lundi 7 juillet 2008

La démocratie selon madame Hidalgo

Selon madame HIDALGO, il ne serait pas démocratique (sic) de consulter les parisiens sur la modification des hauteurs limites qu'il convient d'assigner aux tours dont on projette la construction à PARIS. Madame HIDALGO, je vous le rappelle, est adjointe au maire et en charge de l'urbanisme. Pourquoi ne serait-il pas démocratique de demander aux Parisiens s'ils acceptent ou non que l'on construise des tours immenses et folles, aussi laides et verruqueuses que la Tour MONTPARNASSE ou que les tours de la DÉFENSE, qui injurient toutes l'azur et le soleil ? Eh bien je vais vous le dire. La problématique de l'évolution urbaine de Paris est trop complexe (sic et resic) pour être tranchée par référendum. En d'autres termes, madame HIDALGO entend bien se moquer de la règle imposée par les Verts qui exigent que les tours ne fassent pas plus de 37 m de hauteur. Ainsi, l'adjointe entend multiplier les exceptions sur plusieurs sites de la périphérie parisienne : BATIGNOLLES, BERCY, PORTE DE LA CHAPELLE, PORTE DE MONTREUIL, MASSENA, PORTE DE VERSAILLES. Vous noterez que ces quartiers ne sont pas forcément hantés par les membres de la haute bourgeoisie germano-pratine ou paludique (LE MARAIS ! Le bien nommé). Ce sont encore les plus vulnérables des parisiens qui vont se voir imposer un urbanisme délirant. En effet, ils n'ont pas les connaissances nécessaires (dixit madame HIDALGO) pour décider de ce qui est bon pour leur cadre de vie. Mais ils ont un excellent discernement quand il s'agit de voter pour le PS, ce qu'ils ont fait majoritairement. C'est se moquer du monde. Ou bien on croit à la démocratie, ce mot qui ne cesse de fleurir sur les lèvres des personnalités politiques de tous bords, et l'on estime que des questions aussi concrètes que les constructions de tours peuvent être tranchées par le peuple, ou bien l'on n'y croit pas, et l'on demande à quelques élites restreintes, de préférence bien pensantes, de coopter quelques copains et copines pour décider au nom et à la place du peuple. Il me semble que, dans le cas d'espèce, c'est la deuxième solution qui a été choisie.
S'il s'agissait de prendre des options diplomatiques ou militaires lourdes, on comprendrait qu'il fût impossible au peuple de voter en connaissance de cause, quantités de données ne pouvant être diffusées. Mais pour ce qui est de la construction de tours, il me paraît incroyable que l'on dénie à ses concitoyens les capacités de choisir. En réalité, ces tours sont destinées à loger un maximum de personnes en un minimum d'espace, dans l'espoir de s'en faire des clients et des électeurs.
A mon avis, il va y avoir de la corrida dans l'air, et madame HIDALGO risque de s'entendre dire sur tous les tons : Olé ! Olé ! Holà ! sous l'effet de critiques parfaitement justifiées.

vendredi 4 juillet 2008

Ingrid et Ségolène ; lettre ouverte à madame Royale

Madame,

Vous avez commis une mauvaise action contre votre pays, en prétendant que la France n'était pour rien dans la libération d'Ingrid BETANCOURT. Même vos amis politiques, Jack LANG en tête, dénonce votre inélégance et votre mesquinerie. Non seulement vous êtes politiquement incompétente, quand bien même vous êtes fort intelligente, mais vous êtes tellement imbue de votre personne, tellement certaine que vous êtes la meilleure, que je vous soupçonne de projeter, bien à tort, l'image que vous avez de vous-même dans celle que vous tentez de donner du Président de la République. Il n'a rien revendiqué pour lui dans cette affaire. Ses proches ont rappelé les efforts considérables qu'il a appliqués à la délivrance de notre compatriote. Et cela vous ne pouvez le contester. Ce n'est pas sur la Grande Muraille de Chine où vous déambulâtes naguère avec bravitude que ce genre de situation se dénoue, ni dans les bureaux de la rue de Solférino. Il y faut de la ténacité, de l'audace, de la discrétion et une certaine humilité. Votre rival, monsieur DELANOE, a fait preuve non seulement de plus d'intelligence politique que vous, mais d'un jugement plus juste et plus nuancé. Je souhaite ardemment qu'il soit désigné.
En effet, vous ne méritez pas, madame, d'être choisie par les militants socialistes comme Premier Secrétaire de votre parti. On peut espérer qu'au soir de votre échec au Congrès de Reims, il se trouvera quelques militants pour vous accompagner à votre hôtel et vous épargner les agressions potentielles de toutes sortes, comme vous l'aviez suggéré, si sottement, qu'on le fasse pour les policiers féminins, lors de votre débat avec monsieur SARKOZY. Fasse le ciel que jamais vous ne soyez en posture de responsabilité. Vos perspectives sont trop partisanes, trop étroit votre jugement. Martine AUBRY a plus de coffre et de courage que vous, quand bien même elle serait trop idéologue.
Vous avez commis une mauvaise action contre votre patrie. C'est assez grave pour mériter une sanction de vos pairs et de vos soutiens. Et en plus, vous avez le culot de reprocher à l'UMP je ne sais quelle personnalisation du débat. Pour les egos surdimensionnés comme l'est le vôtre, la chose est piquante. Reportez-vous aux déclarations de madame BETANCOURT qui dit avoir dû son salut à LA FRANCE. Et tenez-en vous là. On en vous en demande pas davantage.
Veuillez agréer, madame, l'expression de mes hommages.
Philippe POINDRON

