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lundi 6 mai 2019

Lundi 06 mai 2019. Le jugement, une vertu qui fait défaut aux politiques !


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QU’EST-CE QUE LE JUGEMENT ?
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Dans son Éthique, VI,  11 (1143a19), ARISTOTE définit ainsi le jugement : "Ce qu’on appelle jugement, qualité d’après laquelle nous disons des gens qu’ils ont un bon jugement ou qu’ils ont du jugement, est la correcte discrimination de ce qui est équitable." (Traduction de J. TRICOT, Paris, Vrin, 1959, p. 303.)
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UN EXEMPLE DE JUGEMENT CHEZ LE
CURÉ D’ARS.
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À plusieurs reprises, j’ai vigoureusement regretté que l’on autorise le travail du dimanche. Dans une très belle homélie, le curé d’Ars, saint Jean-Marie VIANNEY le fait avec un à-propos et un jugement qui défient toutes les critiques des marchands du temple, des post-modernes, de ceux pour qui le commerce et l’argent sont le but de la vie. Voici donc cet extrait, que j’ai reçu aujourd’hui du site Évangile au quotidien :

"Il se trompe dans ses calculs celui qui se démène le dimanche, avec la pensée qu'il va gagner plus d'argent ou faire plus d'ouvrage ! Est-ce que deux ou trois francs pourront jamais compenser le tort qu'il se fait à lui-même en violant la loi du Bon Dieu ? Vous vous imaginez que tout dépend de votre travail ; mais voilà une maladie, un accident. Il faut si peu de choses : un orage, une grêle, une gelée...
Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure dans la vie éternelle. Que vous revient-il d'avoir travaillé le dimanche ? Vous laissez bien la terre telle qu'elle est quand vous vous en allez ; vous n'emportez rien. Notre premier but est d'aller à Dieu ; nous ne sommes sur la terre que pour cela.
Mes frères, il faudrait mourir le dimanche et ressusciter le lundi. Le dimanche, c'est le bien du Bon Dieu : c'est son jour à Lui, le Jour du Seigneur. Il a fait tous les jours de la semaine ; Il pouvait les garder tous. Il vous en a donné six, Il ne s'est réservé que le septième !"
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Maintenant vous comprenez pourquoi je défends vigoureusement les jeunes de L’Amassada de Saint-Victor-et-Melvieu, l’antimachinisme si bien analysé par notre cher Georges BERNANOS (qui y voit une conspiration contre l’esprit), pourquoi j'aime le distributisme de CHESTERTON, et pourquoi je vomis cette civilisation matérialiste qui nous précipite dans le néant. Les responsables politiques qui la promeuvent manquent de jugement, de ce jugement si bien décrit par ARISTOTE. Ils sont inéquitables avec leurs concitoyens ; ce qui serait équitable, en effet, c'est de pouvoir vivre de son travail de la semaine, sans avoir besoin de travailler le dimanche pour le faire. Ce qui est équitable, c'est de vivre de manière tempérante et naturelle.
Ah ! J’en reçois des courriels, des remarques, des articles qui condamnent ce qui est appelé l’islamisation de la France. Mais c’est nous, Français de longue date, qui sommes responsables de ce phénomène. Nous ne voulons pas, nous ne voulons plus du Dieu de Jésus-Christ. Nous n'avons que ce que nous méritons. J’accuse donc très directement les laïcards, leurs supporteurs, les anticléricaux, les maçons de toutes les obédiences, les radicaux-cassoulets, les lâches de notre histoire, de nous plonger dans un très prévisible chaos, pour refuser de nous soumettre à la loi divine, et moquer le fait que les musulmans, eux, le font de bon cœur, souvent à mauvais escient, peut-être, mais le font. Eux, acceptent de dépendre du Créateur. Leur jugement est faussé, et les conclusions qu’ils tirent de son application sont souvent inéquitables; je ne les partage donc pas. Seul le jugement du Juste par excellence est parfaitement équitable. C'est cela qu'il convient de hurler sur les toits, sur les places publiques, et partout où peut se faire entendre une parole libre.

dimanche 4 décembre 2016

03 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance : préjugés, idéologie, jugement, ou le cycle des rebelles

