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lundi 22 août 2016

22 août 2016. Nouvelles de la Résistance. Esclavage et GPA !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Je crois que la vie spirituelle est celle de l’être vrai de l’homme, la vie de cet être intérieur dont la flamme est si souvent étouffée sous les cendres de l’anxiété et des soucis vains. Bien qu’elle soit orientée vers Dieu plutôt que vers la satisfaction des besoins matériels de l’existence, la vie spirituelle n’est pas faite d’illusions ou de rêves : sans elle notre existence tout entière devient irréelle et illusoire. En nous intégrant dans l’ordre établi par Dieu, la vie spirituelle nous place en plein centre du réel, non tel que nous l’imaginons, mais tel qu’il est. Elle arrive à ce résultat en nous faisant prendre conscience de ce que nous sommes vraiment, et en nous plaçant en la présence de Dieu." (Page 5.)

"Quelle soit la déchéance de l’homme et de son milieu, quelle que soit la profondeur de son désespoir, le seul fait d’être un homme implique que la vie ait un sens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’homme tend à se révolter contre lui-même. S’il pouvait comprendre sans effort, le sens de la vie, s’il pouvait sans peine accomplir ses fins dernières, il ne douterait jamais de la valeur de l’existence. Ou s’il voyait immédiatement que la vie n’a ni but ni sens, la question ne se poserait plus. Dans l’un ou l’autre cas il ne serait pas pour lui-même une telle énigme." (Page 9.)
In
Thomas MERTON.
Nul n’est une île. Traduit de l’américain par Marie TADIÉ. (Collection «Points», série Sagesses, N°Sa64.)
Éditions du Seuil, Paris, 1993 (date du dépôt légal).
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2. COMMENTAIRES.
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Ce billet se situe dans le prolongement de celui daté du 21 août. Il traite en fait du mal absolu qu’est le matérialisme idéologique ou pratique qui imprègne, inonde, submerge notre vie politique, sociale, et même culturelle ! Il ne se passe pas de jour sans que le dévoiement qui est consubstantiellement lié à ce matérialisme, souvent couplé à une cupidité sans bornes n'apparaisse dans toute sa hideur :

Voici par exemple un article tiré du site http://openyoureyes.over-blog.ch/google-baby-/-b%C3%A9b%C3%A9s-en-kit-doc-vf qui montre la honte et l’esclavage qu’est la GPA.

Doron, un entrepreneur Israélien high tech, a lancé une nouvelle offre de service : la production de grossesse.

-La grossesse se fait en Inde (c’est moins cher).
-Le matériau génétique est sélectionné par les clients via une interface web.
-le sperme et les ovules s’achètent en ligne.
-les embryons fabriqués sont congelés et expédiés par avion en Inde.
-ils seront implantés dans l’utérus de mères porteuses locales (Inde) c’est moins cher !
-Les clients se présentent à la fin des 9 mois de grossesse pour récupérer leur bébé.
-Il suffit d’une carte de crédit pour acheter un bébé.

Mais vous ne trouvez pas que ces pratiques sont honteuses, qu’elles méritent d’être universellement interdites et que nous avons raison de manifester le 16 octobre ?
Monsieur BERGE et ses millions peuvent trouver que louer son ventre (quand on est pauvre) ne fait pas de différences d’avec la location de ses bras. Il se trouve que nombre de personnes sensées ne partagent pas cet avis. Nul ne songe à condamner le magnat pour son orientation sexuelle, que ce soit bien clair. Qu'il s'obstine à diffuser ses vues dépourvues de toutes réflexions éthiques est un motif de révolte légitime. Et dire que cet homme est un magnat de la presse, qu’il nous inonde de ses opinions faisandées ! Mais enfin allons-nous réagir ?

Oui, la vie a un sens ! Oui, la vie est sacrée ! Oui,l'exercice de sexualité humaine qui lie un  homme et une femme dans l'acte possiblement procréateur est revêtue d'une dignité insurpassable. Tout le reste est le produit du néolibéralisme marchand, insupportable à un nombre croissant de nos concitoyens. Et ce n'est ni monsieur BERGE, ni monsieur HOLLANDE, ni madame TOURAINE, ni les militants LGBT qui nous ferons changer d'avis. En vérité, et je vous demande de me croire, je ressens à leur endroit plus de compassion que de mépris ou de colère, en raison de leur aveuglement; Je reviendrai demain sur la notion de LUMIERE et d'ESPRIT qui s'oppose aux ténèbres dont il semble qu'elles s'étendent sur l'univers.

