique ukrainienne de François Hollande qui est en cause. Économique, car en dehors du contrat du siècle, comme l’avait dénommé Dassault, de la perte financière subie par l’avionneur et les 500 entreprises qui auraient travaillé sur ces avions de combat, la politique absurde anti-russe de Hollande, ce sont des centaines de millions d’euros que les agriculteurs français ne toucheront jamais à cause de l’embargo imposé par l’Élysée.


Ainsi ces Rafale devenus mirages ne font que creuser un peu plus le puits sans fond des bêtises gouvernementales. Une incompétence qui entraîne la France dans ce puits qu’il faudra des décennies pour boucher. Car que ce soit l’islam, dont on voit tous les jours les problèmes qu’il pose (cette immigration exponentielle), que ce soit l’incroyable déstabilisation de notre justice qu’il faudra bien un jour balayer de toutes ses « taubir-âneries », les chiffres du chômage qui atteignent des sommets, cette politique sociale et économique qui nous enterre, cette dette qui, tous les jours, s’aggrave de 460 millions d’euros et nous mène inexorablement à la faillite façon grecque, et j’en passe, le Président par intérim et par défaut n’aura agi que contre le bien de la France.


Hollande et son gouvernement n’auront été, somme toute, qu’un gigantesque mirage. Le temps d’une trop longue rafale…"




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Je m'absente quelques jours et reprendrai mes billets mardi prochain.
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vendredi 7 janvier 2011

Illumination

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Au risque de vous lasser ou de vous irriter, voici encore un petit texte chinois que cite le très grand philosophe FENG YOULAN, mort à la fin des années 1990, dans son Nouveau traité sur l'homme.
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YANG JIAN (1141 - 1225) demande à son Maître, LU XIANGSHAN (1139 - 1193) : "Comment est l'esprit originaire ?" La Maître répond : "Un esprit qui compatit est le germe du sens de l'humain ; un esprit qui éprouve la honte est le germe du sens du juste ; un esprit empreint de modestie et le gravité est le germe du sens du rituel [entendez ici, des règles de courtoisie et du savoir-vivre ensemble], un esprit qui distingue le vrai du faux est le germe du discernement. Voilà l'esprit originaire." YANG JIAN alors demande : "Depuis mon enfance je sais cela, mais finalement comment est l'esprit originaire ?"Plusieurs fois il répète sa question, mais LU XIANGSHAN ne modifie jamais sa réponse et YANG JIAN aussi ne comprend toujours pas. A cette époque, YANG était administrateur civil de FUYUANG [ndt : dans le ZHEJIANG, au S-O de HANGZHOU] et il se trouva qu'une affaire de vente d'éventails fut jugée au tribunal. YANG JIAN trancha le vrai du faux et régla l'affaire. Il reposa alors la question à LU XIANGSHAN qui répondit : "Je viens d'apprendre que dans le règlement de ce procès, vous saviez reconnaître le vrai pour vrai et le faux pour faux. Cela, c'est respecter l'esprit originaire". YANG JIAN s'éveilla. Subitement, il réalisa que cet esprit n'a ni commencement ni fin ; subitement, il réalisa qu'il n'y a rien que cet esprit ne perçoive. [...] Tout cela, [un esprit qui compatit etc.] YANG JIAN le savait, mais tant que ces mots n'avaient pas été corroborés par l'expérience, ils ne constituaient pour lui qu'une connaissance purement verbale."
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Et FENG YOULAN de commenter que cette prise de conscience, c'est l'illumination. Si je vous livre ce texte, c'est dans un but bien précis. Nos hommes politiques brassent des mots ; ce sont des rhéteurs à qui il manque l'expérience, et donc l'illumination. Il manque à madame AUBRY d'avoir été chef d'entreprise, dans le contexte économique international actuel, pour comprendre combien ses mesures sur les 35 heures sont purement idéelles-idéales-idéologiques ; il manque à monsieur SARKOZY d'avoir connu des fins de mois difficiles pour comprendre la détresse de nombre de chefs de familles modestes ; il manque aux grévistes des transports de passer des heures dans des embouteillages pour comprendre l'énervement des voyageurs bloqués. Aucun d'eux n'ayant l'expérience de ces réalités ne peut en saisir le contenu de l'intérieur. Il n'en connaît que les mots qui servent à la nommer.
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Je reste sans illusion. Nous ne pouvons pas faire l'expérience personnelle de toutes les situations, et vivre d'illuminations successives qui conduisent à la connaissance parfaite. Mais il m'apparaît que se nourrir de la connaissance illuminée qu'a l'autre, de situations que nous ne vivons pas, peut nous aider à cheminer vers cette connaissance ; plutôt que de fulminer, d'anathématiser, de critiquer, essayer d'écouter, dialoguer, conclure en conscience. Dans cette démarche, rien n'oblige à une décision ou une vision uniforme ou consensuelle. Mais c'en est au moins les prémisses, si l'accord de tous ou du plus nombre est recherché. Je ne dis pas que cela n'est pas fait, mais seulement que cela est fait "sans illumination".
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Et qu'on ne vienne pas me dire que les chinois n'ont pas de philosophie ni de philosophes. Le livre de FENG YOULAN est d'une clarté stupéfiante et ne sacrifie rien de la tradition intellectuelle chinois ; il l'explicite, la clarifie, l'expose avec méthode. C'est un homme de premier plan.
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mardi 15 septembre 2009

