mardi 22 juillet 2008

Le vrai visage des socialistes français

J'ai suffisamment critiqué monsieur LANG, il y a plus d'un an, pour saluer ici son courage. Il reste un opposant déterminé à la politique du gouvernement, et il le dit - ce qui est tout à fait son droit - mais il estime que la réforme de la constitution va dans le bon sens et il le dit. Je partage tout à fait l'avis de Frédéric LEFEBVRE, le porte-parole de l'UMP ; il estime que celui qui a trahi la gauche, ce n'est pas Lang, c'est Hollande. Encore attaché au forme de courtoisie, j'aurais préféré que Frédéric LEFEBVRE fît précéder les patronymes soit d'un prénom soit d'un monsieur. Mais on ne peut pas tout avoir. Du reste, le porte-parole se rattrape ; il ajoute en effet que la chasse à l'homme lancée contre Jack Lang par une direction finissante au PS, qui n'a même pas le courage de tirer les conséquences de son échec sur toute la ligne, est inquiétante. Il est bon de rappeler que 17 députés socialistes partageaient l'avis de monsieur LANG ; ils ont été contraints de voter contre leur conscience. En somme, les soucis politiciens ont prévalu contre l'intérêt général et la démocratie. Frédéric LEFEBVRE continue : Cela s'appelle du terrorisme intellectuel. Pour y avoir résisté, M. Lang serait conduit vers la sortie.
Monsieur DRAY, lui, n'y va pas par quatre chemins : Il n'a plus sa place dans notre famille. Monsieur DRAY a une curieuse manière de concevoir la famille. Souffrez que je vous narre un petit incident qui commence à dater mais qui illustre assez bien le fonctionnement intellectuel de ce terrible censeur. Nous sommes en automne 1991. L'Association Frères des Hommes est mal en point et perd 2 millions de francs par an. Cette ONG n'a ni attache politique ni attache confessionnelle ; son but est de participer à des opérations d'urgence (catastrophes naturelles), à des opérations de promotion de la recherche médicale, à des actions de solidarité internationale. Recruté comme directeur de la Communication, monsieur Claude DENREY, proche de monsieur Jean-Luc MELANCHON et animateur de la Nouvelle (!) École Socialiste [NSE], fait entrer au Conseil d'Administration quatre de ses amis politiques. Créées comme par hasard dans l'année qui est celle du renouvellement du Conseil d'Administration de l'Association, 5 équipes locales de Frères des Hommes, Massy, Lons-le-saunier, la Roche-sur-Yon (3 départements où les fédérations socialistes sont dirigées par des membres de la NSE), Créteil-Thiais, et Verneuil arrivent à l'Assemblée Générale avec une centaine de mandats, dont 36 viennent d'adhérents de la NSE des messieurs DRAY et MELANCHON. Ces messieurs débarquent l'ancien bureau et prennent le pouvoir. Désormais l'Association est dirigée par une équipe de 7 personnes, dont 5 de la NSE, laquelle fusionne avec le courant de Marie-Noëlle LIENEMANN et devient la Gauche Socialiste. Bien entendu, le nouveau bureau nie toute accusation de putsch. Et, utilisant les manoeuvres bien connues de diversion, prétendent que l'Association n'utilisait pas ses 20 millions de budget annuel pour des actions de solidarité vis-à-vis du tiers-monde, mais 3 millions seulement, oubliant qu'une partie des fonds était versé à une Association européenne. Cette présentation est bien entendu biaisée, puisque l'objet de ladite Association n'est pas exclusivement le tiers-monde. Mais quand on se dit socialiste, il faut faire du social et le montrer. Messieurs DRAY et MELANCHON se sont fait une belle virginité d'hommes charitables en évinçant madame DIGEON, la Présidente. En outre deux employés, dits en fin de mission ont été renvoyées, un autre a démissionné.
Nous n'avons pas de leçons de morale à recevoir de ces gens prêts à tout pour arriver à leurs fins et assouvir leur goût du pouvoir. Monsieur LANG doit rester au PS, et monsieur HOLLANDE le quitter au plus vite.

