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mardi 4 juillet 2017

04 juillet 2017. Note pas très brève : à propos de l'affaire Galilée : une saine mise au point.

Chers lecteurs, il ne m'est pas possible de délivrer ce matin mon billet quotidien. Mais j'en profite pour porter à votre connaissance cette mise sur l'affaire GALILEE, publiée par le Salon beige. Vous aurez de quoi méditer sur la mauvaise foi des imbéciles qui essaient de réécrire l'histoire au seul profit de leur nombril et de la Société des Adorateurs Mutuels, dont je vous laisse deviner la nature et le nom.


"La sentence est rendue au couvent dominicain de Santa-Maria, ce jour-là. L'affaire devient, avant même la révolution, un exemple de désinformation pour discréditer l'Eglise catholique et montrer que la science et la foi sont incompatibles. Qu'enseigne-t-on à l'école sur le sujet ? Jean Sévillia dans son livre Historiquement incorrect, (Ed. de la loupe, page 96 à 129) rappelle ce qu'écrivait Arthur Koestler dans Les somnambules en 1961 : « Galilée n'a pas inventé le télescope. Ni le microscope, ni le thermomètre. Ni l'horloge à balancier. Il n'a pas découvert la loi d'inertie ; ni le parallélogramme de forces ou de mouvements ; ni les taches du soleil. Il n'a apporté aucune contribution à l'astronomie théorique, il n'a pas laissé tomber de poids du haut de la tour de Pise, il n'a pas démontré la vérité du système de Copernic. Il n'a pas été torturé par l'Inquisition, il n'a point langui dans ses cachots, il n'a pas dit « Eppur si muove »(*), il n'a pas été un martyr de la science. »
(*) «et pourtant elle tourne » phrase apocryphe de l'italien Giuseppe Baretti écrite à Londres en 1757, selon Jean Sévillia.
En fait au XVème siècle, Nicolas Copernic, prêtre polonais et scientifique important, énonce une théorie sans la prouver : le mouvement des planètes s'expliquerait mieux s'il était ordonné autour du soleil plutôt que de la terre. Il construit un modèle mathématique, l'héliocentrisme. Ses travaux sont très bien accueillis à Rome. Seul Luther le traite de fou. D'ailleurs, tous les réformés s'opposent à ses travaux ! Et pourtant, c'est l'Eglise catholique qui se voit intenter un procès d'obscurantisme ! Pendant plus de cent ans, c'est l'Eglise qui défend les scientifiques contre les adversaires de l'héliocentrisme ! Elle va même jusqu'à protéger les scientifiques protestants, comme l'allemand Johannes Kepler, qui trouve refuge chez les Jésuites après des découvertes complémentaires à la théorie de Copernic. Alors pourquoi la condamnation de Galilée ?
En 1609, il s'attribue la découverte d'un opticien hollandais ; mais le plus grave est que malgré la protection du cardinal Barberini, futur pape, tous ses écrits sont polémistes. Il ne démontre rien, il affirme et met ses adversaires au défi de prouver qu'il a tort. Selon Jean Sévillia, son caractère hautain et méprisant est pour beaucoup dans sa condamnation.
Par deux fois, l'Inquisition affirme qu'elle ne trouve pas d'hérésie dans les écrits de Galilée (1615). Ses détracteurs s'attaquent alors aux écrits de Copernic et, à une époque où tout le monde croit que la terre est le centre du système solaire, l'Eglise demande simplement à Galilée de présenter ses écrits, non comme la vérité, mais comme une théorie, puisque ni Copernic, ni lui, ne sont capables de prouver ce qu'ils ont avancé. Les cardinaux qui le protègent lui demandent aussi de ne pas mélanger les saintes écritures à ses écrits.
Il accepte et tient sa promesse pendant 7 ans. Pendant cette période, non seulement il n'apporte aucune preuve à ses théories, mais se met à dos les jésuites, qu'il ridiculise sur le sujet du déplacement des comètes, alors que ce sont eux, en la personne du père Grassi, astronome du Collège romain, qui ont raison : « Vous n'y pouvez rien, il a été donné à moi seul, de découvrir tous les nouveaux phénomènes du ciel, et rien aux autres. » (*)
(*)Jean Sévillia Historiquement incorrect, (Ed. de la loupe, page 113)
En 1624, son protecteur, le cardinal Barberini est élu pape. Galilée lui expose un projet de livre comparant les différents systèmes : Ptolémée, Copernic, Kepler. Le pape l'encourage en lui conseillant de les présenter tous les trois comme des théories et surtout de ne pas y mêler la religion.
Le livre terminé Galilée demande l'imprimatur au Saint Office ; ce dont il n'a pas besoin pour un livre scientifique. Il l'obtient moyennant quelques modifications et rajouts qu'il accepte. L'imprimatur signifie que le livre doit être imprimé à Rome. Il le fait imprimer à Florence et en profite pour le faire paraître avec l'imprimatur, mais en ayant totalement changé le texte.
L'inquisition se saisit bientôt du sujet et, malgré l'amitié que le pape lui accorde toujours, Galilée passe en jugement. Les règles juridiques sont grandement adoucies à la demande du Saint-Père. Le jugement tombe qui lui reproche son manque d'obéissance et son mensonge, mais aussi l'absence de preuve, dans ce qu'il présente comme la vérité et non comme une hypothèse. L'utilisation des Ecritures dans ses écrits le fait condamner aussi pour hérésie formelle.
Jean Sévillia note que la sentence du 22 juin est modérée : interdiction d'enseigner et de se livrer à l'interprétation des Ecritures, mise à l'index de son livre le Dialogue, une peine de prison sans durée fixée (il sera assigné à résidence chez l'ambassadeur de Florence 5 mois !) et la récitation hebdomadaire pendant 7 ans des psaumes de la pénitence. C'est d'ailleurs sa fille aînée religieuse qui le fera à sa place !"


