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lundi 22 mai 2017

22 mai 2017. Nouvelles de la Résistance. La barbarie à visage découvert

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Nous inaugurons un nouveau cycle consacré à Georges BERNANOS, inépuisable source de réflexion sur les événements contemporains. Cette fois-ci nous allons explorer un livre incroyablement actuel, intitulé : La liberté, pour quoi faire ? (Folio Essais, N°274, Gallimard, Paris, 1995).
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"La civilisation ne doit pas être, à présent, seulement défendue. Il lui faut créer sans cesse, car la barbarie, elle, ne cesse de détruire, et elle n’est jamais plus menaçante que lorsqu’elle fait semblant de construire à son tour.
Le pire malheur du monde, à l’heure où je parle, est qu’il n’a jamais été plus difficile de distinguer entre les constructeurs et les destructeurs, car jamais la barbarie n’a disposé de moyens si puissants pour abuser des déceptions et des espoirs d’une humanité ensanglantée, qui doute d’elle-même et de son avenir. Jamais le Mal n’a eu d’occasion meilleure de feindre d’accomplir les œuvres du Bien. Jamais le Diable n’a mieux mérité le nom que lui donnait déjà saint Jérôme, celui de Singe de Dieu." (Page 24, en regard de la première contribution, intitulée : La France devant le monde de demain.)
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2. COMMENTAIRES.
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Comment ne pas se souvenir de la parole prophétique d’Isaïe 5, 20 ? « Malheur à ceux qui appellent le Mal Bien et le Bien Mal, qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, qui changent l’amertume en douceur et la douceur en amertume ! » A cet égard, je vous recommande vivement la lecture de l’article publié sur le site
Depuis plus de 30 ans, le monde politique noircit la vertu et l’ascèse, ne cesse de la ringardiser et de la stigmatiser, en traitant les défenseurs de la vie, de sa conception à sa fin, de réactionnaires, d’inadaptés, que sais-je encore, et par exemple.
Nous avons eu droit à l’avortement sous condition de madame WEIL, pour aboutir au délit d’entrave numérique sous le calamiteux quinquennat du pire président qui jamais existât ! Nous avons commencé par le PACS pour terminer avec le mariage homosexuel. Puis on a autorisé la PMA pour les couples infertiles et l’on s’achemine vers la PMA pour les couples homosexuels. Et bientôt, nous aurons la GPA, avec ses catalogues : sexe, couleur des yeux, couleur de la peau, etc.
Voilà ce que les apprentis sorciers appellent Bien, ou Nouveaux Droits, en poussant l’homme à devenir son propre Dieu. Il est difficile de lutter contre les puissances d’argent et les médias, tous acquis aux Ténèbres transformées en Lumières du progrès. Que faire contre les pressions d’un Pierre BERGE ? Le financement du parti En marche par les grands banquiers ? Nous n’avons que les armes de la prière et de l’amour, sans conditions. Après avoir, dans les nombreux billets antérieurs aux élections présidentielles, vilipendé monsieur MACRON, et puisqu’il est élu, il ne me reste plus qu’à prier pour la France. C’est ce que je fais en suivant la communauté de prière Hozana et la neuvaine à Jeanne d’Arc.

Il n’est pas innocent de souligner une coïncidence providentielle, celle de l’Évangile de ce jour :

"En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »"

Ceci ne nous empêche pas de combattre, mais ce sera au prix de la persécution molle, des moqueries, ou de la mort sociale. Chers lecteurs, n’oubliez jamais ceci qui relève de la métaphysique la plus simple : personne ne peut faire que vous soyez autre que ce que vous êtes : voilà la clef du comportement libre !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Lire la totalité de l’article et notamment ce qui a trait à la subordination du social à l’économique.


dimanche 1 juin 2014

1er juin 2014. Nouvelles de la Résistance : combien de temps encore les imbéciles vont-ils régner ?

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Je vais vous faire une confidence : Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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Il y a trop longtemps que je ne vous ai pas fait part des réflexions de mon cher BERNANOS sur le politique. En ces moments où les simulacres de démocratie sous le joug desquels nous ployons les épaules, nous jettent dans le doute le plus périlleux, il est bon et judicieux de vous rappeler ce qu'il disait il y a plus de 70 ans :

"L’homme est naturellement résigné. L’homme moderne plus que les autres en raison de l’extrême solitude où le laisse une société qui ne connaît plus guère entre les êtres que les rapports d’argent. Mais nous aurions tort de croire que cette résignation en fait un animal inoffensif. Elle concentre en lui des poisons qui le rendent disponible le moment venu pour toute espèce de violence. Le peuple des démocraties n’est qu’une foule, une foule perpétuellement tenue en haleine par l’Orateur invisible, les voix venues de tous les coins de la terre, les voix qui la prennent aux entrailles, d’autant plus puissantes sur ses nerfs qu’elles s’appliquent à parler le langage même de ses désirs, de ses haines, de ses terreurs. Il est vrai que les démocraties parlementaires, plus excitées, manquent de tempérament. Les dictatoriales ont le feu au ventre. Les démocraties impériales sont des démocraties en rut." (Tiré des Grands cimetières sous la lune.)
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2. Commentaires.
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En vérité, mon commentaire sera qu'il n'y a rien à rajouter sinon cette remarque que notre grand Georges BERNANOS fait au tout début de son essai et que je reprends à mon compte :

"Ça vous embête de m’écouter parler si longtemps des imbéciles ? Eh bien, il m’en coûte, à moi, d’en parler ! Mais il faut que je vous persuade d’une chose : c’est que vous n’aurez pas raison des imbéciles par le fer ou par le feu. Car je répète qu’ils n’ont inventé ni le fer, ni le feu, ni les gaz (là, je conteste !), mais ils utilisent parfaitement tout ce qui les dispense du seul effort dont ils sont réellement incapables, celui de penser par eux-mêmes." 