lundi 21 juillet 2008

La démocratie selon Arnaud Montebourg

Monsieur MONTEBOURG est un grand démocrate. Il estime que les amoureux de la démocratie ont été dédaignés pour une réforme des institutions qui entérine et constitutionnalise une forme de monocratie.
Si monsieur MONTEBOURG avait été chargé de la réforme, il eût sans aucun doute procédé autrement. En effet, pourquoi donner au peuple un droit d'initiative au Référendum ? Et pourquoi faudrait-il limiter l'usage de l'article 49.3 de la Constitution ? Et pourquoi faudrait-il encore que le parlement puisse maintenant établir AVEC le gouvernement l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée ? Et pourquoi donner au Parlement le droit d'entériner ou de retoquer les propositions de nomination des hauts fonctionnaires de l'Etat ? Tout cela pue la monocratie, en effet, et marque bien le dédain que l'on a porté à ses amoureux. Il était bien plus intéressant de garder pour les Députés le droit de faire les lois qui intéressent le plus la vie des citoyens, bien mieux de faire passer en force des lois impopulaires, bien plus reposant de laisser au seul gouvernement le soin de fixer l'ordre du jour des travaux, et encore mieux, de laisser au seul Président le soin de nommer les hauts fonctionnaires.
Si monsieur MONTEBOURG avait été chargé de réformer la Constitution, il l'eût réduite à deux articles essentiels.
Article 1. Le parti socialiste est le seul qui soit apte à gouverner le pays. C'est la raison pour laquelle le pouvoir lui revient de droit.
Article 2. Si le parti socialiste est battu aux élections présidentielles et législatives, on est prié d'appliquer l'article un.
L'argumentation de monsieur HOLLANDE ne vaut guère mieux : Trop peu et trop tard. C'est effectivement le discours d'un amoureux rebuté. Le pauvre ! On ne lui a pas accordé ce qu'il demandait en matière de représentation des collectivités territoriales au Sénat. On voit bien pourquoi il demandait cette inepte modification ; c'est tout simplement pour rendre possible l'avènement d'une majorité de gôôôôche au Sénat. Ainsi, il eût été possible d'appliquer la réforme de monsieur MONTEBOURG. Mais le propre d'une Chambre Haute qui représente ces collectivités est précisément de tempérer les excès auxquels une Chambre Basse, entraînée par ses succès, pourrait être poussée. Des excès ? On a vu ce qu'il en était avec le fameux monsieur LAIGNEL et son grand service laïc unifié de l'éducation. Le Nain Sectaire (ainsi l'appelait-on) n'a réussi qu'à faire démissioner monsieur SAVARY, un fort honnête homme, et mettre sur le pavé plus de 2 millions de Français scandalisés par cette violence froide. De même avec monsieur Paul QUILES (Robespaul pour les intimes) qui voulaient que des têtes tombent. Tout cela est minable, loin des préoccupations des Français, politicien. Et les bigorneaux ne sont pas près de disparaître. Heureusement, la réforme est votée. Exit les diatribes de monsieur MONTEBOURG (Montebourde pour les proches).

