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dimanche 7 février 2016

07 février 2016. Nouvelles de la Résistance. Les vrais journalistes vivent en Chine, pas en France.

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Je prie mes lecteurs habituels d'excuser le retard de publication de mon billet quotidien.

Et plus que jamais, au point de désespoir où nous risquerions de tomber, il nous importe de nous persuader de ceci :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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Dans les années 2000, le  Nanfang Zhoumo (南方周末), journal de la Chine continentale communiste, était réputé pour son éthique professionnelle et sa volonté de dire le vrai. Il y eut pourtant de nombreuses purges parmi les rédacteurs et les journalistes. Deux d’entre eux, ZHAI Minglei et LIU Chufang ont défié un certain ZHANG Dongming, PDG du journal qui ne respectait pas les principes jadis édifiés par les créateurs du journal et avait procédé à des purges sévères dans le personnel de la rédaction. Ils ont donc protesté publiquement. Voici en quels termes LIU Xiaobo décrit leur action tout en les citant :

"Les deux journalistes précisent ainsi les raisons de leur action

1° « Il existe certes de vérités que l’on ne peut pas dire, mais il est absolument inadmissible de dire des mensonges, ou de faire des reportages scélérats pour flatter tel ou tel. »
2° « Quand on est le porte-parole des gens ordinaires et un lieu d’expression pour les intellectuels de la tendance libérale, on se doit d’être extrêmement vigilant à l’égard du pouvoir et du marché.
3° « Les journalistes peuvent accepter le silence mais pas le mensonge. » Comme l’explique nos deux journalistes : « Nous détestons les fausses informations publiées dans ce cadre. » « Nous pensons bien que les collègues du journal, y compris M. ZHANG, éduquent leurs enfants en leur recommandant de ne pas mentir. Mais si nous ne pouvons garantir nous-même que nous ne mentons pas, comment demander à nos enfants d’être des personnes honnêtes ? »
4° Leur protestation, outre qu’elle cherche à protéger les droits des journalistes et la réputation professionnelle du Nánfāng Zhōumò est aussi une prise de conscience personnelle, comme le dit ZHAI Minglei : « J’aime passionnément mon emploi de journaliste au Nánfāng Zhōumò et je n’oublie pas un seul instant ma responsabilité professionnelle, mais je ne peux pas continuer à travailler dans cette situation où la réputation du journal est souillée. » LIU Chufang explique à son tour : « Il y a peut-être des gens qui pensent que les journalistes peuvent dire des mensonges, mais je ne puis l’accepter. Je refuse absolument de mentir et tiens à assumer la responsabilité de mes reportages."
In
LIU Xiaobo.
La Philosophie du porc et autres essais (pages 218 et 219). Ouvrage déjà cité ici même à plusieurs reprises.
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2. Commentaires.
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Nous aimerions avoir dans les équipes rédactionnelles des journalistes de cette trempe. Hélas, il n’y en a pas.

Dans le Point du 11 juin 2013, on lit cet articulet :

"Le journaliste Clément Weill-Raynal, auteur des images du "Mur des cons" filmées au Syndicat de la magistrature (SM), a été mis à pied pour une durée de sept jours par la direction de France Télévisions, a-t-il annoncé. Sa mise à pied "prend effet à partir de demain, mercredi 12 juin", précise-t-il en dénonçant "une sanction injuste prise pour des motifs politiques". La direction de France Télévisions reproche à Clément Weill-Raynal d'avoir manqué de "loyauté" et de ne pas les avoir "informés" qu'il était "l'auteur des images" de ce "Mur des cons" au siège du SM, où figuraient les photos de ceux ou celles qui avaient tenu des propos considérés comme hostiles au SM et qui avaient provoqué un scandale. "En vertu de la loi sur la protection des sources des journalistes, je n'avais pas à informer ma direction que j'étais l'auteur des images", assure le journaliste, qui "envisage de contester par les moyens légaux la sanction de mise à pied."

Dans ma candeur naïve, j’imaginais  que toutes les rédactions des chaînes publiques auraient fait grève pour protester contre cette sanction. Il n’en fut rien. Et le magazine Le Point lui-même ne semble pas avoir été à la pointe (si je puis m’exprimer ainsi) de la protestation.

Dans la page du scan télé du Figaro, daté du 27 octobre 2015, on lit ceci :

