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mercredi 9 septembre 2015

09 septembre 2015. Nouvelles de la Résistance. La République à la française est une religion de superstition. Premier billet de ce jour.

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Ce n’est pas l’ignorance (encore que parfois le mensonge prend sa place…) qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté.
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1. La citation du jour.
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 "Nulla res efficacius multidinem regis, quam superstitio : alioquin impotens, saeva, mutabilis ; ubi vana religione capta est, melius vatibus, quam ducibus suis paret ; Rien de meilleur pour mener la multitude, que la superstition. Sans la superstition, elle est emportée, cruelle, changeante : une fois séduite par les mensonges d’une religion, elle obéit mieux à ses sorciers qu’à ses chefs."
In
QUINTUS CURSIUS RUFUS dit QUINTE-CURCE
De gestis Alexandri magni, regis Macedonum. IV, 10.

J’ai de bonnes raisons de vous citer ce texte. Et Dieu sait si Quinte-Curce m’a fait passer de mauvais moments quand il s’agissait de le traduire lorsque je faisais mes humanités. Je vais m’en expliquer dans les commentaires. Je vous supplie de les lire EN ENTIER.
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2. Commentaires.
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Vous constatez – ce n’est certes pas un mystère – que je combats les idées et les décisions des hommes politiques qui ont en main le pouvoir en ce moment. C’est que je les crois serviteurs d’une religion, née dans un meurtre originel qu’ils cherchent à nous dissimuler, une religion fondée sur des mythes, associée à des rites (dont les cérémonies du 14 juillet et la morale dite laïque sont les fondamentaux piliers), une religion servie par des lévites qui ont nom journalistes et francs-maçons, dont les prêtres sont les grands caciques du PS, les évêques, les ministres, et le pape, Normal Ier.
René GIRARD a fort bien démontré (a) que toutes les religions sont nées dans le sang d’une innocente victime, choisie arbitrairement mais toujours d’une manière qui l’exclut de la communauté des hommes ; (b) que JESUS a démontré leurs sanglantes origines et par conséquent les a toutes détruites ; (c) que la passion de JESUS (véritable bouc émissaire dont CAÏPHE a dit qu’il était bon « qu’un seul homme meurt pour plusieurs ») est racontée du point de vue de l’innocent, chose inouïe et nouvelle dans l’histoire des textes sacrés ; (d) que JESUS est venu détruire TOUTES LES RELIGIONS et n’en a fondé aucune ; il a voulu une EGLISE ou rassemblement des hommes autour de Dieu son Père, en révélant qui il était, un Dieu de miséricorde et d’amour (« Et rassemble en un seul peuple, Père très aimant, tous tes enfants dispersés » dit un des canons de la messe).
La France dite républicaine est née dans le sang d’un innocent, LOUIS XVI. Oh, certes, il n’était pas parfait, mais il était loin d’être l’imbécile et le nul que les manuels de propagande historique se plaisent à nous décrire. (Dans sa prison, il demandait encore : « A-t-on des nouvelles de monsieur de LA PEROUSE ? »). C’est pour avoir refusé de faire tirer les Gardes Suisses (il avait fait limiter le nombre de cartouches en leur possession) sur la populace massée devant les Tuileries, le 10 août 1792, et donc de verser le sang de ses compatriotes, qu’il a été emprisonné, puis décapité, engendrant ce cycle de vengeance circulaire si bien décrit par GIRARD. Je vous renvoie à un ancien billet où je décris le sort terrible de 90 députés conventionnels qui ont voté la mort du Roi et sont morts sur l’échafaud ou se sont suicidés. Le cycle de la violence était enclenché et il a fallu un tyran, BONAPARTE (que nous appelions quand nous étions gamins Lampe-au-néon-Pelle-à-tarte) pour mettre un couvercle sur la marmite qui depuis ne cesse de bouillir et d’émettre de temps à autres des jets de vapeur : terreur blanche, révolution de 1830, révolution de 1848, retour de l’Empire, instauration de la « République » (sur les ruines de la patrie et le  désastre de 1870) à une voix de majorité, entreprises coloniales (Jules FERRY), Guerre de 1914, événements tragiques de 1936, guerre de 1939-1940 (la débâcle et le honteux armistice), guerre d’Indochine, guerre d’Algérie. Nous n’avons pas cessé d’envoyer depuis deux siècles notre jeunesse à l’abattoir pour lui conserver des chefs qui, le cul bien calé dans leur fauteuil, élaboraient des plans fumeux et voués à de sanglants échecs.
Il n’y a pas de quoi être fier de cette République-là. Et si je suis résolument démocrate, je vous prie de me croire, je ne crois pas que la démocratie à la française, confisquée par une élite coupée du réel, prébendière, arrogante, et incapable, soit vraiment un modèle.
Je crois au principe de subsidiarité, à la décentralisation des pouvoirs qui lui est nécessairement attachée, aux corps intermédiaires ; je refuse absolument le contrôle que l’Etat ( ?!!!? ) veut exercer sur mes pensées, mes jugements et mes comportements, et je ferais volontiers confiance à la justice pour juger ces derniers conformes ou non à une vie sociale respectueuse d’autrui, si les juges n’étaient pas syndiqués, ne bâtissaient pas de mur des cons, n’absolvaient pas la responsable de son érection, et ne condamnaient pas aveuglément ceux qui ne pensent pas comme eux.

De l’air, de l’air !

