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mercredi 9 mai 2018

Mercredi 09 mai 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Les faux et les vrais miracles.


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel !
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1. LE PARADOXE DE PASCAL !
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"Il y a bien de la différence entre n’être pas pour Jésus-Christ et le dire, ou n’être pas pour Jésus-Christ, et feindre d’en être. Les uns peuvent faire des miracles, non les autres, car il est clair des uns qu’ils sont contre la vérité, non des autres ; et ainsi les miracles sont plus clairs."
In
Blaise PASCAL. Pensées.
Paul Hartmann Éditeur, Paris, 1943. (Pensée N°836 ; conforme à l’édition de Léon Brunschvigg.)
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2. LE COMPORTEMENT DU DISCIPLE.
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"Nous avons pu constater au cours de ces analyses, que contrairement à ce qu’on dit, ou à ce qu’on laisse souvent entendre, l’enseignement évangélique n’est ni mièvre ni sucré. L’enseignement de Ieschoua concernant la pauvreté consentie, l’insouciance, la douceur, la pitié, la paix, l’enfance, et les lois de la genèse du royaume de Dieu, malgré les apparences, malgré surtout les caricatures dont on a recouvert l’enseignement évangélique, malgré le masque dont il a été affublé, malgré la confiserie avec laquelle on a tenté de l’enrober et de le rendre inoffensif, ― est tout le contraire d’un enseignement mièvre et efféminé. C’est un enseignement éminemment viril, profond et puissant. C’est l’enseignement de la virilité, de l’intelligence et de la puissance. C’est l’enseignement nécessaire pour que l’homme devienne vraiment homme, un homme libre, un homme achevé."
In
Claude TRESMONTANT.
L’enseignement de Ieschoua de Nazareth.
Éditions du Seuil, Paris, 1970. (Page 231.)
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3. COMMENTAIRES.
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PASCAL remarque avec une extraordinaire lucidité que bien des hommes qui se déclarent contre le Fils de l’homme peuvent faire des miracles, ceux qui font semblant ne le peuvent pas. Nous vérifions le fait tous les jours. Il suffit de lire les journaux et leurs titres aguicheurs du genre « Miracle à l’hôpital de Z…, greffe de visage réussie chez un grand brûlé », ou « Miracle au stade de Y : la remontada de l’équipe W contre l’équipe X ; elle accède à la finale de la ligue des champions ». Le mot miracle est mis à toutes les sauces, sans compter les articles, les livres, les ouvrages qui comportent comme titre « Les miracles de la science » ou incluent le commentaire dans leur sous-titre. Il s’agit là de médias qui n’ont aucune considération pour la personne de Jésus, et s’opposent à son enseignement (je ne donnerai pas d’exemples, tant ils sont nombreux ; vous pouvez les trouver vous-mêmes). Je résume : dans ce monde qui a vendu son âme à la technique et aux machines, on déclare, comme le fit il y a plus d’un siècle et demi le malheureux RENAN, que le miracle est impossible quand c’est Jésus qui l’accomplit, mais qu’il est admirable quand ses acteurs sont des hommes. Alors, oui, les miracles sont plus clairs. Mais nous oublions la question : Qu'es-tu que tu n'aies reçu ?
Les faux dévots, les hypocrites ne peuvent pas faire de miracles. Inutiles de gloser. C’est l’évidence. Ils n'osent pas prendre parti, ils relativisent...
Claude TRESMONTANT nous dit de sa belle et grande voix que le premier miracle qu’accomplit le disciple consiste à dire, à proclamer, à temps et à contre-temps une vérité dérangeante. Alors de lui-même le miracle se produit : c’est celui de mère TERESA, de sœur EMMANUELLE et de tant d’autres apôtres anonymes dont le comportement et l’enseignement sont des signes transformateurs pour l’entourage.
Le grand enjeu du pari bénédictin est bien là : se déclarer pour la vérité, et en vivre.
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4. LIENS UTILES.
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Admirable billet d’Elvire DEBORD sur Marie-Noël, l’abbé MUGNIER et le tourment de Dieu.


Pour vous, jeunes gens et jeunes filles, ce chant du groupe Glorious.


L’évêque médecin donne son avis sur le diagnostic prénatal :


Hommage à ce ministre musulman courageux qui a failli perdre la vie.


Sur le fondement des droits humains : Dieu, pas l'état, ni la loi, ni les hommes.


Fin de la persécution pour les congrégations ?


Une école du pari bénédictin recrute.


Ce n’étaient que des chrétiens ! Tout le monde s’en fout donc.


Quand Il viendra…



image from www.jeanjosephchevalier.fr

jeudi 7 septembre 2017

07 septembre 2017. Note pas si brève que ça ! Témoignage d'une enseignante de banlieue.

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Ce texte m’a été transmis par un ami alsacien. Je regrette qu’il ne soit pas signé. Mais je comprends la crainte de cette enseignante qui risque d’être blâmée, mutée, sanctionnée, pour avoir dit la vérité tout haut.
Nous laissons se développer un cancer, et nous le faisons par pure lâcheté, pour préserver une tranquillité qui, de toute façon, sera troublée par la révolte de ces banlieues peuplées de jeunes pleins de ressentiment contre une civilisation que leurs aïeux n’ont jamais pu engendrer, alors qu’ils en avaient les moyens, tant à un moment donné de l’histoire, ils ont compté de savants brillant dans toutes les disciplines. Il convient de se demander ce qui a stérilisé le génie des peuples arabes, et de pointer le rôle que la religion a joué dans ce retard. À mon regret, je dois dire que, jusqu’ici très nuancé dans mes propos, comptant par ailleurs plusieurs élèves de confession musulmane, des élèves qui m’honorent de leur affection que je leur rend, je ne voulais pas les blesser par des propos inconsidérés en pointant ce qui dans l’Islam (I majuscule, au sens du Père SOUBEYRAND) est incompatible avec notre mode de vie et de pensée. Mais il est difficile de taire ces faits quand il est encore possible de le évoquer. J’ajoute que je ne suis pas d’accord avec la généralisation de l’impossibilité pour un musulman de devenir Français et d’aimer sa patrie d’adoption, car j’ai eu des exemples admirables d’un double attachement à la patrie et aux racines.


