mercredi 20 mars 2013

Ce que cache madame Taubira ; publication de Mark Regnerus

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Mark REGNERUS est chercheur au Département de Sociologie et de Recherche sur les Populations, à l'Université du TEXAS à AUSTIN. J'ai imprimé les deux articles qu'il a publiés dans Social Science Research et je vous livre ici une analyse de l'Introduction et des Méthodes utilisées par ce sociologue dans son article intitulé How different are the adult children of parents who have the same-sex relationships ? Findings from the New Family Structure Study. Il est difficile de rendre en français les nuances très subtiles de ce titre. On pourrait le rendre par ce qui suit : A quel degré les enfants d'âge adulte (élevés par des) de parents qui ont des relations homosexuelles sont-ils différents ? Résultats de l'étude sur les structures des nouvelles familles. Je sais que cette traduction est approximative, mais je la crois honnête et de bonne foi, dans la mesure où la traduction française ne trahit pas l'absence de préjugé de la question en langue anglaise. Voici donc un bref résumé de cette monumentale étude pour ce qui est de l'introduction et des résultats. Demain, analyse des conclusions.
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Introduction.
REGNERUS commence par dire que les données collectées par les recherches en sciences sociales sont l'une des rares sources d'informations utiles dans les débats concernant le mariage et l'adoption. Et il indique que les effets que pourraient avoir sur les enfants les nouvelles structures de la famille sont au coeur de la politique concernant le mariage et le développement de l'enfant.
Puis dans le second paragraphe de son introduction, il indique que les sociologues des changements familiaux (family transitions) ont, jusqu'à un passé récent, noté la stabilité élevée et les bénéfices sociaux des familles biparentales hétérosexuelles (couples mariés) contrastant avec ce qu'il en est dans le cas de mères isolées, de couples cohabitants, de parents adoptifs ou de garde partagée entre ex-époux (BROWN, 2004 ; MANNING et al., 2004, McLANAHAN et SANDEFUR). Il signale qu'en 2002, l'Association Child Trends, une organisation de recherche très bien considérée et non partisane souligne l'importance pour le développement de l'enfant d'être élevé en présence de ses deux parents biologiques (MOORE et al, 2002).
Dans son troisième paragraphe, il note qu'en 2001, un article de l'American Sociological Review analyse les résultats (findings) de l'orientation sexuelle et de la parentalité ; il est rédigé par les sociologues Judith STACEY et Tim BIBLARZ, lesquels notent qu'il existe quelques différences dans les destinées (issues) des enfants d'unions homo- ou hétérosexuelles, mais qu'elles ne sont pas aussi grandes que le disent nombre de sociologue de la famille. Ce sont ces données qui le poussent à entreprendre son étude.
Je ne détaille pas les autres paragraphes de cette introduction intitulés Sampling concerns in previous survey (Questions d'échantillonnage dans les enquête antérieures), Are there notable différences ? (bien que ce paragraphe souligne les nombreux biais méthodologiques des études antérieures), et The New Family Structure Study.
Collecte des données, mesures et approche analytique.
Je note ici l'originalité de l'étude de REGNERUS : son enquête s'est faite auprès de jeunes adultes âgés de 18 à 39 ans, et non auprès d'enfants ou d'adolescents, elle est nationale et couvre tout le territoire des Etats-Unis, l'échantillonnage des enquêtés est strictement aléatoire, et s'est faite en deux étapes, elle est totalement comparative, le questionnaire a été élaboré par une équipe d'enquêteur constituée de chercheurs réputés (leading researchers) en sociologie, démographie et développement humain, venus de la Penn University, de la Brigham Young University, de la San Diego State University et de l'Université de Virginie ainsi que de chercheurs de l'Université du Texas à Austin. Enfin c'est l'enquête la plus vaste conduite sur ce sujet. En effet, 2998 personnes ont été interrogées, et parmi elles 175 qui déclarent avoir eu une mère ayant une relation homosexuelle et 75 un père ayant une relation homosexuelle. L'objectif de l'enquête c'est le résultat ou issue (outcome) de l'éducation dans différents types de familles. Le protocole d'étude et le questionnaire ont été approuvés par le University of Texas at Austin Review Board.