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Les préjugés jouent toujours un grand rôle et un rôle justifié dans l’espace politico-public. Ils concernent ce que nous partageons tous les uns avec les autres de manière involontaire et où nous ne pouvons plus juger parce que nous n’avons presque plus l'occasion d'en faire une expérience directe. Tous ces préjugés, dans la mesure où ils sont légitimes et ne consistent pas en un vain bavardage, sont d’anciens jugements. Sans eux, aucun homme ne pourrait vivre parce qu’une existence dépourvue de tout préjugé exigerait une vigilance surhumaine, une disponibilité constante à accueillir et à être concerné à chaque instant par la totalité du réel, comme si chaque jour était le premier ou le dernier au sens du Jugement dernier, ce qui est impossible. Par conséquent, préjugés et bêtise sont bien distincts. C’est précisément parce que les préjugés possèdent toujours une légitimité intrinsèque que l’on ose s’attaquer à eux lorsqu’ils ne remplissent plus leur fonction, c’est-à-dire lorsqu’ils ne sont plus aptes à délivrer une partie de la réalité à l’homme qui juge. Mais c’est précisément à ce moment-là, lorsque les préjugé rentrent en conflit ouvert avec la réalité, qu’ils commencent à devenir dangereux et que les hommes qui pensent ne sentent plus protégés par eux, commencent à les dévider et à en faire le fondement de cette sorte de théorie perverse que nous appelons ordinairement les idéologies ou les visions du monde. Contre ces formations d’idéologies qui naissent à partir des préjugés, il est inutile de dresser une vision du monde opposée à l’idéologie en vigueur : il faut simplement tenter de remplacer les préjugés par des jugements. Pour ce faire, il est inévitable de ramener les préjugés eux-mêmes aux jugements qu’ils recèlent en eux, et ces jugements à leur tour doivent être ramenés aux expériences qu’ils recèlent et qui leur ont donné le jour."
In
Hannah ARENDT.
Qu’est-ce que la politique ? Texte établi par Ursula LUDZ. Traduction de l’allemand et préface de Sylvie COURTINE-DENAMY. (Collection Points. Série Essais. No 445.)
Éditions du Seuil, Paris, 1995 (date du copyright) ; (date d’impression, 2003 ; date du dépôt légal, 2001), p. 122.
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2. COMMENTAIRES.
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Ce passage d’Hannah ARENDT illustre à merveille ce que j’appelle le cycle de la pensée. Il est normal et bon que, dans l’espace public, les citoyens partagent un certain nombre de préjugés (qui sont d'anciens jugements sur les valeurs) et qu’ils ne passent pas leur temps à les remettre en cause. Il me semble voir dans ce constat les raisons d’un divorce profond entre certains musulmans français et le reste de leurs concitoyens. Ils ne partagent pas les mêmes préjugés politiques.
On peut imaginer que les préjugés fondamentaux longtemps partagés par tous les Français reposaient d’une part sur la devise de la République : Liberté, Égalité, Fraternité, d’autre part sur la Déclaration des Droits de l’homme du 26 août 1789, et enfin sur un récit national, longuement tissé par la République à ses débuts, et notamment par LAVISSE. Ce partage d’un bien indivis est mort et il est mort en raison du conflit croissant entre les préjugés partagés et la réalité.
Par idéologie, la Liberté s’est transformée en droit de faire ce qu’il plait à chacun, notamment en matière de transgression morale ou économique, l’Egalité s’est durcie en égalitarisme, lequel se heurte à une inégalité croissante et choquante qui profite à ceux que caresse la mondialisation, et détruit ceux qui ne peuvent en bénéficier, la Fraternité s’est transformée en un vaste bazar qui s’appelle, par exemple, les Enfoirés, et qui fait que l’on croit son devoir de fraternité accompli parce que l’on a swingué, dansé, chanté avec tel ou tel groupe de rap, de rocks ou de pop, abandonnant pour une soirée leurs bénéfices au profit de tel ou tel association (ce qui est mieux que rien).
Les Droits de l’homme sur quoi se fondait la liberté d’expression, sont bafoués tous les jours, et la dernière offense qui leur a été faite par cette majorité de rencontre est la loi sur le délit d’entrave numérique à l’avortement. Ne parlons pas de l’objection de conscience. Que celle-ci n’ait pas lieu d’être en matière de lois positives relatives à la fiscalité, à l’urbanisme ou à la circulation des véhicules, par exemple, n’implique pas qu’elle ne puisse s’exercer quand il s’agit de la vie et de la mort. On a vu comment ce droit a été refusé aux maires qui refusaient de marier deux personnes de même sexe. Mais ces mêmes Droits de l’Homme nous font accueillir sans aucun discernement toute la misère du monde (à cause du mondialisme et de la mondialisation), alors que dans notre pays même, il y a plus de 8 millions de pauvres.
La destruction idéologique des préjugés fondateurs a été achevée par la Belle Carnassière Najat qui a transformé l’enseignement de l’histoire de France en un vaste barnum multiculturel où nous ne sommes plus capables de reconnaître d’où viennent nos traditions.
Il ne fait aucun doute que le moment est venu (et il est venu), où il convient d’interroger le réel et de nous mettre à penser, et à juger. Il ne fait pas moins de doute que le jugement repose sur des valeurs, et que les valeurs du peuple français ne sont pas celle de Wall Street, de Bruxelles et du CAC40.
Interrogeons donc la question de l’immigration, interrogeons ce que signifie sur le long terme, la destruction de la famille (théorisée par MARX comme une condition fondamentale à la survenue du communisme), interrogeons ce que signifient la métropolisation de la France et la désertification rurale, jointe à l’abandon de nos paysans, interrogeons la persécution molle des chrétiens en général et des catholiques en particulier, et essayons de voir, EN PENSANT, pourquoi il est bon de résister à ces courants destructeurs.
Voici décrit le cycle politique fondamental, dont les conclusions sont les prémisses indispensables à un vrai changement politique : préjugés intériorisés et naturalisés, durcissement en idéologie irréaliste et rébellion du jugement par l’acte de penser.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Une illustration de la nécessaire rébellion contre un ordre mondialisé injuste.

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Quand le prétendu et soi-disant progrès accélère de mouvement de superfluité de l’homme.




mardi 3 septembre 2013

In memoriam : souvenons-nous des massacres de septembre 1792

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Au matin du 3 septembre  1792, on vit des charrettes chargées de cadavres se diriger vers les charniers où jetterait sans ménagement ni respect ces corps suppliciés. Ces victimes des massacres de septembre ont été froidement exécutées, parfois avec des raffinements incroyables de cruauté. L'Eglise catholique en a déclaré certains bienheureux car ils sont morts en confessant JESUS-CHRIST. Voici le récit que GAUTHEROT, spécialiste de l'histoire de la révolution, fait de ce jour :
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"Le matin du 2 septembre, le président de la section du Luxembourg, Joachim Ceyrat, procéda à leur appel nominal. Des hommes coiffés de bonnets rouges et armés de piques prirent la garde. Après 3 heures, tous les prisonniers, même malades ou infirmes, reçurent Tordre de descendre au jardin ; ils se promenèrent dans les allées en méditant, en priant, en récitant des psaumes.
Deux bandes d'assassins approchaient : L'une venue de Saint-Sulpice, où Joachim Ceyrat avait fait voter le massacre; l'autre, venue de Saint-Germain-des-Prés, où elle avait déjà tué vingt et un prêtres.
Les deux bandes comprenaient vingt ou trente hommes. La première se rua dans le jardin.
Près du bassin central se tient immobile, son bréviaire à la main, l'abbé Girault, confesseur des franciscaines : un coup de sabre lui fend la tête et plusieurs coups de piques l'achèvent. L'abbé Salins, accouru à son secours, est abattu d'un coup de fusil. Mgr Dulau se tient vers l'oratoire du fond du jardin : < C'est donc toi, l'archevêque d'Arles ? lui crient les bandits. — Oui, Messieurs, c'est moi. — Ah ! scélérat, tu as fait verser à Arles le sang des patriotes ! — Je n'ai jamais fait de mal à personne. — Eh ! bien, je vais t'en faire, moi ! » L'archevêque, sans broncher, reçoit un coup de sabre sur le front ; un second coup lui ouvre le crâne ; sa main droite, qui s'avance, est tranchée ; une pique pénètre dans sa poitrine si violemment qu'elle n'en peut être retirée.
Un groupe de prêtres s'est agenouillé dans l'oratoire : leur sang ruisselle le long des murs, et leurs cadavres couvrent le sol. L'évêque de Beauvais, la cuisse fracassée, ne meurt pas encore.
Quelques prêtres, réfugiés dans les charmilles, réussissent à grimper aux arbres et à franchir les murs de clôture. Au moment de glisser de l'autre côté, le sulpicien Galláis, supérieur des Robertins, préféra revenir dans le jardin, vers le martyr...
Le lt commandant du poste  cria alors aux prisonniers de regagner l'église : « Arrêtez ! ordonnait-il aux assassins. C'est trop tôt. Ce n'est pas ainsi qu'il faut procéder. » Le commandant du poste? Il ne s'agissait pas de la garde nationale, dont trois cents hommes faisaient l'exercice au Luxembourg, dont un autre détachement était au séminaire de Saint-Sulpice, dont une troisième troupe était rue Palatine, sous les ordres du nommé Tanche qui, averti par l'horloger Cárcel, ne bougea pas. II s'agissait de Maillard, venu de l'abbaye Saint-Germain, ou de l'un de ses acolytes ; on voulait, comme à l'Abbaye, procéder avec « une sorte de justice ».
Rentrés dans l'église, les prêtres récitaient pour leurs compagnons et pour eux-mêmes les prières des agonisants. Appelés deux par deux, ils repassaient par le sombre corridor conduisant du choeur à l'escalier du jardin. Sur une table était posée la liste des détenus que compulsait le misérable assisté par Violette, commissaire de la section du Luxembourg. Violette déclarera avoir sauvé neuf prisonniers ; mais par sa seule présence et en raison du criminel
arrêté pris par la section qu'il représentait il autorisait les scènes qu'il dépeignait d'un mot le lendemain : « Je ne comprends pas ces prêtres ; ils allaient à la mort comme s'ils eussent été à des noces. »
Du jardin, les bourreaux réclamaient leur « gibier » : à mesure que les victimes descendaient le petit perron (resté intact), ils les tailladaient et les abattaient à coups de sabres et de piques. Parmi elles, citons l'abbé Gallais ; Régis de Valfons, exofficier de Champagne, seul laïc, mais qui refusa de décliner d'autre profession que celle de catholique romain; l'évêqtfe de Saintes, et son frère l'évê-que de Beauvais, qui avait été blessé dans le jardin : « Vous voyez que je ne puis marcher, observa doucement le prélat aux bandits qui le cherchaient dans le choeur de l'église ; ayez la charité de me porter là où je dois mourir. » On le soutint jusqu'au lieu du carnage.
En deux heures, cent quatorze prêtres furent ainsi massacrés : presque un par minute... Vers sept heures, les assassins regagnèrent l'Abbaye ; quelques-uns demeurèrent dans l'église des Carmes, buvant la boisson fournie par le traiteur Langlois, et fouillant, volant les morts. Un sulpicien, l'abbé Dabray, resté caché entre deux matelas, fut découvert et abattu dans l'église à coups de sabre.
A l'aurore du 3 septembre, deux charretées de cadavres furent déversées dans les grands fossés creusés d'avance au cimetière de Vaugirard et garnis de chaux vive. D'autres cadavres furent enterrés dans le jardin des Carmes, ou précipités dans un
ancien puits : ils y furent retrouvés en 1867 et pieusement déposés dans la crypte de l'église par les soins de Mgr Darboy, archevêque de Paris, qui fut à son tour massacré en 1871 par les communards, — émules des septembriseurs et patrons des terroristes soviétiques.