Oui, le drame de nos gouvernants, c'est bien d'avoir mis l'argent au centre de leur préoccupation (impôts, transferts sociaux, taxes, gratuité ou non, pouvoir d'achat) au lieu de penser à ce qu'est l'homme, lequel ne vit pas seulement que de pain. Craignons donc les réactions des Européens résignés qui de résignés pourraient bien se révolter contre les imbéciles. Combien de temps encore les imbéciles vont-ils régner ?
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3. Notules informatives.
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Convergences curieuses ? (Via l'Observatoire de la christianophobie).

Voici le commentaire de l'auteur de cette note transmise à Daniel HAMICHE, responsable du site :

"Je suis allé, bien entendu, vérifier l’authenticité de ces deux citations : elles sont exactes. Celle d’Adolf Hitler date du 28 août 1942 et on pourra la retrouver dans l’ouvrage Adolf Hitler, Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann (Flammarion, 1954). Celle de Jean-Luc Mélenchon est du 9 mai 2011 : il l’a proférée dans l’émission « Répliques » sur France Culture. Il est troublant de constater que deux hommes politiques qu’apparemment tout semblerait opposer – hormis le fait que l’un et l’autre ont adhéré à la doctrine socialiste – se retrouvent dans leur commune détestation du christianisme et leur commune fascination pour l’islam… "


Comment un orateur du calibre de monsieur MELANCHON peut-il se laisser à dire des choses de ce genre ? Et l'on s'étonnera de la résistance croissante des Français à une présentation gauchie (c'est le cas de le dire) de la réalité par les responsables politique. Comment peut-on dire de telle bêtise (quoique il faille analyser avec recul la phrase de monsieur MELANCHON) ? Il parle de la main-mise de l'Eglise sur l'Occident chrétien, dont il ne semble pas nier l'existence). Monsieur MELANCHON fait un contresens historique absolu quand il prétend que nous n'avons pas su gagner l'apport des civilisations arabes ou arabo-andalouses. Nous avons redécouvert grâce à leurs savants (qui n'étaient pas tous musulmans - j'ai fait un billet là-dessus) tout un pan de la philosophie et des sciences grecques. C'est tout le contraire qui s'est passé. Ce sont ces civilisations qui n'ont pas su assimiler, selon leur génie propre, l'apport de l'Occident chrétien, comme nous avons su, selon le nôtre, assimiler l'apport de l'Orient musulman. C'est que d'un côté la vocation universelle du christianisme a su recevoir ce qui était bon de ces civilisations brillantes, alors que de l'autre, le système d'exclusion-expulsion (bien décrit pour d'autres cultures par René GIRARD ou Claude LEVY-STRAUSS), constitutif de l'identité musulmane a peu à peu rejeté ce qu'il pouvait y avoir de bon dans la civilisation chrétienne. Les Chinois contemporains ne sont pas tombés totalement dans cette erreur ce qui leur vaut de nous tailler des croupières dans le domaine économique. Pour combien de temps ? C'est une autre affaire, car ils imitent un Occident contemporain, débarrassé des apports chrétiens et de la tradition de la philosophie grecque. Ils imitent l'occident dans ce qu'il a de plus mauvais. 
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Les Bonnets rouges réclament la réunification de la Bretagne historique (via le Salon beige).


Et encore d'autres choses !




dimanche 6 novembre 2011

Europe, Europe...

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Aux rarissimes lecteurs de ma prose quotidienne, je présente mes excuses. J'ai omis de leur signaler que je m'absentais et qu'il ne me serait pas possible de délivrer mes billets habituels. Je répondrai par une note spéciale aux objections très argumentées que Pierre-Henri THOREUX fait aux propositions de Gaël GIRAUD.
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Donc, je vous parlais, il y a quelques jours de René GILLOUIN et de son petit livre, L'homme moderne bourreau de lui-même, publié aux éditions du Portulan, Paris, 1951. Dans le chapitre qu'il intitule LIBERTÉ DE CONSCIENCE ET POURVOIR SPIRITUEL, l'auteur fait preuve d'une sorte de prescience prophétique ; après avoir analysé les aspects positifs et négatifs des régimes politiques antérieurs à la Révolution (et notamment du régime qui prévalait en France), il dit ceci qui mérite d'être écouté et qui me fait murmurer avec regret Europe, Europe... :

"Et il est une autre constatation non moins évidente, c'est que ce régime n'avait pas si mal réussi, puisqu'il avait eu pour résultat, ni plus ni moins, cette Europe chrétienne tant décriée par le libéralisme et par l'idéalisme, mais dont nous commençons à mesurer le prix depuis que nous l'avons perdue. Cela ne veut pas dire que tout y fût digne d'admiration et de louange, mais qu'elle gagne singulièrement à la comparaison avec ce qui l'a suivie.
Ce qui l'a suivie en effet et qu'on peut considérer comme un siècle et demi de "liberté religieuse", nous n'avons qu'à ouvrir les yeux pour le voir : c'est l'Europe athée, achrétienne ou antichrétienne, et non point certes irréligieuse pour autant, mais tout au contraire convulsée et déchirée de mystiques récentes, et d'autant plus ardentes : rationalisme et matérialisme, racisme et marxisme, culte du surhomme ou de l'humanité, faustisme et titanisme, prométhéisme et luciférisme, qui sont à n'en pas douter les religions dominantes de notre âge, le Christianisme ayant passé au rang de religion récessive (pour parler le langage des biologistes. [...]"
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L'intérêt des analyses de René GILLOUIN est qu'il démontre que la confusion des deux pouvoirs, le spirituel et le temporel dans l'espace public, c'est-à-dire l'absorption du premier par le second, aboutit à créer un système de croyances, qui inféode les personnes, réduites à l'état d'individus, non pas à des chefs - le politique ne peut s'en passer - mais à des GUIDES (Führer en allemand !).
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L'Europe chrétienne a vu certes fleurir nombre de fleurs vénéneuses d'hypocrisie, de violence, d'oppression, mais aussi des saints, des mystiques, des témoins. Et GILLOUIN fait ce constat fulgurant, que je vous livre en conclusion et qui explique pourquoi nous sommes en train de crever dans un air devenu irrespirable tant ils est corrompu par l'argent, le vice et la cupidité (disons le mot, par le commerce) : "Rien ne fait sur l'être de désir une impression plus profonde que l'être de renoncement". N'aurait-il écrit que cela dans cet ouvrage fort intéressant, il mériterait de rentrer dans le panthéon des sages immortels.
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A tout à l'heure.
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dimanche 16 mai 2010

