mardi 15 septembre 2009

Exercice

Supposons qu'on lise dans un journal l'entrefilet suivant (c'est un exercice, je vous préviens) :
"Le jeune LEE-KIM-YO, 33 ans a été exécuté publiquement à SEOUL. Il était accusé d'avoir distribué clandestinement des oeuvres de MARX, dont Le Capital, à la sortie des usines DAEWOO. On l'accusait aussi d'espionnage au profit de la CORÉE du Nord et de la CHINE. L'Association Sud-Coréenne d'enquête sur les crimes contre l'humanité a révélé que la femme de LEE-KIM et ses trois enfants avaient été transférés dans un camp de prisonniers politiques."
Vous voyez d'ici la LICRA, la Ligue des droits de l'homme, les Partis Communistes, l'ONU, les ONG, l'UNESCO, et j'en passe, protester, organiser des défilés, des pétitions, des protestations, brûler le drapeau sud-coréen, la foule en colère envahir les ambassades sud-coréennes, les saccager, les brûler peut-être. Et je serais le premier à participer à ces manifestations. Je vous demande, que dis-je ? je vous supplie de me croire.
Voici maintenant les faits tels qu'ils se sont déroulés.
Le silence qui les a entourés est assourdissant. RI HYON-OK est une jeune coréenne du Nord, âgée de 33 ans ; elle a été exécutée publiquement à RYONGCHON dans le Nord-Ouest du pays, pour avoir distribué des bibles. RI HYON-OK était une chrétienne évangélique, et les chrétiens n'intéressent personne. Ce sont des emmerdeurs patentés. Ils enquiquinent le monde avec leur charité, leur morale, leur clergé, leurs églises, leur méthode Ogino, etc. Ils sont des empêcheurs de tourner en rond. La Commission d'enquête sud-coréenne sur les crimes contre l'humanité a confirmé que l'époux de RI HYON-OK et leurs trois enfants étaient internés dans un camp de prisonniers politiques. Ce n'est pas GUANTANAMO. Ce n'est pas américain. Les pauvres ne sont pas musulmans, ni arabes. Leur pays n'a pas de pétrole. Il est pauvre et peu peuplé. La CORÉE du Nord c'est loin. Ça n'intéresse personne.
Ah, oui ! C'est proprement insupportable cette différence de traitement de l'information. Et si le journal La Croix n'avait pas fait état de cette exécution dans son numéro du 30 juillet, en page 12, il y a fort à parier que l'opinion française n'eût point été mise au courant. RI HYON-OK est morte pour sa foi. C'est une martyre. Elle a part, n'en doutez pas, à la gloire de son Seigneur pour qui elle a donné sa vie. Ayons pour son mari et ses enfants une pensée de compassion, et pour les croyants, prions, prions sans nous lasser pour que de telles abominations ne se reproduisent plus.