jeudi 6 octobre 2011

De la vérité

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Dans l'introduction, brillantissime, qu'il donne à une réédition (dans les Cahiers Rouges ; Grasset, Paris, 1975) du livre de Julien BENDA, La trahison des Clercs, livre que je me suis procuré sur les indications de Pierre-Henri THOREUX, André LWOFF cite Miguel de UNAMUNO :
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"Le visage de la vérité est redoutable, le peuple a besoin de mythes, d'illusions, le peuple a besoin d'être trompé. La vérité est quelque chose de terrible, d'insupportable, de mortel."
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On ne saurait mieux dire. Et je ne saurais mieux dire à nombre de mes lecteurs qui parfois me taxent de contradiction ou de mollesse condamnatoire. Je vous donnais hier un exemple des mensonges que notre République entretient sur notre histoire nationale. Je pourrais commenter les mensonges dont nous abreuvent les actuels responsables politiques de tous horizons. C'est inutile pour l'instant. Simplement, je voulais rappeler ici que je ne me soucie point des idéologies, mais de justice, de vérité, de raison (toutes vertus dites "cléricales", au sens de "propres au clerc" selon BENDA), et d'expériences personnelles (ce que ne cite pas cet auteur) sans prétendre y parvenir, hélas. Mais en tout cas, j'essaye. Mais je n'aurai garde de me compter au nombre des intellectuels. Je m'efforce de penser.
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Dans mon billet d'hier, je ne défendais point l'abbé du CHAYLA, assassiné par les camisards. Ce meurtre est ignoble et injustifiable. Il a été suscité, hélas, par les mauvais traitements que le curé de PONT-DE-MONVERT a fait subir à de nombreux huguenots qui ne voulaient point se convertir. D'aucun côté, le commandement d'amour de JESUS n'y trouve son compte. Et j'accusais formellement les instaurateurs de la République (de Jules FERRY à CLEMENCEAU) de mensonge. La démocratie ne trouve pas son compte dans les omissions et les silences pudiques sur les ignominies, les massacres (NANTES, LYON, BORDEAUX, PARIS, tout l'Ouest de la FRANCE, et ailleurs) révolutionnaires qui ont enfanté ce monstre, ou plutôt ce JANUS BIFRONS qu'est la République française ; sur combien de cadavres, sur combien d'injustices, de vols, de spoliation, d'oppression, de tyrannie, notre devise s'est-elle levée ? Liberté, Égalité, Fraternité vraiment ? Il y a bien du chemin à faire pour qu'elle commence à trouver un minimum d'incarnation dans l'espace public. Certes, il a fallu casser bien des oeufs pour faire une telle omelette. On voit l'omelette, mais on ne voit plus les coquilles.
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C'est que la vérité, comme le soleil, ne peut se regarder fixement.

dimanche 25 octobre 2009

Stupéfaction

Je suis engagé depuis plus d'un an dans la catéchèse. L'aumonier et la responsable de l'aumônerie des Collèges La Fontaine et Claude Bernard m'ont confié les jeunes de quatrième, qui se préparent à recevoir le sacrement de Confirmation. Une ancienne condisciple et amie, que j'ai retrouvée à PARIS après quarante ans, fait partie de notre groupe de catéchètes.


Nous échangeons avec les jeunes sur les dons de l'Esprit Saint. Trois volets à cette réflexion : A quoi correspond, humainement, chacun des sept dons ? Comment se manifeste-t-il dans l'ancien et le nouveau Testament ? Comment se manifeste-t-il dans chacune de nos vies ? Nous avions commencé par les dons d'intelligence et de science. Faire échanger des jeunes sur leur expérience personnelle n'est pas chose facile. Nous avions donc préparé un petit questionnaire pour les aider dans leurs réflexions. Une question, notamment, était celle-ci : t'est-il arrivé d'entendre des critiques sur l'Église ? Où ? Par qui ? Quand ? Quelle a été ta réaction ? Qu'as-tu répondu ?


L'un des jeunes me dit : "Ce n'est pas toujours évident de répondre. L'Église s'est rendu coupable de tant de massacres ! " J'essaye de faire préciser. Il apparaît clairement que cette critique vient du professeur d'histoire et qu'elle vise l'Inquisition. Dans l'esprit du jeune Guillaume, des milliers, des dizaines de milliers de personnes ont été brûlés, torturés, obligés de renier leur conviction, etc. Sa réaction me plonge dans la stupéfaction.