Texte rédigé par une enseignante française

12 07 2017
Les élèves musulmans ne pourront jamais être Français... car leur religion le leur interdit. 
Témoignages:
« Je suis enseignante (prof d’histoire-géo-éducation civique) depuis plus de 20 ans. J’ai exercé dans 5 collèges de banlieue, dont deux Zep et un établissement classé zone violence. J’ai donc vu passer dans mes classes (de la 6ème à la 3ème) plus de 4000 jeunes de banlieues, que j’ai eu à charge d’instruire, d’encourager et d’accompagner, avec une bienveillance et une abnégation qui ne m’ont jamais fait défaut.
Vous prétendez que les populations des banlieues sont « mises au garage dès le collège et le lycée ? Que « le socle d’une société épanouie est l’éducation » et ..... de ce fait........ vous insinuez que les minorités ne reçoivent aucune instruction dans notre pays ? Quelle vaste blague ! Non : quelle aberration...... quelle mauvaise foi quelle vision erronée et mensongère de la réalité !
Mes élèves des cités reçoivent la même instruction que tous les petits français de souche. Leur instruction est gratuite (sans compter les aides et prestations diverses censées aider ces familles.... mais qui sont systématiquement dépensées pour tout autre chose que l’école…) 
Si, au terme d’un parcours scolaire la plupart du temps désastreux, le corps enseignant se voit contraint de leur proposer une orientation professionnelle en fin de 3ème, c’est qu’on ne peut pas raisonnablement proposer à un adolescent de 15ans d’envisager de poursuivre des études de médecine alors qu’il n’a toujours pas daigné apprendre à compter (et à parler correctement le français). Ignorez-vous l’importance de la résistance à l’apprentissage du français dans nos écoles ?
Le Français est pour eux une « langue étrangère »... la langue des mécréants » comme ils aiment à me le répéter.
Voici le fruit de ma réflexion, après 20 années d’expérience au contact de votre soi-disant « génération sacrifiée » :
Je suis en première ligne pour témoigner des moyens financiers, humains et techniques mis à dispositions de ces jeunes depuis des décennies (oui, des millions dépensés dans les collèges et lycées pour ces populations).
Je vous signale, à titre d’exemple, que le collège où je travaille actuellement met à leur disposition permanente 14 TNI ..... d’une valeur totale de 100 000 euros - un dans chaque classe-....deux salles informatiques contenant 50 PC avec connexion internet, une bibliothèque magnifique sur deux étages, des dizaines d’heures de soutien hebdomadaires et tutorats en tous genres (qui coûtent beaucoup d’argent à l’Etat car payés en heures supplémentaires), un service de restauration quasi gratuit, des voyages scolaires (musées, voyages en Espagne, en Italie, en Angleterre et en Allemagne, pris en charge par le foyer socio-éducatif) etc, etc, etc… Je continue ?
Les autres enfants de la commune (qui ne vivent pas dans la cité) sont loin d’avoir ce genre de privilèges.
Malgré tout, ces jeunes des banlieues (comme vous les appelez) n’ont que la haine de la France à la bouche. Leur seule référence est « le bled ». Leur seul désir : imposer leur culture en remplacement de notre culture nationale. Ils ne s’en cachent même plus : ils le revendiquent comme une fierté.
Leur communautarisme rend inopérant toute tentative d’instruction et ’intégration.
Quel que soit le sujet que j’aborde, en Histoire, en géographie ou en éducation civique, je ne rencontre de leur part que mépris et hostilité vis-à-vis de notre passé, de nos valeurs, de notre vision de la démocratie.
Je n’ose même plus prononcer le mot « laïcité » en classe, de peur de les voir me vomir dessus ou pire, m’insulter.
La plupart des collègues ont abdiqué depuis longtemps.
Hélas, j’ai cru un temps, comme vous, qu’il était possible de leur transmettre connaissances, sagesse et foi en l’avenir de notre communauté nationale.
J’ai renoncé. Je suis tous les jours confrontée aux discours les plus intolérants qui m’aient été donnés d’entendre : propos haineux à l’égard des Français, des Juifs, des femmes, des homosexuels… L’évocation du terrorisme fondamentaliste les fait sourire (dans le meilleur des cas) quand ils ne font pas ouvertement, en classe, l’apologie de l’Etat islamique et de la charia.
Notre Histoire ne les intéresse pas. Ils ne sentent aucun passé, ni aucun point commun avec les « sous-chiens » et les « faces de craie » comme ils nous appellent.
Retournez donc à l’école ne serait-ce que pour un petit stage d’une journée…  vous seriez mortifié. »
Que vont devenir ces jeunes, ne sachant rien et n’ayant dans le cœur que la haine que leur commande leur « religion » (Coran 60.4) ? Mme Najat Valaud-Belkacem a pensé à tout : par l’enseignement de l’arabe, à partir du Coran évidemment, on ne pourra que les aider à se forger une identité musulmane…
Quelle charge et quelle folie pour la société d’entretenir ceux qui veulent la détruire…
Nos responsables politiques sont inexcusables d’avoir conduit la France dans cette situation, car tout cela leur avait été annoncé depuis longtemps : le Commandeur des croyants, le Roi du Maroc, Hassan II , le Bienheureux Charles de Foucauld … 

Bobigny, 11.07.17

En lisant ce texte, je ne puis que vous rappeler ce que disait BERNANOS à propos de la lâcheté et du mépris des politiciens démocrates pour la démocratie.

"[…]. L’opinion publique doit-elle renoncer à se manifester dès que les événements prennent un certain caractère de gravité ? Mais la démocratie n’est-elle pas précisément un gouvernement d’opinion ? L’opinion n’est-elle pas la souveraine légitime des démocraties ? Que penser d’une souveraine qui abdique aussitôt que les choses se gâtent ? J’emploie, par politesse, la forme interrogative, car je sais parfaitement ce que je dois penser à ce sujet. Il y a longtemps que je suis fixé sur le secret mépris ― ou du moins la hautaine méfiance ― des politiciens démocrates envers la démocratie. […]."


vendredi 19 août 2016

19 août 2016. Nouvelles de la Résistance : égalité des chances ou égalité des résultats ? La démagogie en acte !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de 

devenir vrai. C’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"L’utopie égalitaire butte toujours sur le fait incontournable de la famille. Faut-il alors la supprimer ou ici culpabiliser les parents qui parlent avec leurs enfants et dans une langue grammaticalement correcte au risque d’en faire des privilégiés ? Ou faut-il dissocier la culture scolaire de la culture dite bourgeoise, bannir VIRGILE et CHATEAUBRIAND et renoncer à sanctionner les fautes de français ? Les sociologues critiques évitent toujours d’aller au bout de leur démonstration. La tactique est payante : l’héritage culturel est reconnu coupable et cette condamnation a contribué aux réformes qui ont modifié le modèle culturel transmis par l’école. Or une telle pratique non seulement détache les Français de leur patrimoine culturel, mais elle peut également porter préjudice à ceux qu’elle prétend aider. Les savoir-faire que l’école devait traditionnellement transmettre – l’exactitude de l’orthographe, la correction de la syntaxe, la rigueur du raisonnement – n’ont évidemment pas perdu toute valeur aux niveaux supérieurs de l’enseignement et dans la vie professionnelle. Les plus pénalisés seront alors ceux qui ne trouveront pas dans leur famille les moyens de pallier les insuffisances de l’école.
In
Philippe BENETTON
Le Fléau du bien. Essai sur les politiques sociales occidentales (1960-1980).
Robert Laffont, Paris, 1983, page 75.
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2. COMMENTAIRES.
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Elle a tout faux la belle carnassière. En supprimant quasiment le latin et le grec de l’enseignement secondaire, elle réserve aux enfants de quelques familles privilégiées l’accès à des langues qui permettent de comprendre ce que nous sommes vraiment, de rentrer dans le génie de notre culture, spécialement celle de notre propre langue. Elle ouvre ainsi la porte à l’invasion de nos esprits, je devrais dire leur empoisonnement, par l’idiome du commerce, du fric et des rapports de force : l’anglo-américain, sans même nous permettre d’accéder à la culture anglaise ou américaine dans ce qu’elle a de profond et même de sublime. En fait, madame VALLAUD-BELKACEM confond l’égalité des chances avec l’égalité des résultats, laquelle explique que plus de 80 % des candidats au baccalauréat sont reçus au nom de ce principe !
Il est pourtant avéré que la maîtrise de la langue française, de son orthographe et de sa syntaxe plus que l’accumulation de savoirs qui deviendront rapidement dépassés, est la clé de l’insertion professionnelle, sociale et culturelle.

