jeudi 27 janvier 2011

De la servitude volontaire

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Qui n'a jamais entendu parler du Discours de [sur] la servitude volontaire écrit par Étienne de la BOETIE - le très cher ami de MONTAIGNE - quand il avait 16 ans ? Les Editions Arléa en ont publié une énième version, annotée et présentée en français moderne par Claude PINGANAUD. La présentation à elle seule est déjà remarquable. PINGANAUD, fort justement, me semble-t-il, y dit ceci qui devrait être médité par tous les peuples que démange le prurit de la Révolution :
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"Dans la Servitude volontaire, La Boétie établit que c'est le consentement des asservis et non la puissance du tyran qui fonde la tyrannie. C'est l'acquiescement des peuples à leur sujétion, qui découle de leur envie, de leur égoïsme, de leur convoitise, qui permet à un seul, relayé par un réseau ténu, mais fortement hiérarchisé et solidaire, d'asseoir son pouvoir avec l'assentiment de tous."
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Il apparaît donc, selon cette analyse, que la tyrannie dure tant que chacun y trouve son compte à l'échelle individuelle. Et il est vrai que les contestataires de l'ordre tyrannique, (SOLJENYTSINE, SAKHAROV, LIU XIAOBO le Prix Nobel chinois emprisonné, pour ne pas parler des chouans qui l'étaient aussi à leur manière), n'ont pas vu d'abord leur confort, leur petite personne, mais la justice et la vérité. Il est assez évident que la TUNISIE et maintenant l'EGYPTE ont vu et voient naître et se développer la contestation, parce que la vie a augmenté, le chômage se développe, en même temps que la corruption et la confiscation des richesses nationales par un petit groupe s'appuyant sur un réseau ténu. Pour aimer la liberté, il ne faut pas l'aimer d'abord pour soi, mais pour tous. L'autre, encore une fois l'autre, est au coeur de la justice, de la liberté et de la vérité. Et si la réponse à ces questions relève de la conscience personnelle, il est non moins évident que l'on ne sauve pas tout seul !
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Je m'absente pour une très grosse semaine, et reprendrai mes billets le lundi 7 février. Vous avez donc le temps de réagir, de proposer, de contester ou d'approuver.

mercredi 26 janvier 2011

Un point de vue chinois sur la morale

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Comme je vous l'ai déjà dit, je lis en ce moment avec un extrême intérêt un livre majeur, écrit par un philosophes chinois contemporain, FENG YOULAN. J'en ai déjà parlé, mais je dois dire que j'ai rarement lu un livre aussi clair, aussi subtil en même temps que simple, aussi convaincant que le Nouveau traité sur l'homme (traduit du chinois par le père Michel MASSON, sj. Institut Ricci et les Editions du Cerf, Paris, 2006). Je reviendrai en son temps sur le point de vue si original de FENG YOULAN.
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Pour l'instant, je me bornerai à vous livrer cette réflexion qui réduit à néant les thèses d'une curieuse école de pensée faisant de l'homme un animal comme un autre, tenants dont l'influence ne cesse de grandir. Or donc, FENG YOULAN dit ceci :
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"A ceci [sous-entendu, aux objections que je viens de rappeler et qui insistent sur l'animalité radicale de l'homme] nous répondons que nous pensons possible de rendre compte de la différence entre l'homme et la bête à partir de la conduite morale de l'homme. Mais, à strictement parler, toute conduite morale digne de ce nom doit être en même temps une conduite accompagnée de compréhension consciente. Sinon cette conduite aura beau se conformer aux normes morales, ELLE NE SERA PAS A STRICTEMENT PARLER UNE CONDUITE MORALE". (C'est votre serviteur qui majusculise).
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Cette assertion me semble déterminante, et elle suffit à établir définitivement la différence entre l'éthique, cette science qui définit, extérieurement à la conscience, les comportements qualifiés de normaux à une période donnée de l'histoire, des comportements socialement acceptables, et la morale, science du discernement du bien et du mal par une conscience éclairée. Il en résulte qu'il est toujours possible de définir des comportements conformes à l'éthique prescriptive, mais qu'il est très difficile de porter un jugement sur la responsabilité morale de celui qui a commis un acte trangressant ces normes. En corollaire, il est parfaitement possible de déclarer acceptables des actes qui heurtent profondément de nombreuses consciences. La proposition de loi sur l'aide active à la mort est justement une de ces propositions qui, si elle était votée, rendrait peut-être légal cet acte, mais ne le laverait pas de son immoralité fondamentale.
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Autre conséquence : une conscience éclairée, est une conscience qui fait place à l'autre, accepte d'être regardé par lui, le regarde, et se demande s'il lui ferait ce qu'il n'accepterait pas que l'autre lui fasse. De quoi donner du grain à moudre aux délocaliseurs qui ruinent des familles entières, aux syndicalistes entêtés qui ruinent des pans entiers de l'économie (près de 1000 entreprises en faillite à MARSEILLE après la grève des dockers et des salariés des raffineries), aux grands patrons qui ruinent leur entreprise par leur folie des grandeurs (monsieur MESSIER par exemple), aux journalistes qui colportent des ragots sans preuves, ou des analyses connotées de jugement, d'animadversion, voire de haine, et ruinent des réputations. Qu'est-ce qu'une conscience éclairée ? La question mérite d'être approfondie, et je le ferai à partir de ce que disaient André COMTE-SPONVILLE, Henri HUDE et FENG YOULAN, représentants respectifs d'une morale sans fondement, appuyée sur la recherche seule de la vérité, d'une morale fondée sur la Parole de Dieu (d'un dieu), et d'une morale pragmatiste (au sens philosophique : il n'y a pas de connaissance qui ne passent d'abord par l'expérience).
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C'est tout pour aujourd'hui.

