lundi 16 juillet 2018

Lundi 16 juillet. Nouvelles du pari bénédictin : France d'hier, d'aujourd'hui et de demain. France de toujours


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des
terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.

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LA FRANCE DANS LE MONDE.
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"La France court aujourd’hui le plus grand risque et la plus grande chance de son Histoire, telle est la vérité de salut que je voudrais répandre partout, si j’en avais le pouvoir. On souhaiterait souvent que je ne fasse entendre que la dernière, mais les deux n’en font qu’une, ou du moins ces deux vérités sont solidaires. C’est parce que la France court son plus grand risque qu’elle court aussi sa plus grande chance. Voilà ce que je voudrais démontrer d’abord avant d’aller plus loin. Vous voyez ici, tout autour de vous, la civilisation française. Vous en voyez les œuvres. Il est d’immenses contrées de la terre ― oui vraiment d’immenses contrées de la terre ― et j’en ai parcouru quelques-unes ― où l’on ne saurait en voir les œuvres, mais où on en rencontre partout l’esprit. Oui, il y a des millions et des millions d’hommes dans le monde pour lesquels la civilisation française est comme un asile, une protection, ou pour mieux dire une patrie. Je le dis parce que c’est vrai. Je le dis au risque de faire hausser les épaules à certains d’entre vous qui vont croire encore que je leur bourre le crâne. Depuis longtemps ces millions et ces millions d’homme sentaient de jour en jour s’appesantir sur le monde une menace d’avilissement et de servitude. Ils n’auraient su très bien définit et préciser cette menace, ils la sentaient comme un troupeau sent l’orage. Les chrétiens voyaient cette menace tournée vers l’Église et toutes les valeurs spirituelles de la chrétienté. Les autres ne pensaient qu’à la liberté. Mais les uns comme les autres se représentaient la civilisation française comme un rempart infranchissable. Il y avait cette pensée française, partout confondue avec la liberté de pensée. Il y avait notre tradition et nos grands hommes. Il y avait notre histoire si humaine et notre légende, plus humaine encore que notre histoire. Mais il y avait aussi ce peuple français, toujours divisé dans la paix, toujours uni dans la guerre, toujours debout et unanime à la moindre provocation de l’étranger. Il y avait cette armée française réputée la première du monde. Déçu en 1940 par notre peuple et notre armée, ces millions et ces millions d’hommes ont eu la brusque révélation du péril couru par ce qu’ils aimaient, et au pressentiment funèbre qui les a saisis tout à coup, ils ont compris pour la première fois que la France ne tenait pas seulement une grande place dans le monde mais qu’elle ne tenait pas moins une grande place dans leurs consciences, et ils ont mesuré du même coup la profondeur de l’espérance qu’ils avaient mise en nous." [Texte intégral.]
In
Georges BERNANOS.
La liberté, pour quoi faire ? (Collection Folio, série Essais N°274.) Édition établie et préfacée par Pierre GILLE.
Gallimard, Paris, 2017 (date du dépôt légal de cette édition.) (Page 33.)
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DÉFILÉ DU 14 JUILLET.
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"Ah ça, mais, qu'a-t-on fait des pauvres? Où sont-ils donc? Non seulement je ne les vois pas, mais je n'aperçois aucun objet qui me les rappelle. Depuis quelque temps, je ne rencontre que des femmes extraordinairement vêtues qui se promènent ou s'immobilisent dans de beaux jardins. Pas un seul de ces guenilleux aimables, de ces chers crevants de faim qui mettent un peu de gloire dans les paysages et qui consolent de la puanteur effroyable des propriétaires.
Voyez cette haute dame qui porte sur sa robe bleue le signe du lion, comme si elle voulait tout dévorer. Je n'ai pas la moindre envie de lui dire le moindre mot. Voilà trop longtemps que je m'épuise en harangues à ces créatures inférieures que je serais tenté de trouver parfois adorables si je les voyais sans le sou. Celle-ci n'a pas besoin de moi, c'est sûr. Elle est, d'ailleurs, fort occupée et ne m'accorderait aucune attention. Elle arrose des lys plus splendides que Salomon, bien qu'ils ne travaillent ni ne filent."

In
Léon BLOY.
Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne, Tome I. 1901-1902.
Septième édition.
Mercure de France, Paris, 1935. (Page 33.)

