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jeudi 22 août 2019

Jeudi 22 août 2019. Pas de société qui tienne sans recours à la transcendance !


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SOCIÉTÉ JUSTE ET SENS DE LA TRANSCENDANCE.
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"On devrait toujours vivre avec cette conscience de la grandeur et donc avec la conscience du caractère proprement transcendant et miraculeux de l’existence. On vivrait une existence pleine et juste. On connaîtrait notamment une véritable société sous la forme d’une société de communion. Tel n’est pas le cas. La raison d’une telle anomalie ? Pour accéder au sens de l’existence, il faut accepter de n’être rien par rapport à l’immense, au transcendant, au miraculeux. Quand on est humble, qu’on n’a pas d’orgueil, quand on  a vaincu son orgueil, l’accès à une telle conscience est possible. Et étant possible, une humanité authentique débouchant sur une société authentique se met en place. Quand tel n’est pas le cas, dépourvue d’une conscience de l’existence, l’humanité cesse d’être authentique et avec elle la société. D’où l’apparition d’un monde faux, d’un monde de mensonge, d’un monde de tromperie, l’homme sans conscience du miracle de l’existence se croyant supérieur à tout. Prétention vertigineuse. Débouchant sur un monde à l’envers dans lequel la conscience du miracle de l’existence est considérée comme une folie tandis que l’idée selon laquelle il n’y a ni miracle ni transcendance est considéré comme de la haute sagesse. « La sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes tandis que la sagesse des hommes est folie aux yeux de Dieu », enseigne saint Paul. Tout PASCAL est un commentaire de ce chiasme. Ce qui éclaire sa politique." [Texte intégral.]
In
Bertrand VERGELY.
Traité de résistance pour le monde qui vient.
Le Passeur. Éditeur, Paris, 2016 (page 192).
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il est très curieux de voir comment ce constat vient éclairer et compléter celui de CHESTERTON, dont nous parlions avant-hier.
Nos chers laïcards qui veulent extirper Dieu du monde politique sont à l’œuvre depuis plus de deux siècles. Ils y ont réussi. On juge l’arbre à ses fruits. Le monde va-t-il vraiment mieux depuis cette expulsion ?
Certes, le monde chrétien, quand il existait encore, n’était pas exempt d’injustices ni de pauvreté. Mais dites-moi, pensez-vous que dans ce monde-là on eût imaginé qu’il fût possible d’anéantir des centaines de milliers, des millions d’êtres humains à coup de bombe atomique, de camps de concentration, de goulags, de camp de rééducation, de khmers rouges, ou de révolution culturelle. La chose n’était pas pensable à l’échelle politique. Il y eut des massacres, c’est entendu, et des massacres commis par des chrétiens, cela est vrai. Mais il y avait aussi un François d’Assise qui allait soigner les blessés musulmans en Égypte, un Vincent de Paul qui en remontrait à l’amiral des galères, Un FÉNELON ou un BOSSUET qui, avec la langue fleurie qui était leur, savait dire au Roi toute les condamnations qu’ils portaient contre certains de ses actes. Cette liste n’est pas exhaustive.
J’ose dire qu’il y avait alors une vraie société. Une société d’hommes, c’est clair, d’hommes cupides, violents, libidineux, sans doute. Mais ils faisaient société et ne vivaient pas que pour eux : paroisses, confréries, corporations, communes, tissaient entre eux des liens qui les faisaient membre d’une société unique, avec ses conflits, probablement, mais aussi ses fêtes, ses alliances. Aujourd’hui, nous sommes dans une société multiculturelle, communautariste, cloisonnée, syndiquée, marquée par une lutte des classes savamment entretenue, à laquelle, hélas, l’arrogance des élites donne apparente raison ; il est malheureux peut-être de le dire, mais la seule société qui demeure homogène, malgré son extrême diversité, est bien la communauté musulmane, qui elle, a bien le sens de la transcendance, et c'est pourquoi l'islam veut investir le monde. Ses fidèles sont droits, pour la plupart. Mais on peut s'interroger sur des chefs qui font massacrer 63 personnes un jour de mariage à Kaboul !
L’avenir est aux chrétiens qui, acceptant de plonger dans le pari bénédictin, attireront à eux tous ceux qui les verront vivre en vérité.

samedi 23 décembre 2017

23 décembre 2017. Note pas si brève que ça : Veilleur où en est la nuit ?