mardi 25 janvier 2011

Esprit critique et paranoïa

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Il y a bien longtemps que je vous ai parlé d'Henri HUDE. Il est très certainement un spécialiste éminent de philosophie politique. Mais il ne fait pas partie du cercle des médiatisés, des show-bizzés, et des agitateurs culturels. Il enseigne à Saint-Cyr Coëtquidan, pensez-donc. Il est tout juste bon pour les militaires, lesquels sont tout juste bons à se faire tuer pour la patrie ; il ne vaut pas tripette pour les Journaux télévisés. Je recommande toutefois, et absolument, la lecture de son ouvrage "Ethique et politique", publié aux Editions Universitaires. J'en extrais fort à propos ce qui suit, pour renvoyer les auteurs de la proposition de loi sur l'euthanasie, dans les cordes très élastiques de leur conscience.
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"Ceux qui mettent tous leurs soins à ne jamais être trompés sont ceux qui se trompent le plus ordinairement. Une conception paranoïaque de l'esprit critique est un préjugé d'autant plus grave qu'il a l'apparence de n'en être pas un. C'est lui qui explique notre tendance au scepticisme moral.
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Face aux soupçons et au cynisme, il faut tout d'abord rappeler que l'existence morale est un fait ; que l'existence religieuse est un autre fait ; que ces faits son irréductibles ; et que cela se constate.
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Chacun admettra que l'homme est un être capable de connaître. Il désire savoir. Or connaître, c'est connaître vraiment ; connaître vraiment c'est connaître une vérité. Il s'ensuit que la vérité fait l'objet d'un désir spécifique, inséparable de l'être le plus essentiel de l'animal raisonnable que nous sommes.
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[...] Il n'y a de vie morale stable et durable que dans la mouvance d'une existence religieuse, ou sous le contrôle d'une raison qui cherche la vérité, ou tout au moins dans la liaison au simple bon sens pragmatique d'un homme qui veut vivre et non pas mourir... [...] Le bon sens pragmatique adhère implicitement qu'il vaut mieux être que ne pas être, c'est à dire que l'être est bon, et s'il voulait justifier à fond ce principe, il serait conduit à admettre qu'il suppose en fait que l'Absolu est bon. Lui aussi est donc religieux à sa façon."
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ATTENDEZ LA SUITE CHERS LECTEURS :
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"C'est pourquoi, en définitive, la morale laïque n'existe guère, si elle a jamais existé : elle n'a duré que le temps nécessaire à la dilapidation d'un capital moral accumulé par des siècles de vie religieuse. Ce qui seul peut exister, c'est une morale qui descend de la relation à l'Absolu, ou à défaut [NOTEZ LA PRUDENCE QUI OUVRE LA PORTE A DES PENSEURS COMME COMTE-SPONVILLE et sa Morale sans fondements] une morale qui accompagne et exprime la recherche sincère de la vérité, ou enfin une morale pragmatique où s'exprime la sagesse des nations qui ne veulent pas mourir." [CE QUI LAISSE, NOTEZ-LE ENCORE, UNE PLACE A DES PENSEURS CHINOIS COMME FENG YOULAN OU HU SHI, SANS PARLER DE CONFUCIUS.]
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J'ai vu hier une courte séquence au Journal télévisé, prise dans un service de soins palliatifs. On y voyait un homme, atteint d'un cancer, qui ne pouvait parler que dans un souffle à peine audible, et qui disait être un combattant et vouloir lutter jusqu'au bout, tout comme un autre patient, paralysé par une sclérose en plaque gravissime, pouvant à peine parler lui aussi et qui exprimait dans sa détresse physique un amour puissant de la vie. Et puis j'ai entendu le pathos embrouillé de monsieur Jean-Luc ROMERO, ventant les mérites de cette proposition de loi scélérate sur l'aide active à la mort ; et je voyais se profiler dans la porte entrebâillée des chambres de mourants l'ombre d'avides héritiers susurrant à leur aïeul : "Hein, papy, que ça te dirait d'aller voir le Bon Dieu ?".
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Conscience élastique, esprit hypercritique ? Esprits faux, esprits dangereux ! Se méfier d'eux si l'on tient à sa peau.