J'ai donc rattrapé mon retard !








lundi 30 novembre 2015

30 novembre 2015. Nouvelle de la Résistance. Réveiller la Vérité qui dort

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Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté !
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1. Les citations du jour.
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 (a) "On parle trop souvent du «sens de la vie». L'expression ne remonte qu'à guère plus d'un siècle On l'utilise parfois à des fins apologétiques et l'on entend dire : «La foi donne un sens à la vie. Il serait impossible de vivre si la vie n'avait pas de sens, et donc, nous avons besoin de la foi.» Il peut y avoir du vrai là-dedans. Mais le christianisme ne propose pas de donner un sens à la vie, comme si celle-ci n'en avait pas et avait besoin d'en chercher un en dehors d'elle-même. Il propose plutôt de dévoiler ce sens."
In
Rémi BRAGUE.
Du Dieu des chrétiens et d'un ou deux autres. («Champs essais»).
Éditions Flammarion, Champs, Paris, 2009.

(b) "Quelle soit la déchéance de l’homme et de son milieu, quelle que soit la profondeur de son désespoir, le seul fait d’être un homme implique que la vie ait un sens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’homme tend à se révolter contre lui-même. S’il pouvait comprendre sans effort, le sens de la vie, s’il pouvait sans peine accomplir ses fins dernières, il ne douterait jamais de la valeur de l’existence. Ou s’il voyait immédiatement que la vie n’a ni but ni sens, la question ne se poserait plus. Dans l’un ou l’autre cas il ne serait pas pour lui-même une telle énigme."
In
Thomas MERTON.
Nul n’est une île. Traduit de l’américain par Marie TADIÉ. (Collection «Points», série Sagesses, N°Sa64.)
Éditions du Seuil, Paris, 1993 (date du dépôt légal).
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2. Commentaires.
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On a les ministres que l’on peut ! De madame Najat VALLAUD-BELKACEM, en effet, cette très "lumineuse" (!) définition (merci à mon amie Édith qui m’a transmis la chose…)

"La laïcité, c’est l’équilibre ainsi patiemment construit dont nous sommes aujourd’hui les dépositaires, avec la pleine conscience que le péril de l’intangibilité, du refus de toute évolution, est tout aussi attentatoire à l’essence même de la laïcité que la tentation de l’adaptation du mouvement permanent."

Depuis une heure, je m’efforce, le front recouvert d’un gant de toilette imbibé d’eau fraîche (que je renouvelle toutes les dix minutes), de comprendre ce que veut dire la belle et carnassière Najat. Je n’y arrive point. Si un lecteur bienveillant peut éclairer ma pauvre lanterne, je l’en remercie.
C’est plus souvent qu’on ne le croit de voir une "obscure clarté » tomber des étoiles en train de mourir !

Et ils s’étonnent tous de voir que des jeunes en quête de sens, abreuvés par la Déséducation Nationale de l’idée que la vie en est dépourvue, se lancent dans la guerre sainte ? Dans la drogue ? Dans le désespoir et parfois le suicide ? Les grecs ne s’y trompaient pas qui donnaient le nom d’alètheia à la vérité. Le mot signifie exactement « sortie du sommeil ». La vérité, ainsi, ne se crée pas – ni par la volonté de madame BELKACEM, ni par celle des hommes politiques. On la réveille et de la nature et de son cœur d'homme.

N’importe quelle âme droite voit que, loin de croître en fraternité, notre société s’engraisse d’égoïsme et d’individualisme. Il ne vient à personne l’idée que les "valeurs" promues par la soi-disant République ont abouti aux désastres sociaux dans lequel nous sommes plongés. Je préfère l’espérance à un programme politique, la charité à la générosité et la foi à la charte de la laïcité.

Le jour où je verrai monsieur BARTOLONE ou monsieur CAZENEUVE martyrisés pour la cause du socialisme, le jour où je verrai monsieur JUPPE ou monsieur SARKOZY fusillés pour celle du libéralisme, je croirai aux vertus de la démocratie à la française, qui est à la démocratie ce que le fromage de soja est à un vrai camembert !
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3. Informations diverses.
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Soyez juges ! Regardez cette vidéo des manifestations violentes d'hier, Place de la République (via le salon beige).