Nous discutions hier soir, avec quelques amis engagés dans le mouvement des Veilleurs, de l’avenir de notre mouvement. C’est en y repensant ce matin que m’est revenue en tête la prophétie du prophète Isaïe (21, vv8-9 et 11b).

"Et le veilleur a crié : « Au poste de guet, Seigneur, je me tiens tout le jour. À mon poste de garde, je reste debout toute la nuit. Voici ce qui vient : sur un char attelé de deux chevaux un homme parle et dit : “Elle est tombée Babylone, elle est tombée, et toutes les statues de ses dieux gisent par terre, brisées.”. […]. Une voix me crie de Séïr : “Veilleur, où en est la nuit ? Veilleur, où en est la nuit ?”"

Et je pensais aussi au veilleur qui sur les remparts d’ARGOS guettait les feux qui annonceraient la victoire d’AGAMEMNON sur PRIAM. Nul ne peut pénétrer dans les pensées de cet homme qui, les yeux fixé sur un horizon incertain, attendait le signe du vainqueur avec la certitude qu’il jaillirait, splendide, en un moment qu’il n’attendait pas mais espérait de tout son être.

Les Veilleurs en sont là. Ils sont sur les remparts d’un monde menacé par les puissances d’argent, l’orgueil démoniaque des grands, la folie d’une pensée qui se proclame moderne et n’est même plus païenne, même plus néolithique, pas davantage paléolithique, mais néantisée.

Et nous sommes arrivés à quelques conclusions qu’il me plaît de vous faire connaître afin que vous puissiez adhérer à ce mouvement puissant, venu du fond de nos humanités. Premièrement, les Veilleurs revendiquent d’être un mouvement subversif. Entendons-nous bien. Il ne s’agit pas de faire un mai 68 à rebours, pas davantage de renverser par la force un système vermoulu, plus vermoulu et corrompu que Babylone la grande, et qui est en train de sombrer. Il s’agit de faire société et de dénoncer ce que certains sociologues appellent la « dissociété ». Deuxièmement, il nous revient de créer du lien social, de nous appuyer sur la culture et les arts, sur le sens de la justice ; nous avons l’obligation de dénoncer les lois iniques, et nous le ferons, nous ne cesserons de le faire. Troisièmement, il nous échoit de fédérer, humblement mais résolument, tous ceux et celles qui n’en peuvent plus de voir triompher l’impudence, l’impudeur, le faste tapageur, le luxe alors que tant de pauvres sont assis à la porte des palais où festoient les mauvais riches (car il y en a de bons figurez-vous). Quatrièmement, nous avons l’obligation d’interroger des habitudes ou des concepts qui semblent aller de soi, et qui en réalité sont sinon contestables, du moins questionnables : la question du progrès, la question des technosciences, la question du totalitarisme démocratique ; nous devons nous interroger sur des événements dont la portée nous échappent encore mais qui est considérable. Que signifie socialement, politiquement, religieusement la foule qui a assisté pieusement aux obsèques de Johnny HALLIDAY ? Feu de paille ? Réaction profonde d’un peuple qui revendique d’avoir des racines et se souvient qu’il fut chrétien ?
Oui, nous avons l’audace comme le veilleur du Psaume de dire avec confiance : Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore ! (Psaume 129, v. 6).

Et c’est alors que prend tout son sens la question posée par un écrivain qui répond au nom d’Étienne AMORY : Veilleur, où en est l’aurore ? Mais l’aurore a déjà pointé, et nous ne sommes que les premiers témoins de ses rayons timides qui se lèvent.

Amis qui lirez ce billet, n’hésitez pas ! Venez à nos veillées. Soyez des créateurs, des animateurs de veillées dans vos villes, vos villages, vos quartiers. Ne laissez pas aux puissances financières et économiques le soin de nous dicter ce qui est bon pour nos vies. Interrogez votre conscience et prenez les dispositions concrètes pour faire bouger un peu les choses.