A un ami

J'avais promis de lui répondre. Je le fais, avec un très léger retard, aujourd'hui.
Il me disait avec beaucoup de gentillesse, à Vézelay : "Tu lis beaucoup - [ce qui est vrai] - et tu donnes l'impression de te ranger toujours à l'avis du dernier auteur que tu as lu - [ce qui ne l'est pas]. Je vais essayer d'expliquer pourquoi.
Il me semble être relativement cohérent dans mes citations, quand il y en a, ou dans mes raisonnements, quand je vous invite à vous y égarer. Vous remarquerez en effet que nombre de mes emprunts portent sur le rapport que les hommes entretiennent avec le réel, avec l'idéologie, et par voie de conséquence, avec eux-mêmes et leurs semblables, et qu'il en va de même pour mes raisonnements.
Je proclame de nouveau avec insistance que le réel est ce qui nous résiste. Quand j'entends l'opposition réclamer du pouvoir d'achat en période de crise, je me dis que son rapport au réel est assez médiocre ; quand je l'entends vilipender les riches, je sens que ce n'est pas pour des raisons économiques, ni même pour des raisons de justice sociale qu'elle pourfend ses "ennemis de classe", mais pour des raisons idéologiques (je rappelle que l'idéologie est le système de valeurs que les hommes utilisent pour accéder au pouvoir et s'y maintenir) ; quand j'entends les gens de l'éducation nationale raconter l'histoire de France avec les catégories de MICHELET, en faisant fi de toutes les vérités historiques, je sais que cette déformation nous conduit à des affrontements civils qui nous empêchent de voir les problèmes et par conséquent de les résoudre.
Quand j'entends la majorité exalter le marché comme seul facteur de régulation de la vie sociale, je pressens qu'elle le fait pour des raisons idéologiques ; quand je vois des banquiers faire de grosses provisions financières pour verser des bonus à leur traders, je devine qu'il s'agit là d'une invraisemblable ignorance de la réalité humaine et sociale.
Tout cela, je n'ai cessé de le dire. Sans ordre, certes, puisque je n'ai pas de plan de lecture prédéterminé, et que souvent mes réflexions me sont inspirées par les événements du moment. Mais je l'ai dit constamment. Et je termine en rappelant ici mon intuition fondamentale : les seuls facteurs susceptibles de changer l'état de la société sont les comportements individuels. Un tel constat a été fait, après de très soigneuses analyses, par des auteurs aussi divers que Marcel LEGAUT, Simone WEIL, ou LANZA del VASTO. Or je n'ai jamais entendu le parti socialiste le prétendre. Il trouvera tout à fait normal de critiquer BOUYGUES, mais je ne sache pas qu'il y ait recommander qu'on le boycotte (téléphonie mobile par exemple ; idem pour monsieur LAGARDERE et TF1. Regardez, chers camarades, les émissions idiotes de cette chaîne, et tapez à bras raccourci sur les "riches", mais surtout ne faites rien pour les empêcher de l'être).
Voilà la cohérence de mes propos ; voilà l'ambition que j'avais en ouvrant ce Blog : inciter mes lecteurs à réfléchir, à penser, à ne pas se contenter de l'opinion des médias ou de leurs préférences politiques, mais se former une opinion réfléchie, pesée, fondée sur les faits et non sur des systèmes préformés de pensée.
J'espère, cher Georges, avoir répondu quelque peu à tes amicales remarques.

