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dimanche 21 août 2022

BILLET DU 21 AOÛT 2022. LE SILENCE PLUTÔT QUE LES MEDIAS.

 "[…]. À l’époque, dans le petit monde des médias et de l’édition où je travaillais, il n’était pas très « tendance » de se dire chrétien. L’écho de ce livre, à mon corps défendant, me désigna donc comme un « catho ressource » pour les assistants ou assistantes qui aident les producteurs d’une émission de télévision à composer un plateau. Dès qu’il s’agissait d’un sujet plus ou moins religieux, j’étais prié de venir tenir mon rôle. Je l’ai fait quelquefois, pour des raisons que je pensais bonnes. Ne fallait-il pas que le point de vue chrétien fût représenté et défendu ? C’était faire montre d’innocence, pour ne pas dire de crédulité.

   " Après quelques expériences, j’ai rompu avec cette fonction dédiée au bavardage audiovisuel. Je me suis mis aux abonnés absents. J’ai déserté ces faux débats. Sous les projecteurs, ils étaient forcément sommaires et approximatifs. Mimiques solennelles de l’animateur : « À ma droite les catholiques Dupont et Durant ; à ma gauche l’athée Martineau et l’agnostique Boutinon. Messieurs, vous aurez chacun douze minutes. Soyez brefs. »" 

Et encore ceci :

"Au moment même où le christianisme m’apparaît plus fragile que jamais, au moins en France, la grande rumeur médiatique le désigne comme le danger du siècle. C’est fou ! Depuis quelques années, il ne se passe guère de mois sans qu’un magazine ne s’alarme sur un ton (faussement) affolé. Ces rédacteurs en chef rassemblent tout leur courage pour annoncer ― souvent à la une ― le « grand retour des cathos ». Lisant cela, je songe aux églises vides de Charente, au désarroi des paroissiens, à l’exténuation des prêtres et aux messes clairsemées." 

In Jean-Claude GUILLEBAUD.

La foi qui reste.

L’iconoclaste, Paris, 2017


Ces journalistes de pacotille, que raille si bien Jean-Claude, me fatiguent. Ces politicards laïcolâtres me fatiguent. Plus que jamais, je SAIS qui est le  Chemin, la Vérité et la Vie. Et je me moque de savoir si on me prend pour un ringard, un attardé, un fanatique ou un obscurantiste.

Résister au monde qui nous hait, Croire au Christ qui nous sauve, Vivre en vue de la vie éternelle.


mercredi 5 juin 2019

Mercredi 05 juin 2019. Mes chroniques : celle des cocus, et celle, terrible des pauvres.

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CHRONIQUE DES COCUS (SUITE).
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Vous l’auriez su AVANT, vous auriez quand même voté pour ce parti, ô chers cocus cathos ?

Le Méphisto aux petits pieds a bien attendu que les élections soient passées pour lancer son offensive. Misérable Guérini ! Il doit s'attendre à de TRES SERIEUSES MANIFESTATIONS.
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CHRONIQUE DE LA BIEN-PENSANCE.
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Éric Zemmour répond à l’imbécile de service, et il a parfaitement raison.

Je sais que ça va faire de la peine aux bien pensants. Mais nous n’avons aucune obligation à garder chez nous des délinquants étrangers. Il faut aussi arrêter les flux migratoires, ou, si on les accepte, alors il faut accueillir dignement les migrants, et, pour ce faire, augmenter les impôts, notamment des grandissimes fortunes qui plaident pour la mondialisation, l’exploitation éhontée de la main-d’œuvre étrangère, et l’évasion fiscale. Laisser pourrir dans les ordures et les rats, sous les ponts du métro aérien des dizaines de migrants est proprement scandaleux. Il n’aurait pas fallu en arriver là, et faire savoir alors que ne pouvant plus accueillir tant d’Africains et d’Asiatiques, nous les renverrions dans leur pays d’origine. Si nous ne le pouvons ou ne le voulons, alors allons jusqu’au bout de la vraie fraternité et partageons. Qui est prêt ? Chiche ?

Mais il faudra faire attention à ses filles.

Car le Pakistanais en question était homosexuel comme moi je suis vice-camerlingue au Vatican !