Un texte du livre de l'apocalypse de saint Jean

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Mystérieux, éblouissant de beauté, le Livre de l'Apocalypse ne cesse révéler aux lecteurs opiniâtres de nouveaux sens, qui se réfractent, se répondent l'un l'autre et donnent sur d'immenses perspectives. En ces temps troublés, où les esprits des hommes, agités en tous sens par le Prince de ce Monde, errent dans l'obscurité, il est bon de relire aujourd'hui ce texte prophétique :
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"Moi, Jean, j'ai entendu une voix qui me disait : Voici que je viens sans tarder, et j'apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu'il aura fait. Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements pour avoir droit aux fruits de l'arbre de vie, et pouvoir franchir les portes de la Cité. Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange apporter ce témoignage aux Églises. Je suis le descendant, le rejeton de David, l'étoile resplendissante du matin."
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Oh, je n'ai aucune illusion ! J'imagine que les esprits forts vont se gausser, que les indifférents vont détourner leur regard vers d'autres objets dès qu'ils auront lu "Jésus". Mais pour un chrétien, il s'agit là d'une parole du Verbe de Dieu, celui par qui le monde a été fait, et vers qui convergent ceux des hommes qui ont trempé leur tunique dans le sang de l'Agneau, innocent et pourtant torturé et crucifié ; il est le premier né d'entre les morts, le chemin, la vérité, la vie. Le disciple ne croit pas par crainte de l'enfer ou du châtiment ; le disciple croit parce que les paroles de Jésus sont des paroles de vie et d'amour. Il n'empêche, ils n'échapperont pas à la colère qui vient ceux qui, ayant entendu les paroles de vie, ne les auront pas reçues. Ils recevront leur salaire selon ce qu'ils auront fait. Et ils seront eux-mêmes leur propre juge, car se voyant comme ils sont, ils ne supporteront pas la vue de leurs péchés.
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Je dis en effet que des jours vont venir où il nous faudra choisir. Il n'y aura plus de faux-fuyants, de dérobades, d'esquives. Oui, il nous faudra choisir entre la Lumière et les ténèbres. Le choix sera douloureux, terrible peut-être. Mais qui ne voit que nous ne pouvons pas continuer ainsi, à ruiner des peuples entiers qui se vengeront de leur humiliation, à idolâtrer l'argent, à promouvoir une culture de mort, à nous vautrer dans l'ordure morale et culturelle ? Ni réactionnaire, ni révolutionnaire, ni UMP, ni PS (ça on l'aura compris), ni ceci, ni cela, je ne cesse de chercher la vérité et d'alerter mes rares lecteurs sur l'urgence d'une conversion personnelle sinon religieuse, au moins morale. Qu'on le veuille ou non, l'humanité forme un corps, et quand un membre est malade (et je crains fort que ce soit nos sociétés dites développées, ou qui sont en passent de l'être), le corps entier souffre. Il n'est que temps de changer ! Allons, du courage !
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jeudi 6 mai 2010

Avertissement

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Faisons calmement le point sur les événements qui se précipitent dans le monde.
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Ce qui saute aux yeux, tout d'abord, c'est que le monde est devenu un grand village. Rien ne s'y passe en un point, sans que l'information parvienne au point le plus éloigné. L'instantanéité de l'information est sans doute ce qui est le fait majeur de ce début du XXIe siècle. Elle a des conséquences politiques et économiques considérables.
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La seconde caractéristique est celle de la mondialisation des échanges économiques et financiers. Cette mondialisation qui va à un train d'enfer est voulue par les puissances d'argent, ou les puissances politiques désireuses de domination. La mondialisation, pour être efficace, exige une indifférenciation des peuples et des cultures, une uniformisation des désirs, l'extension de la consommation au détriment de la culture et de la pensée, la destruction des communautés naturelles (familles, groupements humains), le mélange des peuples par l'immigration, la promotion effrénée de l'individualisme, une présentation matérialiste de la liberté.
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Or l'argent est trompeur, il est corrupteur, il conduit à un faux sentiment de sécurité en donnant à ceux qui le détiennent un pouvoir sur l'avenir. Ce pouvoir se concrétise souvent, car nous plions le genou devant l'argent. Mais il est toujours provisoire.
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Or l'indifférenciation conduit à une exacerbation de la rivalité mimétique, et donc à la violence. La rivalité mimétique touche aussi bien les États (ils ont la bombe atomique, pourquoi pas nous ?) que les personnes (il a une belle voiture, pourquoi pas moi ?). Pour lutter contre l'indifférenciation, il est essentiel de maintenir les différences linguistiques (non à l'anglais comme langue universelle !), culturelles (non à l'américanisme), sociales (oui à la diversité des modes de vie).
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Or la rupture des communautés naturelles (familles, communes, provinces [et non pas régions comme les ont bêtement promues les socialistes en France : la région à la française est la projection locale de la tyrannie de l'Etat central]) isolent de plus en plus les personnes, les transforment en individus parfaitement démunis aussi bien contre les puissances d'argent que contre la tyrannie de l'Etat.
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Les puissances d'argent et les puissances d'Etat ont besoin d'avoir devant eux des individus (et non des personnes) isolés, pour pouvoir étendre leur Empire. Il ne dépend que de nous de ne pas leur obéir. Nul n'est obligé de regarder TF1, ou d'acheter tel ou tel objet : vêtements, téléphone mobile, ordinateurs portables fabriqués en Chine ou en Turquie ou au Pakistan. Nul n'est obligé d'obéir aux injonctions de la publicité. Nul n'est obligé de choisir SFR/Bouygues comme opérateur. Ce sont là des exemples.
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La religion n'est pas nécessaire à la morale. Il est parfaitement possible de vivre moralement sans croire. Pour un chrétien, la vie morale est une conséquence de la Foi ("Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurez dans mon amour" et non pas "Vous devez faire telle ou telle chose ; c'est le prix que je mets pour vous aimer"). Cette confusion ridicule entre morale et religion a fait que l'on a évacué (ah ! la laïcité à la française) l'enseignement de la morale à l'école. Je rappelle que la morale est un art de vivre qui nous permet de répondre à la question "que dois-je faire" (sous-entendu : "pour être un membre de la fraternité humaine").
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Ce dernier constat permet de comprendre que les spéculations boursières, les conduites politiques irresponsables, les délocalisations, ont plus affaire à la cupidité ou à la volontés de puisance humaines qu'au système économique, et qu'il est urgent de réintroduire la morale dans la conduite des choses du monde. Si ce n'est par l'éducation, alors il faut que ce soit par la loi.
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Je n'ai aucune illusion quant à la portée de mes remarques. Elles paraîtront, hélas, insipides. Je me risque à vous les présenter, en guise d'avertissement. Je ne veux pas être prophète de mauvais augure... Mais attendons-nous à des événements inouïs.
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mercredi 14 avril 2010

