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mercredi 23 février 2011

Convulsions

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Il semble bien que nous rentrions dans une ère véritablement apocalyptique. Il faut bien comprendre le sens de ce mot. S'il est possible de l'associer, en effet, à ce que dit l'Apocalypse de la Bête, et des tourments (à prendre au sens étymologique de tortures) qui accompagne son apparente et temporaire victoire, il signifie surtout que nous sommes arrivés à un moment où il nous faut choisir.
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Que voyons-nous en effet ? Des convulsions terribles qui déchirent les peuples. Et il est impossible de ne pas rappeler ici ce que disent les Psaumes dans l'Ancien Testament, et justement l'Apocalypse dans le Nouveau.
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"Pourquoi ces nations en tumulte,
ce vain grondement de peuples ?
Les rois de la terre se lèvent,
Les princes conspirent contre Yahvé et son Oint."
[Psaume 2, versets 1 et 2].
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" 'Les nations s'étaient mises en fureur ; mais voici ta fureur à toi, et le temps pour les morts d'être jugés ; le temps de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petis et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre.'
Alors s'ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d'alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs, des voix et des tonnerres, avec un tremblement de terre, et la grêle tombait [noter l'imparfait] dru..." [Apocalypse, 11, versets 18 et 19].
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René GIRARD a donné une interprétation lumineuse du Psaume 2. Je crois me souvenir que c'est dans son livre Quand ces choses apparaîtront. Il indiquait dans cet ouvrage que le mécanisme victimaire n'étant plus opératoire comme moyen d'apporter la paix dans les sociétés humaines, nous n'avions guère le choix : ou bien rentrer dans la spirale de la violence réciproque, la nourrir par la vengeance et les anathèmes virulents, et finalement nous détruire, ou bien renoncer à cette folie suicidaire et appliquer à la lettre les préceptes de Jésus, et notamment tous ceux des Béatitudes.
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Il n'est pas question de faire du concordisme et de trouver dans ces textes des prédictions précises. Nous pouvons simplement observer que les nations sont effectivement en tumulte, pas seulement celles du monde aro-musulman, mais aussi l'Iran, la Chine (on a très peu commenté les manifestations spontanées qui ont éclaté, notamment à PEKIN, après les révolutions de Tunisie et d'Egypte : les autorités ont fait supprimer d'Internet les mots Tunisie et Egypte, de crainte que l'évocation de ces pays ne donnent des idées à ceux de ces citoyens les plus éduqués - ils sont nombreux), plusieurs états africains (des morts au Nigéria et en Côte-d'Ivoire, notamment). Il semble bien qu'avec la mondialisation (un des caractères des temps apocalyptiques énoncés dans les discours eschatologiques de Jésus), les hommes se rapprochent de plus en plus, se rassemblent de plus en plus, se ressemblent de plus en plus, toutes conditions requises au développement de la violence collective. Il apparaît aussi que les disciples de Jésus, en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, en Irak, en Chine, en Tunisie, en Algérie, en Egypte, en Indonésie, au Nigéria, sont les cibles privilégiées des fanatiques qui les prennent comme boucs émissaires, effectivement dans le but de ramener leur nation à une paix purement sacrificielle ou de maintenir l'harmonie par la violence et la contrainte : spirale de la vengeance, à laquelle il nous faut renoncer simplement pour survivre.
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Ces temps peuvent durer encore longtemps. Il semble même que ce soit une exigence préliminaire à la conversion du monde. Losque nous aurons épuisé tous les moyens de la violence, lorsque nous nous serons battu jusqu'à la quasi extermination de la race humaine, alors viendra peut-être le retournement du reste subsistant de l'humanité. Croyez bien que je ne tiens pas ces propos comme le ferait une voyante, une madame MIROSWKA quelconque. Il me semble, à observer le monde, que c'est la conséquence logique et inéluctable de notre folie, de notre orgueil et de notre égoïsme.
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Et dans ces terribles convulsions du monde, se pose avec encore plus d'acuité la question du psalmiste :
"Pourquoi ces nations en tumulte ?"
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vendredi 30 mai 2008

Signes des temps...