dimanche 20 juillet 2008

Le crime de Sylvain Gouguenheim

Sylvain GOUGENHEIM est un criminel. Et ceux qui le condamnent sans avoir lu son livre ont mille fois raison. Le crime ? Jugez plutôt : il a osé dire qu'ARISTOTE n'avait pas été transmis à l'Occident par le seul et très grand AVERROES, et traduit exclusivement par des auteurs arabo-musulmans. AVERROES en fut, certes, un très habile et talentueux commentateur. Mais il a existé une autre filière dans cette transmission du philosophe grec. Elle passait par BYZANCE et la SICILE, et trouva son épanouissement au MONT SAINT-MICHEL qui hébergeait un atelier de copistes. Il ose rappeler qu'il y eut une renaissance carolingienne antérieure à l'Islam des Lumières (qui fleurit entre le IXe et le XIe S.), et que les traducteurs arabes d'ARISTOTE étaient des chrétiens syriaques.
Levée de boucliers de nos terroristes intellectuels. Le 28 avril, une pétition signée par 200 personnes (anciens élèves de l'École Normale Supérieure de Lyon, enseignants de ladite École, personnel universitaire divers, et l'inénarrable et incontournable FSU, [mais oui, même si on se demande ce qu'un syndicat fait ici]), accuse Sylvain GOUGENHEIM d'avoir commis au minimum une faute qui procède d'un grave manquement aux principes fondamentaux de la déontologie universitaire pour n'avoir à aucun moment, dans aucun lieu collectif, fait état de sa recherche en cours.
Quelques temps après, c'est au tour de Libération d'héberger les aigreurs de quelques chercheurs en quête de public. On les y voit faire étalage de leur stupeur. Le 5 mai, Télérama attaque l'hérésiarque ; il est accusé de couver un répugnant dessein, celui de réduire à néant la notion même d'arabité.
Sylvain GOUGENHEIM, accusé par des incapables de n'être ni helléniste ni arabisant, vilipendé par des ignorants qui n'ont même pas lu son livre (ainsi de monsieur Claude ZANCARINI qui a fait circuler la petition à l'ENS de LYON) se voit encore reprocher d'être sorti de son domaine pour des raisons idéologiques évidentes. Il interrompt ses cours, profondément affecté par ces attaques. Il a eu beau s'entourer des conseil de Rémi BRAGUE, un helléniste de haute volée, de Dominique URVOY, un fin connaisseur de la pensée arabe et islamique, ou encore de René MARCHAND, un arabisant connu pour ses essais, rien n'y fait. Rémi BRAGUE est chrétien, René MARCHAND est gaulliste et s'inquiète de la progression de l'Islam en Europe, cela suffit à les disqualifier. Jacques LE GOFF, (qui fut marxiste), outré par ces attaques honteuses, soutient l'accusé, même s'il reconnaît quelques imperfections à son ouvrage. Et, le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un enseignant, Sylvain GOUGEHNHEIM l'a reçu de ses élèves scandalisés par ces attaques. Eux, ils savent mieux que ces ignobles les mérites de leur professeur.
J'ai eu l'occasion de faire connaissance sur place d'une promotion d'élèves de l'ENS de LYON. Le Comité National d'Evaluation m'avait demandé de procéder à une étude approfondie du Magistère de Biologie dispensé dans cette école. Cadre splendide, professeurs de premier niveau, élèves pétillants d'intelligence, de bienveillance, d'humour et d'esprit. Je suis navré de voir que dans cette école prestigieuse, il y ait eu quelques esprits assez bas pour attaquer ainsi un de leurs collègues. Rassurons-nous, ce ne sont ni les meilleurs ni les plus connus.
Il s'agit maintenant de faire quelques remarques sur le fond de ces ineptes critiques.
Depuis quand un chercheur doit-il faire état de sa recherche devant ses pairs ? Depuis quand est-ce une faute ou un manquement à la déontologie universitaire que de ne le point faire ? Qui sont ces masques et ces mesquins qui n'ont sans doute jamais présenté quoi que ce soit dans ces lieux collectifs ? J'ai trente cinq ans de recherches scientifiques derrière moi. La seule obligation qui m'ait été faite, et c'est bien normal, était de présenter tous les ans un rapport d'activité. Il ne m'a jamais été demandé de justifier mes choix de recherche devant qui que ce soit, et surtout pas une de ces instances collectives, dont on sait ce qu'elles valent !
Que signifie vraiment arabité pour ces gens qui passent leur temps à fustiger le racisme quand il s'agit de défendre notre propre identité culturelle, mais s'offusquent que l'on puisse poser une vraie question : quelle est la part exacte des arabo-musulmans dans la transmission des auteurs grecs à l'Occident ? Ces vigilants gardiens de la doxa de gôôôôche, trouvent-ils indécents que l'on pose la question que voici : Les arabes ont eu accès aux auteurs grecs ; c'est indéniable. Pourquoi n'en n'ont-ils pas fait le même usage que les Européens ?
Et je vais risquer une interprétation personnelle. Il se pourrait que toute cette cabale ait été montée sur la présomption suivante : Sylvain GOUGENHEIM est peut-être d'origine juive. Dans ce livre, en tout cas, on veut le présenter comme un ennemi des Arabes parce qu'il interroge les idées reçues sur leur réelle implication dans la diffusion de la philosophie grecque en Occident. Donc il est sioniste. Eh bien, les vrais racistes, chers lecteurs, ce sont ces ignobles qui n'osent pas expliquer ce qu'ils entendent par raisons idéologiques évidentes.
Alors, et pour terminer, quelques éléments factuels. Il existe un très grand philosophe musulman, MISKAWAYH (dont je possède les oeuvres dans ma bibliothèque). Il a repris à son compte, et fort bien, une partie de la philosophie spéculative d'ARISTOTE. Et il a été le disciple d'un non moins grand philosophe arabe, YAHIA IBN'ADI, qui était aussi un théologien monophysite jacobite, un chrétien par conséquent. YAHIA est né à TAKRIT en 893 et il est mort fort âgé, à BAGDAD, en 974. C'est lui qui a transmis à MISKAWAYH tout ce qu'il savait de la métaphysique d'ARISTOTE. Et il a transmis ce trésor à un autre disciple, chrétien celui-là, IBN ZUR'A.
Voyez-vous, je n'ai pas lu le livre de Sylvain GOUGENHEIM, mais à la différence de ces messieurs les talons rouges aux petits pieds, je me suis intéressé à cette question depuis fort longtemps, et je vous donne ici un renseignement qu'ils n'étaient probablement pas en mesure de vous faire connaître. Je ne suis ni helléniste ni arabisant. Simplement un honnête homme qui cherche la vérité et pour ce faire en prend les moyens.

