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lundi 25 mai 2015

25 mai 2015. Nouvelles de la Résistance : défaire en trois ans près de 12 siècles d'histoire !

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Il y a des moments où je désespère de ma patrie, et alors je dois me répéter que

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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" Le peuple romain, depuis le roi ROMULUS jusqu'à l'empereur AUGUSTE, a, pendant sept cents années, accompli tant de choses dans la paix et dans la guerre, que, si l'on comparait la grandeur de son Empire avec sa durée, on le croirait plus ancien. Il a porté ses armes si avant dans l'univers, qu'en lisant ses annales, ce n'est pas l'histoire d'un peuple que l'on apprend, mais celle de tout le genre humain. Il a été en butte à tant de travaux et de dangers, que, pour établir sa puissance, le courage et la fortune semblent avoir réuni leurs efforts."

Après avoir divisé l'histoire romaine en quatre périodes, les trois premières glorieuse, et la quatrième, décadente, l'auteur de ce texte dit de cette dernière, ceci :

"Enfin, depuis CESAR AUGUSTE jusqu'à nos jours, nous ne comptons pas beaucoup moins de deux cents ans, pendant lesquels l'inertie des empereur l'a fait vieillir [il s'agit du peuple romain ; note du transcripteur] en quelque sorte et tomber en langueur. Cependant, sous le règne de TRAJAN, il ranime ses forces, et, contre l'espoir de tous, ce vieil Empire, comme rendu à sa jeunesse, reprend une nouvelle vigueur."

In
Lucius Aenaeus FLORUS
Histoire romaine. Traduction nouvelle, accompagnée d'un commentaire et de notes historiques et critiques ; par
M. Ch. du ROZOIR.
A. Belin, Imprimeur-Libraire, Paris, 1829.
(Livre Premier, Préface [Liber primus. Proemium]).
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2. Commentaires.
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Nous allons jouer à un petit jeu : voici quelques mots qu'il vous faudra placer dans la citation, en supprimant les données romaines :
Mérovingiens ;
Révolution française ;
Napoléon ;
France ;
Général de Gaulle ;
Noms des Présidents de la Républiques incapables ou corrompus.

Vous pourrez constater que l'histoire de notre malheureuse patrie est exactement celle de Rome. Oui, nous avons répandu la gloire de notre patrie sur la terre entière (Indes, Canada, Louisiane, Afrique, Asie du Sud-Est) [Gloire qu'il faut attribuer à quelques militaires de génie, compatissants et connaisseurs des peuples qu'ils rencontraient [par exemple LYAUTEY ou BUGEAUD], et à nos missionnaires [par exemple Mgr de LAVAL au Canada], et certainement pas aux hommes politiques, du genre Jules FERRY, qui n'avaient qu'une idée en tête : exploiter au profit de leur coterie les richesses des peuples qu'ils voulaient asservir sous prétexte de les éduquer]. Pendant plus de 7 siècles depuis les rois mérovingiens jusqu'à ce malheureux Louis XVI (exemple : le voyage de monsieur de LA PEYROUSE), la France a nourri avec obstination une ambition, et entretenu un rayonnement que nous n'avons jamais plus retrouvé depuis. Depuis 200 ans, nous vivons sous le règne non seulement des folies révolutionnaires, mais encore et surtout sous celui de la "caserne philosophique" (TAINE) édifiée par leur héritier direct, NAPOLEON. Et l'inertie de nos empereurs, représentés par des Présidents comme Paul DESCHANEL tombé du train en pyjama, lors d'un voyage officiel en province, Félix FAURE mort dans les bras de sa maîtresse, Albert LEBRUN qui a cédé sans broncher le pouvoir au Maréchal PETAIN, d'un général de Mc MAHON qui s'exclamait contemplant les inondations provoquées par une cure de la Garonne "Que d'eau ! Que d'eau !" (mais le mot est contesté) ou d'un Vincent AURIOL dont l'unique mérite politique était de s'être mu dans l'ombre de JAURES.
Bien sûr, il y eut parmi ces Empereurs inertes, certains qui l'étaient moins ; Raymond POINCARE, par exemple. Mais enfin on ne peut pas dire qu'ils aient laissé, dans leur ensemble, une trace indélébile dans l'histoire de notre patrie. Le TRAJAN de notre histoire récente fut le général de GAULLE. Qu'on l'aime ou que l'on ne l'aime pas, il a su pendant une dizaine d'années donner un lustre inégalable à la France, et inégalé depuis. Ce n'est donc pas le régime républicain qui est en cause, mais bien la médiocrité des vues de nos princes.