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Robert MENARD inaugure la crèche de la marie de BEZIERS (site du Boulevard Voltaire).

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Les Corses, eux, ne sont pas frileux.



PS : je ne suis ni un cul béni, ni un calotin. J'ose dire très haut et fort que je suis chrétien, oh ! un pauvre chrétien sans doute. Mais c'est ma fierté. J'ai la conviction absolue que seul le nom de JESUS peut sauver le monde de la violence et de la folie meurtrière. J'ajoute que je préfère la paix et l'amour à la haine. Et même si je taquine nos princes, je leur reconnais en ces moments terribles, des qualités que je ne leur soupçonnais point. Ce constat ne vaut pas approbation d'une politique désastreuse, mais il serait assez malhonnête de ne pas reconnaître, sans préjugés, que notre Gouvernement a fait preuve de fermeté et de sagesse en ces moments terribles. Il faut donc le mettre dans la colonne "crédit". Cette appréciation ne les exonère pas de leur responsabilité.


mercredi 20 mai 2015

20 mai 2015. Nouvelles de la Résistance. Oui, la vie a un sens et ce n'est pas celui du socialisme !

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Ne soyons pas lâches, soyons vrais !

Mes lecteurs habituels remarqueront que j'ai changé la formulation de ce qui me semble être une évidence. De temps en temps, il est bon de changer !
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1. La citation du jour.
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"Quelle soit la déchéance de l’homme et de son milieu, quelle que soit la profondeur de son désespoir, le seul fait d’être un homme implique que la vie ait un sens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’homme tend à se révolter contre lui-même. S’il pouvait comprendre sans effort, le sens de la vie, s’il pouvait sans peine accomplir ses fins dernières, il ne douterait jamais de la valeur de l’existence. Ou s’il voyait immédiatement que la vie n’a ni but ni sens, la question ne se poserait plus. Dans l’un ou l’autre cas il ne serait pas pour lui-même une telle énigme." 
In
Thomas MERTON.
Nul n’est une île. Traduit de l’américain par Marie TADIÉ. (Collection «Points», série Sagesses, N°Sa64.)
Éditions du Seuil, Paris, 1993 (date du dépôt légal).
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2. Commentaires.
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Voilà une parole qui me semble être d'une très grande profondeur. Elle explique les rébellions, les révoltes, les refus, les critiques qui fusent de toute part et depuis longtemps de toutes les parties de la sociétés. Ces attitudes révèlent de la part de ceux qui les adoptent une certaine conception de la vie, et de ce fait, une certaine conception du sens de la vie et de la nature humaine.
La grande erreur, la grande duperie, la grande tyrannie du socialisme et de ses divers avatars, c'est de vouloir monopoliser le sens de la vie au profit de sa seule idéologie, et de négliger les efforts que chaque être humain fait pour le trouver. Ce n'est pas la déséducation nationale, ce n'est pas la carnassière, ce n'est pas monsieur HOLLANDE ni ses sbires ni ses séides ni ses admirateurs intéressés qui doivent nous imposer LEUR sens de la vie. Ce qu'ils devraient faire, c'est d'inciter chaque citoyen à faire cet EFFORT qui suppose du recul, de la réflexion et une acculturation non seulement aux religions, mais aussi aux philosophes de tous temps (et pas seulement à Bernard-Henri LEVY !). On n'en prend pas le chemin, et il me semble que l'opposition grandissante mais hélas désunie à la désastreuse réforme du collège (les décrets qui l'entérinent viennent d'être publiés au JO) reflète cette anxiété secrète qui dort au fond des âmes et des esprits (ce qui n'est pas la même chose). Qui nous montrera le sens de la vie ? Qui nous fera voir le bonheur ? Eternelle question à laquelle ni ROBESPIERRE, ni MARX, ni JAURES, ni Jules FERRY, ni BARBUSSE, ni GAMBETTA ni tous ces hommes politiques dont les patronymes encombrent les voiries et les bâtiments publics n'apportent la moindre réponse à cette question existentielle.
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3. Informations diverses.
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Les gavroches devant l'Assemblée nationale.

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La carnassière ne relâche pas la pression et ne veux pas de pensée libre (via le salon beige).