La grande peur des bien-pensants et Poncefrelu-Pilatoquet jubile !

Cher Léon BLOY, hélas, vous n'êtes plus là pour tonner contre cette bourgeoisie bien nourrie qui préfère l'ordre à la justice.
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CHRONIQUE DES DONNEURS DE LEÇON.
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Je propose que ces avocats reçoivent chez eux ces damnés de l’Irak qui, il y a encore quelques mois, ont tué, décapité, massacré tous ceux qui ne leur revenaient pas.

Ainsi, ces défenseur de la "justice" seront en bonne compagnie.

Les pétitions de Boboland.

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CHRONIQUE D’UN SCANDALE.
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Un million de Français vivent SOUS le seuil de pauvreté. Boboland ne pétitionne pas. Les bien-pensants pas davantage.


Heureusement, il y a Jean-Claude GUILLEBAUD. Lui il se donne du mal. Gratitude pour cette homme de bien.


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Oui, c'est bien ce que le laudateur des premiers de cordé dit aux Pauvres, à commencer par nombre de Gilets jaunes.


 
 Manifestation du 1er mai 2019 à Lyon. © Laurent CERINO/REA

dimanche 25 novembre 2018

Dimanche 25 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Vivre en créature, pas en machine


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.

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ROD DREHER ET L’USAGE DES OUTILS.
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"Certaines personnes soutiennent que la technologie n’est que l’application de la science et que sa portée morale dépend de l’usage que l’on en fait. Ce point de vue est naïf. « Avant d’être un instrument, la technologie est d’abord une façon de voir le monde, qui porte en elle-même une conception particulière de l’être, de la nature et de la vérité », déclarait le philosophe des sciences Michael HANBY en 2015, lors d’un rassemblement catholique.
"Qu’a-t-il voulu dire par là ? Pendant des millénaires, les hommes ont utilisé des outils pour modifier leur environnement. Mais ce qui a donné naissance à la technologie comme vision globale du monde a été, d’abord avec le nominalisme, puis avec l’émergence de la modernité, l’idée selon laquelle la nature n’a pas de signification en elle-même. Qu’elle n’est que de la matière. Ce que l’Homme technologique appelle « vérité », c’est ce qui lui sert à étendre son empire sur la nature et ce qui lui permet de façonner avec la matière des choses utiles ou plaisantes, en droite ligne avec sa conception de l’existence. Regarder le monde selon un point de vue technologique revient à le considérer comme un matériau modifiable à volonté, sans les seules limites de l’imagination.
"Au contraire, pour la tradition chrétienne, la liberté véritable de l’homme, telle que sa nature l’y prédispose, réside dans une soumission pleine d’amour à Son Créateur. Tout ce qui ne vient pas de Dieu est un esclavage. En 1993, Neil POSTMAN publiait Technopoly, un essai dans lequel il expliquait que les croyances théologiques et métaphysiques des cultures prémodernes déterminaient la façon dont elles utilisaient les outils. Ce n’est que dans les temps modernes, avec la montée en puissance de la technologie, que nos outils se sont retournés contre nous et qu’ils ont gagné le pouvoir de rediriger nos conceptions métaphysiques et théologiques."

"« Il n’est pas bien difficile de deviner que le monde se divisera bientôt entre ceux qui veulent vivre en créatures et ceux qui veulent vivre en machines », écrit Wendell BERRY. Rangeons-nous du côté des créatures, et du Créateur."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON.
Artège, Paris/Perpignan, 2017. (pages 318 et 341.)
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CONTREPOINT HARMONIEUX DE JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD.
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"Aujourd’hui, nous sommes tentés par le désespoir. C’est donc le bon moment pour espérer.
"Examinons quelques-uns de ces vertiges de l’âme.
"Le premier, c’est le règne toujours plus puissant, conquérant, dominateur de la marchandise. Ce règne laisse de moins en moins de place à la gratuité, au partage, au désintéressement. Il finit par occuper l’espace. C’est MARX qui en a le mieux parlé au XIXe siècle quand il évoquait « les eaux glacés du calcul égoïste ». Difficile de réfléchir au nihilisme contemporain sans commencer par là. Le règne accompli de la marchandise, c’est le triomphe du « combien » sur le « comment ». Qu’il s’agisse d’apprécier le fonctionnement d’un hôpital, d’une école, d’un théâtre, le réflexe est toujours le même : compter au lieu de penser."