Voici, relevés aujourd'hui dans les journaux gratuits Métro et Direct Matin quelques informations édifiantes, et les remarques qu'elles m'inspirent.
Ségolène a gagné son procès contre Paris-Match. L'hebdomadaire devra lui verser 8.000 euros de dommages et intérêts. Pourquoi ? Parce qu'il a publié des photos de l'ex-candidate en train de prier dans une église en Italie. Deux remarques : (a) il est dit par Jésus que celui qui rougira de Lui devant les hommes, il rougira de lui devant Son Père ; je préfère donc penser qu'il n'y a aucune honte de la part de madame ROYAL à aller prier (elle a été baptisée ; elle est marquée du sceau de l'Esprit-Saint) et que sa démarche est inspirée par son désir de protéger sa vie privée dans ce qu'elle a de plus essentielle. Croyez-moi, je lui fais le crédit, sans arrière pensée, de ce souci ; (b) il lui faut alors être cohérente et critiquer ceux des médias qui épient les moindres faits et gestes du Président SARKOZY et n'hésitent pas à le peopoliser souvent contre son gré. J'aurais aimer entendre de sa part la condamnation la plus vigoureuse de monsieur Airy ROUTIER et du prétendu SMS envoyé à Cécilia ex-SARKOZY par ledit Président.
La Chine et l'enfant unique. Nous sommes très heureux d'apprendre que le gouvernement chinois autorise les parents qui ont perdu leur unique enfant dans le séisme meurtrier du SICHUAN à en avoir un autre pour combler l'affreux vide laissée par leur mort. C'est intéressant un état qui s'occupe d'autoriser ou d'interdire ce qui relève de la plus stricte intimité des couples. Un tel souci porte un nom : totalitarisme.
Un mariage annulé par la justice au motif que la mariée n'a pas dit à son époux qu'elle n'était plus vierge. La décision qui est prise en la matière s'appuie sur le droit le plus strict, l'article 140 du code civil qui stipule que "s'il y a erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage". Il se trouve plein de commentateurs pour critiquer la décision des juges. Ils ont tort. C'est le mensonge qui motive le jugement, pas la question de la virginité. Par ailleurs, les époux étaient d'accord. Il ne me paraît pas honteux que des hommes accordent une grande importance à la virginité de leur future épouse. C'est le cas chez nombre de musulmans. On peut toutefois se demander si une épouse musulmane pourrait demander la nullité de son mariage au cas où son mari ne serait pas vierge ; la question ne se posera pas, puisque, chez les musulmans la polygamie est autorisée. Madame Sihem HABCHI, Présidente de ni Putes ni Soumises est mal venue de déclarer que cette décision est une "fatwa contre la liberté des femmes". Elle lance, elle, une fatwa contre la liberté des juges. Elle devrait plutôt condamner un civilisation qui fait si peu de cas de la pudeur et de l'intimité propre à toute activité sexuelle, et qui met ainsi en danger celles de ses compagnes qu'elle veut légitimement protéger contre la violence masculine.
Le magazine Tracks célèbre la décadence. Il propose à ses lecteurs de passer des soirées "décadence", en commençant par une escale à TOKYO, où, dit-il, les tendances les plus délirantes se sont unies au sein du mouvement "Tokyo décadence", et où les libertins sont des véritables esthètes de l'érotisme (sic). Il propose aussi une soirée "Antichrist" à LONDRES. Il faut s'inscrire à l'avance, car elles font fureur... Dans quelle boue ne descendrons-nous pas, nous les riches, les repus, qui devons prendre du bicarbonate pour digérer notre trop plein de nourriture. Bientôt, nous en arriverons à faire comme les Romains qui se faisait vomir pour continuer à manger, et nous nous roulerons dans notre vomissure.
De telles informations, pour une seule journée, donnent à réfléchir sur l'ampleur de la crise morale que traverse notre civilisation. Elle est en fin de course. Elle périra, sans aucun doute, si elle ne redresse pas la barre. Y-aura-t-il un chercheur suffisamment courageux pour faire des études comparatives sur le bonheur de vivre de ceux qui s'efforcent d'avoir une vie intérieure et morale forte et saine et de ceux qui ne s'en soucient pas, admettent, célèbrent le vice , ou se vautrent dedans ? Je vous suggère d'aller d'abord dans un monastère de contemplatifs, puis, l'ayant fait, de guetter les dîneurs qui sortent d'une boîte de nuit libertine. Très instructif.

mardi 27 mai 2008

Crise systémique mondiale

Un ami de Strasbourg me communique ce texte d'Olivier RIMME. En des termes économiques, politiques et psychologiques, l'auteur décrit, comme je l'ai fait de manière plus mystique ou spirituelle, la crise qui nous attend et dont nous ne sommes même pas conscients. Nous dansons sur un volcan, et nous ne sentons même pas que nos pieds brûlent. Merci à Francis NERI de m'avoir envoyé ce texte.
Crise économique et sociale : le scénario noir.