Huile frelatée

Reçu d'un correspondant et ami de Strasbourg le message ci-dessous (j'en ai volontairement coupé quelques lignes ; j'expliquerai pourquoi). Je ne suis pas un fanatique du Canard Enchaîné, mais là, il fait oeuvre de salubrité publique. Faites savoir ce qui suit, et boycottez les marques qui ont osé s'associer à cette ignominie.
"Encore une escroquerie qui reste sur l'estomac...

Le Canard Enchaîné en a parlé 3 fois mais sans écho dans la presse française. Les informations suivantes ont fait l'objet d'une vérification attentive ! Lesieur, Amora, Fruit d'or, Saupiquet, et tous les empoisonneurs cyniques... !? Regardons-y à deux fois avant d'acheter !!! Rappelons brièvement les faits :
- La société Saipol, propriétaire de la marque Lesieur, et grossiste en huile, a acheté à vil prix un lot de 40 000 tonnes d'huile de tournesol ukrainienne.
- Exerçant son métier, cette société a revendu avec profit cette huile à d'autres multinationales de l'agroalimentaire.
- Un contrôle a mis en évidence la présence frauduleuse dans ce lot d'huile minérale destinée à la lubrification des moteurs.
- Même s'il n'est pas établi que ce mélange peu ragoûtant soit méchamment toxique, eussions-nous eu affaire à des gens responsables que ce lot eût immédiatement rejoint la seule destination qui lui seyait : la poubelle.
- Que croyez-vous qu'il arriva ? Ces empoisonneurs dont l'avidité autant que la veulerie sont sans limite, ont néanmoins décidé d'utiliser sciemment cette huile pour composer leurs produits [...].
- Le pire, c'est qu'ils ont eu l'accord des autorités (françaises et européennes) qui ont décrété que tant que les produits n'en contenaient pas plus de 10%, personne ne devait tomber trop malade.
- Ils ont 40 000 tonnes à écouler, un peu plus de 5000 pour la seule France. Cela fait environ 100 grammes [...] par habitant à faire ingurgiter !
- La Grèce, dont les autorités semblent moins irresponsables que les nôtres, vient de réagir et d'interdire l'utilisation de tous les lots depuis le 1er janvier. Mais chez nous, dans nos hypermarchés, il y a donc en ce moment des produits contaminés à l'huile de moteur !
Le Canard Enchaîné a révélé l'affaire il y a 2 semaines, avec des reprises le jour même dans la presse nationale. Puis plus rien [...]. Le Canard publie une liste de marques et des types de produits concernés. Aucune réaction cette fois. Enfin, le 28 mai 2008, le Canard publie des notes internes de l'ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires), qui montrent l'envers du décor, comment les industriels vivent la crise, en [...] priant que l'information ne soit pas reprise et que le temps efface rapidement cette histoire.
Il a été décidé hier en réunion de crise à l'ANIA de ne pas répondre au Canard enchaîné formellement. Un projet de communiqué de presse, préparé la semaine dernière, a été réactualisé. Le communiqué de presse ne sera pas diffusé. Nous attendons la prochaine parution du Canard Enchaîné et les éventuelles reprises par la presse pour réagir. Par rapport à l'article de mercredi dernier, cette nouvelle parution n'apporte pas d'éléments clés supplémentaires et n'est pas à la une du journal. En revanche, de nombreuses marques sont citées, ainsi qu'une liste de nombreux produits incorporant de l'huile de tournesol, ce qui n'était pas le cas la semaine dernière, mais que l'on craignait.
