mardi 31 juillet 2012

Commentaires sur la lettre à Manuel Valls

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Vous avez remarqué, du moins ceux qui ont lu ou parcouru la lettre qu'a envoyée madame ALAMACHERE à Manuel VALLS, que je me suis abstenu de la commenter. Pour toutes sortes de raisons d'ailleurs, que je vais m'efforcer de vous expliquer.
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Il y a des raisons de forme, tout d'abord. Certains passages de cette lettre me paraissent inutilement agressifs et, pour cette raison, perdent de leur force démonstrative. Mais c'est la règle du genre, et je confesse qu'il m'est arrivé, plus souvent qu'à mon tour, de tomber dans ce travers. Mais en rester à la forme, c'est ignorer le danger auquel nous expose une certaine expression de la pratique musulmane.
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Il y a des raison de fond, ensuite.
(a) Dans cette lettre, du reste assez bien informée, il est fait allusion au passé. L'allusion est souvent trop générale. Mais elle est juste. Rappelez-vous le procès en politiquement incorrect que l'on a fait à Sylvain GOUGENHEIM. Il avait eu le front de soutenir, preuves à l'appui, que les philosophes arabes médiévaux du Moyen-Orient n'avaient pas joué le rôle qu'on leur prête avec complaisance dans la redécouverte d'ARISTOTE, et que des monastères, comme celui du Mont Sain-Michel avait été des acteurs infiniment efficaces dans cette renaissance de la pensée grecque en Occident. J'ai du reste rédigé un billet sur ce sujet et je rappelais que plusieurs penseurs musulmans arabes ont eu pour maître des penseurs chrétiens arabes à qui revient justement la propagation des ouvrages d'ARISTOTE. Manuel VALLS se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à la clavicule en reprenant à son compte un préjugé dépourvu des nuances factuelles indispensables à la compréhension du passé. Attribuer à la brillante civilisation musulmane de CORDOUE des mérites indus en donnant l'impression que la chrétienté de l'époque était ignare et arriérée est une imposture intellectuelle de première grandeur. Elle a commencé avec la haine du christianisme développée par tous les imbéciles (au sens de BERNANOS) qui ont présidé aux destinées de la France depuis le début du XXe siècle. Les imbéciles, hélas, sont féconds.

(b) Il est fait également allusion à des faits contemporains précis dont la signataire de la lettre et monsieur VALLS ont été les témoins directs, et que la presse bien-pensante de gauche n'a pas évoqués. Voilà qui me paraît beaucoup plus grave. Je regrette simplement que la signataire donne l'impression d'assimiler musulmans et arabes : tous les arabes, en effet, ne sont pas musulmans, et ils payent souvent de leur vie leur attachement à Jésus. J'en ai parlé. Tous les musulmans ne sont pas arabes. Et, à mon avis, leurs intégristes constituent un vivier au moins aussi dangereux que celui formé par les suppôts arabes d'AL-QAIDA.

(c) Et puis il y a, selon moi informulé, le douloureux constat que nous vivons dans une situation politique schizophrène quant aux rapports des religions et des pouvoirs publics, des rapports marqués du sceau assez fragile de la laïcité. Dans un autre billet, je tâcherai de vous démontrer que le projet de laïcité n'est que le symétrique optique du projet d'une imaginaire Cité de Dieu, pensée et voulue par des monarques plus soucieux de leur gloire que de celle de leur Créateur. Nous avons aujourd'hui les monarques que nous méritons.
Bref, la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte. Voilà qui est clair, en apparence. Il n'y a pas trente-six solutions pour donner de l'épaisseur à cette ambition. La première consiste à appliquer à la lettre le principe et à interdire à quelque ministre que ce soit de participer de près ou de loin à des manifestations religieuses. Neutralité stricte par conséquent. La seconde est une solution relativiste. Elle consiste à considérer que toutes les "religions" se valent, à tolérer leur expression dans l'espace public, à ne pas intervenir dans celle-ci (pas de lois, pas de décrets, pas de règlements, rien sur le foulard islamique, rien sur la burqua, rien sur les turbans sikhs, rien sur les croix portées par les jeunes dans les collèges et lycées, pas de législation sur les sectes, pas de MILIVUDE [je crois que c'est l'abréviation de cette mission interministérielle qui enquête sur les sectes], simplement une vigilance quant au respect de l'intégrité psychique et physique des adeptes et il y a des lois qui sanctionnent ces abus). La troisième, la seule qui me semble raisonnable, consiste à reconnaître que la France est un pays de tradition, de culture et de moeurs chrétiennes, de le reconnaître (Ah ! JOSPIN ET CHIRAC et leur refus d'inscrire les origines chrétiennes de l'Europe dans le Traité constitutionnel, alors que c'est une évidence historique ! Ils ont commis une erreur impardonnable) et d'en tirer les conséquences juridiques (pas de prénoms étrangers pour des jeunes nés en France de parents étrangers, pas de polygamie, pas de burqua ni de foulards, pour cette raison-là, pas d'excision, etc. ; seule cette reconnaissance donnerait un fondement juridique à de telles interdictions).
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Il me semble que CONFUCIUS a bien compris l'importance de la Tradition. Ne dit-il pas (Entretiens, Livre II, section 11 ; traduction du Pr Anne CHENG) : "[...] : le bon maître est celui qui, tout en répétant l'ancien, est capable d'y trouver du nouveau". Je reviendrai sur cette maxime dans un très prochain billet. Je suggère à messieurs les ministres de lire, relire, méditer ce sage dont ils ont beaucoup à apprendre.
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C'est tout pour aujourd'hui.