"Aujourd’hui, il est clair que nous sommes souvent dans une méconnaissance comparable. Nous agissons sans savoir ce qui est réellement en jeu. Dans l’univers médiatique, on use régulièrement ― et en toute innocence ― de la lapidation d’un présumé coupable. Un homme politique, un artiste, un curé, un chanteur, un magistrat, peu importe. Pendant trois ou quatre jours, il sera désigné comme coupable et lynché en tout bien tout honneur."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Pages 138 et 146).
L’iconoclaste, Paris, 2017.
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Ces quelques citations illustrent parfaitement l’impasse politique et sociale dans laquelle est piégée notre patrie.
Les idées forces de ces citations sont les suivantes :
(a) Les machines et les outils se sont retournés contre nous. Devenus dépendants du pétrole pour développer une agriculture intensive et accélérer les échanges par des transports de plus en plus rapides, nous ne pouvons plus réfléchir, rentrer dans le silence et devenir maître de notre vie.
(b) Le règne de la marchandise s’étale avec une rare impudeur aux yeux de ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter tout ce qu’il offre. C’est la raison des protestations qui, ici et là, s’élèvent contre le blocage des centres commerciaux, notamment lors de ce hideux black Friday emprunté aux États-Unis, par les "Gilets jaunes".
(c) La quantité remplace la qualité. Aucun journaliste ne s’est gaussé de l’annonce par monsieur CASTANER du nombre de manifestants à l’unité près, du nombre de sites où manifestaient les gilets jaunes, du nombre d’interpellations et de blessés lors des manifestations d’hier. Certes, un ministre de l’intérieur n’est pas mis à ce poste pour faire du sentiment, mais tout de même, il pouvait y avoir un commentaire de compassion ou de compréhension pour ces manifestants qui expriment leur misère sans pouvoir mettre de mots dessus et en sont réduits à le faire par la colère.
(d) Enfin, la nécessité de trouver un coupable ; il a été identifié hier et qualifié par monsieur CASTANER de bandes d’ultra-droite, alors que j’ai vu de mes yeux vu des manifestants anarchistes relevant de l’ultra-gauche sur des vidéos que l’on peut retrouver sur Twitter.

Je discutais récemment avec un ami, Jacques, qui n’est manifestement pas un pilier de sacristie, mais qui a choisi de vivre comme un moine : pas de télévision, pas de voiture, pas de téléphone portable, une garde-robe réduite à son minimum. Spécialiste de l’Inde, fin connaisseur du sanscrit, Jacques m’expliquait pourquoi il est indispensable de s’affranchir de l’usage du pétrole, ressource épuisable, vendue spéculativement par des pays qui sont des ennemis déclarés de notre civilisation ; qu’il est indispensable de revenir à des modes de vie plus simples, tout simplement parce qu’un jour l’épuisement des ressources naturelles, exploitées sans aucune vergogne par des compagnies anonymes, internationales, puissantes et discrètes, pourrait conduire à la guerre de tous contre tous. Jacques a en tête un projet de développement pour l’Inde. Peut-être acceptera-t-il d’en témoigner sur ce Blog. Je l’y encourage vivement. Dans tous les cas, je partage son analyse, et j’en ai tiré des conclusions personnelles pratiques, notamment dans l’usage de l’électricité.
Vivre en créature, pas en machine ! Et si c'était cela que voulaient exprimer les Gilets jaunes ? Je leur dis ceci : NON AU DÉSESPOIR !