Ces gens-là sont capables d'importer n'importe quelle denrée alimentaire de l'autre bout du monde, dans le seul but de gagner de l'argent. Ils n'ont plus la moindre emprise sur la ' traçabilité ' des produits qu'ils achètent ainsi, qui peuvent être trafiqués, bourrés de pesticides ou de n'importe quelle autre [poison]. Et qu'ils ne viennent pas prétendre le contraire, puisque cette sombre affaire en fournit une preuve éclatante. D'ailleurs un produit importé au prix le plus bas est une quasi certitude de mauvaise qualité doublée d'exploitation des humains qui ont servi à le produire, triplée d'une pression sur l'emploi et le salaire des salariés français.
Ce sont les mêmes qui vendent leurs produits au prix fort en geignant sur la hausse des matières premières, et nous gavent de publicités ineptes avec enfants blonds et mamans épanouies qui éprouvent un plaisir intense à bouffer leurs [mot censuré !] suremballées dans d'affriolants plastiques aux couleurs vives. Il faut lutter contre ces pratiques !
Il faut lutter contre ces salopards ! Et il faut rappeler à Monsieur Delanoë que c'est ça, le libéralisme ! [Voir mon commentaire sur cette remarque incongrue et tout simplement inepte]
Comme on l'a vu, leur plus grande trouille est que le nom des marques s'ébruite, ce qui pourrait occasionner une baisse de leurs ventes et de leurs sacro-saints profits, qui les aveuglent à un point tel qu'ils sont capables pour cela d'empoisonner leurs clients sans remords.
Alors dénonçons-les, ces sinistres pleutres ! Et vous, [...] lecteurs, relayez l'information ! Selon vos moyens, parlez-en autour de vous, dans vos blogs, dans vos journaux, et surtout, CITEZ LES MARQUES [...] !
Les marques concernées, à boycotter d'urgence et durablement, sont les suivantes :
LESIEUR, bien évidemment, puisque leur avidité est à l'origine du problème et toutes les marques du groupe :
Fruit d'or
Epi d'or
Frial
Isio 4
Oli
Carapelli
Saupiquet
Toutes les marques du groupe Unilever, par exemple :
Amora
Planta Fin
Maille
Knorr
Magnum
Miko
Les produits les plus susceptibles de contenir de l'huile empoisonnée sont les suivants : mayonnaise, tarama, sauce béarnaise, chips, vinaigrette allégée, surimi, céleri rémoulade, soupe de poisson en conserve, poisson pané, paupiettes de veau, thon et sardines à l'huile, pâtes à tartiner chocolatées, gaufrettes à la confiture, barres céréalières et sucrées pour les enfants, cookies.
Merci d'avance, et faites tourner !"
J'ai supprimé quelques mots malsonnants et malséants, qui n'ajoutaient rien à la dénonciation, mais au contraire en affaiblissaient la portée.
Je ne crois pas qu'il faille imputer au libéralisme cette sinistre affaire. Des histoires analogues surviennent de manière quasi quotidienne en Chine, tenue d'une main de fer par le Parti Communiste Chinois. Il faut l'imputer à l'avidité d'une nature humaine coupée de toute préoccupation morale, spirituelle ou religieuse, à un monde politique préoccupé exclusivement d'économie, à un culture dominante à l'anthropologie mortifère. Des avides, hélas, il y en a partout. Nous ne sommes pas obligé de les encenser. Résolument, donc, boycottons ces marques et faisons savoir aux autorités sanitaires et politiques ainsi qu'aux dirigeants de ces compagnies notre manière de voir. Trop, c'est trop ! Il ne faudrait pas nous prendre pour des imbéciles.
Pour une fois, je reprendrai les termes d'un excessif, un tantinet trop médiatique, monsieur BOVE : NON A LA MALBOUFFE !

