Affichage des articles dont le libellé est Chrétienté. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chrétienté. Afficher tous les articles

jeudi 18 août 2022

BILLET DU 18 AOÛT 2022. L'EUROPE, UN NOUVEAU MOT POUR EVITER DE DIRE CHRETIENTE !

Je continue de farfouiller dans mes notes. Il faut que je vous explique comment je fais. Toutes les fois que je lie un livre, et qu'un passage me trouve réceptif et intéressé, je le dactylographie. J'ai ainsi accumulé des centaines de pages. Cette fois-ci, je retombe sur les notes que j'ai prise d'un livre absolument remarquable de Rémy BRAGUE (Modérément moderne, Flammarion, Paris, 2014). J'admire ce philosophe, la clarté de sa pensée et la finesse de ses analyse. Voici un petit extrait de ce livre (page 39)

"Commençons pas un paradoxe : l’usage du mot « Europe » en son sens actuel est pour l’essentiel un usage récent. Le mot lui-même est bien sûr fort ancien. Mais c’est à partir des Temps modernes que l’on s’est mis à l’employer de plus en plus fréquemment, et comme substitut destiné à remplacer le mot Chrétienté. L’Europe était supposée être la scène sur laquelle se jouait le drame de la civilisation. Elle devait être aussi le parterre, ou le surmoi, qui devait juger les hommes et les faits selon leur conformité au projet des Lumières. L’époque était friande de ces mots qui ne signifiaient rien de nouveau, mais qui avaient l’avantage de refouler dans l’oubli des notions qui désignaient des réalités chrétiennes comme pour, pour reprendre un exemple mentionné plus haut, dire « bienfaisance » permettait d’éviter « charité ». De la sorte, l’expression « Europe moderne » est presque un pléonasme."

Europe moderne = pléonasme ! Exact, mille fois exact. Et nous n'avons que faire de ces structures dont les fonctionnaires viennent d'augmenter leurs salaires, indemnités, émoluments, traitements de 8 % (à cause de l'inflation !). En fait je devrais utiliser le mot "gages", celui que jadis on employait pour désigner les sommes dues aux domestiques des grandes maisons. Il est urgent, très urgent de quitter un navire en voie de perdition, conçu pour le confort des riches et la pax americana pour retrouver ce qui a toujours fait la grandeur de notre patrie : la liberté, et le sens de l'honneur. Nous n'avons pas à nous coucher devant les exigences des Américains, des pétroleurs de la péninsule arabique, et des insultes venues de pays qui nous doivent tout (je pense en particulier à l'Algérie).

mardi 25 juin 2019

Dimanche 23 juin 2019. La faute de Jacques Chirac et de Lionel Jospin...