"Dans le cadre de la lutte contre le « terrorisme » et des « dérives sectaires », quatre inspecteurs généraux ont reçu mission spéciale pour travailler sur les écoles « hors contrat ». Afin de vérifier qu’elles respectent les « valeurs de la République ».
« Le but est de systématiser les inspections. La liberté d’enseignement ne connaît qu’une limite : le respect des valeurs de la République. »
Quand on sait que les « valeurs de la République » impliquent notamment le « droit » à l’avortement et désormais le « mariage pour tous » et la lutte contre l’homophobie, l’islamophobie, etc., les écoles catholiques peuvent craindre le pire. Car un certain nombre d’articles du catéchisme sont clairement en infraction avec les « valeurs de la République »."
Peersonnellement, je mettrais à la porte ces gens qui n'ont aucun droit à pénétrer dans un espace privé sans mandat judiciaire. Il semble qu'à ce propos une question prioritaire de constitutionnalité devrait être posée par les avocats des écoles hors contrat. Mais cette initiative illustre bien le propos de Thomas MERTON
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Du Canard enchaîné (via le salon beige).

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mardi 10 mai 2011

A propos de Ben Laden et des milieux existentiels

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Je vous avais fait hier matin une promesse de gascon en vous annonçant un second billet dans la journée. Je n'ai pas trouvé le temps nécessaire pour le rédiger. Je vais essayer de rattraper le retard.

Tout d'abord je voudrais bien réaffirmer que BEN LADEN était à mes yeux un criminel et qu'il méritait d'être jugé et châtié. Ce que je critiquais dans cette affaire c'est le "justice est faite", et la joie de nombre d'américains à l'annonce de cette mort, joie que je continue à trouver déplacée. Le fondement d'un acte moral consiste à ne pas infliger à autrui des torts, des tortures, des blessures, des insultes que l'on ne voudrait pas qu'il nous inflige. Aucun de nous ne peut prétendre qu'il aurait accepté d'être tué par un groupe de taliban (pas de s à taliban) ou de djihadistes. Peu importe le fait avéré que BEN LADEN ait été un criminel. L'agir moral exigeait un jugement. En somme le milieu existentiel des new-yorkais remplis de joie par cette mort était le milieu naturel certainement, et pour certains d'entre eux le milieu utilitaire, mais certainement pas le milieu moral et encore moins le milieu transcendant.

Maintenant, le réalisme politique et la politique (qui est l'art du possible) faisaient qu'il était sans doute impossible de juger BEN LADEN puis de l'exécuter ou de l'emprisonner en châtiment de ses crimes, au terme d'un procès équitable. Mais cela s'explique, cela est compréhensible, et cela ne se fait que par l'incapacité à faire autrement. Théorie du moindre mal, et non accomplissement de la vengeance.

Il est évident que nombre de dirigeants communistes, qu'ils soient soviétiques ou chinois, ont été les promoteurs et les inspirateurs de crimes abominables. Et je réponds là à Pierre-Henri THOREUX. Les premiers l'ont payé de la chute de l'empire soviétique. Et les seconds seront un jour mis en face de la réalité qu'ils ont construite à coups de fusil, de chars, d'exécutions sommaires et d'emprisonnements : le peuple chinois, ses penseurs et ses élites ont commencé ce lent travail de mise à bas du mensonge, de la violence et de la tyrannie. J'ai consacré de nombreux billets à des auteurs chinois dissidents et je crois que leurs analyses sont fondées et prophétiques.

Il me faut enfin répondre à une objection que je vois poindre : BEN LADEN, me dira-t-on, agissait au nom de Dieu et pour son honneur. Il proclamait qu'il était dans ce milieu existentiel transcendant que vous semblez tant vanter me diront donc certains. Erreur d'analyse. BEN LADEN n'était que dans le milieu utilitaire. Et les américains l'on bien compris qui distillent des videos montrant un homme très différent de ce qu'il voulait paraître. Or le propre de l'être qui vit dans un milieu transcendant est d'être ce qu'il est, et de paraître tel qu'il est. Il y a chez cet être-là une correspondance parfaite de l'intérieur et de l'extérieur. De plus en violant la règle fondamentale de la réciprocité qui fonde l'agir moral, BEN LADEN n'avait même pas franchi le seuil du milieu moral.