lundi 30 juillet 2012

Lettre à Manuel Valls

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Un très cher ami alsacien me transmet cette lettre ouverte écrite par madame ALAMACHERE à monsieur VALLS, personne que par ailleurs je ne connais pas. Je vous la transmets sans commentaires ni modifications. J'aurai l'occasion de donner un point de vue plus détaillé sur cette importante question.
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Lettre à Manuel Valls après l’inauguration de la mosquée de Cergy

Monsieur le Ministre de l’Intérieur
Ministre de l’Intérieur
Place Beauvau
75008 Paris

"Monsieur le Ministre,

J’ai pris connaissance de votre discours lors de l’inauguration de la mosquée de Cergy le 6 juillet dernier et j’en ai été profondément bouleversée et choquée. Vous donnez immédiatement le ton en évoquant un acte qui n’est pas anodin. En effet, qu’un représentant de la République en principe garant de la Loi de 1905 interdisant la  reconnaissance d’un culte inaugure un centre religieux ne peut en aucun cas être anodin. Par cette allégeance une idéologie religieuse vous commettez donc un acte hors-la-loi, bel exemple venant d’en haut ! Si nos dirigeants eux-mmes ne respectent pas les lois, comment demander au peuple de les respecter ?

L’allusion à la formation de NOS imams enfonce le clou. Depuis quand la France est  propriétaire des prêcheurs islamiques ? Vous évoquez ensuite un dessein collectif ayant impliqué dix associations représentatives de la diversité de Cergy. Qu’est-ce que la diversité M. Valls ? Ce sont des gens qui se distinguent de la population lambda, qui en refusent les codes, les règles, la culture, qui refusent de s’assimiler au peuple français comme vous-même vous êtes assimilé, et préfèrent s’en démarquer, s’en diversifier pour ne surtout pas vivre ensemble. En acceptant ce système de ségrégation diversitaire vous participez vous-même une étrange forme d’apartheid qui ne dit pas son nom, comme si ces personnes issues de la diversitén’étaient moralement pas assimilables par nature. Cette ségrégation condescendante flirte étrangement avec un racisme diffus présentécomme une bienveillante discrimination positive(sic) alors qu’il n’est que le reflet du mépris accordé àdes êtres jugés inférieurs.

Pourquoi ces personnes ont-elles besoin de se réunir en associations de la diversité si ce n’est pour s’opposer aux citoyens français ? La Nation une et indivisible est-elle censée reconnaître et aider ces associations séparatistes ? Tout cela semble bien loin d’un dessein collectif.

Je note au passage que vous n’évoquez pas une consultation des habitants de Cergy eux-mêmes mis certainement devant le fait accompli.

'L’islam d’aujourd’hui est l’héritier de celui qui, pendant plusieurs siècles, à Cordoue, fut un accélérateur de connaissances, de culture et d’acceptation mutuelle'. Vous plaisantez sans doute. L’islam s’est imposépartout par la force, par les razzias, par le sang, par les conversions forcées, par l’égorgement. L’esclavagisme arabo-musulman sur les blancs chrétiens a perduré durant plus de 1 000 ans. Plus de 1 000 ans Monsieur Valls… !! Vous rendez-vous compte ? Affirmer qu’il y a eu acceptation mutuelle et apport culturel est soit un pur mensonge, soit une grave ignorance de votre part.

C’est pourquoi affirmer que  l’Islam a toute sa place en France  relève de l’inconscience. Non Monsieur, l’Islam n’a certainement pas sa place en France puisqu’il est contraire à la laïcitéet à la démocratie. Hassan II n’a-t-il pas avoué que 'Un musulman ne peut pas être laïque' † ?

De même, Amil Imani, essayiste d’origine iranienne en dit ceci : 'La démocratie, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple, tandis que l’islam, c’est le rêgne d’Allah, par Allah et ses émissaires, pour le plaisir d’Allah.. […] L’islam est une forme d’esclavage totalitaire globale. C’est l’inverse de la liberté. Son nom lui-même, islam, signifie soumission ou reddition. Fidèle à son nom, l’islam s’évertue à réduire le corps de l’humanitéen esclavage et à„ asservir son esprit, rien de moins. Cette reddition non négociable à l’islam exige que les individus et la société renoncent à„la plupart des libertés fondamentales auxquelles ils sont profondément attachés. […] La pratique de l’islam revient à perpétuer l’esclavage et à le pratiquer. L’esclavage asservit le corps, tandis que l’islam emprisonne l’esprit. Ces idées et ces pratiques sont odieuses et préjudiciables à la réalisation de nos plus hautes aspirations en tant qu’êtres humains. (Note : on aura compris que l'essayiste parle de son expérience et qu'il condamne sans appel les pratiques islamiques.)

