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mercredi 28 mars 2018

Mercredi 28 mars 2018. Nouvelles du pari bénédictin.


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C’est le moment de sortir du sommeil ! 
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1. CE QUE DES BENEDICTINS ONT DIT A ROD DREHER.
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"Toujours tourné vers le Christ, les moines reconnaissent qu’Il est le Créateur et Celui en qui tout trouve son essence et que l’homme n’est pas la mesure de toute chose. Contrairement aux successeurs laïcs du nominalisme, les bénédictins ne croient pas que le sens de la Création dépend de la volonté de l’homme. Pour eux, le sens est une réalité objective, pleinement voulue par Dieu, et à la portée de ceux qui ont choisi de laisser leurs passions de côté pour voir comment Dieu voit.
"« Nous ne pouvons nous attacher aux choses d’ici-bas, sous peine de finir par croire qu’elles tirent leur sens de nous-mêmes, me dit le frère Évagre HAYDEN, âgé de trente-et-un ans. Ce serait une erreur : nous ne donnons pas leur sens aux choses ; Dieu seul le fait. »"
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2. CONTREPOINT DE THOMAS MERTON.
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"Tout ce qui existe et tout ce qui passe rend témoignage à la volonté de Dieu. Mais voir un signe, et l’interpréter convenablement sont deux choses différentes. Notre premier devoir est toutefois de reconnaître les signes pour ce qu’ils sont. Si nous ne comprenons pas qu’ils indiquent quelque chose qui les dépasse, nous n’essaierons pas de les interpréter."
In
Thomas MERTON.
Nul n’est une île. Traduit de l’américain par Marie TADIÉ (Collection «Points», série Sagesses, N°Sa64.)
Éditions du Seuil, Paris, 1993 (date du dépôt légal). (Page 62.)
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3. COMMENTAIRE PERSONNEL EN FORME DE QUESTIONS.
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Pourquoi sommes-nous bouleversés par la mort d’Arnaud BELTRAME ?
Que voyons-nous VRAIMENT dans son acte ?
Quelle est donc en nous cette instance qui nous permet de juger qu’il a agi par pur amour aussi bien pour autrui que pour son métier et son pays ?
D’où est-ce que cela vient ?
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4. PAS DE LIENS UTILES.
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On ne donne pas de liens utiles quand on sait que Jésus est à Béthanie, que Marie va oindre, ce soir, ses pieds d’un parfum précieux, « en vue de sa sépulture » dira le Maître. Et c’est un parfum don l’odeur suave remplit toute la maison.
Jusqu'à Pâques, mes billets seront tournés vers cet événement inouï dont je n'arrive pas à comprendre le mystère : comment peut-on donner sa vie pour le salut des hommes ? Je n'ai rien d'autre à dire.


vendredi 23 juin 2017

23 juin 2017. Nouvelles de la Dissidence. Aider les jeunes à trouver du sens à leur travail.

