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J'étais trop fatigué hier soir pour vous livrer à chaud les impressions que m'a laissé la manifestation d'hier. Il n'est pas trop tard pour vous en faire part en ce petit matin. Ce sont des impressions en forme de carré : un côté pour l'humour, un côté pour le témoignage, un côté pour la loi et la justice, un côté pour Jésus, quatre côtés qui délimitent une surface, celle de notre résistance pacifique mais déterminée.
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Côté humour. La palme revient sans aucun doute à ce père de famille. Il portait un de ces masques que les autorités avaient fait distribuer aux Français au tout début de la seconde guerre mondiale, pour les protéger des gaz toxiques que les nazis auraient pu utiliser pour vaincre une éventuelle résistance de nos armées et des populations civiles. A son cou, il avait accroché une pancarte qui portait cette mention admirable à l'intention de la maréchaussée : "Soyez courtois ! NE NOUS GAZEZ PAS !". J'étais mort de rire et les manifestants qui côtoyaient l'homme masqué partageait mon hilarité. Que dire aussi de cet autre qui, muni d'un couvercle de casserole et d'une papinette (nom que, dans le pays de mes parents, on donnait à une cuillère en bois), tapait en cadence sur cette cymbale d'un nouveau genre ? Le plus drôle était qu'il avait orné son crâne d'une sorte de couronne, faite de fleurs et d'oiseaux de toutes couleurs. Je lui ai fait remarquer que ça faisait moins de bruit que les casseroles de messieurs CAHUZAC, HOLLANDE, MOSCOVICI, AUGIER, BERGE et consort. Eclats de rire ! Approbation plein de bonhomie (un seul m) de la part du voisinage. Trompettes, cornes de chasse (on les appelait totoches chez les scouts, au temps de ma jeunesse), sifflets, vuvuzuelas, tambourins, cistres, j'ai tout vu en matière d'instrument de musique. Il y avait aussi un homme qui portait une pancarte manuscrite : "Ceux qui veulent que Taubira s'en aille lèvent la main". En matière d'humour, je crois que les Français sont imbattables !
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Côté témoignage. Ce sera mon témoignage personnel. Je suis arrivé à 14 h 25 tapante à la station Raspail. Des jeunes gens, membres du service d'accueil m'ont fait signe de remonter vers la Place Denfert-Rochereau (un modèle de résistance, DENFERT-ROCHEREAU). En remontant, j'ai vu, avec inquiétude, que le Boulevard Raspail était barré (un peu au-dessus de la Rue Campagne Première) par des véhicules bleu foncé de la gendarmerie ; je ne les ai pas comptés, mais il y en avait sans doute sept ou huit, peut-être plus. Au-delà, stationnait le long des trottoirs une vingtaine de véhicules blancs de la police (des CRS). Ils ont disparu quand le cortège s'est ébranlé. Diable (nous avions en effet, donnant sur le Boulevard Raspail, le Passage d'enfer), voilà qui s'annonçait fort mal. Remontant sur le trottoir, j'ai dit à un gendarme qui ressemblait à un crocodile avec son harnachement écailleux : "vous voyez monsieur que nous sommes de dangereux groupuscules". Il a eu le bon goût d'en rire. La foule continuait d'affluer. Ce qui m'a frappé, c'est le nombre de jeunes gens et de jeunes filles assurant le service d'ordre ou de sécurité, mais aussi de jeunes (15 à 20 ans) participant à la manifestation, c'est le nombre de jeunes couples, de parents avec leurs enfants, de personnes âgés, de gens de toutes origines, de toutes couleurs. Les slogans qui revenaient le plus souvent étaient : "Hollande, ta loi on n'en veut pas", "François, t'es foutu, les Français sont dans la rue", "François si tu savais ta loi où on s'la met ; aucu..., aucu..., aucune hésitation ! Non non non à la loi TAUBIRA". Et puis, sur l'Esplanade des Invalides, la foule a crié "Hollande, démission !" et surtout "Résistance, résistance, résistance". C'était impressionnant d'unanimité, de force et de dignité. J'y reviendrai avec mon troisième côté. J'ai vu, non loin du char-podium où Frigide BARJOT haranguait la foule (avec quel talent, et quel souci de pacification !), et près duquel je m'étais placé, un homme en lévite noire, portant une barbe fournie et le chapeau de feutre noir qu'affectionnent les juifs pieux ; j'ai vu aussi une délégation de musulmans portant une banderole. Monsieur le Préfet de police voit 45 000 personnes ; il y en avait 3 fois plus, comme, de nouveau, le montreront les photos. Ah ! j'oubliais : toutes les fois que l'hélicoptère de la protection civile passait au-dessus de nos têtes, on lui faisait de grands coucous en secouant frénétiquement nos drapeaux.