-->
-
COMBAT POUR LA VÉRITÉ.
-
"[…]. L’aide au développement doit bien évidemment continuer, mais le combat contre le terrorisme est moins un combat contre la pauvreté qu’un combat pour la vérité, et c’est donc un combat d’idées. Si la modernité a affaibli la religion sur le sol européen, les progrès technologiques qu’elle a engendrés, alliés à l’espace indéfiniment ouvert de la mondialisation, ont fourni des pouvoirs démesurés de propagande, d’endoctrinement et de décervelage à ses figures les plus archaïques. L’école est aujourd’hui désemparée devant ce défi."
In
André PERRIN.
Scènes de la vie intellectuelle en France. L’intimidation contre le débat. Préface de Jean-Claude MICHÉA. (Collection "Intervention".)
L’artilleur/Toucan éditeur indépendant, Paris, 2016. (Page 189.)
-
COMMENTAIRES : LA LAÏCITÉ FAIT LE LIT DE L’ISLAMISME.
-
J’ai, à plusieurs reprises, donné des extraits de cet ouvrage qui, à mon avis, est absolument essentiel. Il est évident que les peuples à majorité musulmane sont des peuples fondamentalement religieux. Nous ne saurions le leur reprocher. Mais nous pouvons déplorer que les défenseurs acharnés de la laïcité, au premier rang desquels il faut ranger les Francs-maçons, défendent un système qui ne peut avoir aucune prise sur les mentalités collectives des musulmans, non plus que sur leurs pratiques personnelles.
Je reçois tous les jours des mails, des vidéos, des histoires qui dénoncent l’islamisation galopante de la France, et la déplorent. Mais nous sommes absolument responsables de cette situation, nous les Français de longue date. Nous avons chassé Dieu de l’espace public et nous déplorons que ceux dont la vie politique, familiale, économique baigne dans le religieux, l’y introduise, poussés, bien entendu, par des éléments radicaux qui se moquent en réalité de Dieu, mais satisfont leur ego boursoufflé en voyant leur influence s’étendre, au prix de menaces, parfois de violences, et surtout de subventions.
Nous, les apostats, nous sommes perdants à ce jeu-là. Nul ne dira jamais assez la responsabilité historique de Lionel JOSPIN et de Jacques CHIRAC qui ont refusé que l’on introduisît dans la constitution européenne l’évidente origine chrétienne de l’Europe. Cette origine a déterminé non seulement sa constitution politique, ses arts, sa culture mais encore le sentiment d’une appartenance commune à une communauté de destin.
Je suis toujours très frappé de voir que des musulmans fervents aiment et même admirent des chrétiens fervents. J’en ai fait l’expérience avec mes élèves musulmans pour lesquels je garde une affection indéfectible.
Et si nous voulons intégrer ces peuples lointains qui affluent chez nous, nous ne le pourrons pas autrement que par l’évangélisation. Que les imbéciles, les LGBTistes, les LREMistes, les PMAtolâtres continuent ainsi, et ils récolteront ce qu’ils ont si inconsidérément semé. Le mépris et le repli sur soi de ces communautés qui, n'ayant pas encore l'influence politique qui leur permettrait de renverser ces tendances idolâtres, immorales et mécréantes.
Pour ce qui me concerne, j’essaye de m’informer sur les origines de l’islam, sur les problèmes soulevés par l’origine du Coran, sur les questions exégétiques dont il faudra bien qu’un jour les intellectuels musulmans se saisissent. Et je m'efforce de dialoguer là où cela est possible.

jeudi 28 mars 2019

Jeudi 28 mars 2019. Note brève à tonalité européenne !