Elle a tout faux la belle carnassière. Et vous comprenez pourquoi il est nécessaire de détruire la famille, qui heureusement, reste une des rares valeurs sûres dans l'opinion de nos compatriotes.

lundi 12 septembre 2011

Une pensée de Confucius

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Je dois m'absenter deux jours. Voilà une pensée de CONFUCIUS qui sera commentée à mon retour.
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"On peut forcer le peuple à obéir. Nul ne saurait l’obliger à comprendre"
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C'est bien là une partie du problème ! Appel urgent aux enseignants !

mardi 6 septembre 2011

Metro bobo

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Ramené par l'un des miens, ce numéro du journal gratuit Metro traînait sur la table basse de notre salon. Je n'ai pas pu résister et j'ai ouvert pour le lire l'exemplaire d'un journal que je considère comme tendancieux et partial. Articles qui reprennent les dépêches d'agence, courrier (très instructif) des lecteurs, minisondages (on apprend, page 10, que 62 % des lecteurs estiment que Jacques CHIRAC doit se rendre à son procès ; si la situation n'était pas aussi tragique, on attribuerait à l'anosognosie dont souffre l'ancien Président de la République le fameux "Je voterai HOLLANDE" ; l'anosognosie n'est-elle pas l'ignorance de son mal par le patient ?), et puis la Tribune libre. Celle du lundi 5 septembre a été commise par Francis METIVIER. Elle s'intitule "La morale de l'histoire".
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Je ne suis pas, comme monsieur METIVIER, auréolé du titre de Professeur de Philosophie, titre qui donne à son propriétaire la réputation du "sachant". Mais enfin il  m'arrive de penser. Et je dois dire que le contenu de cet article me donne à le faire, en me faisant du reste sursauter assez régulièrement d'étonnement ou d'indignation. Monsieur METIVIER s'interroge sur le retour de la morale à l'école, voulu par Luc CHATEL, l'actuel ministre de l'Education Nationale, l'immortel introducteur de la théorie du genre dans le programme des Sciences de la Vie dispensées aux élèves des classes terminales.
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Monsieur METIVIER commence par dénoncer l'emploi du terme "Retour" qu'il associe à "l'honnête homme" (quoique je n'eusse jamais lu cette expression dans les circulaires officielles instaurant cet enseignement). Il ironise : "Ce n'est pas retour vers le futur " mais "avancées vers le passé". Première erreur car ce commentaire est un jugement dépourvu de tout contenu informatif, et revient à faire comprendre au lecteur que tout ce qui serait ancien ou passé serait dépourvu de valeur. Monsieur METIVIER s'inscrit d'emblée dans la lignée des "progressistes" pour qui il n'est de (momentanément) bon que ce qui est nouveau. Absence totale d'esprit critique... Il donne ensuite une définition personnelle de l'honnête homme ce "concept - désuet donc [noter le jugement avant l'énoncé de l'objet du jugement]- désignant au XVIIe siècle un homme possédant assez de savoir pour être socialement agréable". Cette définition est au pire une imposture au mieux une erreur qui traduirait alors une connaissance assez superficielle de ce qu'était un "honnête homme" dans le Grand Siècle. Il continue :  "La question est : possédait-il suffisamment de réflexion pour être sincère ?" Admirable tour de passe-passe qui consiste à faire passer sous la forme d'une question anodine, un jugement de valeur sur les hommes de l'époque se réclamant de cet idéal. Mais il faut lui répondre. Il se peut qu'il y ait eu des hypocrites. Il se peut aussi qu'il y ait eu des hommes sincères. Et je ne pense pas que DESCARTES, PASCAL, MOLIERE, BOILEAU, CORNEILLE, RACINE et tant d'autres gloires aient été dépourvus de sincérité. De plus, comme nulle enquête sociologique, nul sondage, nulle étude scientifique n'ont été faites et ne pourront jamais l'être sur l'honnête homme du XVIIe siècle, on en est réduit, en bon historien, a analyser ce qu'eux-mêmes disaient de cette question. Mais il est vrai que monsieur METIVIER, lui, est un homme parfaitement sincère, à la différence de ces réprouvés.
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"Que voir dans ce programme si ce n'est l'art de travailler les apparences et l'apprentissage de l'hypocrisie sociale ?" Et de rameuter à sa cause notre Blaise PASCAL qui n'en demanderait pas tant s'il était encore de monde. Pour monsieur METIVIER, la morale se résume donc à l'apprentissage de l'hypocrisie sociale ? Et il se dit philosophe ? Il devrait relire KANT. Il poursuit : "Ne confondons pas le cours du professeur et celui du courtisan !" Personnellement, j'aurais garde de ne faire ni l'un ni l'autre. Car la morale n'a rien à voir avec ce que dit notre philosophe. Mais puisqu'il lui faut faire moderne, il tente de rallier à sa cause PINK FLOYD ("PINK FLOYD avait peut-être raison : 'We don't need no education.' ") C'est effarant, proprement effarant. Et ça lui épargne, à lui, l'effort de mettre en pratique ce qu'il enseigne. Je vois du reste dans ce renoncement à l'élévation personnelle la raison essentielle de ses remarques. Mais rien ne l'empêche d'être sincère et de mettre en pratique le respect d'autrui, le civisme, la courtoisie, non pas par hypocrisie sociale, non pour respecter les apparences, mais parce que "moralement c'est juste".
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Là où je suis d'accord avec lui, c'est quand il établi une distinction entre la morale et l'éthique.  Simplement il ne voit pas que la morale est fondée sur la loi naturelle, et l'éthique sur la définition de normes de comportement socialement acceptables (et à moi, il me semble que l'éthique est justement la science de l'hypocrisie sociale : la loi permet ; la loi interdit ; je respecte la loi ; je n'ai rien à me reprocher !)
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Cerise sur le gâteau, monsieur METIVIER estime qu'il est dangereux de faire réfléchir "les enfants sur des notions aussi subjectives que celle du bien et du mal si l'on n'a pas acquis une qualité non pas morale mais éthique : le recul nécessaire à la neutralité du pédagogue". Auparavant, il aura mis en doute la capacité des instituteurs à exercer leur scepticisme de manière fructueuse : "Les instituteurs sont-ils formés à une telle maïeutique ?". Voilà qui va certainement leur faire plaisir. Personnellement, j'ai vu un plus grand nombre d'instituteurs transmettre par l'exemple de leur vie les valeurs morales à leurs petits élèves, que des agrégés ou des professeurs d'Université (je les connais bien). Je doute toutefois qu'il faille hésiter sur l'impératif de respecter toute vie humaine, de ne pas convoiter le bien d'autrui, de ne pas faire de faux témoignages, d'honorer son père et sa mère. Il n'y a pas besoin de maïeutique, d'esprit critique, de grandes études philosophiques pour comprendre la valeur absolu de ces obligations ou de ces interdictions. Encore une fois, comme tant d'autres, Francis METIVIER confond les impératifs apodictiques et les prescriptions casuistiques qui, je le lui accorde, peuvent varier, et heureusement varier, avec le temps.
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Je proposerais volontiers de renommer le journal Metro ; et je suggère un nouveaux titre : Metro des bobos. Car publier de tels propos sans mettre en regard un point de vue contradictoire relève de la propagande, pas de l'information, et traduit la nécessité économique de la rédaction : s'assurer un lectorat régulier, branché, qui lui permettra de faire vivre le journal en vendant des espaces publicitaires à des grossiums du CAC40 ou de la bourse.
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Il me semble que ce texte illustre parfaitement deux conceptions parfaitement opposées de la morale. J'en avais donné les caractéristiques dans un récent billet. Je vous y renvoie. Ce sera (presque) tout pour aujourd'hui, car je reviendrai sur un commentaire de Roparz HEMON sur mon attachement (très relatif, je le lui assure) à la Marseillaise.