J'ai donc cherché. Il me souvenait avoir vu dans le très beau film inspiré du livre d'Humberto ECCO, le Nom de la Rose, le personnage répugnant mais totalement imaginé de Bernardo GUI, qui dans le récit comme dans le film trouve une mort ignominieuse. Il était inquisiteur, il a effectivement existé. Il se trouve que nous avons conservé les minutes de tous les procès qu'il a instruits dans le Sud-Ouest de la France. Voici les résultats de mes recherches : entre 1308 et 1323, Bernardo GUI a prononcé 139 acquittements, 286 peines religieuses (service militaire en terre sainte, port d'une croix), 307 peines de prison, 156 peines diverses (emprisonnements théoriques, exhumations, exposition au pilori, exil, destruction de maisons), 42 condamnations à mort, soit trois par an sur une période de 15 ans. (Je dois ces chiffres à l'excellent Jean SEVILLIA). L'Inquisition ne vise que les chrétiens. Les fidèles des autres religions ne tombent pas sous ses coups. Bien plus, le pape Clément III, en 1190 déclare prendre les juifs sous sa protection personnelle, défend à tout chrétien de baptiser un juif contre son gré, de gêner les célébrations des fêtes juives, d'attenter aux cimetières juifs. En 1244, soit treize ans après la création de l'Inquisition, Grégoire IX insère cet acte dans le livre V de ses Décrétales, ce qui lui donne force de loi et expose à l'excommunication celui qui irait à son encontre (toujours l'excellent Jean SEVLLIA).



Le grand crétin prétentieux d'AULARD, en compagnie d'un certain DEBIDOUR (dans les années 1880-1890), pourtant, n'hésitait pas à écrire dans un livre destiné à enseigner l'histoire de France aux enfants du Cour Moyen, que l'Inquisition "empêchait les hommes de penser" ; et messieurs NANE et GUIOT écrivaient pour des enfants plus âgés que les peines infligées par l'Inquisition étaient la torture, l'emprisonnement perpétuel et le bûcher de sorte "que la liberté était étouffée sous des monceaux de cadavres". Ne parlons pas de ce manuel anonyme de la fin du XIXe siècle qui disait que peu avant 1830 (sic) la justice inquisitoriale était "aussi cruelle qu'expéditive, vu le nombre de victimes qu'elle avait à brûler quotidiennement" (authentique ; cité par Jacques HEERS).


Mais on évoque très pudiquement les massacres épouvantables commis en Vendée par les armées de la République pour extirper "la superstition et le fanatisme des ennemis de la liberté", lesquels n'avaient qu'un tort, celui de ne pas partager les opinions des monstres de PARIS. Ou que je me tourne, quand je lis des ouvrages sur l'histoire de la Révolution dans notre pays, je ne trouve que mascarades de procès, jugements expéditifs sans instruction préalable, crimes et tueries en tous genres et selon tous moyens : on fusille volontiers à BREST, et la mort sublime du Baron d'AMPHERNET (père de six enfants, dont un nouveau-né) en est un exemple ; on pend à ORANGE, qui a vu 332 personnes tuées en quelques mois, et en AVIGNON, et le marquis de ROCHEGUDE y a laissé ainsi la vie (mais on y guillotine aussi) ; on noie à NANTES, et c'est ainsi que les quatre soeurs de LA METTRIE périront (la plus jeune avaient 17 ans) parmi trente mille autres victimes, on guillotine PARIS, à LYON, à ARRAS, à STRASBOURG et ailleurs, à tour de bras, ou bien l'on assomme et tue à coups de crosses de fusils. Voici un dernier et bel exemple de la purification conduite par les armées de la Convention en Vendée :


"Le 25 janvier 1794, le commandant de la première colonne infernale, Grignon, arrivait dans la paroisse du Pin . Une vingtaine d'habitants s'étaient portés à sa rencontre, le suppliant de ne pas brûler leurs maisons et d'accepter le repas qu'ils ont préparé pour lui et pour ses troupes. Grignon se met à table. Après avoir copieusement dîné, il ordonne d'attacher ses hôtes avec des cordes. On les traîne dans un champ voisin, et sur un signe de l 'atroce général, les Bleus les tuent à coups de sabre et de baïonnette. Pendant cette boucherie, une mère, la femme Tricot, était là, tenant dans ses bras son tout jeune enfant encore à la mamelle. L'enfant est égorgé sur le coeur de sa mère, qui voit en même temps massacrer sous ses yeux son père, son beau-père, sa soeur et sa belle-soeur, son mari et un fils de 18 ans, récemment arrivé de la campagne d'Outre - Loire. Durant le massacre, cette femme n'avait cessé d'exhorter les victimes à subir la mort pour l'amour de Jésus- Christ.
— Songez, leur crie-t-elle, songez que votre Dieu est mort sur la croix, et votre roi sur l'échafaud.
Elle semblait implorer le même sort , pour elle-même; mais Grignon préféra la condamner à survivre. Après cet horrible carnage, quand les bourreaux se sont éloignés, l'admirable chrétienne, couverte du sang des siens, ensevelit de ses propres mains les cadavres mutilés de son mari, de ses enfants et de toute cette glorieuse famille de martyrs." (GAUTHEROT)
Ah, certes, ça a une tout autre allure que l'Inquisition ! Du souffle ! De l'épopée ! Non ?
J'en conclus personnellement que les dons de l'Esprit ne sont féconds que quand ils tombent dans des âmes humainement préparées, instruites avec probité dans les sciences de tous ordres, capables de juger sainement à la lumière de la Parole. Pas question d'approuver, avec mes yeux actuels, les procès de l'Inquisition, qui cependant paraissaient tout à fait normaux et naturels aux hommes de l'époque, et qu'ils étaient même exigés d'eux. Mais je puis honnêtement conclure qu'ils n'ont aucune mesure avec les atrocités fondatrices de notre République. Rien de plus, mais rien de moins.

