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samedi 21 novembre 2015

21 novembre 2015. Nouvelles de la Résistance. Demande de pardon, ignorance, inculture et lâcheté

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.

Nous avons été lâches. Nous payons de le prix affreux de notre lâcheté.
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1. La citation du jour.
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Je reprends ici la lettre que François BILLOT de LOCHNER attribue à la plume de François HOLLANDE et qui n'est hélas, qu'une lettre imaginée.

"Voici, chers amis, la lettre que nous aimerions recevoir dans nos boîtes aux lettres dans les jours à venir, et que le Ciel nous garde et nous protège.

François BILLOT de LOCHNER, président de l’AFSP-Liberté politique.

Française, Français,

Au nom de l'ensemble de la classe politique à laquelle j'appartiens depuis presque un demi-siècle, je vous demande pardon du fond du cœur.
Ma demande de pardon s'adresse tout d'abord aux victimes de l'épouvantable tuerie du 13 novembre dernier, ainsi qu'à toutes leurs familles et à tous leurs proches.
Elle s'adresse également à vous tous, Française et Français, pour l'œuvre de destruction que nous avons menée de façon méthodique, et qui ne pouvait qu'aboutir au désastre général que connaît aujourd'hui notre nation :
- Nous avons méthodiquement démoli les piliers fondateurs de notre pays : la famille, l'enseignement, la culture, la morale.
- Nous avons déstructuré les fonctions régaliennes que nous devions exercer : sécurité intérieure, sécurité extérieure, justice, affaires étrangères ;
- Nous avons détruit une économie florissante, dont l'état de délabrement actuel se manifeste par des niveaux insupportables de chômage, d'endettement public, de déséquilibre du commerce extérieur.
- Nous avons abdiqué nos pouvoirs au profit d'une Europe technocratique qui, par pure idéologie, accompagne ou précède depuis des années notre œuvre de déconstruction.
- Nous avons accepté des flux migratoires insensés, aboutissant à un communautarisme d'une dangerosité désormais peu maîtrisable.
- Nous avons œuvré avec constance pour réduire la richesse personnelle de chacun en un individualisme consumériste axé sur l'unique et mortifère jouissance immédiate.
« L'œuvre de mort que nous avons réalisée est symbolisée par la transformation en droit fondamental du crime d'avortement, et par l'ouverture du mariage à l'union stérile et contre nature des homosexuels.
Française, Français, notre demande de pardon est sincère. Je vous proposerai, avant le 1er décembre prochain, un programme d'action de six mois, mené par un exécutif renouvelé et responsable, permettant d’amorcer immédiatement le redressement de notre pays, que notre action volontariste et dévoyée a ruiné.
Pardonnez-nous, et que revive la nation française !

 François Hollande."
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2. Commentaires.
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Je dois dire qu'à quelques bémols près (dont je vais parler) tout me paraît juste dans cette lettre, et d'abord le fait que TOUTE LA CLASSE POLITIQUE, intellectuellement et spirituellement corrompue jusqu'à la moelle, et d'une inculture confondante dans l'expression publique de ses choix, est responsable de l'état calamiteux de notre chère France. Bien entendu, il y a des hommes politiques cultivés, mais les lois de la politique partisane et politicienne leur interdisent d'en faire usage dans leur action et dans leur discours. 
Simone WEIL avait raison : il faut supprimer les partis politiques.
Les bémols que je mets à certaines affirmations concernent essentiellement l'accueil des réfugiés. Il ne faut pas les accueillir tous ; il faut accueillir ceux dont la vie est menacée et il y en hélas beaucoup. Discernement, discernement : voilà qui impose quelques mesures simples, comme la prise des empreintes digitales de tous les entrants (nous y sommes bien soumis, nous, quand nous faisons faire une carte d'identité), des tests linguistiques (notamment en arabe) car tous les migrants ne viennent pas des pays en guerre, de sérieuses enquêtes sur les familles ou les personnes isolées que nous accueillons. Enfin, il faut comprendre l'islam, sa théologie, son histoire.
A cet égard, l'inculture de monsieur François BAROIN qui veut faire une loi interdisant les crèches dans les mairies est confondante. C'est, d'après lui, une arme fatale contre le djihadisme. Faut-il lui rappeler que pour les musulmans, JESUS est réellement le messie (mais il n'est pas fils de Dieu), que sa mère, Marie, est vierge ? Faut-il lui redire que lorsque les Saracènes, futurs adeptes de MAHOMET, ont pris JERUSALEM, ils ont détruit toutes les Eglises chrétiennes, à l'exception de l'Eglise consacrée à la Vierge, au pied du Mont des Oliviers ? Et cet imbécile bernanosien veut supprimer les crèches pour contrer l'islamisme : moins de christianisme et plus de laïcisme ? On reste tout ébaubi devant une telle proposition qui témoigne d'un acharnement irresponsable.
Monsieur BAROIN saisit l'occasion des attentats pour tenter d'imposer une mesure antichrétienne issue du maçonnisme. Mais son propre père ne fut-il pas Grand-Maître du Grand-Orient ? Ceci explique cela sans doute, et notamment son élection à la tête de l'Association des Maires de France...