A un ami

J'avais promis de lui répondre. Je le fais, avec un très léger retard, aujourd'hui.
Il me disait avec beaucoup de gentillesse, à Vézelay : "Tu lis beaucoup - [ce qui est vrai] - et tu donnes l'impression de te ranger toujours à l'avis du dernier auteur que tu as lu - [ce qui ne l'est pas]. Je vais essayer d'expliquer pourquoi.
Il me semble être relativement cohérent dans mes citations, quand il y en a, ou dans mes raisonnements, quand je vous invite à vous y égarer. Vous remarquerez en effet que nombre de mes emprunts portent sur le rapport que les hommes entretiennent avec le réel, avec l'idéologie, et par voie de conséquence, avec eux-mêmes et leurs semblables, et qu'il en va de même pour mes raisonnements.
Je proclame de nouveau avec insistance que le réel est ce qui nous résiste. Quand j'entends l'opposition réclamer du pouvoir d'achat en période de crise, je me dis que son rapport au réel est assez médiocre ; quand je l'entends vilipender les riches, je sens que ce n'est pas pour des raisons économiques, ni même pour des raisons de justice sociale qu'elle pourfend ses "ennemis de classe", mais pour des raisons idéologiques (je rappelle que l'idéologie est le système de valeurs que les hommes utilisent pour accéder au pouvoir et s'y maintenir) ; quand j'entends les gens de l'éducation nationale raconter l'histoire de France avec les catégories de MICHELET, en faisant fi de toutes les vérités historiques, je sais que cette déformation nous conduit à des affrontements civils qui nous empêchent de voir les problèmes et par conséquent de les résoudre.
Quand j'entends la majorité exalter le marché comme seul facteur de régulation de la vie sociale, je pressens qu'elle le fait pour des raisons idéologiques ; quand je vois des banquiers faire de grosses provisions financières pour verser des bonus à leur traders, je devine qu'il s'agit là d'une invraisemblable ignorance de la réalité humaine et sociale.
Tout cela, je n'ai cessé de le dire. Sans ordre, certes, puisque je n'ai pas de plan de lecture prédéterminé, et que souvent mes réflexions me sont inspirées par les événements du moment. Mais je l'ai dit constamment. Et je termine en rappelant ici mon intuition fondamentale : les seuls facteurs susceptibles de changer l'état de la société sont les comportements individuels. Un tel constat a été fait, après de très soigneuses analyses, par des auteurs aussi divers que Marcel LEGAUT, Simone WEIL, ou LANZA del VASTO. Or je n'ai jamais entendu le parti socialiste le prétendre. Il trouvera tout à fait normal de critiquer BOUYGUES, mais je ne sache pas qu'il y ait recommander qu'on le boycotte (téléphonie mobile par exemple ; idem pour monsieur LAGARDERE et TF1. Regardez, chers camarades, les émissions idiotes de cette chaîne, et tapez à bras raccourci sur les "riches", mais surtout ne faites rien pour les empêcher de l'être).
Voilà la cohérence de mes propos ; voilà l'ambition que j'avais en ouvrant ce Blog : inciter mes lecteurs à réfléchir, à penser, à ne pas se contenter de l'opinion des médias ou de leurs préférences politiques, mais se former une opinion réfléchie, pesée, fondée sur les faits et non sur des systèmes préformés de pensée.
J'espère, cher Georges, avoir répondu quelque peu à tes amicales remarques.

