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vendredi 9 août 2019

Mercredi 07 août 2019. Méditation de John-Henry Newman sur l'Eglise.


Il est d'une évidence absolue que l'Eglise catholique traverse une crise d'une ampleur sans précédent. Chute de la pratique, apostasie, relativisme moral, scandales sexuels de nombreux prêtres, rien ne lui est épargné, alors que semble triompher partout de par le monde la violence, la débauche, l'idolâtrie de l'argent. NEWMAN vient fort à propos nous rappeler l'essentiel qui est l'assistance promise par Jésus à son Eglise. Lisez ce texte magnifique qui ne laisse rien sous silence. Newman a tout prévu, tout pensé. C'est un esprit d'une profondeur inouïe. 

"« Sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la mort ne l'emportera pas sur elle »
C'était autrefois une source de perplexité pour les croyants, comme nous le lisons dans les psaumes et les prophètes, de voir que les méchants réussissaient là où les serviteurs de Dieu semblaient échouer. Il en est de même au temps de l'Évangile. Et pourtant l'Église a ce privilège spécial, que ne possède aucune autre religion, de savoir qu'ayant été fondée lors de la première venue du Christ, elle ne disparaîtra pas avant son retour.
Cependant, dans chaque génération, il semble qu'elle succombe et que ses ennemis triomphent. Le combat entre l'Église et le monde a ceci de particulier : il semble toujours que le monde l'emporte sur elle ; mais c'est elle, en fait, qui gagne. Ses ennemis triomphent constamment, la disant vaincue ; ses membres perdent souvent l'espoir. Mais l'Église demeure (...). Les royaumes se fondent et s'écroulent ; les nations s'étendent et se resserrent ; les dynasties commencent et finissent ; les princes naissent et meurent ; les coalitions, les partis, les ligues, les métiers, les corporations, les institutions, les philosophies, les sectes et les hérésies se font et se défont. Ils ont leur temps, mais l'Église est éternelle. Et cependant, en leur temps, ils paraissent avoir une grande importance. (...)
En ce moment, beaucoup de choses mettent notre foi à l'épreuve. Nous ne voyons pas l'avenir ; nous ne voyons pas que ce qui semble réussir maintenant et se pavaner ne durera pas longtemps. Aujourd'hui, nous voyons des philosophies, des sectes et des clans s'étendre, florissants. L'Église paraît pauvre et impuissante (...). Prions Dieu, pour qu'il nous instruise : nous avons besoin d'être enseignés par lui, nous sommes bien aveugles. Une fois, quand les paroles du Christ les avaient mis à l'épreuve, les apôtres lui ont dit : « Augmente notre foi » (Lc 17,5). Venons à lui sincèrement : nous ne nous connaissons pas ; nous avons besoin de sa grâce. Quelle que soit la perplexité que le monde nous inspire (...), venons à lui avec un esprit pur et sincère. Demandons-lui humblement de nous montrer ce que nous ne comprenons pas, de rabaisser notre cœur quand il s'obstine, et de nous donner de l'aimer et de lui obéir loyalement dans notre recherche."
Bienheureux John Henry Newman (1801-1890)
Cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermons on Subjects of the Day, n°6, « Faith and Experience », 2.4 (trad.©Evangelizo.org). Du site Évangile au Quotidien en date du jeudi 08 août 2019.

mercredi 15 mai 2019

Mercredi 15 mai 2019. Crise de la pensée dans l'Eglise ?