Je précise que j'ai commencé à me documenter sérieusement sur l'islam depuis quelques mois. Je suis très loin d'une connaissance approfondie. Mais il y a des éléments que nous ne pouvons pas ignorer, simplement parce qu'il est impossible de dialoguer si l'on ne se connaît pas un peu.
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3. Informations diverses.
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Lire : http://www.riposte-catholique.fr/riposte-catholique-blog/tribune/les-aigles-deplumes-de-la-mort-aiment-le-diable.

"Quand on dit que Dieu inflige un châtiment douloureux à ceux qui font un usage pervers de leur liberté, il convient de comprendre que c’est en nous-mêmes que ces souffrances ont leur principe et leur cause." (Saint Grégoire de NYSSE ; La vie de Moïse, 2, 87.)
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Voir :


Il n'est pas indifférent que cette manifestation ait lieu en BRETAGNE. Je ne l'approuve ni 

ne l'improuve. Il s'agit-là d'une pure information.

mercredi 24 mars 2010

Précisions

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Certaines de mes opinions pourraient donner à penser, paraît-il, que je pare l'ancien régime de très imaginaires vertus. Il n'en est rien. C'est le nouveau régime dont je dénonce les tares et les dérives, les mensonges et les insolubles contradictions. Surtout les mensonges et les contradictions.
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Les mensonges ? Ils ont commencé avec l'instauration de l'école soit-disant laïque (je ne dis pas prétendue !). Le portrait que celle-ci donne d'un régime détruit dans le sang et les violences (largement passées sous silence) pour le faire détester des Français et instaurer une République au goût furieusement antichrétien, colonialiste, bourgeoise et "capitaliste", est faux, et il faut qu'il le soit pour maintenir la fiction de l'égalité, de la liberté et de la fraternité. En somme, les historiens français n'ont jamais su faire un examen critique du régime que certains de nos aïeux ont détruit. Plusieurs fois, j'ai eu l'occasion de dire que le propre de l'idéologie est de rester insensible au sort de l'homme concret. Les milliers de morts de la Révolution laissent de marbre l'enseignement officiel qui ne cesse en revanche de pleurer sur le sort "des plus démunis" au sein d'une société dont les valeurs et les lois sont l'imparable produit des "valeurs" qui fondent l'actuelle République. Je dis que la solidarité active, le partage, et par-dessus tout le lien social existaient bien avant la Révolution, sous une forme qui mettait en oeuvre les corps intermédiaires et les structures ecclésiales, et que l'Etat dévoreur a repris à son compte ces fonctions sans pouvoir les assumer avec la même qualité.
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Fallait-il modifier en profondeur cette société effectivement injustement inégalitaire ? Mais bien sûr, il le fallait ! Je n'ai aucune hésitation sur ce point. Je voudrais du reste reprendre ici à mon compte ce que mon cher BERNANOS dit de la Révolution dans La France contre les robots :