Le culte de la République dite française est une religion superstitieuse ; elle correspond en tous points à ce que René GIRARD dit des religions barbares. Hélas, elle entraîne dans son sillage empoisonné nombre de nos concitoyens, endoctrinés et coupés de leur cœur profond. Ils suivent davantage les sorciers que les chefs (qui n’existent plus). Elle est née dans le sang (souvenons-nous aussi des morts de la Commune), elle est construite sur le mensonge, sur la division et sur l'expulsion hors de la communauté nationale de ceux qui ne partagent pas ses options anthropocides. La République dite française est en train de mourir de vieillesse, et, n'en déplaise à la grande prêtresse de Libération, j'ai nommé madame Bernadette SAUVAGET, c'est bien la belle jeunesse qui va relever le gant du renouveau.
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3. Informations diverses.

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Un bel exemple de mensonge : le trucage du nombre de manifestants de La Manif Pour Tous (site des Nouvelles de France).

 Quand je vous dis dis qu'ils ne peuvent vivre ni respirer sans mentir !
"Extrait d’une rencontre sans langue de bois entre Thinkerview et le secrétaire général CGT Police – Renseignement territorial anciennement Renseignements généraux :
Comment mettez-vous en oeuvre vos enquêtes et quels sont les problèmes que votre hiérarchie pourrait vous poser sur des dossiers un petit peu politiques, financiers ? Est-ce que vous avez de temps en temps des enquêtes court-circuitées par votre hiérarchie ?
Au niveau du renseignement, les RG faisaient de la politique jusque dans les années 1995. A partir de là, on les a dessaisi du domaine politique, ce qui était un petit peu normal, ça avantageait les gens en place au détriment de l’opposition à chaque fois. Donc ça a été terminé. Après, là où les dossiers peuvent être courtcircuités, c’est toujours à propos des chiffres qu’on veut entendre. Je vais prendre un exemple : pour la Manif pour Tous, les services de renseignement, en tout les cas sur le 78, avaient annoncé un chiffre de manifestants qui allaient se déplacer sur Paris, ça a été corrigé par la hiérarchie qui estimait que ça faisait trop de monde à envoyer sur Paris pour le 78, qui est pourtant un département favorable à la Manif pour Tous en général, et du coup ils ont baissé les chiffres. Le lendemain, Le Figaro titrait en gros ‘Erreur, le renseignement territorial s’est trompé sur les chiffres des manifs. (…) Le gouvernement minimise les chiffres’.


Il minimise les chiffres pour éviter que la plèbe prenne conscience de l’ampleur de tel ou tel type de mouvement ?
Je ne pourrais pas parler à la place des politiques. Dans l’idée qu’on a, nous, en tant que collègues sur le terrain, c’est plus pour faire de l’accompagnement de la politique du gouvernement (sic), pour transformer les chiffres dans ce qu’on veut plutôt que de dire la vérité aux gens. C’est pour ça aussi que les RG ont parfois été malvenus, l’idée qu’on s’est fait pourquoi ils ont été cassés, c’est parce qu’ils n’avaient pas leur langue dans leur poche et disaient ce qu’il se passait plutôt que ce que les politiques voulaient entendre.
L’entretien, publié le 27 juin, peut être regardé ci-dessous (à partir de 5 minutes 40)."

