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vendredi 10 juin 2011

La samba des enragés

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C'est donc dans le livre d'entretiens de Bernard LECOMTE avec Marc LEBOUCHER que j'ai trouvé quelques perles dignes de figurer dans le colliers des imbécillités qui, comme chacun sait, est porté à tour de rôle par les  imbéciles du monde de la politique, du monde des médias et de celui de la culture.
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Nous en sommes en 1996. Jean-Paul II fait un voyage en France. Dans L'Evénement du Jeudi, un imbécile très connu se déchaîne : voyage touristico-propagandiste à tonalité ouvertement monarchiste, c'est une clownesque entreprise, une ridicule arnaque obscurantiste et un véritable complot contre-révolutionnaire dit-il de ce voyage.
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Les Polonais auraient été sans doute heureux d'apprendre que Jean-Paul II représentait tout ça. L'imbécile de service est-il un nostalgique du soviétisme ? Quand on connaît le rôle de Jean-Paul II dans la chute du communisme, on est tout de même étonné de lire ces opinions lapidaires. Mais il est vrai que pour ce monsieur, le viol présumé de la femme du chambre du Sofitel n'est qu'un "troussage de domestique". On m'a dit que Jean-François KAHN abandonnait la carrière de journaliste. Il aurait mieux fait de ne l'avoir jamais l'embrassée.
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Toujours dans ce livre, on lit les noms de deux autres figures de proue de l'anticléricalisme : Michel CHARASSE (mais enfin on le savait), et Pierre BERGE. Ainsi se trouvent réunis dans la même haine, des personnalités  des trois mondes que je vous ai cités en tête de ce billet. Il n'est pas étonnant du reste de constater que ces trois personnalités ne font pas mystère de leurs opinions. Ils sont bien les dignes héritiers de ce Maurice ALLARD qui, lors du débat sur la Loi de Séparation disait à la Tribune de l'Assemblée :

"Il faut le dire très haut : il y a incompatibilité entre l'Église, le catholicisme ou même le christianisme et tout régime républicain. Le christianisme est un outrage à la raison, un outrage à la nature. Aussi je déclare très nettement que je veux poursuivre l'idée de la Convention et achever l'oeuvre de déchristianisation de la France."
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Il faut dire que le succès dépasse toutes les espérances de monsieur ALLARD qui exprimait tout haut ce qu'une grande partie de ses collègues favorables à cette séparation pensaient tout bas, et que TAINE a si bien analysé. La France n'est plus chrétienne. C'est ainsi. Voilà pourquoi, au nom de la solidarité, on voit des files d'ayant droit faire le pied de grue devant les divers bureaux d'aide sociale, écoutés plus ou moins par des fonctionnaires qui gagnent leur pitance sans trop de risque en faisant remplir des papiers qui finiront dans les corbeilles, tandis que des dizaines de disciples de Jésus, silencieux et efficaces, réconfortent, écoutent, appellent par leur nom les pauvres qu'ils croisent sur leur chemin. Qu'on leur interdise l'exercice de la miséricorde et l'on verra. Il serait injuste d'oublier de citer tous nos compatriotes qui, bien que non croyants, reconnaissent un frère en celui qui souffre (membres du Resto du Coeur ou Secours Populaire, par exemple).
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Les puissants dansent frénétiquement la samba des enragés dans les palais de la République. Les modestes, les humbles, se faufilent comme ils peuvent dans les couloirs de la misère et ne cherchent point le tintamarre ni la reconnaissance. Ils font ce qu'ils ont à faire, et c'est là leur récompense.
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mardi 24 mai 2011