-
BERNANOS PARLE DE L’EUROPE.
-
"Je ne vois aucune possibilité d’un rétablissement politique de l’Europe par des moyens politiques.
"Si la distinction subsiste entre pays totalitaires et pays libres, l’avantage sera en faveur des États totalitaires. Et si toute l’Europe devient totalitaire, le remède sera pire que le mal. L’expérience semble malheureusement démontrer que les démocraties n’ont été qu’une étape de l’évolution de la société capitaliste qui détruisit la société chrétienne. La société moderne n’est pas viable. La ridicule disproportion entre son énorme complexité économique et la faiblesse et l’inefficacité de sa morale utilitaire éclate aujourd’hui aux yeux de tout le monde. Le monde actuel possède infiniment trop de puissance pour ce qu’il a d’honneur."
In
Georges BERNANOS.
La révolte de l’esprit. Écrits de combats (1938-1945). ("Le goût des idées". Collection dirigée par Jean-Claude ZYLBERSTEIN.) Présentation de Gilles BERNANOS.
Les Belles Lettres, Paris, 2017. (Page 15.)
-
COMMENTAIRES.
-
Ce texte prophétique date de 1938. L’ombre de l’un des plus cruels dictateurs qui fut jamais s’étend alors sur l’Europe centrale et s’apprête à enténébrer le reste de notre continent.
BERNANOS voit très clair, et les événements actuels lui donnent raison à quatre-vingts ans de distance.
Les démocraties ou régimes qui se prétendent tels n’ont été qu’une étape de l’évolution de la société capitaliste vers la tyrannie. BERNANOS observe que cette société ne pouvait se développer qu’en détruisant la société chrétienne. Les bons bourgeois libertins, dézingués avec alacrité par Léon BLOY, se devaient de détruire jusqu’à ses plus profonds fondements une société faite d’hommes et de femmes qui respectaient le repos du dimanche, se signaient au moment de l’Angélus, et se rendaient à la messe hebdomadaire, honoraient les jours maigres et avaient des mœurs, comme le dit si bien notre très cher Gustave THIBON. Les bons bourgeois libertins ne s'intéressaient qu'à l'argent, au commerce, à l'industrie, au capital.
Nous voyons aujourd’hui comment se développe une société de douce tyrannie, avec ses lois ridicules, ses contrôles électroniques du contenu des réseaux sociaux, ces vidéosurveillances, ces CRS, gendarmes, ces policiers qui obéissent à leurs chefs, parce que c’est de cette obéissance aveugle qu’ils tirent leur pitance. Nous voyons triompher l’abolition des différences : celle des sexes, celles des peuples ; celle des générations ; nous voyons triompher l’iniquité du mariage homosexuel qui implique (et ses promoteurs le savaient pertinemment) le droit à avoir des enfants par tous les moyens ; nous voyons fleurir les sites de rencontres extraconjugales, la pornographie qui enchaînent tant de jeunes, le blasphème s’étaler en France à la une de la plus ignoble des publications qui fut jamais. Il n’y a plus que des interdictions, des normes, des principes de précaution ; le risque et l’imprévu qui faisaient le sel de la vie sont bannis de la Constitution. Et chaque individu peut se résumer à son numéro de sécurité sociale, en quoi il se rréduit pour une administration aveugle.
Nous avons le pouvoir de refuser ce monde de la pseudo-transparence, de la tyrannie du fisc, de la manipulation des médias, et du tout connecté.
Et si nous voulons une véritable Europe, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, refusons catégoriquement le modèle que nous présentent les politiques actuels, monsieur MACRON en tête. Nous ne voulons rien qui ressemble de près ou de loin à une grande foire d’empoigne économique ; nous ne voulons pas d’un système ou quelques grossiums agissant dans l’ombre prennent des décisions qui affectent la vie quotidienne de millions d’Européens. Au diable la BCE, l’Eurogroupe et les fonctionnaires de Bruxelles ! Tout cela a été admirablement analysé par Yanis VAROUFAKIS. On le dit gauchiste ! C’est faux. Il était simplement un humaniste qui ne se satisfaisait pas de voir les Grecs ses compatriotes fouiller dans les poubelles pour se nourrir (il s’agit là de ma part d’une image, qui traduit l’état d’extrême pauvreté dans lequel la BCE, le FMI et l’UE ont réduit la Grèce).
Je ne donnerai jamais ma voix à une Europe qui veut se construire par des moyens politiques et/ou économiques. Cela ne se peut. Mais elle peut naître vraiment par des moyens spirituels. C’est à quoi nous devons nous employer. Et ne doutez pas que les attaques multipliées contre l’Église catholique qui hélas a laissé pourrir en son sein des situations inacceptables n’ont qu’un seul but : empêcher la renaissance d’une Europe, mère d’une incomparable civilisation chrétienne.

dimanche 18 mai 2014

18 mai 2014. Nouvelles de la résistance : Quand le capitaine Margeret parle de la Russie :

-
Non, ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c'est la lâcheté.
-
1. La citation du jour.
-
C'est en 1607 que, sur l'ordre d'Henri IV, un certain capitaine MARGERET rédigea son Estat de l'empire de Russie et grand duché de Moscovie. Avec ce qui s'y est passé de plus mémorable et tragique pendant le règne de quatre Empereurs : à sçavoir depuis l'an 1590 jusques en l'an 1606, en septembre. (Editions du Genet, Paris, 1946.)
Je possède ce livre que j'ai relié moi-même avec soin. Je viens de lire l'adresse que l'auteur adresse au "Roy Henri IV". Il connaît bien la Russie, puisque qu'après avoir servi Henri de Navarre contre les ligueurs, il s'est exilé et au moment où il rédige ce mémoire, est au service du tsar Boris GODOUNOF. Voici le début de ce tte adresse que nos hommes politiques (et d'autres comme monsieur Bernard HENRI-LEVY) feraient bien de méditer :