Par conséquent, comment prétendre avoir avec ce dogme mortifère une quelconque culture commune ? Quelle méconnaissance inexcusable ! Que faites-vous des Mohammed Merah, des assassins de Ghofrane, de Sohane, des deux policières, des violeurs de la place Tahrir, des lapideurs, des polygames, des exciseuses, des vieillards qui épousent les petites filles, des femmes qu’on oblige àse cacher sous leur voile noir pour montrer leur infériorité, des meurtriers de crimes d’honneur ? Ce même honneur en ce vendredi de prières auquel vous faites allusion pour justifier votre présence Cergy. Oseriez-vous prétendre que cette multitude d’actes abominables et quotidiens n’ont rien à voir avec l’Islam ?

Quand on pense qu’en 35 ans le nombre de mosquées a augmenté de 1 500%… car on en  dénombrait 150 en 1976, 900 en 1985 et 1 555 en 2001. Et en août 2011 les mosquées étaient au nombre de… 2368. Une telle expansion d’un dogme sectaire si inamical, homophobe, antisémite, antidémocratique et sexiste est proprement effrayante.

Pour complaire à„votre public vous évoquez une islamophobie condamnable ainsi que la nécessaire protection des lieux de culte musulmans et juifs. Naturellement vous omettez de mentionner les lieux chrétiens, comme si ces profanations-là n’avaient pas lieu d’être relevées.

Alors sachez que les profanations des lieux chrétiens – tombes et ƒéglises – ont lieu… TOUS LES DEUX JOURS !!! Contre seulement 4 €à 5 par an pour les deux autres ! Que dites-vous de cela

Monsieur Valls ? Ainsi vous avez raison, tous les deux jours des individus portent une attaque délibérée contre la République et ses valeurs, vous ne croyez donc pas si bien dire. Vous faites juste une légère erreur d’appréciation quant aux profanateurs dont vous semblez sous-entendre qu’ils seraient peut-être chrétiens, bouddhistes ou athées puisque non musulmans ou non juifs.

Mauvaise pioche. Il s’agit majoritairement d’individus appliquant à la lettre les beaux commandements islamiques.Ce ne sont donc pas les vilaines phrases islamophobes qui visent les musulmans mais au contraire certains musulmans qui visent physiquement les mécréants dont certains ont payé de leur vie.

Votre discours tente de rappeler les devoirs de l’islam et la neutralitéde l’état vis-à-vis de la religion et de la laïcitéqui préserverait l’école mais qu’en est-il dans les faits quand les accommodements déraisonnables sont de plus en plus fréquents ? Et concernant l’obligation des agents publics de taire leurs croyances dans l’exercice de leur fonction, comment expliquez-vous que l’on tolère des salles de prières dans les facultés ? Des tapis de prières sur le lieu de travail y compris dans l’administration publique ? Que de plus en plus de chauffeurs de bus portent de d’étranges barbes salafistes ? Que le halal et le sans porc se soient imposés dans les écoles de la République ? Que des bureaux de poste affichent des panneaux d’information en arabe ? Que des lieux publics renoncent à la mixitépour accorder des horaires spéciaux aux femmes ? Et quels devoirs ont VOS imams quand leur dieu leur ont donné le droit de vie et de mort sur quiconque ne se soumet pas au dogme islamiste ?

… Les incroyants, qu’ils aient le livre ou qu’ils ajoutent des dieux, iront dans le feu de la géhenne et y seront pour toujours. Ce sont les pires des humains † (98:6). Une religion d’amour, de paix, de tolérance… ou comme vous le dites de tolérance, d’altérité et de solidarité. Permettez-moi un grand éclat de rire !!!

Je ris d’autant plus volontiers, Monsieur Valls, que j’étais assise en face de vous dans le préau de l’école oùs’était tenu il y a deux ans le fameux débat sur la burqa organisé par Ni Putes Ni Soumises oùvous étiez assis à côté de M. Brard. Nous savons tous les deux ce qui s’est passéce soir-là, les propos haineux et violents de ceux qui nous entouraient debout alors que nous étions assis pour mieux nous intimider, les insultes, les prêches, les menaces, la mauvaise foi, le refus de laisser parler Sihem Habchi, les coups et les bancs enfin qui ont volé, mettant fin à cette calamiteuse et édifiante soirée avec la nécessaire intervention de la police. Alors prétendre que vous croyez sincèrement aux bienfaits de l’islam et à„la bonhommie de ses fidèles… de grâce, pas moi

Monsieur Valls !