REGNERUS classe les "familles" [traduction très approximative] (household settings) des personnes qui ont répondu (responders) en huit groupes. Et c'est là le point méthodologique crucial :

1.La live intact biological family (avec père et mère) ; j'utiliserai la traduction de famille traditionnelle ; le jeune adulte y a été élevé de sa naissance à ses 18 ans ; ses parents sont encore mariés (Nombre de répondeurs [N] : 919).
2.La famille constituée de deux femmes entretenant une relation homosexuelle (REGNERUS utilise l'expression : a same sex-romantic (lesbian) relationship, sans aucune autre modification de structure familiale (N = 163).
3.La famille constituée de deux hommes entretenant une relation homosexuelle sans aucune autre modification se structure familiale (N = 73).
4.La famille est adoptive. L'enfant a été adopté par un ou deux étrangers à sa naissance ou avant ses deux ans (N = 101).
5.La famille est éclatée (divorced later) ou est soumis au régime de la garde conjointe : le répondeur a vécu avec l'un des deux parents de sa naissance à l'âge de 18 ans, parents non mariés au moment de l'enquête (N = 116).
6.La famille "par étape" (stepwise family). Le répondeur a des parents biologiques qui n'ont jamais été mariés ou ont  divorcés ; le parent qui a eu la garde s'est marié avant que le répondeur n'atteigne ses 18 ans (N = 394).
7.Le répondeur appartient à une famille monoparentale. Les parents biologiques n'ont jamais été mariés ou ont divorcé. Le parent qui a eu la garde ne s'est jamais marié avant que le répondeur n'atteigne ses 18 ans (N = 816).
8.Tous les autres cas incluant toutes les autres structures  ou combinaisons familiales dont celui de parents décédés (N = 406).
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REGNERUS donne ensuite une liste des issues [plusieurs douzaines] (outcomes) d'intérêt et commente les raisons qui l'ont poussé à les choisir. Ellles couvrent des domaines de la vie émotionnelle,  relationnelle (y compris sexuelle) et sociale. De plus, REGNERUS demande aux répondeurs d'indiquer le statut du mariage homosexuel dans l'Etat où ils vivent.
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Puis il compare les résultats de son enquête pour chacune des catégories de "familles" (household settings) à ceux qu'il a obtenus pour les familles biologiques intactes. Les jeunes adultes appartenant aux groupes 2 (mère lesbienne) 6, 7 et 8 sont ceux qui diffèrent le plus des jeunes appartenant au groupe1. Ceux du groupe 2 sont souvent dans une situation sociale difficile, et c'est aussi le cas, quoique à un moindre degré pour les jeunes adultes des groupe 6, 7 et 8. Le trait le plus frappant porte sur les agressions sexuelles auxquelles ces jeunes adultes déclarent avoir été soumis : attouchements sexuels par un parent ou un adulte (mêmes groupes : dix fois plus pour le groupe 2), ou relations sexuelles contraintes (sex against will ; mêmes groupes : trois fois plus pour le groupe 2 , deux fois plus à deux fois et demie plus pour les groupes 2 à 7 !). REGNERUS dans son analyse souligne la lourde difficulté des enfants de mère lesbienne à s'identifier comme hétérosexuel, voire à éprouver une attirance quelconque pour un partenaire de l'un ou l'autre sexe. Les enfants de mère lesbienne atteignent plus difficilement que les autres enfants un  haut ou un bon niveau d'éducation, et n'ont pas un bon sentiment de sécurité, ont une plus tendance à la dépression, et ont du mal à établir une relation amoureuse stable (their current romantic relationship is in trouble more frequently). Des résultats analogues sont trouvés pour les enfants de père homosexuel.
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Je ne veux pas vous lasser et continuerai demain l'analyse de ce travail.
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mardi 19 mars 2013

Les ignobles

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A peine le nouveau pape vient-il d'être élu que des ignobles cherchent à le traîner dans la boue en montant une accusation vide de toute vérité. Je reçois d'un correspondant cette mise au point que je m'empresse de vous transmettre avant de vous faire part de la première partie de mon analyse du travail de Mark REGNERUS dans le billet qui suit. Nous commençons à en avoir ras la casquette de tous ces cacologues et scatophages. Et je vous demande, si vous tombez en possession de ces photos truquées, de faire parvenir à vos contradicteurs le document qui suit.
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"Vous avez certainement eu vent de ces accusations rampantes de complicité avec une dictature sanglante, surgies en quelques heures après l'élection du nouveau pape. La plus purulente consiste en la diffusion d'une photo (en première pièce jointe) présentée comme celle de Jorge Bergoglio donnant la communion à Videla, dictateur d'Argentine. Il n'est pas très difficile de vérifier le caractère NÉCESSAIREMENT CONTROUVÉ de cette diffusion, si nécessairement que le triste individu qui l'a imaginée ne peut pas ne pas savoir qu'il travestissait très gravement la vérité.