Encore Lanza des Vasto

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De LANZA del VASTO, cet aphorisme admirable :
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"Non, la dialectique ou balancement de droite à gauche n'est pas la machine à produire de la libération ou de la justice.
Non ce n'est pas la fusée qui va finir à coup sûr dans la lune du bonheur".
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Il dit cela dans un paragraphe des Quatre Fléaux, un paragraphe intitulé Du jeu de la Liberté et de la Puissance ou Révolution perpétuelle. Puis dans la section qui suit immédiatement et qu'il intitule D'une troisième chose dont on ne doit point parler, il dit (je respecte scrupuleusement la graphie, notamment les minuscules et les majuscules) :
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"N'existe-t-il donc pas une puissance qui aille avec la Liberté ? N'existe-t-il pas une liberté de la Puissance et une puissance de la Liberté ?
Oui, l'Amour.
Mais c'est une autre affaire et qui n'a pas de place, à ce que disent les habiles, dans les affaires publiques."
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C'est bien cette déchéance de la pensée, ce dessèchement du coeur que trahissent les propos des messieurs LANG et KAHN. Je les ai commentés déjà hier. J'ose apporter ici une petite notule supplémentaire,  marginale, mais non point subalterne.
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Le propre de l'idéologie, je le redis ici pour la dixième fois au moins, c'est d'être insensible au sort de l'homme concret. "Il n'y a pas mort d'homme", de quoi se plaint-elle semble dire le premier. Elle ne va tout de même pas nous emmerder avec sa plainte et ses gémissements. Elle est en vie. Ça n'est pas si mal que ça non ? Elle ne va pas flanquer par terre le bel idéal socialiste qui promet des jours radieux à ceux qui ont mis en lui leur espoir (et à eux seuls semble-t-il) ? Quant au second, la vulgarité de son propos est telle qu'elle ne mériterait que le silence, si elle ne révélait le fond exact d'une pensée. Le désir frustré de monsieur KAHN de voir politiquement battu un homme qu'il hait viscéralement, par un champion aujourd'hui déboulonné dont tout pourtant  annonçait le succès, lui fait dire n'importe quoi. Le "troussage d'une domestique", qu'est-ce donc à côté du triomphe de mes idées ? Cette femme concrète, en chair et en os, avec son histoire, ses drames familiaux, qui dit avoir été victime de violences sexuelles de la part d'un VIP, fait tache dans le tableau de mes belles idées et de mes systèmes ; ce ne peut être "qu'un troussage de domestique", vous dis-je.
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Non, ce n'est pas ainsi qu'il faut faire de la politique. C'est intolérable.
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Et si Dominique STRAUSS-KAHN, en tant qu'être humain a droit au respect de sa personne et de sa dignité, il doit, le cas échéant, assumer ses responsabilités autrement qu'en affirmant être l'auteur d'un simple "troussage de domestique", "sans mort d'homme" comme le prétendent ses (mauvais) défenseurs. Il proclame son innocence. C'est cela qu'il faut dire. Et c'est cela qu'il lui faut prouver.
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lundi 23 mai 2011