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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Quel rapport y a-t-il entre la vocation de notre chère patrie, le titre de la deuxième citation et le 14 juillet ?
Cherchez bien.
La France telle qu’elle s’est peu à peu constituée était fondamentalement chrétienne. Elle doit à sa triple origine celtique, germanique et latine, cet admirable équilibre de la langue et du jugement de son peuple.
Nous assistons avec effarement à la disparition des principaux repères symboliques dans lesquels notre peuple pouvait se retrouver.
Du clinquant, du mondain, de la communication mensongère et manipulatrice qui nous inonde comme on inonde de purin les terres jugées infertiles pour leur faire rendre un maximum, c’est-à-dire leur faire rendre gorge. Un mépris de fer pour le peuple et pour les pauvres.
C’est ainsi que l’on voit, assis sur un siège qui ressemble à un trône un président de la république entouré de quelques gaillards originaire d’Afrique, tout habillés de noir, les jambes gainés de bas à résille, qui se vantent fièrement de leur homosexualité : voilà qui fait des voix pour celui qui ne veut pas qu’un gamin l’appelle « Manu », mais ne dédaigne pas de se compromettre dans cette photographie sans grandeur ni honneur, du reste très prestement supprimée des réseaux sociaux après sa brève parution.
J’aurais aimé, comme l’eût fait Léon BLOY, que des pauvres soient mis à l’honneur et que l’examen de leur état ne fût point repoussé aux calendes grecques ou aux ides de septembre, (coupe du monde oblige paraît-il). Tout cela fait des voix, mais rien de cela ne fait la grandeur d’un pays. Et si je me réjouis de la performance de l’équipe de France de football, si je vibre en voyant mes compatriotes d’origine africaine chanter la Marseillaise avant un match, je n’oublie pas que des milliers d’autres ont des fins de mois difficiles et que le bicarbonate post-prandial abondamment avalé par nos élus pour apaiser les méfaits de repas trop copieux ne parvient à faire trouver aux sus-dits des solutions équitables pour contrer la misère, accueillir dignement et avec discernement les étrangers, et combattre une idéologie haineuse et mortifère véhiculée par quelques imams peu regardants sur leurs propos.
La France ne peut pas perdre son âme, elle ne peut pas diluer sa culture et son esprit dans une Europe dont l’un des responsables tient à peine sur jambes pour cause officielle de « sciatique » (!), vouloir tout et « en même temps », le contraire de tout.
Le pari bénédictin, c’est le choix des pauvres, la volonté d’annoncer à tous la Bonne Nouvelle du Salut, l’exaltation de la beauté, le silence de la prière.
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LIENS UTILES.
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L’Europe n’a plus d’âme ! Merci qui ?


Honneur à ces ouvriers qui perpétuent une très vieille tradition.


Gros nonos en perspective pour le Président de la République.


Grave erreur du Président envers l’Italie, notre cousine, que dis-je ? notre sœur !


Et l’homme qui chancelle sur ses jambes, et les sbires qui le soutiennent sous les bras, et ses fonctionnaires aux ordres veulent juguler le peuple polonais.






vendredi 22 juin 2018

Vendredi 22 juin 2018. Nouvelles du pari bénédictin : quelques pensées roboratives !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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QUELQUES PENSÉES DE JEAN BASTAIRE.
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Ces quelques aphorismes sont dus à Jean BASTAIRE, un vrai penseur, tout à fait dans lignée du pari bénédictin. Je les ai sélectionnés, mais vous en lirez d’autres tirés de son ouvrage intitulé Court traité d’innocence. (Éditions Lethielleux, Paris, et Culture et Vérité, Namur, Paris, 1977.)

Nous voici depuis hier, 12 h 07, rentré dans les chaudes journées de l’été. Voici ce que dit BASTAIRE du printemps.

"Il n’y aurait de triste que la mort du printemps, si le printemps devait mourir." (Page 8.)


Avis aux imbéciles si bien décrit par BERNANOS : nous ne serons pas la dupe des médias, des puissants, des grossiums de la politique ou de la finance. C’est aussi un avis valable pour le Président de la République.

"Les seules certitudes que l’intelligence puisse fournir sont précaires et comme elle périssables. Il n’y a de stables que les certitudes intimes, les « vérités sensibles au cœur ». La grande duperie moderne est de nous détourner des secondes au profit des premières." (Page 9.)

Aux athées, aux agnostiques, aux anticléricaux :

"Je ne pardonne pas à mon époque d’ôter l’espoir aux petits et aux pauvres. À tout le monde, car nous sommes tous petits et pauvres devant la mort." (Page 9.)

