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lundi 21 février 2011

Mise en garde

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Nos hommes politiques devraient faire très attention. Les courriels que je reçois de divers lecteurs de ces billets, les remarques - souvent trop partiales ou partielles, mais toujours très documentées, de TIPPEL- me font soupçonner qu'un puissant courant d'opinion contre l'islam en général, et les maghrébins en particulier est en train de naître chez nous. Je ne dis pas qu'il est justifié. Je me borne à constater.
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Je vous ai parlé de cette vidéo horrible où des taliban (pas de s à taliban, pluriel de taleb) afghans égorgent et décapitent des compatriotes, tandis que l'on entend des psalmodies que je suppose être à la gloire d'Allah, chantés par des spectateurs parfaitement impassibles. Une autre vidéo m'a été envoyé par le même ami ; on y voit un gamin de 8 ans, sur le sol, contraint de d'allonger son bras droit sous la roue arrière droite d'une voiture, laquelle s'apprête à rouler dessus et roule effectivement. Son crime ? Il a volé un pain à l'éventaire d'un boulanger. Les voleurs, fussent-ils des enfants, on leur coupe la main, ou on leur ôte l'usage du membre qui a commis le vol ! Qu'un peuple aussi ancien, aussi évolué que le peuple iranien - la scène en effet se passe dans une ville iranienne que je n'ai pas pu identifier - en vienne-là indique à quel point de bassesse l'humanité est descendue. Mais enfin jusqu'ici, il s'agit d'actes commis par des musulmans fanatiques (et tous ne le sont pas, j'insiste bien sur ce point).
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Et puis il y a d'autres faits qui me paraissent plus inquiétants pour la préservation de la paix civile dans notre patrie, des faits dont nous sommes les responsables, les acteurs, les complices ou les spectateurs impuissants. (a) L'occupation de l'espace public pour la prière du vendredi par exemple ; on voit se presser dans des rues, fermées pour l'occasion à la circulation, des centaines de pratiquants, se prosternant vers la MECQUE ; et la solution qui se profile pour faire cesser cette sorte de prise de possession temporaire de la rue, le financement public de mosquées ne convient pas à l'opinion publique qui voit les églises de village tomber en ruine dans l'indifférence des pouvoirs publics lesquels en sont propriétaires, faut-il le rappeler. (b) Il y a ces invraisemblables excuses de l'ambassadeur de France à TUNIS. La réaction qu'il avait eue en face de la journaliste qui l'interviewait n'était nullement arrogante ; je l'ai entendue ; [PS : pour dire la vérité, je n'avais pas vu la chute : "votre question est débile", et je nuancerais volontiers mon opinion sur l'habileté du diplomate]. Elle était d'abord digne, elle était celle d'un homme qui n'accepte pas que l'on mette son pays en accusation devant les caméras, pendant que des milliers de Tunisiens fuient leur pays pour venir dans celui que conspue une foule tunisienne délirante. Cela est impensable, inacceptable, injustifié. Et notre ambassadeur a sur les Tunisiens une grande supériorité, celle de parler leur langue, alors que nombre d'entre eux qui postulent à l'asile maternel, bienveillant et nourricier d'un pays qu'ils sont censés détester, ne connaissent pas même la langue française ni même ses rudiments. Il est loin le temps où pour un coup d'éventail donné par le Dey d'Alger à notre ambassadeur, la France faisait guerre à l'Algérie. (c) Il y a ce calendrier publié par une branche du syndicat FO (métaux, Val de Seine), moitié en français, moitié en arabe. Les dates y sont données selon le calendrier musulman (ère de l'hégire). On y présente les heures de prière dans les lieux de culte musulmans. Trois photos de mosquées, des photos de femmes voilées, figurent en tête du document. Le calendrier est distribué dans les entreprises.
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Eh bien ce sont là de mauvaises actions. Pas de prières dans l'espace public ; il est très difficile en France d'organiser des processions dans les rues, il y faut une autorisation officielle, et l'on accepterait qu'il soit envahi temporairement et illégalement à des fins religieuses par d'autres cultes que celui des chrétiens ? La construction des édifices religieux ne peut être financée par l'argent public, et il faudrait que le contribuable paie celle des mosquées ? Le Français est la langue officielle, le calendrier est celui de l'ère chrétienne. La France est un pays laïc, et le syndicat de monsieur MAILLY recrute ses adhérents dans la masse des salariés arabo-musulmans, faute de pouvoir recruter nos compatriotes ? Faudrait-il, par le jeu des scrutins majoritaires, qu'une minorité apportant ses voix à un parti donne à celui-ci le pouvoir aux seules fins de profiter de ses largesses ? Ce sont des questions. Mais un nombre croissant de Français se les pose, et il pourrait y avoir des surprises douloureuses au soir du premier tour des élections présidentielles. La position la plus sage consiste à exiger de tous les fidèles - quelle que soit leur religion - qu'ils se conforment à la loi ; elle exige aussi le respect de toutes les croyances ; elle accepte qu'en des circonstances exceptionnelles, l'espace public soit mis à disposition des croyants, elle exige la réciprocité : ne rien accorder chez nous qui ne soit accordé dans les pays musulmans à nos propres religions ; enfin elle exige un sérieux contrôle des prêches de certains imams radicaux et une interdiction absolue de financements venus de l'étranger. Elle demande aussi que nous soutenions fermement nos diplomates, surtout quand ils n'ont rien à se reprocher. Nos amis tunisiens sont chatouilleux, très chatouilleux sur leur honneur (ils ont quand même supporté longtemps leur dictateur), ils se trouve que beaucoup de Français le sont aussi.
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Prenez garde, messieurs qui quêtez nos suffrages ! Prenez garde ! Il se pourrait qu'un jour proche les plus sages de vos concitoyens s'abstiennent d'aller voter, et que les plus exaspérés donnent leurs voix aux extrêmes. Est-ce ce que vous recherchez ? Je ne crois pas que l'on se nourrit de pétrole !