Personne ne peut l’affirmer, mais il est désormais plus que probable que le monde entier a entamé la fameuse phase de décroissance annoncée par les spécialistes depuis des années
Malheureusement, toute l’organisation humaine, à la fois économique et sociale, est aujourd’hui “indexée” sur les produits énergétiques primaires et dérivés, notamment le pétrole. L’augmentation du prix du baril (qui a pratiquement quadruplé en l’espace de quelques années) et la faible valeur du dollar américain face aux autres monnaies conduisent à une situation jamais vue dont les conséquences immédiates, différées et latentes amènent à une criticité extrême.
Depuis des années, des centaines de scientifiques, économistes, spécialistes et autres chercheurs alarment les gouvernements partout sur la planète en expliquant qu’il est urgent d’agir, que le pétrole n’est pas éternel et que les menaces qui pèsent sur l’humanité sont immenses à partir du “peak oil” (que certains analystes considèrent comme étant déjà atteint).
Hélas, aucun pouvoir politique, nulle part sur la planète, n’a jamais cru bon devoir prendre suffisamment au sérieux les études alarmistes, pire : les déclinologues sont même décriés et critiqués. C’est ainsi que nous nous retrouvons, en 2008, au début de la plus sérieuse “crise systémique globale” de l’histoire humaine récente, qui selon moi, conduira à un changement de civilisation dramatique et brutal dans les 5 à 20 ans à venir.
Au risque de paraître “catastrophiste”, et je le dis froidement en mesurant tout ce que ça implique : il n’existe aucun “plan B”, aucune énergie alternative, et aucun moyen de maintenir l’humanité et son système économique dans un état stationnaire viable à moyen terme. Par conséquent, puisque c’est déjà trop tard, quoi qu’on fasse aujourd’hui, d’immenses drames vont se produire inévitablement, les contrées les plus pauvres seront bien entendu les premières à en subir les conséquences, mais nul ne sait à partir de quel seuil les contrées les plus riches seront préservées, notamment dans le monde occidental, ou dans les pays dits “émergents” ou “riches”.
Je suis objectif et pragmatique. Nous connaîtrons, y compris en Europe, une période sombre et très difficile à négocier où se dérouleront des drames qui vont plonger des millions de nos concitoyens les plus fragiles dans un état de grande pauvreté matérielle, physique et psychologique, entraînant avec eux toute la société moderne et développée dans une sorte de lente décroissance chaotique. Depuis des années j’évalue et j’analyse des risques et leurs conséquences et je modélise et vulgarise des scénarios pour les expliquer, je concentre l’expérience et l’information tirés d’études diverses faites par tant d’autres spécialistes. La synthèse de cet ensemble permet de produire un scénario noir qui me semble le plus réaliste, et qui aujourd’hui est connu de tous les chefs de gouvernements occidentaux.
J’évoque ci-dessous, de manière succincte et non exhaustive ce qui pourrait se produire dans les mois et années à venir :
-Recrudescence de troubles sociaux violents, qui par ailleurs s’installeront dans la durée (manifestations violentes prolongées, grèves récurrentes, mouvements sociaux inattendus pouvant éclater à tout moment n’importe où pour des motifs plus ou moins sérieux nécessitant toujours plus de moyens humains et matériels coûteux pour assurer la sécurité publique).
-Populations de moins en moins hostiles aux actions de protestation et de blocage économique et politique au niveau du pays.
-Criminalité en hausse globalement, confrontations intercommunautaires et intra-communautaires, irritations et jalousies exacerbées entre les individus conduisant à une multiplication de situations conflictuelles, de plus en plus violentes.
-Augmentation du nombre d’initiatives criminelles personnelles et isolées (ou menées par des petits groupes) de type “actions terroristes” (non religieuses et indépendantes) ou de “sabotages” d’infrastructures, revendiqués ou non, visant à déstabiliser ou à critiquer les actions politiques sociales ou économiques qui nuisent aux intérêts des individus.