La trahison des clercs...

Ce n'est pas ainsi qu'on redonnera à l'Université française une place qu'elle n'aurait dû quitter : celle de l'excellence. Voici une historiette qui illustre la corruption des esprits qu'a introduit dans l'Alma mater l'idéologie égalitariste.
Une bonne Université parisienne doit pourvoir un poste d'Attaché Temporaire d'Enseignement et de Recherche, en philosophie. A ce poste, deux candidates. L'une a 28 ans, est agrégée de philosophie, normalienne, lauréate de la Société des Amis de Gaston Bachelard pour les remarquables travaux qu'elle a conduit sur ce penseur ; elle a organisé des colloques, y a publié, a été membre de l'équipe éditoriale d'une excellente revue de philosophie politique ; l'autre candidate a 32 ans ; elle n'est ni agrégé, ni normalienne, et n'a strictement rien publié, mais elle est une maman célibataire.
La Commission de spécialité a élu la deuxième, et non la première de ces deux candidates. Je ne doute pas un seul instant que ses membres aient pris cette décision en leur âme et conscience. Je dis simplement qu'ils n'ont pas rempli la mission que leur a confié la nation, et qui est de porter au plus haut niveau les connaissances et leur transmission en choisissant pour ce faire les meilleurs enseignants et chercheurs. L'Université, en effet, n'est pas chargée de faire de l'assistanat social. Et je trouve désolant que Marie, ma filleule, en soit réduite pour achever une thèse très prometteuse, à faire le secrétariat à mi-temps du laboratoire auquel elle est rattachée.
Cette décision témoigne encore une fois de la corruption des esprits, amenés à mélanger les genres, et incapables de voir l'intérêt général, aveuglés qu'ils sont par le sort de ceux qu'ils appellent "les plus démunis", par opposition, je suppose, aux "moins démunis", au nom d'un socialisme qu'aurait certainement renié JAURES. Encore dix ans de ce régime, et nous n'aurons plus d'Université digne de ce nom.
Dans un billet que je prépare pour ce soir, je vous parlerai d'un autre scandale intellectuel, une cabale montée par des médiocres et, pour certains des incapables, contre un historien qui dit la vérité.

mercredi 16 juillet 2008

Je vous laisse en compagnie de mon cher Gustave

Je m'absente quelques jours et reprendrai mes billets le 20 juillet. Mais avant de me taire, je vous livre une pensée de Gustave THIBON en compagnie duquel je vous laisse donc pour quelques jours.
Mieux vaut faire la cuisine avec une âme de saint que des actes de saint avec l'âme d'un cuisinier.
Il ne faut pas voir là un quelconque mépris de ce beau métier de cuisinier, mais seulement l'idée qu'il n'y a pas de bonne cuisine sans dosage équilibré des ingrédients. Or la sainteté n'a pas de mesure. C'est une folie qui échappe au calcul.
A dimanche.

lundi 14 juillet 2008

Quand une baudruche se dégonfle...