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mercredi 5 octobre 2011

Les camisards et les chouans, ou la mémoire courte

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Le Président de la République vient de faire un voyage dans les Cévennes. A cette occasion, il a visité le Musée du désert, près d'ANDUZE, et il y a prononcé un vibrant discours dans lequel il célèbre la révolte des Camisards comme l'acte de naissance de la France moderne. Hymne à la tolérance, résistance à l'oppression, etc. Chanson bien connue et très politiquement correcte, si on se place sur le seul terrain de la politique. Hommage et repentance nécessaires si l'on se place sur celui de la vérité historique. Le Président de la République a donc eu raison de déplorer la guerre des Camisards.
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J'ai cependant sur ce point trois choses à dire et peut-être même quatre. (a) La guerre des camisards a été déclenchée par l'assassinat de l'abbé du CHAYLA, curé de PONT-DE-MONTVERT, (le 24 juillet 1702) et par celui de nombre de ses compagnons. Les assaillants étaient emmenés par un certain Abraham MAZEL qui sans doute devait ignorer un point très important de la vie de sa victime. Ambassadeur de France au SIAM, l'abbé du CHAYLA y avait été martyrisé par les bouddhistes. Laissé pour mort, il a pu rentrer en France et il a été nommé archiprêtre des Cévennes, non loin d'une région dont sa très noble famille était originaire (elle était du GEVAUDAN) ; l'abbé du CHAYLA a commis des exactions indignes non seulement d'un ecclésiastique mais tout simplement d'un être humain, contre des huguenots qu'il avait fait emprisonner ; c'est du reste pour les libérer qu'Abraham MAZEL attaqua le presbytère de PONT-DE-MONVERT ; (b) les dragonnades du Maréchal de VILLARS, qui ont suivi cet assassinat et en sont la conséquence, sont parfaitement inacceptables au regard de nos valeurs contemporaines de respect des croyances et de tolérance ; c'est une très grande tache, parmi d'autres, sur le règne de LOUIS XIV ; contrairement à ce qui est dit ici et là, le Maréchal de VILLARS chercha l'apaisement avec les Huguenots ; (c) il est exact qu'il faille voir dans cette révolte les origines de la France actuelle : deux célèbres protestants cévenols, André JEANBON SAINT-ANDRE, et Jean-Paul RABAUD SAINT-ETIENNE ont été des acteurs très importants de la Révolution Française. (Ils se souvenaient de l'offense faite à leur foi par LOUIS XIV.) Le premier, pasteur à CASTRES puis à MONTAUBAN, a fini par être élu député ; il a peu-à-peu abandonné ses amis girondins, a voté la mort de LOUIS XVI sans sursis ni circonstances atténuantes, a entièrement approuvé les atrocités des armées révolutionnaires en Vendée et en a même rajouté, est rentré au Comité de Salut Public. On l'y charge de la marine On célèbre son courage - il était devenu comme une sorte d'amiral, après quelques études en la matière - il a participé à la bataille d'OUESSSANT (à bord du vaisseau La Montagne de l'amiral VILLARET de JOYEUSE), contre les Anglais, les 28-29 mai et 1er juin 1794. Célébrée par les deux pays comme une victoire (la France avait réussi à faire rentrer à bon port ses quelques 117 bateaux chargés de grains en provenance des États-Unis ; l'Angleterre avait capturé 7 vaisseaux de guerre français), cette bataille signe en réalité la mort de la marine française, une des plus belles du monde sous LOUIS XVI. Un Anglais dira même que ce que l'Angleterre n'avait pu faire en 20 ans contre cette marine, la Révolution l'avait fait en 2 ans). Jean-Paul RABAUD SAINT-ÉTIENNE lui aussi cévenol, n'eut point la chance de son coreligionnaire. C'est qu'il était fidèle en amitié, lui, et non point sectaire. Il se prononça pour le bannissement de Louis XVI et ne vota pas sa mort. Déclaré traître à la patrie pour avoir soutenu les députés girondins, il fut guillotiné à Paris, le 5 décembre 1793, apparemment sans que JEANBON s'intéresse à son sort. Pendant ce temps, on massacrait en Vendée.
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Pendant ce temps, en effet, en raison des atrocités commises par les armées de la République, près de 15 % de la population disparaissait entre 1792 et 1802 dans l'ensemble des communes soulevées : le Maine-et-Loire a perdu 44 107 habitants (20,11 % !), la Vendée, 30 711 (10,64 %), la Loire-Inférieure, 26 897 (12,91 %), les Deux-Sèvres, 15 542 (17,71 %) (cf R. SEYCHER). On ne m'en voudra pas si j'affirme qu'en dépit de leurs horreurs, les opérations menées contre les camisards n'ont jamais eu l'ampleur de celles qu'ont conduites les colonnes infernales du général THUREAU. Oh ! bien sûr, comparaison n'est pas raison, et les horreurs des uns n'excusent pas les horreurs des autres... Mais il est quand même bon de se rafraîchir la mémoire.
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Un tel passé  n'a pas empêché feu le Président MITTERRAND de faire défiler en grande pompe des figurants déguisés en sans-culotte sur les Champs-Elysées pour célébrer le bicentenaire de la Révolution. Arrêtez-moi si je me trompe ! L'ouîtes-vous se rendre en Vendée, en Maine-et-Loire ou ailleurs pour rendre justice à ce pays martyrisé ? Nenni. On n'en finirait pas de raconter les horreurs dont se sont rendus coupables ces armées : les quelques 115 enfants du LUC-SUR-BOULOGNE (le plus jeune avait 15 jours) massacrés (on tua plus de 500 personnes en ce village en une seule journée ; j'ai fait un billet ; le consulter), le sinistre AMEY qui se vante de cuire le pain de la République en jetant vivants femmes et enfants dans des fours à pain chauffés à blanc (j'ai fait un billet ; le consulter), les centaines de  jeunes filles et les fillettes violées avant d'être percées à coups de baïonnette tout comme les nouveau-nés sur le sein de leur mère. Les villages incendiés, les récoltes brûlées. C'est ça la France ? C'est ça que MITTERRAND a fait célébrer ?
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Je vous laisse conclure vous-même. Notre République est assise sur le mensonge ; mais elle ne peut s'asseoir sur des baïonnettes. Sans doute est-il trop tôt pour prendre le recul qui nous permettrait d'avoir un jugement sain et objectif sur la Révolution (ma grand-mère est née un siècle seulement après les massacres de septembre ; elle me parlait de son trisaïeul né sous LOUIS XVI ! Et je possède le gilet brodé de cet ancêtre). On peut en avoir sur la guerre des Camisards, d'autant plus facilement qu'on en impute la responsabilité à un régime honni, celui de la monarchie. C'est plus facile que de se condamner soi-même, non ?
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dimanche 25 octobre 2009

Stupéfaction

Je suis engagé depuis plus d'un an dans la catéchèse. L'aumonier et la responsable de l'aumônerie des Collèges La Fontaine et Claude Bernard m'ont confié les jeunes de quatrième, qui se préparent à recevoir le sacrement de Confirmation. Une ancienne condisciple et amie, que j'ai retrouvée à PARIS après quarante ans, fait partie de notre groupe de catéchètes.


Nous échangeons avec les jeunes sur les dons de l'Esprit Saint. Trois volets à cette réflexion : A quoi correspond, humainement, chacun des sept dons ? Comment se manifeste-t-il dans l'ancien et le nouveau Testament ? Comment se manifeste-t-il dans chacune de nos vies ? Nous avions commencé par les dons d'intelligence et de science. Faire échanger des jeunes sur leur expérience personnelle n'est pas chose facile. Nous avions donc préparé un petit questionnaire pour les aider dans leurs réflexions. Une question, notamment, était celle-ci : t'est-il arrivé d'entendre des critiques sur l'Église ? Où ? Par qui ? Quand ? Quelle a été ta réaction ? Qu'as-tu répondu ?