Madame la jolie et carnassière Najat achève le travail de déconstruction ourdi dans le secret des loges. On ne parle plus de Louis XIV ni de Napoléon en cours d'histoire. Aucun intérêt. On fait de l'histoire "thématique", ce qui permet ainsi de couper la jeunesse de ses racines nourricières et de lui mettre au coeur des idées de repentance pour des actes répréhensibles ou ignobles, comme l'esclavage ou la colonisation dont les principaux promoteurs furent précisément des gens se réclamant des idées progressistes ! Je crains fort que la volonté de la belle Najat soit de défaire en trois ans, 1000 ans de notre histoire... Oserais-je dire qu'il est parfaitement anormal de confier le ministère de l'éducation nationale à une compatriote qui n'a pas renoncé à sa nationalité marocaine ? On ne peut pas servir deux maîtres, la chose est bien connue.
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3. Informations diverses.
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Pèlerinage de CHARTRES (via le Boulevard Voltaire).


"Si l’on voulait paraphraser l’immortel Audiard, anarchiste de droite dont tout le monde cite les dialogues alors que plus personne ne comprend ses idées, on pourrait presque conclure de tout cela que trente-cinq mille cons qui votent vont moins loin que dix mille croyants qui marchent."

35 000 est le nombre de personnes qui ont voté en faveur de la motion de môssieur CAMBADELIS (0,1 % du corps électoral, note avec malice le site du Boulevard Voltaire, d'où je tire ces données [Article d'Arnaud FLORAC]) et 10 000 est celui des pèlerins de CHARTRES.
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Pour apprendre les mathématiques (via le Salon beige).

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Polonais, pas fous ! 

Un président conservateur et eurosceptique élu Président de la république de Pologne hier. Comme le note le site des Nouvelles de France, il y en a qui ne vont pas bien dormir à Bruxelles. Merci à Andrzej DUDA, le nouveau Président.




