-Défaillance des gouvernements et débâcle politique (impossibilité de faire face aux problèmes par des mesures politiques), accentuation de la perte de confiance dans le pouvoir politique, décrédibilisation des gouvernements qui perdent en représentativité.
-Apparition du pouvoir centralisé et concentré, conduisant “mécaniquement” à des dérives vers la “dictature démocratique” puis vers le “totalitarisme démocratique” portant l’habit d’un gouvernement républicain.
-Contrôle accru des médias (l’internet en particulier), avec le risque qu’un fossé se creuse entre le pouvoir politique et le “cinquième pouvoir”. Apparition de la “censure informelle”, dite de “convenance politique”, défavorable aux journalistes indépendants et libres, qui créeront leurs propres canaux d’informations parallèles et indépendants.
-Accentuation du risque d’atteinte à l’intégrité physique des personnalités politiques ou publiques exposées, de quelque tendance que ce soit.
-Fragilisation du système bancaire par la recrudescence des faillites et des créances irrécouvrables, défaillances des remboursements des crédits à la consommation et défaillances des remboursements des crédits immobiliers.
-Amplification de la crise financière internationale, perte de lisibilité sur les principales places de marché, mouvements spéculatifs incontrôlés et trop dynamiques pour être maîtrisés, installation dans une tendance baissière lourde.
-Émergence du phénomène de “stagflation” mélange de stagnation (économie molle, faible croissance, ou croissance nulle) et d’inflation, conduisant au pire scénario économique limitant toutes les marges de manœuvres, aux conséquences incalculables.
-Création de “bulles urbaines sécurisées” (zones commerciales, autour de grandes entreprises et d’institutions, infrastructures stratégiques, agglomérations privilégiées, quartiers résidentiels protégés, villes sous contrôles d’accès) et émergence de “zones de non droit” délaissées et hors de contrôle, ruinées, notamment les petites zones urbaines ou rurales, faute de moyens financiers et humain pour en assurer la sécurité et le développement.
-Impossibilité d’assurer la sécurité de manifestations publiques massives (événements sportifs, culturels, etc.), qui deviennent progressivement proscrites.
-Risque important de vandalisme dans les grandes surfaces et les grands commerces mal sécurisés et fortement fréquentés, où les gens excédés viendront se servir sans payer, lors de mouvements sociaux hostiles et localisés, qu’il sera par ailleurs très difficile de combattre ou d’empêcher.
-Stations services et dépôts de carburants dévalisés, puis vandalisés et saccagés, vols de matériaux énergétiques (recrudescence des vols de carburants depuis les réservoirs des véhicules privés et professionnels).
-Transports routiers et même trains complets de marchandises ciblés, piratés et vandalisés (vols en bandes organisées par des actions violentes de type paramilitaires).
-Apparition du marché noir et du troc, puis rapidement de la désobéissance civile, conduisant à l’impossibilité d’encaisser les taxes gouvernementales et d’assumer les budgets des États, et pour ceux qui le peuvent, fuite des capitaux vers les zones sécurisées (pays défiscalisés ou à fiscalité avantageuse).
-Difficultés pour les pays et les institutions publiques à payer les salaires des fonctionnaires, les indemnités de chômage ainsi que les retraites.
-Montée progressive du contrôle militaire dans la gestion quotidienne des crises, d’abord par l’utilisation de la gendarmerie, puis par les forces militaires conventionnelles, qui seront de plus en plus présentes et sollicitées.
-Émergence de nouveaux leaders et groupuscules “autonomes” difficiles à contrôler.
Le tableau est noir. J’en suis conscient. La liste des conséquences dans nos vies de tous les jours est encore longue. Quoi qu’il en soit, il vaut mieux être préparé au pire, en espérant que le pire n’arrive jamais.
Apprêtons-nous donc à traverser une période douloureuse en se disant qu’il y a toujours pire ailleurs, et profitons de chaque jour qui passe. Pensons également à prendre les bonnes décisions et à faire les bons choix. Voyons loin.
Après tout, le catastrophisme, c’est aussi un principe de précaution.