Ne pas désespérer

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Vous avez lu, je l'espère, le cri de révolte de Romric qui commente mon billet intitulé "la tentation d'ailleurs". C'est puissant, c'est juste, c'est lucide. Et c'est un jeune homme d'une vingtaine d'année ou presque qui écrit son dégoût pour un monde qui étouffe en l'homme toute aspiration à la vie intérieure, au dépassement, à la tempérance, au respect de l'autre ; il me semble qu'ils sont nombreux ces jeunes qui répugnent au mode d'existence (c'est à dessein que j'utilise ce mot) que nous ont légué les soixante-huitards. Tout n'est pas perdu.
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Je note aussi, avant de poursuivre mon billet, qu'Olibrius, mon cher Olibrius, mon poil-à-gratter, a repris ses interventions. Il est toujours et plus que jamais le bienvenu. De sorte qu'il mettra le piment et l'impertinence qui, selon un de mes lecteurs, commençaient à manquer dans ce Blog.
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Que faire ? D'abord ne pas désespérer. Ensuite, ne jamais manquer une occasion de manifester son opposition, sa désapprobation, sa honte devant les initiatives, les avis, les jugements de ce monde : homme politique, médias, publicitaires. On pourra tourner autour du pot tant que l'on voudra. Jean, dans son Évangile le dit pourtant : "Quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées."
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Voilà des années que je réfléchis à une question absolument centrale pour les occidentaux que nous sommes : la raison, à elle-seule, peut elle nous incliner au bien ? Ma réponse aujourd'hui est claire : non, elle est impuissante à nous y conduire. Il lui faut une lumière qui ne vient pas d'elle. Elle peut aider alors à être attirée par cette lumière-là.
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Regardons un peu comment va le monde, depuis que la raison, avec le bienveillant concours du siècle des Lumières - quel pastiche, quelle honteuse appropriation de la Lumière par le siècle le plus ténébreux qui fut jamais -, a été promue au rang de nouvelle déesse. Il y a eu les horreurs de la Révolution, l'imparable marée d'une société industrielle exploiteuse de l'homme, les horreurs des deux guerres mondiales, la bombe atomique, les camps de concentration, les millions de mort du stalinisme, du maoïsme, les guerres civiles en Afrique et ailleurs, l'exaltation du fanatisme musulman, les désastreuses décisions d'intervention en Irak prises en s'appuyant sur un mensonge assumé et reconnu (je parle ici de la deuxième intervention américaine). Jamais la folie humaine ne s'est déchaînée avec une telle violence, une telle furie. Et nous continuons à nous détourner de la Lumière, de peur que nos oeuvres ne nous soient reprochées. On a chassé Dieu de l'humanité ; le Fils de l'homme pourtant était venu pour sauver le monde, non pour le juger. Et toutes ces décisions, toutes ces actions sont justifiées par un discours rationnel. Si émanciper l'homme de toutes les servitudes exige de tels massacres, je préfère un peu moins d'émancipation, et un peu plus d'humilité.
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Notre patrie tient dans le monde, à cet égard, une place toute particulière. La France est capable du meilleur comme du pire. Je n'hésite pas à dire qu'elle ne cesse de balancer entre la ténèbre (j'y reviendrai) et l'héroïsme. Il faudra bien un jour que le politique se décide à choisir l'héroïsme contre l'inclination aux oeuvres ténébreuses, et il faudra bien qu'un jour aussi on donne un nom à cette puissance maléfique qui fait qu'on peut presque tuer dans la nuit son semblable pour une cigarette refusée sans que quiconque, et surtout pas les médias, s'interroge sur les raisons profondes qui ont poussé une bande de "jeunes" (?) à un tel acte. Notre espérance, notre indéracinable espérance, est que tout royaume divisé contre lui-même est voué à disparaître. Et que la Croix a déjà vaincu le Prince de ce monde.

