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dimanche 5 janvier 2014

Nouvelles de la Résistance : Descartes sous leur oreiller, ou la liberté de faire le mal pour se sentir libre

Commençons, selon notre habitude par la devise des résistants non-violents mais déterminés :
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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

La lecture de DESCARTES m'ennuie prodigieusement. On nous parle avec lui de philosophe national alors qu'il a vécu une grande partie de sa vie aux Pays-Bas, et qu'il serait préférable de l'appeler philosophe cosmopolite, voire apatride. Je vois en ce penseur l'initiateur de tous les maux dont se trouve accablé l'homme moderne. Cependant, lorsque, au hasard de mes lectures, je trouve une de ses maximes qui me semble digne d'être relevée, je me fais, sinon un plaisir, du moins un devoir de la recopier dans mes notes. Voici, trouvé dans Le jardin imparfait de TODOROV ceci qui paraît inspirer nos gouvernants. DESCARTES dans une lettre écrite le 9 février 1645  confie en effet à son destinataire, le Père MESLAND :

"Il nous est toujours possible de nous retenir de poursuivre un bien clairement connu ou d'admettre une vérité d'évidence, pourvu que nous pensions que c'est un bien d'affirmer par là notre libre arbitre."
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2. Commentaire.

Je me demande si la Cour des Comptes, en vérifiant les Finances de l'Elysée, ne devrait pas s'assurer qu'une commande massive et secrète de la Correspondance de DESCARTES n'a point été faite par le Ministre des Finances. Peut-être une distribution de ladite a-t-elle été opérée nuitamment à chacun des Ministres de ce Gouvernement, avec en prime deux exemplaires somptueusement reliés à l'intention de monsieur HOLLANDE et de madame TRIERWEILER ? Le tout, accompagné d'une recommandation formelle : mettez DESCARTES sous votre oreiller, qu'il vous inspire, vous guide et vous maintienne dans l'illusion de la liberté en vous faisant prendre pour un bien personnel le fait de ne pas céder à l'inclination, naturelle ou réfléchie, pour le Bien. Ils appellent Bien ce qui est mal et Mal ce qui est bien. Ainsi, en représentants passablement mangés au mites (et aux mythes), ils se payent le luxe de nous imposer leurs choix en sachant pertinemment que s'ils sont bons pour eux, ils sont nuisibles pour leurs concitoyens. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Il me paraît en effet impossible qu'un homme raisonnable puisse prendre de son propre chef les mesures qu'impose monsieur HOLLANDE à ses ministres et à sa majorité, sans avoir des raisons qui tiennent à sa structure psychique et à son histoire personnelle : mariage pour des personnes du même sexe, PMA, GPA, euthanasie, divorce à la carte, gender, promotion tous azimuts de l'homosexualité : monsieur HOLLANDE a des problèmes avec le sexe !

Seule la passion effrénée de sa petite personne, son obsession idéologique, son désir de se maintenir au pouvoir en flattant dans ses concitoyens les plus minoritaires tous les désirs nés de leurs passions peuvent expliquer les choix de François HOLLANDE. Il est impossible qu'en conscience il puisse faire litière de traditions millénaires propres à l'ensemble de l'humanité, simplement parce qu'il a mis DESCARTES sous son oreiller. Et pourtant, j'ai bien peur que ce soit le cas. 
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3. Informations sur la résistance.

Jour de colère : une vidéo très intéressante.

En voici le lien : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=UoTuJnJ--6U 

Sentinelles/Veilleurs debout à BORDEAUX, le soir du 31 janvier.



Veilleurs à MARSEILLE le soir du 2 janvier.