lundi 24 janvier 2011

A propos de la Tunisie

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Du même ami alsacien, qui est un fidèle lecteur de ces billets, cette appréciation que porte un universitaire, spécialiste des affaires africaines et enseignant à l'Université de Lyon ainsi qu'à l'Institut des Hautes Études de Défense Nationale et au Collège Interarmé de Défense (ancienne École de Guerre), Bernard LUGAN.
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"Les graves événements de Tunisie m'inspirent les réflexions suivantes :
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1) Certes le Président BEN ALI n'était pas l'illustration de la démocratie telle que la connaissent une trentaine de pays sur les 192 représentés à l'ONU, certes, encore, de fortes disparités sociales existaient en Tunisie, mais en vingt ans, il avait réussi à transformer un État du tiers monde en un pays moderne attirant capitaux et industries, en un pôle de stabilité et de tolérance dans un univers souvent chaotique. Des centaines de milliers de touristes venaient rechercher en Tunisie un exotisme tempéré par une grande modernité, des milliers de patients s'y faisaient opérer à des coûts inférieurs et pour une même qualité de soins qu'en Europe, la jeunesse était scolarisée à 100 %, les femmes étaient libres et les filles ne portaient pas le voile.
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2) Aujourd'hui tout cela est détruit. Le capital image que la Tunisie avait eu tant de mal à constituer est parti en fumée, les touristes attendent d'être évacués et le pays a sombré dans le chaos. Les journalistes français, encore émoustillés à la seule évocation de la "Révolution des jasmins", cachent aux robots qui les lisent ou qui les écoutent que le pays est en quasi guerre civile, que les pillages y sont systématiques, que des voyous défoncent les portes des maisons pour piller et violer, que les honnêtes citoyens vivent dans la terreur et qu'ils doivent se former en milices pour défendre leurs biens et assurer la sécurité de leurs familles. Les mêmes nous disent que le danger islamiste n'existe pas. De fait, les seuls leaders politiques qui s'expriment dans les médias français semblent être les responsables du Parti Communiste Tunisien. Nous voilà donc rassurés.
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3) La cécité du monde journalistique français laisse pantois. Comment peuvent-ils oublier, ces perroquets incultes, ces lecteurs de prompteurs formatés, que les mêmes trémolos de joie indécente furent poussés par leurs aînés lors du départ du Shah [d']Iran, et quand ils annonçaient alors sérieusement que la relève démocratique allait contenir les mollahs ?
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4) Le prochain pays qui basculera sera l'Egypte, et les conséquences seront alors incalculables. Le scénario est connu d'avance tant il est immuable : un président vieillissant, des émeutes populaires inévitables en raison de l'augmentation du prix des denrées alimentaires et de la suicidaire démographie, une forte réaction policière montée en épingle par les éternels donneurs de leçons et enfin le harcèlement du pouvoir par une campagne de la presse occidentale dirigée contre la famille Moubarak accusée d'enrichissement. Et la route sera ouverte pour une république islamique de plus, tout cela au nom de l'impératif démocratique.
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Ces tragiques événements m'inspirent enfin un mépris renouvelé pour la "classe politique" française. Ceux qui il y a encore quelques semaines regardaient le Président Ben Ali avec "les yeux de Chimène", sont en effet les premiers à l'accabler aujourd'hui. Nos dignitaires en sont venus jusqu'à expulser de France les dignitaires de l'ancien régime tunisien, qu'ils recevaient hier en leur déroulant le tapis rouge. La France a une nouvelle fois montré qu'elle ne soutient ses "amis" que quand ils sont forts. L'on peut être certain que la leçon sera retenue, tant au Maghreb qu'au sud du Sahara... A l'occasion de ces événements, nous avons appris que 600.000 tunisiens vivaient en France, certains médias avançant même le chiffre de 1 million. Pour mémoire, en 1955, avant la fin du protectorat français sur la Tunisie, 250.000 Européens, essentiellement Français et Italiens y étaient installés, ce qui était considéré comme insupportable par les anti-colonialistes."
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Bernard LUGAN,
16 janvier 2011.
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A ce billet, deux remarques. (a) Vous noterez qu'il ressemble étrangement à celui que j'avais écrit il y a quelques jours. Bernard LUGAN est un spécialiste du Maghreb (il est né à MEKNES), et il a de par ses fonctions, des informations de première main. Je parlais d'intuition, lui parle en connaissance de cause.
(b) Le Président BEN ALI a été contraint de quitter la TUNISIE sous la pression du Président OBAMA qui a téléphoné au chef d'Etat-major de l'armée tunisienne et à un ministre ; il a obtenu que cet officier général refuse de tirer sur la foule (ce qui est tout à fait louable). Pensez-vous que ce soit sans contrepartie ? Comment peut-on se réjouir de voir que les États Unis entendent prendre pied en Méditerranée occidentale, au détriment des intérêts français ? Nous avons vu ce qu'a donné leur intervention au Vietnam. Ils en ont été chassés honteusement, mais ont repris pied dans un pays unifié par la France, et dont quasiment plus aucun habitant ne parle français. C'est que l'anglo-américain a la délicieuse odeur du dollar.