"Mauvaise nouvelle pour Philippe Verdier. Selon les informations de L'Express, le chef du service météo de France 2 a été convoqué par la direction des ressources humaines de la chaîne pour un entretien préalable en vue de son licenciement.
C'est son livre, intitulé Climat Investigation, qui lui vaut aujourd'hui cette éviction. Dans cet ouvrage paru au début du mois d'octobre, le journaliste-présentateur partageait son scepticisme sur les résultats de la conférence des Nations unies organisée autour des changements climatiques. Par ailleurs, ce climato-sceptique avait adressé une lettre ouverte à François Hollande dans laquelle il dénonçait le manque d'intérêt du gouvernement pour cette cause. Avec l'approche de la COP 21, cette prise de position est mal tombée. Dans les colonnes de Paris Match la semaine dernière, la nouvelle présidente de France Télévisions avait commenté cette affaire: «Lorsqu'on est salarié d'une maison comme France Télévisions, il faut faire une distinction entre ses avis personnels et ce que l'on fait porter à l'entreprise. Là, il y a eu confusion, et ça me pose problème», indique celle qui reconnaît avoir seulement «parcouru le livre» en question.
Philippe Verdier avait, dans un premier temps, été écarté des antennes par France Télévisions. Le groupe avait préféré prolonger ses congés pris pour assurer la promotion de son livre. Interrogé sur RTL à ce moment-là, le journaliste s'était dit choqué: «Ça me touche beaucoup. Ce n'est pas une décision de ma part», assurait celui qui, à l'époque, ne connaissait pas encore son sort. Le lendemain, sur Europe 1, il jugeait «tout à fait possible» que son éviction de l'antenne ait été commandée par le gouvernement. «Forcément, quand quelqu'un se met en travers de la route de la COP 21, ça ne fait pas plaisir à l'Élysée», affirmait-il au micro de Jean-Marc Morandini. Philippe Verdier, soutenu par dix parlementaires Républicains, s'est aujourd'hui entouré d'un avocat pour faire valoir ses droits. Notons que son employeur n'est plus mentionné dans sa biographie rédigée sur Twitter.
Par ailleurs, un autre journaliste météo, de France 3 cette fois, serait dans le viseur de la chaîne d'après Puremédias. La direction aurait, en effet, convoqué ce mardi matin à 11h, Jean-Marc Souami, dans la maison depuis 1999, pour «lui rappeler son devoir de réserve en tant que salarié de France Télévisions», peut-on lire. Membre d'un syndicat au sein du groupe, le présentateur donne régulièrement son avis tranché sur l'actualité via les réseaux sociaux."

Dans ma candeur de nourrisson, j’imaginais que tous les chroniqueurs de météo de toutes les chaînes auraient émis une vigoureuse protestation contre cette mesure. Mais figurez-vous qu’on est en France, pas en Chine et qu’il y a en Chine plus de journalistes courageux, qu’il n’y en a de talentueux dans notre  pauvre patrie.

La chaîne i-télé a viré Éric ZEMMOUR de son antenne et mis fin à l’émission Ça se dispute, fin décembre 2014. Voici comment le journal Le Parisien relate les faits, le 20 décembre :

"Le débat polémique, Ça se dispute entre Nicolas Domenachet Éric Zemmour n' a pas été diffusé hier soir, vendredi 19 décembre. La direction de la rédaction de la chaîne d'information continue a tenté de justifier l'arrêt de l'émission - la plus forte audience de i-Télé - par la voix de sa patronne, Céline Pigalle.
La semaine dernière Jean-Luc Mélenchon, le leader du front de gauche - mouvement proche du parti communiste-, a publié sur son blog un article qui dénonçait des propos soi-disant tenus par l'essayiste au journal italien Corriere Della Serra. Dans une tribune publiée sur le Figaro Vox , le journaliste italien Stefan Montefiori, auteur de l'interview, a vigoureusement contredit les allégations de Mélenchon, assurant que Zemmour n'avait pas employé le mot «déportation», au coeur de la polémique.
Cet article n'a visiblement pas convaincu la rédaction d'i-Télé. Répondant aux questions de notre confrère Le Monde sa directrice, Céline Pigalle, a expliqué qu'elle «avait défendu Éric Zemmour pendant dix ans». Elle est allée plus loin en affirmant que «le dialogue est devenu de plus en plus difficile, voire impossible. On a l'impression qu'il se parle à lui-même et à son public.»
Sur RTL, jeudi, Éric Zemmour dénonçait déjà une «manipulation fantastique». Il aura beau jeu désormais de pourfendre la dictature du politiquement correct. Surtout quand elle prend pour héraut ... Jean-Luc Mélenchon."

On ose souligner que cette décision a été prise par cette Directrice de l’Information d’i-télé qui répond au nom de Céline PIGALLE. Il y a des patronymes qui parlent…

Mais je n’ai pas entendu les journalistes d’i-télé protester contre cette éviction, quand bien même elle a fait plus de bruit que les sanctions qui ont frappé Clément WEIL-REYNAL et Philippe VERDIER.
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3. Information.
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On arrête un général.

Regardez cette vidéo, intéressante et juste etc comparez avec ce que dise les médias stipendiés. Est-il besoin de souligner que l'arrestation du général PIQUEMAL est une erreur politique de première grandeur et qu'elle aura dans les armées de profondes répercussions.

mercredi 16 décembre 2015

16 décembre 2015. Nouvelles de la Résistance où l'on parle des journalistes, des journaux et de la ploutocratie

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Allons, un peu de courage, car

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. Les citations du jour.
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(a) Cités par LIU Xiaobo dans La philosophie du porc, voici comment deux courageux journalistes chinois, ZHAI Minglai et LIU Chufang ont répliqué aux tripatouillages du PDG de leur journal ZHANG Dongmin (le Nanfang Zhoumo  était considéré comme un journal relativement propre, jusqu'au revirement de M. ZHANG), par une profession de foi concernant la profession de journaliste et le journalisme.

"1°. Il existe certes des vérités que l'on ne peut pas dire, mais il est absolument inadmissible de dire des mensonges, ou de faire des reportages scélérats pour flatter tel ou tel.
2°. Quand on est le porte-parole des gens ordinaires et un lieu d'expression pour les intellectuels de la tendance libérale [il s'agit ici, je le précise, de la tendance démocratique en faveur de la liberté d'expression], on se doit d'être extrêmement vigilant à l'égard du pouvoir et du marché.
3°Les journalistes peuvent accepter le silence, mais pas le mensonge. [...]. Nous détestons les fausses informations publiées dans ce cadre."