Je suis d’autant plus peinée et déçue par votre attitude depuis un certain temps qu’elle s’éloigne de l’homme respectueux de nos valeurs que vous sembliez être.Vous dites ensuite craindre l’insécurité des fidèles durant le mois du ramadan, redoutant sans doute des agressions islamophobes, pour ne pas dire racistes puisque c’est l’expression à la mode, et promettez de veiller à leur sécurité. Dois-je vous rappeler que ce sont généralement les musulmans qui ont coutume d’agresser les infidèles durant cette période et non le contraire ? C’est bien pour cela que dans certains pays musulmans comme l’Algérie ou le Maroc, les jeûneurs sont invités à  réfréner leur agressivité. Donc si vous devez prendre des mesures sécuritaires je vous suggèrerais de veiller plutôt à ce que les enfants musulmans ne tabassent pas leurs petits camarades mécréants au centre de loisirs, à ce que les animateurs de ces centres veillent à„se nourrir afin d’assurer en toute sécuritéà la prise en charge des enfants, de même pour les chauffeurs de bus cités plus haut avec lesquels il conviendrait d’éviter les risques d’accidents. J’en profite pour faire allusion à„ceux qui sous prétexte de jeûner en profitent pour travailler moins, obligeant leurs collègues non musulmans àtravailler  à leur place pour compenser, sans pour autant que leurs rétributions respectives n’en soient modifiées. Mais je présume que ceci ne vous concerne pas…

Pour ma part, en tant qu’agnostique mais ayant néanmoins droit à autant d’attention de votre part que les croyants (même si selon vous je serais moins élevée spirituellement…), j’apprécierais que vous veilliez autant sur ma sécurité que sur celle de vos nouveaux amis islamistes. Car moi aussi je suis française, républicaine et j’ai des droits.

Et pendant que j’y suis, je me permets une parenthèse pour vous faire savoir que mon supermarché est actuellement en plein ramadan et que par conséquent, en tant que non musulmane me nourrir commence à devenir sérieusement problématique. Donc si le gouvernement pouvait plancher sur l’ouverture de magasins spéciaux pour que les mécréants puissent continuer à s’alimenter sans avoir à payer un impôt à„VOTRE imam, vous seriez bien aimable.

Je terminerai par votre phrase la plus grave et la plus dangereuse pour notre démocratie, pour la liberté d’expression et pour le droit acquis de haute lutte de critiquer les religions, quelles qu’elles soient : Toute attaque contre une religion, contre un de ses fidèles ou un de ses lieux de culte est une attaque délibérée contre la République et ses valeurs. Vous venez par cette phrase malheureuse d’instaurer ni plus ni moins que le délit de blasphème, sapant encore un peu plus nos valeurs démocratiques et républicaines. Vous venez également d’avouer que la religion s’inscrirait dorénavant dans la République, contredisant votre remarque sur l’importance de préserver la laïcité tout en réduisant à  néant tout un pan de l’Histoire de France.

La France fut jadis la fille aînée de l’Eglise, grâce à vous et aux autres dhimmis dans votre genre elle est désormais devenue la putain de l’islam. Comme remerciement à un pays sans lequel vous ne seriez jamais devenu Ministre, on aurait pu espérer mieux. La France, Monsieur Valls, aurait  mérité un peu plus de gratitude de votre part.

J’espère que vous prendrez acte de mes remarques et y répondrez de la manière qui convient.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes républicaines salutations.

Caroline Alamachère"
 
(Fin de la lettre). Je répondrai dans un autre billet aux remarques de Caroline ALAMACHERE.

dimanche 29 juillet 2012

La faillite de la pensée, le triomphe de l'inculture

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STRASBOURG, début des années 2000. L'Institut pour la Promotion du Lien Social - j'en suis alors le Président - lance une grande enquête sur la prise en charge des collégiens en difficulté. L'un de nos enquêteurs reçoit la confidence d'un professeur d'histoire et géographie qui enseigne dans un Collège du quartier de HAUTEPIERRE : "Savez-vous, dit-il, ce qu'un jeune m'a dit alors que j'essayais de transmettre à mes élèves un petit savoir sur la géographie ? Le savez-vous ?  : 'Vous pouvez raconter tout ce que vous voulez, on s'en fout' (sic). Et je ne vous dis pas encore que sur une heure de cours, je passe une demi-heure à faire la police". Notre enquêteur ajoutait qu'il avait perçu une grande détresse psychique chez cet homme qui croyait à son métier et découvrait qu'on en rendait l'exercice impossible .
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Je me suis efforcer de comprendre les raisons d'un tel fossé entre l'ambition affichée par les Ministres successifs de l'Education soi-disant et prétendue nationale, depuis Jules FERRY, et la réalité du terrain. A l'époque, j'ai moi-même interrogé plus de 30 personnes (CPE, Principaux, Assistantes Sociales, Infirmières, Professeurs Principaux, Responsables de SEGPA, etc.) et il me semble avoir trouvé un début de réponse dans la philosophie politique et l'idéologie qui imprègnent notre mentalité collective. Et je me demande si la formulation la plus percutante de cette réponse n'est pas apportée par notre grande Simone WEIL. Je vous la livre, avec beaucoup d'émotion, car je porte à cette philosophe une très grande admiration et une immense affection ; j'ai moi-même été enseignant, et j'ai passionnément aimé ce "métier" :
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"On croit couramment qu’un petit paysan d’aujourd’hui, élève de l’école primaire, en sait plus que PYTHAGORE, parce qu’il répète docilement que la terre tourne autour du soleil. Mais en fait, il ne regarde plus les étoiles. Ce soleil dont on lui parle en classe n’a pour lui aucun rapport avec le soleil qu’il voit.