dimanche 23 janvier 2011

Curieux visage de la presse

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Un ami alsacien m'envoie copie d'un message que le général ROUDEILLAC voulait faire passer sur le Blog du Figaro. Je vous le livre et je m'abstiendrai de tout commentaire après que j'aurai mentionné le refus exprimé par le modérateur du Blog de publier ces remarques pour le motif suivant : "Rejet au nom de la charte éthique du journal".
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Message du général ROUDEILLAC (2e section) au Blog du Figaro, au nom de
"L'Amicale nationale du 22e BCA et des troupes de montagne"
Deux Français se font tuer au Niger, un sous-officier française se fait tuer en Afghanistan.
Que font les médias ?
Face à ces trois destins cruels, ils relèguent au second plan de leurs préoccupations la mort en service du militaire français, pour commenter à souhait la fin tragique de deux hommes qui avaient fait le choix de se rendre au Niger, pour des raisons qui leur étaient propres.
Et en cela réside la différence avec le 53e militaire tué au combat. Ce militaire s'était rendu en Afghanistan sur ordre de la France, ou plu exactement sur ordre des représentants politiques des Français.
Cette obéissance aux décisions de la Nation mériterait de ne pas passer au second plan. Ce sous-officier tué au combat mérite donc notre compassion. La France doit se sentir responsable de ce qui lui est arrivé. Les médias feraient bien de souligner la grandeur du sacrifice consenti et du métier des armes, la noblesse de l'obéissance aux décisions de la démocratie, le respect que se doit d'avoir la Nation à l'égard de ses armées et de ses enfants qui acceptent de servir, sans compter.
Mais le plus insupportable demeure l'indifférence voire le mépris de certains faiseurs d'opinions, convaincus de détenir la vérité."
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Et le général ROUDEILLAC, n'ayant pu faire connaître cette opinion, jugée non conforme à l'éthique par le Figaro, demande qu'on la porte à la connaissance du plus grand nombre par les moyens les plus adaptés. Il ajoute en commentaire à cette demande : "Malheur à celui qui montre du doigt la partialité des médias".
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Je déplore la réaction du modérateur du Figaro. Mais elle ne m'étonne guère... Et dire que ce Journal a pour devise : "sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur". En tout cas, je remplis vis-à-vis de nos compatriotes militaires un devoir de respect, et me fais une obligation de porter cet incident à la connaissance de mes lecteurs.