Et ZHAI Minglai de dire : "J'aime passionnément mon emploi de journaliste au Nanfang Zhoumo et je n'oublie pas un seul instant ma responsabilité professionnelle, mais je ne peux pas continuer à travailler dans cette situation où la réputation du journal est souillée." Tandis que, de son côté LIU Chufang proclame : "Il y a peut-être des gens qui pensent que les journalistes peuvent dire des mensonges, mais je ne puis l'accepter. Je refuse absolument de mentir et tiens à assumer la responsabilité de mes reportages."

Les deux journalistes ont démissionné.

(b) Comme c'est le mois de CHESTERTON, je n'hésite pas non plus à éclairer les dires de ces journalistes chinois par ce que pense ce grand auteur de la presse (anglaise certes, mais aussi européenne).

"La seule question qui se pose à présent, c'est de savoir combien de temps la fiction supportera que des journalistes de ce type [CHESTERTON parlent d'un certain PEARSON, qui a acheté un journal appelé Standard] représentent l'opinion publique. [...] Tout ce qu'on peut en déduire, c'est que pour les besoins de l'opinion publique, la presse n'est désormais qu'une oligarchie ploutocratique. Il va sans dire que le public achète les marchandises de ces hommes-là, pour une raison ou pour une autre. Mais il n'y a pas de raison de présumer que le public admire leur politique qu'il y en a de présumer qu'il admire la philosophie délicate de M. CROSSE ou le credo plus sombre et plus austère de monsieur BLACKWELL [Il s'agit d'une maison qui vendait et continue de vendre des produits alimentaires.]"
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2. Commentaires.
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Il me semble que ces deux citations résument parfaitement le journalisme français contemporain et ses compromissions avec les pouvoirs.

Que le Journal Libération ait publié un libelle dans lequel l'auteur invite à violer (engrosser dit avec élégance l'auteur de ce torchon) les femmes qui ont le malheur de voter pour le FN indique assez à quel niveau de souillure se situe ce follicule. Qu'il y ait eu des journaux pour "prouver" (à l'aide de photos truquées) que le sinistre Bernard BOUCAULT avait raison de dire qu'il n'y avait "que" 350 000 manifestants en mars 23 mars 2013 (regardez comment un autre torchon parle des "prétendus" débordements : http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/03/24/quelques-debordements-lors-de-la-manif-pour-tous_1853439_3224.html.) est proprement incroyable. J'étais à cette manifestation, à 200 m de la Place de l 'Etoile, et je puis vous dire que je n'ai rencontré aucun membre du GUD. Il s'agit d'un mensonge délibéré. Les journalistes qui ont rendu compte de ces prétendus débordements (il est vrai notés "quelques") auraient dû au moins faire preuve d'un peu d'esprit critique et de probité intellectuelle. Quant au chiffre de 350 000, il fait sourire, tant la ficelle est grosse. Si le PS perd les élections, il le doit à ses mensonges et aux mensonges de ceux qui le soutiennent. Il ne faut pas prendre les Français pour des imbéciles...

Parlons maintenant de la ploutocratie. Est-ce un hasard si le torchon qui ose s'appeler Libération  a pour principal actionnaire un (ou des ?) ROTSCHILD ? Est-ce encore un hasard si le millionnaire Pierre BERGE (celui qui aurait bien voulu qu'une bombe explosât lors de La Manif Pour Tous) est également actionnaire du Monde, qu'un Mathieu PIGASSE (vice-président de la Banque LAZARD) soit propriétaire des Inrockuptibles (classé comme "journal culturel généraliste de gauche" !). Il y a eu heureusement quelques journalistes courageux, comme Thomas LEGRAND, qui ont préféré démissionner de ce Journal pour préserver leur indépendance quand Audrey PULVAR a été nommée directrice générale en charge de l'Editorial alors qu'elle était encore la compagne de monsieur MONTEBOURG. Est-ce encore un hasard, si la Voix du Nord a viré à gauche après sont rachat par le groupe belge de la richissime famille ROSSEL qui possède également Le Soir de BRUXELLES ? L'argent fait bon ménage avec la gôôôôche, parce que la gôôôôche c'est (enfin c'était) vendeur, plus pour longtemps.

Ceci est un élément préliminaire à un billet qui aura trait aux élections régionales.
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3. Informations diverses.
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Sentinelles/Veilleurs debout à LUBLIJANA (via le Salon beige).


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Un beau concert à AGEN.

Concert Noel





jeudi 26 mai 2011

La partie et le tout

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Je me demande si l'une des raisons principales des irritations qui nous saisissent, quand nous avons le sentiment d'un malentendu avec autrui ou d'une méconnaissance de la réalité par lui, ne réside pas dans l'appréhension différente que l'un et l'autre nous pouvons avoir de la réalité. J'écarte ici l'intervention de l'idéologie, pour ne considérer que la connaissance des faits. Il me semble que PASCAL, avec ce génie intuitif et profond qui caractérise sa pensée, avait en son temps exactement rendu compte de cette question.
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Il a dans ses Pensées, cette analyse lumineuse :