Aux disciples :

"Croire, ce n’est pas dire : « je suis sûr de ne pas me tromper », mais : « je suis sûr de ne pas être trompé ». (Page 11.)

Et enfin, aux adeptes de la pensée unique et du politiquement correct, cette pensée du cardinal de LUBAC, dans Paradoxes (citée par J. BASTAIRE).

"Le conformiste prend les choses même de l’esprit par le dehors. L’obéissant prend les choses même de la lettre par le dedans."

Le chrétien, l’homme du pari bénédictin, trouve sa liberté intérieure en refusant l’une et l’autre attitude. Nous y reviendrons.



lundi 18 juin 2018

Lundi 18 juin 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Luxure libre à tous les étages !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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1. CHESTERTON A ENCORE FRAPPÉ.
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"Si ceux que l’on appelle libres-penseurs sont des sentimentalistes, les partisans d’un soi-disant amour libre le sont encore plus ouvertement et plus clairement. Nous pouvons toujours prouver le sentimentalisme de telles personnes de par leur faiblesse pour l’euphémisme. Les expressions qu’ils utilisent sont toujours édulcorées et adaptées pour plaire aux journalistes. Ils parlent d’amour libre quand ils veulent dire une chose très différente, mieux définie par les termes de luxure libre. Mais étant des sentimentalistes, ils se font un devoir de minauder et roucouler sur le mot « amour ». Ils parlent avec insistance du contrôle des naissances, alors qu’ils veulent dire moins de naissances et pas de contrôle. Nous pourrions les tailler en pièces si nous pouvions être aussi indécents dans notre langage qu’ils sont immoraux dans leurs conclusions."
In
Gilbert Keith CHESTERTON.
Pourquoi je suis catholique. Préface de l’abbé François-Marie CHAUTARD. Traduction collective dirigée, revue et annotée par Wojciech GOLONKA. Chapitre 6. Orthodoxie obstinée, page 85.
Via Romana/Institut Universitaire Saint-Pie X, Versailles, 2017. (Distribué par Salvator.)
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2. COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Je dois dire que l’analyse de notre cher Gilbert Keith est époustouflante de justesse : luxure libre, moins de naissances et pas de contrôle en effet. Oui, luxure libre à tous les étages. C’est bien ce que ce monde en train de mourir réclame à grands cris, c’est bien ce que les hommes politiques s’apprêtent à leur accorder. Comme le disait un journaliste, s’appuyant sur le discours de MALRAUX lors du transfert des cendres de Jean MOULIN au Panthéon, des centaines de milliers de voix accompagneront le transfert des cendres de Simone VEIL dans ce temple hideux du paganisme républicain : « Entre ici Simone VEIL avec ton terrible cortège, celui des enfants qui par ta loi n’ont pas vu le jour, et dont les âmes angéliques prient devant la Face pour le salut de ton âme ». N’oublions jamais que Simone VEIL a dit que si les évêques français s’étaient opposés à sa loi, elle ne l’aurait jamais déposée. J’ai de très bonnes raisons de penser – mais je ne puis les révéler sans trahir un secret – que l’accueil d’un enfant, eût-il été conçu dans des conditions peu orthodoxes, est une bonne nouvelle pour les parents qui ont pris la décision de laisser leur bébé voir le jour. Comprenez bien ceci : je ne porte aucune condamnation morale sur la personne de madame VEIL, admirable à bien des égards, mais j’exige de garder ma liberté de jugement : sa loi est exécrable et nous en paierons le prix, si nous ne l’avons déjà payé par le terrible déséquilibre démographique qui est en train de s’installer dans notre patrie.
Une très récente et douloureuse expérience m’a hélas convaincu que l’esprit du monde a pourri l’âme d’une partie de la jeunesse tandis que l’esprit de Dieu a transporté celle de l’autre partie dans ces monastères invisibles où l’on vit le pari bénédictin de l’obéissance à la loi naturelle, de l’observance des préceptes de bonheur enseignés par Jésus : vous êtes mes amis, dit-il, si vous observez mes commandements. Ils les suivent ! Ils sont les amis du Maître ! Ils sont déjà l'avenir de notre patrie, l'avenir du monde.


jeudi 14 juin 2018

Jeudi 14 juin 2018. Lettre du Pérou (7)


Ainsi commence la lettre que Marie, jeune bénévole française partie pour un an à TACNA, dans un centre créé par les jésuites pour l’éducation des enfants de milieux défavorisés de la ville, envoie tous les mois à ses amis.