Joignant, — selon la coutume de leurs pareils, — l'hypocrisie à la scélératesse, les « patriotes » de la section du Luxembourg avaient autorisé Tanche, commandant des gardes nationaux de la rue Palatine, à « prendre toutes les voies que sa prudence lui indiquerait » pour « prévenir les accidents ». Tanche alla aux Carmes avec trente hommes sans armes : il n'y fit rien, sous le prétexte « que la force serait devenue inutile dans cette occasion, que la multitude innombrable s'est portée à sacrifier à sa juste vengeance les prêtres perturbateurs qui étaient détenus dans cette maison ». L'Assemblée, « convaincue du patriotisme qui a toujours animé M. le commandant, applaudissant à la prudence qu'il a employée », informa des événements, le Conseil Général de la Commune."
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Eh bien savez-vous comment un universitaire, un certain F. BRAESCH, dans son ouvrage intitulé "Commune de Paris" juge ces abominations ? "

Ce monsieur estime que les massacres de septembre « n'ont par eux-mêmes qu'un intérêt épisodique et de polémique », que cela le dispense de les raconter, que « toutes ces horreurs ont d'ailleurs été étalées avec un luxe de détails de nature à satisfaire les plus difficiles, par les historiens conservateurs ou simplement modérés... ». C'est ce qu'on appelle un détail de l'histoire. Faut-il attendre d'humanistes socialistes un peu plus de compassion ? Pas davantage. JAURES, avec son style flamboyant justifie, tout en versant une larme de crocodile, les auteurs de ces crimes, selon lui nécessaires pour que triomphât la Révolution : "Tous ces hommes qui invoquaient la bienfaisante Nature et buvaient l'eau limpide à la coupe de la fraternité sainte, c'est le sang des hommes qu'ils vont boire à la coupe de la fureur et de la mort. Ils sont restés les mêmes, et, à travers l'atroce besogne de meurtre que leur suggère ou que leur impose le délire des événements, ils gardent leur grand rêve d'apaisement fraternel. Que le destin fut cruel de vous gorger ainsi d'une amère saveur de sang, vous qui cherchiez la justice et qui aimiez l'humanité ! Les révolutions sont la forme barbare du progrès. Si noble, si féconde, si nécessaire que soit une révolution, elle appartient toujours à l'époque inférieure et semi-animale de l'humanité." Tu parles !
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Voilà toute l'erreur et l'horreur du socialisme ! Il y a des morts qu'on ne pleure pas, et d'autres qui réclament vengeance ? Je vous rappelle ici, en la résumant, la définition qu'Hannah ARENDT donne du jugement : aptitude à évaluer, à donner de la valeur à UN EVENEMENT PARTICULIER indépendamment du cours général de l'histoire. Ce n'est pas pour rien que notre chère Hannah a décrit le mécanisme totalitaire avec tant de pertinence.
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ANNEXE : liste des bienheureux martyrs.