samedi 22 janvier 2011

Pensées du matin

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Je ne crois pas au hasard. Ne l'ai-je pas écrit ici à de nombreuses reprises ? Un ami très cher, ô combien, vient de m'offrir un ouvrage remarquablement écrit, et que l'on doit à Pierre ZAOUI. La traversée des catastrophes. Philosophie pour le meilleur et pour le pire. Collection "l'Ordre philosophique". Éditions du Seuil, Paris, 2010. On comprendra sans doute pourquoi je n'adhère pas aux analyses de ce philosophe mais considère qu'elles poussent tout honnête homme à un retour sur lui-même et à la prise de décision radicale, quand on aura pris connaissance du titre que l'auteur donne à l'Introduction de sa réflexion : Vivre au dehors. Idées pour la constitution d'une éthique athée.
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Or juste avant ce chapitre, et pour lui donner l'éclairage général qui convient à son propos, Pierre ZAOUI donne quelques citations, dont celle-ci de F. SCHELLING :
"Qu'il est délicieux le ton des récits qui proviennent du monde à son premier matin, lorsque tout en cette heure sacrée, est encore rassemblée à la maison du père, jusqu'à ce que les fils s'en aillent vaquer à leurs occupations respectives, et qu'enfin des tribus et des peuples commence à s'élever la rumeur !"
Je ne sais comment interpréter cette réflexion-là. De quel père s'agit-il ? De quels fils ? Il se peut que l'image soit celle de l'humanité en train de se dégager des "liens" qui le tiennent au sacré, représenté par la figure paternelle, et que la rumeur des tribus et des peuples soit celle des nations en furie, enfin libérées, qui se combattent, et croient qu'en ce combat elles trouvent la la puissance.
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Or voici ce que je trouve, en ouvrant comme je le fais si fréquemment le livre que les MARITAIN ont consacré aux pages choisies de Léon BLOY, et qui vient en écho murmuré donner réponse à SCHELLING et à ZAOUI :
"La sainteté est un retour certain à l'intégrité primordiale qui a précédé la Chute, mais avec la colossale beauté complémentaire qu'y adjoignit la Douleur."
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SCHELLING est dans le symbole, BLOY dans la réalité de la mystique. Et c'est pourquoi il dit encore :
"Il n'y a de vrai que ce qui est Absolu."
et que le livre de MARITAIN se termine par cette ultime citation du polémiste que j'admire tant :
"Je meurs du besoin de la Justice."
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Je souhaite que ces pensées, trouvées dans le silence recueilli de ce nouveau matin retentissent en vos coeurs et vous fassent aimer l'Innocence de l'Enfant, la Vérité et la Justice.
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Ravages

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Monsieur Pierre BERGE, poursuivi par l'Association Française contre les Myopathies pour les propos diffamatoires qu'il a tenus contre elle, peut être content. En l'accusant de parasiter la générosité des Français, il a réussi à faire en sorte que les dons envoyés au Téléthon aient chuté pour la deuxième année consécutive. Mais il y a plus grave encore, et mon propos est aujourd'hui de vous inviter à protester contre ce qui se trame dans les coulisses de France Télévisions. La convention qui lie l'AFM et l'organisme public doit être renouvelée avant le 31 janvier, et il semble que les responsables traînent les pieds pour reconduire le Téléthon.
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Si vous pensez que le Téléthon est une occasion unique de fédérer dans un même élan de solidarité, de fraternité et de compassion des milliers de Français, jeunes et vieux, citadins ou villageois, riches et pauvres, alors signez la pétition que lance l'AFM à l'adresse suivante :
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Monsieur BERGE a commis une mauvaise action et un acte inqualifiable, et il sera sanctionné par les tribunaux pour avoir accusé l'AFM de la manière que vous connaissez. Au lieu de soutenir avec ses millions la candidature de madame ROYAL aux élections présidentielle, et puisqu'il se réclame d'un parti qui ne cesse de mettre en avant la "solidarité", il aurait mieux fait, par exemple, de soutenir TOUTES (et non pas une) les associations qui accueillent les séropositifs, et d'abonder par ses dons ceux que tant de Français anonymes font à l'AFM. Mais ce n'est pas la solidarité qui l'intéresse, c'est l'argent, le vôtre et le mien, l'argent de la compassion dont il voudrait détourner les flots pour les faire couler dans les caisses du SIDACTION. Il devrait savoir que l'AFM, sans faire de bruit, finance des programmes de recherche sur le SIDA. Qu'il crève de jalousie de ne pouvoir être le maître dispensateur de la manne est une chose, qu'on le suive en est une autre. Signez la pétition, je vous en prie. Vous le savez, le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas bien. Hélas son vacarme risque de produire les effets qu'il en attendait : du mal.
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