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SUR LA CRISE DE LA PENSÉE DANS L’ÉGLISE.
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"L’intellectualisme se heurte tout d’abord aux préceptes, puis à la doctrine et finalement au principe même de la croyance. Il substitue à la foi une certaine perception du beau. Dans un pays qui ne professe aucune foi, il court directement, si on lui laisse le champ libre, au scepticisme et à l’infidélité. Mais, même dans le giron de l’Église et là où on fait sans réserve profession de son Credo, il agit, si rien ne s’y oppose, à la manière d’un principe corrosif et débilitant. Le catholicisme, tel qu’on nous l’a transmis depuis l’origine, paraît alors étroit et peu libéral. Il n’est qu’une religion populaire. Il est la religion des siècles sans culture ou des peuples asservis et des guerriers barbares. Il lui faut donc, pour satisfaire une génération éclairée, subir un traitement délicat et intelligent, accepter d’être corrigé, adouci, amélioré. Il faut qu’on puisse le présenter comme le patron des arts, l’amant de la spéculation, le protégé de la science. Il doit jouer l’académicien lettré, le philanthrope empirique, le politicien partisan. Il lui faut se mettre à jour ; inventer quelque moyen d’expliquer ou de mettre en veilleuse les données qui mettent l’intelligence à la torture et dont il a honte, par exemple : la doctrine de la grâce, les mystères de Dieu, la prédication de la croix, la dévotion à la Reine des saints ou la loyauté au Siège Apostolique. Laissez cet esprit librement se développer au sein de cette mentalité philosophique dont j’ai fait, dans les conférences précédentes, un si grand et juste éloge, et il est impossible qu’il n’engendre pas à la suite : d’abord l’indifférence, puis le relâchement en matière de foi, puis finalement l’hérésie."
In
John Henry NEWMAN.
L’idée d’université, définie et expliquée. Les discours de 1852. Traduction de Edmond ROBILLARD et Maurice LABELLE.
Introduction et notes de Edmond ROBILLARD.
Ad Solem [Écrits newmaniens], Genève, 2007. (Page 396.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Au moment où des théologiens nombreux et compétents s’interrogent sur le devenir de l’Église catholique, et sur certaines positions très controversées du pape François
la parole de NEWMAN retentit avec une particulière vigueur. Il fait allusion, en effet, à la nécessaire loyauté au Siège Apostolique, et le questionnement des théologiens évidemment nous trouble car il est argumenté et semble aller à l’encontre de la recommandation de ce très grand esprit. Je dirai donc que je reste loyal au Siège Apostolique, mais que rien ne m’oblige à adhérer à des positions politiques, morales ou même théologiques du pape actuel lorsqu’elles sont prononcées sans engagement de l’infaillibilité. Je considère en effet que l’introduction de la mentalité philosophique moderne dans le traitement théologique des problèmes qui se posent à l’humanité nous conduit en effet là où le dit NEWMAN. Quand Jésus à renvoyé la femme adultère, il n’a pas parlé de PARDON. Il a simplement dit qu’il ne la condamnait pas, avec cette recommandation : Va et ne pèche plus ! Quand j’entends des voix chrétiennes dire que, ma foi ! ils comprennent qu’on arrête les soins prodigués jusqu’ici à Vincent LAMBERT, ceci dans l’étourdissant silence de quasiment tous nos évêques, je m’interroge ; que signifie l’ordre de Dieu ? Tu ne tueras pas ! (Il est vrai que l’archevêque de Reims a eu des paroles fortes et bienvenues sur cette question ; merci à Mgr de MOULINS-BEAUFORT !)
Nous avons besoin de pasteurs qui soient fermes dans leurs recommandations. Nous savons que notre chemin sur cette terre est plus semé d’épines que de roses. Et tant pis si madame TAUBIRA, madame SCHIAPPA, madame BUZIN ou d’autres nous traitent de ringards, de retardés, de rétro, de culs coincés. Il en va de la vérité. Elle ne se divise pas. Elle n'est pas une idée, mais une personne, et ça, les aveugles ne le peuvent voir !