Olivier RIMME
Analyses & Stratégies
Si ce tableau n'est pas celui d'un temps apocalyptique, je veux bien être pendu. Nous voilà prévenus, nous voilà impuissants, nous voilà aveuglés. Puissent les prévisions d'Olivier RIMME se révéler exagérées ! Pourtant, on voit bien comment l'exacerbation de désirs qui ne peuvent être immédiatement satisfaits, et l'accroissement de l'indifférenciation entre les êtres humains par l'uniformation des cultures, on voit bien comment l'expulsion du Dieu de Jésus-Christ par les marchands du Temple, vont nous conduire à une crise mimétique d'une violence inouïe, parfaitement analysée, décrite et prévue par un René GIRARD.
Ils ont des yeux et ils ne voient pas ! Ils ont des oreilles et ils n'entendent pas !


jeudi 22 mai 2008

Lamentations sur les riches

Aucune considération politique, aucune considération psychologique ne peuvent déterminer l'homme charnel à pratiquer la vertu. Il faut des considérations spirituelles et mystiques pour que la chair de l'homme soit visitée. Comment, en effet, ne pas être bouleversé par ce que dit saint Jacques dans son épître (5, vv 1-6) : Ecoutez-moi, vous, les gens riches ! Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille vous accusera, elle dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé de l'argent, ALORS QUE NOUS SOMMES DANS LES DERNIERS TEMPS (c'est moi qui met des majuscules). Des travailleurs ont moissonné vos terres et vous ne les avez pas payés ; leur salaire crie vengeance, et les revendications des moissonneurs sont arrivées aux oreilles du Seigneur de l'Univers.
Le contexte l'indique : ce n'est pas richesse en soi qui est condamnée, c'est la richesse obtenue par l'injustice. Ainsi, tout riche doit s'interroger sur l'origine de sa richesse, et ne pas hésiter à pratiquer le partage.
Il est intéressant de noter le commentaire de Jacques : alors que nous sommes dans les derniers temps. Dans un livre tout à fait passionnant, Arnaud-Aaron UPINSKY, mathématicien, philosophe et linguiste, analyse les caractéristiques des temps apocalyptiques, tels qu'elles ont été énoncées par Jésus (Marc, 13, 19 ; Matthieu, 24, 3). Aucun d'entre eux, à lui tout seul, ne suffit à en signer l'avènement. C'est leur survenue simultanée qui en signe l'inauguration. UPINSKY en distingue sept : (a) des signes annonciateurs comme les guerres, soulèvements, tremblements de terre, et par endroits, des pestes et des famines ; (b) l'annonce de l'Evangile à toutes les nations, qui est accomplie, notamment par les voyages des évêques de Rome dans tous les continents ; (c) la multiplication des faux prophètes que sont les scientifiques et leur orgueil démesurée, les idéologues et maîtres du soupçon, comme NIETZSCHE, FREUD et MARX, les gourous de sectes ésotériques ; (d) l'apostasie générale, marquée selon UPINSKY par la progression de l'ABSTRACTION, les statistiques de la fréquentation des églises, la contradiction épistémologique des clercs qui ont abandonné la philosophie réaliste au profit de la philosophie idéaliste ; (e) l'abomination dans les lieux saints, qui se manifeste, par exemple, par le scandale des prêtres pédophiles, ou se trouve dénoncée dans les messages de Fatima et de la Salette ; (f) la diaspora et le retour à Jérusalem, avec la proclamation de Jérusalem comme capitale éternelle de l'état d'Israël, et la fin des nations, manifestée entre autre par la mondialisation, la globalisation de l'économie, et l'émigration massive et clandestine ; (g) le culte du veau d'or, qui s'exprime dans le capitalisme financier, l'appétit de l'argent que tous, du plus petit au plus grand, nous manifestons, le plus scandaleux, étant l'appétit des riches, déjà repus d'argent, ne sachant même plus qu'en faire. Du reste, l'Apocalypse le dit (13, 17) : Personne ne peut plus acheter ou vendre, s'il n'est pas marqué de la marque de la bête, ou de son nom, ou du chiffre de son nom. UPINSKY remarque que la définition d'acheter et de vendre renvoie vraisemblablement à une monnaie. Je suis, personnellement, tenté d'y voir le dollar, monnaie de réserve dont la crise prévisible et certaine - personne n'en parle, mais tous les économistes la craignent - va entraîner une catastrophe économique épouvantable.
En vérité, notre civilisation marchande, matérialiste, est déjà condamnée. Pour développer cette conclusion, je reviendrai sur ce qu'a dit René GIRARD dans un de ses livres : "Quand ces choses apparaîtront".
(UPINSKY n'est pas un fou ou un illuminé. Il a été l'inspirateur, l'organisateur et le directeur du Symposium de ROME consacré au Linceul de Turin en 1993, et il a définitivement cloué le bec au Pr TITE, coordinateur du projet de datation du Linceul au Carbone 14. TITE sera contraint, du reste, à reconnaître qu'il n'a jamais prétendu que le Linceul était un faux. UPINSKY démontre que l'article publié dans la revue Nature, à l'instigation de TITE, aurait dû être refusé en raison du faible seuil de significativité des résultats de datation du Linceul, [5 %, contre 30 à 90 % pour les échantillons témoins, datés de manière certaine].)
Référence.
Arnaud-Aaron UPINSKY.
L'énigme du Linceul. La prophétie de l'an 2000.
Fayard, Paris, 1998.