"Sire,

Si les Sujets de votre Majesté qui voyagent en pays éloignés faisaient leur relation au vrai de ce qu'ils ont vu et marqué de plus notable, leur profit particulier tournerait à l'utilité publique de votre Etat : non seulement pour faire voir, rechercher et imiter ce qui est de bon et d'industrieux chez autrui, étant très vrai que Dieu a disposé toutes choses en sorte que pour mieux entretenir la société entre les hommes, les uns trouvent ailleurs ce qu'ils n'ont pas chez eux ; mais aussi cela donnerait coeur à nombre de jeunes gens oisifs et casaniers d'aller chercher et apprendre la vertu dans le pénible, mais utile et honorable exercice des voyages et des armes étrangères, et lèverait l'erreur à plusieurs qui croient que la Chrétienté n'a bornes que la Hongrie.
Car je puis dire avec vérité que la Russie de laquelle j'entreprends ici la description par le commandement de votre majesté, est l'un des meilleurs boulevards de la chrétienté ; et que cet Empire, et ce pays-là, plus grand, puissant, populeux et abondant que l'on croit, et mieux muni et défendu contre les Scythes et autres peuples Mahométans que plusieurs ne jugent.
La puissance absolue du Prince en son Etat le rend craint et redouté de ses sujets, et le bon ordre et police du dedans le garantit des courses ordinaires des Barbares.
[...]."
-
2. Commentaires.
-
Pendant que monsieur Bernard HENRI-LEVY se fait photographier dans un studio, devant des barricades en carton pâte pour témoigner au monde de son intrépidité (mesurée) lors de la révolte des Ukrainiens, la RUSSIE, qui n'a jamais changé, malgré le communisme, cherche à garder ou à retrouver son rôle en Europe orientale, un rôle multiséculaire. Elle ne l'a pas toujours rempli avec justice ; elle fut inéquitable avec la POLOGNE et les Etats baltes ; ses chefs ont souvent agi avec violence voire cynisme. Mais l'histoire nous apprend qu'elle a appliqué avec constance cette politique étrangère et qu'il convient d'en tenir compte si l'on veut régler pacifiquement avec elle des conflits du genre de ceux qui déchirent l'UKRAINE. Car, à la différence de nos nations (j'emploie nation avec répugnance, car c'est une idée sortie tout droit du cerveau des philosophes des Lumières, illustrée avec la douceur que l'on sait par les ROBESPIERRE, les SAINT-JUST, les TURREAU, les WESTERMANN, les FOUQUIER-TINVILLE ; mais il semble que les patries aient disparu, ce qui n'est que provisoire), la RUSSIE n'a jamais renié son âme. Des SAKHAROV, des SOLJENYTSINE, par exemple, ou des ROSTROPOVITCH, ont maintenu cette flamme spirituelle si caractéristique de la chrétienté orientale. Nos âmes occidentales, nous les avons remplacées par le ventre et par le sexe, avec le résultat que l'on sait : on arrange des traités de libre commerce avec les USA, au profit des seuls grands groupes, et l'on donne comme os à ronger aux citoyens européens, des "droits" élargis en matière d'avortement, d'euthanasie, de sexualisation de l'enfance, de contraception. Bel avenir que celui d'un conglomérat d'intérêts divergents, guidé par d'abstraits principes et de très concrets profiteurs de l'aubaine qu'il offre. Bel avenir en vérité pour nos jeunes qui voit leur monde à hauteur de leur nombril et le plus souvent au-dessous.
J'ai bien envie de dire qu'il nous faudrait des saints pour constituer la Commission européenne. Il ne me semble pas que monsieur Martin SCHULTZ ou monsieur JUNKER, candidats déclarés à la Présidence de la Commission que doit abandonner monsieur BARROSO, répondent très exactement à la définition de ces pieux personnages.
Je trouve fort intéressantes les remarques de BERGERET sur les prétendues limites de la chrétienté arbitrairement fixées à la HONGRIE, et encore plus son opinion sur le rôle que joue la RUSSIE dans la défense contre les Barbares, au nombre desquels il met les musulmans de l'Asie centrale qui, à l'époque, étaient en effet fort turbulents (je pense notamment au Turkmènes).
-
3. Diverses infos.
-

Le candidat EELV Pascal Durand veut combattre les "cathos" (Via le Salon beige)