mercredi 7 janvier 2009

Aux hommes de bonne volonté

A tous les hommes de bonnes volontés, à ceux qui croient que la vengeance n'engendre que la violence, à tous les responsables politiques, quel que soit le parti auquel ils appartiennent, à ceux que la détresse des innocents bouleversent, les amoureux de la Paix lancent un appel désespéré.
Nous ne pouvons pas voir des enfants et des adolescents tués par des obus de mortier ou de char. Nous ne voulons plus voir ces petits corps sanglants portés dans les bras de leurs parents hagards.
Nous ne voulons pas voir des civils vivant dans la terreur permanente d'une roquette qui peut s'écraser sur leur maison.
Nous ne pouvons accepter que des fous conduisent leur peuple à la mort pour le triomphe d'idées qui n'ont rien voir avec ce que dit le Coran.
Nous ne pouvons pas accepter que des militaires de haut grade, impeccablement sanglés dans leur uniforme, bien à l'abri dans leurs bunkers, décident de ce qui doit être détruit, réduit en poudre, anéanti ou non, offensant la Torah et blasphémant contre le Tout-Puissant.
Nous aimons la Paix ET la Vérité. L'une ne va pas sans l'autre. Ne pas reconnaître le rôle du Hamas dans l'effroyable tragédie que vivent les Palestiniens va à l'encontre de la vérité ; ne pas voir que le blocus de Gaza a été un élément déclencheur de la reprise des tirs de roquettes va à l'encontre de la vérité ; ne pas voir qu'il y a des injustices flagrantes commises par les Israéliens à l'encontre des habitants de Cisjordanie va à l'encontre de la vérité ; ne pas considérer que les attentats suicides sont ignobles, lâches, inutiles, va à l'encontre de la Vérité.
Ne pas comprendre que ces comportements ont des explications qui puisent leur origine dans l'histoire sanglante de cette région est une imbécillité. Ne pas en tenir compte dans l'analyse politique est une idiotie. Et ne pas voir, en Europe, le rôle qu'a joué l'antisémitisme, pas seulement nazi, dans la création de l'Etat d'Israël, est une lâcheté et un aveuglement.
Nous supplions ceux qui peuvent encore prendre du recul, à Gaza, en Israël, en Cisjordanie, en dépit de leur douleur ou de leur crainte, de contribuer à l'avènement d'un dialogue entre toutes les parties prenantes au conflit. Il n'y a pas d'autres solutions que la Paix.
Si vous pensez que cette analyse est juste, commentez et diffusez ce billet.

mercredi 17 septembre 2008

La liberté du culte selon le citoyen Lequinio, conventionnel

Lequinio aux Vendéens :