"Toute chose étant causée et causante, aidée et aidante, médiatement et immédiatement, et toutes (choses) s'entretenant par un lien naturel et insensible qui lie les plus éloignées et les plus différentes, je tiens pour impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître les parties."
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C'est l'ignorance totale ou partielle du tout qui rend si difficile le travail du témoin ou du journaliste. Les uns savent qu'ils ne la connaissent pas et taisent sciemment leur ignorance. Ce ne sont pas forcément des menteurs ou des manipulateurs. Mais ils ne nuancent pas leur propos de ce coefficient d'incertitude nécessaire à la compréhension de leur témoignage ou de leurs récits. Les autres ne connaissent pas leur ignorance et présentent leur témoignage ou leurs récits comme des certitudes, alors que l'un ou l'autre ne sont que le reflet partielle de la réalité. Il est donc nécessaire d'avoir de l'esprit critique pour les lire. Et puis il y a ceux qui ont une connaissance plus importante des faits qu'ils ne veulent bien le dire et qui les taisent : ceux-là sont des menteurs et des manipulateurs. Ils présentent la partie comme le tout. Ils l'isolent de son contexte ; ils en ignorent volontairement l'origine ; et ils en analysent rarement les conséquences. Il nous faut alors envisager ce cas.
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L'affaire DSK est l'illustration la plus éclatante du propos de ce jour. Isoler la personnalité de DSK de sa responsabilité passée à la tête du FMI, de son passé d'homme politique, et de son implication possible dans l'élection présidentielle de 2012, ne voir que les faits allégués contre lui à New York, c'est une erreur de perspective. Et c'est ce que font les médias américains. Les médias français, eux, rentrent dans la catégorie des témoins qui savaient et qui pour des raisons idéologiques (pudiquement appelées "respect de la vie privée") n'ont jamais fait état des possibles écarts de conduite de leur champion. Ils se lamentent sur les conséquences qu'ont les incriminations américaines sur l'avenir politique de la France (socialiste). Il y a les médias des pays émergents qui voient, légitimement, la possibilité de placer un  représentant de leur pays à la tête du FMI, et ignorent, ou feignent d'ignorer l'histoire de cette institution et la tradition non écrite qui veut que l'on élise un européen. La question n'est pas de savoir si c'est juste. La question est que c'est le point de vue partial des pays européens ; ils ne veulent pas voir le désir légitime des pays émergents de participer à la direction des affaires du monde. En d'autres termes la question de fond n'est jamais posée : le bien fondé de la tradition, la nécessité de la changer, le moyen de le faire. On n'en finirait pas d'interroger la manière dont les faits nous sont narrés.
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Bien entendu, jamais on ne pourra envisager la totalité de la réalité, mais on peut faire un effort pour l'envisager sous des angles divers et très nombreux, sans jamais en privilégier aucun ; on peut discuter, reconnaître ses limites : c'est ainsi que l'on peut construire la paix et chercher la concorde des peuples.
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Mais présenter ainsi les choses ne fait pas vendre. Comme le dit si bien Marcel De CORTE dans son ouvrage L'intelligence en péril de mort  : "Les spécialistes de l'information reconnaissent que l'informateur recourt le plus souvent pour capter l'attention du lecteur à une présentation sensationnelle de l'actualité qui en dénature la portée". Les dépêches d'agence, ajoute-t-il "attachent un prix excessif aux nouvelles brûlantes (spot news), à leur valeur de choc psychologique, aux détails croustillants ou extraordinaires, à la présentation des faits non point selon leur ordre chronologique ou dans leur ordre logique de signification, mais à tout ce qui accroche la curiosité, à ce qui provoque un ébranlement, un saisissement, un coup et qui, paralysant l'intelligence, inonde d'émotions la conscience".
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Et il dit encore, mieux que je n'ai tenté de le faire ici : "Il est rare que l'information soit replacée dans son contexte qui lui donnerait son vrai sens. Détachée de son environnement historique et sociologique, elle est démembrée et ses éléments sont regroupés en vue d'influencer le lecteur ou l'auditeur. Cette manipulation de la nouvelle est renforcée par sa présentation matérielle : le caractère employé s'il s'agit d'un journal, le ton à la radio, l'angle de prise de vues ou l'insistance de l'image dans la T.V. L'information est assujettie pour une grande part aux nécessités commerciales, à la propagande, selon le possesseur des Mass Media. Sa valeur objective passe au second plan".
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Tout ceci pour vous dire que nous devons accueillir avec le plus extrême exprit critique les articles, commentaires, informations qui nous sont distillées, "répétées, déformées et amplifiées auprès de qui de droit" sur cette ténébreuse affaire. Equité, justice, respect de la victime présumée comme de son agresseur possible, rappel des contextes, recadrage dans le temps et l'espace, et ... patience. Je concède que ce n'est pas vendeur. Mais les Français, peuple virevoltant et léger, auront tout oublié dans trois mois.
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mardi 15 juin 2010

Il y avait bien longtemps...