Ingrid toujours

Je ne sais pas si vous avez écouté hier soir l'interview d'Ingrid BETANCOURT par Patrick POIVRE d'ARVOR. J'ai relevé deux ou trois réponses qui me semblent dignes d'intérêt, ainsi que deux ou trois réponses ou scènes entendues ou vues au cours du dossier spécial consacré à cette bonne et grande nouvelle de la libération de notre compatriote.
PPDA : Qui remercieriez-vous en premier ?
Ingrid : Dieu et la Vierge.
(Stupéfaction non feinte de PPDA qui attendait le nom d'un homme politique)
PPDA : et ensuite ?
Ingrid : Le Président URIBE.
Ingrid précise que les FARC n'avaient jamais eu l'intention de la libérer et que seule l'option militaire avait des chances (très minces) de réussir. Elle précise que sa libération relève du miracle, et est intervenue à la suite d'événements tous plus improbables les uns que les autres, et que c'est là qu'elle voit la main de Dieu.
Quand on lui parle de ses geôliers, elle indique que ce qui l'avait le plus frappée était la soumission inconditionnelle de ces hommes aux ordres de leurs chefs. Si on leur demandait d'être aimables ou, disons, coulants, ils l'étaient ; mais si des ordres nouveaux indiquaient qu'il fallait être sévère, dur, avec les otages, le changement d'attitude était instantané et les gardiens pouvaient être alors d'une extrême cruauté (ce sont ses mots). Ces hommes étaient (toujours ses mots) des automates. Ils l'on humiliée, traitée de manière inhumaine, sans le moindre état d'âme. Et Ingrid d'ajouter que sa stupéfaction avait été immense quand elle avait vu dans l'hélicoptère l'un de ses gardiens, un homme d'une rare cruauté, menotté, allongé par terre, et réduit à l'impuissance.
Sans doute aurez-vous remarqué qu'Ingrid avait un chapelet à la main quand elle est descendue de l'avion qui l'amenait à BOGOTA. Vous avez constaté qu'elle n'a jamais eu un mot de vengeance pour ses bourreaux. Vous avez vu aussi que l'un des otages libérés avait une croix au cou. Nous étions loin des gesticulations politiques françaises (la palme de la bêtise revenant aux responsables socialistes déclarant que monsieur SARKOZY - qui ne revendiquait goutte - n'était pour rien dans la libération d'Ingrid, pendant que monsieur DELANOE organisait, sur la Place de l'hôtel de ville, une manifestation (assez digne et assez juste, je tiens à le dire, mais peut-être avec des arrière-pensées) pour célébrer cette libération.
Et vous voudriez que l'on ait la moindre compréhension, la moindre indulgence pour un système de pensée qui réduit les hommes à des automates, à des êtres sans coeur et cruels ? Je ne doute pas un seul instant que ces rebelles étaient sincères et pensaient accomplir une oeuvre historique et bonne. C'est bien là le drame, et c'est là l'oeuvre spirituelle du marxisme : ôter à l'homme ce qu'il a d'humain pour lui faire accomplir une tâche proclamée historique et qui n'est qu'une utopie sanglante, sans issue, et vaincue d'avance.
Si, pour aboutir au juste partage des richesses de la terre entre tous les hommes, il faut en passer par ces massacres ou ces crimes, il n'est pas étonnant que les riches s'accrochent à leurs richesses : ils s'accrochent à leur vie. Je crois possible une autre voie. C'est elle qui a permis à Ingrid BETANCOURT de sortir l'âme indemne de toute haine, avec une rare noblesse de coeur.
Nous saluons en vous, madame, une très grande dame, qui fait honneur à l'humanité, et montre que celle-ci est digne d'être extraite du gouffre dans lequel le manichéisme politique, économique, moral et spirituel prétend la maintenir.

