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samedi 11 août 2018

Samedi 11 août 2018. Nouvelles du pari bénédictin : Jupiter et le petit prince !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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LE CRIME INEXPIABLE.
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"Je pars du principe qu’il n’y a qu’un crime inexpiable et un seul : approuver les conditions d’existence contemporaines, le contemporain en soi, se réconcilier avec lui, se le concilier. Ou encore l’ignorer, s’en détourner au profit d’une chaste méditation sur la littérature éternelle. Mais pour penser cela, je n’ai malheureusement jamais eu besoin de me maintenir, comme vous dites, en état de désaccord, ce qui supposerait un effort de ma part pour me retrouver tout à coup en « position critique ». Ces choses-là se font beaucoup plus simplement, jour après jour, et pour ainsi dire d’elles-mêmes. Il me suffit de prendre connaissance de ce qui se dit, se fait, se vit et s’écrit quotidiennement pour que le grotesque, la sottise ou la malfaisance m’en saute aux yeux. Après quoi, bien entendu, il faut faire ressortir tout ce grotesque et cette malfaisance que personne ne semble voir. C’est un travail entièrement esthétique. […]."
In
Philippe MURAY.
Moderne contre moderne. Exorcismes spirituels IV. Essais. Quatrième tirage.
Chapitre C’est le sans-précédent qu’il faut écrire (Page 308).
Les Belles Lettres, Paris, 2010 (pour la présente édition).
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CONTREPOINT DU PETIT PRINCE : IL EXPLIQUE TOUT.
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"Bonjour, dit le petit prince.
— Bonjour, dit le marchand.
C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisaient la soif. On en avalait une par semaine et l’on n’éprouvait plus le besoin de boire.
— Pourquoi vends-tu ça ? dit le petit prince.
— C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Les experts ont fait des calculs. On épargne cinquante-trois minutes par semaine.
— Et que fait-on de ces cinquante-trois minutes ?
— On en fait ce qu’on veut.
Moi, dit le petit prince, si j’avais cinquante-trois minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine. […]."
In
Antoine de SAINT-EXUPÉRY.
Le petit prince. (Très célèbre passage ; nombreuses éditions de ce chef d’œuvre.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Relever le grotesque ? Par exemple, le saut puéril de cabri de monsieur MACRON saluant la victoire de l’équipe de France au championnat du monde de football. Par exemple, la photo de Jupiter, trônant sur un fauteuil le soir de la Nuit de la musique, entouré qu’un quarteron de gays en bas résille. Par exemple, les sorties de la furieuse Marlène SCHIAPPA : on en finirait pas de les citer, tant la liste en est longue.
Relever les sottises ? Par exemple faire payer aux entreprises les 8 premiers jours d’arrêt maladie de leurs employés pour compenser les "largesses" annoncées de la Sécu, c’est-à-dire reprendre d’une main, ce que l’on a donné de l’autre. Par exemple, imposer 11 vaccins à tous les enfants, alors que l’utilité de plusieurs d’entre eux est discutables (je vous rappelle que j’ai enseigné la virologie pendant près de 40 ans). Par exemple, l’usage de l’écriture inclusive, ou du ridicule féminin : une auteure, une professeure, etc.
Relever la malfaisance ? La totalité des lois sociétales introduites par Normal Ier alias François HOLLANDE. L’ineptie et l’inefficacité des mesures prises pour canaliser, juguler ou prendre en charge l’immigration clandestine. Par exemple, le bombardement unilatéral par La France et ses « alliés » de positions syriennes pour des motifs qui se sont révélés totalement faux.
Et puis vient le petit prince, sa fraîcheur et ses yeux grands ouverts sur le réel. Il ne s’agit pas de bisounourserie, mais d’une conception respectueuse de la vie humaine, de la nature, et du temps.
Le parieur bénédictin vit dans le présent. Il ne s'extrait pas de la condition contemporaine. Il en dénonce les méfaits mais ne s'exonère pas de sa responsabilité.
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LIENS TRES, TRES UTILES.
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La dictature en marche.