dimanche 13 septembre 2009

Mixité sociale

Le rectorat de l'Académie de Paris signale que la mixité sociale a progressé dans les lycées parisiens à la rentrée de l'année académique 2009-2010. Il l'impute "au nouveau mode d'affectation informatisé", ce qui est une explication secondaire et superficielle du phénomène. Jamais des lycées réputés, comme les lycées Sophie-Germain, Racine, Henri-IV, etc. n'ont accueilli autant de boursiers en seconde.
Un esprit non prévenu s'interrogerait davantage et avec un peu plus d'esprit critique sur l'origine de ce phénomène. Mais demander cet effort à des fonctionnaires de l'éducation nationale, englués dans l'idéologie de l'égalité, viscéralement opposés à l'actuel gouvernement, c'est trop.
Il me semble, moi, que c'est la désectorisation qui est responsable de cette augmentation de la mixité sociale dans les bons lycées. Depuis que les élèves peuvent demander de s'inscrire dans l'établissement de leur choix, il est plus facile à ceux qui le désirent, et en ont l'ambition et les moyens intellectuels, d'aspirer au meilleur. Les proviseurs ont plus de latitude pour déceler les talents, apprécier les motivations des candidats, et les choisir en fonction des critères qui caractérisent leur établissement. Il faut en effet cesser de raconter que tous les lycées se valent ; nous savons bien que c'est faux. Henry IV, Saint-Louis, Louis le Grand, sont bien meilleurs que les nombreux lycées Pablo Picasso, Prévert, et autres éponymes de gauche, qui émaillent les banlieues des grandes villes. On peut le déplorer, on ne peut pas décréter leur équivalence absolue avec les grands lycées parisiens.
Il est évident que les enseignants de ces lycées ne sont pas responsables de cet état de fait ; celui-ci est en partie dû à la nature du recrutement. Donner sa chance à un jeune talentueux qui vient des banlieues (comme l'a fait le Directeur de Science Po à Paris), me semble être la meilleure façon de lutter contre les inégalités.
L'idéologie de gauche, en imposant la sectorisation, a fait la fortune de l'enseignement privé. Les parents, et non les éléphants, éléphanteaux et éléphanticules, sont les seuls et premiers responsables de l'éducation des enfants. C'est leur droit naturel, absolu, et imprescriptible. Ils veulent pour eux le meilleur, et quand ils voient les désordres, les violences, l'absence de sanctions et de discipline dans nombre d'établissements, ils n'ont pas envie de voir leurs enfants confrontés à ces dysfonctionnements. En vérité, plutôt que de proclamer en sautant sur son fauteuil : "égalité, égalité, égalité", "enseignement de riches", etc., il serait bien préférable de chercher concrètement comment rétablir l'ordre, assurer la transmission des savoirs, former des citoyens dans ces établissements difficiles, dans le respect des élèves. A mon humble avis, il faudrait déjà en diminuer la taille, y avoir des classes moins surchargées, y mettre les meilleurs enseignants - à condition qu'ils soient volontaires, chevronnés, et évalués quant à leurs aptitudes psychologiques, qu'ils aient un traitement nettement supérieur, et un nombre d'heures de cours inférieur à ceux de leurs collègues enseignant dans des lycées plus faciles. Tout cela requiert un esprit concret, des recherches pratiques sur les contenus et les méthodes des enseignements, du dévouement, de l'opiniâtreté. Le système napoléonien qui est encore le nôtre n 'est certes pas à la hauteur des défis.
En vérité, charger l'état d'organiser l'enseignement public, est une aberration politique et sociale. J'ai déjà expliqué, il y a de très nombreux billets, que la responsabilité de l'état devrait se borner à la collation des grades, à la définition très souple des programmes, à la vérification préalable de la qualification des enseignants, et à l'attribution à chaque famille d'une allocation d'enseignement destiné à payer l'écolage dans les établissements choisis par les parents. Tout le reste devrait être organisé privément. Que voulez-vous, pour moi c'est cela liberté. Et là-dessus je pourrais raconter comment mon professeur de philosophie, marxiste notoire et patenté, a tenté de nous endoctriner pendant un an. Je dois vous dire - c'est ainsi - qu'avec moi, il est tombé sur un bec !

samedi 12 septembre 2009

Bourrage des urnes et bourrage des crânes

On va dire que je m'acharne. Mais enfin. Qui devrait démissionner ? Monsieur HORTEFEUX qui aurait eu des propos racistes au congrès des jeunes de l'UMP ou madame AUBRY dont les fidèles de la Fédération socialiste du Nord on bourré les urnes de bulletins au nom de leur patronne, pour faciliter son élection comme premier secrétaire ?
J'ai entendu les propos de monsieur HORTEFEUX et vu la vidéo litigieuse, passée au journal permanent de BFM-TV. Il s'adressait à un jeune militant, d'origine kabyle, répondant au prénom d'Amine. Le commentateur a eu l'honnêteté de nous dire que ce jeune n'avait pas été choqué des propos du ministre qui venaient, semble-t-il, après des blagues sur le dialecte auvergnat. Franchement, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Mais regardant dans leur cerveau plutôt que dans la réalité, appuyant sur le bouton du vieux réflexe conditionné de l'antiracisme, quelques éléphanticules réclament la démission du ministre, et madame AUBRY se dit consternée et choquée.
Il ne semble pas qu'elle le soit des conditions douteuses de son élection comme premier secrétaire. Messieurs Antonin ANDRE et Karim RISSOULI sont formels, et disent avoir les preuves de ce qu'ils avancent, dans leur ouvrage intitulé Hold-uPS, arnaques et trahisons. On a bourré les urnes, et l'on a fait pleuvoir sur Martine de bienveillants mais douteux suffrages. Sur un résultat, disent-ils, il y a eu au moins un rajout de 30 voix. Et ils rapportent les dires de certains militants qui ont déclaré leur volonté de bourrer les urnes. Je suis d'autant plus désolé de dire tout cela, qu'à plusieurs reprises j'ai constaté que, sans partager les convictions politiques de madame AUBRY, je lui trouvais des qualités. Je ne suis pas certain que madame AUBRY ait été au courant de ces manoeuvres, qu'elle les ait inspirées ou décidées. Mais le fait est que dans une telle situation, il eut été plus honnête de procéder à un nouveau vote dans des conditions plus transparentes. Que voulez-vous, pour pouvoir bourrer les crânes, il faut d'abord bourrer les urnes...