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Il y avait bien longtemps que je ne vous avais cité mon cher Gustave THIBON. Il faut que je répare au plus vite ce retard. Dans un ouvrage majeur, Notre regard qui manque à la lumière (Fayard, Paris, 1970), notre vigneron philosophe, fin psychologue et grand moraliste, dénonce les tares du siècle, en souligne les lumières, parle avec pudeur de ses doutes et de ses limites. Il faudrait tout apprendre par coeur, et faire connaître à tous ceux qui préfèrent la lumière aux ténèbres, la parole de celui qui hébergea et connut Simone WEIL avant qu'elle ne parte pour l'Angleterre et qu'elle n'y meure, trop tôt, trop jeune. Pour aujourd'hui, je me bornerai à vous livrer ce petit passage :
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"Les hommes apprécient un mets ou un remède dans la mesure où la publicité empoisonne leur cerveau ; ils jugent de la beauté d'une femme ou du talent d'une actrice d'après le bruit qu'on fait autour d'elles ; ils attendent pour s'ouvrir à la charité du Christ, de lire dans un journal faisandé (et le mot est encore trop indulgent, car le faisan est encore plus empaillé que pourri) un reportage sur l'abbé Pierre entre une photographie de vamp et le récit d'un crime sordide, tandis que la misère en chair et en os qu'ils côtoient chaque jour les laisse indifférents. Ils ne voient dans le monde que la poudre qu'on leur jette aux yeux et seul le tapage de la grosse caisse trouve un écho dans leur coeur."
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Aucun domaine de l'activité humaine n'échappe à l'attraction tentaculaire de l'opinion dominante. Je m'en suis rendu compte, figurez-vous, en regardant (d'un oeil distrait, j'en conviens), le match qui a opposé l'équipe de France de foot-ball à celle de l'Uruguay. Je n'y connais pas grand chose, peut-être, mais enfin il n'était point nécessaire de sortir de polytechnique pour voir que les français faisaient des passes d'un précision remarquable, savait repérer le joueur démarqué, allaient vite et qu'ils étaient d'un niveau nettement supérieur à leurs adversaires. Mais Eugène SACOMANO a dit, paraît-il, que nos joueurs étaient des fantômes, dépourvus d'énergie et de sens du jeu, et cela a suffi pour que dans les chaumières, le téléspectateur, oubliant son jugement personnel et son sens critique, déclare, contre son sentiment, que les français n'étaient pas à la hauteur.
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Il me semble que le premier devoir de l'enseignant est d'ouvrir le coeur de ses élèves à leurs propres sentiments, avant de leur mettre en tête un esprit critique desséchant qui leur fait examiner la réalité à la lumière de systèmes de pensée préformés, avant même qu'ils aient pu appréhender pour eux-mêmes ce qu'ils voyaient, entendaient, sentaient ou goûtaient. Il est de bon ton de se moquer des sensations. Il est très chic d'avoir des "idées". Il me paraît à moi plus important de penser. Et Thomas d'AQUIN l'a dit : il n'y a rien dans l'intelligence qui ne passe d'abord par les sens. Si je vois que les joueurs français ont été habiles et ont bien joué, j'en conclus qu'ils sont plus de chances que celles que l'on veut bien leur donner dans les sondages... C'est le devoir du journaliste d'informer ses lecteurs en faisant le net partage des faits et de son opinion personnelle ou ou d'une opinion politiquement correcte.
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Le présent billet n'a pas pour but de faire l'apologie de notre équipe nationale de foot-ball. Il se propose simplement de vous suggérer d'avoir le plus grand recul devant les condamnations, commentaires, jugements des hommes qui font l'opinion. Tous les journalistes, bien sûr, ne sont pas des apprentis-sorciers ; il en est, Dieu merci, de fort honnêtes. Mais un trop grand nombre d'entre eux est victime de l'esprit de système, tellement français, et qui nous fait tellement de tort auprès des étrangers. Nous leur donnons l'impression de tout savoir, mais hélas nous ne savons que ça.
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C'est tout pour aujourd'hui.

mercredi 31 mars 2010

Jounaux et journalisme

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Monsieur MELANCHON a déclaré à un jeune étudiant en journalisme, qui insistait pour qu'il réponde à une question sur la réouverture des maisons closes : "Le journalisme ? Un métier pourri, une corporation voyeuriste". Arrêtez-moi si je me trompe. Entendîtes-vous sur les petites lucarnes, dans les gazettes, magazines, revues, quotidiens, hebdomadaires et autres médias, le moindre avant-projet de proposition de brouillon de protestation contre ces propos ? La vérité serait-elle sortie toute nue du puits où la confinait honteusement la droite honnie par ces messieurs ? (Divers médias ; vidéo sur metrofrance.com/melenchon.)
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L'UMP qui détenait deux régions avant les élections régionales et en dirige aujourd'hui trois a, de l'avis des journalistes, "subi un cinglant revers". Monsieur BERLUSCONI qui gagne quatre régions sur la gauche, selon les mêmes journalistes "résiste à celle-ci". Cherchez l'erreur. (France Info.)
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La maison d'arrêt de NANTERRE héberge 900 détenus, pour 500 places. L'administration pénitentiaire indique que 80 % d'entre eux sont de "sensibilité musulmane", euphémisme charmant pour indiquer leur origine sans le dire tout en le disant. (Un imam visite régulièrement ces prisonniers. Et ces visites sont fructueuses, et bonnes ; elles ont pour effet de limiter les cas de récidive à la sortie de prison.) Je ne tire aucune conclusion de ce constat. Il se peut en effet que les services de police concentrent leurs efforts de répression sur les populations émigrées ou d'origine étrangère. Tout de même, avant de condamner monsieur ZEMMOUR, il serait bon de se renseigner sur la véracité de ses assertions. (20 minutes du 30 mars 2010, page 3.)
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Le jeune homme qui a volontairement renversé un policier à EPERNAY, me fait savoir un ami, a 26 ans ; il est d'origine algérienne, a déjà un lourd passé judiciaire, et n'a qu'un permis de séjour temporaire. J'ai vainement cherché cette information dans les médias. Si elle est exacte, ce que je crois, on peut se demander pourquoi ce délinquant qui ne jouit que d'un permis de séjour temporaire n'a pas été renvoyé en Algérie.
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Il apparaît donc qu'une interdiction générale de la burka serait contraire à la loi. Il nous faut donc accepter de voir ces pauvres fantômes habillés de noir traverser en hâte les rues de nos villes. Tel est en tout cas la volonté affichée des islamistes, qu'il ne faut pas confondre avec les musulmans. C'est en entretenant dangereusement cette confusion que nous créons de toute pièce des antagonismes imaginaires, gros de violences et d'incompréhension. Non à la burka, oui aux hommes religieux qui mettent la transcendance au-dessus des contingences humaines. J'ai eu des élèves musulmans dont la piété était sincère, et qui avaient une vie intérieure que nombre d'entre nous pourraient envier. Ils étaient mes amis, et ils le sont restés. Que Dieu les bénisse !
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Hier, dans la navette mise gracieusement à la disposition des habitants de ma ville, monte un vieux monsieur très digne, et de noble allure. Il a du mal à marcher. Bien qu'un siège, à côté, soit occupé par un jeune garçon dont la maman est restée debout, personne ne bronche. Le bus est bondé. Je me lève et cède à ce monsieur ma place, un kabyle manifestement. Il me remercie chaleureusement car il a mal à la jambe et me dit : "C'est un grand pays, la France. J'y habite depuis 60 ans. La France est bénie par Dieu". J'aurais embrassé volontiers ce vieillard si digne, qui sans renier ses racine, a adopté sa nouvelle patrie, et lui est reconnaissant. Mais de ces hommes-là, les médias ne parlent jamais. Ils mettent en exergue la réussite de tel ou tel ingénieur, homme politique, homme d'affaire, scientifique d'origine maghrébine ou africaine. Mais ils passent sous silence ces milliers d'hommes et de femmes qui travaillent, élèvent leurs enfants avec amour, ne passent pas leur temps à récriminer, et jouissent paisiblement de leurs droits dont ils sont les légitimes détenteurs. En somme, la démocratie ce n'est pas le communautarisme, c'est l'égalité légitime des conditions, égalité inhérente à la nature humaine.
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mardi 26 mai 2009