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"Notre Révolution de 89, ou plutôt ce que nous devrions continuer d'appeler le Grand Mouvement de 89, car c'est le nom que lui donnèrent les contemporains - et cette Révolution de 89 était bien, en effet, un mouvement - la Révolution n'est venue qu'après pour lui barrer la route, la Révolution réaliste et nationaliste qui, par-dessus l'idéalisme à la ROUSSEAU de la Déclaration des Droits, renoue avec l'absolutisme d'Etat des légistes italiens ou espagnols, la tradition centralisatrice et unitaire, pour aboutir logiquement au régime napoléonien, aux premières grandes guerres économiques - le blocus continental - à l'égalité absolue, c'est-à-dire à l'impuissance absolue des citoyens devant la Loi - la loi de l'Etat - rendant ainsi possible l'avènement des systèmes totalitaires."
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Et le fulminant prophète de poursuivre :
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"Pour comprendre quelque chose à ce grand Mouvement de 89, qui fut surtout un grand mouvement prématuré d'espérance, et comme une illumination prophétique, il faut tâcher de comprendre l'homme de ce temps-là. L'homme du XVIIIe siècle a vécu dans un pays tout hérissé de libertés. Les étrangers ne s'y trompaient pas. L'Anglais DALLINGTON définit la France de 1772 : une vaste démocratie. 'Toute ville chez nous, disait amèrement, deux cents ans plus tôt, RICHELIEU, non moins centralisateur que ROBESPIERRE, est une capitale. Chaque communauté française, en effet, ressemble à une famille qui se gouverne elle-même, le moindre village élit ses syndics, ses collecteurs, son maître d'école, décide de la construction des ponts, l'ouverture des chemins, plaide contre le Seigneur, contre le curé, contre un village voisin."
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J'aimerais pouvoir élire mon percepteur, décider avec mes concitoyens de l'utilité de la construction de tel ou tel bâtiment d'intérêt public, choisir mes professeurs, car il me semble que je suis mieux placé que les députés, le Recteur d'académie, ou la Direction Départementale de l'équipement, pour savoir ce qui est bon pour moi, pour ma famille, pour ma ville, ou pour mon pays. Bref, si je reconnais les vertus de la démocratie, j'aimerais qu'elle fût appliquée à tous les niveaux, j'aimerais ne pas être réduit à l'état d'esclave de lois faites par des gens qui ne connaissent de la réalité que les éléments utiles à leur carrière.
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Voilà ce que je voulais dire, pour aujourd'hui, à cette amie très chère qui me reprenait avec amitié hier soir. Elle se reconnaîtra.
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Je continuerai demain en reprenant des éléments factuels, historiques, montrant que nos libertés publiques ont été, au nom de l'égalité, considérablement rognées voire supprimer, pour perpétuer le culte de ROUSSEAU et de ROBESPIERRE.
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A demain.