samedi 4 mai 2019

Samedi 04 mai 2019 : Newman, Edith Stein et l'évangélisation



Dans mon billet d’hier, je vous annonçais que je donnerai un petit extrait de ce livre de NEWMAN. Il se situe dans le droit fil de ce que disais sur l’évangélisation des musulmans. C'est le premier billet de ce jour. Un autre sera consacré à une grosse poussée rhinomoutardière.
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DIEU DANS LA CONCEPTION
 MONOTHÉISTE.
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"[…], qu’on me permette de redire ici ce qu’est Dieu dans la conception monothéiste. Il est un être individuel, autonome, absolument parfait, immuable. Il est intelligent, vivant, personnel, présent. Il peut tout, voit tout, se rappelle tout. Entre ses créatures et lui, la distance est infinie. Il n’a pas de commencement et se suffit. Il a créé et soutient l’univers. Tôt ou tard, il jugera chacun de nous, d’après la loi du bien et du mal qu’il a inscrite dans nos cœurs. Il est un être qui a l’empire sur les œuvres qu’il a faites, qui opèrent en elles et reste indépendant d’elles. Toutes choses sont dans sa main : en tout événement il poursuit son dessein ; à toute action il fixe sa mesure. Aussi a-t-il des rapports très particuliers avec le sujet même de chacune des sciences inscrites au catalogue du savoir. Avec une énergie adorable et toujours agissante, il s’est lui-même engagé dans toute l’histoire de la création, la constitution de la nature, la marche du monde, l’origine de la société, la fortune des nations, l’activité de l’esprit humain. Il devient par là même, nécessairement, le sujet d’une science beaucoup plus vaste et beaucoup plus noble qu’aucune de celles qui sont comprises dans le cycle de l’enseignement profane."
In
John Henry NEWMAN.
L’idée d’université, définie et expliquée. Les discours de 1852. Traduction de Edmond ROBILLARD et Maurice LABELLE.
Introduction et notes de Edmond ROBILLARD.
Ad Solem [Écrits newmaniens], Genève, 2007. (Page 111.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il est très important de voir ici que NEWMAN ne parle pas des attributs du Dieu de Jésus-Christ, mais des attributs que toutes les religions monothéistes s’accordent à reconnaître à « Dieu » en général, un Dieu sans étiquette en quelque sorte : un juif, un musulman, un chrétien s’y retrouvent sans aucune espèce de difficulté. Il y a donc là un point de départ pour une véritable évangélisation laquelle consiste à montrer ce que Jésus vient nous révéler EN PLUS de son Père, le Créateur et qui fût resté inconnaissable par excellence, si le Fils n’était pas venu nous dire qui il était.
Dans la section suivante, je vous fais connaître un poème d’Édith STEIN, sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, co-patronne de l’Europe. Je l’ai trouvé sur le merveilleux site de PRIXM, site auquel je vous invite à vous inscrire pour en recevoir régulièrement le contenu. Pourquoi Edith STEIN ? Tout simplement parce que née dans une famille juive pratiquante, et quoique eut eu quelque répugnance à fréquenter la synagogue, elle a gardé cette acuité extraordinaire du regard et de l’intelligence des choses divines propres au judaïsme. C’est évidemment le poème d’une mystique qui a assimilé parfaitement les leçons de son Peuple et les a sublimées, épurées, passées au feu de l’Esprit.
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POÈME DE SAINTE THÉRÈSE BÉNÉDICTE DE LA CROIX.
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Obscure est la nuit du tombeau,
et pourtant l’éclat des plaies sacrées
traverse l’épaisseur de la pierre,
la soulève et la met de côté comme une plume ;
de l’obscurité du tombeau se lève
le corps ressuscité du Fils de l’Homme,
éblouissant de lumière, rayonnant de clarté.
Sans bruit, il sort de la grotte
dans l’aube naissante, paisible, d’une paix matinale,
Une brume légère couvre la terre ;
elle est maintenant traversée par la lumière, scintillante de blancheur –
et le Sauveur s’avance dans le silence
de la terre qui s’éveille à peine.
Sous ses pas divins
s’épanouissent des fleurs lumineuses que nul n’a jamais vues –
et partout où son vêtement effleure le sol,

la terre se met à briller d’un éclat d’émeraude.
La bénédiction coule de ses mains sur les champs et les prés,
elle jaillit abondante et limpide –
et dans la rosée matinale de la plénitude de grâce
la nature rayonne de joie et ovationne le Ressuscité
pendant qu’il s’avance en silence au-devant des hommes.
Edith Stein, Malgré la nuit, Ad Solem, 2002.



vendredi 26 avril 2019

Jeudi 25 avril 2019. Newman parle des publicistes et des journalistes.