Le candidat écologiste qui se présente en Ile-de-France pour les élections européennes du 25 mai déclare dans ce journal LGBT :
"Je ne crains rien ni personne. On est dans le monde réel, on sait qu’on a des adversaires et on les traitera en tant que tels. Les miens ne sont pas au PS ou dans les autres partis mais dans les lobbys anti-avortement, cathos, réactionnaires ou d’extrême droite. On se battra démocratiquement, avec nos armes, que sont le dialogue et le verbe. On n’a pas peur d’eux. Et on ne leur laissera pas le terrain."
Maintenant vous imaginez un candidat déclarant la même chose, en remplaçant "cathos" par "musulmans" ou "juifs"...
Je crains que les armes de monsieur DURAND soient surtout le verbe ! Quant au dialogue, je suis perplexe ! Décidément EELV est un véritable repaire d'imbéciles bernanosiens !
-
Les homens à NANTES pour la journée de la jupe (via le Salon beige).


-
Les Gavroches devant le Ministère de l'Education nationale (merci à Guillaume !)
-
-
Le 21 mai à LYON contre le gender (via le salon beige).
-









lundi 14 mars 2011

Et si Pascal avait raison ?

-
Notre grand Blaise PASCAL a produit un écrit peu connu et qui ne semble pas figurer dans ses Pensées. Il est intitulé Comparaison des anciens chrétiens avec ceux d'aujourd'hui. Selon moi, ce texte n'a pas pris une ride. Et comme nous avons quitté une société de chrétienté et un christianisme sociologique, comme il n'y a plus de lutte entre la laïcité et l'Église institution, celle-ci ayant rendu les armes devant celle-là et que nous avons quitté (heureusement) le temps du christianisme idéologique, il est bon de revenir aux premières heures de l'aube, celles qui vit naître de nombreux disciples.
-
"On ne voyait, à la naissance de l'église, dit PASCAL, que des chrétiens parfaitement instruits dans tous les points nécessaires au salut : au lieu que l'on voit aujourd'hui une ignorance si grossière, qu'elle fait gémir tous ceux qui ont des sentiments de tendresse pour l'église. On n'entrait alors dans l'église qu'après de grands travaux et de longs désirs : on s'y trouve maintenant sans aucune peine, sans soin et sans travail. On n'y était admis qu'après un examen très exact ; on y est reçu maintenant avant qu'on soit en état d'être examiné. On n'y était reçu qu'après avoir abjuré sa vie passée, qu'après avoir renoncé au monde, et à la chair et au diable : on y entre maintenant avant qu'on soit en état de faire aucune de ces choses. [...]"
-
Sans doute y a-t-il à redire sur quelques points de ce constat. PASCAL était austère. Il était janséniste. Mais tout de même, il me semble que nous en sommes revenus à ces temps d'idolâtrie et de décadence, aussi bien dans les moeurs que dans la culture, pour ne rien dire de la politique, et qu'il revient aux disciples de Jésus de suivre vraiment ce qu'enseignait leur Maîtrre. Car si le sel s'affadit, avec quoi salera-t-on ?
-
La première des obligations consiste à mettre en accord ses actes avec ses paroles ; la seconde, à dénoncer les attaques sournoises, ridicules, sordides, ou inconséquentes dont l'Église fait l'objet. Dans le second billet de ce jour, je vais vous donner un bel exemple d'esprit faux, dont les propos ont été hébergés récemment par le journal Le Monde et qui sont proprement intolérables pour tout estrpit droit.
-