À Paris, en 1792, la passion des bienheureux martyrs Jean-Marie du Lau d’Allemans, François-Joseph et son frère Pierre-Louis de la Rochefoucauld, évêques, respectivement d’Arles, de Beauvais et de Saintes et quatre-vingt-douze compagnons Prêtres : Vincent Abraham, de Charleville, curé de Sept-Saulx, au diocèse de Reims ; André Angar, de Paris, vicaire à la paroisse Saint-Sauveur ; Jean-Baptiste-Claude Aubert, de Paris, curé de Notre-Dame de Pontoise, au diocèse de Rouen ; François Balmain, de Luzy, au diocèse de Nevers, ancien jésuite, confesseur des Filles de Sainte-Croix de Rueil ; Jean-Pierre Bangue, de Vuillafans, au diocèse de Besançon, chapelain de l’hôpital Saint-Jacques, à Paris ; Louis Barreau de La Touche, du Mans, bénédictin de Saint-Maur, prieur de Saint-Baudile à Nîmes ; Louis-François-André Barret, de Carpentras, vicaire à la paroisse Saint-Roch à Paris ; Joseph Bécavin, de Carquefou, au diocèse de Nantes, ordonné le 15 avril précédent ; Charles-Jérémie Béraud du Pérou, de Meursac, au diocèse de Saintes, ancien jésuite, vicaire général de Saintes ; Jacques-Jules Bonnaud, du Cap-Français, à Saint-Domingue, ancien jésuite, vicaire général de Lyon ; Jean-Antoine-Hyacinthe Boucharenc de Chaumeils, de Pradelles, au diocèse du Puy, vicaire général de Viviers ; Jean-François Bousquet, de Ginestas, au diocèse de Narbonne, demeurant à Paris dans la maison des Eudistes ; Jean-François Burté, de Rambervillers, au diocèse de Saint-Dié, supérieur des Cordeliers, à Paris ; Claude Cayx, dit Dumas, de Martel, au diocèse de Cahors, ancien jésuite, directeur des Ursulines de Saint-Cloud ; Jean Charton de Millou, de la paroisse Saint-Nizier, à Lyon, ancien jésuite, confesseur des Religieuses du Saint-Sacrement, rue Cassette, à Paris ; Claude Chaudet, du diocèse d’Aix, au service de la paroisse Saint-Nicolas des Champs, à Paris ; Ambroise-Augustin Chevreux, d’Orléans, bénédictin, supérieur général de la Congrégation de Saint-Maur, député à l’assemblée nationale ; Nicolas Cléret, de Barfleur, au diocèse de Coutances, chapelain des Incurables, à Paris ; Claude Colin, de Charenton, “maître spirituel” de l’Hôtel-Dieu de Paris ; Bernard-François de Cucsac, de Toulouse, sulpicien, supérieur du séminaire de philosophie de Saint-Sulpice, à Paris ; François Dardan, d’Isturitz, au diocèse de Bayonne, confesseur au Collège de Sainte-Barbe, à Paris ; Guillaume-Antoine Delfaut, de Daglan, au diocèse de Sarlat(*) , ancien jésuite, curé de Daglan, député à l’assemblée nationale ; Mathurin-Victor Deruelle, de Paris, chapelain des Filles de la Charité, sur la paroisse Saint-Gervais ; Gabriel Desprez de Roche, de Decize, au diocèse de Nevers, vicaire général de Paris, membre de la Société du Coeur de Jésus ; Thomas-Nicolas Dubray, de Beauvais, au service de la paroisse Saint-Sulpice à Paris ; Thomas-René Dubuisson, de Laval, au diocèse du Mans, curé de Barville, au diocése d’Orléans ; François Dumasrambaud de Calandelle, de La Chaussade, au diocèse de Limoges, aumônier de l’évêque de Limoges ; Henri-Hippolyte Ermès, de Paris, vicaire à Saint-André des Arts ; Armand de Foucauld de Pontbriand, de Celles, au diocèse de Périgueux, vicaire général d’Arles, abbé commendataire de Solignac ; Jacques Friteyre-Durvé, de Marsac, au diocèse de Clermont, ancien jésuite, chanoine de Saint-Paul d’Estrées, missionnaire à Paris ; Claude-François Gagnères des Granges, de Chambéry, ancien jésuite, pensionnaire de la maison Saint-François de Sales, à Issy ; Jacques-Gabriel Gallais, de Longué, au diocèse d’Angers, sulpicien, supérieur du séminaire des Robertins, à Vaugirard ; Pierre Gauguin, d’Esvres, au diocèse de Tours, sulpicien, au séminaire d’Issy ; Louis-Laurent Gaultier, de Bazouges-la-Pérouse, au diocèse de Rennes, ancien jésuite, pensionnaire de la maison Saint-François de Sales, à Issy ; Georges Girault, de Rouen, du Tiers-Ordre régulier de Saint-François (Père Séverin), confesseur des franciscaines de Sainte-Élisabeth, résidant au couvent de Nazareth à Paris ; Jean Goizet, de Niort, au diocèse de Poitiers, curé de Notre-Dame de Niort ; André Grasset de Saint-Sauveur de Montréal (Canada), chanoine de Sens ; Pierre-Michel Guérin, de La Rochelle, sulpicien, directeur au séminaire de Nantes ; Jean-Antoine Guilleminet, de Bédarieux, au diocèse de Béziers, au service de la paroisse Saint-Roch, à Paris ; François-Louis Hébert, de Crouttes, au diocèse de Bayeux, eudiste, coadjuteur du supérieur général des eudistes et confesseur du roi Louis XVI ; Jacques-Étiene-Philippe Hourier, de Mailly-Maillet, au diocèse d’Amiens, sulpicien, directeur au séminaire de Laon, à Paris ; Jean-Baptiste Janin, de Sourdeval-la-Barre, au diocèse de Coutances, aumônier de l’hôpital de la Salpétrière, à Paris ; Jean Lacan, du diocèse de Rodez, aumônier de l’hôpital de la Pitié, à Paris ; Pierre Landry, de Niort, au diocèse de Poitiers, vicaire à Notre-Dame de Niort ; Claude-Antoine-Raoul de La Porte, de Brest, au diocèse de Léon, ancien jésuite, curé de Saint-Louis de Brest ; Robert Le Bis, de Saint-Amand, au diocèse de Coutances, curé de Saint-Denis de Bris-en-Josas, au diocèse de Paris ; Mathurin-Nicolas Le Bous de Villeneuve de La Ville-Crohain, de Rennes, confesseur des bénédictines de la rue de Bellechasse, à Paris ; Olivier Lefebvre, de Grentheville, au diocèse de Bayeux, chapelain des Dames de la Miséricorde, à Paris, membre de la Société du Coeur de Jésus ; Urbain Lefèvre, de Tours, ancien membre de la Société des Missions étrangères de Paris, retiré à Athis-Mons ; François Lefranc, de Vire, au diocèse de Bayeux, eudiste, professeur au Collège de Lisieux, à Paris ; Charles-François Le Gué, de Rennes, ancien jésuite, résidant à Paris ; Jacques-Joseph Le Jardinier Delandes, de Laigle, au diocèse de Séez, curé de Saint-Nicolas de La Feuillie, au diocèse de Coutances ; Jacques-Jean Lemounier, de Mortagne, au diocèse de Séez, vicaire à Notre-Dame de Mortagne ; Vincent-Joseph Le Rousseau de Rosencoat, de Châteauneuf, au diocèse de Cornouaille, ancien jésuite, confesseur des religieuses de la Visitation de la rue du Bac, à Paris ; François-César Londiveau, de Saint-Calais, au diocèse de Mans, vicaire à Saint-Martin d’Évaillé, au même diocèse ; Louis Longuet, de Saint-Germain-Langot, au diocèse de Bayeux, chanoine de Saint-Martin de Tours ; Jacques-François de Lubersac Saint-Germain, de Chalais, au diocèse de Limoges, aumônier de Madame Victoire, tante du roi Louix XVI ; Marie-Auguste Luzeau de la Mulonnière, de Sucé, au diocèse de Nantes, sulpicien, ancien directeur au séminaire d’Angers, retiré au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris ; Gaspard-Claude Maignien, d’Amance, au diocèse de Besançon, curé de Villeneuve-les-Sablons, au diocèse de Rouen ; Jean-Philippe Marchand, de Marçay, au diocèse de Saintes, vicaire à Notre-Dame de Niort, au diocèse de Poitiers ; René-Julien Massey, de Rennes, bénédictin de Saint-Maur, procureur du monastère Saint-Florent de Saumur ; Louis Mauduit, de Chevillon, au diocèse d’Orléans, vicaire général de Sens ; François-Louis Méallet de Fargues, de Vitrac, au diocèse de Saint-Flour, vicaire général de Clermont ; Jacques-Alexandre Menuret, de Montélimar, au diocèse de Valence, supérieur de la maison de retraite Saint-François de Sales, à Issy ; Jean-Jacques Morel, de Prez-sous-Noréaz, du canton de Fribourg en Suisse, capucin (frère Apollinaire), vicaire des Allemands à la paroisse Saint-Sulpice, à Paris ; Jean-Baptiste Nativelle, de Guilberville, au diocèse de Bayeux, vicaire à Saint-Martin de Longjumeau, au diocèse de Paris ; René Nativelle, frère aîné du précédent, vicaire à Saint-Denis d’Argenteuil, au diocèse de Paris ; Antoine-Matthias-Augustin Nogier, du Puy, chapelain des Ursulines de la rue Saint-Jacques, à Paris ; Joseph-Thomas Pazery de Thorame, d’Aix, chanoine de Blois ; Jules-Honoré-Cyprien Pazery de Thorame, frère cadet du précédent, chanoine et vicaire général de Toulon ; Pierre-François Pazery de Thorame, oncle des deux précédents, vicaire général d’Arles ; Pierre Ploquin, de Villandry, au diocèse de Tours, vicaire à Druye, dans le même diocèse ; Jean-Baptiste-Michel Pontus, de Néville, au diocèse de Coutances, sulpicien, vicaire à la paroisse Saint-Sulpice, à Paris ; René-Nicolas Poret, du Mesnil-Touffray, au diocèse de Bayeux, curé de Saint-Martin de Boitron, au diocèse de Séez ; Julien Poulain-Delaunay, de Ver-sur-mer, au diocèse de Bayeux, assistant du curé de Saint-Gilles de Caen ; Pierre-Nicolas Psalmon, de Rouen, sulpicien, vicaire général de Troyes pour les prêtres de ce diocèse vivant à Paris, et doyen de Saint-Pierre de Varen ; Jean-Robert Queneau, d’Angers, curé de Saint-Doucelin d’Allones, au même diocèse ; Claude Rousseau, de Paris, sulpicien, directeur au séminaire de Laon, à Paris ; François-Urbain Saline de Niart, de Neuf-Brissach, au diocèse de Strasbourg, chanoine de Saint-Lizier de Couserans ; Jean-Henri-Louis Samson, d’Avranches, vicaire à Saint-Gilles de Caen, au diocèse de Bayeux ; Jean-Antoine Savine, d’Embrun, sulpicien, supérieur des Clercs de Saint-Sulpice, à Paris ; Jean-Antoine-Barnabé Seguin, de Carpentras, vicaire et supérieur des clercs à Saint-André des Arts, à Paris ; Jean-Baptiste Tessien, de Fontaine-les-Ribouts, au diocèse de Chartres, sulpicien, prédicateur à Paris ; Loup Thomas, dit Bonnotte, d’Entrains-sur-Nohain, au diocèse d’Auxerre, ancien jésuite, confesseur des Ursulines à Paris ; François Vareilhe-Duteil, de Felletin, au diocèse de Limoges, ancien jésuite, pensionnaire à la maison Saint-François de Sales, à Issy ; Pierre-Louis-Joseph Verrier, de Douai, au diocèse de Cambrai, retiré à la maison Saint-François de Sales, à Issy.
Diacres : Louis-Alexis-Matthias Boubert, d’Amiens, économe des Clercs de Saint-Sulpice, à Paris ; Antoine-François-Dieudonné de Ravinel, de Bayon, au diocèse de Nancy, séminariste à Saint-Sulpice, à Paris ; Jacques-Augustin-Robert de Lézardières, de Challans, au diocèse de Luçon, séminariste à Saint-Sulpice, à Paris.