vendredi 11 septembre 2009

Ah ! Vézelay !

Vézelay est un bourg charmant. Le temps s'y est arrêté depuis longtemps. Les maisons n'y ont plus d'âge. Le silence qui l'enveloppe est doux, comme sont doux les chants des moines de la Fraternité Monastique de Jérusalem quand va finir le jour et qu'ils célèbrent les Complies. Sainte-Madeleine devient alors un vaisseau mystique qui conduit les fidèles aux portes du Ciel.
On peut critiquer Viollet-le-Duc. Il a quand même sauvé la Basilique d'une ruine certaine. A 23 ans, il a obtenu le droit de restaurer l'ouvrage et il l'a fait avec un acharnement, une opiniâtreté incroyables. En montant vers le sanctuaire, on passe devant la maison qu'il habita pendant les travaux. Les habitants ont manifesté leur gratitude au sauveur de leur patrimoine en apposant une plaque qui rappelle son séjour. On apprend avec étonnement que Théodore de Bèze, pasteur, écrivain et compositeur est né à Vézelay ; là encore une plaque signale la chose aux passants curieux.
Mais Vézelay reste pour moi le lieu d'une rencontre inoubliable qui vient juste de s'achever. Les universitaires ne sont pas tous des sauvages. L'une de nos collègues avait pris l'initiative d'organiser une rencontre des Professeurs de Microbiologie qui avaient cessé d'exercer leurs fonctions depuis quatre ou cinq ans. Certes, tous n'étaient pas là. Mais il y en avait suffisamment pour que les retrouvailles fussent joyeuses, pittoresques, gourmandes, savantes, en un mot délicieuses. L'un de mes collègues - je lui répondrai - m'a fait quelques remarques judicieuses sur ce Blog dont il est un lecteur passablement assidu. Vous voyez, nous restons en contact parfois sans le savoir.
Nous avons fort peu parlé du passé. C'était le présent qui nous occupait. Les uns disaient comment ils continuent de restaurer leur belle demeure médiévale, achetée comme une ruine, et aujourd'hui superbement refaite par leurs seuls efforts. Un autre racontait comment il s'adonne à la peinture (c'est un excellent peintre), un troisième détaillait l'attachement qu'il porte à ses petits-enfants dont il s'occupe merveilleusement, et nous disait aussi l'angoisse qui l'étreint quand son fils, médecin militaire, part en opération : récemment, c'était en Afghanistan. Tel autre bricole avec talent. Nous parlions voyage, cuisine, famille, et nous évoquions aussi le souvenir de ceux qui ne sont plus et dont entretenons la présence en remémorant les moments les plus marquants de nos rencontres. Ni nostalgie, ni sensiblerie dans ces rappels ; non ! un respect affectueux pour eux qui nous ont tant donné.
Et je me disais, je nous disais, et nous ne cessions de nous dire la chance que nous avons d'avoir gardé assez de santé, de jeunesse d'esprit, de curiosité, pour vivre aussi intensément ces moments-là. Oui, il faut le reconnaître, nous sommes des privilégiés, et cet état nous crée de grandes obligations d'ouverture, de partage et de transmission.
Ah ! Vézelay ! Comme j'aime ta lumière, tes maisons, ton sanctuaire qui a vu et voit passer tant de pèlerins en route pour Compostelle, et tant d'autres encore qui ne le peuvent pas ou plus ! Tu n'es ni antique, ni médiévale, ni actuelle, tu es définitivement un haut lieu inspiré. A très bientôt te revoir !

mercredi 9 septembre 2009

Absence

Je m'absente trois jours. Silence donc, et repris le 11 ou le 12. Je vous dirai mes impressions sur VEZELAY.