vendredi 10 septembre 2010

A mes amis enseignants

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Vous avez massivement fait la grève pour protester contre la suppression de postes (ce qui me paraît contestable) et contre cette mesure parfaitement idiote qui consiste à priver nos enfants et nos adolescents de la connaissance approfondie de leur histoire nationale, pour les ouvrir prétendument à d'autres histoires, ce qui est très bien et que je soujtiens. Je persiste à croire qu'il eût été de beaucoup préférable d'instaurer une discipline particulière, intitulée par exemple "Histoires et cultures du monde".
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Nombre d'entre vous se réclament de la "gauche", et défendent les valeurs de la république et la laïcité. Mais puisque vous aimez l'histoire, je voudrais vous rappeler - en relisant TAINE et notamment la troisième partie de son magistral ouvrage Les origine des la France contemporaine, en son livre sixième, chapitre III, section V - comment il a fallu violer les consciences et obliger les parents qui ne pouvaient payer les frais d'écolage des écoles libre (bien que des milliers de donateurs, en des dizaines de villes et villages aient contribué à ce que celles-ci accueillent les enfants et les adolescents dans des conditions financières acceptables) à subir la pression des intolérants au pouvoir.
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TAINE nous apprend que, dès l'instauration de l'école laïque, gratuite et obligatoire, l'état jacobin et anticatholique a investi 531 millions de francs or dans le lancement d'un pseudo-journal (dont je vous donnerai le titre dans quelques instants ; en fait c'est une image), l'a entretenu à raison de 131 millions de francs annuels), a imposé à 6 millions d'enfants d'être abonné à ce journal, de le lire tous les jours, dimanche exceptés, et de le lire six heures par jour. La gazette dont parle TAINE, en utilisant un titre symbolique pour la désigner c'est, on l'aura compris, le Journal laïque, obligatoire et gratuit pour les enfants de six à treize ans. TAINE veut dire par là que cette école n'était, n'est et ne sera jamais que le porte-voix d'une idéologie que 20 % des parents français, à l'époque de l'instauration de cette école, comme aujourd'hui, persistent à bouder.
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"Par ces 115.000 agents [nombre des instituteurs à l'époque], représentants et porte-voix, la Raison laïque qui siège à PARIS, parle jusque dans les moindres et plus lointains villages ; c'est la raison telle que nos gouvernants la définissent, avec le tour, les limitations et les préjugés dont ils ont besoin, petite-fille myope et domestiquée de l'autre, la formidable, l'aïeule brutale et forcenée qui, en 1793 et 1794, trône sous le même nom et à la même place. Avec moins de violence et de maladresse, mais en vertu du même instinct et avec le même parti pris, celle-ci exerce la même propagande ; elle aussi, veut s'emparer des générations nouvelles, et, par ses programmes, ses manuels, ses esquisses et ses résumés de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire, par ses aperçus des choses récentes ou contemporaines, par ses formules et ses suggestions à l'endroit des choses morales, sociales et politiques, c'est elle-même, elle seule, qu'elle prêche et qu'elle glorifie."
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L'analyse est d'une pertinence éblouissante. Vous avez raison, chers collègues, de résister à des changements de programme qui n'ont d'autres buts que de nous faire avaler la disparition de la patrie, et l'abolition du sentiment patriotique. La France et les grandeurs et petitesses des Louis XIV et des Napoléon Ier, méritent mieux que ce coup de balai dédaigneux, à condition toutefois de ne pas mentir et de nous rappeler, par exemple, que Napoléon BONAPARTE a donné l'exemple du plus parfait totalitarisme en déclarant le 11 mars 1806 devant le Conseil d'Etat : "Dans l'établissement d'un corps enseignant, mon but est d'avoir un moyen de diriger les opinions politiques et morales". Voilà qui est fait, et bien fait ! Ne tombez pas dans le panneau. Restez libres et intellectuellement probes. Et surtout, informez-vous.
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PS : J'expliquerai un peu plus tard à mon ami Louis, pourquoi on a eu raison de marteler le nom de ce tyran sur la mire du Sud que chacun peut admirer dans le Parc Montsouris, côté du boulevard Jourdan, partie Ouest. Je lui expliquerai aussi pourquoi JAURES détestait TAINE qui était sa mauvaise conscience et qu'il n'a pas pu éviter d'évoquer dans son célèbre discours sur l'école laïque. J'ajouterai, en guise de préliminaire, que croire en Dieu ou ne pas y croire, dans tous les cas, c'est une croyance.
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mercredi 8 avril 2009

Précisions supplémentaires

Je ne critique pas madame ROYAL parce qu'elle est socialiste. Je la critique par ce qu'elle dit n'importe quoi, et qu'elle pense qu'il suffit d'être dans le registre de l'émotionnel, fût-il faux, pour emporter la conviction de ses auditeurs, alors qu'elle n'en entraîne que l'adhésion irraisonnée.