mardi 7 septembre 2010

Matière à réflexion pour les acteurs de l'éducation nationale

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Au moment où, après seulement une petite semaine de cours, les enseignants sont en grève, il est intéressant de rappeler quelques statistiques sur les performances des établissements publics et privés. On considère en général que c'est là un bon indice de la qualité d'un lycée. Mais si l'on inclut la notion de valeur ajoutée à cette reussite, c'est-à-dire les chances de sortir bachelier quand on entre en seconde, on obtient un tout autre tableau que le trompe l'oeil du succès brut.

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La valeur ajoutée est la différence en positif ou en négatif, entre le pourcentage effectif des bacheliers (ici les chiffres que je vais citer sont de 2009) et celui que l'on attend, compte tenu des origines sociales des élèves, de leur âge et de leur note. Ces chiffres sont établis par les services du Ministère de l'éducation nationale. Le journal Le Monde les a publiés et commentés (objectivement, je tiens à le dire, car une fois n'est pas coutume) dans son numéro du vendredi 20 août 2010.
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Si l'on tient compte de la valeur ajoutée, on constate que les lycées privés sous contrat occupent 62 des 100 premières places du classement. Le tout premier est l'externat Saint-Joseph de Cayenne, dont la valeur ajoutée est de 24 % (95 % de bacheliers effectifs pour 71 % attendus). En deuxième et troisième positions, avec une valeur ajoutée de 19 % et un pourcentage de 100 % et 96 % respectivement, l'institution Saint-Joseph de NAY (Pyrénées atlantiques) et le lycée Henri-Leroy de PORT SAINT-LOUIS-DU-RHÔNE). A la quatrième place, Notre-Dame-Saint-Vincent-de-Paul (PARIS ; 94 % de réussite et 15 % de valeur ajoutée). De la cinquième à la huitième place, quatre établissements privés, dont deux ont un taux de réussite de 100% et qui ont tous une valeur ajoutée de 13 %.
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Le journal note que ces résultats sont une pierre dans le jardin du service public. Et il observe que sur les 100 premiers établissements, 62 sont des établissements privés. Le lycée public Camille Desmoulins du Cateau-Cambrésis (Nord) tient une honorable 9e place. Son proviseur note que si ses élèves obtiennent leur baccalauréat à 82 %, le taux attendu est de 69 %. La performance est remarquable. Mais plus remarquables encore sont les remarques judicieuses de cette enseignante, madame Marie-Claire DAME. Ces résultats sont obtenus dit-elle "par la réactivité de l'équipe pédagogique. On organise une réunion à midi dès qu'un professeur principal voit qu'une classe dérape. La stabilité de l'équipe enseignante est bénéfique, d'autant qu'elle a le souci de développer l'image de marque de l'établissement. La discipline aussi est de mise : les élèves qui ratent un devoir sur table le rattrapent à leur retour, et ils ne sont pas autorisés à quitter l'établissement entre deux heures de cours." Résumons : amour du métier, exigence de qualité, absence de démagogie, discipline, remédiation.
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Je voudrais bien savoir pourquoi ce sont les établissements privés qui tiennent le haut du pavé dans ce classement. Il n'est pas question d'accabler les enseignants du public. J'en ai fréquenté et interrogé des dizaines : ils sont remarquables. J'ose donc une hypothèse explicative : c'est le système qui ne fonctionne pas : centralisation, pesanteur administrative, crainte des inspections (encore que les enseignants du privés soient eux aussi inspectés), pression syndicale, idéologie égalitariste. Marie-DURU-BELLAT qui donne sa conclusion à l'article note avec bon sens : "Refuser de voir les écarts entre établissements, c'est la politique de l'autruche". Il serait intéressant d'étudier les facteurs qui rentrent en cause dans la différence entre établissements de même catégorie.
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L'enseignant par vocation a besoin d'un peu de liberté et dans les méthodes et dans les programmes, oui, dans les programmes ; il est parfaitement concevable que, sur 100 heures d'enseignement d'une discipline, l'enseignant puisse disposer de 20 heures où il enseignerait, dans cette discipline, un sujet de son choix. Il y aurait des surprises...
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mercredi 18 août 2010