Je ne sais si j'ai expliqué les raisons de mes interrogations. Mais enfin ce billet m'a permis de mettre au clair ma pensée.

lundi 9 mai 2011

Que mes lecteurs me pardonnent

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Que mes lecteurs me pardonnent si, ce matin encore, je fais référence à FENG YOULAN, décidément un penseur hors du commun. Si je le fais c'est pour éclairer le billet d'hier et celui de tout à l'heure, le second de la journée. Souvenez-vous ! Jean CLAIR disait hier et nous disait, que "la volonté de culture a cessé d'être un mouvement transcendant".

Or, dans son Nouveau Traité sur l'Homme, FENG YOULAN explique, avec une force et une limpidité que devraient lui envier tous les pédants qui encombrent nos médias, qu'il existe divers degrés de compréhension consciente de l'Univers et de la vie humaine. Il est amené à distinguer ce qu'il appelle des "milieux d'existence", et indique que si chaque être humain a son milieu existentiel propre, il est cependant possible d'en distinguer quatre (avec toutes les gradations possibles entre les uns et les autres, qui justement viennent colorer le milieu de chacun de nous d'une nuance propre) : le milieu naturel, le milieu utilitaire, le milieu moral et le milieu transcendant.

Dans le milieu naturel, l'homme n'a qu'une faible compréhension et une faible conscience de soi, et il ne cherche pas à élucider ou à examiner. FENG YOULAN indique que ce ne sont pas seulement les hommes primitifs qui baignent dans ce milieu d'existence, mais nombre d'hommes contemporains des sociétés industrialisés. Et il a ce mot terrible (qui éclaire l'interview de Jean CLAIR) : "Parmi les chercheurs et les artistes doués d'une grande créativité, comme parmi les Bienfaiteurs de la société [...], beaucoup font en fait 'ce qu'ils ne peuvent pas se dispenser de faire et évitent de faire ce qu'ils ne peuvent qu'éviter de faire' et 'ne comprennent pas pourquoi il en est ainsi'. Le milieu existentiel de ces personnes est aussi le milieu naturel".

Le milieu utilitaire est celui de l'homme intéressé. L'activité de ceux qui vivent dans ce milieu est tout entière tournée vers leur intérêt propre, comme l'est du reste l'activité de tous les animaux. L'homme de ce milieu a une "compréhension consciente claire de soi-même et de son intérêt. Il comprend en quoi consiste sa conduite et a conscience d'avoir une telle conduite [...] Au moment où il poursuit ces genres de conduite, il comprend en quoi elles consistent, et aussi a conscience que ce sont bien les siennes."

Dans le milieu moral, la conduite de l'homme est désintéressée. Désintéressement et intérêt propre sont à la fois opposés et complémentaires. Et FENG YOULAN montre qu'une conduite qui cherche l'intérêt de la société est une conduite désintéressée. Et il ajoute : "Dans ce milieu-ci, l'homme fait preuve d'une compréhension consciente de ce qu'est la nature humaine. Par certains côtés, les institutions sociales avec leurs régulations morales et politiques sont en général des contraintes pour l'individu. Aux yeux [des hommes qui vivent] dans le milieu utilitaire, la société et l'individu sont antagonistes ; pour l'individu, la société est un mal nécessaire : clairement, la société opprime l'individu, mais l'individu ne peut s'en passer s'il veut préserver sa propre existence." Et il conclut : "Dans le milieu moral, quand même on prend, le but est encore de donner".

Le but de l'homme qui vit dans le milieu transcendant est de "servir le Ciel". " Cet homme, dit le grand philosophe FENG YOULAN, comprend qu'outre le tout de la société, il y a aussi le tout de l'Univers. [...] Celui qui vit dans ce milieu obtient une compréhension et une conscience de soi complètes et d'un niveau supérieur : il a une compréhension totale de sa nature, parce qu'il comprend le Ciel."

Ces définitions des différents milieux existentiels sont ensuite développées chacune dans des chapitres distincts.

Il est intéressant de constater que Jean CLAIR utilise le mot même mot pour indiquer que la volonté de culture a cessé d'être justement un mouvement transcendant.

Il me semble que quand deux personnes aussi différentes par la langue et la culture arrivent aux mêmes conclusions par des voies différentes mais des voies qui font usage de la pensée, il y a là des vérités qui pourraient avoir valeur universelle.