         Bonnes fêtes de la Nativité !





samedi 12 août 2017

12 août 2017. Nouvelles de la Dissidence. Qui opprime ? Qui est opprimé ?

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Toujours notre grande philosophe.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Marx avait clairement perçu que l'oppression étatique repose sur l'existence d'appareils de gouvernement permanents et distincts de la population, à savoir les appareils bureaucratique, militaire et policier ; mais ces appareils permanents sont l'effet inévitable de la distinction radicale qui existe en fait entre les fonctions de direction et les fonctions d'exécution. Sur ce point encore, le mouvement ouvrier reproduit intégralement les vices de la société bourgeoise. Sur tous les plans, on se heurte au même obstacle. Toute notre civilisation est fondée sur la spécialisation, laquelle implique l'asservissement de ceux qui exécutent à ceux qui ordonnent ; et sur une telle base, on ne peut qu'organiser et perfectionner l'oppression, mais non pas l'alléger."
In
Simone WEIL.
Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale. (Collection Folio/Série Essai N°316).
Gallimard, Paris, 2004 (date du dépôt légal de cette édition). (Page 16.)
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2. COMMENTAIRES.
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On ne saurait mieux décrire l’état de notre société actuelle qui a renvoyé toute idée de charité (au sens théologique d’agapè) aux oubliettes du cléricalisme. Aujourd’hui tout est fonctionnel, économique, friqué, intéressé et par conséquent dépendant de rapports de domination.
Même les ouvriers syndiqués oublient qu’ils ont des chefs auxquels ils sont soumis et tenus d’obéir.
Toute la question se résume donc à celle-ci qui est l’ultime : comment substituer à des relations de domination des relations de charité ?
Cela ne se peut faire sans recours au modèle qu’a été Jésus. Racontez tout ce que voulez ! Vous ne changerez rien à la réalité : un homme qui a passé sa vie à faire du bien sur la terre est condamné par les dominants car il conteste leur domination, leur cupidité et leurs rapines. Cet homme dit qu’il est le Fils de Dieu. Et il le prouve en mourant sur la Croix.
Simone WEIL est morte trop tôt pour aller jusqu’au bout de sa réflexion. Elle avait de la sympathie pour le christianisme, c’est l’évidence (Cf. Les intuitions préchrétiennes), mais elle était pessimiste et elle donnait l'impression de pencher pour le catharisme. Eût-elle vécue quelques années de plus, qu’elle aurait compris son erreur d’orientation spirituelle.
Lisez les quelques informations données dans la Revue de Presse, et voyez comment l’appareil d’État rend des sentences montrent le point de perfectionnement atteint par l’oppression. La Loi a la gentillesse de nous dire qu’il n’est pas contraire à la laïcité de mettre une croix sur les portails d’un cimetière, mais qu’il est interdit de garer sa propre voiture devant son propre garage, ce fait constituant une infraction pénale. Un imbécile bernanosien enjoint au maire de Dannemarie d’ôter les silhouette féminines qu’il avait fait installer dans la rue principale de sa commune pour célébrer la femme : c’est sexiste, contraire à l’égalité des sexes, etc., etc.
Voilà où nous en sommes au pays de DESCARTES, des prétendus Droits de l’Homme et la supposée Tolérance.
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3. REVUE DE PRESSE.
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Je sais, il y a beaucoup de liens aujourd’hui. Consultez-en au moins quelques-uns

Position de la Pologne face aux injonctions ineptes de l’Eurocratie.

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Il est bien vrai, hélas, que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même !


Honneur à ces braves. Curieusement, ils ne font pas partie de la cohorte des « réfugiés », « migrants », « immigrés économiques » : ils défendent leur terre.
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La bêtise n’a pas de couleur !

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La bêtise n’a pas de sexe !

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Il est venu d’abord pour les brebis perdues de la maison d’Israël.

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La bêtise a été terrassée, pour une fois !

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Mais elle ne l’a pas été dans le cas qui suit !

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Gandhi doit se retourner dans sa tombe !


jeudi 20 février 2014

Nouvelles de la Résistance : vont-ils enfin nous écouter ?