mardi 15 juin 2010

Il y avait bien longtemps...

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Il y avait bien longtemps que je ne vous avais cité mon cher Gustave THIBON. Il faut que je répare au plus vite ce retard. Dans un ouvrage majeur, Notre regard qui manque à la lumière (Fayard, Paris, 1970), notre vigneron philosophe, fin psychologue et grand moraliste, dénonce les tares du siècle, en souligne les lumières, parle avec pudeur de ses doutes et de ses limites. Il faudrait tout apprendre par coeur, et faire connaître à tous ceux qui préfèrent la lumière aux ténèbres, la parole de celui qui hébergea et connut Simone WEIL avant qu'elle ne parte pour l'Angleterre et qu'elle n'y meure, trop tôt, trop jeune. Pour aujourd'hui, je me bornerai à vous livrer ce petit passage :
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"Les hommes apprécient un mets ou un remède dans la mesure où la publicité empoisonne leur cerveau ; ils jugent de la beauté d'une femme ou du talent d'une actrice d'après le bruit qu'on fait autour d'elles ; ils attendent pour s'ouvrir à la charité du Christ, de lire dans un journal faisandé (et le mot est encore trop indulgent, car le faisan est encore plus empaillé que pourri) un reportage sur l'abbé Pierre entre une photographie de vamp et le récit d'un crime sordide, tandis que la misère en chair et en os qu'ils côtoient chaque jour les laisse indifférents. Ils ne voient dans le monde que la poudre qu'on leur jette aux yeux et seul le tapage de la grosse caisse trouve un écho dans leur coeur."
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Aucun domaine de l'activité humaine n'échappe à l'attraction tentaculaire de l'opinion dominante. Je m'en suis rendu compte, figurez-vous, en regardant (d'un oeil distrait, j'en conviens), le match qui a opposé l'équipe de France de foot-ball à celle de l'Uruguay. Je n'y connais pas grand chose, peut-être, mais enfin il n'était point nécessaire de sortir de polytechnique pour voir que les français faisaient des passes d'un précision remarquable, savait repérer le joueur démarqué, allaient vite et qu'ils étaient d'un niveau nettement supérieur à leurs adversaires. Mais Eugène SACOMANO a dit, paraît-il, que nos joueurs étaient des fantômes, dépourvus d'énergie et de sens du jeu, et cela a suffi pour que dans les chaumières, le téléspectateur, oubliant son jugement personnel et son sens critique, déclare, contre son sentiment, que les français n'étaient pas à la hauteur.
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Il me semble que le premier devoir de l'enseignant est d'ouvrir le coeur de ses élèves à leurs propres sentiments, avant de leur mettre en tête un esprit critique desséchant qui leur fait examiner la réalité à la lumière de systèmes de pensée préformés, avant même qu'ils aient pu appréhender pour eux-mêmes ce qu'ils voyaient, entendaient, sentaient ou goûtaient. Il est de bon ton de se moquer des sensations. Il est très chic d'avoir des "idées". Il me paraît à moi plus important de penser. Et Thomas d'AQUIN l'a dit : il n'y a rien dans l'intelligence qui ne passe d'abord par les sens. Si je vois que les joueurs français ont été habiles et ont bien joué, j'en conclus qu'ils sont plus de chances que celles que l'on veut bien leur donner dans les sondages... C'est le devoir du journaliste d'informer ses lecteurs en faisant le net partage des faits et de son opinion personnelle ou ou d'une opinion politiquement correcte.
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Le présent billet n'a pas pour but de faire l'apologie de notre équipe nationale de foot-ball. Il se propose simplement de vous suggérer d'avoir le plus grand recul devant les condamnations, commentaires, jugements des hommes qui font l'opinion. Tous les journalistes, bien sûr, ne sont pas des apprentis-sorciers ; il en est, Dieu merci, de fort honnêtes. Mais un trop grand nombre d'entre eux est victime de l'esprit de système, tellement français, et qui nous fait tellement de tort auprès des étrangers. Nous leur donnons l'impression de tout savoir, mais hélas nous ne savons que ça.
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C'est tout pour aujourd'hui.