Religieux : Guillaume-Louis-Nicolas Leclercq, de Boulogne-sur-mer, frère des Écoles chrétiennes (frère Salomon), secrétaire général de l’Institut, à Paris. 

Clerc : Auguste-Denis Nézol, de Paris, professeur à la Maison Dubourg, à Issy.

Laïc : Charles-Régis Mathieu de la Calmette, comte de Valfons, de Nîmes, ancien officier, retiré à Paris chez le bienheureux Jean-Antoine Guilleminet, pour la plupart prêtres ou religieux, qui, pour avoir refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé sous la Révolution française, furent rassemblés au Couvent des Carmes et massacrés en haine de la religion.

(*)la Paroisse "Bienheureux Guillaume Delfaud en Pays Dommois" au diocèse de Périgueux et Sarlat garde son souvenir.



- le diocèse de Bayonne honore le Bienheureux François Dardan, texte de soeur Pascale du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron, extrait de son ouvrage 'Témoins du Christ en Béarn et au Pays Basque' (1.6Mo)

- pour avoir l'édition imprimée.

- au diocèse d'Evreux, le Bienheureux Jacques de la Lande

- Parmi les prêtres martyrs se trouvaient un avignonnais et trois carpentrassiens qui exerçaient leur ministère dans des paroisses parisiennes: Jean Capeau, né vers 1730, chanoine coadjuteur de Saint-Pierre d’Avignon, prêtre auxiliaire à Saint-Paul, Louis-François Barret, né le 23 novembre 1758, vicaire à Saint-Roch, Jean Antoine Seguin, né le 12 juin 1754, vicaire à Saint-André-des-Arts, Pierre Vitalis, né le 11 juillet 1759, vicaire à Saint-Merry. (Jean Capeau et ses compagnons - diocèse d'Avignon)

- C’est "avec douceur et respect" que les prêtres emprisonnés formulèrent leurs refus de rompre avec l’Église de Rome. Si "le monde les a pris en haine", ils savaient que le Christ avait prié pour les garder dans la fidélité. Au nombre de ces martyrs, on compte trois prêtres originaires du diocèse du Puy. Ce sont Claude Pons, né à Saint-Pierre-Le-Monastier, en 1729; Jean Boucharend de Chaumeils, né à Pradelles, en 1738, et Matthias Nogier, né en 1764, au Puy, paroisse Saint-Jean-Baptiste. (Saints du diocèse du Puy-en-Velay)


 

Martyrologe romain

Nous voilà réfugiés dans l’oratoire. Voici les Marseillais ! Nous ne pouvons être mieux qu’au pied de la croix pour faire le sacrifice de nos vies.

Abbé Desprez, l’un des martyrs

 

 


 

 
 
 
 

mercredi 21 août 2013

Nouvelles de la Résistance : que le jugement repose sur une relation authentique avec le passé, premier billet du 21 août 2013