Quand une baudruche se dégonfle, elle s'empresse d'en faire enfler une autre. A ce jeu là, je crains que les poumons de Ségolène ne prennent un vilain coup. Déjà, pour ce qui concerne les cambriolages de son appartement, elle a dû en rabattre. On a de sérieuses raisons de penser que le premier a été commis par une jeune yougoslave âgée de 23 ans, fichée bien après ce délit, pour de multiples vols. Quant au second, on s'achemine vers un dénouement qui remplira l'ex-candidate de confusion, et la poussera à présenter ses excuses pour calomnies, diffamation et insinuations sans preuves. On a retrouvé les empreintes exploitables de deux individus qui sont en cours d'identification et qu'on retrouvera bientôt.
La baudruche des cambriolages ayant rendu l'âme, il faut en gonfler une autre, attiser la haine d'une partie des Français contre l'autre, par tous les moyens ; elle enfile des mots creux comme on enfile des perles. Souffrez que je vous cite quelques propos de Ségolène, tenus après le défilé du 14 juillet.
Je dénonce l’intolérable épreuve infligée à tous les Français et à nos forces armées républicaines contraintes de défiler devant la présence inadmissible de Bachar al-Assad, présent à la tribune officielle du 14 juillet, jour de fête pour les libertés républicaines.
Quelle envolée ! Quel style ! Ainsi, il est possible en France de défiler devant une présence ? Voilà un curieux emploi de ce verbe d'action. Poursuivons
Après la visite de Kadhafi, un autre dictateur retrouve ainsi une crédibilité internationale sans aucune contrepartie : ni regret pour les soldats français massacrés au Drakkar, ni Tribunal international pour l’assassinat de Rafic Hariri, ni reconnaissance de la souveraineté du Liban.
Napoléon, qui s'y connaissait en la matière, disait qu'on peut tout faire avec des baïonnettes (ce dont nous avons eu ce matin une éblouissante démonstration avec le quadrille qui portaient ce nom) sauf s'asseoir dessus. Il s'agit là d'une conclusion qui accorde les données de la physique du solide à celle de l'histoire diplomatique.
Madame ROYAL doit avoir des trous de mémoire. Monsieur MITTERRAND qui fut son idole (ce qui agaçait prodigieusement Claude ALLEGRE) avait quand même bien dit, au début de la guerre d'Algérie que la seule négociation c'est la guerre - il était alors Ministre de l'Intérieur -avant de se raviser et de ne point s'opposer aux accords d'Evian signés par le Général de GAULLE, en dépit des atrocités commises par le FLN chez les pieds-noirs. Voilà donc réglé les cas de monsieur MITTERRAND et du Général. Sans parler de l'interdiction de survol aux avions américains qui allaient bombarder la LYBIE du colonel KHADAFI, décidée par le premier, qui montrait par là une fâcheuse indulgence pour le dictateur par elle vilipendé.
Et pourtant madame ROYAL persiste :
Je suis convaincue que ni le Général de Gaulle, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac n’auraient laissé la France payer ce prix d’une mise en scène humiliante.
J'ignorais que le défilé du 14 juillet fût une mise en scène. Ce que je sais c'est que la décision du LIBAN et de la SYRIE d'échanger des ambassadeurs est une reconnaissance de la souveraineté du LIBAN par la SYRIE. Madame ROYAL, ou bien feint de ne pas comprendre, ou bien ment, ou bien ne comprend rien à la psychologie collective qui reconnaît l'importance symbolique d'un tel échange, car on ne peut entretenir des relations diplomatiques avec soi-même. Dans tous les cas, madame ROYAL est nulle. Et elle affaiblit encore son pays en déniant à son Président un succès qui grandit la France tout entière. Monsieur DELANOE lui, n'a pas eu ces mouvements stupides du menton. Il est venu, car invité ; il a considéré que c'était normal d'être présent. Le Ministre des Affaires Étrangères, du reste, lui a donné l'accolade. Et monsieur DELANOE n'a pas été obligé d'aller serrer la main à monsieur BACHAR EL ASSAD.
Il est tout à fait vraisemblable que la Syrie a été impliquée dans l'attentat du DRAKKAR, mais on n'a jamais pu le prouver. Les services syriens ont été plus habiles que les nôtres dont deux agents se sont fait prendre la main dans le sac après avoir coulé le Rainbow Warrior et provoqué la mort d'un homme. Ce qui, à une moindre échelle certes, n'est guère plus recommandable. Mais le commanditaire s'appelait François MITTERRAND ; et Dieu est saint. Et il a même eu le droit de pratiquer 3.000 écoutes téléphoniques illégales pour protéger sa vie privée, sans que Ségolène s'en émeuve. C'est une forme subtile de cambriolage, un cambriolage prouvé, et qui a été (mollement) poursuivi ; il fut conduit à des fins personnelles ET politiques.
Nous déplorons la mort de nos soldats dans l'attentat du DRAKKAR. Nous condamnons les dirigeants de la SYRIE d'alors pour ce crime odieux dont ils furent les très probables instigateurs. Nous n'oublions pas, surtout pas, et nous n'avons sans doute pas épuisé toutes nos ressources pour venger ces disparus. Peut-être même est-ce fait. Nous pouvons espérer maintenant que le timide dégel entre le LIBAN et la SYRIE se poursuive par des négociations et des accords plus substantiels entre toutes les parties du conflit qui ensanglante le Proche-Orient. Ainsi, la mort de nos soldats n'aura pas été inutile.
Madame ROYAL aurait mieux fait de se taire. L'enflure ridicule de ses propos n'a d'égale que l'enflure de son ego. Pourvu qu'elle ne soit pas désignée comme premier secrétaire du PS. Pourvu ! Mais quand une de ses baudruches se dégonfle, elle se dépêche d'en faire enfler une autre, et l'on aura du mal à débarrasser la scène politique de cette encombrante virago.