jeudi 3 juillet 2008

L'essence du marxisme

Nous vivons au siècle de l'information, rapide, et espérons-le, complète : une performance sportive dans les États scandinaves, le moindre pronunciamento dans une république Amérique du Sud, un caprice (réel ou supposé) d'une vedette d'Hollywood, trouvent dans nos journaux une place importante, et, qui plus est, dans nos imaginations, une attention préparée, une oreille complaisante, une longue trace. Mais, dans un quart du monde, sévit la persécution non la plus sanglante de l'histoire, mais la plus savante, la plus élaborée, la plus soucieuse d'efficacité, de méthode, de réussite définitive, et cette action permanente, ce phénomène durable, qui, peut-être, en saisissant l'âme de ce quart du monde, fera pencher la balance du monde entier, NE TROUVE DANS NOS ESPRITS QU'UNE ATTENTION DISTRAITE, UN INTÉRÊT POLI ET SUPERFICIEL.
Ainsi parle Jean de FABREGUES dans la Préface du livre du Père Jean MONSTERLEET, s.j. Les martyrs de Chine parlent... Amiot Dumont, Paris, 1953. (Jean MONSTERLEET fut professeur pendant 14 ans à l'Université TSINKOU de TIENTSIN, et tout au long de son récit, on voit s'égrener la liste des évêques, des prêtres, des religieux, des laïcs, arrêtés, torturés, expulsés, fusillés ou tués, exilés, au seul motif qu'ils étaient les disciples du Christ.) Le Préfacier poursuit quelques pages plus loin :
La première condition de notre participation [à la peine des martyrs], c'est de comprendre, de savoir, de voir. Comprendre ce que signifient l'action marxiste, la pénétration marxiste ; comment elles opèrent ; voir leur signification profonde. Le drame spirituel chinois crie d'abord VERS NOTRE OREILLE HUMAINE POUR QUE NOUS COMPRENIONS CE QU'EST L'ACTION SPIRITUELLE DU COMMUNISME.
On n'en finirait pas de citer les évêques et prêtres martyrs dont parle le Père MONSTERLEET. Elle commence avec Mgr FORD, emprisonné et mort à 60 ans le 21 février 1952. Pour ne pas oublier son nom, il se pinçait les poignets en répétant : Mon nom est Francis Xavier FORD, car ces ignobles traitaient leurs prisonniers exactement comme les nazis le faisaient des déportés. Mgr Cyrille JARRE, archevêque de TSINAN, est mort, en prison, en février 1953. Persécuté jusqu'à sa dernière heure qu'il avait vu venir dans la paix, il répondit à ses bourreaux Je vous répondrai dans la tombe. Emprisonnés et perdus de vue ou expulsés , Mgr Joseph TCHEOU TCHI-CHEU, archevêque de NANCHANG, Mgr VALENTIN, évêque de KANGTING, Mgr BOISGUERIN, évêque d'IPIN. Martyrisés les Pères Bède TSANG, Mathieu SOU, Pierre SUEN, Joseph SENG, Michel TCHANG, Vincent CHEU, Leonidas BRUNS, etc. La liste hélas est interminable, et les noms s'en écoulent comme les gouttes du sang qui tombaient de la tête du crucifié
J'ai de bonnes raisons de faire aujourd'hui même un deuxième billet sur ce sujet, après celui que j'ai consacré ce matin à la libération d'Ingrid BETANCOURT. L'essence du marxisme et du communisme est tout entière résumée dans ces cortèges d'horreurs qu'ont fait défiler sous nos yeux incrédules les LENINE, STALINE, POL POT, MAO, Che GUEVARRA, CASTRO, MARULANDA, HOJDA, CEAUCESCU, HONECKER, etc : la fin justifie les moyens, on ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs (dixit monsieur BESANCENOT), nos idées sont justes et elles valent contre tous les faits, l'homme n'est qu'un atome dans l'univers du grand engrenage social, la personne et l'individu sont des notions bourgeoises, je règne parce que je suis le plus fort, etc. Voilà des années que nous voyons sans voir, entendons sans entendre, et continuons nos trafic avec des régimes qui se moquent de nous et de leurs concitoyens. Il s'est trouvé des SARTRE, des SOLLERS, des BARTHE et bien d'autres pour canoniser MAO. Beaucoup sont morts. Monsieur SOLLERS nous abreuvent encore de quelques écrits ; je ne l'ai point entendu - mais je me trompe peut-être - défendre la cause d'Ingrid BETANCOURT et des autres otages. Il est peut-être aphone ; ou bien quelques maladies neuro-musculaires affectent-elles sa motricité plumitivo-digitale ?
L'essence du marxisme est la violence mise tout entière au service d'idées fausses. Le contraire de la violence - se plaît à rappeler Pierre KARLI, spécialiste mondial de l'agressivité, et qui a emprunté l'aphorisme, en le modifiant légèrement, à un auteur dont j'ai oublié le nom - ce n'est pas la douceur, c'est la pensée. Retenez-bien cela, chers et trop rares lecteurs ! C'est la pensée (et non les idées...)

Ingrid est libre !