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La devise pour commencer :

Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
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1. La citation du jour.

Nous l'emprunterons à Benjamin CONSTANT :

"[L'effort de la société moderne] est de faire que chaque individu soit son propre centre. Or, quand chacun est son propre centre, tous sont isolés. Quand tous sont isolés, il n'y a que de la poussière. Quand l'orage arrive, la poussière est de la fange." (De la religion considérée dans sa source, ses formes et ses développement. Préface), cité par T. TODOROV.
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2. Commentaires.

Quand on analyse les décisions prises par les hommes politiques depuis 50 ans, on ne peut que constater ceci qui laisse rêveur : du général de GAULLLE au Président POMPIDOU, les décisions et lois ont toujours intéressé le bien commun et le corps politique des Français pris dans leur ensemble. L'élection de Valéry GISCARD d'ESTAING a marqué un tournant dans la conception de la responsabilité politique : il fallait en avoir une drôle en effet, pour instaurer un "Ministère de la qualité de la vie", comme si l'Etat était en mesure de contribuer au bonheur en prenant des mesures concernant l'individu (et non la personne) pris comme un isolat dans une foule anonyme. Du général de GAULLE qui refusait de faire rembourser la pilule contraceptive par la sécurité sociale avec ce mot qui est bien de lui (Ah non ! on ne rembourse pas le plaisir !) à nos socialistes qui font de l'avortement un droit inaliénable, il y a, vous en conviendrez un immense fossé. Je vous en laisse apprécier la largeur et la profondeur.
Nous en sommes arrivés aujourd'hui à un point où tout l'effort de l'Etat socialiste (mais pas seulement lui) consiste - et c'est un paradoxe - à ne considérer que les individus pour répondre à leurs désirs, et non pas à voir le bien commun qui suppose l'existence de liens de toutes sortes : familiaux, sociaux, professionnels, culturels, amicaux, etc. fondements mêmes d'une société vivante. La seule conception qu'ils ont de cette dernière est celle d'un agrégat d'atomes dont le rassemblement suffit à former une "nation" (mot horrible) et non point une patrie. Cette incapacité à voir qu'une patrie est comme un corps vivant au sein duquel circule des informations et des sentiments, qu'il fonctionne par échanges, interactions, rétroactions positives ou négatives, nous ramène (a) au communautarisme qui est le très pâle substitut de la patrie, (b) aux revendications des individus groupés en lobbies dont le seul ciment est la défense d'intérêts catégoriels, (c) à la mort des corps intermédiaires (à commencer par la famille, les groupements spontanés que sont des associations autonomes [indépendantes des subventions publiques pour leur survie] - qu'elles soient professionnelles, culturelles, ou politiques), (d) au totalitarisme devenu nécessaire pour assurer la cohésion  sociale d'individus qui ne savent plus ou pas pourquoi ils vivent ensemble.
Accabler les socialistes ou les libéraux (qui ont sur l'homme pratiquement la même pensée) de tous les maux est vain et de plus injuste. Ils ne sont que les héritiers de ce mouvement né à la Renaissance (!), amplifié par DESCARTES, codifié et installé pendant les prétendues Lumières, culminant à la Révolution, et engendrant ce système impossible qu'est la République française, un mouvement qui place le "moi" ou plus précisément l'ego au centre de la vie de chacun de nous. Hélas, comme le dit si bien CONSTANT, cela n'aboutit qu'à créer un tas de sable, dont les flots de l'histoire mondiale qui montent sous nos yeux pourraient bien avoir sous peu raison en le transformant en tas de fange.
Mais la nature humaine est ainsi faite que rien ne peut vraiment la détruire, n'en déplaise à ce fieffé imbécile bernanosien qu'est Vincent PEILLON. Les Français n'ont plus que du désintérêt quand ce n'est pas du mépris, pour tous ces pantins qui s'agitent dans les couloirs des Palais nationaux et s'imaginent qu'il suffit de parler, de communiquer, d'avoir des mots, pour que le réel se plie à leurs fantasmes. Le système ressemble à un moulin qui broie du vent. Les Français, rois mondiaux de la débrouille, se passent de plus en plus de leurs "services", lesquels ressemblent plutôt à des oukases qu'à des décisions utiles à tous.
Je rêve à ce jour, où prenant conscience de leurs erreurs, examinant avec humilité des effets désastreux de leurs décisions, ces "élites" enfin nous écouteront et entendront la voix du bon sens. 
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3. Infos sur la Résistance.
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20 février : accueil de Najat Vallaud-Belkacem à Grenoble.