7/06/2018

"Tacna l’héroïque
Il est 14h30, le soleil brûle et traverse facilement la vitre du bus. Ce dernier se transforme rapidement en sauna. La digestion et la chaleur nous plonge dans un demi-sommeil alors que nous nous dirigeons vers la banlieue de Tacna. Nous passons du centre avec ses jolis palmiers au grand marché bordélique de Santa Rosa. Puis peu à peu, nous nous retrouvons vraiment dans le désert. Les maisons s’éparpillent, les toits sont plus enclins à s’envoler. La végétation disparaît. Mais le bus continue de se remplir. Les enfants, qui ont fini l’école, dans leur uniforme rouge et gris, font preuve d’adresse pour ne pas tomber les uns sur les autres. C’est un joyeux bazar. Le bus, une fois de plus, s’arrête pour prendre des passagers.
C’est alors qu’une femme plutôt grande et belle monte dans le bus et se faufile entre ses pairs. Elle est au téléphone. Je n’entendrai jamais ce que dit l’homme avec qui elle parle, seulement ses réponses. Je n’entendrai que la moitié du dialogue. Je n’entendrai que sa voix forte et ses cris de colère. Tout le bus l’entend et beaucoup l’écoute. Elle est en train de se disputer avec son compagnon qui se trouve à Lima et qui semble multiplier les conquêtes alors qu’elle se rend chez une amie pour laver du linge et se plaint de ne pas avoir d’argent. L’échange est violent. L’emprise que semble avoir cet homme sur elle est à la mesure de sa jalousie. Elle se défend comme un moustique pris dans une toile d’araignée. Elle semble suffoquée mais ne semble pas non plus vouloir en finir. L’homme l’insulte, la traite de « cochonne » et elle continue de crier, de se révolter en entendant ses paroles injustes et gratuites. Quand soudain, alors qu’elle continue de se débattre, elle crie, comme pour prendre sa respiration à nouveau : « Tu n’es pas mon chef, tu n’as de droits sur moi, mon seul maître c’est Jésus. »
Je me souviens de son cri semblable à une esclave ayant soif de liberté.
Je me souviens de son chignon rouge. […]."
Imaginez-vous qu’une telle scène puisse se produire dans le métro parisien, ou dans un bus de la RATP ? C’est à peine croyable. Le reste de la lettre, consacrée essentiellement aux enfants de la casita, fera l’objet d’un autre billet. Mais il me paraissait nécessaire de séparer cette scène de ce que Marie dit de ces merveilleux enfants du Pérou.


mardi 12 juin 2018

Mardi 12 juin 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Monsieur Tennis et Chesterton


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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1. CHESTERTON ET MONSIEUR TENNIS.
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La fin du tournoi open  de Roland Garros, marqué, selon les journaux, par la débâcle du tennis français, me pousse à vous faire connaître l’opinion de notre très cher Gilbert Keith CHESTERTON qui répondait au fameux joueur de tennis américain TILDEN, lequel prétendait que « rien ne peut sauver le tennis anglais ».