Tous les cultes sont libres. Le premier des droits de l'homme est de penser librement en tâchant de rendre hommage au dieu que son imagination lui peint. N'est pas libre celui dont l'esprit est tourmenté par les discours d'un autre. Nul n'a le droit de prêcher des absurdités et celui qui le fait devient réfractaire à la loi qui consacre la liberté des cultes puisqu'il veut, par la magie de son éloquence, forcer les autres à pratiquer le sien. Tout homme qui s'avise de prêcher quelques maximes religieuses que ce soit viole la Constitution républicaine. Afin que la liberté des cultes existe dans sa plénitude, il est défendu à qui que ce soit de prêcher ou d'écrire pour favoriser un culte ou une opinion religieuse, quelle qu'elle puisse être, sous peine d'être arrêté à l'instant comme ennemi de la Constitution républicaine et livré au tribunal révolutionnaire.
LEQUINIO était un montagnard hébertiste, groupe qualifié par ROBESPIERRE d'Exagérés. Il serait malhonnête de ne pas signaler que ce grand terroriste a quand même condamné ces excès-là.
Je dis, je prétends et je maintiens que les plus sectaires des laïcistes pensent encore exactement de cette manière. Et que leur idée de la laïcité est liberticide et conçue pour empêcher toute transmission de la foi, spécialement de la foi chrétienne, et encore plus spécialement de la foi catholique. Et si les initiatives de monsieur LAIGNEL, le plus représentatif de ces sectaires, avaient abouti à la suppression de l'Enseignement libre sous le premier septennat de monsieur MITTERRAND, nul doute que nous en serions là aujourd'hui.
Je puis donner un témoignage personnel à ce sujet. Nous sommes à la fin du printemps 1981. Mes parents m'ont convié à aller avec eux dans l'Aisne où ils ont une petite maison de campagne. En route, nous nous arrêtons dans une petite église, près de COMPIEGNE pour aller à la messe. Le Curé, à la fin de son homélie, lie une circulaire de monsieur DEFERRE, Ministre de l'intérieur et des cultes, dans laquelle il est rappelé que les églises sont propriétés publiques et qu'elles ne peuvent être utilisées à d'autres fins que le culte, et en tout cas pas pour des concerts, conférences et manifestations culturelles. Je trouve ça très rigolo, et je me demande ce que dirait aujourd'hui, par exemple, le maire de SAINTES (socialiste), s'il ne pouvait disposer des Églises de sa ville pour y faire donner de magnifiques concerts pendant le festival. Il est vrai qu'il a ce droit puisqu'il est le représentant du peuple communal, censé être le vrai propriétaire collectif et indivis de ces biens. Mais que se passerait-il si l'évêque de SAINTES et LA ROCHELLE s'avisait d'utiliser ces bâtiments pour y faire donner des concerts dont il maîtriserait la programmation. Il lui faudrait demander l'autorisation au maire ? Je ne voudrais pas trop m'avancer, mais je crois que oui. Heureusement, je crois savoir que le maire de SAINTES n'est pas sectaire et qu'il donnerait cette autorisation qu'il aurait tout à fait le droit de refuser. C'est ce qu'on appelle la liberté.
CLÉMENCEAU était vendéen. Dans les années 1890, il déclara que la Révolution était un bloc, voulant dire par là qu'elle était à prendre ou à laisser. Compte tenu de ses origines, je ne peux pas imaginer qu'il ait ignoré les exactions des armées de la Convention dans ce département. Je suis amené à admettre qu'il passait par profits et pertes toutes ces horreurs, qu'il les prenait pour un détail de l'histoire, et qu'elles ne comptaient pour rien, en regard des bienfaits que la Révolution avait apportés. Cela n'enlève rien à ses mérites, qui furent grands lors de la première guerre mondiale. Je redis ici que le mythe entretenu de Révolution cache le mystère des origines sanglantes de notre actuelle République, que la Révolution est comprise comme l'année zéro de notre histoire dans l'inconscient collectif, et que ce tour de passe-passe, qui offense la vérité et les français, a été volontairement conçu par une minorité de militants hostiles à toute forme de transcendance sauf à celle de l'égalité et élevés dans la haine du christianisme. A vrai dire, il faut refonder la République, en commençant par reconnaître cette origine sanglante et anti-religieuse. On pourrait ainsi ranger au placard les ridicules gesticulations de monsieur BLONDEL, du Réseau Voltaire, et des soi-disants défenseurs de la laïcité.