mardi 2 juin 2009

Crise de l'intelligence, crise de la pensée

Fourmi, dans ses commentaires à mon dernier billet, argumente de manière très serrée sur la crise de l'intelligence, et Olibrius, avec humour, me fait remarquer qu'il aime bien le foot.
Il faut absolument que je précise et ma pensée et celle de Marcel LEGAUT.
(a) En aucun cas, je n'ai voulu mépriser les amateurs de foot ou de rugby, et tous ces jeunes qui acclament leur champion quand il marque. Tout au plus, pourrais-je faire remarquer que le monde de l'argent infiltre insidieusement et indignement ce qui devrait rester une célébration de l'émulation sportive, et de la maîtrise du corps. J'habite non loin du Parc des Princes et j'ai des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.
(b) Marcel LEGAUT n'entend pas reprendre à son compte la catégorisation entre doctes et ignorants. Toutes ses oeuvres et toute son action démontrent au contraire qu'il la déplore ; il constate que le monde idolâtre le savoir comme source de pouvoir et non comme source d'humanisation. Dans ses Lettres des Granges, il développe largement ce point de vue. Sa pensée n'est pas datée, mais prophétique et anticipatrice.
(c) Personnellement, je constate que l'enseignement supérieur, en France, est largement subdivisé entre enseignement pour les soi-disant "élites" - notez ici que je ne dis pas "prétendues", mais "soi-disant", c'est-à-dire se déclarant telles - (Grandes Ecoles, filières sélectives des Professions de Santé, Ecoles supérieures de Commerce, Ecoles d'Ingénieurs, BTS, DUT) et les autres, en gros les filières universitaires classiques.
(d) Fourmi analyse avec pertinence ce qu'elle appelle la crise de l'intelligence. Je partage tout à fait ce point de vue. Aujourd'hui, on ne pense pas, on réagit. On est incapable de prendre du recul, on vit dans l'émotion de l'instant. On croit tout savoir parce que l'on a accès à internet, mais il n'y a aucun travail personnel de synthèse ou d'assimilation des notions auxquelles on a un accès si facile, et l'on confond ce facile accès aux données, à leur compréhension profonde, notamment aux possibles relations de cause à effet, aussi bien des faits historiques, que politiques, artistiques ou techniques. Penser est une activité de l'esprit qui ne peut se déployer que dans le silence et la réflexion. Or le bruit envahit tout l'espace intérieur : téléphone portable, I-pod, Pod-cast, radio, télévision, I-phone, DVD, concerts de rock, etc. Encore une fois, il n'est pas dans mes intentions de mépriser toutes ces nouveautés, mais de souligner l'usage immodéré que l'on peut en faire, qui est suscité, créé de toutes pièces par les frénétiques de la croissance et du profit rapide, et qui est un obstacle absolu au travail de la pensée. Celle-ci se nourrit de faits, d'observations, de lectures, de confrontations aux opinions d'autrui, et non des idéologies et des programmes politiques. Penser est une activité qui prépare à l'action, et qui est très exactement le principe de notre liberté. Penser est une activité exigeante, fatigante, troublante même quand par son exercice, elle remet en cause, justement, les "idées".
Il nous faut donc, si nous croyons que penser est l'activité humanisante par excellence, ne point trop nous focaliser sur l'efficacité immédiate, la productivité, l'utilité, mais accepter une pauvreté momentanée de nos vies, pour leur permettre de porter de vrais fruits.