Dommage qu'on ne l'ait pas écouté

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Je relis rapidement quelques discours de JAURES à la Chambre des Députés. J'ai déjà dit combien je trouvais l'homme intègre, quand bien même, à l'étudier de plus près, il me paraît être tout entier la proie de l'idéologie. Il y a en lui un mélange d'internationalisme prolétarien et de patriotisme populaire dont on se demande comment ils peuvent cohabiter. Mais ils l'on fait.
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Or donc, le 2 décembre 1888, on peut lire dans le Journal Officiel la totalité d'un discours du tribun, prononcé à l'occasion d'un débat sur l'école communale. Il y expose sa doctrine sur ce que doit être cette école. Après avoir constaté que l'école ne continue pas la vie de famille mais qu'elle prépare et inaugure la vie des sociétés, ce qui est une évidence que bien des pédagogues devraient se remettre en mémoire, JAURES poursuit :
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"Est-ce à dire que les familles, qui sont, après tout, cette partie de la société qui a l'intérêt le plus direct dans l'éducation des enfants, ne doivent pas être entendues ? Est-ce à dire qu'il n'est pas utile, même au point de vue social, de tourner au profit de tous leur sollicitude passionnée pour quelques uns ? Oui, à condition que dans ce métier d'éducateur, où la tendresse ne suffit pas, elles fassent leur apprentissage et leurs preuves. Or, à l'avenir les programmes seront discutés bien loin des familles, tout contrôle leur échappera, et même jusqu'à la pensée d'en exercer un. Le peuple sera obligé de subir passivement pour ses fils un enseignement qu'il n'aura pas préparé, comme la bourgeoisie a subi depuis un siècle un enseignement qui avait été réglé sans elle. Laissez, au contraire, à quelques municipalités la gestion de quelques écoles indépendantes, et les municipalités mettront tous les jours les familles en face des problèmes d'éducation."
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Et, un peuplus tard, ceci : "Je développe simplement cette pensée, que le jour où les programmes seraient contrôlés par l'expérience même des enfants du peuple, que le jour où les travailleurs pourraient dire ce qui les a le plus soutenus dans les combats de la vie, ce jour-là, nous aurions des programmes mieux adaptés aux exigences, aux nécessités de la vie quotidienne."
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Moyennant quoi, les programmes scolaires continuent d'être concoctés par des Trissotin de la pédagogie dans les bureaux du Ministère (ah ! le "référentiel bondissant" qui désigne le ballon dans les sports collectifs décrits par les circulaires techniques !) ; on oblige des jeunes gens et des jeunes filles à aller à l'école jusqu'à 16 ans, alors qu'ils réclament tout autre chose pour leur vie mais savent à peine lire, ce qui est désastreux, et que les familles se tournent de plus en plus vers l'enseignement privé, plus libre dans ses méthodes, et mieux disposé à écouter les parents. JAURES retirera l'amendement qui tendait à laisser beaucoup d'indépendance et de liberté pédagogique aux Ecoles communales, et il aura ces mots tristes : "C'est avec confiance que je remets [au Ministre de l'Instruction publique] le soin de corriger l'excès de la centralisation scolaire."
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Une chanson, une jolie chanson, dit dans son refrain : "Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?". J'aurais envie d'ajouter : "Pourquoi ne l'ont-ils pas écouté ?".

dimanche 18 juillet 2010

Confucius et l'enseignement

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Donc, je le disais hier, tout être humain est en puissance membre d'une Pléiade. Où que je tourne ma pensée et mon regard, je constate que, toujours, les philosophes ont considéré qu'il était important d'apprendre auprès d'un Maître, un Maître qui fût aussi un Sage, pour devenir cet homme aux potentialités accomplies. C'est à ce prix, mais à ce prix-là seulement qu'accédant à la connaissance, antichambre de l'amour, on peut trouver le bonheur.
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Dans le livre remarquable qu'il a consacré à CONFUCIUS, Jacques SANCERY dit ceci de l'éducateur né que fut Maître KONG : "Selon la conception de CONFUCIUS, tout homme a le droit de pouvoir bénéficier d'une instruction, son statut social d'origine ne devant, en aucune manière, être un obstacle au désir ou à la faculté d'être éduqué. Ainsi, dans son école, ses leçons pouvaient être écoutées par quiconque désirait apprendre, et n'étaient pas réservées aux seuls gens de condition ou aux fils de dignitaires. C'était une extraordinaire innovation, qui bouleversait une tradition séculaire, et allait à l'encontre des antiques préjugés."
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Deux conditions, qui du reste de sont point exclusives l'une de l'autre, étaient requises pour suivre les leçons du Maître. Il ne vérifiait pas a priori que ses auditeurs y satisfaisaient. Leur seule présence suffisait à le garantir, puisque nul n'était obligé de venir l'entendre. Ces conditions sont très claires : le désir et la faculté.
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Il y a dans l'énoncé de ces conditions et les modalités de leur exercice bien des leçons à tirer pour aujourd'hui. (a) Il est impossible d'enseigner à des élèves qui n'en ont pas le désir. On peut tout juste leur apprendre quelques notions, mais il est difficile de les faire accéder à la connaissance. Il est donc, selon moi, indispensable de chercher les moyens de susciter le désir de connaître. Et, paradoxalement, ce n'est pas en présentant le contenu de l'enseignement de manière ludique qu'on y parvient, car on n'arrivera jamais à le présenter comme un jeu aussi attractif que les vrais jeux. (b) La question de la faculté, ou des aptitudes si l'on préfère, est d'une importance tout aussi capitale. Outre les notions de base, indispensable socle sur lequel s'édifie la connaissance, accessibles à tous et à toutes moyennant effort et exercices nombreux, il y a les multiples disciplines de l'esprit et du corps. Les uns, sous le charme de la langue, seront portés vers la littérature, la philosophie, le théâtre, ou que sais-je encore. D'autres, plus soucieux des faits et de l'expérience, se sentiront du goût pour les sciences de l'ingénieur, pour les disciplines scientifiques, le commerce. Quelques uns, encore, amoureux du silence, de la nature, de la vie au grand air, préféreront se lancer dans l'agriculture ou l'élevage. Ravis de voir prendre forme sous leurs yeux un beau meuble, de trouver une nouvelle jeunesse à une vieille guimbarde, de redonner vie à des machines tombées en panne, de construire de belles maisons ou des immeubles, certains choisiront d'être ébéniste, garagiste, plombier, maçon. Et comme il est très rare que le désir ne s'accorde pas aux aptitudes quand on est libre de lui donner cours, il y a là une voie à explorer de toute urgence. Elle exclut que le monde de l'éducation nationale donne, aussi bien symboliquement que factuellement, la prééminence aux carrières purement intellectuelles et considère les filières techniques ou professionnelles comme dévalorisées et dévalorisantes.
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Selon moi, ce dernier point est capital. Il n'y a aucune raison de trouver qu'un BEP de maçon a humainement et socialement moins de valeur qu'un doctorat en mathématiques. Il y a des maçons heureux ; ils excellent dans leur métier et croulent sous la demande. Il y a des docteurs en mathématiques malheureux (j'en ai connu !) qui végètent derrière leur ordinateur. Tant que notre société jettera un regard négatif sur les premiers et admiratif sur les seconds, on n'est pas près de changer les choses. On ne risque pas de rendre heureux les hommes et les femmes d'aujourd'hui. Or c'est la condition exigée pour devenir grand. Car on ne peut devenir grand si l'on n'est pas heureux.
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samedi 3 juillet 2010