lundi 18 février 2008

Lynchage médiatique

Quoi que fasse le Président de la République, quoi qu'il suggère, quoi qu'il dise, il se trouvera toujours quelques journalistes, quelques éléphants socialistes perdus dans la savane politique, quelques responsables de syndicats, surtout de syndicats enseignants d'ailleurs, pour le critiquer, le démolir, le ridiculiser, déformer ses propos, faire des procès d'intention. Un des moyens les plus pervers de saper toutes ses initiatives consiste à délivrer sur elles des informations prétendument contradictoires. Il arrive cependant que ces petites tricheries soient tellement visibles qu'elles en deviennent ridicules.
Ainsi du Journal du Dimanche qui publie un dossier sur l'initiative qu'a prise monsieur SARKOZY de confier la mémoire d'un enfant français victime de la Shoah à un écolier de 10 ans. La parole est donnée à Emmmanuelle MIGNON, directrice de Cabinet du Président qui a joué un rôle moteur dans l'élaboration de ce projet et qui bien entendu défend le projet ; elle est donnée indirectement à madame Simone VEIL, et directement à madame Annette WIEVIORKA. Toutes ces personnalités sont éminemment compétentes dans leurs domaines et respectables à bien des titres.
Que retiennent les lecteurs cependant ? Que le projet est défendue par un proche du Président, et que cette approbation par conséquent est partisanne et dépourvue de valeur. L'allusion à madame Simone VEIL qui a été présidente du Comité de Soutien du candidat Nicolas SARKOZY est oblique et terrible, car cette grande figure, issue des rangs de la majorité, condamne (et elle le fait en des termes très sévères) le projet. Elle a eu à subir dans sa chair les horreurs des camps nazis, et je peux comprendre son émotion. Je me garderai bien de condamner ses propos jaillis d'une sensibilité à vif. Quant à l'interview de madame Annette WIEVORKA, connue pour ses opinions de gauche, mais pour laquelle, je le dis d'emblée, je professe le plus grand respect quand elle fait de l'histoire, elle est détaillée, présentée avec des intertitres qui en souligne l'articulation mais en force l'esprit. Je vais revenir sur son contenu. Le JDD ne parle absolument pas de l'approbation inconditionnelle de Serge KLARSFELD à l'initiative du Président.
Madame WIEVORKA est historienne. Tout le monde lui reconnaît une grande compétence dans le champ qui est le sien, l'histoire, et tout particulièrement l'histoire de la deuxième guerre et de la Shoah. Ce qui ne va pas, c'est son incursion dans des domaines qui ne sont pas les siens : quelle est sa compétence en psychologie des enfants (premier paragraphe faussement intitulé "Un cadeau ? Ce terme est insultant"). Pourquoi dit-elle "Il faut bien mal connaître les enfants pour faire une telle proposition, tout à fait indécente" ? Tous les enfants de 10 ans auraient-ils la même psychologie, la même maturité, la même éducation ? Les enseignants seraient-ils incapables d'assurer avec délicatesse la transmission de la mémoire des petites victimes ? Je préfèrerais que madame WIEVORKA utilisât son talent pour combattre la violence à la télévision, la pornographie sur internet, et la publicité en photos que font les ONG des squelettiques enfants du Darfour ou de l'Inde mourant de fin. Maxima pueris reverentia debetur certes, mais dans tous les domaines, et surtout dans ceux que je viens de citer.
Madame WIEVORKA, dans le troisième paragraphe intitulé "Il n'y a pas de risque d'oubli", explique que beaucoup de choses sont faites pour parler de la Shoah aux enfants, "la littérature, les visites des survivants dans les classes, des films autant qu'on en veut" etc. Mais pourquoi ces moyens seraient-ils excellents et mauvais celui de donner à un enfant de 10 ans le soin d'honorer la mémoire d'un enfant sacrifié ? La charge émotionnelle des moyens énumérés par elle est tout aussi forte, sinon plus, notamment dans le cas des films. C'est donc l'initiateur du nouveau moyen qu'elle démolit à travers sa critique, et rien d'autre. L'argument est un argument ad hominem dissimulé dans les plis défraîchis d'un douteux manteau de sagesse.
Madame WIEVORKA, dans le quatrième et dernier paragraphe qui, bigre ! porte le titre de "Dangereux pour la démocratie" (sic) nous joue le couplet du "les enseignants n'aiment pas l'incursion du politique dans leurs classes". Et elle dit ça sans rire ! Mais ils n'arrêtent pas d'en faire de la politique, les enseignants, par leurs grèves, par leurs manifestations, par la teneur même de leurs enseignements. Je sais de quoi je parle, ayant été Vice-Président d'une grande université scientifique française.
"Avec [Nicolas SARKOZY], l'Etat se mêle trop de l'enseignement de l'Histoire." dites-vous, madame. Mais madame, si vous aviez été cohérente sur ce point, vous auriez dû condamner sans appel la loi qu'a voté sur le négationisme un parlement dominé par les socialistes. Cette loi est excellente dans ses intentions, mais désastreuses dans ses effets : elle donne à penser qu'il y a une vérité officielle (je crains qu'en matière d'histoire de France, il n'y en ait une : regardez comment on raconte les guerres de Vendée aux Lycéens ; on se garde bien de leur dire que les armées républicaines du sinistre général TURLOT ont jeté vivants des femmes et des enfants dans des fours brûlants, pour "faire cuire le pain de la République" ; et je vous mets au défi, madame, de me dire que cela n'a pas eu lieu), elle donne à penser, disais-je, qu'il y a une vérité officielle, et elle soustrait à la raison critique l'examen des faits, empêchant ainsi les consciences droites de mesurer l'horreur de ces crimes, et jetant le discrédit sur toutes les condamnations qu'on peut porter sur eux car elle rend leur narration suspecte d'un travail de mythification. Cette loi est insane et elle a fait plus de mal que de bien dans la prévention du retour du racisme. Votre critique aurait eu plus de portée si elle s'était bornée à poser de légitimes questions, au lieu d'asséner des vérités sorties tout droit de votre cerveau, c'est à dire de votre idéologie. Je ne disconviens pas avec vous qu'il faut travailler sur les moyens à utiliser pour alerter les jeunes consciences, mais de là à déverser ce torrent de jugements péremptoires, il y a un pas que je me garderai bien de franchir.