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Il y a quelques jours, j'ai fait allusion dans un billet au livre remarquable qu'Hannah ARENDT a consacré à la philosophie politique de KANT (Juger. Sur la philosophie politique de Kant). A dire vrai, KANT n'a jamais élaboré de philosophie politique, et tout le travail d'Hannah ARENDT consiste à déduire cette philosophie de ce que KANT a dit du jugement esthétique. Ronald BEINER consacre un essai à cet ouvrage. L'abord en est difficile. Néanmoins, il jette quelques lumières fulgurantes sur la faiblesse de la pensée politique de nos actuels gouvernants, monsieur PEILLON en tête.
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Rappelons d'abord ce que dit le ministre de "l'éducation nationale" que je préférerai appeler le ministre de "l'endoctrinement national". Pour lui l'histoire de France commence avec la Révolution et il est inutile, dangereux et politiquement improductif (pour son clan, cela va sans dire) de faire la moindre allusion à ce qui se vivait en France sous l'Ancien Régime. Cette manière de voir, partagée par ses collègues du gouvernement, une manière qui nous a valu la loi que nous combattons, prive les personnes du pouvoir de juger, c'est-à-dire d'attribuer une valeur à telle action, tel acte, telle initiative.
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Ronald BEINER explique lumineusement en quoi ce point de vue est gros de danger. "L'ascendant croissant du pouvoir de la volonté (analysé par HEIDEGGER) est cause du concept moderne de progrès historique, qui, à son tour, constitue une menace pour la faculté de juger : car le juger repose sur une relation authentique avec le passé. Dans la mesure où l'on épouse l'idée d'un progrès de l'humanité et où l'on subordonne, de ce fait, le particulier (l'événement) à l'universel (le cours de l'histoire), on renonce à la dignité qui provient de ce qu'on juge le particulier pour lui-même, indépendamment de sa relation à l'histoire universelle du genre humain." Et BEINER note que le travail d'Hannah ARENDT sur KANT se termine sur l'idée que croire au progrès veut dire "qu'il n'est pas de lieu où nous puissions nous arrêter pour poser sur le passé le regard rétrospectif de l'historien".
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Il est très important de souligner qu'Hannah ARENDT a énormément travaillé la question du totalitarisme. Sa conclusion éclaire tout à fait les raisons pour lesquels les "progressistes" font passer par profits et perte les horreurs révolutionnaires des guerres de Vendée ou du 10 août 1792 (où des émeutiers on cloué à coup de baïonnette sur le corps de son père assassiné un enfant de 10 ans) au regard de l'immense avancée que constitue selon eux la conquête de la liberté (!), de l'égalité (!!) et de la fraternité (!!!). La même myopie explique pourquoi l'on encense CHE GUEVARA qui fumait le cigare pendant qu'on fusillait sous ses yeux des dizaines d'opposants cubains à FIDEL CASTRO). La même considération progressiste fait ignorer à madame TAUBIRA les leçons du passé, sur la famille, la filiation, la paternité, la maternité. Or la culture, n'en déplaise aux adeptes de la "modernité", c'est bien l'ensemble des savoirs, des techniques, des pratiques artistiques, des conduites sociales, etc. que nous ont transmis nos ancêtres pour nous éviter d'avoir à refaire le même chemin qu'eux. En somme, nos gouvernants veulent nous empêcher de penser en nous empêchant de juger. Eh bien je ne marche pas dans la combine ! Et la pensée d'Hannah ARENDT me paraît autrement plus profonde et articulée que les fumeuses idées de nos ministres.
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jeudi 30 mai 2013

Considérer la sagesse passée pour préparer l'avenir

Dans la confusion actuelle des esprits, il est bon de se tourner vers les enseignements des antiques sagesses pour préparer l’avenir d’une part, et de puiser son énergie dans la Parole de Dieu, pour ceux d’entre nous qui désirons être des disciples de JESUS d'autre part. Deux parties donc dans ce premier billet du jour. Il est long, mais je vous demande d'avoir la patience de le lire jusqu'au bout. Comprenez bien que je ne désire pas faire  aujourd'hui, ni hier, ni demain, le cuistre ou le pédant, mais agir en chercheur de la vérité de l'homme et que disposant de temps je ne cesse de lire et de réfléchir.
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Sagesses anciennes.
 
 Depuis très longtemps je vais au Collège de France suivre les cours du Pr KELLENS sur les langues et civilisations iraniennes anciennes. J’ai suivi les cours d’avestique récent, langue ancienne dans laquelle l’Avesta, le livre liturgique des Zoroastriens a été partiellement rédigé (l’autre partie l’ayant été en avestique ancien). Notre jeune professeur, Céline R… est absolument formidable. La langue est épouvantablement difficile ; elle nous la fait aimer.
 
Il existe un texte avestique, le Hadoxt Nask, qui faisait probablement partie il y a des siècles, d’une cérémonie dérivée de la liturgie dite longue ; il s’insérait dans le récitatif ordinaire avec d’autres textes. On ne possède plus aujourd’hui que le texte totalement découplé de la liturgie proprement dite et l’on ignore donc où et comment il s’y intégrait. Voici comment le Hadoxt Nask fait parler l’âme féminine qui va quatre jours après la mort à la rencontre de l’entité masculine subsistant. La traduction est celle du Pr KELLENS :
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"Alors que j’étais aimée, tu m’as rendue plus aimée ;
Alors que j’étais belle, tu m’as rendue plus belle ;
Alors que j’étais admirée, tu m’as rendue plus admirée ;
Alors que j’étais assise en avant, tu m’as fait asseoir encore plus avant.
Ce sont des choses que tu as bien pensées, que tu as bien dites et que tu as bien faites."
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Il me semble que ce texte parle merveilleusement de la rencontre de la féminité et de la masculinité, et qu’il s’inspire très simplement des réalités humaines et de l’attirance naturelle qui porte l’homme vers la femme et la femme vers l’homme. Ce sont ces réalités-là que la folie de nos gouvernants, obéissant à d’obscurs motifs qui nous échappent en partie et pourraient bien dépasser le cadre pur de l’idéologie, s'efforcent de démolir. Il est bon de se rappeler que l'homme pauvre et simple voit les choses comme elles sont, sans élucubrations cérébrales, avec poésie et sensibilité.
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Poursuivant mes lectures, et sans l’avoir cherché, j’ai trouvé ce poème chinois (traduction de Jacques PIMPANEAU) :
 
 "Ayant longtemps dormi dans le sein de l’obscur,
L’esprit partait en rêve, toujours vers d’autres rêves.
Tandis que ma personne demeurait sans bouger,
Mille vues dans le vide pour moi se déployaient.
Depuis l’automne trompeur apparaissent des lois,
En fait n’est là personne ; soudain voici quelqu’un.
Très loin au fond de moi réside la conscience ;
Les rêves dispersés, je vois le vrai du ciel."
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L’intérêt du texte vient de ce qu’il fait surgir au milieu du vide et de l’obscur, depuis l’automne trompeur et ses lois baignant dans la tromperie, la voix de la conscience qui apparaît comme une personne, apte à voir le ciel. C’est, en changeant ce qui doit être changé (l’époque et le contexte chinois), ce qui est en train de se passer dans notre patrie (n’en déplaise à monsieur Guillaume GAVEN). Le nez sur le guidon, nos journalistes et nos hommes politiques ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont donnée à la force de la conscience et à la liberté de juger, de penser et d’agir, notamment contre la tyrannie de l’argent et du sexe. Il y a des sphères auxquels l’homme-personne aspire, et ce ne sont pas celles dans lesquelles naviguent à vue les apprentis sorciers.
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Parole de Dieu.
Comment alors ne pas terminer sur ce passage de l’épitre aux Romains que nous devons au génial Paul de TARSE (Ro 5, 1-5) :
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 "Frères, Dieu a fait de nous des justes PAR LA FOI ; nous sommes ainsi en PAIX avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné, par la foi, l’accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c’est d’espérer avoir part à la gloire de Dieu. Mais ce n’est pas tout : la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la valeur éprouvée, la valeur éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne trompe pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit saint qui nous a été donné."
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La conclusion est claire : espérance, non-violence, témoignage public, persévérance, humilité. C’est pourquoi il faut continuer le mouvement des Veilleurs. Il ne sert à rien de lancer des imprécations contre les personnes, comme je l’ai fait peut-être de manière un peu trop appuyée. Nous rentrons dans un autre cycle, celui de la résistance spirituelle. Nous devons pouvoir répondre de ce qui nous anime à ceux qui nous interrogent, le feraient-ils avec ironie, de le faire sereinement, rationnellement, charitablement. Ne nous inquiétons pas de ce que nous aurons à dire. « L’Esprit Saint nous enseignera à ce moment-là ».