Grenoble a le plaisir de recevoir Najat Belkacem ce jeudi 20 au musée.
RDV entre 19h et 19h15 devant l'entrée du musée proche de celle du parking...
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Une vidéo du Père Jean-Régis FROPO (Merci à Anne).

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Des Sentinelles/Veilleurs debout devant un bureau de poste (via le Salon beige) pour demander le retrait du timbre Femen.

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Belgique : des Sentinelles/Veilleurs debout protestent contre l'assassinat des mineurs (via le Salon beige) : une vidéo.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eiMUSUcAKdA



samedi 26 septembre 2009

Je ne suis pas tout seul !

Toute affaire cessante, il faut que je vous fasse part des réflexions publiées dans le Journal Le Monde du 28 octobre 2005 sur un sociologue plus qu'octogénaire ; l'article, dont je ne connais pas l'auteur, avait pour titre Zymunt BAUMANN ou "l'instinct moral ". Certes, si je n'avais pas lu le petit livre de Régine PIETRA consacré à La Chine et le confucianisme aujourd'hui, jamais je n'aurais su l'existence de ce penseur, internationalement connu, sauf en France. Curieux n'est-ce pas, qu'il ne le soit pas ? Ou plutôt, pas curieux du tout, quand on voit bêtement les médias pourfendre "l'ordre moral", en faisant du reste, et volontairement, un contresens sur la signification réelle du terme ; on le doit à MacMAHON qui l'opposait à l'ordre matériel.
Dans son livre remarquable, Régine PIETRA montre combien le perfectionnement personnel et la vie morale était un élément important de "la vie bonne" pour les confucianistes. Et, dans une note infrapaginale (page 151), elle appelle à sa rescousse ce penseur. BAUMANN, dit-elle, porte sur la civilisation contemporaine un regard peu amène. Selon lui, la seule façon d'échapper au désastre d'un monde dominé par la rentabilité et l'efficacité serait de rapatrier au coeur de nos pratiques individuelles les émotions exilées ou rebelles, à commencer par les sentiments moraux, car l'instinct moral est la seule source possible d'un comportement autonome, dans la mesure même où il ne peut être ni contrôlé, ni codifié, ni exploité en vue d'un objectif étranger à ses fins.
J'ai cru m'évanouir de joie en lisant ces lignes, car elles viennent d'un SOCIOLOGUE et non pas d'un PHILOSOPHE, c'est à dire d'un homme qui réfléchit sur la manière dont la société s'organise, se structure, fonctionne, laisse naître en elle des conflits, et cherche à les résoudre. Je retrouve là, beaucoup mieux exprimé, des intuitions personnelles, et notamment celles-ci (a) que le seul principe de modification sociale est la modification de nos comportements individuels ; (b) que ces modifications ne peuvent venir que d'une délibération intérieure qui interroge la conscience, et non d'un quelconque Comité National Consultatif d'Ethique, qui définit des normes extérieures à la conscience ; (c) que la morale est un art de vivre et n'a rien à voir avec l'éthique.
Nous ne pouvons sortir de notre marasme social et sociétal si nous n'éduquons pas notre conscience. C'est un devoir impératif de l'enseignement. Il semble avoir échappé aux professeurs des écoles, des collèges, des lycées et des universités, tout aveuglés par l'idéologie laïcisme et qui confondent morale et religion, morale et éthique. A défaut d'être papistes, ils pourraient jeter un petit coup d'oeil sur les pensées de CONFUCIUS et de ses commentateurs (nombreux). Ils seraient très étonnés, et, je l'espère, convaincus, de la pertinence de l'idéal confucéen. Je ne partage pas tout de son propos. Mais il y a du bon à y prendre ! Affaire à suivre. Je me sens moins seul.

samedi 22 août 2009

Vulnérabilité (bis)

Le texte de ma filleule Marie, a rebuté deux lecteurs qui l'ont dit dans leurs commentaires. Je vais m'efforcer de l'expliquer. Il m'est plus facile qu'à eux de le comprendre car je dispose de la totalité du texte de la conférence. Mais les remarques que je vais faire me sont strictement personnelles et exprime la compréhension que j'ai de cette conférence effectivement d'abords difficiles.