L'un des jeunes me dit : "Ce n'est pas toujours évident de répondre. L'Église s'est rendu coupable de tant de massacres ! " J'essaye de faire préciser. Il apparaît clairement que cette critique vient du professeur d'histoire et qu'elle vise l'Inquisition. Dans l'esprit du jeune Guillaume, des milliers, des dizaines de milliers de personnes ont été brûlés, torturés, obligés de renier leur conviction, etc. Sa réaction me plonge dans la stupéfaction.


J'ai donc cherché. Il me souvenait avoir vu dans le très beau film inspiré du livre d'Humberto ECCO, le Nom de la Rose, le personnage répugnant mais totalement imaginé de Bernardo GUI, qui dans le récit comme dans le film trouve une mort ignominieuse. Il était inquisiteur, il a effectivement existé. Il se trouve que nous avons conservé les minutes de tous les procès qu'il a instruits dans le Sud-Ouest de la France. Voici les résultats de mes recherches : entre 1308 et 1323, Bernardo GUI a prononcé 139 acquittements, 286 peines religieuses (service militaire en terre sainte, port d'une croix), 307 peines de prison, 156 peines diverses (emprisonnements théoriques, exhumations, exposition au pilori, exil, destruction de maisons), 42 condamnations à mort, soit trois par an sur une période de 15 ans. (Je dois ces chiffres à l'excellent Jean SEVILLIA). L'Inquisition ne vise que les chrétiens. Les fidèles des autres religions ne tombent pas sous ses coups. Bien plus, le pape Clément III, en 1190 déclare prendre les juifs sous sa protection personnelle, défend à tout chrétien de baptiser un juif contre son gré, de gêner les célébrations des fêtes juives, d'attenter aux cimetières juifs. En 1244, soit treize ans après la création de l'Inquisition, Grégoire IX insère cet acte dans le livre V de ses Décrétales, ce qui lui donne force de loi et expose à l'excommunication celui qui irait à son encontre (toujours l'excellent Jean SEVLLIA).



Le grand crétin prétentieux d'AULARD, en compagnie d'un certain DEBIDOUR (dans les années 1880-1890), pourtant, n'hésitait pas à écrire dans un livre destiné à enseigner l'histoire de France aux enfants du Cour Moyen, que l'Inquisition "empêchait les hommes de penser" ; et messieurs NANE et GUIOT écrivaient pour des enfants plus âgés que les peines infligées par l'Inquisition étaient la torture, l'emprisonnement perpétuel et le bûcher de sorte "que la liberté était étouffée sous des monceaux de cadavres". Ne parlons pas de ce manuel anonyme de la fin du XIXe siècle qui disait que peu avant 1830 (sic) la justice inquisitoriale était "aussi cruelle qu'expéditive, vu le nombre de victimes qu'elle avait à brûler quotidiennement" (authentique ; cité par Jacques HEERS).


Mais on évoque très pudiquement les massacres épouvantables commis en Vendée par les armées de la République pour extirper "la superstition et le fanatisme des ennemis de la liberté", lesquels n'avaient qu'un tort, celui de ne pas partager les opinions des monstres de PARIS. Ou que je me tourne, quand je lis des ouvrages sur l'histoire de la Révolution dans notre pays, je ne trouve que mascarades de procès, jugements expéditifs sans instruction préalable, crimes et tueries en tous genres et selon tous moyens : on fusille volontiers à BREST, et la mort sublime du Baron d'AMPHERNET (père de six enfants, dont un nouveau-né) en est un exemple ; on pend à ORANGE, qui a vu 332 personnes tuées en quelques mois, et en AVIGNON, et le marquis de ROCHEGUDE y a laissé ainsi la vie (mais on y guillotine aussi) ; on noie à NANTES, et c'est ainsi que les quatre soeurs de LA METTRIE périront (la plus jeune avaient 17 ans) parmi trente mille autres victimes, on guillotine PARIS, à LYON, à ARRAS, à STRASBOURG et ailleurs, à tour de bras, ou bien l'on assomme et tue à coups de crosses de fusils. Voici un dernier et bel exemple de la purification conduite par les armées de la Convention en Vendée :


"Le 25 janvier 1794, le commandant de la première colonne infernale, Grignon, arrivait dans la paroisse du Pin . Une vingtaine d'habitants s'étaient portés à sa rencontre, le suppliant de ne pas brûler leurs maisons et d'accepter le repas qu'ils ont préparé pour lui et pour ses troupes. Grignon se met à table. Après avoir copieusement dîné, il ordonne d'attacher ses hôtes avec des cordes. On les traîne dans un champ voisin, et sur un signe de l 'atroce général, les Bleus les tuent à coups de sabre et de baïonnette. Pendant cette boucherie, une mère, la femme Tricot, était là, tenant dans ses bras son tout jeune enfant encore à la mamelle. L'enfant est égorgé sur le coeur de sa mère, qui voit en même temps massacrer sous ses yeux son père, son beau-père, sa soeur et sa belle-soeur, son mari et un fils de 18 ans, récemment arrivé de la campagne d'Outre - Loire. Durant le massacre, cette femme n'avait cessé d'exhorter les victimes à subir la mort pour l'amour de Jésus- Christ.
— Songez, leur crie-t-elle, songez que votre Dieu est mort sur la croix, et votre roi sur l'échafaud.
Elle semblait implorer le même sort , pour elle-même; mais Grignon préféra la condamner à survivre. Après cet horrible carnage, quand les bourreaux se sont éloignés, l'admirable chrétienne, couverte du sang des siens, ensevelit de ses propres mains les cadavres mutilés de son mari, de ses enfants et de toute cette glorieuse famille de martyrs." (GAUTHEROT)
Ah, certes, ça a une tout autre allure que l'Inquisition ! Du souffle ! De l'épopée ! Non ?
J'en conclus personnellement que les dons de l'Esprit ne sont féconds que quand ils tombent dans des âmes humainement préparées, instruites avec probité dans les sciences de tous ordres, capables de juger sainement à la lumière de la Parole. Pas question d'approuver, avec mes yeux actuels, les procès de l'Inquisition, qui cependant paraissaient tout à fait normaux et naturels aux hommes de l'époque, et qu'ils étaient même exigés d'eux. Mais je puis honnêtement conclure qu'ils n'ont aucune mesure avec les atrocités fondatrices de notre République. Rien de plus, mais rien de moins.