A propos du réel

Il est très difficile pour nos contemporains de donner au mot réel un contenu solide. Fourmi me dit que je suis resté au milieu du gué dans mes explications sur l'absence de contact que PICASSO entretenait avec le réel.
Je vais donc essayer d'éclaircir mes idées.
Depuis les Lumières, l'homme est rentré dans la certitude qu'il n'a pas à connaître la Nature et la Création telles que le Créateur les a faites. Il ne veut pas, dit-il, se laisser aliéner par un monde qui ne dépendrait pas de lui. Il croit que l'objet même de l'intelligence est elle-même "qui se saisit dans son élan créateur où elle se rejoint comme principe d'elle-même et du monde. L'intelligence est Narcisse, non point un Narcisse figé dans la contemplation de soi-même, mais un Narcisse qui, devant son propre miroir, se crée soi-même en créant le monde et progresse sans désemparer vers sa propre apothéose" (Marcel DE CORTE).
C'est ainsi que PICASSO trouve en lui-même son inspiration. Il n'a pas de modèle autre que ce qui naît dans sa pensée ; il ne connaît que ce qu'il peint et produit, et le monde n'est pour lui que ce qu'il construit par son talent. Cela ne veut pas dire qu'il ne crée de superbes chefs-d'oeuvre, cela veut que ces oeuvres ne représentent que lui-même dans les différents états de sa conscience de créateur. On est assez loin du Moyen Âge et de la Renaissance où nombre de génies ne signaient pas leurs oeuvres ; on ne le connaissait que par un nom de substitution (exemple : le Maître de Moulin), ou bien leurs signatures étaient un simple monogramme très difficile à repérer.
J'entends d'ici les critiques. Vous allez me dire en effet : mais les icônes des maîtres byzantins, ou les tableaux des primitifs qui font fi des lois de la perspectives, vous trouvez qu'ils représentent le réel ? A cela je répondrais ceci : les icônes étaient peintes à partir de modèles dont chaque détail avait une signification mystique et les peintres ne se les donnaient pas à eux-mêmes ; ils leur étaient comme imposés et avaient une très haute valeur symbolique ; ils ne prétendaient pas représenter un réel matériel mais mystique ; certes les maîtres byzantins transposaient ces modèles selon leurs talents et leurs possibilités techniques, mais ces icônes obéissaient à des règles précises de composition, en particulier celles du Christ (les fameux signes de VIGNON). Et je vais vous étonner encore davantage, quand je vous aurai dit que l'absence de perspective dans les oeuvres des primitifs est justement l'effort que faisait le peintre pour rendre les choses telles qu'elles sont, non pas telles qu'il les voyait. L'introduction de la perspective par les peintres italiens du quattrocento est justement le début d'un mouvement raisonnable, certes, mais dont le dévoiement nous amène où nous sommes. Car les bords des routes ne se rejoignent pas à l'horizon et la hauteur des colonnes d'un portique florentin de diminue pas, dans le réel, avec la distance qui les sépare du peintre. Et celui-ci le voyait bien, qui n'avait qu'à s'avancer pour voir les choses comme elles sont.
Je ne sais si j'ai répondu à Fourmi. Ceci étant, je suis entièrement d'accord avec elle sur la signification qu'elle donne aux déformations imposées par PICASSO aux formes, aux figures, aux couleurs. Elles reflètent bien la torsion de la pensée qu'ont imposée les "intellectuels" depuis les Lumières. Un mouvement analogue s'est produit en Chine sous l'impulsion dictatoriale des Lettrés. On sait où cela a conduit ce grand pays, étouffé par le poids des rites, et coupé de toutes ses antiques traditions paysannes.
Je reparlerai des rites et de la politesse.