La partition en cours.


Publicité pour un homonyme, sans doute un parent éloigné.


Il n’est pire sourd…


Bienvenue, frères très aimés !


Les crétins continuent de sévir : belle illustration de leur malfaisance.


Le grand absent, à Grenoble, comme à Amiens.


C’est en Espagne, pas en France hélas !


Afghan contre Africain


lundi 18 janvier 2016

18 janvier 2016. Nouvelles de la Résistance. Saint-Ex répond aux antifas de salon !

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Il y a des fois où l'ignorance nous empêche de devenir vrai, 

comme en témoigne la citation du jour.

Mes amis, je vous demande de lire de bout en bout ce billet.
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1. La citation du jour.
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A tous les antifascistes de salon dont la langue est plus prompte à condamner que ne l’est leur bras à défendre leur patrie.

"Vous vous réclamez, certes, de la lutte pour la liberté. Mais je vous refuse absolument ce droit. Vous êtes l'homme le plus intolérant que je connaisse. Cela ne me gêne pas, car je n'ai pas à vous juger. Votre intolérance peut avoir sa grandeur. Il reste qu'André Breton défenseur de la liberté est un paradoxe. Vous êtes exclusivement défenseur de la liberté d'André Breton. Vous êtes l'homme des excommunications, des exclusives, des orthodoxies absolues, des procès de tendance, des jugements définitifs portés sur l'homme à l'occasion d'une phrase de hasard, d'un pas, d'un geste. Si vous n'êtes pas l'homme des Bastilles, c'est faute de pouvoir. Mais dans la mesure où votre faible pouvoir peut s'exercer, vous êtes l'homme des camps de concentration spirituels. Votre châtiment ne dispose comme arme que du manifeste, mais vous en usez contre quiconque ne pense pas absolument comme vous. Il est exact que vous ayez pris position. Vous avez pris position, résolument, pour André Breton. Ici encore vos feuilles roses sont étonnantes. On croirait revivre les audiences de la Très Sainte Inquisition. Vous êtes étonnamment à l'aise dans l'atroce tactique des interrogatoires. Vous jouez avec une joie sourde de l'étonnant matériel verbal des conseils de guerre. Souvenez-vous du malheureux de vos amis qui laissa un jour tomber trois mots absolument quelconques sur Chiappe Quelle séance solennelle vous avez ouverte à ce propos! Que vos greffiers ont bien dressé leur compte rendu! Que vos policiers ont bien abruti ce malheureux Votre assemblée de tortionnaires, heureusement pour lui sans pouvoir réel, l'a décortiqué jusqu'à la racine. La Très Sainte Inquisition ne connaissait pas la psychanalyse. Cette ignorance la faisait plus timide que vous, plus respectueuse des énoncés d'un homme. Cette arme-là ne chôme pas entre vos mains. Elle vous permet, si l'homme répond « oui », de lui démontrer qu'il a dit « non ». Il est plus admirable encore que vous ayez réinventé le sacrilège! L'homme a prononcé « ces mots-là »! Ces mots-là « en soi » sont un crime. J'imagine qu'au xme siècle la malheureuse qui, ayant trop bu, avait osé dire « Vive le Diable » avait bien du mal à se justifier devant ses juges. Mais quiconque, dans l'entourage d'André Breton, a pu faire une timide réserve sur le diable doit renoncer à tout espoir. Cela est absolument cohérent avec l'anarchie. Chaque individu représente un Dieu et un Juge. J'ai vécu un mois parmi eux en reportage à Barcelone. Ils se fusillaient chaque jour entre eux au nom d'une liberté qui n'était pour chacun que la liberté de soi-même. La liberté du voisin niant la sienne, chacun était en droit d'assassiner son voisin, religieusement, au nom même de la liberté."
In
Antoine de SAINT-EXUPÉRY.
Lettre à André BRETON.
Cahiers Saint-Exupéry 3.
Gallimard, Paris, 1989.
(On peut se procurer la totalité de cette lettre sur Internet.)
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2. Commentaires.