Voici le résultat de la petite (et facile) recherche que j'ai faite, tant cette photo m'intriguait autant qu'elle m'indignait : Catholique ou pas, on ne peut que s’indigner de la publication de cette photo qui prétend montrer le futur pape donnant la communion à un dictateur sanguinaire.

1°) On pourrait déjà dire (et j'ai relevé quelques observations en ce sens) que donner la communion ne peut pas faire du prêtre qui la donne un complice des crimes de celui qui la reçoit. IL Y A BIEN, PIRE, cette photo, clairement destinée à salir le nouveau pape est une immonde diffamation.

2°) On pourrait d’abord relever en ce sens que la photo a été prise le 30 décembre 1990 (V. http://www.rue89.com/2013/03/14/la-fausse-photo-du-pape-francois-et-de-videla-240550) : Videla n’était plus dictateur ; cela suffirait à faire s'effondrer l'allégation de complicité.

3°) Mais il y a mieux, pire devrais-je dire : sur cette photo, il ne peut pas s’agir de Jorge Bergoglio. S’il s’agissait du fait prétendu, il ne pourrait en réalité être postérieur à 1981, année où Videla, né en 1925, cessa de diriger l’Argentine (V. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Rafael_Videla).

4°) À cette date, Jorge Bergoglio, né en 1936 (V.http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_(pape), avait au maximum 45 ans et Videla 56 ans. Or, il est manifeste que ce prêtre, dont on ne voit d’ailleurs pas le visage, est plus âgé que Videla, en tout cas a beaucoup plus de 45 ans. Présenter cette photo comme une manifestation de la complicité du nouveau pape avec un pouvoir criminel est donc, à tous égards, un faux avéré (si j’ose dire). Celui qui porte la responsabilité de la diffusion de cette diffamation, lui, manifeste une abjection qui suscite la nausée ; il se déshonore. Je regrette de ne pas avoir de mot plus fort.

La deuxième pièce jointe montre (au milieu) Jorge Bergoglio en 1976… Il faudrait qu'il eût pris un fameux "coup de vieux" pour apparaître cinq ans plus tard au maximum, comme ce prêtre sur cette photo.

L'âge n'a sans doute pas atténué chez moi, ni, peut-être, la naïveté, ni, sûrement, la capacité d'indignation (autrement qu'à la manière de S. Hessel), mais je suis horrifié et, d'une certaine manière, terrifié que l'on puisse tomber aussi bas que l'abominable auteur de cette diffamation.

Encore une fois, relever cette ignominie n'a rien à voir avec l'appartenance à l'église catholique, ni même avec une foi religieuse quelle qu'elle soit. Il s'agit de dénoncer, haut et fort, de telles pratiques à vomir.  C'est pourquoi je suggère que vous diffusiez largement le petit travail auquel je me suis livré, pour contribuer à laver la "toile" de cette horreur."
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Je vous ai transmis cette mise au point. Faites-en profiter vos amis. Et tous à PARIS le 24 mars. Aux Champs Elysées ou ailleurs. François HOLLANDE, dégagez ! Le plus vite sera le mieux. Comme tous les gens de votre parti, vous n'aimez la démocratie que quand elle vous aide à prendre le pouvoir à grands coups de mensonge. Mais du chômage, de la sécurité, de l'immigration clandestine, de l'invasion d'un islam intégriste, de tous ces problèmes quotidiens qui touchent les Français ORDINAIRES, il semble bien que vous n'ayez cure. Oui, dégagez ou changez de politique si vous ne voulez pas que la rue se charge du travail.