"[…]. Il s’avère que les Anglais ont une attitude bizarre et artificielle de considérer le tennis comme un jeu et un amusement. Monsieur TILDEN a reconnu qu’on retrouve cet esprit amateur des Anglais aussi dans les autres domaines, ce qui constitue, comme il l’a remarqué avec justesse, un trait de notre caractère national. Malgré tout cela s’avère être un obstacle à ce qu’il a appelé « le sauvetage du tennis anglais ». Il pensait à ce que certains nommeraient le perfectionnement du tennis et d’autres sa professionnalisation. C’est un exemple très typique, pris au hasard dans la presse et exprimant les vues d’un esprit fin et pénétrant sur un sujet qu’il connaît très bien. Et pourtant, il ne comprend pas ce qu’il pense devoir comprendre. Il connaît très bien son sujet et cependant, il ne sait pas de quoi il parle puisqu’il ignore ce qu’il sous-entend. Il méconnaît les moyens et les fins, les axiomes et les conséquences de sa propre philosophie. Et probablement personne ne serait plus surpris, et même légitimement offusqué, si je disais que les premiers principes de sa philosophie paraissent être les suivants : 1. ― Il y a dans la nature des choses un certain Être absolu et divin dont le nom est Monsieur Tennis. 2. ― Tous les hommes vivent pour le bien et la gloire de ce Monsieur Tennis et doivent tendre à imiter sa perfection et accomplir sa volonté. 3. ― En raison de ce devoir suprême ils doivent sacrifier leur désir naturel de détente dans cette vie. 4. ― Cette loyauté est la plus importante : il faut aimer Monsieur Tennis plus que la tradition patriotique, plus que la sauvegarde du caractère national et de la culture du pays, plus que les vertus anglaises. Voilà à quoi correspond la croyance ou la doctrine que l’on nous présente ici sans la définir pour autant. Le seul moyen de sauver le tennis c’est de l’empêcher d’être un jeu. Le seul moyen de sauver le tennis anglais c’est de l’empêcher d’être anglais. Et ce genre de penseurs n’arrive pas à imaginer que certaines personnes aiment le tennis tout simplement parce qu’il est anglais, et l’apprécient tout bonnement parce qu’il est agréable. Or la chose exigeant de tous une obédience inconditionnelle, au prix même des sacrifices de son plaisir ou de son affection, connote un certain idéal divin. Lorsque les chrétiens l’affirment des sacrifices accomplis pour le Christ, cela sonne plutôt sévère. Mais lorsqu’un joueur de tennis demande de se sacrifier pour le tennis, cela apparaît ordinaire et circonstancié dans le chaos de la pensée contemporaine. Et personne ne s’aperçoit que c’est une sorte de sacrifice humain que l’on offre sur l’autel d’une nouvelle divinité sans nom."
In
Gilbert Keith CHESTERTON.
Pourquoi je suis catholique. Préface de l’abbé François-Marie CHAUTARD. Traduction collective dirigée, revue et annotée par Wojciech GOLONKA. Chapitre 5. La logique et le tennis. Page 79
Via Romana/Institut Universitaire Saint-Pie X, Versailles, 2017. (Distribué par Salvator.)
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2. EST-IL NÉCESSAIRE DE COMMENTER ?
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Je m’étonnais, et je continue de m’étonner, que si peu de lecteurs se soient joints à ma protestation contre les journalistes du Parisien qui ont commis contre le fameux Lycée Saint-Jean-de-Passy une mauvaise action. Je m’étonnais, notamment que si peu de jeunes qui avaient fréquenté ou fréquentent cet établissement n’aient pas fait chorus.
Il en va des études comme du tennis… Monsieur Étude exige des sacrifices, souvent bien plus douloureux que les sacrifices demandés par le Maître pour notre bonheur.
Il est dommage que CHESTERTON ne soit plus de ce monde. Il aurait certainement pourfendu ce nouveau Dieu qu’est le Dieu de la réussite sociale auquel tant de jeunes gens et jeunes filles sacrifient leur jeunesse et leur temps pour passer en section S, rejoindre une prépa prestigieuse, et faire une belle carrière.
Voyez-vous, il me semble que les événements se chargent de nous enseigner. Le tournoi de Roland GARROS signifie exactement la même chose que le tournoi du Bac ou de Parcourssup. Si des sommes considérables, qui se chiffrent par millions et millions d’euros, n’étaient pas en jeu dans ce tournoi, il n’aurait aucun répercussion médiatique, et il n’est pas sûr que nous lui accorderions l’attention soutenue et enthousiaste qui nous habite en ce juin pluvieux. Vous avouerais-je que j’admire le tennis, la beauté des échanges, mais que je déplore son instrumentalisation par le fric ?
Il en va de même pour les études : elles sont faites pour accéder à une connaissance supérieure et choisir avec discernement et connaissance de cause une orientation professionnelle accordée à ses goûts et ses compétences ; elles ne sont pas faites pour réussir dans la vie, mais pour réussir sa vie. Tout le reste est de l’idolâtrie. J’ai le bonheur de connaître des jeunes qui l’ont compris et n’ont pas accroché leur bonheur à l’obtention d’un diplôme si prestigieux soit-il ! C'est bien cela le pari bénédictin.

mercredi 6 juin 2018

Mercredi 6 juin 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Grosse poussée rhino-moutardière. Je défends Saint-Jean de Passy


Encore une grosse poussée rhino-moutardière ! Ils osent critiquer un établissement qu'ils ont quand même choisi pour leurs enfants, en connaissance de cause, non ?


"Si le sel s’affadit, avec quoi salera-t-on ?"