mardi 2 juin 2009

Crise de l'intelligence, crise de la pensée

Fourmi, dans ses commentaires à mon dernier billet, argumente de manière très serrée sur la crise de l'intelligence, et Olibrius, avec humour, me fait remarquer qu'il aime bien le foot.
Il faut absolument que je précise et ma pensée et celle de Marcel LEGAUT.
(a) En aucun cas, je n'ai voulu mépriser les amateurs de foot ou de rugby, et tous ces jeunes qui acclament leur champion quand il marque. Tout au plus, pourrais-je faire remarquer que le monde de l'argent infiltre insidieusement et indignement ce qui devrait rester une célébration de l'émulation sportive, et de la maîtrise du corps. J'habite non loin du Parc des Princes et j'ai des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.
(b) Marcel LEGAUT n'entend pas reprendre à son compte la catégorisation entre doctes et ignorants. Toutes ses oeuvres et toute son action démontrent au contraire qu'il la déplore ; il constate que le monde idolâtre le savoir comme source de pouvoir et non comme source d'humanisation. Dans ses Lettres des Granges, il développe largement ce point de vue. Sa pensée n'est pas datée, mais prophétique et anticipatrice.
(c) Personnellement, je constate que l'enseignement supérieur, en France, est largement subdivisé entre enseignement pour les soi-disant "élites" - notez ici que je ne dis pas "prétendues", mais "soi-disant", c'est-à-dire se déclarant telles - (Grandes Ecoles, filières sélectives des Professions de Santé, Ecoles supérieures de Commerce, Ecoles d'Ingénieurs, BTS, DUT) et les autres, en gros les filières universitaires classiques.
(d) Fourmi analyse avec pertinence ce qu'elle appelle la crise de l'intelligence. Je partage tout à fait ce point de vue. Aujourd'hui, on ne pense pas, on réagit. On est incapable de prendre du recul, on vit dans l'émotion de l'instant. On croit tout savoir parce que l'on a accès à internet, mais il n'y a aucun travail personnel de synthèse ou d'assimilation des notions auxquelles on a un accès si facile, et l'on confond ce facile accès aux données, à leur compréhension profonde, notamment aux possibles relations de cause à effet, aussi bien des faits historiques, que politiques, artistiques ou techniques. Penser est une activité de l'esprit qui ne peut se déployer que dans le silence et la réflexion. Or le bruit envahit tout l'espace intérieur : téléphone portable, I-pod, Pod-cast, radio, télévision, I-phone, DVD, concerts de rock, etc. Encore une fois, il n'est pas dans mes intentions de mépriser toutes ces nouveautés, mais de souligner l'usage immodéré que l'on peut en faire, qui est suscité, créé de toutes pièces par les frénétiques de la croissance et du profit rapide, et qui est un obstacle absolu au travail de la pensée. Celle-ci se nourrit de faits, d'observations, de lectures, de confrontations aux opinions d'autrui, et non des idéologies et des programmes politiques. Penser est une activité qui prépare à l'action, et qui est très exactement le principe de notre liberté. Penser est une activité exigeante, fatigante, troublante même quand par son exercice, elle remet en cause, justement, les "idées".
Il nous faut donc, si nous croyons que penser est l'activité humanisante par excellence, ne point trop nous focaliser sur l'efficacité immédiate, la productivité, l'utilité, mais accepter une pauvreté momentanée de nos vies, pour leur permettre de porter de vrais fruits.

lundi 3 novembre 2008

Pour une vie nouvelle

Je faisais hier matin quelques petites courses dans un magasin de bricolage. L'hôtesse de caisse avec qui je discutais tout en réglant mes achats, me disait que depuis la crise, les clients sont devenus hargneux et exigeants.
Il est intéressant de s'interroger sur le pourquoi de cette attitude. Crainte de l'avenir ? Mais quel type de crainte ? Celle de perdre son emploi ? Celle de ne plus pouvoir consommer à volonté ? Celle de ne pouvoir réaliser ses projets ? Inquiétude aux fondements mal connus et qui traduit simplement le mal être des hommes dans une civilisation qui les ignorent délibérément ? Un peu tout cela à la fois, me semble-t-il.
L'argent ne fait pas le bonheur, dit un adage populaire. Cela est vrai pour ceux qui en ont assez pour vivre et ne trouvent pas le sens de la vie dans la consommation frénétique. Il y a, dans cette constatation, deux données absolument liées. Il ne suffit pas d'avoir de quoi vivre : se loger, se nourrir, fonder une famille, éduquer ses enfants, avoir une vie relationnelle et culturelle riche. (Il y a bien de nos contemporains qui ont plus que cela et qui pourtant ne cessent de courir après l'argent qu'ils amassent à ne pas savoir qu'en faire. Et c'est bien cette avidité-là qui nous a conduit au bord du gouffre.) Il faut encore trouver du sens à sa vie, c'est-à-dire apaiser par des actes cette tension intérieure qui habite tous les hommes et qui est sans doute liée à notre sentiment de finitude confronté à notre désir d'éternité.
Je plaide donc pour une refondation de notre société. Dans plusieurs directions d'ailleurs. Le magasine Marianne titre - et je crois, hélas, qu'il a raison - Les élites n'ont toujours pas compris. Les élites, ceux qui trouvent dans leur travail une reconnaissance sociale, du prestige, un accomplissement de leurs virtualités, doivent - c'est une nécessité sociale absolue - réfréner leur désir de toujours plus. Par conséquent, pas de réclamations d'avantages en nature démentiels (voiture de fonction de luxe, frais de représentation, repas d'affaire). Il leur faut rentrer dans la sobriété vécue. Pas d'exigences salariales inconsidérées. Un regard ouvert et juste sur la situation des salariés qu'ils ont sous leurs ordres. Une acceptation réfléchie de la solidarité par l'impôt (et cela ne les exonèrent pas de l'exigence de fraternité, qui est d'un autre ordre). Bref, il leur faut cesser de se regarder le nombril, de créer de toutes pièces une Association des Adorateurs Mutuels, et de défendre farouchement tous leurs privilèges : il en est certes de justifiés (BERNANOS justifiait brillamment cela) ; il ne doit pas y en avoir d'indus. Regarder du côté des primes des Hauts Fonctionnaires, par exemple... Et un peu moins d'ostentation dans le luxe, pour ceux des riches qui ne peuvent se passer du paraître, en attendant qu'ils changent leur regard sur eux-mêmes, ce qu'ils feront inévitablement quand ils arriveront aux portes de leur propre mort. Qu'ai-je fait de ma vie, diront-ils. Qui viendra essuyer leurs larmes quand ils en verront le vide ?
Ceux de nos concitoyens qui n'ont pas la chance de faire partie des élites et ont des revenus moindres peuvent trouver du sens, comme les riches d'ailleurs, dans le tissage de liens sociaux vécus. Là encore, un petit exemple, qui date de ce matin. A une bouche de métro, un distributeur de journal gratuit, propose aux passants un numéro de son quotidien. Il a un sourire éclatant. Et il n'essuie que des rebuffades de gens maussades, qui font un geste de dénégation. Et ces passants ne font pas partie de l'élite, de ces gens qui peuvent se déplacer en voiture et bénéficier d'un parking sur leur lieu de travail. Ils font partie de ces Français moyens qui travaillent dur pour gagner leur vie. Je plaide ici pour que ce refus d'accepter - il peut être motivé - soit assorti d'un petit mot, d'un petit sourire, d'un bonjour. Restaurer du lien social, voilà l'urgence du moment.
En effet, et je conclus, l'homme se construit (devient un sujet) dans la relation à l'autre. Les spécialistes des sciences humaines (anthropologie, sociologie, psychologie) l'ont amplement démontré. Sans relations (sans liens intersubjectifs), il n'y a pas d'homme ni d'humanité. Hélas, qu'il est triste de voir dans le métro, plus d'un voyageurs sur deux rivé à son portable ou à son MP3, clos dans un univers strictement virtuel absolument indifférent à la gêne que sa conversation ou sa musique fait subir à ses voisins. Les lecteurs de journaux ou de livres, sont moins fixés à leur objet, et ils balbutient de temps à autre un "excusez-moi je descends à la prochaine", ou quelque chose comme cela.
Pour une vie nouvelle, ouvrons les yeux sur l'autre, ayons pour lui un sourire ou une parole aimable. Cela, certes, ne peut résoudre les problèmes de revenus, mais il est plus facile de trouver des solutions à plusieurs que d'essayer de s'en tirer tout seul. Et pour ce faire, il faut rentrer en relation.