mercredi 21 octobre 2009

Opinion et vérité ou le vice actuel de la démocratie

Dans un ouvrage dont je n'ai lu malheureusement que de brefs extraits, Hannah ARENDT dit ceci : "L'opinion et non la vérité est une des bases indispensables de tout pouvoir" (in La crise de la culture. Gallimard, Paris, 1972). Voilà qui est fort, et qui mérite qu'on y réfléchisse.
Le pouvoir dont il est question ici, est le pouvoir politique, qui, quand il est légitime, peut disposer de la force pour contraindre les citoyens à obéir à la Loi dont il a l'initiative, à défaut du droit de la faire, dévolu au Législateur. L'opinion est l'expression du jugement majoritaire des citoyens.
Il ne se passe pas de jours sans que, sur la page d'accueil des messageries, il n'y ait des "sondages" sur tout et sur rien : sur la nécessité de se faire vacciner contre la grippe ; sur la responsabilité potentielle de monsieur de VILLEPIN dans l'affaire Clearstream ; sur la petite phrase de telle ou telle personnalité. Ainsi, faire de la politique reviendrait à suivre l'opinion majoritaire, souvent très superficielle et peu éclairée, de la population. C'est bien l'opinion et les instituts de sondage qui gouverne le plus souvent les décisions du pouvoir exécutif (brr.. ça fait froid dans le dos, tellement ça ressemble à exécution !)
Les pays gouvernés par des dictateurs ou des tyrans ne se soucient pas de l'opinion. Ceux-ci agissent et ordonnent en fonction de systèmes idéologiques, ou de leur bon plaisir. ROBESPIERRE avait pour maître Jean-Jacques ROUSSEAU, et nous avons de nombreux témoignages sur le soin qu'il prenait à en suivre les préceptes ; HITLER avait son Mein Kampf et ses théories sur la supériorité de la race aryenne, et particulièrement de la race indo-germanique, comme le disaient les ethnologues, anthropologues et philosophes allemands contemporains du tyran. Monsieur MUGABE suit son bon plaisir.
Alors il resterait à gouverner selon la vérité, sur quoi le pouvoir, selon Hannah ARENDT, ne peut tabler. Ceci pour plusieurs raisons. Selon moi, la première est que dans les mentalités et dans la philosophie conemporaines, il n'y a pas de vérité, que tout est relatif, change avec les circonstances. Il y a même des psychanalystes ou des philosophes qui nient que le langage ait une quelconque signification (LACAN, FOUCAULT), langage qu'ils utilisent du reste pour communiquer cette pensée avec un certain bonheur. La seconde, est que gouverner selon la vérité heurterait le goût du progrès, si propre au peuple français. Il en résulterait en effet que toutes les décisions ne se valent pas, que certaines sont meilleures que d'autres, et que certaines vont contre la vérité. La troisième est que dans un espace public qui est déclaré laïc, il n'est pas possible de se référer à une parole extérieure au champ politique, même pas à la morale naturelle commune à tous les êtres humains. La vérité du moment devient la norme de l'action, et la vérité du moment c'est l'opinion majoritaire.
A cet égard, et pour conclure, il faut rendre hommage au Président François MITTERRNAD, qui suivant la voix sa conscience, a supprimé la peine de mort, contre l'opinion de la majorité des Français. C'est, de mon point de vue, le seul réel titre de gloire qu'il faut lui laisser. Que ne l'a-t-il suivie en d'autres domaines...
En somme, le grand vice de la démocratie contemporaine est d'être gouvernée par l'opinion et non par la vérité. La vérité, c'est que l'homme politique doit conduire l'homme à la fin qui lui est due, et que cette fin ne saurait se borner à être matérielle.
C'est tout pour aujourd'hui