Vous devez lire Taine

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TAINE est un homme admirable. Vous devez lire pendant vos vacances son oeuvre majeure : Les origines de la France contemporaine. Il faudrait tout citer, tout mémoriser de cet ouvrage monumental, tant l'analyse est fine et le jugement lumineux. Je vous recommande tout particulièrement la troisième et dernière partie, intitulée "Le Régime moderne" et dans cette partie, le livre sixième, L'école. Vous comprendrez pourquoi le système de l'éducation nationale est une entreprise totalitaire. Du reste, le résumé de ce livre, porte en son milieu cette phrase significative : L'objet du corps enseignant est l'adaptation de la jeunesse à l'ordre établi.
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Je vais, pour aujourd'hui, vous livrer deux extraits significatifs de ce monument d'érudition, me réservant le droit d'y puiser à nouveau quand il le sera nécessaire. TAINE a tout vu, prévu, prophétisé. Et le lamentable état de notre patrie n'est que le résultat de l'action de songe-creux qui ont placé le système avant le réel. J'affirme que la faillite de l'enseignement et ses conséquences sociales ne sont aucunement de la responsabilité des enseignants dont le dévouement est admirable ; il résulte de l'incurie, de la démagogie et de la fausseté de conception de nos responsables politiques quelle que soit leur affiliation partisane.
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Première citation du Livre sixième.
"Au fond, le jacobin est un sectaire, propagateur de sa foi, hostile à la foi des autres. Au lieu d'admettre que les conceptions du monde sont diverses et de se réjouir qu'il y en ait plusieurs, chacune adaptée au groupe humain qui le professe et nécessaire à ses fidèles pour les aider à vivre, il n'en admet qu'une, la sienne, et se sert du pouvoir pour lui conquérir ses adhérents. Lui aussi a ses dogmes, son catéchisme, ses formules impératives, et il les impose. - Désormais, l'éducation sera non seulement gratuite et obligatoire, mais laïque et purement laïque. Jusqu'ici, la très grande majorité des parents, la plupart des pères et toutes les mères avaient souhaité qu'elle fût en même temps religieuse. Sans parler des chrétiens convaincus, beaucoup de chefs de familles, même tièdes, indifférents ou sceptiques, jugeaient que cette mixture valaient mieux pour les enfants, surtout pour les filles. Selon eux, la science et la croyance ne devaient point entrer séparés, mais combinées et en un seul aliment, dans les très jeunes esprits ; du moins dans le cas particulier qui les concernait, cela, selon eux, valait mieux pour leurs enfants, pour eux-mêmes, pour la discipline intérieure de leur maison, pour le bon ordre à domicile dont ils étaient responsables, pour le maintien du respect et la préservation des moeurs."
Cette vue prophétique explique le succès de l'enseignement libre catholique, rend compte de la démission de nombreux parents dans l'éducation de leurs enfants, et permet à madame ROYAL de donner ses chèques contraceptions aux jeunes lycéennes de sa région. C'est que dans son esprit, le plaisir passe avant le bonheur.
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Mais ce n'est pas tout. Deuxième citation du Livre sixième.
"Le jeune homme a subi trop de crève-coeur. Quelquefois avec ses intimes, aigris et fourbus comme lui, il est tenté de nous dire : Par votre éducation, vous nous avez induit à croire, ou vous nous avez laissé croire que le monde est fait d'une certaine façon ; vous nous avez trompé ; il est bien plus laid, plus plat, plus sale, plus triste et plus dur, au moins pour notre sensibilité et notre imagination ; vous les jugez surexcitées et détraquées ; mais, si elles sont telles, c'est par votre faute. C'est pourquoi nous maudissons et bafouons votre monde tout entier, et nous rejetons vos prétendues vérités qui, pour nous, sont des mensonges, y compris ces vérités élémentaires et primordiales que vous déclarez évidentes pour le sens commun, et sur lesquelles vous fondez vos lois, vos institutions, votre société, votre philosophie, vos sciences et vos arts. - Et voilà ce que la jeunesse contemporaine, par ses goûts, ses opinions, ses velléités dans les lettres, dans les arts et dans la vie nous dit tout haut depuis quinze ans."
Ainsi s'achève, prophétiquement, ce chef d'oeuvre d'histoire. Là encore TAINE a tout vu : le phénomène des bandes, le rejet de l'ordre établi, les extravagances vestimentaires ou musicales, les soûleries dans les boîtes. Oui, voilà ce que nos institutions offrent comme grain à moudre à la jeunesse contemporaine. TAINE ne serait point étonné de la voir en cet état.
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Allons, un effort, messieurs et mesdames les responsables politiques. Vous voyez bien qu'il n'y a pas d'égalité, car dans toutes les couches de la société, il y a des avantages ; il n'y a pas davantage de liberté, accablé que nous sommes par la réglementation et les contrôles de toutes sortes. Ne parlons pas de la fraternité, dont le substitut pâlot est la solidarité, laquelle n'est qu'une solidarité fiscale, et non point existentielle. Nous sommes en train de crever de l'idéologie prétendue "républicaine" qui ne fait droit ni à la diversité d'opinions, ni à la responsabilité des familles, ni aux communautés naturelles.
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jeudi 18 mars 2010

La laïcité est une croyance...

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Il y a quelques jours, je faisais allusion à un ouvrage fort intéressant de Cynthia FLEURY, intitulé Les pathologies de la démocratie. Elle tient sur la laïcité des propos qui me paraissent devoir être relevés et critiqués. Les voici :
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"Valeur de l'âge adulte, la laïcité l'est, de par notamment ce goût de la grandeur qui n'est pas celui du grandiose, mais qui demeure celui d'une certaine dignité et noblesse de l'esprit. Une culture de l'autonomie. En ce sens, pour les Français, lui préférer une laïcité dite ouverte, ce serait presque choisir de régresser en se maintenant dans un infantilisme déguisé qui consiste à préférer l'équivalence des idéologies à leur mise à nu (hautement plus déroutante) et à privilégier l'attachement avec (sic) la famille ou avec la communauté. Pour ceux qui sont issus de la tradition française, la laïcité à l'anglaise, appliquée soudainement en France, ressemblerait davantage à une règle de gestion des communautarismes, voire le choix de l'affect et de l'émotion contre celui de la raison. Ce refus de l'affranchissement idéologique pourrait alors masquer celui de grandir. C'est comme si toute une société se donnait un blanc-seing pour ne pas sortir de l'infantilisme. Grandir c'est d'abord se détacher, des siens et des autres, etc."
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Quelques lignes plus loin, l'auteur reprend en citant Michel FOUCAULT (L'herméneutique du sujet) : "L'enseignement est toujours 'Une critique du milieu familial, non pas simplement dans ses effets éducatifs mais [...] par l'ensemble des valeurs qu'il transmet et impose, c'est-à-dire, une critique de ce que nous appellerions dans notre vocabulaire l'idéologie familiale'."
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Il apparaît que la philosophe, dans ce texte, justifie l'entreprise totalitaire de l'Etat visant à détacher les personnes de leur milieu naturel, celui de la famille, par le moyen de l'enseignement prétendument laïc.
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Mais revenons au texte. En quoi la laïcité serait-elle une valeur de l'âge adulte (sous-entendu, il faut le dire par honnêteté, de la démocratie moderne et de l'homme adulte, mais exprimé dans un contexte tel que cela revient à sous-entendre l'infantilisme de toute croyance) ? A voir le nombre croissant d'adultes qui se convertissent, souvent, mais non exclusivement, au christianisme, on peut supposer qu'empêcher les jeunes élèves de trouver du sens à leur vie autrement qu'en analysant l'idéologie républicaine, aboutit à atomiser encore davantage la personne, réduite alors à la dimension de l'individu, et que, l'homme étant ce qu'il est, et cherchant du sens à sa vie, il est amené un jour à se poser les questions essentielles que l'enseignement refuse de poser à son bénéfice. Il serait juste, et scientifiquement fondé, d'étudier les effets de cette soi-disant et prétendue supériorité de la laïcité à la française sur les comportements civiques, sociaux et moraux.
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Continuons. Où Cynthia FLEURY voit-elle un goût de la grandeur dans la laïcité ? Une certaine dignité et noblesse de l'esprit, comme si une autre croyance n'embrassait pas ces perspectives ? La laïcité peut avoir de la grandeur, en effet, si elle s'appuie sur le stoïcisme. Il n'y a rien de tel dans les propos que je critique, même si on peut par sympathie pour l'auteur, imaginer qu'elle le sous-entend. Et en quoi les croyances seraient-elles des idéologies qu'il conviendrait d'opposer à la laïcité qui n'en serait pas une, et auxquelles il conviendrait de faire échapper les élèves ? Est-ce pour leur bonheur ? Mais pourquoi l'Etat se mêlerait-il du bonheur spirituel et intellectuel des citoyens, si ce n'est dans un but de contrôle social ? Et en quoi l'affect et l'émotion, composantes essentielles du psychisme humain, devraient-ils être évacués de l'enseignement (tout à fait théoriquement, seulement dans les mots ; il faut entendre l'émotion qui connote le discours du tenant de la laïcité à la française) ? Et si c'était là une des clés de l'échec scolaire que ce froid rationalisme ? "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas", ne l'oublions pas.
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Mais les propos les plus dangereux sont ceux qui portent sur la famille. L'Etat contrôle la manière dont les parents s'occupent de la vie matérielle et de la santé de leurs enfants : PMI, vaccination, enquêtes sociales, lois et règlements, etc. Il sait condamner les parents qui ne traitent pas bien leurs enfants. Il reconnaît donc que ceux-ci ont une obligation à l'endroit de leur progéniture. Mais l'Etat, par l'enseignement viserait à ôter à ceux-ci le droit parfaitement naturel de leur transmettre des valeurs qu'ils jugent bonnes pour leur bonheur ? En quoi l'Etat serait-il mieux placé que les parents pour remplir cette tâche ? Et en quoi cette transmission serait-elle une idéologie familiale ? Ce serait vrai si cette transmission était érigée en système général dans lequel on ferait rentrer l'enfant.
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Si la laïcité ne voulait point prendre cette position surplombante et qu'elle s'examinât au même titre que les autres croyances, je croirais en l'honnêteté de son objectif. Jamais il n'y a eu sur la laïcité d'enseignement critique voulu par l'Etat. La valeur est imposée, sanctifiée, mythifiée. La laïcité est une croyance comme une autre. A ce titre elle mérite d'être interrogée comme toute religion. Au combat de la comparaison avec l'enseignement de Jésus, je doute fort qu'elle gagne.