lundi 18 mars 2013

Un évêque écrit à ses diocésains

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Je reçois d'un ami d'Ile-de-France copie d'une lettre que l'évêque de Bayonne, Lescar et Oloron a envoyé à ses diocésains à propos du mariage pour tous et de la manifestation du 24 mars. Au retour de mon absence, je vous la livre et demain je vous résumerai les deux articles de Mark REGNERUS sur les troubles que présentent les enfants de paires homoparentales. Car c'en déplaise aux partisans de la loi TAUBIRA, cette étude est de loin la plus extensive et la plus approfondie de toutes celles qui ont paru sur le sujet. Voici la lettre :
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"Lettre de Monseigneur Marc Aillet aux diocésains à propos de la « Manif pour tous » du 24 mars.

Chers diocésains,

Le 13 janvier dernier à Paris, le projet de loi Taubira de « mariage et adoption pour tous », a suscité une mobilisation sans précédent, tant par son ampleur que par la diversité des manifestants et leur motivation : on ne marchait pas pour défendre des intérêts particuliers, mais on avait conscience, de manière plus ou moins explicite, de promouvoir le bien commun de la société, un bien précieux à transmettre aux générations futures.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette mobilisation ne semble pas avoir eu d’effets immédiats sur le gouvernement : son absence presque totale de réaction a même pu s’apparenter à un certain mépris. Le débat parlementaire a été à l’image des auditions devant la commission des lois de l’Assemblée nationale : un parti-pris idéologique, un refus d’entendre la voix de la raison en tournant systématiquement en dérision les arguments avancés, une occultation des vrais enjeux pour la société, en particulier « le droit de l’enfant » au profit d’un mortifère « droit à l’enfant ». Les 700.000 pétitions déposées au CESE n’ont pas eu plus de succès. Les media qui minimisent cette mobilisation, au mépris de son ampleur inédite en France, continuent de donner la parole aux promoteurs du projet de loi qui s’en prennent avec virulence à leurs adversaires en brandissant contre eux le facile qualificatif d’ « homophobes » pour les diaboliser aux yeux de l’opinion.

Face à une telle fin de non-recevoir et devant l’obstination du gouvernement, voire une certaine faillite des institutions républicaines qui apparaît de plus en plus comme un déni flagrant de démocratie, la partie est-elle perdue pour autant ? Non, et il convient de rester mobilisés, même si le doute et le découragement semblent en gagner plus d’un.

Il reste que la mobilisation historique du 13 janvier est une lame de fond qui ne saurait se réduire à un combat à court terme, lequel demeure pour autant légitime. En effet on ne saurait être dans une logique d’affrontement ou de rapport de forces. Face au mépris et à la dérision, il n’est pas question de se laisser aller à quelque forme de violence ou d’agressivité que ce soit. C’est un combat spirituel où les ennemis ne sont pas « des êtres de chair et de sang », comme dirait saint Paul : c’est la « béatitude des doux » qui doit nous animer ; et la douceur n’a rien à voir avec la mollesse et la lâcheté, elle est même la vertu qui nous aide à convertir la violence en force d’âme. Mais il semble bien que l’on soit engagés dans une « guerre idéologique » qui entend procéder à la déconstruction de la société et à la déstructuration de la personne humaine, jusqu’à détruire son lien constitutif au Créateur, pour hâter l’avènement d’un « homme nouveau ».

Tel est bien, semble-t-il, le sens de la « réforme de civilisation » prônée par Mme Taubira, au nom de laquelle le gouvernement entend « arracher les enfants au déterminisme de la religion » (Christine Taubira à l’Assemblée nationale ») et faire de l’Education nationale un instrument susceptible de promouvoir une « morale laïque » pour « arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel » (Vincent Peillon). Au bout du compte, ce projet totalitaire n’a d’autre objectif que d’imposer à l’ensemble de la société une politique hélas synonyme de « culture de mort » (promotion de l’idéologie du genre, mesures visant à faciliter l’accès des femmes à l’IVG, remise en cause annoncée de notre politique familiale et du droit de la famille, légalisation programmée de la procréation médicalement assistée , autorisation des expérimentations sur l’embryon humain, du « suicide assisté », des « salles de shoot », etc.).