Alors je commence.


La vulnérabilité est une caractéristique spécifique de l'espèce humaine. A ce titre elle est une donnée anthropologique universelle si l'on admet que tous les hommes appartiennent à une seule et même grande famille. La vulnérabilité est objectivement observable et subjectivement ressentie.


Observable ? De tous les petits d'animaux, le petit d'homme est le seul qui soit totalement dépendant de ses parents pour sa survie. Abandonné à lui-même, un nouveau-né ne tarderait pas à mourir. Il n'a aucun programme, aucune stratégie de survie dans un monde qui ne lui est ni hostile, ni amical, mais tout simplement neutre et indifférent.


Ressentie ? Oui et à plusieurs niveau. Combien de comportements névrotiques, de phobies sont-ils dus à ce qu'on appelle justement des "blessures d'enfance" (tiens ! tiens! voilà le mot blessure). Névroses et phobies sont ressenties sans que le sujet en connaisse consciemment l'origine. Mais il y a aussi un sentiment conscient de fragilité, chez les vieillards qui sentent la mort approcher, ou chez tout être humain aux prises avec les forces de nature déchaînées : tremblements de terre, tornades, raz-de-marée, inondations, incendies de forêts, etc. Bien d'autres circonstances encore suscite cette prise de conscience. Un même sentiment de fragilité peut naître devant un amour déçu, une incapacité à faire, à comprendre. On voit par là que la vulnérabilité n'est pas si simple à définir, et que le concept, s'il est universellement admis, est loin de l'être avec la même signification pour ceux qui s'en emparent.


C'est ce double aspect de la vulnérabilité, objectif et subjectif, qui domine la scène où se déroule la vie humaine. Pourquoi ce concept devrait-il être critique et normatif, notamment dans le domaine politique ? Il faut éclairer cette affirmation. Critique, il l'est en effet. C'est à l'aune de la vulnérabilité humaine fondamentale qu'il faut juger les décisions politiques. Et c'est pourquoi l'on se scandalise des massacres de femmes, d'enfants, de vieillards "sans défenses" (c'est le mot souvent utilisé pour stigmatiser ces abominations), c'est pourquoi, avec une hâte suspecte d'ailleurs, on a glosé sur les effets de la canicule : quoi, on laisse des vieillards isolés, sans aide, mourir déshydraté, dans la solitude. On pourrait multiplier les exemples. La vulnérabilité fonde la société et le vivre ensemble. Et c'est pourquoi le concept est normatif, qu'il s'impose comme une norme. Est humainement inacceptable toute loi, toute mesure politique, qui ne prend pas en compte cette propriété fondamentale de l'être humain. Or la philosophie des Lumières, qui a tellement influencé la mentalité moderne et contemporaine, nous a conduit à une impasse, celle de l'autonomie des individus, de leur autoconstruction. Nous nous construisons, sous le regard de l'autre, et dans une interdépendance absolue avec lui.
L'impasse est facile à comprendre. Ces penseurs n'avaient pas fait la différence entre la "mêmeté", qui fait des êtres humains des membres à part entière de la même famille, et celle de "l'ipséité", qui fait de chaque être humain un être unique, un mystère pour les autres comme pour lui, une telle unicité, que même la nature l'a sanctionnée par l'individualité "immunologique", cette fameuse individualité qui rend les greffons si rarement compatibles, et en tout cas, jamais totalement compatibles.
Toute la question du politique est donc de tenir compte à la fois de la mêmeté et de l'ipséité dans les décisions que les pouvoirs publics sont amenés à prendre. Vous remarquerez, du reste, que toutes les critiques de l'opposition, actuelle comme passée, reprennent toujours à leur compte et alternativement l'un de ses deux aspects de la personne humaine. Le soutien aux sans-papiers est fondé sur le principe de mêmeté, la progressivité de l'impôt, sur celui de l'ipséité : monsieur, madame untels ont une meilleure situation que monsieur ou madame DUPONT, en raison d'études plus brillantes, de capacités supérieures. Cette particularité doit être mise au service des moins bien lotis. Et la redistribution qui en découle repose sur le principe de mêmeté.