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NEWMAN ET LES ESPRITS DITS "MODERNES".
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"À la vérité, les créations fantaisistes et bigarrées de cette nature [NEWMAN parle des productions des esprits demi-formés et superficiels ; on va voir qu’il vise beaucoup les journalistes] sont l’une des plaies majeures de notre temps, plaies  à laquelle des hommes de grands talents se sont immédiatement appliqués à chercher un remède. L’intellectuel, comme le monde l’entend aujourd’hui, est un individu qui a des « vues » sur tous les points de la philosophie et tous les problèmes de l’heure. On tiendrait pour honteux de n’avoir pas à une minute d’avis, une « vue » sur toute question, allant de l’Avènement du Christ en personne jusqu’au choléra ou au mesmérisme. Dans l’obligation où elles sont de répondre à la demande, les publications périodiques sont en grande partie responsables de cet état de choses. Chaque trimestre, chaque mois, chaque jour, il leur faut pourvoir un public qui s’y complaît d’idées nouvelles et lumineuses, sur la religion, la politique étrangère, la politique intérieure, l’économie politique, la finance, le commerce, l’agriculture, l’émigration et les colonies. Il faut aussi tâter de l’esclavage, des champs aurifères, de la philosophie allemande, de l’empire français, de Wellington, de Peel, de l’Irlande, et cela jour après jour : occupation de ceux que l’on appelle les penseurs originaux. L’invité d’un grand personnage doit y aller de ses bonnes blagues et de ses chansons au banquet du soir ; le tribun attend le plein jour pour exposer ses arguments à l’emporte-pièce ; le journaliste, lui, se voit dans l’obligation d’improviser ses vues lucides, ses idées maîtresses, ses petites vérités bien troussées à l’heure du petit déjeuner. Cette littérature des périodiques, servie à la petite colonne et réclamée à heure fixe, invite par sa nature même, à la pratique d’une philosophie improvisée. […]."
In
John Henry NEWMAN.
L’idée d’université, définie et expliquée. Les discours de 1852. Traduction de Edmond ROBILLARD et Maurice LABELLE.
Introduction et notes de Edmond ROBILLARD.
Ad Solem [Écrits newmaniens], Genève, 2007. (Page 49.)
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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J’imagine que beaucoup de mes lecteurs pourraient me faire le reproche que NEWMAN fait aux journalistes et/ou aux « intellectuel ». Cet homme parle de tout, diront-ils. Je ferai remarquer que, le plus souvent, je m’appuie sur des extraits d’œuvres produites par des esprits géniaux et qui ont laissé une trace in délébile dans l’histoire des arts, des lettres, de la politique ou de la religion. Si vous vous amusez à faire une analyse sémantique de mes propos, vous verrez que très souvent j’utilise les « peut-être », les « sans doute », les « il semble », qu’à de multiples reprises, j’ai critiqué les généralisations hâtives, et que je refuse obstinément de faire état d’informations ad hominem. Plusieurs fois, j’ai fait remarquer que le français (et quelques autres langues indo-européennes) a des articles définis et des articles indéfinis, et qu’il est abusif de déclarer, comme tant de journalistes le font : « Les enseignants contre la réforme Blanquer », quand il est possible de dire – ce qui est le cas – « Des enseignants » ou « De nombreux enseignants », ou encore « Les étudiants manifestent » alors qu’il s’agit d’une partie d’entre eux. On n’en finirait pas de souligner les biais introduits dans l’information par un mauvais usage de la langue. NEWMAN souligne aussi la pression qui pèse sur les médias, obligés de satisfaire une clientèle avide de nouveauté sans pour autant la faire réfléchir.
En fait la lecture de cet ouvrage subtil et majeur de NEWMAN me force à être beaucoup plus circonspect . C’est aussi la raison pour laquelle, dans les billets intitulés « Mes Chroniques », je m’abstiens de faire trop de commentaires et laisse à mes lecteurs le soin de se faire une opinion. Il est clair, toutefois, que dans l’ordonnancement des informations, il y a des rapprochements volontaires et que ces rapprochements ont par eux-mêmes une valeur d’information, et qu'il y a aussi un choix qui traduit mes préférences ou mes préoccupations du moment.
Bref, NEWMAN, en parlant de sa conception d’une université qui réponde à tous les critères objectifs du savoir à transmettre, et dans lesquels il inclut la théologie, pousse ses lecteurs à faire preuve de prudence et d’humilité quand ils émettent une opinion. Fasse le ciel que je remplisse ces conditions.