Dans ces conditions, la manifestation du 24 mars ne sera pas d’abord une démonstration de force, qui chercherait à tout prix à faire plier le gouvernement, même s’il est légitime de réclamer purement et simplement le retrait du projet de loi Taubira. Car ne nous y trompons pas : adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, il doit encore être discuté au Sénat, puis vraisemblablement, revenir en seconde lecture à l’Assemblée, sans préjuger de son application, si d’aventure il parvient à franchir toutes ces étapes parlementaires. Mais il s’agit plus encore de montrer qu’il existe en France un vaste et profond mouvement de résistance spirituelle, morale, sociale et politique, sous-estimé par les organes institutionnels et les appareils de partis.

Sans doute les déclarations de certains porte-paroles de la « manif pour tous » ne sont-elles pas toujours ajustées. En même temps, leur diversité et leur profond désir de rester unis sur l’essentiel, à savoir le retrait du projet de loi, sert ce mouvement de résistance, au-delà des divergences d’approches. Je sais bien aussi que la date retenue, due à des contraintes indépendantes de la volonté des organisateurs, pourrait gêner les catholiques qui entrent en ce dimanche 24 mars dans la grande semaine sainte.

Toutefois, devant l’importance de l’enjeu, j’encourage les fidèles du diocèse qui le décideront en conscience et en auront la possibilité, à se rendre à Paris le 24 mars. Moi-même, je célèbrerai la Messe anticipée du dimanche des Rameaux, le samedi 23 mars à 18h à la cathédrale Saint- Marie de Bayonne et je les accompagnerai afin de manifester ma sollicitude de pasteur pour leur légitime engagement : pour vous, je suis évêque, mais avec vous je suis chrétien … et citoyen !

L’Eglise n’a certes pas vocation à se lancer dans la bataille politique, mais son rôle est bien de réveiller les forces morales et spirituelles de la société. Mon intervention se situe dans cette ligne. Comme évêque et en conscience, je ne saurais me soustraire à ma mission prophétique. Comme le Pape Benoît XVI nous le rappelait, lors de notre visite ad limina : « Dans les débats importants de société, la voix de l’Eglise doit se faire entendre sans relâche et avec détermination. En continuant d’exercer comme vous le faites la dimension prophétique de votre ministère épiscopal, vous apportez dans ces débats une parole indispensable de vérité qui libère et ouvre les coeurs à l’espérance ». « Garante de la culture de l’humain », qui est née, comme le rappelait notre Pape émérite, « de la rencontre entre la Révélation de Dieu et l’existence humaine », l’Eglise a quelque chose à dire sur l’homme, précisément parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu, fondement ultime de sa dignité, et parce que « le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le Mystère du verbe incarné » (Vatican II). La manifestation du 24 mars, comme celle du 13 janvier, doit être l’expression d’un véritable printemps des consciences.

Je n’oublie pas pour autant les souffrances des personnes homosexuelles et de leurs familles, pour lesquelles l’Eglise a une longue expérience d’accompagnement pastoral. Je ne veux pas non plus minimiser les nombreuses situations de précarité économique et sociale engendrées par la crise actuelle, pour lesquelles des solutions politiques tardent à être trouvées et qui exigent de notre part un engagement redoublé en ces jours de Carême. Mais le projet de loi de mariage et d’adoption pour tous représente un enjeu considérable pour l’avenir de notre société et c’est pourquoi je me permets d’insister sur la juste mobilisation qu’il réclame.

En vous engageant d’abord à la prière, car « l’action déborde toujours de la prière » (Marthe Robin), je vous propose de consacrer le vendredi 22 mars à une journée de jeûne et de prière à cette intention.

Avec mes sentiments dévoués dans le Christ et Son Église.

+ Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron

Le 13 mars 2013."
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Quelle différence de ton d'avec les injures de monsieur Pierre BERGE ou les remarques acides et condescendantes de monsieur Erwan BINET ! Monsieur Hollande doit savoir que nous résisterons par tous les moyens à ses initiatives mortifères. Nous lui demandons de s'occuper d'abord du chômage, de la croissance économique, de la pauvreté qui s'étend, et des classes moyennes qu'il est en train de matraquer à coups d'impôts, de taxes et de prélèvements insensés.

lundi 4 mars 2013

Relâche pour quelques jours...