mercredi 20 mai 2009

Une pensée forte

Jean-Claude GUILLEBAUD produit très régulièrement un bloc-notes dans l'hebdomadaire La Vie. C'est un homme qui pense, pèse le poids de ses propos, chemine. Son dernier article, intitulé Panne de sens, publié dans le numéro 3324 de l'hebdomadaire (semaine du 14 au 20 mai), est absolument remarquable. (Enfin il l'est pour moi ! Je module pour ne pas donner l'impression d'avancer avec trop d'assurance...). Il commence comme il suit :
Voilà qu'au sujet de la crise resurgissent des questions "morales". Les guillemets s'imposent car on aurait bien tort de les réduire à la seule morale traditionnelle. On pense à cette rapacité, à ce vertige du lucre et du profit immédiats qui ont été à l'origine de la dérive financière du libéralisme. En vérité, c'est plus d'anthropologie que de morale qu'il faut parler. Expliquons-nous. Le capitalisme - à l'instar de la société moderne - ne peut fonctionner que parce qu'il a hérité que quelques types anthropologiques dont il n'était pas lui-même le créateur : des juges irréprochables, des ouvriers consciencieux, des entrepreneurs imaginatifs, des fonctionnaires intègres, etc.
Ces types humains avaient été créés dans des sociétés antérieures, à des époques où ni l'argent ni le cynisme n'étaient tout à fait rois. Ces modèles anthropologiques étaient donc les produits d'une longue alchimie éducative. Leur création - on pourrait dire leur patiente "construction" - se référait à des valeurs encore jugées prioritaires : honnêteté, civisme, désintéressement, goût d'entreprendre. Seules ces valeurs partagées ont pu être le ciment invisible qui permet à une société humaine d'assurer sa cohésion et - surtout- de durer en se reproduisant, d'une génération à l'autre.
L'auteur poursuit son analyse, explique comment le système libéral à déraillé d'une manière tout-à-fait prédictible, en niant les valeurs qui avaient permis son émergence. Et il conclut :
Ce processus, on le voit bien, n'invite nullement à un discours moralisateur. Il nous renvoie à une question bien plus essentielle : quel est donc cet ingrédient qui nous permettait de vivre ensemble et que, manifestement, nous avons perdu ?
Souvent, dans mes billets, je vous ai parlé de "morale", au sens d'un art de vivre et de la réponse qu'il convient de donner à la question du "que dois-je faire ?" La morale en effet n'est pas une accumulation de mesures d'obligations et d'interdiction, mais une orientation délibérée de la vie, en fonction de ses exigences propres. Dans cet article, je retrouve, infiniment mieux dit que je n'aurais pu le faire, un cheminement de pensée que je ne cesse suivre depuis l'ouverture de ce Blog. Combien de fois n'ai-je pas critiqué la fausse anthropologie, l'anthropologie trompeuse de nombre de penseurs modernes (pas plus tard que dans mon dernier billet) ? Combien de fois n'ai pas rageusement dénoncé la cupidité, l'avidité pour les profits immédiats, le mortel égoïsme des puissants, la convoitise dérisoire des moins bien nantis ?
Les deux caractéristiques de la vie sont la croissance et la reproduction. GUILLEBAUD fait tout à fait allusion à ces propriétés qui ont permis à nos sociétés de tenir "cimentées". Et, par sa question finale, il appelle une réponse. Quand on congédie la majesté, la puissance et l'amour divins de l'espace public, on a, du moins il me semble, identifié les raisons de notre autodestruction. Ce que nous avons perdu ? Je vous le laisse deviner.