Ce qu’on appelle aujourd’hui “instruire les masses”, c’est prendre cette culture moderne, élaborée dans un milieu tellement fermé, tellement taré, tellement indifférent à la vérité, en ôter tout ce qu’elle peut encore contenir d’or pur, opération qu’on nomme vulgarisation, et enfourner le résidu tel quel dans la mémoire des malheureux qui désirent apprendre, comme on donne la béquée à des oiseaux. " (In L’enracinement, 1943.)
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Tout y est : la critique du relativisme, l'effacement de l'expérience et du réel, le culte de l'abstraction, l'idolâtrie du social et du collectif. Et nous continuons dans cette voie-là, parce que quelques énarques, quelques soi-disant spécialistes de la pédagogie, quelques imbéciles (au sens de BERNANOS) croient détenir LA VERITE dont par ailleurs ils ne cessent de contester l'existence...
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"Misère de l'homme sans Dieu", disait PASCAL. C'est bien vrai.

vendredi 27 juillet 2012

A bon entendeur...

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Il me semble vous avoir parlé déjà d'un ouvrage de Michel CROZIER, un sociologue très fin, intitulé L'acteur et le système. Je viens de retrouver dans mes cartons de livres, une autre de ses contributions à la compréhension des organisations humaines contemporaines, Le Phénomène bureaucratique. (Collection Points, N°26, Éditions du Seuil, Paris,  dépôt légal de cette réédition : 1971). J'ajoute que CROZIER ne peut être taxé de conservatisme, de capitaliste, d'ennemi de classe. Il a publié de nombreux travaux sur le Monde des employés de bureau, sur les Mouvements ouvriers et socialistes, chronologie et bibliographie (1750-1918) (aux Éditions ouvrières), sur les Usines et Syndicats d'Amériques. Petits fonctionnaires au travail (mêmes Éditions). CROZIER a de la sympathie pour les hommes dont il étudie les comportements sociaux ; mais c'est un chercheur et ce qui l'intéresse, se sont les faits avant les idées, les acteurs avant le système.
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Il y a bien longtemps que je n'ai lu Le phénomène bureaucratique, et je ne saurais donc point le résumer, seulement indiquer une idée directrice, celle de la coopération entre les hommes. Tout de même, en jetant un coup d'oeil sur l'introduction, je vois ceci qu'il me plaît de vous faire connaître :

"[...]. Autant était-il indispensable, en 1960, de refuser l'illusion humanitaire, libérale ou socialiste, selon laquelle le bien, le progrès pouvaient êtres des valeurs absolues qu'il suffisait de bien articuler et d'affirmer, autant me semble-t-il urgent désormais de démystifier le rêve révolutionnaire et la pratique gauchiste selon lesquelles l'enchaînement catastrophique des contradictions impose le retournement total. A dire vrai, je trouve quelque chose de commun dans ces deux attitudes pourtant si contradictoires : l'ignorance des contraintes, l'incapacité à comprendre la réalité des pesanteurs humaines et une vue terriblement simpliste du déterminisme."
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Quelques paragraphes plus loin, il poursuit :