lundi 16 juillet 2007

Toujours la révolution

Dans un salon parisien, au début de l'année 1788.
Il y a là CHAMFORT, CONDORCET, VICQ- D'AZYR, de NICOLAÏ, BAILLI, MALESHERBES, ROUCHER, LA HARPE, la duchesse de GRAMMONT et CAZOTTE, dont nous avons déjà parlé. CAZOTTE - nous devons ce témoignage à LA HARPE qui a fixé la scène dans un texte remarquablement écrit - poussé par l'assistance va prophétiser. Toutes ses prophéties se réaliseront dans les moindres détails.
On commence par brocarder la religion. On récite les vers (philosophiques) de cet affreux bonhomme de DIDEROT : "Et des boyaux des derniers prêtres, Serrer le cou du dernier roi".
CAZOTTE se tait. On continue. "Il faut absolument que la superstition et le fanatisme fassent place à la philosophie". On suppute sur les chances qu'ont les uns et les autres de voir advenir le règne de la raison. CAZOTTE continue de se taire. On le presse de prendre la parole : "Messieurs, dit-il, soyez satisfaits, vous verrez tous cette grande et sublime révolution que vous désirez tant." On se moque, car CAZOTTE se targue d'avoir de dons de prophétie. CONDORCET le provoque : ..."un philosophe n'est pas fâché de rencontrer un prophète. - Vous, monsieur de CONDORCET, vous expirerez étendu sur le pavé d'un cachot ; vous mourrez du poison que vous aurez pris pour vous dérober au bourreau". Quelques temps après, tandis que la conversation s'anime : "C'est au nom de la philosophie, de l'humanité, de la liberté ; c'est sous le règne de la raison qu'il vous arrivera de mourir ainsi". Et à CHAMFORT : "Vous, monsieur CHAMFORT, [...] vous vous couperez les veines de vingt-deux coups de rasoir, et pourtant vous n'en mourrez que quelquels mois après. [...] Vous, monsieur VICQ-d'AZYR, vous ne vous ouvrirez pas les veines vous-même, mais après, vous les ferez ouvrir six fois dans un jour, [...], et vous mourrez dans la nuit. Vous monsieur de NICOLAÏ, sur l'échafaud ; vous, monsieur BAILLY, sur l'échafaud." ROUCHER, qui croit être fin, s'esclaffe : "Ah ! dieu soit béni, il paraît que monsieur n'en veut qu'à l'Académie ; il vient d'en faire une terrible exécution ; et moi, grâce au ciel ! - Vous, vous mourrez aussi sur l'échafaud." L'assistance proteste : "il a juré de tout exterminer" et CAZOTTE : "Point du tout ; je vous l'ai dit, vous serez alors gouvernés par la seule raison. Ceux qui vous traiteront ainsi seront tous des philosophes, auront à tout moment les mêmes phrases que vous débitez depuis une heure, répéteront toutes vos maximes, citerons comme vous, les vers de Diderot et de la Pucelle." CAZOTTE achève en prophétisant l'exécution de la duchesse de GRAMMONT sur l'échafaud, sans le secours de la confession, et celle de LOUIS XVI, le seul des condamnés qui aura droit à cette faveur. LA HARPE a survécu à la révolution. C'est à lui que nous devons ce témoignage connu sous le nom de "Prophétie de Cazotte".
"Et des boyaux des derniers prêtres, Serrer le cou des derniers rois." disaient-ils.
Pendant que ces messieurs dansent sur un volcan, les hommes d'Eglise eux s'activent. Mgr de BARRAL, évêque de Castres, fait distribuer aux curés de son diocèse, dès 1765, 20 ans avant PARMENTIER, des tubercules de pommes de terre dont il impose la plantation pour éviter les famines. Son successeur Mgr de ROYERE fait ouvrir quatre routes et construire plusieurs ouvrages d'art pour donner du travail aux chômeurs. En Provence, Mgr de BOISGELIN fait dessécher des marais, construire des routes et des ponts, Mgr de BAUSSET crée un RMI avant la lettre, pour les pauvres de son diocèse, donne des allocations aux vieux et aux chômeurs, augmente la dotation de l'hôpital, établit et défend le projet de creusement du nouveau port de Fréjus. Dans le Dauphiné, l'évêque de Grenoble organise un bureau d'assistance judiciaire gratuite. En Bourgogne, l'évêque de Langres crée un système d'assurance contre les incendies. Mgr de la MARCHE, évêque de St-Pol-de-Léon en Bretagne, se fait lui aussi le propagandiste de la culture de la pomme de terre. En Artois, Mgr de PARTZ de PRECY, évêque de Boulogne, crée un séminaire gratuit et fonde une institution qui permet de doter dans chacune des paroisses de son diocèse une jeune fille pauvre obligée de travailler de ses mains. En Picardie, Mgr de MACHAULT, évêque d'Amiens, donne tous ses revenus aux chômeurs de la "Fabrique" anéantis par la concurrence anglaise et vit dans la plus grande pauvreté. A Paris, Mgr de BAUMONT fait réparer des métiers à tisser et crée ainsi 2.000 emplois. Son successeur, Mgr de JUIGNE, pour réduire la disette et la misère du peuple, pendant que ces messieurs discutent dans les salons luxueux du Faubourg Saint-Germain, vend sa vaisselle, pendant l'hiver 1788, et engage son propre patrimoine pour contracter des emprunts élevés destinés à soulager la misère. Etc., etc., je dis bien etc. [Merci à Jean DUMONT qui donne ces détails dans son livre remarquable (La Révolution Française ou les prodiges du sacrilège. Criterion, Paris, 1984.)]
"Et des boyaux des derniers prêtres, Serrer le cou du dernier roi..."
Est-ce si bien vu de la part de Philosophes qui ont inlassablement tressé la corde destinée à les pendre ? Car la Révolution, qu'ils appelaient de leurs voeux et qu'ils ont engendrée, a dévoré ses enfants. Ce n'est que logique ; c'est une constante de toute révolution.
L'invention du RMI, des assurances, des allocations de vieillesse, des allocations de chômage, l'assistance judiciaire gratuite, sont des créations de l'Eglise, n'en déplaise à nos "socialistes" contemporains. Tout le reste est du mensonge, du bourrage de crâne, un déni de justice et un viol de la vérité.
Je suis un scentifique invétéré, et je dis que les faits ont la tête dure. D'oùce rappel, que je vous invite à fixer dans vos mémoires. Pardonnez-moi l'inhabituelle longueur de ce billet. Mais nous venons de fêter le 14 juillet. Quelques rappels ne me semblaient pas superflus. Mais attention, je suis solidaire, de fait, de l'histoire de ma patrie. Je l'aime, dans ses grandeurs, comme dans ses petitesses, et si je déplore ses crimes et ses excès, j'accepte d'en assumer l'héritage.
Politis-Philippe