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Je m'absente jusqu'au 15 mars inclus, et reprendrai mes billets le 16. Tout de même, un petit mot sur la renonciation de BEN relativeOIT XVI au pontificat. Cet homme est d'une intelligence lumineuse, d'une humilité exemplaire, et d'une force d'âme peu commune. Je reviendrai sur la parole assez basse de monsieur HOLLANDE. Il croyait faire le malin en avançant qu'il (le PS) ne proposerait pas de candidat ; il révèle le mépris qu'il porte aux chrétiens en général et aux catholiques en particulier. Je préfère, à tout prendre, une parole grossière, du genre "casse-toi pauv'con" à cet humour de chattemite, qui sent bon le radical-cassoulet. 
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dimanche 3 mars 2013

L'affaire Vo contre France ou les méfaits du droit positif

L'injustice légalisée par la loi ou tout est question de définition !
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Voici un résumé de l'affaire Vo contre France et la conclusion de la Cour Européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg :

"Arrêt Vo c. France du 8 juillet 2004, Req. n° 53924/00


L’arrêt trouve son origine dans une requête dirigée contre la République française par Mme Thi-Nho Vo, une ressortissante de cet État, d’origine vietnamienne. Elle alléguait en particulier la violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme au motif que l’incrimination d’homicide involontaire n’avait pas été retenue à l’encontre du médecin responsable de la perte de son bébé à 6 mois de grossesse suite à une erreur médicale.

Les faits sont les suivants. Le jour où la requérante se présenta à l’hôpital pour y subir la visite médicale du sixième mois de sa grossesse, une autre femme, nommée Mme Thi Thanh Van Vo, devait se faire enlever un stérilet dans le même établissement. Le médecin qui devait effectuer cette opération appela dans la salle d’attente « Madame Vo » et la requérante répondit à cet appel. Après avoir constaté que la requérante ne comprenait pas bien le français, le médecin entreprit d’ôter le stérilet sans aucun examen préalable de la patiente. En cours d’opération, il perça la poche des eaux, entraînant ainsi une importante perte du liquide amniotique. Quelques jours plus tard, le liquide amniotique ne s’étant pas reconstitué et la grossesse ne pouvant se poursuivre, une interruption thérapeutique de la grossesse fut effectuée.

La Cour dit qu’il n’y a pas eu violation de l’article 2 de la Convention."
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Le titre I de la convention est relatif au droit à la vie. Voici ce que disent les articles 1 et 2 de cette Convention.

Article 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d’une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi.


Article 2. La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire :
a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ;
b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue ;
c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection. Etc., etc.
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Lors de l'instruction de cette plainte de madame VO contre la France, l'Association du Planning familial à été invitée à donner son avis ; le voici résumé par la cour :
"L’Association pour le planning familial (ci-après « FPA », pour « Family Planning Association ») cherche essentiellement à faire valoir que le droit à la vie consacré par l’article 2 de la Convention ne doit pas s’interpréter comme concernant aussi l’enfant à naître (i). A l’appui de sa thèse, la FPA présente à la Cour des éléments montrant quelle est à l’heure actuelle la situation juridique en matière d’avortement dans les États membres du Conseil de l’Europe (ii) et un résumé sur le statut juridique de l’enfant à naître en droit britannique (iii)".
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On se souvient sans doute du drame qu'a vécu récemment ce couple ; une jeune femme sur le point d'accoucher a été renvoyée chez elle, car au vu des examens cliniques, son cas ne semblait pas relever d'une prise en charge d'urgence. Elle a perdu son enfant. Si l'on suit l'argumentation de la Cour, qui ne se fonde que sur le droit positif des États, cette jeune femme ne peut incriminer la Maternité de Port Royal pour homicide involontaire. L'enfant à naître n'est pas considéré comme une personne, et ce point est rappelé par les représentant du Planning familial. Il n'est une personne que, lorsque sorti du sein de sa mère, et après qu'on a coupé le cordon ombilical, il respire de manière autonome. C'est pour les mêmes raisons qu'HITLER s'autorisait à tuer les juifs ou les handicapés : ils n'étaient pas considérés comme des personnes, de par la loi.
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Si je vous donne cet exemple, c'est pour illustrer les méfaits du droit positif qui autorise par exemple des lois du genre mariage homosexuel. Nous n'échapperons pas à la procréation médicalement assistée et à la gestation pour autrui au cas où cette loi serait définitivement votée. Elle sera imposée par une majorité de rencontre, et malgré l'opposition d'un nombre croissant de Français, simplement pour satisfaire au désir insensé de 2000 personnes, et à l'idéologie de l'égalité sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir très bientôt. Coupée de toute transcendance, la loi ne peut être qu'injuste. Elle dénie toute objectivité aux principes qui doivent ou devraient guider les comportements authentiquement humanisants. C'est une régression philosophique considérable, un non sens anthropologique, et une faute politique de première grandeur.
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samedi 2 mars 2013