Un poème déchirant

Il y a plusieurs semaines, je vous parlais de Pierre-André GUASTALLA, dont la probité intellectuelle fut célébrée par Gabriel MARCEL dans la Préface qu'il écrivit pour le Journal (1940-1944) laissé par cet écrivain, mort trop jeune, tué à l'ennemi peu après la Libération de Paris. Ceux qui me lisent régulièrement savent le prix que j'attache à la probité intellectuelle et à la pensée. Je suis donc en train de parcourir (d'abord) ce journal que je lirai à tête reposée après avoir achevé la lecture passionnante, exigeante, étonnante, des principaux livres de Marcel LEGAUT.
Tout de même, je trouve, dans ce Journal, ce petit poème en prose, jeté au papier, comme on jette un cri dans la solitude d'une montagne déserte. Je ne peux résister à la nécessité de vous le livrer :
Ils passent leur temps à ne pas penser,
et en sont très occupés.
Il est tellement plus facile de rire et de dire
tout ce qui passe et disparaît
que d'être dur avec soi-même.
Il est tellement plus facile de pencher par le vent
que de souffler soi-même.
C'est facile de sourire et d'avoir l'air...
Il est dur d'arriver à ne pas avoir l'air.
Je pleure sur eux et ils essuient mes larmes,
avec des rires de femmes qui méritent des baffres [sic],
et des coups de pied,
et des écorchures,
parce que ce sont elles
avec leurs cajoleries et leur rouge,
leurs ongles et leur bêtise,
qui tuent en tous ce qu'ils auraient pu apporter au monde.
Je pleure sur eux,
Comme le Christ pleurait déjà.
Ce poème a été écrit en mai 1940, au moment où se profilait pour notre patrie le spectre d'une honteuse défaite et celui, pire encore du déshonneur. Il faut comprendre les allusions aux femmes fardées, comme une évocation des grandes prostituées, et non point des femmes en général. Le contexte le prouve à l'évidence.
Mais j'aime ce ton : oui penser, ne pas réagir aux faits comme le chien de PAVLOV, ne pas se satisfaire de la médiocrité ni pour soi ni pour les autres, prendre la vie au sérieux, ne pas se contenter de dire "tout ce qui passe et disparaît", comme tant de journalistes.
Pierre-André GUASTALLA est mort avant d'avoir pu donner toute la mesure de sa réflexion. Ce qu'il en subsiste est trop beau pour ne pas susciter en nous le regret de sa disparition.

mardi 10 février 2009

Journalisme, ça ?