vendredi 12 septembre 2008

Les modes de pensée contemporains

Parmi les nombreuses tares qui me semblent affecter les modes de pensée contemporains, il en est deux qui me paraissent corruptrices de toutes réflexions. La première consiste à juger les événements d'hier comme s'ils dataient d'aujourd'hui. C'est là le résultat de l'idéologie. On juge avant de collecter les faits, et quand on en a, on leur applique un système d'analyse préfabriqué. C'est se fermer à toute compréhension profonde de l'histoire, et de plus, c'est d'une rare malhonnêteté intellectuelle. Pour comprendre, il faut d'abord savoir ce que les contemporains des faits en disent et ce qu'ils disent d'eux-même. Il est très facile, et juste, du reste, d'appeler DIDEROT et VOLTAIRE à son secours, quand on veut condamner l'Église catholique de l'Ancien Régime. Il serait intéressant de savoir ce qu'en disent non seulement d'autres écrivains éminents, mais aussi le peuple des croyants. Nous avons peu de documents sur cette question, et c'est bien dommage. Il nous faut donc collecter des faits : que faisaient les évêques, les prêtres, les moines ? Comment les fidèles vivaient-ils les prescriptions (qui nous paraissent aujourd'hui bien pesantes) de l'Église en matière de sexualité ? Et ne serait-il pas juste de les comprendre dans le contexte d'une mortalité infantile effrayante ? (La durée moyenne de la vie humaine était de 29 ans en 1789 ! ). On peut remonter plus haut et s'effrayer du droit de vie ou de mort que les pères de familles romains avait sur leurs enfants. Mais pour comprendre l'existence d'une telle pratique, il faut s'interroger sur les devoirs qui incombaient au pater familias.Etc., etc.
La deuxième tare, tout aussi corruptrice, consiste à isoler des faits de leur causes, et à les juger sans les replacer dans un contexte diachronique. C'est là l'enfant adultérin de la culture médiatique et de la marchandisation des savoirs. Un fruit de l'instantanéité de nos émotions. L'exemple typique et actuel est celui de Bernard TAPIE qui, manifestement, a été victime de goujats financiers. On n'en veut rien savoir. Le pouvoir d'achat des citoyens est en berne ! TAPIE n'a donc droit à rien, même s'il a été floué. En remontant plus haut, et pour prendre un autre exemple, celui de Gaspard de COLIGNY, fameux protestant qui fut assassiné lors des massacres de la Saint Barthélémy, on oublie de signaler que ce martyr de la cause avait fait brûler vif quelques centaines de paysans catholiques, en PERIGORD (à LA CHAPELLE FAUCHER, très exactement), qu'il dévasta la GUYENNE et le LANGUEDOC, et que le meurtre de ce grand seigneur aurait pu avoir pour mobile le désir de vengeance. Inversement, on justifiera les exactions des Dragons du Roi dans les Cévennes pour des raisons politiques, alors que le fond de la question est tout différent : il s'agit des droits imprescriptibles de la conscience, revendiqués à juste titre par les huguenots. On se souviendra alors de Marie DURAND, qui écrivit sur les murs de sa prison, à AIGUES-MORTES : Résister. Et il est bon ici de rappeler que, bien des siècles avant, Jean CHRYSOSTOME, Père de l'Église d'Orient, avait dit : Même si je dois être excommunié, je dois suivre la voix de ma conscience. Cette sentence n'a jamais été contestée ni abolie par aucune autorité dans les Églises d'Orient ou d'Occident. Tout cela mérite donc d'être pesé, examiné, et interprété avec toutes les nuances qui s'imposent, et la plus grande rigueur intellectuelle.
Bref, les deux plus grandes tares des modes de pensée contemporains est qu'elles empêchent l'éclosion d'une vraie pensée et qu'elles favorisent le foisonnement des idéologies. C'est proprement insupportable, et tout le monde a l'air de s'en f...