Dans le second billet de ce jour, je reprendrai ces distinctions pour essayer d'expliquer, notamment à TIPPEL, les raisons qui m'ont fait écrire le billet "Toutes ressemblances..." à propos de la mort de BEN LADEN.

dimanche 7 novembre 2010

Silence, ô silence

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Par moment, il me vient une furieuse envie d'abandonner la rédaction quasi quotidienne de mes billets. Ils me paraissent vains, inutiles, catégoriques. Et mon tempérament me pousserait plutôt au silence. Pourquoi donc me suis-je lancé dans cette aventure ? Pas de réponse hélas. Et au contraire un sentiment croissant de l'inintérêt absolu d'une telle initiative.
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Plutôt que de l'appliquer aux hommes politiques, comme j'en avais d'abord l'intention, je m'applique à moi-même ce que Thomas MERTON écrit dans son Nul n'est une île, livre exceptionnel dont je recommande la lecture à tous ceux que la recherche de la vérité intéressent. C'est en effet ce paragraphe qui, en cette minute précise, me fait hésiter à poursuivre l'entreprise du Blog :
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"Qu'il est tragique, dit Thomas MERTON, de voir que ce sont ceux qui n'ont rien à dire qui parlent sans cesse, comme des artilleurs affolés qui tirent dans les ténèbres où il n'y a pas d'ennemis. La cause de perpétuel bavardage est la mort, l'ennemi qui semble à tout instant les confronter dans les profondes ténèbres et le silence de leur être. Alors ils lui crient au visage. Ils désorganisent leur vie par le bruit. Ils s'assourdissent eux-mêmes par de vains mots, ne s'étant jamais aperçu que leurs coeurs sont enracinés dans un silence qui n'est pas mort, mais vie. Ils bavardent à en mourir, redoutant la vie comme si c'était la mort."
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Croyez bien que je ne vais pas à la pêche aux compliments. Je n'en ai nul besoin, même s'ils me touchent, car je suis un être humain, sensible à la flatterie. Mais vient un moment de la vie, où l'essentiel n'est pas là, où la question du sens, de la vocation, de la réalisation de son être profond, se pose avec insistance. Il me semble que j'en suis arrivé à ce point, sans doute bien tard dans ma vie. Mais je crois à la parabole de l'ouvrier de la onzième heure. Il n'a pas supporté le poids du jour, lui, comme ses compagnons qui travaillaient depuis l'aurore, et le maître du domaine lui donne le même salaire qu'à ceux-ci. Mais il a travaillé un peu tout de même. Il est sans doute temps que je me mette à l'ouvrage. Silence ! Ô silence !
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samedi 23 mai 2009

Sur la vie...

Lorsque j'enseignais, j'apprenais à mes étudiants comment il est possible de caractériser la vie d'une cellule ou d'un organisme. Je leur disais ceci : la vie est caractérisée par une propriété toute particulière, la croissance. Et la croissance comporte deux aspects : la possibilité d'augmenter par soi-même sa masse de matière vivante, la possibilité de se reproduire (cette dernière propriété pouvant être quelque fois absente).
Le temps et la réflexion aidant, j'ai essayé de voir ce qui caractérisait la vie humaine. Manifestement et déjà, au moins les deux propriétés que je viens de dire : il est aisé de voir qu'un bébé qui grandit augmente par son activité propre sa masse de matière vivante, et qu'un adulte qui a soin de son corps peut se muscler ; il est non moins aisé de constater qu'ordinairement l'être humain, par son activité sexuelle propre, est fécond, engendre (pour l'homme) ou enfante (pour la femme).
Mais l'homme ne peut se réduire à cela, qui caractérise la vie animale. Il est doté de parole et de pensée, et il est logique et imparable de conclure que ces caractéristiques spécifiquement humaines contribuent aussi à le rendre vivant. Comment est-il possible à l'homme, par son activité propre, d'accroître l'efficacité de sa parole, la pertinence de sa pensée, la capacité relationnelle, que l'on peut analogiquement assimiler à la vie organique ? Il me semble que l'étude, la culture, le dialogue avec l'autre sont des activités qui peu à peu, nous rendant plus maître de nous-même et plus proche des autres contribuent à nous faire grandir. De même, la fécondité peut être de nature spirituelle. De grands auteurs, de grands philosophes, de grands explorateurs, peuvent avoir des émules, ou plus sûrement des disciples qui leur reconnaissent une paternité spirituelle.
Voilà où m'amène ce matin l'état de ma réflexion. Elle est certes imparfaite, mériterait d'être creusée. Mais j'ai tellement eu l'occasion de vérifier pour moi-même la pertinence de ces constatations que je ne peux m'empêcher de vous les faire connaître : l'étude, le dialogue sublimés en connaissance et en amour (l'une étant l'antichambre de l'autre) me semble être des conditions indispensables au développement humain.