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André BRETON, un imbécile bernanosien des plus avérés et des plus typiques vient, en 1941, de vouer SAINT-EXUPERY aux gémonies du fascisme, parce que PETAIN, sans consulter l’aviateur ni solliciter son agrément, l’a nommé membre du Conseil de Gouvernement. SAINT-EXUPERY dit expressément qu’il n’aurait jamais accepté s’il avait été consulté et affirme avec force qu’il n’est pas un homme politique ; il répond avec une vigueur pleine de noblesse à ce planqué new-yorkais d'André BRETON (resté aux Amériques de 1941 au printemps 1946). Antoine de SAINT-EXUPERY, lui, est également à NEW-YORK, dès après l’armistice et essaye de faire rentrer en guerre les États-Unis. Puis en 1943, il part en TUNISIE où il est admis par l’armée dans l’aviation. Mais sa santé est assez fragile. Le 31 juillet 1944 (j'ai de bonnes raisons de ne jamais oublier cette date), il est abattu dans son avions, un P-38 Lightning aux larges des côtes de Provence. Il était parti de CORSE. On a retrouvé les restes de son avion et sa gourmette en mer Méditerranée.
Ces renseignements, puisés à diverses sources, me paraissent utiles pour dénoncer les censeurs bretonisants qui ne cessent d’insulter, de traîner dans la boue médiatique, de déconsidérer, voire de chasser des antennes publiques, des penseurs ou des philosophes qui n’ont pas l’heur de plaire aux Princes. On peut au moins citer quelques noms : Eric ZEMMOUR, Michel ONFRAY, Alain FINKIELKTAUT, Philippe de VILLIERS, et j’en oublie, sont les SAINT-EXUPERY des Audrey PULVAR, Laurent JOFFRIN et autres journalistes. Le cul bien calé dans leurs fauteuils, ils désignent d’un doigt dégoûtés ceux des Français qui ont le malheur de penser que le FN est la solution aux problèmes quotidiens qu’ils rencontrent au contact de populations non intégrées, souvent, mais pas obligatoirement, de confession musulmane, et qui ne cessent de les insulter. [J’insiste ici qu’il s’agit d’une frange de cette population ; celle qui ne fait pas de bruit, travaille et aime la France, n’est pas en cause ici. Je l’ai dit souvent, et je le répète.]
Comble de déni de la réalité, Monsieur CAZENEUVE, se permet d’affirmer à 1000 kilomètres, ou presque des villes allemandes ou se sont produites les agressions sexuelles par des migrants, qu’il n’y a pas eu de viols. Il sait mieux que les femmes agressées ce qui s’est passé. Telle une madame IRMA de la police, il devine, il voit, il sait, il affirme. Peut-être serait-il juste de lui demander s’il a rencontré ces femmes. Il n’en a cure. Tous ceux qui accusent sont des fascistes, des xénophobes en puissance ou en actes. Sur cette affaire, monsieur CAZENEUVE est l’André BRETON des ministres de l’Intérieur (même si, je dois le dire, je l’ai trouvé assez souvent bon et maître de lui dans ses interventions consécutives aux divers attentats ; je préfère, figurez-vous, la nuance aux accusations gratuites).
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3. Informations diverses.
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Violences sexuelles en Allemagne : malheureusement, ce n'est pas l'extrême droite ! (via le Salon beige.)

"Débat surréaliste sur Arte à propos des violences sexuelles commises par des immigrés et réfugiés musulmans en Allemagne (à partir de 19'). Belle illustration du déni de la réalité pratiquée par cette caste journalistique horrifiée à l'idée de devoir révéler la réalité. Le summum à 21'50'' :
 "Le rêve ce serait que ce soit l’extrême-droite qui ait fait des violences contre des femmes. Le rêve serait que ce soient des fachos. Et malheureusement ce n'est pas ça!". "

Voici le lien de cette émission d’Arte : https://youtu.be/05gI0B1IPWU
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D’Henri HUDE, un extrait d’article publié sur le site des Nouvelles de France, relatif à la Chine.