lundi 30 avril 2007

Esprit faux

De JOUBERT, cette citation qui devrait bien faire réfléchir les électeurs avant qu'ils ne se décident dimanche prochain
"Les esprits faux sont ceux qui n'ont pas le sentiment du vrai et qui en ont les définitions ; qui regardent dans leur cerveau, au lieu de regarder devant leurs yeux, qui consultent, dans leurs délibérations, les idées qu'ils sont des choses, non les choses elles-mêmes."
Vous voyez tout l'intérêt qu'il y a à enfourner dans la tête des citoyens des idées toute faites pour les leur faire considérer, au lieu et place des choses et des êtres, au moment de leur choix. Nous avons été les témoins d'une campagne digne de GOEBBELS, de la part des compétiteurs du candidat arrivé en tête au premier tour. Sans la moindre preuve, par exemple, on dit qu'il a fait pression pour empêcher le déroulement d'une confrontation télévisée ; on n'en a pas la preuve, mais on en a la certitude : ce n'est pas un fait cela, c'est une croyance. Les cibles de la pression supposée ont beau démentir la chose à deux reprises chaque fois (le président du SNPQR, le CSA), le bruit a été lancé et il est accrédité dans la tête des citoyens. Monsieur LANG a jugé immorale la proposition que monsieur ROCARD avait faite avant le premier tour de discuter avec monsieur BAYROU, voire de passer un acord avec lui ? Il pavane toujours au premier rang de l'équipe de madame ROYAL et adresse des oeillades amicales au même monsieur BAYROU avant le second tour : monsieur LANG est un moraliste de grande qualité, dont le jugement est d'une remarquable sûreté, d'une stabilité de tout premier plan. Je propose qu'on le surnomme "manche à air". Il faut conclure ce commentaire qui pourrait paraître partial : il convient, avant de se déterminer, d'étudier les propositions des candidats, et de juger si elles sont propres à assurer l'intérêt général, et non une somme d'intérêts particuliers. Le propre du politique, c'est bien l'espace public, ce n'est pas l'espace privé. Il faut conclure encore que le procès qui est fait à madame ROYAL de ne pas entièrement se conformer au canon du socialisme est d'une rare stupidité, et lui reconnaître qu'elle désire sortir (un peu) du carcan de l'idéalisme. Je n'ai pas à juger si cet effort résulte de son désir - qui me paraît grand, mais ceci est un jugement - d'accéder au pouvoir à n'importe quel prix ; j'ai à chercher si ses propositions sont justes et bonnes. Je ne le pense pas, car elles portent en elle une contradiction dont on reparlera : mais de grâce parlons de ces propositions qui ne sont pas toutes idiotes, et non de bravitude, de doudoune blanche et de je ne sais quelle nez pointu de bécassine.
De Thomas d'AQUIN, cette autre citation, qui est dotée des mêmes vertus que le constat de JOUBERT :
"Celui qui recherche la faveur des hommes doit nécessairement, dans tout ce qu'il fait, être le serviteur de leur volonté, et ainsi il devient l'esclave de chacun des hommes à qui il s'applique à plaire." (De Regno, chapitre VII.) Et :
"Gouverner consiste à conduire convenablement ce qui est gouverné, A LA FIN QUI LUI EST DUE." (De Regno, chapitre XIX.)
Eh bien je prétends que la fin qui est due à chacun de nous n'est pas de lui assurer une vie matérielle convenable - encore que ce bien (qui est un but ou un objectif) soit le socle absolument indispensable à l'obtention de cette fin. Je dis que notre fin consiste à aller vers ce pour quoi nous sommes faits : à la fois accomplir les potentialités que notre nature, éclairée par notre éducation, et notre propre réflexion, a mises nous ; remplir vis-à-vis du prochain les devoirs d'aide et de fraternité que nous impose notre humanité.