mardi 8 mai 2007

Reflexions

"On ne saura jamais ce que la peur de ne pas paraître suffisamment à gauche aura fait commettre de lâchetés à nos français" disait Charles PEGUY.
Voilà pourquoi nombre de nos hommes politiques ont soutenu MAO, Fidel CASTRO, STALINE et autres tyrans qui ont des millions de morts à leur palmarès. En dépit des cris que poussaient vers eux les victimes de ces monstres avant qu'elles ne soient exécutées, ils se sont bouché les oreilles ; en dépit des images d'horreur qui leur parvenaient par le canal des dissidents pourchassés, ils se sont bouché les yeux ; ils pouvaient protester, prendre des mesures de rétorsion, en un mot avoir une parole, ils ont préférer se taire ou n'avoir que des jugements creux, vous savez ce que l'on appelle plaisamment des "paroles verbales".
Des exemples ?
Monsieur Jacques DELORS, sur le plateau d'Apostrophe, le 16 janvier 1976 : "j'ai été profondément choqué par trois affirmations de ce livre (La tentation totalitaire de Jean-François REVEL, note du rédacteur) : premièrement une assimilation du communisme et du nazisme ; deuxièmement le monopole de la violence par le communisme, alors que la violence est un phénomène très partagé puisqu'il suffit de parler des guerres coloniales, des interventions américaines ou en Amérique du Sud ; enfin par une critique sans nuance des pays communistes." Soljenitsyne aura sans doute apprécié.
Monsieur Jean-Pierre COT, dans le Nouvel Observateur du 31 décembre 1978 "Je refuse de traiter pareillement les internements arbitraires en Union Soviétique (40 milions de paysans morts de faim en Russie d'Europe sous STALINE, note du rédacteur) et les tortures, assassinats et disparitions massives en Argentine (6500 morts selon les aveux du Capitaine ASTIZ, note du rédacteur)". Monsieur COT aurait-il eu un accident vasculaire cérébral ? Une aphasie ? Vous entendez bien : il parle "d'internements arbitraires" et non des excutions, disparitions, déportations de millions de citoyens "soviétiques" sous le régime stalinien. On croit rêver.
Et cet aveu tardif de Jean DANIEL (L'ère des ruptures, Grasset, Paris, 1979) : "Je fus souvent tenté de préférer l'erreur qui rapproche à la vérité qui sépare", (à mon humble avis, ce fut plus qu'une tentation ; il arrive que le Malin nous y fasse succomber ; la litote ici est des plus succulentes) ou de Pierre DAIX, un marxiste repenti et sincère et probe : "Moi, l'ancien de Mauthausen, j'ai bien aidé les bourreaux du goulag".
(Merci à Jean SEVILLIA. Le terrorisme intellectuel, Perrin, Paris, 2000 et 2004, qui dans cet ouvrage, duquel j'ai extrait ces citations, met les points sur les i de cette question avec une précision et une probité remarquable.)
Je n'hésite pas à dire que la défaite de la gauche aux élections présidentielles est le résultat de ce mensonge permanent, de ce viol collectif de la vérité la plus élémentaire. Comme le dit un auteur anglo-saxon : "Le premier devoir des intellectuels est d'être intelligent ; encore faudrait-il ajouter que celui de leurs lecteurs est d'avoir de la mémoire". Pour ce qui me concerne, j'en ai et j'entends bien raffraîchir celle des amnésiques.
Je n'aime pas l'idéologie néo-libérale. Je ne crois pas à la main invisible d'Adam SMITH. Il me semble nécessaire d'assurer un juste partage des biens terrestres car la Terre appartient à tous les hommes. Mais je ne crois pas au bonheur imposé au prix de la terreur et de l'immoralité. Je me demande s'il est possible de se dire "de gauche" sans se compromettre avec ses membres les plus sanguinaires : pour les refondateurs du socialisme, c'est une vraie question ; il faudra bien qu'ils y répondent.