"Nous rejetons trop facilement nos difficultés sur des épouvantails abstraits comme le progrès, la technique, la bureaucratie (je commenterai brièvement ceci à la fin). Ce ne sont pas des techniques ou des formes d'organisation qui sont coupables. Ce sont les hommes qui, CONSCIEMMENT OU INCONSCIEMMENT, participent à leur élaboration. Et c'est bien là notre raison d'espoir et la légitimation de tout combat pour le changement. Si ce sont les hommes qui sont coupables, alors ils peuvent apprendre à devenir différents, alors il vaut la peine de les convaincre. Peut-être même oserais-je ajouter l'iconoclaste pensée que les révoltes vertueuses, ces dénonciations passionnées et cette ferveur mystique dans lesquelles les jeunes générations SONT EN TRAIN DE S'ALIÉNER TEMPORAIREMENT, constituent actuellement le RISQUE LE PLUS GRAVE DE RÉGRESSION BUREAUCRATIQUE." (Les majuscules sont de votre serviteur.)
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Mon cher Gustave THIBON a fort bien analysé les aspects ambigus du progrès, souvent assimilé à la nouveauté et le côté JANUS bifrons de la technique (auxiliaire au service de la vie ou bien nouvelle idole). Mon cher LANZA, de son côté, a fui la ville car il ne voyait point comment échapper à l'aliénation que la complexité sociale, technique et organisationnelle des mégalopoles émergentes  faisait peser sur les personnes. Michel CROZIER, toujours dans l'introduction de son ouvrage souligne que la bureaucratie (qui, dit-il en note augmente en France) "constitue le legs paralysant d'un passé où prévalait une conception étroite et bornée des moyens de coopération entre les hommes". En fusionnant l'ANPE et les ASSEDIC, ou le TRESOR et le BUDGET, le Président SARKOZY avait voulu briser les citadelles bureaucratiques que constituaient ces institutions, et obliger leurs acteurs à travailler ensemble ; mais c'était en fait les obliger à quitter ce que CROZIER appelle "le climat de routine, de rigidité, de contrainte et d'irresponsabilité qui caractérise les organisations dont on se plaint" et qui, selon lui, définit la bureaucratie. L'intuition était judicieuse, mais il est clair que la restructuration de ces organisations ne s'était pas accompagnées des mesures qui auraient permis à leurs acteurs une meilleure compréhension de l'importance de la coopération au service de l'emploi ou de l'économie nationale. Tous avaient transformé leurs prés carrés en une fin en soi, sans voir qu'ils n'étaient qu'un moyen.
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Peut-être monsieur HOLLANDE pourrait-il lire ce livre au lieu de faire élaborer par l'Assemblée des Imbéciles un nombre croissant de lois contraignantes, de règlements de tous genres, de contrôles, de sanctions. Et que mon ami Yves ne vienne pas m'accuser de partialité. CROZIER condamne aussi bien l'illusion libérale que l'illusion socialiste, et bien entendu, il renvoie le mélanchonisme et ses variantes au paradis des Bisounours (enfin des Bisounours un peu particuliers).
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C'est tout pour aujourd'hui. C'est trop long, me dira Marcel, un autre ami lecteur. Tant pis.

jeudi 26 juillet 2012

On y est...

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On peut dire tout ce que l'on veut d'Alexis de TOCQUEVILLE, c'est pourtant l'un des esprits les plus pénétrants du XIXe siècle en matière de philosophie politique. Bien que d'esprit conservateur, issu d'un lignage aristocratique ancien, TOCQUEVILLE était un véritable démocrate et il s'opposa vigoureusement à la candidature de Louis-Napoléon BONAPARTE à la Présidence de la République et vota même (sans succès) sa déchéance quand il perçut les ambitions du Prince-Président.
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L'Herne publie dans la collection des Carnets la dernière partie de l'ouvrage qui value et vaut à TOCQUEVILLE d'être passé à une juste postérité, De la démocratie en Amérique. Et le titre que l'éditeur donne à ces chapitres est en lui-même très révélateur et malheureusement tout à fait justifié, puisqu'il a choisi d'en  résumer le contenu par un slogan badigeonné au vitriol : Le despotisme démocratique. Et bien que je dispose de l'édition entière de ce livre, il me plaît de souligner l'étrange et judicieuse initiative de l'Herne et de me référer seulement à ce petit opuscule, à ce fragment symbolique, à cette prophétie lumineuse.
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Souffrez que je vous cite ce passage qui résumera de manière éclatante ce que nous sommes en train de vivre avec l'assemblée des imbéciles (au sens de BERNANOS) qui prétend faire des lois justes et qui ne fait que semer la confusion, la révolte, le découragement et finalement la haine :

"Je pense donc, dit TOCQUEVILLE, que l'espèce l'oppression dont les peuples démocratiques sont menacés, ne ressemblera à rien de ce qui l'a précédée dans le monde ; nos contemporains ne sauraient en trouver l'image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l'idée que je m'en forme et la renferme ; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.
"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui se tournent sans repos sur eux-mêmes pour se préoccuper de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leurs âmes. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins QU'IL N'A PLUS DE PATRIE."
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Monsieur HOLLANDE a été élu avec les voix des français d'origine étrangère. Une enquête sur les votes de cette population indique que 97 % du million et quelques centaines de mille d'électeurs qui la constituent, ont voté pour lui, d'où les drapeaux étrangers, essentiellement étrangers, au rassemblement de la Bastille, le soir du 6 mai. Loin de moi l'idée de dénier à ces compatriotes de fraîche date leur qualité de Français. Je mets en revanche fortement en doute leur qualité de patriotes. Monsieur HOLLANDE et ses amis sont en train de vendre la France à l'étranger en flattant ses concitoyens d'origine étrangère pour s'assurer du pouvoir le plus longtemps possible. Je ne sais pas en quoi l'activité professionnelle de monsieur HOLLANDE a produit de la richesse pour notre pays, puisque son métier c'était de faire de la politique. Mais je sais que son activité politique va produire beaucoup de pauvreté, un flot de rancoeur, et un dégoût définitif pour les pratiques des politiciens. Si je pouvais modifier la Constitution, j'inscrirais dans l'article premier que nul ne peut être candidat à l'élection présidentielle s'il ne peut justifier d'une pratique professionnelle privée (j'insiste) d'au moins 5 ans. Ça ferait de la place pour les entrepreneurs, les actifs qui s'échinent à trouver des marchés, à innover, à investir... et finalement à payer des impôts dont une partie sert à payer ceux qui s'acharnent à les dépouiller.
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Voyez-vous, TOCQUEVILLE avait vu juste. Comme le disait Anne ROUMANOFF un jour avec un humour inimitable, si le Président MITTERRAND se retourne dans sa tombe chaque fois que ses affidés font une bêtises, il doit se transformer en ventilateur. Ce brassage d'air posthume n'est que la conséquence d'un dévoiement de la démocratie, d'une prise de pouvoir subreptice, insidieuse et vipérine par un système idéologique qui prive les hommes de la responsabilité de leur vie, et les maintient (comme du reste le dit TOCQUEVILLE) dans l'enfance, au lieu de les préparer à l'âge viril (toujours TOCQUEVILLE).
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Je suis disposé à débattre publiquement avec qui le veut bien sur ces sujets. Je ne doute pas de la bonne volonté de ces responsables politiques ; je conteste leur lucidité et leurs conceptions philosophiques et politiques.