Ce que nous cache madame Taubira

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J'ai reçu un courriel de ce très cher ami alsacien. Il résume les travaux de Mark REGNERUS sur les enfants des familles homoparentales. J'ai pu avoir accès aux résumés de l'article princeps, à la réponse que fait REGNERUS à ses détracteurs, et à la vigoureuse défense de ses travaux par un collègue. Je vous donne donc dans l'ordre le texte de ce courriel et les trois résumés en anglais des articles de REGNERUS, et de son collègue. Je les commenterai demain.
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Une étude publiée par un sociologue américain démontre les effets de l’homoparentalité sur la psychologie des enfants privés d’altérité dans leur éducation et confrontés aux questions sur leur conception et leurs origines. Cette étude tenue secrète en France démontre, outre les problèmes de déséquilibre psychologique des enfants élevés par des couples homosexuels, que ces enfants sont en moyenne 10 fois plus victimes d’attouchements sexuels que les enfants ayant grandi dans leurs familles biologiques.


Le sociologue américain Mark Regnerus a publié un article dans le journal américain « Social Science Research, intitulé « How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study » ( A quel point les enfants devenus adultes de parents ayant eu une relation homosexuelle sont-ils différents ? Résultats de l’Étude sur les nouvelles structures familiales ), qui dresse la bilan de la longue étude qu’il a menée sur 2988 personnes interrogées.

Les résultats de cette étude du chercheur universitaire sont surprenants. Ils ont été repris dans le site d’information américain Slate. Selon cette étude, les enfants élevés dans leurs familles biologiques disposent d’un meilleur niveau d’études, d’une meilleure santé mentale et physique, ils consomment moins de drogue, se tiennent plus éloignés des activités criminelles et se considèrent plus heureux que les enfants élevés par un couple homosexuel.

A l’inverse, les enfants issus de familles homoparentales, et en particulier de couples lesbiens sont bien plus sujets aux dépressions, il ont plus de problèmes physiques, ils consomment plus de marijuana et ont plus de chance d’être au chômage (69% des enfants issus de familles homoparentales vivent des prestations sociales contre 17% pour les enfants de couples hétéros).

Surtout, contrairement aux théories de Jean-michel APHATIE et de Caroline FOUREST, selon lesquelles les hétérosexuels sont de violents alcooliques qui frappent leurs enfants et en abusent, les enfants de couple lesbiens seraient en moyenne 10 fois plus victimes d’attouchements sexuels que dans les familles « hétéro-parentales » (23% contre 2% de moyenne).

Aux États-Unis, le lobby gay a été choqué par cette étude et l’a dénoncée si violemment (appuyé par des journalistes progressistes) qu’un mouvement de scientifiques s’est créé pour soutenir ces travaux et leur sérieux méthodologique.

Il est étonnant de constater que cette étude n’ait jamais été évoquée par le moindre journaliste, en France, alors que nous sommes censés être en plein débat sur l’homoparentalité. Les journalistes préfèrent suivre les socialistes dans leur chasse aux « dérapages » homophobes plutôt que de s’interroger sur le fond du sujet et sur les dangers d’une telle loi.

Il est clair que les études sociologiques peuvent être controversées, mais pourquoi nous cacher celle-là, alors que tous les défenseurs du mariage pour tous les homos, sans jamais rien citer, disent, l’air sûrs d’eux, que les premières études prouvent qu’il n’y a pas de différence éducative entre l’homoparentalité et la parenté « classique » ? Pourquoi personne ne parle tout haut de cet élément qui pourra certes être débattu mais qui ne peut qu’apporter des faits nouveaux aux discussions.