dimanche 13 juillet 2008

Crépuscule

Le soir tombe, et le soleil sombre à l'occident. Je viens de retrouver un livre que j'ai relié : le tome deuxième des oeuvres de LAMARTINE. J'avais acheté au poids ces livres sur un marché de SALINS LES BAINS dans le JURA. Une association charitable essayait de trouver des fonds pour ses oeuvres. Ces livres étaient des originaux. Au poids !
Je l'ai ouvert. Oh merveille ! Voici, tiré des Nouvelles Méditations Poétiques, les premières strophes, superbes, de la Première Méditation, dédiée à M. A. de V.*** et intitulé LE PASSE.
Arrêtons-nous sur la colline,
A l'heure où, partageant les jours,
L'astre du matin qui décline,
Semble précipiter son cours.
En avançant dans sa carrière,
Plus faible il rejette en arrière
L'ombre terrestre qui le suit ;
Et de l'horizon qu'il colore
Une moitié le voit encore,
L'autre se plonge dans la nuit.
C'est l'heure où, sous l'ombre inclinée,
Le laboureur dans le vallon,
Suspend un moment sa journée,
Et s'assied au bord du sillon :
C'est l'heure où, près de la fontaine,
Le voyageur reprend haleine,
Après sa course du matin ;
Et c'est l'heure où l'âme qui pense
Se retourne, et voit l'espérance
Qui l'abandonne en son chemin.
[...]
Levons les yeux vers la colline
Où luit l'étoile du matin.
Saluons la splendeur divine
Qui se lève dans le lointain.
Cette clarté pure et féconde
Aux yeux de l'âme éclaire un monde
Où la foi monte sans effort.
D'un saint espoir ton coeur palpite ;
Ami, pour y voler plus vite,
Prenons les ailes de la mort.
Etc.
Il s'agit là d'un poème magnifique. J'en admire la musique et le rythme, et, même si je ne suis pas sûr que les ailes de la mort soient le meilleur moyen d'arriver à la félicité que suggère la vue de l'Etoile du Matin (la planète Vénus), j'en apprécie la douce mélancolie, et la musique sublime, si caractéristique de la langue française. Alfred de VIGNY, à qui ce poème fut vraisemblablement dédié, a dû en savourer la mélodieuse nostalgie.
Que la nuit vous soit douce et bonne. Et que les anges vous bercent de leurs célestes cantiques.