Donneurs de leçons

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Le "casse-toi pauv' c..." n'est certes pas une formule propre à figurer dans une anthologie de la poésie française. Elle est vulgaire et indigne de la fonction de Premier Magistrat de la République. On peut simplement la replacer dans le contexte où elle a été proférée pour en comprendre l'origine. Le Président de la République visite un salon et salue des visiteurs. L'un d'eux lui refuse sa main au motif qu'il ne veut pas se la salir au contact de celle du Président. Impulsivité de l'homme, dignité personnelle offensée, absence de maîtrise de soi, voilà quelques raisons d'interpréter le dérapage de Nicolas SARKOZY.
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Monsieur Jack LANG, à propos de l'affaire DSK, déclare, le cul bien calé dans son fauteuil et avec ce ton inimitable auprès duquel celui de monsieur GISCARD d'ESTAING fait pâle figure : "Il n'y a pas mort d'homme", et monsieur Jean-François KAHN, dont le détachement des basses choses du monde de la politique et la hauteur de vue ne sont pas les qualités principales, nous dit aimablement (en une langue que bien peu de nos concitoyens peuvent comprendre en raison de sa préciosité) : "C'est un troussage domestique".
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Notons d'abord qu'aucun des deux hommes ne semblent mettre en doute la réalité des faits dont on accuse DSK. Je n'ai pas pu entendre ou lire la totalité des considérations de ces messieurs, et il se pourrait donc que tous les conditionnels eûssent été mis dans leur commentaire. Il nous aurait fallu un Léon BLOY pour inclure dans son Exégèse des lieux communs le "il n'y a pas mort d'homme" ; quant à la remarque de Jean-François KAHN, en dépit de son côté précieux ou surtout à cause de lui, elle témoigne d'un mépris pour la victime supposée, et d'une curieuse manière d'envisager les droits et les devoirs des hautes personnalités politiques. Mais cette femme de chambre est d'origine africaine, et elle ne mérite pas, puisqu'elle vit aux Etats-Unis, la considération condescendante et gélatineuse que monsieur KAHN fait pleuvoir à longueur de colonnes dans son Marianne, sur les sans-papiers, les clandestins, les immigrés et toute la misère du monde qui vivent dans notre pays. Attention, je ne prétends pas qu'il faille traiter par le mépris ou la répression ou la prison le cas de ces milliers de personnes que nous hébergeons tant bien que mal. Je l'ai dit souvent, je le redis. Mais je ne suis pas sûr que les douceâtres "paroles verbales" de ces messieurs aient jamais d'autres buts que d'alimenter par de nouveaux adeptes la très éclectique chapelle des "Ôte-toi de là que je m'y mette".
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Un peu de cohérence, messieurs les donneurs de leçons, un peu de dignité, un peu plus de considération pour ce Peuple que vous méprisez profondément ; il vous fera savoir, le moment venu, que vous n'êtes pas dignes de leurs suffrages.

mercredi 29 septembre 2010

Une nouvelle maladie contagieuse, la cacostomase...

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Une nouvelle maladie contagieuse est en train de se répandre dans les espaces médiatiques et politiques, la cacostomase (du grec kako, mauvais [cf. cacophonie, cacochyme en français et stoma, bouche [cf. stomatite en français]). Elle est due à une mouche, la Cacostoma, genre qui comprend de très nombreuses espèces.
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Tout a commencé avec la Cacostoma pictavorum. Comme son nom l'indique, c'est une espèce endémique qui vit dans le pays des Pictaves, aujourd'hui le Poitou. Elle est particulièrement virulente, et a pour caractéristique de s'attaquer non seulement à des mouches appartenant à d'autres espèces, mais aussi à d'autres Cacostoma, pourtant réputées très proches d'elle par les moeurs et les habitudes comportementales. Ainsi, C. pictavorum n'hésite pas à piquer Cacostoma aubryi ou Cacostoma peilloni. La première de ces dernières espèces sévit dans le Nord de la France. En apparence moins virulente que C. pictavorum, elle est tout aussi dangereuse et semble prendre une grande importance dans la niche écologique qu'elle a commencé d'occuper dans la région de REIMS, repoussant à l'occasion C. pictavorum dans son Poitou originel. Cacostoma xyloglossa sévit en Bourgogne ; elle fait beaucoup de bruit, elle est de bel aspect, elle adore fréquenter les Cacostoma mieux armées et plus puissantes qu'elle, mais celles-ci la repoussent avec assez de vigueur.
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Cacostoma marianni (var. joanus-franciscus kahnus) s'est répandue dans les journaux. Elle y creuse des galeries souterraines fort nauséabondes. Il faudrait aussi citer Cacostoma villepini. Cette mouche-là, piquée par une autre espèce de mouche, aime les eaux troubles ; elle vit dans les marais de Clearstream (clair courant, en français), et ce n'est pas le moindre des paradoxes que de constater l'écart entre le nom de l'habitat et son aspect putride. Cette mouche fait beaucoup de bruit avec ses ailes, mais en réalité, elle se reproduit difficilement, et ses colonies sont assez peu peuplées. Cacostoma lefebvri cumule le bruit assourdissant d'ailes rognées à la curieuse manie d'activer les coches, un peu comme celle qu'a célébré notre bon La FONTAINE. On la dit très proche d'un autre genre de mouche, la Sarkozya.
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Bref, les entomologistes peuvent s'en donner à coeur joie. Mais il n'en demeure pas moins que tous ces insectes polluent notre environnement par leur bruit, leurs attaques incessantes, leurs papillonnements superficiels d'un objet à l'autre. Il est assez étonnant de constater que la Sarkozya, après avoir beaucoup occupé l'espace reste en retrait. Je l'imagine prête à prendre son envol à la première occasion, malgré les nombreux coups dont elle a fait l'objet.
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Bonne journée.