lundi 13 avril 2009

Retrouvailles

Nous avions été nommés au début des années soixante-dix. Nous débordions d'enthousiasme. Au sein de l'Association des Professeurs de notre discipline, nous respections nos vieux maîtres, mais nous les trouvions un peu compassés, représentant la vieille école. Nous avions donc décidé, tacitement, je le souligne, de donner de la force et de la visibilité à nos disciplines. Une très forte amitié s'était nouée entre nombre d'entre les membres de ce groupe informel. Certains d'entre eux nous ont quittés : Madedeleine, Jacqueline, Jeannette, restent dans notre souvenir. Ce furent des collègues profondément aimées pour leur compétence et leur gentillesse.
Les temps ont passé et nous avons quitté la scène d'un théâtre universitaire qui me paraît aujourd'hui un peu vain. Je ne renie point les pièces que j'y ai jouées du mieux que j'ai pu ; j'ai passionnément aimé mon métier, et le contact avec des jeunes en recherche de repères, tout remplis de projets pour leur vie a été pour moi comme une profonde respiration. Mais je n'ai point de goût pour le passé. J'y pense pour mieux rebondir dans ma vie d'aujourd'hui.
Voici venu justement le temps des retrouvailles et du présent. Claude, une très chère amie, a pris l'initiative de nous réunir bientôt chez elle. Certes le temps a quelque peu modelé nos visages. Mais notre amitié est restée intacte. Au cours de la préparation de ce week-end (prévu pour l'automne) qui réunissait quelques comploteurs, j'ai pu constater combien notre départ de l'Université n'a en rien altéré notre optimisme et notre goût de vivre. Claude et son mari, devenus des spécialistes de castellologie, restaurent avec une sage frénésie, le vieux château qu'ils habitent. Ils l'avaient acheté bien délabré ; il fallait sans doute être un peu fou pour se lancer dans une telle aventure. Louis et Jeannine s'occupe de leurs petits enfants, pélerinent sur la route de Compostelle, et - pour Louis - arpentent les collines en quête de gibier quand est venu le temps de la chasse. Andrée partage son temps entre son jardin, blotti aux pieds des Pyrénées et ses activités scientifiques ; car elle est restée une très grande spécialiste internationale de la normalisation des méthodes microbiologiques. Georges est un peintre de talent (et je vous invite à voir ses toiles : tapez sur votre moteur de recherche "peintures de gym" et vous trouverez l'adresse de son site.
Vous avouerais-je que, personnellement, je me consacre avec passion à l'étude de la Chine féodale et impériale, ainsi qu'à la Chine contemporaine, à quoi j'ajoute comme activité manuelle la reliure traditionnelle, et un engagement associatif à Tibériade.
Il est bon en ces temps de Pâques où nous fêtons la victoire de la vie sur la mort, de l'éternité sur le temps ravageur, de célébrer ces retrouvailles. Tout ce qui unit les hommes fait monter l'humanité tout entière, et tout ce qui nous permet d'habiter notre vie ici et maintenant, de partager nos histoires et nos légitimes passions, nous vivifie et permet de diffuser dans notre entourage une joie de vivre que le temps n'ont pas altérée.
Appelés à la vie, nous goûtons en préfiguration la vie éternelle. Merci à vous très chers amis à qui je dois tant. Et à bientôt.