dimanche 13 septembre 2009

Mixité sociale

Le rectorat de l'Académie de Paris signale que la mixité sociale a progressé dans les lycées parisiens à la rentrée de l'année académique 2009-2010. Il l'impute "au nouveau mode d'affectation informatisé", ce qui est une explication secondaire et superficielle du phénomène. Jamais des lycées réputés, comme les lycées Sophie-Germain, Racine, Henri-IV, etc. n'ont accueilli autant de boursiers en seconde.
Un esprit non prévenu s'interrogerait davantage et avec un peu plus d'esprit critique sur l'origine de ce phénomène. Mais demander cet effort à des fonctionnaires de l'éducation nationale, englués dans l'idéologie de l'égalité, viscéralement opposés à l'actuel gouvernement, c'est trop.
Il me semble, moi, que c'est la désectorisation qui est responsable de cette augmentation de la mixité sociale dans les bons lycées. Depuis que les élèves peuvent demander de s'inscrire dans l'établissement de leur choix, il est plus facile à ceux qui le désirent, et en ont l'ambition et les moyens intellectuels, d'aspirer au meilleur. Les proviseurs ont plus de latitude pour déceler les talents, apprécier les motivations des candidats, et les choisir en fonction des critères qui caractérisent leur établissement. Il faut en effet cesser de raconter que tous les lycées se valent ; nous savons bien que c'est faux. Henry IV, Saint-Louis, Louis le Grand, sont bien meilleurs que les nombreux lycées Pablo Picasso, Prévert, et autres éponymes de gauche, qui émaillent les banlieues des grandes villes. On peut le déplorer, on ne peut pas décréter leur équivalence absolue avec les grands lycées parisiens.
Il est évident que les enseignants de ces lycées ne sont pas responsables de cet état de fait ; celui-ci est en partie dû à la nature du recrutement. Donner sa chance à un jeune talentueux qui vient des banlieues (comme l'a fait le Directeur de Science Po à Paris), me semble être la meilleure façon de lutter contre les inégalités.
L'idéologie de gauche, en imposant la sectorisation, a fait la fortune de l'enseignement privé. Les parents, et non les éléphants, éléphanteaux et éléphanticules, sont les seuls et premiers responsables de l'éducation des enfants. C'est leur droit naturel, absolu, et imprescriptible. Ils veulent pour eux le meilleur, et quand ils voient les désordres, les violences, l'absence de sanctions et de discipline dans nombre d'établissements, ils n'ont pas envie de voir leurs enfants confrontés à ces dysfonctionnements. En vérité, plutôt que de proclamer en sautant sur son fauteuil : "égalité, égalité, égalité", "enseignement de riches", etc., il serait bien préférable de chercher concrètement comment rétablir l'ordre, assurer la transmission des savoirs, former des citoyens dans ces établissements difficiles, dans le respect des élèves. A mon humble avis, il faudrait déjà en diminuer la taille, y avoir des classes moins surchargées, y mettre les meilleurs enseignants - à condition qu'ils soient volontaires, chevronnés, et évalués quant à leurs aptitudes psychologiques, qu'ils aient un traitement nettement supérieur, et un nombre d'heures de cours inférieur à ceux de leurs collègues enseignant dans des lycées plus faciles. Tout cela requiert un esprit concret, des recherches pratiques sur les contenus et les méthodes des enseignements, du dévouement, de l'opiniâtreté. Le système napoléonien qui est encore le nôtre n 'est certes pas à la hauteur des défis.
En vérité, charger l'état d'organiser l'enseignement public, est une aberration politique et sociale. J'ai déjà expliqué, il y a de très nombreux billets, que la responsabilité de l'état devrait se borner à la collation des grades, à la définition très souple des programmes, à la vérification préalable de la qualification des enseignants, et à l'attribution à chaque famille d'une allocation d'enseignement destiné à payer l'écolage dans les établissements choisis par les parents. Tout le reste devrait être organisé privément. Que voulez-vous, pour moi c'est cela liberté. Et là-dessus je pourrais raconter comment mon professeur de philosophie, marxiste notoire et patenté, a tenté de nous endoctriner pendant un an. Je dois vous dire - c'est ainsi - qu'avec moi, il est tombé sur un bec !

jeudi 25 septembre 2008

Merci à Véronique !