mardi 20 mai 2008

Croissance en hausse

Un Maréchal de France, JOFFRE, disait : "Je ne sais pas qui a gagné la bataille de la Marne, mais je sais bien qui l'aurait perdue".
Ainsi en va-t-il de la croissance. Un sondage publié avec délectation par France-Info nous apprend que les Français ne portent pas au crédit du gouvernement la hausse imprévue du taux de croissance. Les mêmes médias n'eûssent pas hésité à titrer sur l'échec du gouvernement, au cas où la croissance n'eût point été au rendez-vous. Ils sont tellement aveuglés par la haine et l'idéologie qu'ils ne sont même pas capables de prendre du recul face à cette information. Cette opinion sceptique, c'est eux qui l'ont distillée dans le public, à coups de critiques infondées, d'approximations douteuses, d'insinuations, de calomnies, de railleries. Ils pouvaient, et cela était conforme à la vérité et à une saine interprétation des faits, expliquer que ce sondage exprimait un doute sur l'efficacité des mesures gouvernementales. Pas du tout. Leur titre est le suivant :

Croissance revue en hausse: le gouvernement n'y est pour rien (sondage).
C'est tout simplement honteux. Je suis étonné de voir qu'aucune voix de la majorité n'est là pour critiquer cette présentation et rappeler la boutade de JOFFRE. Quand ça va bien, la majorité n'y est pour rien. Quand ça va mal, c'est de sa faute. Reportons nous au temps du Président MITTERRAND. Rétrospectivement, on ne peut pas dire que, sous son principat, l'économie ait été florissante (bourse mise à part, qui - comme toujours sous la gauche - a fait un bond spectaculaire). On a vu alors le chômage exploser, le nombre de pauvres grimper comme jamais. Lequel de ces médias a jamais mis en cause la calamiteuse politique de ces apprentis sorciers ? Le jour de l'élection de monsieur MITTERRAND, je me trouvais dans le bureau de vote d'un village alsacien. La foule exultait. Enfin, on allait voir ce que l'on allait voir. J'ai alors dit qu'avant un an le dollar serait au-dessus des 8,00 francs, et que le nombre des chômeurs augmenterait considérablement. Un an après, c'était bien le cas et l'un des assesseurs du bureau, que je revoyais alors me dit tristement "vous aviez raison". Il ne fallait pas sortir de polytechnique pour faire cette fausse prophétie.
Monsieur Jean-François KAHN n'a pas la hauteur de vue et l'intelligence de son frère Axel, que j'ai l'honneur d'un peu connaître. Il titre dans son journal Marianne : "Putain ! Encore quatre ans !". Rare élégance de style, élévation de la pensée, pertinence de l'analyse ! Il faut vraiment que Jean-François KAHN se fasse psychanalyser. Que lui a-ton refusé, du côté du pouvoir, pour qu'il épanche hebdomadairement sa bile dans les colonnes de sa revue ? Quelle explication donner à cette haine recuite qui ne produit aucune analyse, ne fait aucune proposition, et donne raison à ce fou de NIETZSCHE lequel mettait au coeur de sa philosophie le ressentiment des médiocres et des incapables, et la volonté de puissance des êtres supérieurs ?