"[...] L’Occident a pensé que le passage au capitalisme à partir du président Deng s’accompagnerait d’une évolution des mentalités dans le sens d’une occidentalisation et du libéralisme. C’est relativement vrai pour ce qui est de l’occidentalisation du mode de vie. C’est faux pour ce qui est du libéralisme. Ce qui émerge au contraire de l’occidentalisation, c’est le nationalisme, qui est un trait caractéristique et quasi unanime de la Chine contemporaine.
Ceci était prévisible, puisque c’est ce qui s’est produit en Europe avec la modernisation dans les siècles derniers. C’est aussi ce qui s’est passé au Japon entre les deux guerres mondiales, où le nationalisme et le militarisme l’ont emporté sur le début de démocratie libérale, notamment quand la crise mondiale a stoppé la croissance japonaise. En Chine, les mentalités encore très terriennes et conservatrices d’un peuple solidaire et traditionnel, malgré la rudesse de la révolution communiste, ne vont pas se dissoudre dans l’individualisme libéral, sans passer durant au moins une génération et probablement deux par l’étape du nationalisme.
De plus, les peuples les plus libéraux sont aussi ceux qui ont les institutions les plus aristocratiques. La Chine, Etat plurimillénaire, gouverné depuis toujours par une élite de hauts fonctionnaires, conservera probablement sa structure étatique. Comme la France, sa vision nationale restera incarnée par une élite plus ou moins éclairée s’appuyant sur la puissance de l’Etat. [...]"

Je voudrais ajouter ici mon grain de sel. Je n’ai jamais fait mystère de la fascination qu’exerce sur moi la Chine, ce grand pays, à la culture, aux écrivains, aux artistes géniaux. C’est pourquoi je suis de très près tout ce qui concerne l’Empire du milieu. Je voulais attirer l’attention sur un fait passé pratiquement inaperçu des médias. Le Président Bachar EL-ASSAD a fait appel aux Chinois pour l’aider à se débarrasser des rebelles et autres DAESH. La Chine n’a pas encore, officiellement, répondu à cet appel. Mais elle compte une très importante minorité musulmane au TURKESTAN chinois, les Ouïgours, dont on sait pertinemment qu’ils sont travaillés profondément par les écrits, les proclamations et les envoyés de l’État islamique ; et les dirigeants Chinois (qui ne sont pas tendres avec les Ouïgours) ne laisseront certainement pas se développer une dissidence violente dans cette région. Je fais donc la prédiction que la Chine interviendra au Proche- et au Moyen-Orient, quand ses responsables auront pris la mesure du danger qui menace la stabilité de leur pays, et ce pourrait bien être après un attentat spectaculaire.
N’oublions jamais que les Chinois ont une mémoire multiséculaire, comme du reste les peuples arabes, et qu’ils sont à prendre une revanche sur ces derniers, celle de la défaite de la rivière de TALAS, au KIRGHISTAN (près de la frontière du KAZAKSTAN) en juillet 751 où les troupes abassides les ont écrasés.

samedi 9 avril 2011

Liés et non juxtaposés

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Dans Pilote de guerre, Antoine de SAINT-EXUPERY raconte l'expérience transformante qu'il fit au début de la seconde guerre mondiale et qui lui permit, dit-il, de "déchirer l'écorce" (je cite de mémoire). Elle devait bouleverser la vie de ce grand écrivain, trop tôt disparu - son avion a été abattu le 31 juillet 1944 ; j'ai de bonnes raisons de me souvenir de la date - qui dès lors conçut la vie et l'homme d'une manière toute différente.


Il écrit ceci qui me semble devoir être médité par tous les hommes politiques et par tous ceux que la vie a placé en position de responsabilité.