dimanche 30 août 2009

Petits arrangements avec l'histoire, ou les malheurs de Condorcet

Je me promenais il y a peu sur les quais de Seine, rive gauche. Temps splendide, soleil qui faisait resplendir les façades du Louvre, et briller Notre-Dame. J'avais souvent fait cette promenade, et pourtant, un petit monument avait échappé à mon attention. Entre l'Institut et l'Hôtel de la Monnaie, quai Conti, se niche une placette au milieu de laquelle se dresse une statue de bronze. Un bel homme, légèrement cambré en arrière en une allure aristocratique. C'est la statue de CONDORCET, du marquis de CONDORCET. Sur le socle, ne figurent que le nom et les dates de naissance et de mort de grand mathématicien, athée virulent, rationaliste convaincu et républicain : 1753-1794. Rien d'autre. Curieux éloge funèbre pour un philosophe qui s'est empoisonné afin d'échapper à la guillotine. Curieux éloge pour un savant qui a donné son nom à un lycée parisien réputé, et qui à ce titre est un modèle pour les jeunes qui fréquentent l'établissement. Il n'est pas innocent que les responsables du Ministère de l'Instruction Publique aient choisi cet homme comme éponyme. On connaît leur grand amour des Lumières, de la raison, de la république, et de la laïcité. Je ne leur reproche pas. Je me borne à constater.
Or, ce matin, relisant par hasard les notes que j'ai prises à partir du livre de Frédéric LENOIR, "Le Christ philosophe", je vois au passage une citation de CONDORCET. Elle est tiré d'un ouvrage qu'il publia en 1793, à peine un an avant qu'il ne se donne la mort : Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. On verra dans quelle illusion cet homme, au demeurant génial, vivait, et vers quels progrès sa pensée a conduit :
"Il arrivera donc, ce moment où le soleil n'éclairera plus sur la terre que des hommes libres, ne reconnaissant d'autre maître que leur raison ; où les tyrans ou les esclaves, les prêtres et leur stupides ou hypocrites instruments n'existeront plus que dans l'histoire et sur les théâtres ; où l'on ne s'en occupera plus que pour plaindre leurs victimes et leurs dupes, pour savoir reconnaître et étouffer, sous le poids de la raison, les premiers germes de la superstition et de la tyrannie, si jamais ils osaient reparaître."
Ils ont osé, et c'est lui qui a favorisé, avec d'autres leurs survenues. Il en est mort, sans doute désespéré de s'être fourvoyé. Le soleil s'est levé sur un homme, sur des hommes, sur des centaines d'hommes emprisonnés en raison de leur naissance, de leurs opinions ou de leur religion. Je ne sache pas que CONDORCET se soit élevé contre les exécutions, les exactions des armées révolutionnaires, les procès sommaires. C'est beau la raison au service de l'idéologie. Y aura-t-il au lycée CONDORCET des historiens et des philosophes qui oseront dire à leurs élèves la vérité sur le drame qu'a vécu cet homme ?