J’ignore qui sont les courageux et anonymes parents qui dénoncent la prétendue dérive tradi-catholique du très connu Lycée Saint-Jean-de-Passy.
Il se trouve que je connais fort bien cet établissement dans lequel j’interviens depuis cinq ans comme catéchiste, en troisième (deux groupes de garçons par an) et en seconde (trois groupes de garçons et trois groupes de filles par an). J’ai assisté à la très longue genèse de l’uniforme qui est très seyant. Les parents qui ont inscrit leurs enfants ont donné leur accord à cette obligation du port de l’uniforme. Et si cela ne leur convenait pas, ils avaient le loisir d’inscrire leurs enfants dans un autre établissement. Les jeunes se plaignent seulement de ce que le pull-over gratte. J’ajoute que j’interviens aussi comme catéchiste dans l’enseignement public et que je vois fleurir dans des lycées comme Molière, La Fontaine ou Claude Bernard, des jeunes qui portent des sweats à capuche au sigle de l'établissement. Il apparaît certain que les jeunes par le port de ce sweat entendent marquer à la fois une identité et une appartenance.
Je vois régulièrement, le mercredi matin et le vendredi matin de très nombreux enseignants et je n’en ai jamais entendu un critiquer la direction et tout spécialement monsieur CLÉMENT, un homme à tous égards remarquable et dont j’ai pu écouter diverses interventions d’un niveau intellectuel très au-dessus des discours tiédasses et insipides qui ont cours chez les prétendus pétitionnaires.
Le rythme des confessions n’a pas changé : une fois par trimestre. Chaque jeune reste libre d’aller ou non se confesser. Ce qui a changé, en bien, c’est l’organisation de cette heure de confession qui est couplée à l’adoration eucharistique, à des lectures bibliques et à des cantiques, ces derniers soutenus par des jeunes musiciens du Lycée ou du Collège. J’en sais quelque chose puisque j’ai accompagné des jeunes de troisième ce matin même à cette adoration.
Il est par ailleurs totalement faux que le lycée manque d’ouverture. Cette année, j’ai rencontré trois jeunes (deux garçons et une fille) de confession juive, et une jeune fille parfaitement agnostique. Et je suis loin d’avoir balayé la totalité des divisions de troisième et de seconde.
En fait, ce que veulent ces parents peu contents, c’est le beurre d’une excellente formation intellectuelle, et l’argent du beurre, c’est-à-dire la possibilité de rejeter ce qui ne convient pas à leur petit ego. Quant au coût du trousseau, il n'est pas plus élevé que s'il fallait acheter un costume, un polo, une chemise, le tout chez les meilleurs faiseurs, sans parler des smartphones, i-phones et ordinateurs portables.
Ils représentent très exactement l’esprit bourgeois dans toute sa petitesse, le mépris d’une jeunesse en quête d’idéal et de dépassement. S’il est exact qu’il existe jusqu’en troisième une séparation des filles et des garçons, cela n’est pas le cas à partir de la seconde, et, ayant des yeux pour voir, je puis dire qu’il y en a qui se rattrapent en matière de rapprochement !
Tous les professeurs avec qui j’ai pu discuter sont absolument ravis de leurs conditions de travail, et ils sont loin d’être tous des piliers de sacristie. Bien entendu, je ne prétends pas les connaître tous, et, en particulier, je ne connais pas les professeurs des prépas. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’un jeune homme, hautement diplômé, et sorti des meilleures écoles, a demandé à enseigner dès octobre dans ces classes. Pas trop répulsives donc, les prépas.
Que voulez-vous, il est clair que rappeler les enseignements de Jésus dans un établissement catholique est un scandale que ne peuvent supporter ni la bourgeoisie libertine, ni les « chrétiens » de gauche, ni les indifférents. S’ils ne sont pas contents, qu’ils changent de crèmerie mais n’essaient pas de torpiller lâchement un établissement et un homme qui, lui, a justement fait le pari bénédictin.


lundi 4 juin 2018

Lundi 4 juin 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Au hasard de mes lectures.


"Arrive, chrétien ! C’est à toi que l’on en veut, possesseur de la vérité !
[…].
Porteur de promesses qui ébranlent le monde et de menaces démesurées.
Nous nous défendons ! Défends-toi ! Point de pitié envers ce qui est vrai !
La parole de Dieu avec toi que tu annonces nous allons bien voir si elle y est."
Paul CLAUDEL.
Poëmes (orthographe sic) de Guerre.