 

 

samedi 4 juin 2011

Encore Gustave

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Il y a bien longtemps que je ne vous aie pas cité l'un des aphorismes si bien ciselés de mon cher Gustave THIBON. Voici une perle trouvée dans son ouvrage Notre regard qui manque à la lumière.:
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"[...] : les hommes apprécient un mets ou un remède dans la mesure où la publicité empoisonne leur cerveau ; ils jugent de le beauté d'une femme ou du talent d'une actrice d'après le bruit qu'on fait autour d'elles ; ils attendent pour s'ouvrir à la charité du Christ, de lire dans un journal faisandé (et le mot est encore trop indulgent, car le faisan est encore plus empaillé que pourri) un  reportage sur l'abbé Pierre entre une photographie de vamp et le récit d'un crime sordide, tandis que la misère en chair et en os qu'ils côtoient chaque jour les laisse indifférents. Ils ne voient plus dans le monde que la poudre qu'on leur jette aux yeux et seul le tapage de la grosse caisse trouve un écho dans leur coeur."
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Misères ? Séisme du Japon et centrale nucléaire "explosée" ? Bombardements divers, en Libye et ailleurs ? Attentats au Pakistan et en Afghanistan ? Morts d'Abidjan, de Damas, de Sanaa ? Chômeurs ? Emplois des jeunes ? Qui s'en préoccupe personnellement, effectivement et concrètement aujourd'hui ? Qui le pourrait d'ailleurs, empêtré qu'il est dans des "soucis" souvent dérisoires, mais qui occupent toutes ses pensées ?
Beauté d'une femme ? Talents d'une actrice ? Couples de people qui se forment ou se défont ? On ne connaît même plus les noms des actrices primées à Cannes l'an dernier ? Bébé d'unetelle né d'untel, son énième mari ou amant ou compagnon ? Nouveau talent qui détrône la pourtant indéboulonnable Lady je-ne-sais-plus-qui ? Des pages et des pages de magazines imprimés sur papier glacé, sur quoi souffle un vent de désert !
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Comment trouver son assise, comment former son jugement dans ce tourbillon d'informations qui nous sont assénées et qui ne sont pas toutes nécessaires ? Comment se former une idée juste et mesurée, préalable à tout jugement, qu'il soit moral ou esthétique ? Comment agir droitement, une fois notre jugement formé ? J'avoue que devant la complexité de ces questions, je ne trouve pas de réponses toutes faites. Je connais la méthode pour y parvenir, et j'ai un repère qui porte un Nom. Mais elle me demande des efforts, la méthode, et le Nom qui sauve exige bien des renoncements. Éternel balancement entre l'accomplissement douloureux du meilleur et l'attrait délicieux de la facilité.
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Affaire à suivre

mardi 15 juin 2010

Il y avait bien longtemps...

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Il y avait bien longtemps que je ne vous avais cité mon cher Gustave THIBON. Il faut que je répare au plus vite ce retard. Dans un ouvrage majeur, Notre regard qui manque à la lumière (Fayard, Paris, 1970), notre vigneron philosophe, fin psychologue et grand moraliste, dénonce les tares du siècle, en souligne les lumières, parle avec pudeur de ses doutes et de ses limites. Il faudrait tout apprendre par coeur, et faire connaître à tous ceux qui préfèrent la lumière aux ténèbres, la parole de celui qui hébergea et connut Simone WEIL avant qu'elle ne parte pour l'Angleterre et qu'elle n'y meure, trop tôt, trop jeune. Pour aujourd'hui, je me bornerai à vous livrer ce petit passage :
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"Les hommes apprécient un mets ou un remède dans la mesure où la publicité empoisonne leur cerveau ; ils jugent de la beauté d'une femme ou du talent d'une actrice d'après le bruit qu'on fait autour d'elles ; ils attendent pour s'ouvrir à la charité du Christ, de lire dans un journal faisandé (et le mot est encore trop indulgent, car le faisan est encore plus empaillé que pourri) un reportage sur l'abbé Pierre entre une photographie de vamp et le récit d'un crime sordide, tandis que la misère en chair et en os qu'ils côtoient chaque jour les laisse indifférents. Ils ne voient dans le monde que la poudre qu'on leur jette aux yeux et seul le tapage de la grosse caisse trouve un écho dans leur coeur."
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Aucun domaine de l'activité humaine n'échappe à l'attraction tentaculaire de l'opinion dominante. Je m'en suis rendu compte, figurez-vous, en regardant (d'un oeil distrait, j'en conviens), le match qui a opposé l'équipe de France de foot-ball à celle de l'Uruguay. Je n'y connais pas grand chose, peut-être, mais enfin il n'était point nécessaire de sortir de polytechnique pour voir que les français faisaient des passes d'un précision remarquable, savait repérer le joueur démarqué, allaient vite et qu'ils étaient d'un niveau nettement supérieur à leurs adversaires. Mais Eugène SACOMANO a dit, paraît-il, que nos joueurs étaient des fantômes, dépourvus d'énergie et de sens du jeu, et cela a suffi pour que dans les chaumières, le téléspectateur, oubliant son jugement personnel et son sens critique, déclare, contre son sentiment, que les français n'étaient pas à la hauteur.
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Il me semble que le premier devoir de l'enseignant est d'ouvrir le coeur de ses élèves à leurs propres sentiments, avant de leur mettre en tête un esprit critique desséchant qui leur fait examiner la réalité à la lumière de systèmes de pensée préformés, avant même qu'ils aient pu appréhender pour eux-mêmes ce qu'ils voyaient, entendaient, sentaient ou goûtaient. Il est de bon ton de se moquer des sensations. Il est très chic d'avoir des "idées". Il me paraît à moi plus important de penser. Et Thomas d'AQUIN l'a dit : il n'y a rien dans l'intelligence qui ne passe d'abord par les sens. Si je vois que les joueurs français ont été habiles et ont bien joué, j'en conclus qu'ils sont plus de chances que celles que l'on veut bien leur donner dans les sondages... C'est le devoir du journaliste d'informer ses lecteurs en faisant le net partage des faits et de son opinion personnelle ou ou d'une opinion politiquement correcte.
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Le présent billet n'a pas pour but de faire l'apologie de notre équipe nationale de foot-ball. Il se propose simplement de vous suggérer d'avoir le plus grand recul devant les condamnations, commentaires, jugements des hommes qui font l'opinion. Tous les journalistes, bien sûr, ne sont pas des apprentis-sorciers ; il en est, Dieu merci, de fort honnêtes. Mais un trop grand nombre d'entre eux est victime de l'esprit de système, tellement français, et qui nous fait tellement de tort auprès des étrangers. Nous leur donnons l'impression de tout savoir, mais hélas nous ne savons que ça.
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C'est tout pour aujourd'hui.