lundi 19 janvier 2009

Méfiance française

Il est intéressant de lire, sous la plume de Magnus FALKEHED, correspondant en France du journal suédois Aftonbladet, les propos que voici (La Croix, vendredi 16 janvier) :
Qu'est-ce que vous, les Français, pouvez être exaspérants. Il y a des moments où un reporter étranger a vraiment envie de poser son stylo et vous secouer comme un prunier, tant une situation peut devenir agaçante et répétitive. Je pense à votre méfiance envers votre prochain. Cette méfiance est devenue comme un poison qui affecte tout le corps social, vous paralyse et vous rend parfois, permettez-moi de le dire, assez bêtes.
Le journaliste donne, avec humour, quelques exemples de situations courantes dans lesquelles il voit suinter la méfiance typique des Français. Adepte d'HABERMAS, lecteur attentif de son ouvrage Éthique de la communication, je m'intéresse de très près à cette question, non seulement quand elle concerne mes compatriotes, mais encore parce qu'elle me semble conditionner toutes les situations de guerre ou de paix du monde entier.
A la méfiance consubstantielle des Français, je vois plusieurs raisons, toutes issues de notre longue histoire.
La première est indubitablement liée à l'héritage napoléonien d'une administration conçue pour contrôler totalement le corps social : la caricature de la méfiance maladive de l'administration, c'est l'administration fiscale. Ses procédures sont accusatoires, et si, en face d'une affirmation, il est impossible à un contribuable de prouver sa bonne foi, il ne lui reste qu'une solution : payer. Mais cette méfiance consubstantielle à l'administration française ne se limite pas au fisc. En France, toutes les procédures de contrôle sont des procédures a priori. Il en résulte une irresponsabilité totale. "J'ai été contrôlé" dira ce citoyen. "Tout est en ordre. Je peux y aller." Et il aura tendance à frauder, d'où la méfiance accrue de l'administration. Il n'y a aucun contrôle a posteriori (ou presque). Pas vu pas pris. On pourrait étendre le constat à l'Inspection du Travail, ou aux services de la Sécurité Sociale, à la Police, aux Douanes, à la Justice (et à ses fameuses détentions préventives). Pour respirer dans le corps social, il est presque devenu nécessaire que le citoyen français fraude, tant l'administration est réellement oppressive, anonyme, et mécanique.
La deuxième raison vient du double héritage de la Révolution et de la Résistance. La première a instauré durablement la haine des "petits" contre les "gros", et le mépris des "gros" pour les "petits", ainsi que l'implantation permanente de l'utopie meurtrière de la lutte des classes dans l'esprit public, que dis-je, sa création, sa matérialisation dans le corps social. La Résistance, et les mythes nécessaires qui se sont créés autour - sans eux, nous serions morts de honte, et de Nation française, il n'y aurait plus - ont donné aux Français l'illusion qu'il n'y avait de grandeur que dans l'opposition à toute forme de contraintes, qu'elles soient légales, réglementaires ou morales. Or la résistance à l'oppression est légitime, mais la résistance à la loi ne l'est pas. Une telle attitude est illustrée par les oppositions systématiques des syndicats à toute forme de changements : changements d'horaires de travail, changements de programmes de cours, changements de statut juridique de telle ou telle entreprise d'État.
La troisième raison est, me semble-t-il, imputable à la propension de notre langue à l'abstraction, et par conséquent à l'idéologie. On oppose souvent le pragmatisme des anglo-saxons au rationalisme des français. Dans de nombreuses situations professionnelles, j'ai pu constater combien un allemand ou un suisse a du mal à nous comprendre, lui qui part d'abord des faits, avant de partir des idées. DESCARTES nous a fait beaucoup de mal, mais c'est une autre histoire. Ne parlons pas de HEGEL, mal compris la plupart du temps, pour qui la contradiction est un élement constitutif du progrès et de l'avénement du sens de l'histoire.
Ainsi, pour communiquer avec autrui, pour rentrer en relation avec lui, il faut d'abord LUI FAIRE LE CREDIT DE LA BONNE FOI. Il faut ensuite s'accorder avec lui sur le sens des mots (le tordre est un spécialité des hommes politiques, et - je suis désolé de le dire - souvent, mais non exclusivement, des hommes politiques de gauche : il n'y a qu'à voir comment on parle de "l'atteinte au droit de grève" quand il s'agit d'assurer un service minimum dans les transports ou dans l'éducation nationale). Il faut et laisser parler jusqu'au bout. Il faut dire le lieu d'où l'on parle. Il faut enfin faire un relevé rigoureux et honnête des points d'accords et de désaccords FACTUELS et non point IDEELS. Telles sont les règles du dialogue. Je vous fais remarquer, du reste, que dans le billet de vendredi dernier, j'ai commencé par dire que je ne mettais pas en doute la bonne foi d'Alix NICOLET, et j'ai ensuite posé des questions portant sur des faits, non sur des idées.

mercredi 22 octobre 2008

Les sifflets toujours

Les remarques (cf billet d'avant hier) d'un de mes lecteurs attentifs sont suffisamment importantes pour que je reprenne ici et développe la réponse amicale que je lui ai faite. Elle peut se résumer en quelques points. (En substance, il ne comprend pas que je puisse défendre la Marseillaise et critiquer violemment la Révolution et il voit là une très forte contradiction dans mon propos.)
(a) Né français, aimant ma patrie, je suis solidaire de son passé et de son histoire. Il ne servirait à rien, du reste, de le nier. L'environnement culturel, politique, social a été évidemment modelé par les événements de Révolution, que cela me plaise ou non. Et il m'a influencé.
(b) Plus que la Révolution, je critique la relation que l'on en fait à l'école. Il est tout à fait extravagant de dire qu'elle fut l'avènement de la liberté, alors qu'elle voulut imposer un mode de pensée unique, persécuta et tua ceux qui s'opposaient à certaines de ses décisions, se rendit coupable d'épouvantables massacres, fit périr à la guerre nombre de jeunes français, et finalement laissa la France plus petite qu'elle ne l'avait trouvée. La Révolution fut un régime totalitaire et dans la théorie et dans la pratique. Tout ne fut pas mauvais, certes. Encore faudrait-il que dans l'enseignement, on puisse calmement trier le bon grain de l'ivraie. Courageusement, les Allemands ont su regarder leur passé en face. Il y ont gagné une dignité que je leur envie. Je les connais assez bien pour avoir vécu à Strasbourg pendant plus de 30 ans et fréquenté nombre de collègues de Fribourg en Brisgau. Une certaine rigidité dans la négociation peut nous surprendre, et elle m'a surpris quelquefois, au point que j'eus des doutes sur le changement profond des mentalités. Ma crainte a été levée par la gentillesse de mes collègues allemands, et l'accueil qu'ils m'ont réservé à plusieurs reprises.
(c) Les paroles de La Marseillaise qui fut sifflée par les jeunes au stade de France sont tout simplement abominables. "Abreuver nos sillons d'un sang impur" ne me semble pas être une activité digne d'un peuple civilisé. Mais ce ne sont pas paroles qui ont été conspuées par les jeunes, c'est le symbole que représente notre hymne national, symbole de notre patrie. Souvent l'atteinte symbolique est portée au drapeau : on brûle le drapeau américain ici, israélien là, français ailleurs, on le piétine. Que veut signifier le foule quand elle se livre à ces excès, si ce n'est sa haine du pays représenté par le drapeau, un simple bout de tissu. En d'autres termes, que notre hymne national eût été "La danse des canards" ou le "Te deum" de Charpentier, j'aurais eu la même réaction.
Je doute que si des supporters français sifflaient à Alger, à Tunis ou à Rabat les hymnes nationaux respectifs de l'Algérie, de la Tunisie ou du Maroc, ils pourraient longtemps le faire sans être inquiétés par la police de ces pays et par la foule des nationaux. Ce qui me paraîtrait tout à fait normal et justifié.