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Côté juridique.
Je vous avais indiqué que je savais de source sûre ceci : les photos publiées par la presse (le Monde en particulier) de la foule vue de l'hélicoptère étaient truquées. Ce point a été révélé par Frigide BARJOT. Elle a indiqué avoir demandé communication des vidéos à la Préfecture de police, laquelle prétend avoir répondu par un courrier que les organisateurs de la Manif pour tous n'ont jamais reçu. Un recours en référé est lancé pour obtenir communication de ces documents.
Monsieur BERGE qui prétendait qu'il ne verserait pas de larmes si une bombe explosait au cours de la Manifestation prévue sur les Champs-Elysées est mis en examen pour "incitation à des actes terroristes" (je ne suis pas certain que le chef d'inculpation que je vous donne soit absolument exact dans sa formulation, mais l'idée y est).
Un recours auprès du Tribunal administratif est déposé pour obtenir un examen de la pétition citoyenne par le CESE. Ce recours est collectif, mais les pétitionnaires sont invités à introduire un recours personnel auprès de ce Tribunal : consulter pour cela le site internet de la Manif pour tous.
Assigné en diffamation par les organisateurs de la Manif pour tous qu'il avait qualifiés d'homophobes, monsieur le sinistre (du latin sinister : situé à gauche) et imbécile (cf. BERNANOS) Jean-Pierre MICHEL a vu ses propos qualifiés par les juges de cinglants, mais relevant de la liberté d'expression. Or, la lettre du moustachu (je crois bien en effet qu'il a une moustache) a été écrite sur papier à en-tête du Sénat. Il s'exprime donc en tant qu'élu de la République (!). Les organisateurs ont fait appel de ce jugement assez curieux. Mais on sait bien que le Grand-Orient illumine la justice !
Un syndicaliste de la CFTC nous indique que diverses organisations (Haut Conseil de la Famille, Union des Associations Familiales, Syndicat CFTC et Syndicat CGT, entre autres) ont donné un avis défavorable au texte de madame TAUBIRA. Seul le MEDEF en la personne de madame PARISOT (qui, grâce au ciel, ne peut plus briguer un troisième mandat) a refusé de se prononcer au motif que la question en débat était d'ordre sociétal. Et ce représentant a eu ce mot terrible : "Et si on rétablissait l'esclavage, vous discuteriez sans doute de la longueur des chaînes !?" Du balai, madame PARISOT !
Il apparaît également que le vote du Sénat a été délibérément truqué dans sa procédure. Il n'y avait en réalité que deux voix en faveur du texte, et il n'aurait pas été adopté si le vote des sénateurs socialistes ultramarins (adjectif utilisé par Frigide) avaient été pris en compte.
Décidément, il faut que messieurs AUGIER et BERGE disposent de puissants moyens de pression pour faire voter une loi que 55 % des Français réprouvent.
Je ne parle pas des discours de messieurs GUAINO, MARITON, FESQUELLE (orthographe de ce nom donnée sous réserve) et d'un élu Radical de Gauche qui parle, lui, de loi scélérate, ni de l'appel de Christophe, un homosexuel (que j'ai rencontré lorsque j'étais bénévole à Tibériade et que je connais donc fort bien, ceci à l'intention de TIPPEL qui mentionne dans un commentaire les interventions de ce jeune homme).
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Coté Jésus. Le texte du jour est tiré de l'Evangile de Jean 10 : "Celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit." Et, un peut plus loin : "Je suis la porte des brebis". Mon véritable motif d'opposition, c'est qu'ayant fait l'expérience d'un "toujours vivre" par la rencontre de JÉSUS, je sais d'expérience, tout pécheur que je suis, qu'il n'y a pas d'autres voies pour "que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance". Voilà qui nous impose de respecter nos ennemis, de les bénir, de prier pour eux (cf. le sermon sur la montagne dans l'Evangile de Matthieu), mais de ne pas redouter "ceux qui peuvent tuer les corps mais ne peuvent atteindre l'âme". Ce n'est pas tant pour nous, pour moi, que je résiste, c'est par désir profond, inextinguible, de faire connaître Celui qui est le chemin, la vérité et la vie. Résistance, résistance, résistance ! Résistance spirituelle, résistance de charité ! résistance de vérité !
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Je vous prie d'excuser la longueur de ce billet.