Que n'a-t-on pas dit du Président URIBE, rendu responsable (c'est un comble !) de la non-libération d'Ingrid BETANCOURT en raison de son intransigeance et de son refus de négocier avec les FARC ? Mais ce que l'inénarrable monsieur CHAVEZ, les autres Présidents sud-américains de gôôôôche, tout acquis à la cause de ce mouvement, par sympathie idéologique et intérêt politique, n'ont pu obtenir, monsieur URIBE l'a obtenu par la patience, l'habileté et l'audace, et sans qu'une goutte de sang soit versée pendant l'opération héliportée qui a permis de libérer une quinzaine d'otages.
Ces messieurs prétendaient négocier avec des hommes qui semblent n'avoir eu aucun coeur, ont eu tort ; ils ne pouvaient arriver à leurs fins pour des raisons très simples : ils avaient adopté le point de vue de leurs interlocuteurs, leur témoignaient de la sympathie, de la compréhension même ; il n'y avait donc aucune raison que les preneurs d'otages ne surenchérissent pas. Pour trouver une issue à cette épouvantable drame, il fallait d'abord PENSER, et partir des faits : une femme, qui n'avait aucune responsabilité dans l'instauration d'un système honni, à tort ou à raison, par messieurs MARULANDA, REYES et autres chefs des FARC, une femme sans défense, est privée de sa liberté, et gardée prisonnières dans des conditions infiniment plus épouvantables que celles des hommes et des femmes dont les rebelles prétendaient défendre les droits : c'est tout simplement, humainement, insupportable et intolérable. Négocier, c'est reconnaître la légitimité d'une lutte, en réalité sans objets RÉELS. C'était là le but viser par ces furieux. C'est là ce qui est inadmissible. Monsieur URIBE a analysé en des termes moralement justes la situation. Il en a tiré les conséquences. Et pour la gloire de la vérité, il fallait mieux qu'il en fût ainsi. Notre admiration et notre soutien sont acquis à Ingrid et à ses compagnons de misère. Mais notre gratitude doit aller d'abord à un homme de caractère et de conviction dont il existe peu d'exemples dans le monde politique. Aucun CHAVEZ du monde ne vaudra monsieur URIBE.

mardi 1 juillet 2008

Emeutes en Chine

Peut-être vous souvenez-vous d'un récent billet dans lequel je vous parlais du livre de CAI CHONGGUO, un dissident chinois réfugié en France depuis dix ans. Il parlait des émeutes qui secouent périodiquement le pays (60.000 par an !). Les médias n'en soufflaient mots, tout simplement parce qu'ils n'en savaient rien. L'avènement de l'informatique et du net a radicalement changé le paysage, comme l'indiquent les événements de WENGAN, dans la Province du GUIZHOU (KOUEITCHEOU pour ceux qui préfèrent la transcription de l'EFEO). On y apprend que des milliers de citoyens chinois ont fait le siège d'un commissariat tenue par une police corrompue qui avait conclu au suicide d'une adolescente 16 ans dont le corps avait été retrouvé dans la rivière traversant la ville. Il n'en était rien. Elle avait été violée par le fils d'un haut responsable du parti dans le canton de WENGAN. L'émeute a éclaté quand l'oncle de la jeune fille a été protester auprès de la police, a été passé à tabac par les policiers et y a laissé sa vie. Il était enseignant dans un établissement de la ville. Et ce sont ses élèves qui ont déclenché la réaction vigoureuse de la foule, car ils ont à leur tour protesté contre la mort de leur professeur, et ont été molestés ce qui a déclenché une réaction encore plus vigoureuse des villageois. Il faut s'attendre à la multiplication de ces incidents. Notre gros bon sens d'occidentaux repus et avides de biens matériels nous fait considérer la Chine comme un juteux marché. Comme si les hommes et leur coeur étaient différents en Chine des hommes et du coeur d'un occidental. Qui d'entre nous accepterait une telle injustice ? Et ces injustices, là-bas, sont innombrables, et ne sont pas plus tolérées par les citoyens et le peuple qu'elles ne le sont chez nous. Car elles ne sont pas tolérables.
Je ne voudrais pas jouer les Cassandre. Mais il faut s'attendre à une multiplication de ces incidents, et ceci d'autant plus que la crise économique mondiale n'épargne pas la Chine, quand bien même elle en épargne les notables, les grossiums et les importants du régime. Quand un régime politique est faux, quand il ignore la nature profonde de l'homme, quand il nie la vie, il est condamné à périr. Et, je prends les paris, c'est ce qui arrivera à la Chine avant dix ans.