dimanche 18 octobre 2009

La démocratie vue par Laozi

Au chapitre XVII du Daodejing (Tao-te-king), LAOZI (LAO TSSEU) dit ceci qui me semble d'une très profonde sagesse :
"Au temps de la Grande Vertu, les Souverains,
A peine leurs sujets s'avisaient-ils de leur existence.
Ah qu'ils apparaissaient lointains, avares de paroles,
S'acquittant simplement de leur mandat,
Laissant les affaires suivre leur cours.
[...]
Et le peuple s'écriait
Nous agissons en tout par nous-même."
Pour ceux qui connaissent un peu la Chine, et pour autant qu'on croit pouvoir la deviner, on reconnaît dans cette strophe un résumé de la doctrine du non-agir du souverain, principe efficace du gouvernement des hommes. Je souligne ce point pour ne pas indûment donner à ce passage un sens accordé totalement à ma philosophie politique. Mais la pointe en est dans les deux derniers vers qui exaltent la joie du peuple, capable et libre d'agir par lui-même. Et en cela, il n'y a pas de torsion possible du sens. C'est bien la démocratie qui est vantée dans ce poème.
Il faut savoir ce que cela signifie que la liberté d'agir. Voulez-vous des exemples de l'intolérable intrusion de l'administration dans notre vie quotidienne ? En voici : dans une ville d'eau de l'Est, un ami a acheté une maison, certes sympathique, mais qui n'est pas l'oeuvre de PALLADIO. Il veut repeindre ses volets et ses huisseries, et doit soumettre le choix des couleurs à l'administration départementale, avant de pouvoir le faire ; dans une grande ville de l'Est, un autre ami possède une maison caractéristique de l'architecture d'une ville où a fleuri un art très particulier, et très prisé. La porte de son garage est ruinée par les intempéries ; il la change. Et quelques semaines après, reçoit une lettre comminatoire de je ne sais quel bureau, lui enjoignant d'enlever cette porte et d'en mettre une à la convenance de l'administration chargée de l'architecture. Vous voulez faire construire une piscine dans votre maison de campagne, à supposer que vous en avez une et que vos moyens vous permettent cette petite folie ? Il vous faudra l'avoir aux normes, et l'équiper de dispositif anti-ceci, anti-cela, etc. Etes-vous arboriculteur ? Vous croyez que vous pourrez vendre tous vos fruits. Il n'en est rien. Ils doivent avoir un certain calibre, fixé par les bureaux de BRUXELLES, tout comme l'est la largeur des pneus d'une voiture ou d'un tracteur, etc. Peut-être voudriez-vous mettre aux portes de votre commune un panneau indiquant qu'elle héberge telle ou telle richesse. Le panneau doit avoir telle couleur, les lettres, telle forme et telle dimension, comme du reste celle de la plaque d'immatriculation de votre véhicule. Ce ne sont là que des exemples. Il y en a des milliers, comme par exemple la fixation de la date des vendanges (le ban des vendanges), et des tas d'autres, ubuesques, pittoresques ou insensés.
Bien entendu, tout cela au nom du respect de la différence.
Nos pères n'étaient pas soumis à de telles contraintes. Ils n'ont pourtant pas produit une architecture vulgaire ou éphémère ; ils avaient dans leur verger des dizaines d'espèces de pommiers ou de poiriers, dont seuls quelques arboretums possèdent encore des exemplaires ; leurs lavoirs, tous différents d'une région à l'autre, étaient superbes et fonctionnels et servaient à l'occasion de piscine à leurs gamins qui ne s'en portaient pas si mal ; les vestiges des bornes, des plaques de rue, révèlent un art de l'écriture monumentale que nous avons perdu.
A vrai dire, en perdant le sens de la subsidiarité, si chère à Thomas d'AQUIN, notre administration et nos hommes politiques ont perdu le sens de la singularité, de l'unicité. L'homme s'est transformé en un numéro de sécurité sociale associé à un numéro déterminant sa "catégorie sociale" (quelle horreur). Des actuaires, à l'aide de savantes formules, déterminent par calcul de probabilité, le temps de survie possible de tel ou tel, et celui pendant lequel les caisses de retraites devront payer les pensions. Il n'y a rien de réel, d'interpersonnel. Il n'y a que de la statistique, et derrière, des soucis de finances. Mais l'égalité est sauve, n'est-il pas ?
Voilà le monde que la soi-disant et prétendue idéologie du progrès est en train de nous fabriquer. Un monde étouffant, impersonnel, glacé, sans âme. Ne vous étonnez pas de voir que la société réagit par des tentatives de respiration qui s'appelle écologie, retour à la terre, vie communautaire, mode vestimentaire extravagante, échappée dans la drogue. Car on ne fait pas de génuflexion devant les statistiques, les journaux officiels, et les bureaux de l'administration.
Il nous faudrait un autre LAOZI