samedi 7 juin 2008

Une très ancienne prophétie

Je ne vous dirai pas qui a écrit, il y a près de 2000 ans cette prophétie faite pour notre siècle. Un temps viendra où l'on ne supportera plus l'enseignement solide ; mais au gré de leurs caprices, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d'entendre du nouveau.
Il me semble que ces temps, inaugurés sous les Lumières, sont définitivement advenus. Nous faisons fi de notre histoire, de notre culture, de ce qui nous a constitués, et nous nous ruons vers les dernières nouveautés. Ce prurit de nouveauté s'appuie certes sur un trait constant de la nature humaine, inquiète de trouver des réponses à des questions sur la vie et la mort, et avec elles, la paix qui est censée les accompagner. Mais il est aussi devenu le moteur de notre civilisation marchande qui a besoin, pour honorer l'appétit croissant des gens de la finance, de produire des biens affectés dès le départ d'un coefficient d'obsolescence, de façon à pouvoir inonder le marché, de manière continue, d'objets, d'idées, de modes nouveaux qui tous sont destinés à périr dans l'intention délibérée de leurs concepteurs. Le nouveau, en quelque sorte, est devenu un moyen de faire de l'argent. L'idéologie du progrès a été dévoyée, et ce dévoiement était inscrit dans sa structure même.
Il y a de grandes conséquences à cette manière de vivre : tout d'abord, nous avons du mal à faire des projets et à nous situer dans le temps historique, avec un passé, un présent, un avenir. Nous vivons dans l'instant. Ensuite et en conséquence, nous perdons nos repères culturels ; nous ne les comprenons plus ; nous ne voyons plus comment ils nous ont formés ; et nous en venons à les rejeter pour aller nous ne savons où. Mais il n'y a pas de bons vents pour celui qui ne sait pas où il veut aller, et qui ne sait pas d'où il vient. C'est une des causes de l'actuelle désorientation de la jeunesse. Elle me désole. Il me semble entr'apercevoir des solutions efficaces ; elles requéraient un accord unanime de tous les acteurs sociaux pour être mise en oeuvre. Hélas, HEGEL et MARX ont fait leur oeuvre, et l'on a crucifié JÉSUS une deuxième fois.
Ce qui motive ces acteurs, et l'on ne peut leur en vouloir, c'est la recherche de la notoriété, du pouvoir, de l'efficacité, conditions de leur survie - et qui de nous veut mourir ? - ce n'est pas celle de la vérité, dont il pense qu'elle les tuerait (Guy BEART l'a bien chanté : Ce jeune homme a dit la Vérité, il doit être exécuté) alors qu'en réalité, elle les ferait vivre, elle nous ferait vivre.
Je ne vois plus qu'une issue ; vivre en fonction d'une vérité inlassablement recherchée en espérant qu'elle fera tache d'huile par la vertu de l'exemple.
Tout ce qui est nouveau n'est pas forcément un progrès. Il faudrait trier. Difficile quand la vie intellectuelle se résout à un combat d'écoles, de systèmes, d'idée, et non à un examen contradictoire, bienveillant, objectif des faits, des solutions possibles et de leurs possibles conséquences, par les élites, les responsables politiques, les acteurs industriels, commerciaux et financiers et bien entendu, les citoyens. On peut toujours rêver.

mardi 27 mai 2008

Crise systémique mondiale

Un ami de Strasbourg me communique ce texte d'Olivier RIMME. En des termes économiques, politiques et psychologiques, l'auteur décrit, comme je l'ai fait de manière plus mystique ou spirituelle, la crise qui nous attend et dont nous ne sommes même pas conscients. Nous dansons sur un volcan, et nous ne sentons même pas que nos pieds brûlent. Merci à Francis NERI de m'avoir envoyé ce texte.
Crise économique et sociale : le scénario noir.