dimanche 14 septembre 2008

In memoriam

Voici les noms et les âges des enfants massacrés aux LUCS-SUR-BOULOGNE en Vendée, par les colonnes infernales du Général TURREAU, détachement du Général CORDELLIER. J'en ai la gorge serrée, et je ne sens pas le courage de faire le moindre commentaire. Oui, Dans Rama s'est fait entendre une voix, qui sanglote et se lamente : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus ; je reprends là un verset de l'Evangile (Matthieu, 2, v18, tiré de Jérémie, 31, 15) qui décrit le massacre des saints Innocents par les soldats du Roi HERODE. Lecteurs, si vous avez du coeur, ayez une pensée et même une prière pour ces pauvres petits, victimes parmi tant d'autres, d'un génocide. Cent-dix enfants massacrés, parmi les 564 personnes tuées aux Lucs ce jour-là, le 28 février 1794.


Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7 mois,
Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois,
Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois,
Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi,
Etienne BERIAU, de l’Erzandière, 15 (QUINZE) jours,
Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois,
Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans,

Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans,
Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans,
Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi,
François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois,
Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois,
Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans,
Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois,
Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois,
Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans,
Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans,
Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois,
Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans,
Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois,
Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois,
Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois,
Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois,
Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois,
N…FETIVEAU, son frère, 3 mois,
Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi,
Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois,
Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois,
Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois,
Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois,
Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois,
Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans,
Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière, 7 ans,
Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois,
Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an,
Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois,
Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois,
Pierre GOUIN, des Temples, 1 an,
Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois,
Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans,
Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois,
Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois,
Pierre GRIS, son frère, 5 ans,
Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans,
Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi,
Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois,
Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois,
Marie MALARD, du Marchais, 4 ans,
Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois,
Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois,
Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans,
Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois,
Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois,
Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois,
Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an,
Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois,
Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois,
Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an,
Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours,
Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois,
Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois,
Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois,
Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois,
André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois,
Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois,
Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans,
Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois,
Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois,
Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans,
Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois,
Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois,
Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois,
Jean POGU, son frère, 5 ans,
Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois,
Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,
Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois,
Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi,
Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois,
Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi,
Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans,
Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans,
Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi,
Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois,
Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans,
Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans,
Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois,
Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois,
Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans,
Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois,
Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans,
Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois,
Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois,
Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois,
Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois,
Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois,
Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans,
Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois,
Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois,
Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans,
Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois,
Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans,
Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.

In memoriam.

mardi 13 mai 2008

L'inoubliable testament de Marie-Antoinette

La foule se presse au Grand Palais pour visiter l'exposition consacrée à Marie-Antoinette. Que n'a-t-on pas dit dans les livres d'histoire concoctés par la République sur cette pauvre femme dont les derniers instants, par une grandeur que la vile populace est incapable de saisir, ont racheté les moments passés de frivolité et d'insouciance ? On ne dit dans ces livres que des choses fausses ou controuvées, quand elles accablent la reine, et l'on tait tout ce qui en elle fut grand, admirable, supérieur, aristocratique au bon sens du terme. L'un des meilleurs livres à elle consacrée, sans doute le plus complet et le plus objectif, est celui de Stephan ZWEIG ; l'ouvrage ne porte comme titre que le prénom de cette statue de la souffrance : Marie-Antoinette.
Stephan ZWEIG, en dépit des doutes qu'un journaliste du Figaro, monsieur de WARESQUIEL, jette, dans la livraison de samedi dernier, sur l'authenticité du testament de Marie-Antoinette, montre que le document est bien de la main de la reine et qu'il a été inexplicablement soustrait aux archives. Le geôlier BAULT a eu assez de courage pour fournir à la condamnée du papier et une plume, il en a manqué quand il a fallu transmettre le testament à qui il devait revenir, madame Elisabeth, la belle-soeur de Marie-Antoinette. Il se borne donc à remettre le document au sinistre FOUQUIER-TINVILLE, qui y apposera sa signature ; le monstre froid, l'accusateur public, ira à la guillotine deux ans plus tard. Le testament semble avoir disparu, mais pas pour tout le monde. COURTOIS, un obscur député, un nul parmi les nuls, a reçu l'ordre de la Convention de trier les papiers de ROBESPIERRE qui vient d'être arrêté et condamné. Sabotier de son état, COURTOIS, une âme vile, voit tout l'intérêt qu'il y a à connaître de ces papiers, et à les conserver. Il le fait et tient ainsi en lisière des dizaines de collègues compromis pendant la Terreur. Il a puisé sans vergogne dans les papiers du Tribunal Révolutionnaire, et est tombé sur le testament. Vingt ans plus tard, lors de la Restauration, pour faire oublier qu'il fut un complice des régicides, il offre à Louis XVIII le message de Marie-Antoinette qu'il prétend avoir sauvé du désastre. L'ignoble sera quand même exilé. C'est bien là tout ce qu'il mérite.
Que dit-elle dans ce testament ? Ceci, qui mérite bien notre respect :
Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort.
Le pauvre enfant, l'eût-il voulu, n'en aurait pas eu l'occasion. On l'a laissé mourir de maladie dans sa prison. Il n'avait que huit ans quand sa mère a été exécutée. La reine poursuit :
J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon coeur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine. Pardonnez-lui, ma chère soeur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il sentira tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. [...] Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma soeur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis adieu à mes tantes et à tous mes frères et soeurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent du moins que jusqu'à mon dernier moment j'ai pensé à eux.
Sont-ce là des sentiments de vengeance, de résignation, de révolte ? Aucunement. La grandeur d'âme de cette femme a terrassé l'infâme HEBERT qui avait fait témoigner le petit Louis XVII contre sa mère, dans une invraisemblable accusation. ROBESPIERRE, furieux, traitera HEBERT d'imbécile, quand il apprendra ce que cette ordure a osé faire.
Peut-être ai-je tort. Je me répète, sans doute. Je ne peux pas adhérer à un régime qui se légitime dans cette violence, dans cette vomissure populaire, dans cette lie, cette boue. Je crois tout à fait que la démocratie est la meilleure forme de gouvernement. Mais je conteste radicalement que nous vivions en démocratie : celle-ci, pour être vivante et vraie, suppose la vérité, le recul, le regret des iniquités qu'elle aurait pu commettre dans le passé. Le peuple allemand a su le faire et a purgé sa mémoire collective des atrocités nazies. Les atrocités révolutionnaires, ou nous les taisons, ou nous les exaltons, ou nous les justifions. Nous ne les regrettons pas. Hélas ! Non possum ! Non possum ! Je ne peux pas ! Je ne peux pas !