"On ne peut être frère qu'en quelque chose ; s'il n'est point de noeud qui les unisse, les hommes sont juxtaposés et non liés."


Depuis l'ouverture de ce ce Blog, je n'ai cessé de rappeler que l'homme est un sujet social, qu'il est une personne en relation avec autrui. Je n'ai cessé de pourfendre le concept idiot et abstrait de solidarité (au moins dans le sens que lui donnent les médias et les responsables politiques) quand il se fonde en effet sur la seule contrainte du partage imposé et j'ai proposé qu'on lui substitue celui de générosité (alors que j'eusse préféré le beau mot de charité, entendu non point au sens caricaturé que lui prête les médias bien-pensants de l'heure, mais à celui que lui donne Paul de TARSE dans sa première épître aux Corinthiens).


Les anticléricaux qui, en France, tiennent le haut du pavé, infiltrent la magistrature, le corps des élus (sénateurs et députés), les grands corps de l'état, les rouages décisionnels des pouvoirs publics, ont réussi ce tour de force : chasser de l'esprit public la foi en un destin commun à tous les hommes de ce monde, le remplacer par l'idéologie du plaisir individuel et de l'hédonisme, du matérialisme le plus plat. Et ils récoltent les mauvais fruits de leur mauvaise action. Si rien ni personne ne vient unir les hommes, alors oui, ils sont juxtaposés et non pas liés. Pourquoi s'intéresser à l'autre ? Pourquoi lui manifester de l'attention par le respect des formes de politesse ? Pourquoi ne pas remplacer la solidarité, entendue au sens fort, cette fois-ci, celui d'un commun destin inscrit dans la nature même de l'homme, par une solidarité de pacotille ? Cette solidarité qui consiste à prendre de force aux uns pour le donner aux autres, alors qu'une prise de conscience collective, murie, ancrée dans une saine anthropologie suffirait à faire jaillir dans l'esprit public l'évidente nécessité du partage. Le lien entre les hommes ne peut être noué que par un homme parfait en son humanité, non pas par une idéologie, mère de tous les corporatismes de parti et de la violence civile.


Celui qui unit les hommes, pour moi, est Jésus ; lui seul est l'homme parfait qui justement prouve sa messianité et sa divinité : il nous établit tous fils d'un même Père, et il ajoute qu'il y a dans la maison de ce dernier "plusieurs demeures". Voilà qui suffit à effacer de la réalité, l'abstraction mortifère et violente d'une identité absolue entre tous les êtres humains, vendue sous le vocable mensonger d'égalité. Qui peut nier l'appartenance commune de tout être humain à l'humanité ? Voilà l'identité du genre (mêmeté). Qui peut nier que les conditions concrètes de vie de chacun d'entre sont différentes ? Où est l'égalité ? Certes, et je l'affirme très haut, il y a des différences qui offensent l'image de Dieu en l'homme ; celles-là, nous devons y remédier, mais pas au prix du reniement de notre propre humanité. Et il y en a d'autres qui sont légitimes, nécessaires mêmes, et qui justement tiennent à l'identité de l'espèce, c'est-à-dire des groupes humains et des personnes (ipséité) .


Ah, il nous faudrait des gens qui pensent à l'homme avant de penser au pouvoir, des gens qui réfléchissent autant sur eux-mêmes que sur autrui, des gens qui aient des réponses concrètes et moralement fondées aux conflits, à la violence qu'elle soit ouverte ou rampante. Car la morale est un art de vivre. Elle donne des solutions unifiantes et apaisantes à la seule question qui vaille : Que dois-je faire pour avoir la vie bonne ? Est-ce trop vous demander messieurs de donner un début de réponse à cette question ? Au lieu de parler de plaisir, parlez-nous de bonheur, du vrai, pas du plaisir que vous drapez dans le manteau emprunté à ce beau mot. Ce n'est pas tout à fait la même chose.