Personne ne peut l’affirmer, mais il est désormais plus que probable que le monde entier a entamé la fameuse phase de décroissance annoncée par les spécialistes depuis des années
Malheureusement, toute l’organisation humaine, à la fois économique et sociale, est aujourd’hui “indexée” sur les produits énergétiques primaires et dérivés, notamment le pétrole. L’augmentation du prix du baril (qui a pratiquement quadruplé en l’espace de quelques années) et la faible valeur du dollar américain face aux autres monnaies conduisent à une situation jamais vue dont les conséquences immédiates, différées et latentes amènent à une criticité extrême.
Depuis des années, des centaines de scientifiques, économistes, spécialistes et autres chercheurs alarment les gouvernements partout sur la planète en expliquant qu’il est urgent d’agir, que le pétrole n’est pas éternel et que les menaces qui pèsent sur l’humanité sont immenses à partir du “peak oil” (que certains analystes considèrent comme étant déjà atteint).
Hélas, aucun pouvoir politique, nulle part sur la planète, n’a jamais cru bon devoir prendre suffisamment au sérieux les études alarmistes, pire : les déclinologues sont même décriés et critiqués. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2008, au début de la plus sérieuse “crise systémique globale” de l’histoire humaine récente, qui selon moi, conduira à un changement de civilisation dramatique et brutal dans les 5 à 20 ans à venir.
Au risque de paraître “catastrophiste”, et je le dis froidement en mesurant tout ce que ça implique : il n’existe aucun “plan B”, aucune énergie alternative, et aucun moyen de maintenir l’humanité et son système économique dans un état stationnaire viable à moyen terme. Par conséquent, puisque c’est déjà trop tard, quoi qu’on fasse aujourd’hui, d’immenses drames vont se produire inévitablement, les contrées les plus pauvres seront bien entendu les premières à en subir les conséquences, mais nul ne sait à partir de quel seuil les contrées les plus riches seront préservées, notamment dans le monde occidental, ou dans les pays dits “émergents” ou “riches”.
Je suis objectif et pragmatique. Nous connaîtrons, y compris en Europe, une période sombre et très difficile à négocier où se dérouleront des drames qui vont plonger des millions de nos concitoyens les plus fragiles dans un état de grande pauvreté matérielle, physique et psychologique, entraînant avec eux toute la société moderne et développée dans une sorte de lente décroissance chaotique. Depuis des années j’évalue et j’analyse des risques et leurs conséquences et je modélise et vulgarise des scénarios pour les expliquer, je concentre l’expérience et l’information tirés d’études diverses faites par tant d’autres spécialistes. La synthèse de cet ensemble permet de produire un scénario noir qui me semble le plus réaliste, et qui aujourd’hui est connu de tous les chefs de gouvernements occidentaux.
J’évoque ci-dessous, de manière succincte et non exhaustive ce qui pourrait se produire dans les mois et années à venir :
-Recrudescence de troubles sociaux violents, qui par ailleurs s’installeront dans la durée (manifestations violentes prolongées, grèves récurrentes, mouvements sociaux inattendus pouvant éclater à tout moment n’importe où pour des motifs plus ou moins sérieux nécessitant toujours plus de moyens humains et matériels coûteux pour assurer la sécurité publique).
-Populations de moins en moins hostiles aux actions de protestation et de blocage économique et politique au niveau du pays.
-Criminalité en hausse globalement, confrontations intercommunautaires et intra-communautaires, irritations et jalousies exacerbées entre les individus conduisant à une multiplication de situations conflictuelles, de plus en plus violentes.
-Augmentation du nombre d’initiatives criminelles personnelles et isolées (ou menées par des petits groupes) de type “actions terroristes” (non religieuses et indépendantes) ou de “sabotages” d’infrastructures, revendiqués ou non, visant à déstabiliser ou à critiquer les actions politiques sociales ou économiques qui nuisent aux intérêts des individus.
-Défaillance des gouvernements et débâcle politique (impossibilité de faire face aux problèmes par des mesures politiques), accentuation de la perte de confiance dans le pouvoir politique, décrédibilisation des gouvernements qui perdent en représentativité.
-Apparition du pouvoir centralisé et concentré, conduisant “mécaniquement” à des dérives vers la “dictature démocratique” puis vers le “totalitarisme démocratique” portant l’habit d’un gouvernement républicain.
-Contrôle accru des médias (l’internet en particulier), avec le risque qu’un fossé se creuse entre le pouvoir politique et le “cinquième pouvoir”. Apparition de la “censure informelle”, dite de “convenance politique”, défavorable aux journalistes indépendants et libres, qui créeront leurs propres canaux d’informations parallèles et indépendants.
-Accentuation du risque d’atteinte à l’intégrité physique des personnalités politiques ou publiques exposées, de quelque tendance que ce soit.
-Fragilisation du système bancaire par la recrudescence des faillites et des créances irrécouvrables, défaillances des remboursements des crédits à la consommation et défaillances des remboursements des crédits immobiliers.
-Amplification de la crise financière internationale, perte de lisibilité sur les principales places de marché, mouvements spéculatifs incontrôlés et trop dynamiques pour être maîtrisés, installation dans une tendance baissière lourde.
-Émergence du phénomène de “stagflation” mélange de stagnation (économie molle, faible croissance, ou croissance nulle) et d’inflation, conduisant au pire scénario économique limitant toutes les marges de manœuvres, aux conséquences incalculables.
-Création de “bulles urbaines sécurisées” (zones commerciales, autour de grandes entreprises et d’institutions, infrastructures stratégiques, agglomérations privilégiées, quartiers résidentiels protégés, villes sous contrôles d’accès) et émergence de “zones de non droit” délaissées et hors de contrôle, ruinées, notamment les petites zones urbaines ou rurales, faute de moyens financiers et humain pour en assurer la sécurité et le développement.
-Impossibilité d’assurer la sécurité de manifestations publiques massives (événements sportifs, culturels, etc.), qui deviennent progressivement proscrites.
-Risque important de vandalisme dans les grandes surfaces et les grands commerces mal sécurisés et fortement fréquentés, où les gens excédés viendront se servir sans payer, lors de mouvements sociaux hostiles et localisés, qu’il sera par ailleurs très difficile de combattre ou d’empêcher.
-Stations services et dépôts de carburants dévalisés, puis vandalisés et saccagés, vols de matériaux énergétiques (recrudescence des vols de carburants depuis les réservoirs des véhicules privés et professionnels).
-Transports routiers et même trains complets de marchandises ciblés, piratés et vandalisés (vols en bandes organisées par des actions violentes de type paramilitaires).
-Apparition du marché noir et du troc, puis rapidement de la désobéissance civile, conduisant à l’impossibilité d’encaisser les taxes gouvernementales et d’assumer les budgets des États, et pour ceux qui le peuvent, fuite des capitaux vers les zones sécurisées (pays défiscalisés ou à fiscalité avantageuse).
-Difficultés pour les pays et les institutions publiques à payer les salaires des fonctionnaires, les indemnités de chômage ainsi que les retraites.
-Montée progressive du contrôle militaire dans la gestion quotidienne des crises, d’abord par l’utilisation de la gendarmerie, puis par les forces militaires conventionnelles, qui seront de plus en plus présentes et sollicitées.
-Émergence de nouveaux leaders et groupuscules “autonomes” difficiles à contrôler.
Le tableau est noir. J’en suis conscient. La liste des conséquences dans nos vies de tous les jours est encore longue. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé au pire, en espérant que le pire n’arrive jamais.
Apprêtons-nous donc à traverser une période douloureuse en se disant qu’il y a toujours pire ailleurs, et profitons de chaque jour qui passe. Pensons également à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix. Voyons loin.
Après tout, le catastrophisme, c’est aussi un principe de précaution.