lundi 23 juillet 2012

Petite glose sur les Conférences internationales

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Je dois m'absenter jusqu'à mercredi. Et, alors que le jour n'est pas encore levé, juste avant de prendre le train, je me demandais si j'allais, oui ou non, écrire si matutinalement un billet. Finalement, en rangeant (une fois de plus) des livres, je tombe sur un ouvrage magistral celui de Maurice ZUNDEL, intitulé Ton visage, ma lumière ; 90 sermons inédits. Et je me disais en le feuilletant : "C'est bien le diable, si je trouve pas dans cette mine de sagesse, d'humilité et de vérité, une pépite, une toute petite pépite à donner à mes lecteurs." Eh bien, figurez-vous, je l'ai trouvé : la voici.
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"Les conférences internationales n'aboutissent toujours qu'à des échecs puisqu'il n'y a en présence que des 'moi' passionnels, individuels ou collectifs, et qu'aucune explication n'est possible avec ces 'moi' passionnels. Il n'y a que la générosité infinie qui nous fasse décoller de ce 'moi propriétaire'. La liberté c'est le pouvoir de se donner. Si l'homme est don, il est libéré. Il s'agit de nous mettre en question nous-mêmes. C'est par cela que tout doit commencer. Toutes les morales, toutes les religions sont superflues, si nous ne commençons pas par nous mettre nous-mêmes en question."
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Comme on aimerait que les dirigeants, quels qu'ils soient, d'où qu'ils parlent, pratiquent ce très salutaire exercice : "Ai-je raison ? Sur quoi ai-fondé mon opinion ? Sur quelle expérience ? Sur quelles valeurs ?". Au point où j'en suis, je me demande s'il n'est pas préférable de subir le pouvoir, de le recevoir sur la tête comme un coup de massue, ainsi que le font les dauphins à la mort de leur père, plutôt que le chercher à tout prix, en quêtant les suffrages plutôt que de quêter le sens. (Celui qui  reçoit le pouvoir sans l'avoir voulu ni choisi se pose inévitablement - j'aime à le penser en tout cas - la question : Pourquoi moi ?) C'est bien entendu une question. Je n'ai pas de réponse. Mais peut-être y aura-t-il un lecteur inspiré qui commencera à en donner une ébauche.
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Nous avons dans cette réflexion de ZUNDEL bien des raisons d'expliquer les échecs de telle ou telle rencontre internationale (Conférence de RIO, Rencontres rugueuses  HOLLANDE-MERCKEL, Sommets européens, ONU et résolution avortée sur la Syrie à l'ONU, etc.). Plutôt que de cirer les bottes de ceux qui les nourrissent, les médias et leurs serviteurs feraient bien d'inciter les dirigeants à s'interroger sur eux-mêmes. Après tout, nombre de citoyens ordinaires le font. Apparemment les présidents normaux ne s'adonnent pas à ce genre d'exercice.

dimanche 22 juillet 2012

Quelquefois les poètes...