dimanche 2 mars 2008

De la tradition à la mode

Quand on s'interroge sur l'histoire de notre pays, notamment sur l'histoire des idées et sur le tournant qu'a marqué l'aurore du XVIIIe siècle, on constate que le grand changement a été le passage de la tradition à la mode, et que le siècle des lumières a vu se développer à l'envi, mais progressivement, ce trait du caractère national : mode vestimentaire (les coiffures féminines appelées du nom d'explorateurs ou de leurs bateaux, les habits des Incroyables et des Merveilleuses, par exemple), mode sociale (la frénétique fréquentation des cafés et des cercles de pensée, la prononciation précieuse des Incroyables qui se refusaient à prononcer les R, par exemple, l'engouement pour les billets de banque et le système de LAW, par exemple), mode intellectuelle (avec l'idolâtrie des Philosophes et le rejet dans les ténèbres extérieures, hors du petit monde de l'establishment culturel, d'excellents écrivains, dont Jacques CAZOTTE est le prototype). La crise avait émergé dans l'espace public avec la Querelle des anciens et des modernes, mais elle couvait depuis DESCARTES et son "Je pense donc je suis". Ce philosophe national est à la fois le père de l'idéalisme, du matérialisme, et de l'institution du Sujet comme auteur et source de sa vie morale. Et son influence s'est d'autant plus aggravée de nos jours que les interprétations de sa pensée se font à l'aune de la dialectique de HEGEL : thèse, antithèse, synthèse. Le cartésianisme a vu son triomphe avec le positivisme, le culte de la science, et l'adoration de tout ce qui est nouveau, considéré comme progrès, au milieu du XIXe siècle.
Le simple bon sens aurait exigé que l'on s'interrogeât sur le statut moral des nouveautés : sont-elles vraiment un progrès ? Notre siècle, en notre pays, ne se pose pas la question : tout ce qui est nouveau est un progrès. Le bons sens aurait voulu de même que l'on se demandât d'où venaient les idées. Sont-elles vraiment les "semences des vraies et immuables natures ?". Je préfère ce que dit Thomas d'Aquin : "Rien n'est dans l'intelligence qui ne passe d'abord par les sens", d'où il résulte selon moi, qu'il n'y aurait pas de pensée si notre intelligence n'était pas informée par les sens de ce qu'est le monde.
Quel est le rapport avec le politique, rapport dont je vous avais parlé hier ? Il est simple et évident. (a) Si tout progrès est nécessairement une rupture, il en résulte que la politique ne peut passer que par le conflit. (b) Nul part, il n'est écrit ce que l'homme doit faire, tant comme personne que comme comme membre d'une société ; c'est à lui d'élaborer son propre système de sens ; le consensus est donc impossible. (c) La nature n'a rien à nous apprendre ; c'est une matière inerte (DESCARTES disait déjà que l'homme par le bon usage de la raison et de la volonté est capable "de se rendre maître et possesseur de la nature") dont nous pouvons faire ce que nous voulons, à partir de nos idées. Tant pis si elles ne correspondent pas au bien commun (cf. la compagnie TOTAL, et la manière dont cette société fait construire ses pipe-lines en Birmanie). Le plus fort, le mieux informé, le plus riche gagnera. En d'autres termes, la morale est devenue autonome, propre au sujet, ou plus exactement à l'individu ou à un groupe d'individus ayant des intérêts communs, alors qu'elle est fondamentalement hétéronome, et dépendante d'autrui, quand bien même elle n'est pas transcendante. Mon opposition viscérale à l'idéologie socialiste est fondée non pas sur le refus du partage des biens, avec lequel je suis ABSOLUMENT D'ACCORD, mais sur la conception qu'elle se fait de la vie morale, conception montée en épingle par ses adeptes à la seule fin de prendre le pouvoir et de s'y maintenir. C'est justement cela l'idéologie.
J'espère que j'ai été clair !
PS : mon raisonnement explique pourquoi PARIS est devenue la CAPITALE DE LA MODE, après avoir été au XVIIe S., la capitale de la PENSÉE en Europe, et pourquoi les Français sont perçus comme arrogants. Ils vivent sur un système de pensée conçu comme parfait. Le système étant déclaré parfait, les étrangers constatent qu'un Français (a) s'imagine qu'un projet étant clair dans sa tête, c'est comme s'il était réalisé ; et (b) qu'il ne tient aucunement compte de l'homme concret, de l'homme réel, de l'homme actuel, et des réalités (rappelez-vous ce que disent les Anglais : "Le mot chien n'a jamais mordu personne !"). J'ai souvent fait l'expérience douloureuse des regards ironiques, helvétiques, germaniques ou britanniques, vis-à-vis de certains collègues, très brillants, qui présentaient de grandes et belles théories scientifiques interprétatives, au lieu de se satisfaire des magnifiques résultats concrets engrangés par eux.

samedi 1 mars 2008

La complainte du blogueur

Depuis avril 2007, je m'efforce, avec un bonheur inégal j'en conviens, de donner des éclairages personnels sur les événements politiques, économiques ou culturels, en m'efforçant de les replacer dans le contexte d'une vie sociale morale et humanisée, c'est à dire accordée à la fin qui nous est due, et vers laquelle NOUS DEVONS nous diriger pour atteindre le bonheur. J'ai essayé de vous montrer combien les échafaudages intellectuels des idéalistes, qui ne s'appuient que sur leur cerveau et non point sur le réel, nous conduisaient à l'abîme. Et je suis étonné de voir que, si j'ai des lecteurs, j'ai très peu de contradicteurs, ou de commentateurs ce qui me donne à penser que je suis loin d'avoir atteint l'objectif que je m'étais fixé. Je me sens déserté, quand bien même je sais que j'ai quelques lecteurs assidus. Je les prie, et je prie les lecteurs occasionnels, d'apporter leur contribution à un combat qui est essentiel pour l'avenir de l'humanité : le combat pour la pensée. Il s'agit de savoir si l'homme est le maître absolu de l'homme, ou s'il existe dans le réel des piliers solides, qui ne dépendent pas de nous, sur lesquels nous appuyer pour progresser sur la voie de la concorde et de la paix. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Je vous supplie donc d'être à vos plumes, de titiller vos petites cellules grises et de me donner votre avis, car on réfléchit mieux à plusieurs que tout seul. Demain, j'essaierai de vous montrer comment DESCARTES interprété par des esprits qui annonçaient la dialectique de HEGEL nous a fourvoyé sans le vouloir, et pourquoi, nous, Français, nous avons tant de mal à ne pas passer pour arrogant aux yeux des étrangers, et pourquoi, encore, nous n'exportons que des idées, ou des révolutions, mais assez peu de marchandises.