Nous continuons notre parcours dans ouvrage collectif, appelé Transmettre l’essentiel, actes d’un colloque organisé par L’Académie d’éducation et d’études sociales. Artège-Lethielleux, Paris, 2016. Encore une réflexion de Pierre-Yves GOMEZ dans son excellent article Le sens du travail, en réponse à la question d’un auditeur lors de l’échange de vue qui a suivi son exposé.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. « Pas de loi sur le travail sans une philosophie du travail. » Arrêtons de faire des lois sans corpus intellectuel pour les soutenir. Commençons par la philosophie du travail. Commençons par mettre les bœufs avant la charrue. La loi El KHOMRI, comme toutes les lois récentes, ne peut qu’échouer. Parce que ces jeunes-là [il s’agit de jeunes appartenant à la génération qualifiée « citoyenne du monde » ; note du transcripteur] ne comprennent pas ! Ils ne comprennent pas ce qui est en train de se passer.
Ensuite pour ce qui concerne l’enseignement, c’est un sujet qui me concerne effectivement.
Les jeunes aiment travailler. Ils ont une capacité de travail incroyable. Le jeune a envie d’être utile, c’est anthropologiquement fondé. L’idée que les jeunes d’aujourd’hui seraient plus fainéants qu’avant est fausse. Ce sont les vieux hédonistes des années 60 qui croient que les jeunes ne pensent qu’à fumer des pétards et à s’alcooliser. Ils sont extrêmement actifs et à la recherche de sens ! Quand ils ont vu leurs parents se crever au travail et être licenciés ou tomber en dépression, c’est sûr que le sens du travail ne leur saute pas aux yeux. Cette espèce de dénégation du sens par l’économique, cela a été très dur pour la philosophie du travail. Donc les jeunes sont prudents, c’est vrai. Avant de se donner dans un contrat, ils veulent vérifier que l’on utilise leurs compétences mais en étant sûr que l’on ne va pas en abuser. Quand on crée les conditions de la confiance, cela marche très bien." (Pages 215-116.)
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2. COMMENTAIRES.
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Pour avoir enseigné pendant près de 40 ans à des jeunes gens et jeunes filles de 20 à 25 ans, je confirme que l’analyse de Pierre-Yves GOMEZ est juste. J’ajoute qu’ayant élevé six enfants dont quatre garçons, je puis affirmer qu’ils ont travaillé, qu’ils travaillent et qu’ils aiment leur métier (médecin, ingénieur, muséologue, enseignants, auto-entrepreneur). Néanmoins, il me semble nécessaire d’introduire ici deux nuances. La première est que Pierre-Yves GOMEZ, tout comme votre serviteur, nous adress(i)ons à des jeunes appartenant à des milieux sociaux souvent (pas obligatoirement certes) favorisés. Il est ou leur était donc plus facile de s’adonner à leur passion et d’y consacrer toutes leurs forces pour aller jusqu’au bout de leur désir. La seconde est qu’il est abusif de généraliser en utilisant l’article indéfini LES jeunes, alors que l’article défini partitif DES jeunes me semble plus adapté à la réalité. Même dans cette jeunesse privilégiée
La question qui se pose donc est la suivante : quelles sont les conditions qui permettent à un jeune de se donner tout entier dans un travail qui fasse sens pour lui ?
La première condition, à l’évidence, et Pierre-Yves GOMEZ l’a dit, est de considérer la dimension collective du travail, et son utilité pour l’édification de la cité.
La seconde condition consiste à aider tous les jeunes à élaborer un projet de vie. J’ai eu l’occasion, il y a quelques années, de travailler cette question avec des jeunes de 3ème dans le cadre de l’aumônerie de l’enseignement public, sur une période d'un an. S’il en est quelques-uns qui me lisent, qu’ils soient courageux et donnent leur avis sur cette expérience. Pour ce qui me concerne, il me semble qu'elle a été décisive pour nombre d'entre eux.
La troisième condition, essentielle, consiste à obliger l’État à ne faire que ce qui relève de sa responsabilité. Imposer l’enseignement d’une idéologie, infuser des valeurs qui vont à l’encontre de la véritable nature de l’homme, comme l’a fait madame VALLAUD-BELKACEM, revient à dire à nos jeunes : jouissez, cherchez d’abord le plaisir et non le sens, et ne vous attardez pas à donner du prix à votre travail : il n’a d’autres fonctions que d’assurer par les revenus qu’il procure la jouissance, les loisirs, la consommation et le plaisir. Or le travail n'a pas qu'une justification économique.
On voudrait massacrer la jeunesse qu’on ne s’y prendrait pas autrement !
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Saluons cette femme croyante et courageuse.

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Non, il n’y a pas lieu de désespérer, mais de tordre le cou à nos illusions d’abord.


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Avertissement sans frais. Et cette fois-ci, il y aura trois millions de Français dans la rue.

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Karim Ouchik ! A lire absolument !

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Frédéric II Macron !


Wenn die Orange ausgepresst ist, wirft man die Schalle, nous apprenait notre professeur d’allemand à propos de VOLTAIRE et du roi de Prusse !
Puis-je vous rappeler qu'avant même les élections présidentielles j'avais fait état du témoignage de N. GREGOIRE concernant monsieur BAYROU et les emplois fictifs du MODEM ? Croyez-vous que monsieur MACRON et son entourage d'alors ignoraient cette information ?
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La série continue :


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Et m...! Certaines de ces mesures sont utiles, sans aucun doute.

Mais il me semble que l'éducation civique et l'enseignement de la morale devraient rendre inutile la condamnation de comportements à risque par le moyen de la répression. Ces gens commencent à nous les briser menues ! Incapables d'éduquer, ils répriment, ce qui est un excellent moyen pour l'Etat de remplir ses caisses.

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samedi 13 septembre 2008

Laïcité républicaine ?