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Les poètes ne versent pas toujours "des torrents de larmes", comme le firent avec un talent remarquable nombre d'entre eux au XIXe siècle. Ils ne cherchent pas toujours l'ellipse, l'obscurité, l'originalité, l'incompréhensible, comme beaucoup d'entre eux le firent avec un non moins admirable talent au XXe siècle (Ah ! cet "aboli bibelot d'inanité sonore"...). Ils ne se corsètent point tous, comme tant de nos admirables poètes du XVIIe dans des règles métriques dont l'observation rigoureuse dut donner bien des migraines sans compter les insomnies à ceux qui s'efforçaient de les suivre ("Enfin Malherbe vint..."). Non ! Il y en a qui parlent directement, fortement, nettement. J'en ai trouvé un qui répond à ces caractéristiques. Et bien qu'il ne fût point seulement poète - il écrivit dans des genres très divers dont le roman ou la pièce de théâtre - mais aussi apologiste du christianisme, il  fit de très beaux vers. Il se convertit au catholicisme et ce détail, on va le voir, n'est pas anodin. Ce géant doté d'un embonpoint respectable pourfendit les imbéciles (au sens de BERNANOS) avec une alacrité digne des plus grands éloges et se servit de sa plume comme d'une épée à deux tranchants. Il s'agit de CHESTERTON. Voyons donc ce qu'il a à nous dire pour l'aujourd'hui de nos vies.
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"On parle souvent de l’audace de ces révoltés qui s’attaquent à telle tyrannie caduque ou à telle superstition surannée. En réalité, il ne faut aucun courage pour s’attaquer à des choses caduques et surannées… L’homme vraiment courageux est celui qui défie les tyrannies jeunes comme l’aurore, les superstitions fraîches comme les arbres en fleurs."
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J'ai l'impression que le reproche s'applique assez remarquablement à monsieur MELANCHON ; il pourfend les exploiteurs des prolétaires et les capitalistes avides du sang des pauvres. Mais s'il fut tout à fait justifié de dénoncer les injustices sociales au XIXe siècle, lesquelles furent commises essentiellement par une bourgeoisie née pendant la Révolution, souvent enrichie par l'achat à bas prix des biens prétendus "nationaux", il est parfaitement inepte de prétendre qu'il existe encore un tel prolétariat dans les pays développés. Les syndicats ont beaucoup défendu, protégé et amélioré le sort de leurs mandants du temps de ces exploitations. Encore a-t-il fallu attendre l'abrogation de la loi révolutionnaire LE CHAPELIER qui interdisait l'existence de ces regroupements de type syndical. Ce sont aujourd'hui les gestionnaire de la rancune et de l'envie. Pour être juste, je dois souligner qu'il existe chez nous une population qui pourrait répondre à la définition de prolétaire : elle est constituée souvent d'ouvriers et salariés africains qui remplissent des tâches jugées indignes par les Mimile et Dudule ; les susdits trépignent d'indignation en lisant Libération, ou de préférence le journal gratuit Métro tout en sirotant un café ou un blanc cassis, mais ne se bougent pas le derrière (et je suis poli) ne serait-ce que pour dire bonjour aux éboueurs ou leur donner des étrennes. Ajoutons également à ces réels prolétaires,  les clandestins dont les employeurs ne sont que mollement poursuivis et qui, selon moi, devraient voir leurs établissements définitivement fermés s'ils étaient effectivement contrôlés et leur infraction avérée. Je reviendrai dans un autre billet sur les choses surannées pourfendues avec une violence qui n'a d'égale que l'inutilité du combat. 
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Alors quelle serait donc la vraie Révolte, celle qui dénoncerait les tyrannies jeunes comme l'aurore ? Je les appelle de mes voeux les plus chers ces Révoltés contre le mensonge, contre le relativisme, contre la démagogie régnante qui consiste à ne jamais examiner les événements à fond, notamment les situations personnelles et les histoires scabreuses des profiteurs. "Levez-vous,  orages désirés..." pour reprendre l'expression de l'un de nos plus grands écrivains. Non, nous ne voulons pas du mariage des homosexuels, non nous ne voulons pas de la loi sur l'euthanasie active, (CHESTERTON combattit vigoureusement un amendement de Winston CHURCHILL qui visait à la stérilisation forcée des malades mentaux) ; non, nous ne voulons que l'on condamne sans appel les riches, quand soi-même on vit dans le luxe des ors républicains, des traitements indécents, des avantages indus, quand on se fait métier des condamnations péremptoires alors que soi-même on n'a JAMAIS travaillé et que l'on doit sa fortune aux "indemnités" généreuses versées aux élus par une République vache-à-lait. Monsieur SARKOZY, lui, avait un métier. Monsieur POMPIDOU en eut un. Ni monsieur GISCARD d'ESTAING, ni monsieur CHIRAC, (me semble-t-il) ni monsieur HOLLANDE (ça, j'en suis sûr) n'ont été confrontés par leurs activités professionnelles aux angoisses du bilan annuel ou aux trésoreries difficiles. Ils n'ont pas cessé de donner des leçons à ceux qui doivent y faire face. Qu'ils se taisent, une bonne fois pour toute. Ignorons ces messieurs. Obéissons à celles de leurs lois qui n'offensent pas notre conscience. Pour le reste, laissons-les se dépétrer dans leurs contradictions, leurs petits calculs, leurs combats des chefs.
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"Le monde s'est divisé entre Conservateurs et Progressistes. L'affaire des Progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des Conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées." Et c'est toujours CHESTERTON qui parle. 
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Comme c'est vrai ! Mon Dieu que c'est vrai ! Je reviendrai sur ce constat que je vous sers aujourd'hui en conclusion de mon billet quasi quotidien. Et ce sera demain. Il n'est pas innocent de rappeler que CHESTERTON a écrit un ouvrage remarquable L'homme éternel, et ce n'est pas pour rien, sans doute, que Françoise CHAUVIN à donné au recueil de conférences de Gustave THIBON le titre de Les hommes de l'éternel.
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CHESTERTON, cet homme "au talent colossal" est mort en 1936. Voici l'un de ses portraits.
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