Madame ROYAL est le représentant le plus achevé des adeptes de l'esprit de système. Il faut bien qu'elle comprenne que son antidiscours de DAKAR instille dans l'esprit de ses auditeurs les manières de penser des Occidentaux, et que c'est elle qui fait preuve de colonialisme culturel. L'un de mes lecteurs me le fait remarquer très justement ; mon billet "Exercices d'observation" fait état de l'article d'un journaliste camerounais qui pointe merveilleusement bien l'arrogance intellectuelle et culturelle des Français.
Je ne connais pas l'Afrique directement. Ce que j'en pressens me vient des récits d'un ami qui a vécu au BENIN pendant plus de trente ans, et d'un médecin togolais qui vit à LOME. Le premier a écrit un livre absolument extraordinaire, un ensemble de récits, de faits, d'expériences vécues quand il était missionnaire dans la région d'ALLADA. Le second a fait ses études à STRASBOURG. J'ai très longuement écouté l'un et l'autre, et je n'en tire aucune conclusion générale. Mon impression est que le sens très réel que les Africains ont du passé n'est pas le sens que nous attribuons à l'histoire. Et le même lecteur qui remarquait l'intérêt de mon billet "Exercices d'observation", ajoute cette citation que je fais mienne : il s'agit d'un mot d'Olavo de Carvalho : "La déesse Histoire, cette vieille prostituée qui change de clients à chaque nouvelle génération, et qui se vend au plus offrant".
Nous avons vu comment la République traite l'histoire de la Révolution. Madame ROYAL poursuit, en moins brillant, la tradition des MICHELET, AULARD, SOBOUL, MATTHIEZ et consorts : la considération non point des faits, mais de l'interprétation que les uns et les autres en donnent en fonction de leur affinité intellectuelle, politique, philosophique ou religieuse. Or l'établissement des faits, dans la mesure où ceux-ci nous sont accessibles par des textes écrits, ou des monuments, demande beaucoup d'esprit critique, de probité intellectuelle, de détachement de sa propre personne, de recoupements. Rien de tout cela n'apparaît chez madame ROYAL, qui ne lui en déplaise, parle en son nom personnel tout en prétendant qu'elle représente l'opinion de la France et des Français ("je vous le dis en confidence - [devant 500 personnes et de nombreux journalistes...] - ce n'est pas l'avis de la France et des Français").
Les militants ont eu la sagesse de porter madame AUBRY à la tête du Parti Socialiste. Heureusement pour lui. (Je dois dire qu'à l'émission de "Vivement dimanche" où elle était conviée il y a un peu plus d'une semaine, Martine AUBRY m'a paru humaine, sympathique, et sans doute plus nuancée que ne l'exige le nécessaire durcissement de propos destinés à son public.) Madame ROYAL est un fléau public, non pas par sa personne, mais par les idées qu'elle incarne et qu'elle véhicule. Elle est d'une suffisance et d'une arrogance qui devraient effrayer même ses amis (j'aime en tout cas à le supposer).