J'ai dû m'absenter quelques jours. D'où mon silence. Vous avez comme moi, je suppose, écouté le Président de la République la semaine dernière. Personnellement, j'ai trouvé convaincantes les explications qu'il a données. Mais je vais vous montrer comment un journaliste peu scrupuleux peut orienter l'avis de ses auditeurs. Un présentateur de France 2, jeudi dernier, commence son journal en disant : "Dans un quart d'heure, le Président de la République VA TENTER D'EXPLIQUER ses propositions aux Français". Juste avant de céder l'antenne, il ressort la même phrase : le Président va tenter d'expliquer". Il pouvait dire : "Le Président de la République va expliquer etc.". Non, pour ce monsieur, dont j'ai oublié le nom, "il va tenter". Ceci veut dire (a) ou bien qu'a priori, il ne croit pas à la bonne foi du Président ; dans ce cas, il manifeste son parti-pris ; (b) ou bien qu'il prête aux Français un scepticisme a priori et l'on se demande d'où il tire cette conviction ; des sondages peut-être ? ; (c) ou bien qu'il pense que monsieur SARKOZY est incapable de convaincre ou que la situation est sans issue pour la majorité. Dans tous les cas il connote négativement son discours, et il insinue le doute dans l'esprit des auditeurs. La situation est assez grave pour qu'on n'en rajoute pas. Mais ces messieurs sont tellement aveuglés par la haine de ce qui ne pense pas comme eux qu'ils disent n'importe quoi. C'est insupportable. Pour être clair, je réprouverais de la même manière un journaliste de droite qui présenterait les choses sous un jour avantageux.
La même attitude de dénigrement du pouvoir en place se retrouve sur France 3 ; madame PULVAR et madame MATAUSCH sont les spécialistes des présentations tordues. Elles nous prennent pour des imbéciles. N'accordez aucun crédit à leurs présentations. Nous en avons assez de ces gens qui, pour briller, trouvent des petites phrases et des formules qui font mouche, dont la capacité d'analyse est celle d'une grenouille décérébrée, et qui dans tous les cas produisent des commentaires qui n'ont strictement rien à voir avec le contenu réel de l'information. Les auditeurs ont le droit d'être respectés, et notamment ceux qui, dans leur majorité, ont régulièrement élu monsieur SARKOZY. Doivent être respectés de même ceux qui ont voté pour madame ROYAL. J'ai dit pourquoi je trouvais ses propositions souvent dangereuses, mais je n'oublie pas que 17 millions de mes concitoyens lui ont apporté leur suffrage.

mercredi 5 mars 2008

Lecteurs cherchent journal

Le journal Libération titrait hier en gros caractères "Français cherchent Président". Moi j'aurais eu tendance à titrer "Lecteurs cherchent Journal". Tout va de travers dans le monde journalistique. Ainsi Aujourd'hui en France a titré récemment "Sarkozy : Je n'aurais jamais dû dire ça". Il apparaît que cette parole n'a pas été dite en ces termes, mais rajoutée après lecture du papier du journaliste par les services de la présidence. Et le journal de publier le lendemain in integrum le verbatim de la rencontre entre le Président et des lecteurs du journal, de façon à bien enfoncer encore celui qu'il déteste, alors que ses journalistes et rédacteurs sont entièrement responsables de ce pataquès. Il y avait bien des solutions alternatives à cette façon alambiquée de présenter la rencontre, et de jeter le soupçon sur tout ce qui s'y est dit. Par exemple, refuser de donner à relire le texte au service de presse de la présidence, ce qui était le mieux, et de publier précisément et seulement le verbatim. Par exemple et alternativement, indiquer en fin d'article ou en sous-titre "Article revu les services du Président". Où a-t-on jamais vu titrer en première page du quotidien un texte avec une phrase qui n'a pas été dite ? L'ont-ils simplement relu avant de publier, le contenu de cette rencontre, les responsables du journal ? Ne parlons pas du faux SMS, des ragots, des interprétations sorties toute faites de la tête des plumitifs en mal de copie. La nécessité dans laquelle mon métier d'enseignant-chercheur m'a plongée, m'a donné l'habitude de séparer dans un article la section "Results", de la section "Conclusion". Les censeurs des articles font très attention à ce que la section "Results" soit vierge de toutes interprétations, connotations, ou opinions : les faits, tous les faits, rien que les faits. Pourquoi n'en seraient-ils pas ainsi dans un journal.
Je ne critique pas le titre de Libération, un des journaux finalement les plus honnêtes, parce qu'il sépare assez clairement la narration des faits, de leur interprétation, et des articles d'opinion, comme j'ai pu à plusieurs reprises le vérifier en lisant fortuitement l'une de ses livraisons. Mais je rêve d'un journal où il y aurait en titre de tous les articles et systématiquement : "Les faits" ; "L'interprétation de la Rédaction" ; "Les opinions contradictoires des hommes politiques et des observateurs" ; "les opinions de nos lecteurs", de façon que le lecteur ne soit pas pris pour un imbécile, et qu'on lui donne matière à se former un jugement éclairé.
Hélas ! Lecteurs cherchent désespérément Journal.
PS. Il y a un fait certain, le Président de la République a traité un quidam qui l'insultait de "connard", et c'est parfaitement indigne de la fonction, je dois le dire avec regret. Mais j'exprime là une opinion, ou un jugement, en partant du fait. Et je n'en tire pas des insinuations, des conclusions, des anathèmes et des bannissements. Et quand on subit tous les jours le feux des critiques de monsieur Jean-François KAHN, qui me semble être le chef des chefs d'orchestre de la campagne de dénigrement conduite par une opposition inepte, et par presque tous les média réunis, alors que l'on croit à ce que l'on fait et que l'on fait beaucoup, on peut comprendre (sans excuser) ces dérapages. C'est une interprétation. Mais n'est-ce pas là un conclusion sage et de bon sens ? Je vous le demande ? Qui aimerait qu'on le traite de "nain" ? Qui aimerait qu'on dise de lui "l'homme qui fait pschitt" ? Pour ne citer que deux des épithètes dont on affuble monsieur SARKOZY.