dimanche 13 mai 2007

Education et famille : la vraie liberté

Un père et/ou une mère, que ce soit dans une famille classique, monoparentale ou recomposée sont responsables de l'éducation de leurs enfants. Ils le sont devant leur conscience et devant la société. Celle-ci, d'alleurs le leur rappelle par la loi. On accordera sans difficulté que, pour s'exercer, la responsabilité exige la liberté effective et non pas formelle (et la liberté n'est pas l'indépendance). On conviendra aussi qu'il ne peut y avoir d'éducation sans transmission et que l'on ne transmet que ce que l'on a reçu. Comme le disait Paul de Tarse : "Je vous transmets, frères, ce que j'ai reçu de la Tradition etc."
Les conditions de l'exercice d'une liberté effective dans ce domaine ne sont pas remplies dans notre pays. Dx exemples
Si des parents n'ont que de faibles ressources, ils ne peuvent pas inscrire leurs enfants dans une école privée dont ils sont sûrs (encore qu'aujourd'hui, le système de péréquation de l'écolage qui se pratique dans les écoles privées catholiques permet à pratiquement tout le monde d'inscrire son enfant ; reste la question des frais de repas et de transport).
Si des parents ne veulent pas que leurs enfants soient exposés à la pornographie ou à l'érotisme exacerbé de la société, ils n'ont aucun moyen d'action sur les publicitaires et les médias, notamment Internet. Ils sont seuls et démunis devant cette violence, ce qui ne serait pas le cas si les associations familiales avaient un pouvoir politique effectif comme représentantes de la société naturelle qu'est la famille. Bref, et l'on y revient aucun corps intermédiaire ne s'interpose entre les individus (qui hélas ne sont pas considérés comme des personnes) et l'Etat ou les puissances d'argent.
Parlons de la transmission. Posons comme principe de départ qu'avant toute discussion de fond, l'athéisme comme la foi en un Dieu personnel et transcendant sont des croyances. Etre athée, c'est croire que Dieu n'existe pas. Avoir la foi, c'est croire qu'il existe. Sur le plan strictement philosophique, ces deux opinions se valent. Force est de constater que la promotion du laïcisme (qui n'est pas la laïcité) dans nos écoles d'Etat et dans l'espace public où se déploie l'action politique, a tout simplement promu l'athéisme et par conséquent l'idéalisme (théorie philosophique qui veut que l'intelligible soit une création de l'esprit ou de la pensée, et non pas la connaissance de ce qui est) au rang de dogme (ce qui est assez paradoxal). La question du sens de la vie a donc été évacuée, comme l'a été toutes considérations sur ce qu'est l'homme. (Le sens et l'homme, dans cette perspective, sont ce que les Maîtres à penser disent, élucubrent, proposent, supputent, hypothétisent ou pressentent.) Il ne peut y avoir de transmission et d'éducation sans réponses à ces questions du sens et de la nature de l'homme. Il y en a plusieurs, et c'est bien. Mais la vaie laïcité voudrait que toutes les réponses possibles soient effectivement proposées à nos enfants. Il reviendrait aux parents de les aider à choisir parmi ces réponses, par l'exemple, par la discussion, et par l'argumentation.
Concrètement ? Premièrement, il faut donner aux parents la liberté effective (et non formelle) de choisir pour leurs enfants l'école qu'ils jugent la plus convenable. La chose est assez simple a réaliser. Il suffit de donner à chaque famille et pour chaque enfant un chèque éducation (qui ne pourrait être utilisé QUE pour l'écolage et les frais afférents : demi-pension, transports scolaires). L'argument des braillards qui veut que l'argent public aille à l'école publique est une imposture : je paye des impôts, je n'ai aucune raison de payer deux fois l'école. En vérité, si les braillards ne veulent pas de cette solution, c'est précisément parce qu'elle leur ôterait le monopole de la transmission des valeurs du laïcisme et de l'anticléricalisme. Voltaire pas mort qui voulait "écraser l'infâme" ! On voit aujourd'hui le résultat.
Le rôle de l'Etat consisterait (a) à garder le monopole de la collation des grades ; (b) à s'assurer que les enseignants des établissements primaires, secondaires et supérieurs ont le niveau de compétences requis ; (c) à s'assurer que les conditions matérielles de l'enseignement sont convenables (surfaces, sécurité, matériels, services divers comme cellules d'orientation, services médicaux et sportifs, services culturels) ; (d) à vérifier que les objectifs pédagogiques et éducatifs sont en conformité avec la loi . Chaque établissement serait libre de recruter ses enseignants. Le traitement des enseignants et des personnels associés à cette fonction resterait à la charge de l'état. Enfin, chaque projet éducatif devrait obligatoirement offrir, surtout dans le secondaire, une réflexion sur les questions que j'ai évoquées plus haut. Voyez-vous, il me semble que ce dispositif modifierait considérablement le paysage de l'éducation nationale. Qui aura le courage d'entreprendre cette réforme ?