samedi 7 juin 2008

Une très ancienne prophétie

Je ne vous dirai pas qui a écrit, il y a près de 2000 ans cette prophétie faite pour notre siècle. Un temps viendra où l'on ne supportera plus l'enseignement solide ; mais au gré de leurs caprices, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d'entendre du nouveau.
Il me semble que ces temps, inaugurés sous les Lumières, sont définitivement advenus. Nous faisons fi de notre histoire, de notre culture, de ce qui nous a constitués, et nous nous ruons vers les dernières nouveautés. Ce prurit de nouveauté s'appuie certes sur un trait constant de la nature humaine, inquiète de trouver des réponses à des questions sur la vie et la mort, et avec elles, la paix qui est censée les accompagner. Mais il est aussi devenu le moteur de notre civilisation marchande qui a besoin, pour honorer l'appétit croissant des gens de la finance, de produire des biens affectés dès le départ d'un coefficient d'obsolescence, de façon à pouvoir inonder le marché, de manière continue, d'objets, d'idées, de modes nouveaux qui tous sont destinés à périr dans l'intention délibérée de leurs concepteurs. Le nouveau, en quelque sorte, est devenu un moyen de faire de l'argent. L'idéologie du progrès a été dévoyée, et ce dévoiement était inscrit dans sa structure même.
Il y a de grandes conséquences à cette manière de vivre : tout d'abord, nous avons du mal à faire des projets et à nous situer dans le temps historique, avec un passé, un présent, un avenir. Nous vivons dans l'instant. Ensuite et en conséquence, nous perdons nos repères culturels ; nous ne les comprenons plus ; nous ne voyons plus comment ils nous ont formés ; et nous en venons à les rejeter pour aller nous ne savons où. Mais il n'y a pas de bons vents pour celui qui ne sait pas où il veut aller, et qui ne sait pas d'où il vient. C'est une des causes de l'actuelle désorientation de la jeunesse. Elle me désole. Il me semble entr'apercevoir des solutions efficaces ; elles requéraient un accord unanime de tous les acteurs sociaux pour être mise en oeuvre. Hélas, HEGEL et MARX ont fait leur oeuvre, et l'on a crucifié JÉSUS une deuxième fois.
Ce qui motive ces acteurs, et l'on ne peut leur en vouloir, c'est la recherche de la notoriété, du pouvoir, de l'efficacité, conditions de leur survie - et qui de nous veut mourir ? - ce n'est pas celle de la vérité, dont il pense qu'elle les tuerait (Guy BEART l'a bien chanté : Ce jeune homme a dit la Vérité, il doit être exécuté) alors qu'en réalité, elle les ferait vivre, elle nous ferait vivre.
Je ne vois plus qu'une issue ; vivre en fonction d'une vérité inlassablement recherchée en espérant qu'elle fera tache d'huile par la vertu de l'exemple.
Tout ce qui est nouveau n'est pas forcément un progrès. Il faudrait trier. Difficile quand la vie intellectuelle se résout à un combat d'écoles, de systèmes, d'idée, et non à un examen contradictoire, bienveillant, objectif des faits, des solutions possibles et de leurs possibles conséquences, par les élites, les responsables politiques, les acteurs industriels, commerciaux et financiers et bien entendu, les citoyens. On peut toujours rêver.