Heureusement, la plupart de nos enseignants ont la tête sur les épaules. Un professeur de français en ZEP, madame Véronique BOUZOU, publie aujourd'hui un éditorial intitulé : Mes élèves n'iront pas voir voir la Palme. Son analyse est pleine de bon sens. Elle commence par déplorer que la Mairie de Paris souhaite inviter 10.000 élèves de 4e et 3e de Collèges parisiens situés en ZEP à aller voir gratuitement ce film. Et elle fait ce constat : Tout au long du film, qui ressemble à s'y méprendre à une émission de téléréalité, les jeunes passent leur temps à invectiver le professeur ! L'enseignant laisse faire... Comment exiger alors des élèves qu'ils soient assidus et concentrés en classe quand ceux d'Entre les murs reçoivent la Palme d'or en récompense de leur mauvaise conduite.
Et elle conclut : Boycotter ce film, c'est refuser les clichés, les compromis et la mainmise des puissants sur la destinée des plus faibles. C'est également dénoncer la récupération financière de la Palme d'or qui sert les intérêts d'une minorité au détriment du plus grand nombre.
Plusieurs remarques. D'abord merci à madame BOUZOU ; c'est une femme qui pense et qui analyse les faits, avant de conclure. Elle est loin de l'idéologie du politiquement correct, et de cette gauche caviar qui s'imagine régler le problème des ZEP en canonisant la faiblesse, pour ne pas dire plus, d'un enseignant, en faisant pleurer Margot dans les chaumières, et en gonflant l'égo de collégiens qui méritent mieux que ce mépris. Madame BOUZOU a sur ces messieurs du jury un très gros avantage : elle enseigne en ZEP. Elle n'emmènera pas ses élèves voir ce film. Elle invite à son boycott. Je la soutiens. J'ai vu quelques scènes de ce film. C'est lamentable.
J'ai voulu lire le roman qui a engendré le film. J'ai abandonné au bout de vingt pages. Il s'agit d'une oeuvre qui frise la nullité. Sur son auteur, j'ai un petit avantage. Les trois dernières années de ma carrière universitaire, j'ai donné bénévolement des cours à des jeunes issus de quartiers sensibles, et qui désiraient passer le Diplôme d'Accès aux Études Universitaires (DAEU). Je me souviens leur avoir dit combien l'effort quotidien, l'investissement personnel, et SURTOUT une bonne maîtrise de la langue était indispensable pour monter dans l'ascenseur social. Et il me souvient justement d'un jeune qui, en plein cours, m'a dit : M'ssieu, j'ai épaté mes copains. J'ai utilisé le mot "fallacieux" ; ils ne savaient pas ce que ça voulait dire, je leur ai expliqué. J'avais intentionnellement utilisé et expliqué ce mot lors d'un précédent cours, et je m'appliquais toujours à soigner ma langue. Vouloir pour ces jeunes le meilleur, exiger d'eux le meilleur, c'est ne pas les mépriser, c'est leur faire confiance, c'est leur dispenser l'enseignement le plus profond, le plus élevé possible, comme aux fils et aux filles de famille. Tout le reste est de la littérature. Et si en plus, on leur manifeste le respect auquel ils ont droit et qui nous permet d'exiger en retour un respect analogue pour notre personne, si on leur manifeste de la compréhension, de l'écoute, de la bienveillance et de l'affection, il se tisse des liens indestructibles. Et il me plaît ici d'évoquer deux de mes anciens, STEVE et JONATHAN, avec qui j'ai toujours gardé des contacts personnels. Quelle rencontre ! Ils sont merveilleux, et ils ont fait leur chemin.
Encore une fois, merci à Véronique BOUZOU.

jeudi 5 juin 2008

A propos du sens

Il y a bien longtemps, j'ai eu l'occasion d'entendre Armand ABECASSIS soutenir, à STRASBOURG, une thèse remarquable devant un jury constitué - excusez du peu - d'Emmanuel LEVINAS, Georges GUSDORF, Michel TARDY et Lucien BRAUN. Armand, qui me fit l'honneur de son amitié, était un passionné d'herméneutique (la science de l'interprétation des textes). Il soutenait et soutient toujours que le sens est un acte posé pour résoudre une tension intérieure née du désir (lequel s'appuie, me semble-t-il, sur le sentiment que nous sommes faits pour l'éternité et l'infini), et que cet acte étant posé, la tension s'en trouve apaisée (c'est le côté signification du mot sens), mais révèle alors un autre manque, non quelconque, qui pousse à poser un autre acte permettant de creuser toujours ce désir, de l'investir dans un objet de plus en plus précis (c'est le côté direction du mot sens). C'est donc le désir qui fraie au sens son chemin. Il importe de ne pas se tromper sur sa réalité, son intensité, sa valeur, et surtout sur son contenu. Comme il n'y a pas de désirs autonomes, que nous ne pouvons désirer que ce qui nous est désigné comme désirable, il est important que nous soient proposés des modèles qui nous fassent grandir plutôt que de nous abaisser. Tant que les hommes politiques, les enseignants, les éducateurs, n'auront pas compris cet aspect fondamental de la nature et de la psychologie humaines, nous sommes assurés de voir proposer à notre désir une foultitude d'objets, présentés comme dotés d'une valeur équivalente, et qu'il appartiendrait à notre seule liberté d'investir. Ces objets vont des plus dégradants, quand bien même ils apportent du plaisir, aux plus sublimes et inaccessibles, laissant celui qui les voudrait posséder dans un état d'amertume indescriptible (qui veut faire l'ange fait la bête). En somme, il est nécessaire de concilier l'aspiration légitime à faire fructifier à son profit personnel les talents et les aptitudes qui nous sont propres (et les souhaits qui les accompagnent), et la non moins légitime aspiration de la société à les voir mettre au service de tous. Toute la question est d'orienter LE DÉSIR vers un OBJET qui soit adapté à notre nature de sujet social. Vous aurez noté que j'utilise un singulier pour désigner cette grande aspiration humaine à l'éternité et l'infinitude, et un pluriel pour désigner l'investissement de cette force vitale dans un objet précis. Or, nous le savons, c'est la culture qui véhicule les modèles.
Voilà pourquoi, par exemple, au lieu de prétendre contre toute évidence, que les tags qui défigurent nos murs, sont une forme d'art, comme le fit jadis un ministre de la culture dont je tairai le nom, il serait préférable de proposer à nos peintres sauvages d'exploiter leurs talents, en les canalisant dans des formes à la fois plus personnelles, plus esthétiques, d'un plus grand goût. Voilà pourquoi je trouve injurieux pour le peuple de parler de culture populaire. Pourquoi faudrait-il que les grands auteurs, les grands peintres, les grands compositeurs, restent la chasse gardée d'une élite jalouse de son savoir ?
Bien entendu, un tel projet culturel suppose que tous les acteurs, enseignants, médias, musées, hommes politiques, industriels des loisirs (!), etc. puissent se réunir et se mettre d'accord sur une sorte de programme minimum à proposer aux générations actuelles, plutôt que d'aller en ordre dispersé et de jouer par exemple la retransmission du match de foot contre la Star Academy, ou Patrick BRUEL au Zénith contre Johny au Stade de France. Rien de tout cela, en soi, n'est condamnable. Ce qui l'est, c'est la systématisation de ces modèles, c'est l'oubli de tout un pan de notre civilisation qui ne peut tout de même pas se résumer à la Star Academy et à Roland Garros.