vendredi 9 avril 2010

Impertinence

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J'ai répondu hier privément à ce lecteur qui trouvait que mes propos étaient dépourvus de saveur, de pertinence et d'impertinence, et qui désormais s'abstiendrait autant qu'il est possible de les commenter. Je ne voudrais pas lui faire de peine en remarquant que cela ne changera guère puisque, à ma connaissance du moins, c'est la première remarque qu'il publie ici, sous ce nom en tout cas. Mais tout de même ce constat mérite d'être relevé.
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Je ne fais pas de journalisme. Et par conséquent, j'évite le sensationnel, le provocateur, l'insolite ou le grossier. J'écris en utilisant la liberté qui est donnée à tout citoyen de faire connaître ses idées dans le domaine public, en respectant la loi.
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Certes, et Olibrius, dont mon lecteur regrette le retrait, ne me contredira pas qui ne manquait jamais de me reprendre sur ce point, il m'arrive d'être péremptoire ou catégorique, au moins en apparence. Il faut donc que j'explique ici pourquoi. Nous sommes tous dotés de la capacité de discerner ; le discernement est cette faculté qui permet de déterminer ce qu'il convient de dire ou de faire dans une situation donnée. Il implique notre faculté de jugement, c'est-à-dire de classification sur une échelle de valeurs, de ce qui est très bon, bon ou moins bon. Je dis, prétends et maintiens que la prétendue tolérance, qui consiste à ne jamais évaluer la valeur morale d'un acte ou d'un propos, n'est jamais qu'une affirmation catégorique et péremptoire de la valeur du non jugement, du refus d'attribuer une sorte de "coefficient de moralité" aux dits propos et actes. Classer, c'est précisément relativiser ces éléments les uns par rapport aux autres ; refuser de le faire, c'est se placer dans l'absolu de leur valeur respective.
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Je vais être impertinent, et je prie le lecteur auquel je réponds publiquement de ne pas prendre pour lui ce qui suit. Que dis-je, je le supplie de ne pas le faire. Par moment, je me demande si je ne partage pas le point de vue pessimiste de MAURIAC, et si, inconsciemment, je ne justifie pas l'existence de ce Blog par ce jugement-là : "La pire horreur, c'est le contact quotidien avec des gens sans imagination et sans idées générales, qui ont la haine de l'Esprit et qui vont par le monde à la remorque de leur organe génital."
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dimanche 13 juillet 2008

Préjugé et jugement en politique

L'actualité n'offre guère de prise à un commentaire vigoureux. Il semble qu'à l'image de nombre de Français, les hommes politiques, les élus de tous bords, aient suspendu brutalement leur lyre ou leur poignard au râtelier des vacances. Raison de plus pour prendre avec eux un peu de recul.
D'Hannah ARENDT, ce petit texte que j'aime énormément :
Plus un homme est libre de tout préjugé, moins il sera adapté à la vie sociale. Mais c'est qu'à l'intérieur de la société nous ne prétendons pas non plus juger, et ce renoncement au jugement, cette substitution des préjugés aux jugements ne devient véritablement dangereuse que lorsqu'elle s'étend au domaine politique dans lequel, d'une manière générale, nous ne pouvons nous mouvoir sans jugement.
Le texte, j'en conviens est difficile. On pourrait le résumer ainsi. Dans les démocratie occidentales, tout imprégnées de l'idéal de tolérance, on prétend tout accepter sans porter de jugement. Mais comme il est impossible de se mouvoir dans l'espace public, domaine par excellence du politique, sans JUGEMENT, on remplace celui-ci par des PRÉJUGÉS, qui ne sont autres que ceux des idéologies dont on se réclame. Au lieu d'examiner les faits, de les confronter à des valeurs de référence auxquels tout être de bonne foi pourrait adhérer, on fait rentrer ceux-ci dans une grille d'analyse préalable, on les tord, ils sont jugés avant que d'être examinés (c'est là-même le sens de "préjugé"), pesés, confrontés à la totalité.
Hannah ARENDT souligne que le mot jugement a deux sens différents. (a) Subsumer en l'ordonnant, l'individuel et le particulier sous quelque chose de général et d'universel. (b) Mais juger peut signifier tout autre chose, et c'est toujours le cas lorsque nous sommes confrontés à quelque chose que nous n'avons encore jamais vu et pour lequel nous ne disposons d'aucun critère. Ce jugement [...] ne peut s'appuyer sur rien d'autre que sur l'évidence de l'objet même du jugement.
Là encore, texte difficile, mais qui peut se simplifier comme il suit. Le premier mode de jugement a pour but de hiérarchiser les données du réel, données que nous fournissent les faits : ainsi, mettre au même niveau la mort accidentelle de deux jeunes des banlieues et le massacre systématisé des bonzes de Birmanie, ou les persécutions des chrétiens en Algérie, témoignerait d'une absence de jugement si, en exposant simultanément ces faits, on ne voyait pas qu'ils se rangent dans des catégories de niveaux différents qui les rendent irréductibles les uns aux autres. Le second type de jugement se rapporte essentiellement (selon moi) à toutes les nouveautés que nous proposent la science et les technologies : comment juger le fait qu'une personne, génétiquement de sexe féminin, mais transsexuelle et devenue homme, ait cependant donné le jour à un enfant conçu par insémination artificielle ? La chose a eu lieu aux Etats-Unis. Le jugement, là, ne peut s'abstraire de l'évidence du fait, et rien que du fait ; il ne peut pas s'appuyer sur un quelconque système de pensées préétablies, sous peine de devenir un préjugé. Si l'on s'en tient à l'évidence des faits, on voit bien l'aberration d'un tel comportement.
Je regrette de devoir philosopher aujourd'hui. Mais l'accumulation des mensonges, des horreurs, des crimes, et symétriquement la sainteté grandissante d'un nombre restreint de personnes prophétiques (j'en vois tous les jours ; il suffit d'ouvrir les yeux ; je pense notamment à Thierry, un homme simple et pauvre, converti et baptisé il y a peu ; tous les dimanches que Dieu fait, Thierry porte à Kamel, un ouvrier marocain qui quête à la porte de l'église, une bouteille thermos de café, lui donne une petite pièce - tirée de son nécessaire - et discute avec lui une bonne dizaine de minutes) me contraignent à ces réflexions.
D'où l'on voit par là que tous les êtres libres de préjugés sont potentiellement inadaptés à la vie sociale. Celui qui a des yeux et ne voit pas, ne peut accepter ni comprendre Thierry, pas plus que Kamel. Et Thierry, à mes yeux un exemple de sainteté, est incompris et rejeté par le plus grand nombre. Il est un signe de contradiction, et il est de ceux qui, sans beauté ni prestige, sont persécutés pour la justice. Mais l'ONU refuse de condamner monsieur MUGABE et les généraux de BIRMANIE peuvent continuer de trafiquer le pavot et de tuer leurs concitoyens, sans que cela nous émeuve.