vendredi 21 mars 2008

Enseignement, mensonge d'Etat et Révolution française

Dernier billet consacré aux conséquences désastreuses de la Révolution, un billet qui a trait aux mensonges que nous distillent les professeurs d'histoire quand ils nous enseignent la Révolution. Vous remarquerez tout d'abord la manière dont on périodise l'histoire de France. On découpe arbitrairement le XVIIIe siècle lequel est censé prendre fin en 1789, et l'on fait émerger la France des brumes de l'enfance à cette date. Pour que la chose soit crédible, il faut bien expliquer la périodisation, et justifier la folie collective révolutionnaire par un préalable état des lieux, honteusement noirci, et un inventaire des nouveautés remarquables qu'ont introduit dans la vie publique les prétendues "grandes figures" que sont les Robespierre, Marat, Danton, Hébert, et autres Carnot (oui, oui, Carnot, qui signait en blanc des décrets d'accusation et qui faillit perdre ainsi un de ses fidèles secrétaires).
Ainsi, on parlera de l'ignorance dans laquelle on maintient le peuple, mais l'on passera sous silence l'existence de près de 20.000 petites écoles paroissiales où l'on dispensait aux enfants, garçons et filles, un enseignement primaire élémentaire tout au long du XVIIIe siècle. On insistera sur l'exploitation des paysans par les nobles, mais on passera sous silence deux faits de première importance : la première est que les aristocrates ne pouvaient pas exercer de professions dites serviles sans déroger, ce qui leur interdisait de rentrer dans le processus industriel, le capitalisme sauvage et l'exploitation d'une classe ouvrière qui n'existait pas (pas encore) et que des bourgeois opportunistes et sans scrupules ont opprimée au cours du XIXe siècle ; la seconde est qu'ils se sentaient obligés de porter les armes pour défendre leur pays, et qu'ils n'obligeaient pas les paysans ou les artisans à la conscription, laquelle a fait le nombre de morts que vous savez, aussi bien pendant les guerres révolutionnaires, ou napoléoniennes, qu'en 1914-1918. La conscription est une invention révolutionnaire. Enfin, on oublie de mentionner que nombre d'aristocrates résidaient effectivement en province, dirigeaient avec sagesse leur exploitation agricole (le seul "métier" qui leur fut autorisé), et ont souvent dépensé jusqu'à leur dernier sous pour secourir la misère des pauvres. On fait donc semblant de confondre la noblesse fréquentant la cour (une minorité de nobles, souvent libertins, anticléricaux, areligieux, et pour tout dire scandaleux) avec les nobles administrant leurs domaines. Dans un précédent billet, je vous ai aussi décrit le zèle de nombreux évêques, et leur inventivité dans le domaine social avant la Révolution. Avez-vous aussi remarqué que nombres d'artistes ou de savants de premier plan n'ont point de particules et qu'il a bien fallu qu'un système d'enseignement supérieur existât pour les amener à cette perfection.
Bref, on noircit à loisir le tableau, pour justifier le sang versé. Et l'on installe dans l'esprit des enfants une sorte de flou sur la naissance de la république DANS LE SANG.
Comme le mécanisme victimaire ne fonctionne plus, et que malgré tout la violence doit se résoudre dans le sacré, comme l'on n'a pas pu inventer une nouvelle religion, alors on va lui fabriquer un substitut, qui n'est qu'une violence supplémentaire faite à la nature humaine ; on va inventer la religion de la laïcité. Mais d'un point de vue structural, l'imposer dans l'espace public, c'est strictement la même chose qu'imposer une religion particulière. (D'ailleurs il faut noter que Louis XVI, fort sagement, avait pris des mesures très importantes pour réintroduire dans la vie publique les Protestants, et qu'il s'apprêtait à faire de même pour les Français de confession juive.) Il faut bien comprendre que l'occultation des crimes révolutionnaires va de pair avec l'instauration de la laïcité à la française. Celle-ci justifie ceux-là.
En essayant de dégager les grands traits qui sous-tendent la pensée publique actuelle, fondée sur une abstraction qui n'a jamais existé, celle d'une France régénérée par la Révolution, je n'entends pas justifier les injustices ou les disparités de conditions qui existaient réellement avant qu'elle n'éclate : je dis qu'il y avait en France suffisamment d'esprits sages et compatissants, en ce fatal XVIIIe siècle, pour introduire dans la vie publique une régulation sociale pacifiante, au lieu que depuis ce temps, et parce que l'on nous ment, en vain, sur le sort des innocents exécutés, massacrés, exilés, ou déportés (mais oui : cherchez du côté des Pontons de Rochefort, et vous trouverez), les Français ne peuvent pas trouver la concorde civile qui leur permettraient de faire face aux problèmes du temps.
Qui aura le courage de faire repentance pour tant d'injustice ? Voilà ce qui serait un nouveau départ pour une République réconciliée.