samedi 22 mars 2008

Le détail et la structure, ou l'esprit de monsieur Le Pen

Un de mes collègues, un ami dont j'admire et la culture et la finesse, le professeur Michel TARDY, me donna un jour la définition suivante d'une structure : c'est, me dit-il, un ensemble de relations non quelconques entre des objets quelconques. Il me paraît important de vous donner cette définition, car j'ai souvent fait appel dans ce Blog, au point de vue structuraliste, et aux structures. J'ajoute que cette définition, pour un biologiste et un enseignant en cette discipline, aide puissamment à clarifier ses idées.
Pourquoi vous dis-je cela ? Vous allez comprendre rapidement, et même si vous trouvez que j'insiste lourdement sur la Révolution, vous verrez qu'il y a du vrai dans l'analyse trop rapide que je vous en fais depuis trois billets.
Il vous souvient sans aucun doute de l'ignoble réflexion de monsieur LE PEN qui traitait les chambres à gaz et les fours crématoires de "détail de l'histoire". C'était ignoble en effet, non seulement parce que c'était attentatoire à la mémoire des victimes, mais encore et aussi parce que ça dénotait une absence totale de compréhension du temps historique et du déroulement de l'histoire dans ses ruptures. Nous avons dans cette affaire la structure suivante : un homme (monsieur LE PEN), des faits monstrueux (les camps de concentration), un jugement contestable sur ces faits (cela n'a pas eu d'incidence sur la conduite de la guerre).
Il convient d'examiner le jugement que l'histoire officielle porte sur la Révolution. Un groupe d'hommes (les AULARD, MATTHIEZ, SOBOUL et consorts, et leurs relais politiques au ministère de l'éducation nationale), des faits monstrueux (les guerres de Vendée et ses 182.000 morts, les 70.000 guillotiné, fusillés, déportés de la Convention, les spoliations, les destructions notamment des édifices religieux, Cluny n'étant qu'un petit exemple), un jugement contestable sur ces faits (ils ne sont pas si importants que cela, ce qui compte c'est le résultat globalement positif de la Révolution). Autrement dit, la relation que l'on fait entretenir à notre mémoire collective à ces horreurs est, d'un point de vue de la structure, absolument identique à l'opinion de monsieur LE PEN sur les chambres à gaz. D'où vient que l'on s'offusque de l'une et pas de l'autre ? A mon avis, c'est assez clair. HITLER a perdu. Les ENRAGES de la Révolution ont fini par gagner à l'usure. Voilà l'exemple type du penser faux !
Et elle n'est pas si loin que cela la Révolution. L'arrière-grand-père de ma grand-mère, née en 1892, était né lui sous LOUIS XVI ! Elle était à même de me transmettre de mémoire d'homme des faits de cette époque. Elle ne l'a pas fait parce que l'on ne lui en avait pas parlé. Mais je possède le gilet de soie brodé de cet ancêtre.
Il n'y a pas d'autres solutions pour avancer dans la concorde civile que de reconnaître ces monstruosités et de faire repentance. Laver notre mémoire et demander pardon pour ces iniquités. Les Allemands ont su le faire avec un courage et une dignité exemplaires. Pourquoi ne le pourrions-nous pas nous aussi ? Il n'y a pas d'exemples direz-vous ? Si, il y en a. C'est celui du mur des fédérés et de la Commune de Paris. Chaque année, on commémore ce drame qui a vu des Français fusiller d'autres Français, au motif qu'ils ne pensaient pas comme monsieur THIERS. Mais les Communards étaient classés à gauche ; c'est bon, ça, la gauche. Que des nobles, des prêtres, des religieuses, des artisans, des gens de rien, très nombreux, aient été guillotinés, ma foi, ce n'est pas bien grave : il n'y a pas de fumée sans feu ; ils avaient sans doute bien des choses à se reprocher.
Désolé, je ne marche pas dans ce mensonge.