mercredi 23 janvier 2008

La renommée et le journalisme

TERTULLIEN dit ceci de la Renommée. "Chacun sait ce que c'est que la Renommée. Un de vos citoyens [l'auteur s'adresse aux Romains] l'appelle le plus prompt de tous les maux. Pourquoi l'appelle-t-il un mal ? Est-ce à cause de sa vitesse ? Est-ce parce qu'elle rend les choses publiques ? Ou bien parce qu'elle n'est presque jamais véritable ? Car lors même qu'elle annonce quelque chose de vrai, elle le corrompt par le mensonge, ôtant, ajoutant, et changeant toujours quelque chose à la vérité. D'ailleurs sa nature est telle qu'elle ne se soutient que par le mensonge et ne subsiste qu'autant de temps qu'elle laisse la chose incertaine. Est-elle assurée ? La Renommée se retire et comme si toute ses fonctions étaient faites, elle expose la vérité. [...]. Mais, heureusement pour nous, le temps découvre tout, comme le disent vos Proverbes et vos Sentences : & suivant l'ordre que Dieu a mis dans la nature, rien ne peut demeurer longtemps caché, pas même les choses qui échappent à la Renommée." (TERTULLIEN. Apologétique ou défense des premiers Chrétiens contre les calomnies des Gentils. Traduction de J.B. VASSOULT. A Paris, chez Jacques COLLOMBAT, rue S. Jacques, au Pélican, 1714 ; j'ai le bonheur de posséder ce livre.)
Il me semble que la chose s'applique bien aux ras et aux flas des tambours de cette divinité capricieuse, quand ils sont battus par tout un peuple de journalistes en quête de rumeurs, de ragots, de "scoops", de photos, de faits mesquins. On fait et défait des réputations par ce que TERTULLIEN appelle la Renommée, et qui est l'opinion couramment répandue dans le public après qu'elle a été élaborée et calibrée dans le salles de rédaction. Il faut s'en méfier comme de la peste.
Une sorte de conspiration souterraine des medias s'efforcent de ternir la personne du Président, et lui façonne une image qui me semble loin de la réalité ; au lieu d'argumenter, d'analyser les causes explicitées et les conséquences possibles d'une décision politique, elle assène des jugements qui ne prennent naissance que dans le cerveau de ceux qui les portent. Ainsi sur les déclarations présidentielles aux responsables religieux. Il m'apparaît que le contenu des propos mériterait d'être discuté et validé ou invalidé par un dialogue socratique entre approbateurs et critiques. Il n'en est rien. Quel dommage pour la Pensée. Elle est en train de mourir, victime de la consommation, de l'argent, de l'hédonisme, de l'individualisme, de la volonté de pouvoir, du goût du paraître, et du plus grands des mots qui accable notre patrie depuis deux siècles l'idéalisme utopique des Lumières.