mardi 23 avril 2019

Mardi 23 avril 2019. John Henry Newman et les travers des faiseurs d'opinions !


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NEWMAN, SANS LE SAVOIR DÉPEINT, QUELQUES CARACTÈRES CONTEMPORAINS !
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"[…]. Est-il rien de plus courant que le spectacle d’adultes discutant de politique, de morale, de religion, de cette manière désinvolte, futile, que nous qualifions d’irréelle. Toute personne sensée qui les écoute pense à part soi, spontanément, qu’ils «ne savent pas de quoi ils parlent ». Des gens de cette espèce n’éprouvent, en conséquence, aucune difficulté à se contredire d’une phrase à l’autre ; ils ne s’en rendent d’ailleurs même pas compte. D’autres, par contre, ont une formation intellectuelle dont les carences sont plus difficilement percevables : ils affichent les plus malencontreuses lubies, comme on dit ; ou bien, ils ont des toquades qui leur font perdre toute l’autorité que leur conféreraient d’autres estimables qualités. D’aucuns ne peuvent jamais regarder droit devant eux ; ne saisissent pas le point ; n’éprouvent même pas le sentiment au milieu des grandes difficultés, qu’il existe des difficultés. Certains sont désespérément obstinés et prévenus ; vous les délogez de leurs positions et ils y reviennent l’instant d’après sans d’ailleurs se mettre en peine d’expliquer pourquoi. D’autres sont si extrémistes, si intraitables, que de tomber entre leurs mains est ce qui peut arriver de pire à la meilleure des causes. Le simple relevé des traits ici mentionnés prouve à l’évidence qu’une vue à vol d’oiseau sur l’humanité entière m’a fourni la liste des déficiences que je viens de signaler. Les Catholiques n’étaient pas les seuls visés. Dans n’importe quel wagon de chemin de fer, n’importe quel café, à la table d’hôte, partout où les gens de toute condition se rencontre, le mal que j’ai décrit s’impose à l’attention. Les Catholiques toutefois n’y sont pas moins exposés que le reste de l’humanité."
In
John Henry NEWMAN.
L’idée d’université, définie et expliquée. Les discours de 1852. Traduction de Edmond ROBILLARD et Maurice LABELLE.
Introduction et notes de Edmond ROBILLARD.
Ad Solem [Écrits newmaniens], Genève, 2007. (Page 44.)
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COMMENTAIRES.
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Je n’aurai garde de me mettre dans la catégorie des personnes sensées, dont le génial cardinal, converti de l’anglicanisme au catholicisme, reconnaît l’existence. Du moins m’efforcé-je de m’en tenir aux faits, y compris quand ils sont rapportés de manière différente par les médias, les seules sources hélas dont nous disposons pour accéder quelque peu à la connaissance (très imparfaite) des événements. J’ai par ailleurs toujours pensé qu’il est impossible d’enfermer un homme dans un acte ou une parole, parce que c’est tout simplement nier qu’il puisse changer, et, si c’est un criminel ou un grand pécheur, qu’il puisse être sauvé. Mais je ne m’interdis pas de commenter les propos et les articles des uns et des autres. Tout le problème consiste à ne pas tomber dans l’un des travers des grands et des moins grands, si bien décrits par NEWMAN. Si vous suivez les billets que j’intitule « Mes Chroniques » vous verrez par exemple que j’ai donné les liens de  nombreux articles contradictoires sur les causes possibles de l’incendie de Notre-Dame.
Parlons-en justement de Notre-Dame. Tout ce que l’on en dit doit être passé au crible de NEWMAN, et, comme on peut le constater, tombe sous l’un des couperets si joliment affûtés par lui.
Dans l’article dont je donne le lien ci-après, François BILLOT de LOCHNER fait une synthèse assez percutante de la  catastrophe de l’incendie ; il constate qu’il prend place dans un climat de profanation et de dégradation quasi quotidienne d’églises et il voit dans l’embrasement de notre joyau national une incitation à renouer avec la foi de nos pères. Il y a là des faits, et une exhortation. 
D’autres journalistes remarquent que ceux qui se moquaient des culs bénis sont tout de même un peu touchés par le drame.
Ils n’en voulaient plus, et ils versent maintenant des larmes de crocodiles :