Qu’on montre toute les études et chacun se fera son idée, pourquoi laisser Caroline Fourest nous expliquer que les enfants de couples homosexuels sont en pleine forme sans mettre en doute cette vérité énoncée qui ne coule pourtant pas de sens ?

En même temps, tous ces futurs enfants dépressifs, drogués, aux troubles psychologiques, parasites de l’État, formeront de formidables électeurs (et militants pour ceux qui seront un peu plus en forme) du Parti Socialiste. On comprend mieux pourquoi le PS veut déglinguer nos enfants et légaliser le commerce des bébés…"
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Mark REGNERUS.
How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study.
Social Science Research, 41, 752-770, 2012.

The New Family Structures Study (NFSS) is a social-science data-collection project that fielded a survey to a large, random sample of American young adults (ages 18-39) who were raised in different types of family arrangements. In this debut article of the NFSS, I compare how the young-adult children of a parent who has had a same-sex romantic relationship fare on 40 different social, emotional, and relational outcome variables when compared with six other family-of-origin types. The results reveal numerous, consistent differences, especially between the children of women who have had a lesbian relationship and those with still-married (heterosexual) biological parents. The results are typically robust in multivariate contexts as well, suggesting far greater diversity in lesbian-parent household experiences than convenience-sample studies of lesbian families have revealed. The NFSS proves to be an illuminating, versatile dataset that can assist family scholars in understanding the long reach of family structure and transitions.


Mark REGNERUS.
Parental same-sex relationships, family instability, and subsequent life outcomes for adult children: Answering critics of the new family structures study with additional analyses.
Social Science Research, 41, 1367-1377, 2012.

The New Family Structures Study (NFSS) is a social-science data-collection project that fielded a survey to a large, random sample of American young adults (ages 18-39) who were raised in different types of family arrangements. In this debut article of the NFSS, I compare how the young-adult children of a parent who has had a same-sex romantic relationship fare on 40 different social, emotional, and relational outcome variables when compared with six other family-of-origin types. The results reveal numerous, consistent differences, especially between the children of women who have had a lesbian relationship and those with still-married (heterosexual) biological parents. The results are typically robust in multivariate contexts as well, suggesting far greater diversity in lesbian-parent household experiences than convenience-sample studies of lesbian families have revealed. The NFSS proves to be an illuminating, versatile dataset that can assist family scholars in understanding the long reach of family structure and transitions.


W.R. SCHUMM. (Défense vigoureuse des travaux de REGNERUS contre les critiques.)
Methodological decisions and the evaluation of possible effects of different family structures on children: The new family structures survey (NFSS).
Soc Sci Res. 2012 Nov;41(6):1357-66.

Every social science researcher must make a number of methodological decisions when planning and implementing research projects. Each such decision carries with it both advantages and limitations. The decisions faced and made by Regnerus (2012) are discussed here in the wider context of social science literature regarding same-sex parenting. Even though the apparent outcomes of Regnerus's study were unpopular, the methodological decisions he made in the design and implementation of the New Family Structures Survey were not uncommon among social scientists, including many progressive, gay and lesbian scholars. These decisions and the research they produced deserve considerable and continued discussion, but criticisms of the underlying ethics and professionalism are misplaced because nearly every methodological decision that was made has ample precedents in research published by many other credible and distinguished scholars.
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Je pense que quand un des "pères" d'une famille homoparentale est capable de mettre dans les mains d'un garçonnet qui a tout l'air d'être son fils une pancarte portant l'inscription : "Bite dans le cul ou pas, on veut l'égalité des droits", le jour de la manifestation  des partsans de la loi, on peut s'interroger.

Premier message de ce jour, avant le second, bien sûr

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Pioché dans le livre écrit par Philippe BENETON, Le Fléau du bien, cette petite phrase destinée aux Princes, Principicules, et autres barons du monde politique :
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"Le mythe animiste, (l’angélisme démocratique) présente le consommateur manipulé par la publicité et le citoyen indemne de toute propagande. En fait, il est beaucoup plus facile de vendre un mauvais programme politique qu’un mauvais produit. La démagogie politique a une efficacité que peut lui envier n’importe quel publicitaire."
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Tout à l'heure, je vous parlerai des méfaits du droits positifs ! Vous en serez stupéfiés.