D'ordinaire mieux inspiré, monsieur BADINTER s'est livré hier à un exercice périlleux, celui de commenter la visite de Benoît XVI, en y mettant toutes les nuances, en condamnant sans condamner, tout en désapprouvant mais en réservant quelques éléments positifs qui etc. etc. Bref, il s'est pris les pieds dans le tapis. Voici, en substance, ce qu'il dit :
La Constitution de la République française en son article un stipule que la République est une, laïque et indivisible. Par conséquent la laïcité n'est ni positive ni ouverte, elle est républicaine. Na ! Et il ne convient pas de raviver une querelle qui était en train de s'éteindre (à vrai dire on se demande qui ravive la querelle, si ce n'est les opposants à une visite prévue depuis longtemps)
La laïcité est donc républicaine. Voilà, selon moi, une affirmation qui ne veut strictement rien dire, et que chacun peut entendre de la manière qui lui convient. Les tenants du "camp laïc" y comprendront qu'il faut continuer de combatte les Églises et les religions, et plus précisément l'Église catholique. D'autres, moins sectaires, comprendront que les décisions des politiques ne doivent pas s'appuyer sur des considérations religieuses ; d'autres, ce sont sans doute les plus nombreux, que la religion (qu'ils appellent croyance) doit être cantonnée à l'espace privée. Et puis il y a les gens qui s'intéressent aux faits, et qui remarquent que l'homme est un être en quête de sens, un sens qui ne peut être absolument trouvé dans la seule satisfaction des besoins matériels. Et ils se demandent si ce besoin peut trouver un moyen d'expression dans l'espace public. Le sens, les uns le trouvent dans le sport, d'autres, dans les arts, dans la politique, certains encore dans le travail intellectuel ; pour d'autres encore, dont le nombre croit, le sens sera trouvé dans le recours aux voyantes, aux gourous, à l'astrologie, à la numérologie, au yoga, à la méditation zen, aux pratiques bouddhistes. Un observateur minutieux de la société française contemporaine ne peut que constater cette soif de sens de nos concitoyens, soif qui renvoie l'homme à sa finitude et lui révèle, pour autant qu'il ait le courage et l'honnêteté de le faire, son désir d'infini ; en même temps, l'observateur verra l'émiettement des efforts dans la quête du sens. Ce désir-là d'infini, on le trouve dans une forme à la fois touchante et populaire, qui fait rimer amour avec toujours. Je suis du reste tout près à accorder aux tenants du laïcisme pur et dur cette tension vers le sens ; souvent ce sont des hommes et des femmes dévoués et généreux, ouverts à la détresse des pauvres. Qu'ils le veuillent ou non, ils sont sur un chemin de sens qui est un chemin spirituel.
Or les milieux qui font l'opinion publique ne croit pas à l'amour, car ils ne l'aiment pas. (Tout au plus prôneront-ils la générosité, d'une tout autre nature.) C'est pourquoi tel journal consacrera un article "au divorce sans douleur", un autre narrera les frasques extra-conjugales de telle ou telle lectrice, ou la fierté qu'elles ont trouvée à faire chuter un homme marié (je n'invente rien). Bien entendu, personne n'étudie les effets de ces campagnes et de ces pratiques sur la stabilité de la société, et sur l'efficacité du politique dans un contexte aussi libertaire. Pourquoi en effet, se soumettre aux rigueurs de la règle, quand la culture dominante baigne dans la jubilation de la transgression et l'exaltation de la jouissance ?
Il n'est alors pas étonnant que les esprits droits, souvent du reste des esprits simples, des esprits d'enfance, se tournent vers des sources de sens plus unifiantes. C'est du reste l'une des raisons essentielles du succès des églises évangéliques. Elles réfutent toute institutionnalisation, connaissent, cultivent, diffusent, interprètent la parole de Jésus, parfois en se plaçant hors de la Tradition reçue des disciples passés. Mais elles ne font pas semblant, ces églises. Et je connais nombre de chrétiens évangéliques qui sont des exemples, des témoignages.
En somme, en refoulant dans l'espace privé les grandes questions que l'être humain se pose, en se bornant à combattre les religions, en se cantonnant (souvent) à un matérialisme de bas étage, la laïcité se passe de toute une réflexion qui permettrait au politique de trouver des issues acceptables à de brûlantes questions, s'il pouvait en débattre dans l'espace public, le sien. Monsieur BADINTER a des croyances, comme les chrétiens ; il rend un culte à la constitution, en oubliant que la Loi est faite pour l'homme et non l'homme pour la Loi ; il donne l'impression que les religions sont nuisibles à la société ; mais il ne trouve aucune solution de substitution pour répondre aux questions existentielles de ses concitoyens. On n'adore pas un taux de croissance ; on ne donne pas sa vie pour le PIB ; on ne va pas en pèlerinage au Sénat ou à l'Assemblée Nationale ! Or le but du politique est de conduire l'homme à la fin qui lui est due. J'aimerais savoir quelle fin notre éminent juriste assigne à ses congénères et si finalement il est d'accord que c'est là la justification de la politique.
J'ajoute, pour terminer, que ce climat de persécution molle qui pèse sur les chrétiens, et tout spécialement sur les catholiques, va très exactement à l'encontre du but poursuivi. On attendait 15.000 jeunes sur le parvis de Notre-Dame, hier soir ; il en serait venu, (chiffre à confirmer) 50.000. Il y avait 220.000 personnes ce matin sur la Place des Invalides (chiffre de la Préfecture, ceci à l'intention de madame DROIT avec qui je préférerais dire un Notre Père que polémiquer). Plus ils critiqueront, et plus ils susciteront dans le coeur des disciples le désir de témoigner. Merci à monsieur BADINTER, merci à monsieur BLONDEL !