dimanche 2 mars 2008

De la tradition à la mode

Quand on s'interroge sur l'histoire de notre pays, notamment sur l'histoire des idées et sur le tournant qu'a marqué l'aurore du XVIIIe siècle, on constate que le grand changement a été le passage de la tradition à la mode, et que le siècle des lumières a vu se développer à l'envi, mais progressivement, ce trait du caractère national : mode vestimentaire (les coiffures féminines appelées du nom d'explorateurs ou de leurs bateaux, les habits des Incroyables et des Merveilleuses, par exemple), mode sociale (la frénétique fréquentation des cafés et des cercles de pensée, la prononciation précieuse des Incroyables qui se refusaient à prononcer les R, par exemple, l'engouement pour les billets de banque et le système de LAW, par exemple), mode intellectuelle (avec l'idolâtrie des Philosophes et le rejet dans les ténèbres extérieures, hors du petit monde de l'establishment culturel, d'excellents écrivains, dont Jacques CAZOTTE est le prototype). La crise avait émergé dans l'espace public avec la Querelle des anciens et des modernes, mais elle couvait depuis DESCARTES et son "Je pense donc je suis". Ce philosophe national est à la fois le père de l'idéalisme, du matérialisme, et de l'institution du Sujet comme auteur et source de sa vie morale. Et son influence s'est d'autant plus aggravée de nos jours que les interprétations de sa pensée se font à l'aune de la dialectique de HEGEL : thèse, antithèse, synthèse. Le cartésianisme a vu son triomphe avec le positivisme, le culte de la science, et l'adoration de tout ce qui est nouveau, considéré comme progrès, au milieu du XIXe siècle.
Le simple bon sens aurait exigé que l'on s'interrogeât sur le statut moral des nouveautés : sont-elles vraiment un progrès ? Notre siècle, en notre pays, ne se pose pas la question : tout ce qui est nouveau est un progrès. Le bons sens aurait voulu de même que l'on se demandât d'où venaient les idées. Sont-elles vraiment les "semences des vraies et immuables natures ?". Je préfère ce que dit Thomas d'Aquin : "Rien n'est dans l'intelligence qui ne passe d'abord par les sens", d'où il résulte selon moi, qu'il n'y aurait pas de pensée si notre intelligence n'était pas informée par les sens de ce qu'est le monde.
Quel est le rapport avec le politique, rapport dont je vous avais parlé hier ? Il est simple et évident. (a) Si tout progrès est nécessairement une rupture, il en résulte que la politique ne peut passer que par le conflit. (b) Nul part, il n'est écrit ce que l'homme doit faire, tant comme personne que comme comme membre d'une société ; c'est à lui d'élaborer son propre système de sens ; le consensus est donc impossible. (c) La nature n'a rien à nous apprendre ; c'est une matière inerte (DESCARTES disait déjà que l'homme par le bon usage de la raison et de la volonté est capable "de se rendre maître et possesseur de la nature") dont nous pouvons faire ce que nous voulons, à partir de nos idées. Tant pis si elles ne correspondent pas au bien commun (cf. la compagnie TOTAL, et la manière dont cette société fait construire ses pipe-lines en Birmanie). Le plus fort, le mieux informé, le plus riche gagnera. En d'autres termes, la morale est devenue autonome, propre au sujet, ou plus exactement à l'individu ou à un groupe d'individus ayant des intérêts communs, alors qu'elle est fondamentalement hétéronome, et dépendante d'autrui, quand bien même elle n'est pas transcendante. Mon opposition viscérale à l'idéologie socialiste est fondée non pas sur le refus du partage des biens, avec lequel je suis ABSOLUMENT D'ACCORD, mais sur la conception qu'elle se fait de la vie morale, conception montée en épingle par ses adeptes à la seule fin de prendre le pouvoir et de s'y maintenir. C'est justement cela l'idéologie.
J'espère que j'ai été clair !
PS : mon raisonnement explique pourquoi PARIS est devenue la CAPITALE DE LA MODE, après avoir été au XVIIe S., la capitale de la PENSÉE en Europe, et pourquoi les Français sont perçus comme arrogants. Ils vivent sur un système de pensée conçu comme parfait. Le système étant déclaré parfait, les étrangers constatent qu'un Français (a) s'imagine qu'un projet étant clair dans sa tête, c'est comme s'il était réalisé ; et (b) qu'il ne tient aucunement compte de l'homme concret, de l'homme réel, de l'homme actuel, et des réalités (rappelez-vous ce que disent les Anglais : "Le mot chien n'a jamais mordu personne !"). J'ai souvent fait l'expérience douloureuse des regards ironiques, helvétiques, germaniques ou britanniques, vis-à-vis de certains collègues, très brillants, qui présentaient de grandes et belles théories scientifiques interprétatives, au lieu de se satisfaire des magnifiques résultats concrets engrangés par eux.