Olivier RIMME
Analyses & Stratégies
Si ce tableau n'est pas celui d'un temps apocalyptique, je veux bien être pendu. Nous voilà prévenus, nous voilà impuissants, nous voilà aveuglés. Puissent les prévisions d'Olivier RIMME se révéler exagérées ! Pourtant, on voit bien comment l'exacerbation de désirs qui ne peuvent être immédiatement satisfaits, et l'accroissement de l'indifférenciation entre les êtres humains par l'uniformation des cultures, on voit bien comment l'expulsion du Dieu de Jésus-Christ par les marchands du Temple, vont nous conduire à une crise mimétique d'une violence inouïe, parfaitement analysée, décrite et prévue par un René GIRARD.
Ils ont des yeux et ils ne voient pas ! Ils ont des oreilles et ils n'entendent pas !


mercredi 21 mai 2008

Droits de l'homme

Un très proche m'a prêté un petit opuscule dont je vous donnerai tout à l'heure la référence. Ouvrage collectif, il est fait d'articles scientifiques, philosophiques et bibliques. Je tire de l'un d'entre eux les réflexions que voici : Nous voulons les droits, mais nous rechignons devant les devoirs, en nous aidant de la psychanalyse interprétée à contresens. D'autre part, chacun, médias aidant, se persuade que ses droits sont aussi illimités que ses désirs. L'individualisme a lancé la formule : "j'ai droit à ". [Par exemple], j'ai droit à l'enfant parfait, selon la représentation que je m'en fais. Ainsi, nous nous assimilons à notre désir quel qu'il soit et à notre imaginaire même s'il est chimérique, et tout ce qui ne les satisfait pas est mauvais, donc rejeté. Nous ne prenons plus le temps de chercher plus loin que ces leurres, toujours changeants, toujours insatiables et inapaisés. Le moi disparaît dans ce mouvement incontrôlé, parce que le désir et l'imaginaire, qui sont en nous des forces précieuses, s'égarent quand ils courent dans n'importe quelle direction. Nous ne nous voyons plus, nous ne vivons plus avec nous et en nous-mêmes, parce que nous ne voyons plus l'autre, nous ne vivons plus réellement avec lui. Chacun, devenu un atome social, force le jeu du désir et de l'imaginaire parce que sa solitude lui fait peur le plus souvent.
In
L'animal et l'homme. A propos des xénogreffes. Colloque 18 et 19 octobre 2002. Centre Sèvres-Facultés Jésuites de Paris. Série Philosophie/Éthique, n°126.
Janine CHANTEUR. Peut-on parler d'un propre de l'homme ? (pp 73-80).
Médiasèvres, sans mention de lieu, 2003.
A mon avis, la crise que traverse l'humanité - crise qui annonce l'entrée dans des temps apocalyptiques qui peuvent durer très longtemps - résulte d'une mésinterprétation de la déclaration des Droits de l'homme, proclamée par l'Assemblée Constituante, le 26 août 1789. Cette mésinterprétation était inscrite dans la formulation même de ces droits, qui sont ceux de l'individu (atome social) plus que ceux de la personne (sujet social), sans aucune contrepartie dans l'ordre des devoirs. Contrairement à une idée très enfantine, ma liberté ne s'arrête pas où commence celle des autres. Prendre ainsi les choses, c'est reconnaître à l'individu une totale liberté de moeurs et de comportement dans la sphère privée, tant qu'ils ne lèsent pas VISIBLEMENT les intérêts d'autrui. Mais ce que les chrétiens appellent la Communion des Saints implique aussi une Communion de Pécheurs. Quand un homme chute, toute l'humanité chute avec lui; quand il grandit, toute l'humanité grandit avec lui. La Déclaration des Droits de l'homme ne prend pas en compte explicitement cette fraternité-solidarité ontologique des êtres humains.
A mon avis toujours, la crise que traverse notre pays est une exacerbation de la crise qui frappe l'humanité entière. Berceau de la Déclaration des Droits de l'homme, il semble en être aujourd'hui le tombeau. Chaque catégorie socio-professionnelle exige, réclame, manifeste, est en lutte avec les autres. Les cheminots, avec leur grève d'aujourd'hui semble nous dire : "périssent les comptes-sociaux, disparaissent les retraites des moins bien lotis que nous, s'affaiblisse la France, augmente le chomage, pourvu que nous gardions les avantages acquis". Curieux pour des syndiqués dont les chefs n'ont à la bouche que les mots de solidarité, de social, voire de socialisme. Nous voici, en France, proche de la réalisation de la lutte de tous contre tous, prédite par HOBBES, proche de la mère de toutes les violences.