samedi 12 mai 2007

Sociétés naturelles et pouvoir politique

J'ai déjà eu l'occasion de parler de l'ouvrage de Marcel de CORTE dans le premier billet de ce blog. Vous n'aurez donc pas la référence de cet ouvrage (L'intelligence en péril de mort). Mais en revanche, vous en aurez deux petits extraits qui me semblent être d'actualité.
"Le régime démocratique moderne, né de la Révolution française et de la mutation opérée par l'intelligence sur elle-même, présuppose de toute évidence la ruine, l'éviction ou, à tout le moins LA STERILISATION POLITIQUE de toutes les sociétés naturelles ou semi-naturelles où l'homme se trouve inscrit par le destin de la naissance ou de la vocation : famille, communauté professionnelle, et locales et régionales, patrie petite ou grande."
Et ceci encore :
"Le bon sens nous révèle que, dans un système politique et social dont les membres sont séparés les uns des autres parce qu'ils ne participent plus à des réalités communes, à un même bien commun, la seule opinion qui puisse naître n'est évidemment pas l'opinion réelle, résultante d'un accord sur les êtres et les choses, d'une entente sur des vérités éprouvées, d'une action convergente vers le bien de tous, c'est à dire d'un fait social ANTERIEUR A L'OPINION ELLE-MÊME." Ceci signifie que les opinions publiques sont essentiellement de nature idéologique.
Pendant longtemps, avec d'autres, j'ai méprisé les "corporatismes", et il est de bon ton dans le politiquement correct, de continuer à le faire. Néanmoins, je constate que sans la protection que conféraient jadis les corps intermédiaires contre l'arbitraire de l'état, le citoyen se trouve aujourd'hui complètement désarmé devant une bureaucratie toute puissante. Ainsi, l'administration fiscale peut trouver dans vos déclarations d'impôts des éléments qu'elle juge irréguliers ; il vous appartient de faire la preuve qu'elle se trompe, sinon vous devez payer. Les agents des douanes ont le privilège exorbitant de perquisitionner sans mandat d'aucun juge à toute heure du jour et de la nuit. Les magistrats instructeurs peuvent mettre en détention préventive qui bon leur plaît, et ce pouvoir est discrétionnaire, etc.
Il est assez symptomatique de voir que l'un des premiers actes législatifs de la l'Assemblée Constituante, fut, sous l'impulsion d'Isaac René Guy (Dixit le Robert) LE CHAPELIER, de voter le 14 juin 1791 une loi supprimant les corporations, limitant le droit d'association, et déniant tout pouvoir politique aux sociétés intermédiaires. Le Robert ajoute - notez-le bien - que cette loi "constitua l'une des bases du capitalisme libéral".
La saine défense des sociétés naturelles explique sans doute pourquoi les communes françaises, surtout les plus petites, ne veulent pas fusionner entre elles pour créer de plus grosses ENTITES ADMINISTRATIVES (entité veut tout dire !). En tant que petites patries, elles pressentent que le peu de liberté politique que leur laisse la constitution française disparaîtrait corps et biens dans ces "entités". Des technocrates, sans légitimité politique, irresponsables juridiquement de leurs actes (pour antant qu'ils soient légaux), décideraient pour les citoyens de la commune ce qui est bon peur eux.
Il est grand temps de réagir. Et avec le recul, je constate que le rejet du projet de réforme constitutionnelle forgé par le général de GAULLE, rejet qui entraîna sa démission fut tout simplement une catastrophe pour notre pays.
Il est temps que nos communautés naturelles récupèrent le pouvoir politique qu'elles n'auraient jamais dû perdre. Lecteurs, je vous en prie, faites vos commentaires. J'ai de bonnes raisons de penser que ce blog est lu par certaines personnalités politiques (de droite comme de gauche), car j'ai eu la surprise d'entendre ou de lire des opinions qui reprenaient quasiment mot pour mot ce qui était ici écrit depuis un certain temps. Je dis bien mot pour mot.
Politis-philippe