lundi 27 octobre 2008

Economie du bonheur

Lu ce matin, dans Métro, le journal gratuit, un petit entrefilet qui laisse rêveur. Des chercheurs de l'Université du Michigan ont montré que "sur une longue période, le sentiment du bonheur reste stable alors que le pouvoir d'achat augmente". Des économistes ont défini les facteurs qui doit être pris en compte pour parvenir à ce sentiment lequel va engendrer, selon eux, l'émergence d'un nouveau modèle : "la santé, la satisfaction au travail, les enfants, le sentiment de liberté, l'adhésion à des valeurs". L'entrefilet ajoute que les Français sont les derniers dans l'Union Européenne sur "tous ces indicateurs de bien-être". Philippe MOATI commente ainsi ces résultats : "Ils [les Français] sur la question du pouvoir d'achat, des angoisses existentielles. Certains veulent consommer pour remplir un vide".
Il me semble que ces modestes données devraient être prises très sérieusement en considération. Nous vivons une crise des valeurs et une valeur, disait mon cher LANZA del VASTO, est une quantité de qualité. Or nos hommes politiques, de droite comme de gauche, font dans la quantité, dans les chiffres, dans les statistiques. Ce que veulent nos contemporains, obscurément mais fortement, ce n'est pas avoir plus, mais être plus, c'est-à-dire trouver du sens à leur vie. Si l'on se souvient que le sens est un acte qui tend à apaiser une tension intérieure, en en dévoilant une autre en même temps, une autre qui n'est pas quelconque, alors on comprend que l'acte apaisant ne peut être quelconque, et que la succession d'actes ne l'est pas non plus. Je renvoie le "travailler plus pour gagner plus" de la droite au "et le pouvoir d'achat ?" de la gauche au magasin des illusions, du penser faux, d'une anthropologie croupion. L'homme a autant besoin de relations que de pain. Et être en relation n'est pas être en communication. La relation suppose l'existence de deux sujets symétriques. A creuser si l'on cherche à développer l'économie du bonheur. Mais il y faut du courage. Sans doute la course à l'abîme continuera-t-elle jusqu'à ce que s'impose l'évidence de la fraternité ontologique des hommes, de tous les hommes, sur un pied de symétrie, et non de dépendance, qu'elle soit revendicatrice ou de domination.

dimanche 24 février 2008

Vous Nous avez faits pour Vous...

"Vous Nous avez faits pour Vous, Seigneur, & notre coeur est inquiet, jusqu'à ce qu'il se repose en vous" dit Augustin d'Hippone dans ses Confessions (Livre I, chapitre I).
L'abbé GROU, un ecclésiastique du XVIIIe siècle, commente ce texte d'une manière qui me semble très pertinente ; j'en extrais ce court passage : "Tant que nous avons fait notre Dieu des richesses, des plaisirs, des honneurs ; tant que nous avons prétendu y trouver notre béatitude, jamais nous ne l'y avons rencontrée. Une voix intérieure nous criait : ton bonheur n'est pas là ; tout cela ne te remplit pas ; tes désirs vont toujours au-delà de ce que tu possèdes ; ton coeur ne cesse de demander ; et tout ce que tu lui donnes, ne fait qu'irriter ta faim. Tu as eu, il est vrai, quelques moments d'ivresse ; mais est-ce dans l'ivresse, dans l'aliénation de la raison, qu'est le bonheur d'un être raisonnable ?"
Il est intéressant de noter qu'au tout début du commentaire, avant l'extrait que je viens de citer, l'abbé GROU dit ceci : "Cette sentence est le premier Principe de la Morale ; & elle rend raison des agitations du coeur humain..."
J'invite monsieur Julen DRAY, dont j'ai vigoureusement critiqué l'appel a combattre "une vision religieuse de la société", à se poser les questions qu'a si bien formulées l'abbé GROU. Trouve-t-il plénitude et sens dans le seul combat politique ? Et s'il lui advenait d'être battu aux élections, comment réagirait son coeur ? N'a-t-il jamais fait, ne fût-ce qu'un instant, l'expérience terrible de la vanité des succès, de la possession, des plaisirs ? Voilà qui me paraît impossible. Et voilà pourquoi il me semble que ces interrogations essentielles doivent porter toute vision, tout projet, toute action politiques. Il n'est pas demandé aux politiques d'y apporter des réponses toutes faites. Il leur est demandé de permettre à leur frères et soeurs en humanité de se les poser. Et ceux-ci ne le peuvent que si les besoins élémentaires de leur nature sont satisfaits. C'est là, la justification fondamentale des exigences de justice sociale : permettre à tout être humain de se poser les vraies questions : celle du sens de sa vie, celle de sa fin, celle de son bonheur. Il ne le peut que si les exigences de sa nature sont satisfaites.
Citations tirées de l'ouvrage ci-dessous :
Abbé GROU.
Morale tirée des Confessions de S. (sic) Augustin.
Tome premier. (Chapitre premier, page 5)
A Paris, Chez Mérigot, jeune, Libraire, Quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, 1786. (Je possède ce livre dans ma bibliothèque.)