mardi 8 mars 2011

L'europe et l'Asie pour le millième billet

-
C'est aujourd'hui le millième billet de ce Blog. Je voudrais combiner aujourd'hui les deux centres d'intérêt autour desquels j'ai tourné depuis mon premier billet : la politique, non point dans ses aspects politiciens, mais comme l'art de gouverner les peuples et les hommes en leur rendant ce qui leur est dû parce qu'ils sont des hommes ; et la Chine, ma deuxième passion.
-
Gilbert Keith CHESTERTON, homme de lettre et journaliste anglais, a publié dans le journal londonien Illustrated London News, quarante-deux propos, au cours de l'année 1927. Ces propos ont été rassemblés en un ouvrage qui, dans sa traduction française, porte un titre très évocateur : A bâtons rompus. Il parle de toutes sortes de choses avec profondeur et en même temps légèreté, comme vous pourrez le constater dans ce qui suit (il suffit de se rappeler que nous sommes dans le premier tiers de XXe siècle quand ces lignes ont été écrites ; elles sont extraites du quatrième article intitulé A propos de l'Europe et de l'Asie).
-
"Pour ce qui est de l'opinion exprimée par un capitaliste de tout premier plan selon laquelle tout eût été bien en Chine si nous avions retiré les missionnaires et sans doute laissé seulement les marchands, je dirai personnellement (pour corriger légèrement le propos) que tout eût été bien si nous avions retiré les marchands et laissé les missionnaires. Mais sous réserve de cette différence, je serais tout à fait prêt à accepter en bloc le fond et la forme de sa phrase.
[...] Si notre civilisation a quoi que ce soit à donner aux autres population de la planète, ce doit sûrement être de leur apporter des idées d'homme et pas seulement de leur vendre des pantalons, des chaussures et des chapeaux melons. [...] Notre tournure d'esprit concernant l'expansion des méthodes européennes en Asie a toujours été d'une inconséquence des plus confuses et immorales. Nous avons insisté pour qu'ils aient des machines et nous nous sommes opposés à ce qu'ils aient des mitrailleuses ; nous leur avons souvent permis d'entrer dans nos académies et interdit de prendre place à leurs propres assemblées nationales ; nous nous sommes moqués d'eux parce qu'ils portaient leur propre costume, puis moqués d'eux parce qu'ils portaient le nôtre. [...] La question chinoise est vraiment sérieuse et il est temps que le Chinois nous apparaissent sérieusement pour ce qu'il est en soi et non pour ce qu'il nous apparaît à nous, [je veux dire] l'incarnation de quelque chose d'extravagant et d'extrême, aux extrémités de la terre."
-
Et un peu plus loin, ceci :
"Bref, l'Européen prend un air supérieur, mais pas dans le domaine où il est vraiment supérieur. A cet égard, il y a une ironie très étrange et une contradiction, voire même un renversement de situation. Non seulement l'Asie a emprunté tout ce que l'Europe a de mauvais, mais l'Europe elle aussi a très largement puisé dans tout ce que l'Asie a de mauvais. [...] Nous n'avons pas réussi à faire que le lointain Asiatique se sente chrétien, mais nous avons réussi à lui donner l'allure d'un malotru [CHESTERTON fait ici allusion à la laideur et la vulgarité des vêtements des Occidentaux]. Ceci me paraît l'une des plus étranges et des plus sinistres de toutes les contradictions historiques, lorsque nous considérons ce que la chrétienté avait à donner et ce qu'elle a donné."
-
Tout le développement qui suit est d'une profondeur incroyable. Je n'ai pas pour le moment le loisir de le détailler. Je dirai simplement que pour CHESTERTON, le meilleur de l'Europe ("l'esprit de libre arbitre, d'engagement personnel chevaleresque et charitable, ce vent frais d'espoir", "les idées courageuses et vivifiantes, de celles qui rendent possible la vie en commun, la chrétienté en a infiniment plus que n'importe quelle culture") nous n'avons pas su, ou surtout pas voulu le transmettre. Révolution Française oblige, rationalisme des Lumières et sociétés de pensée qui le soutenaient, de même. Et c'est ainsi que HEGEL s'est payé le luxe ridicule de refuser à CONFUCIUS le statut de philosophe que les Jésuites européens lui avaient pourtant accordé vers la fin du XVIIe siècle, en publiant leur Confucius sinarum philosophus. Chercher l'erreur ; considérez les résultats ; regardez qui a honoré et compris l'esprit de la Chine, et qui a rêvé de "pendre le dernier prêtre avec les tripes du dernier roi". Oui, cherchez l'erreur. Soyez honnête, et dites si nous avons gagné à mettre MARX et LENINE au coeur de cet immense pays, au lieu et place de JESUS.
-