Cette vidéo nous rappelle que la France n’est pas né en 1789.
Il y là une condamnation sans appel des changements subits d’opinion.

Et ce très bref entrefilet ne laisse pas de nous interroger. Mais le titre en est trompeur. Il n’y a pas interdiction, mais filtrage des informations à diffuser de la part des architectes des monuments historiques.
C’est que les pouvoir publics ne voient pas le point, l’essentiel.

Dans cette vidéo, un pan de la vérité sur la probité des médias est levé par Frédéric TADDEI.

Je trouve très juste que NEWMAN souligne l’universalité des travers qu’il dénonce avec tant de précision. Les catholiques y tombent aussi. Raison de plus pour peser ses propos, et reconnaître que l’on peut se tromper. Il y a des efforts à faire, y compris de ma part. Je vais m’y  mettre.

lundi 14 mai 2018

Dimanche 13 mai. Nouvelles du pari bénédictin. Conseils pour échapper à la décomposition de l'Europe !


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Au lieu d’un château-fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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1. UN CONSTAT ANCIEN, TRÈS ANCIEN, MAIS TOUJOURS D’ACTUALITÉ.
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"L’Europe d’aujourd’hui fait pitié aux hommes d’esprit et horreurs aux hommes vertueux ; et quand ceux que la société a institué ses défenseurs deviennent ses oppresseurs et ses tyrans ; quand il suffit d’un colonel, d’un régiment, et de quelques heures pour détruire une royauté, une religion et une nation de tant de siècles, quand les hommes, dont on sait le nom et la demeure, et des écrits avec noms d’auteur et d’imprimeur, peuvent impunément applaudir à de pareils excès et sans doute en conseiller et en diriger les auteurs ; l’Europe ne peut plus se débattre dans les horreurs d’une longue agonie, et si ce n’est la fin du monde qui approche, c’est la fin de la société… Et si l’imagination vivement excitée par un si grand et si affreux spectacle, l’imagination qui aime à s’élancer dans les profondeurs de l’avenir, demandait à la société si elle n’a pas eu le sentiment de sa fin ; et à la religion dépositaire des destins du monde, si elle n’en a pas averti ses enfants, peut-être dans ces prédictions mystérieuses où a été consignée il y a dix-huit siècle l’histoire des temps qui devaient suivre trouverait-elle l’histoire symbolique des temps qui sont arrivés. […]."
In
Vicomte de BONALD.
Mélanges littéraires politiques et philosophiques. Tome second. [Chapitre De l’émigration. Pages 386-387.]
Librairie d’Adrien Le Clère, Paris, 1854.
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2. REPONSE CONTRAPUNTIQUE DE NEWMAN.
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 « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde »

"Commencez dès maintenant, en ce saint temps de Pâques, votre résurrection avec le Christ. Voyez comme il vous tend la main ! Il ressuscite ; ressuscitez avec lui ! Sortez du tombeau du vieil Adam, abandonnez vos préoccupations, les jalousies, les soucis, les ambitions du monde, l'esclavage de l'habitude, le tumulte des passions, les fascinations de la chair, l'esprit froid, terre à terre et calculateur, la légèreté, l'égoïsme, la mollesse, la vanité et les manies de grandeur. Efforcez-vous désormais de faire ce qui vous paraît difficile, mais qui ne devrait pas, ne doit pas être négligé : veillez, priez et méditez... 
Montrez que votre cœur, vos aspirations et toute votre vie sont avec votre Dieu. Réservez chaque jour un peu de temps pour aller à sa rencontre... Je ne vous demande pas de quitter le monde, ni d'abandonner vos devoirs sur cette terre, mais de reprendre possession de votre temps. Ne consacrez pas des heures entières aux loisirs ou à la vie en société, alors que vous ne consacrez que quelques instants au Christ. Ne priez pas uniquement quand vous êtes fatigués et au bord du sommeil ; n'oubliez pas complètement de le louer ou d'intercéder pour le monde et pour l'Église. Conduisez-vous selon les paroles des Saintes Écritures : « Recherchez les réalités d'en-haut ». Montrez votre appartenance au Christ, car votre cœur « est ressuscité avec lui » et « votre vie est cachée en lui » (Col 3,1-3)."
In
John Henry NEWMAN (1801-1890)
« Rising with Christ » vol. 6, n°15 (Site de l’Évangile au quotidien.)
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3. COMMENTAIRES.
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Je me dois de vous expliquer le lien qui existe entre ces deux extraits. BONALD, en plein XIXe siècle a prophétisé la décadence civilisationnelle et morale de l’Europe. Il en a vu l’origine dans le refus de notre société politique de considérer le message évangélique. Ce n’est pas le lieu de discuter ici du fait de savoir si ce refus est lié à la chute de la monarchie. Je ne le crois pas. Ce refus est lié à une évolution de l’anthropologie qui a vu l’homme s’ériger en constructeur de lui-même, en grand refuseur de sa condition de créature.
Il est tout à fait évident que l’Europe, telle que nous l’impose une camarilla d’élites, qui trouve son propre intérêt financier et social dans la promotion de toutes les aberrations sociétales possibles et imaginables, est rentrée en pleine décomposition (Cf. les grandes offensives menées au Parlement européen pour abolir tout ce qui a trait à la différence des sexes, à la grandeur de la sexualité humaine, au respect de la vie ; Cf. les menaces qui pèse sur la Pologne, la Hongrie, voire l’Autriche, dont les gouvernants, régulièrement élus par leur peuple, s’opposent à ces décisions, orientations et directives européennes mises en musique par l’imbécile [devinez qui !])
John Henry NEWMAN donne aux parieurs bénédictins d’excellents conseils pour échapper aux griffes matérialistes et anti-spirituelles de cette entité qui ose s’appeler union européenne, la plus grande duperie commerciale et tyrannique de ce début de XXIè siècle. Prier pour le monde, fuir les vaines agitations mondaines, la consommation à outrance, l’obsolescence programmée aussi bien des modes que des objets usuels, voilà la voie. Comme le disait un théologien que j’ai eu la joie d’entendre il y a peu, plus on s’éloigne du péché (rupture de l’alliance entre Dieu et sa Création), plus nous sommes libres !
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4. LIENS UTILES.
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Décadente Europe ! Tout est prévu, codifié, huilé, depuis des décennies !


J’adhère totalement ! En finir avec « BRUXELLES » et ses imbéciles !


La scène se passe en Chine, un pays que j’aime et qui me fascine par sa longue histoire.


Livre prometteur et intéressant du Père JOURDAN. 

Nuancé et juste !


Edwy se prend les pieds dans le tapis !


Ils ne veulent pas qu’on donne son nom à un établissement scolaire !

Décadence du jugement !


Puisse-t-elle avoir raison !