jeudi 5 juin 2008

A propos du sens

Il y a bien longtemps, j'ai eu l'occasion d'entendre Armand ABECASSIS soutenir, à STRASBOURG, une thèse remarquable devant un jury constitué - excusez du peu - d'Emmanuel LEVINAS, Georges GUSDORF, Michel TARDY et Lucien BRAUN. Armand, qui me fit l'honneur de son amitié, était un passionné d'herméneutique (la science de l'interprétation des textes). Il soutenait et soutient toujours que le sens est un acte posé pour résoudre une tension intérieure née du désir (lequel s'appuie, me semble-t-il, sur le sentiment que nous sommes faits pour l'éternité et l'infini), et que cet acte étant posé, la tension s'en trouve apaisée (c'est le côté signification du mot sens), mais révèle alors un autre manque, non quelconque, qui pousse à poser un autre acte permettant de creuser toujours ce désir, de l'investir dans un objet de plus en plus précis (c'est le côté direction du mot sens). C'est donc le désir qui fraie au sens son chemin. Il importe de ne pas se tromper sur sa réalité, son intensité, sa valeur, et surtout sur son contenu. Comme il n'y a pas de désirs autonomes, que nous ne pouvons désirer que ce qui nous est désigné comme désirable, il est important que nous soient proposés des modèles qui nous fassent grandir plutôt que de nous abaisser. Tant que les hommes politiques, les enseignants, les éducateurs, n'auront pas compris cet aspect fondamental de la nature et de la psychologie humaines, nous sommes assurés de voir proposer à notre désir une foultitude d'objets, présentés comme dotés d'une valeur équivalente, et qu'il appartiendrait à notre seule liberté d'investir. Ces objets vont des plus dégradants, quand bien même ils apportent du plaisir, aux plus sublimes et inaccessibles, laissant celui qui les voudrait posséder dans un état d'amertume indescriptible (qui veut faire l'ange fait la bête). En somme, il est nécessaire de concilier l'aspiration légitime à faire fructifier à son profit personnel les talents et les aptitudes qui nous sont propres (et les souhaits qui les accompagnent), et la non moins légitime aspiration de la société à les voir mettre au service de tous. Toute la question est d'orienter LE DÉSIR vers un OBJET qui soit adapté à notre nature de sujet social. Vous aurez noté que j'utilise un singulier pour désigner cette grande aspiration humaine à l'éternité et l'infinitude, et un pluriel pour désigner l'investissement de cette force vitale dans un objet précis. Or, nous le savons, c'est la culture qui véhicule les modèles.
Voilà pourquoi, par exemple, au lieu de prétendre contre toute évidence, que les tags qui défigurent nos murs, sont une forme d'art, comme le fit jadis un ministre de la culture dont je tairai le nom, il serait préférable de proposer à nos peintres sauvages d'exploiter leurs talents, en les canalisant dans des formes à la fois plus personnelles, plus esthétiques, d'un plus grand goût. Voilà pourquoi je trouve injurieux pour le peuple de parler de culture populaire. Pourquoi faudrait-il que les grands auteurs, les grands peintres, les grands compositeurs, restent la chasse gardée d'une élite jalouse de son savoir ?
Bien entendu, un tel projet culturel suppose que tous les acteurs, enseignants, médias, musées, hommes politiques, industriels des loisirs (!), etc. puissent se réunir et se mettre d'accord sur une sorte de programme minimum à proposer aux générations actuelles, plutôt que d'aller en ordre dispersé et de jouer par exemple la retransmission du match de foot contre la Star Academy, ou Patrick BRUEL au Zénith contre Johny au Stade de France. Rien de tout cela, en soi, n'est condamnable. Ce qui l'est, c'est la systématisation de ces modèles, c'est l'oubli de tout un pan de notre civilisation qui ne peut tout de même pas se résumer à la Star Academy et à Roland Garros.