samedi 9 février 2008

Bassesse journalistique

Où la haine ne va-t-elle pas se cacher ? J'avais décidé de ne point m'étendre sur la vie privée des personnels politiques, mais l'imprudente, impudente et scandaleuse publication par le site du Nouvel Observateur, d'un SMS supposé avoir été envoyé par le Président de la République à son ex-épouse est ignoble. Pourquoi l'avoir fait ? Je me perds en conjectures, et ne vois qu'une explication. Pour faire bouger l'opinion publique, les media de l'opposition, les plus nombreux, doivent renvoyer de leur adversaire (pour ne pas dire ennemi) une certaine image. Peu importe qu'elle ait un rapport avec la réalité. Ce qui compte c'est l'effet produit dans le public. Il faut donc ciseler peu à peu les contours d'une personnalité qu'ils n'aiment pas, qu'ils ne connaissent pas, et qu'ils finissent par imaginer conforme à leur propre fantasme. Un esprit droit ne peut accepter cette façon de faire.
Les bonnes questions de l'opposition consisteraient, par exemple, à se demander si les mesures prises par le pouvoir produisent les effets escomptés. Je n'étais pas personnellement certain que les mesures fiscales en faveur des plus grandes fortunes soient, à l'heure actuelle, des plus pertinentes, ou plutôt, je me suis rendu compte qu'elles n'avaient aucun impact sur la croissance. Mais le bilan de l'action entreprise reste impressionnant : (a) autonomie des universités, saluée de manière presque unanime par tous les présidents d'université ; (b) service minimum dans les transports ; (c) réforme des régimes spéciaux ; (d) réforme fondamentale, en accord avec les syndicats, du contrat de travail ; (e) traité simplifié ; (f) libération des infirmières bulgares ; (g) partenariat stratégique avec la Roumanie (assez peu salué, malheureusement) ; (h) création d'une base militaire maritime à Bahrein ; (i) réforme de la carte judiciaire, etc.
Très honnêtement, est-ce nul ? Et gouverner, n'est-ce pas voir l'intérêt général, avant l'intérêt particulier ou la somme des intérêts particuliers comme a su le faire un défunt président dont je tairai le nom ?
Ceux qui critiquent l'autonomie des universités, au motif qu'elle va créer une compétition entre ces institutions, entraînant des inégalités supposées insupportables, sont bien entendu les adeptes les plus inconditionnels du darwinisme, donc de la lutte pour la vie, et de l'élimination des faibles par les forts. (note marginale : le darwinisme est une théorie qui n'est pas susceptible de vérification expérimentale et, à ce titre, n'a pas de statut scientifique, ce qui ne lui ôte pas sa valeur du reste). Ceux qui critiquent le service minimum (dont la version actuelle me paraît bien édulcorée) n'ont sans doute pas à se taper la galère des encombrements, des levers au petit matin, des compartiments bondés. Ceux qui critiquent la réforme des régimes spéciaux de retraite en sont les principaux bénéficiaires directs (agents des services publics) ou indirects (et dans ce cas, je veux parler des politiques qui par démagogie soignent leur clientèle électorale). Ceux qui critiquent le traité simplifié, en ayant d'abord poussé notre pays à dire NON au traité constitutionnel sont des apprentis sorciers, qui se moquent de l'influence que peut avoir la France dans le monde et en Europe, tout comme s'en moquent ceux qui jettent le doute et la suspicion sur la libération des infirmières bulgares, passent sous silence nos succès diplomatiques en Roumanie ou dans la péninsule arabique. Rien ne trouve grâce à leurs yeux. Ce qui leur importe c'est le SMS, la montre, les vacances, le mariage du Président. Tout cela est bien vil. Je ne suis pas un inconditionnel du Chef de l'Etat, tant s'en faut, mais l'élémentaire honnêteté consiste à reconnaître ce qui est bien, et à critiquer rationnellement ce qui est douteux en faisant des contre-propositions concrètes. On est loin du compte. Et il est des victoires électorales annoncées ou escomptées qui pourraient bien être des victoires à la Pyrrhus.

lundi 11 juin 2007

Comment désinformer

Petit larcin aux dépens d'une dépêche de l'AFP publié par France-Info sur son site Web. Je cite :"La majorité pourrait ainsi gagner plusieurs dizaines de députés. Pourtant, au premier tour, elle a recueilli 45,5% des voix, soit seulement deux points de plus qu'en 2002 (43,5%) tandis que la gauche s'est maintenue à 39% (40% il y a cinq ans)." Le score de la droite est historiquement le plus élevé jamais obtenu dans une législative sous la troisième république, mais la droite n'a pris QUE deux points. La vraie victoire eût été sans doute d'en prendre 60 et d'atteindre les 120 %.
On se frotte les yeux : la droite a deux points de plus. Et le plumitif, de rage, écrit POURTANT, et ajoute 2 POINTS DE PLUS SEULEMENT qu'en 2002. La gauche, ah ! la gauche. Mais c'est fantastique. Elle a perdu un point ce qui creuse de 3 points de plus l'écart de 2002. Mais ELLE SE MAINTIENT. Si ! si ! Elle se maintient. Elle a pris numériquement une monumentale pâtée, mais elle se maintient. L'art de transformer par la rhétorique un fait avéré en son contraire est ici porté à un sommet de perfection. Mais ils n'ont donc rien compris. Ils prennent leurs concitoyens pour des imbéciles. Ils ne voient donc pas que ces derniers, pas si bêtes contrairement à ce qu'ils pensent, n'aiment point ce jugement implicite méprisant, perlaboré dans les salons des bobos. C'est risible, et ça discrédite le pourtant si beau métier de journaliste. Je n'ai pu m'empêcher de vous faire connaître très rapidement mon opinion sur ces fesses-matthieu qui crèvent de rage impuissante devant leur perte de pouvoir "sur les masses". Les pauvres. N'est-ce pas le moment de leur rappeler ce que disait le bon bonhomme Chrysale : "je vis de bonne soupe et non de beau langage" ? Si, n'est-ce pas ?