samedi 24 novembre 2018

Samedi 24 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Sur les promesses de l'aube !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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LES PROMESSES DE L’AUBE.
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"En Charente, la porte-fenêtre de mon bureau est tournée vers l’est. Plein est, disait mon père. Chaque matin à l’aube, j’ai sous les yeux un grand hêtre et le coin d’une grange. C’est là que je guette l’arrivée du jour. Dès qu’apparaît derrière les branches la blancheur timide de l’aube, puis le rose poudreux de l’aurore, je m’arrête d’écrire ou de lire. Je suis suspendu à ce doux recommencement. J’essaie d’en goûter chaque minute en regrettant qu’elle soit si brève. Je ne me suis jamais « habitué » à cette puissance renouvelée qui blanchira bientôt le ciel."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Pae 205.)
L’iconoclaste, Paris, 2017
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CONTREPOINT DE SAINT RAPHAËL ARNAIZ BARON. (1911-1938 ; moine trappiste)
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"Je me suis penché à la fenêtre… Le soleil commençait à se lever. Une paix très grande régnait sur la nature. Tout commençait à s’éveiller, la terre, le ciel, les oiseaux. Tout, petit à petit, commençait à s’éveiller sous l’ordre de Dieu. Tout obéissait à ses divines lois, sans plaintes ni sursauts, doucement, avec mansuétude, aussi bien la lumière que les ténèbres, aussi bien le ciel bleu que la terre dure couverte de la rosée de l’aube. Que Dieu est bon, pensais-je. Il y a la paix partout, sauf dans le cœur humain.
Et délicatement, doucement, Dieu m’enseigna aussi, par cette aube douce et tranquille à obéir ; une très grande paix remplit mon âme. J’ai pensé que Dieu seul est bon, que tout est ordonné par lui, que rien n’a de l’importance dans ce que les hommes font ou disent, et que, pour moi, il ne dit y avoir dans le monde qu’une chose : Dieu. […]."
In
Écrits spirituels.
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ET ENFIN, DE NOTRE TRÈS CHER BERNANOS.
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« Qui n’a pas vu la route, à l’aube, entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance » [BERNANOS dans Monsieur Ouine. Cité Par Jean-Claude GUILLEBAUD.]
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Tandis que la nuit tombe, tout au contraire des promesses de l’aube, je regarde de temps à autre les nouvelles terribles retransmises du site du Figaro, ou par la Télévision, à propos de la manifestation des Gilets jaunes. Il me paraît évident que nous vivons la fin d’un monde, un monde où l’état dit démocratique révèle son vrai visage, celui qu’avait entrevu TOCQUEVILLE, celui d’une tyrannie molle où quelques responsables politiques qui se drapent dans la légitimité d’une élection manipulée par les médias et les grands financiers imposent des vues, des impôts et des taxes, taillées à la mesure des intérêts des puissants. Je suis littéralement effaré par les mensonges, les approximations, l’arrogance de monsieur CASTANER. Finalement, je le plains : il est aveugle, sourd, paralysé.
Heureusement, il me reste l’aube, il me reste l’espérance, il me reste la certitude de l’amour que Dieu porte à toutes ses créatures, y inclus le ministre de l’intérieur. Il me faut faire un effort pour ne pas lui souhaiter de mal. Mais je n’en ai aucun à faire pour critiquer son discours. En vérité, je crois que nous devons vivre dans la tempérance, et une certaine frugalité ; nous n’avons aucune obligation d’obéir en conscience à des ordres injustes et à des mesures coercitives que rien ne  justifient si ce n’est la volonté de toute puissance de l’État.
Je désapprouve les violences et les barricades (et je doute que les porteurs de drapeaux au portrait de Guevara soient des sbires du Rassemblement National), mais j’approuve sans réserve la révolte populaire contre un régime qui se permet tant de mépris pour les humbles.
Car celui qui dit qu'il aime Dieu qu'il ne voit pas et n'aime pas ses frères qu'ils voient est un menteur.

jeudi 15 novembre 2018

Jeudi 15 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Dérision médiatique, chemin direct vers la servitude !


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A lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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ALBERT CAMUS PARLE DE LA PRESSE.
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"À une ou deux exceptions près, le ricanement, la gouaille et le scandale forment le fond de notre presse. À la place de nos directeurs de journaux, je ne m’en féliciterais pas. Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. Une société qui supporte d’être distraite par une presse déshonorée et par un millier d’amuseurs cyniques, décorés du nom d’artiste, court à l’esclavage malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation."
(Entretien donné à la revue Caliban, 1951 ; il est assez piquant de voir que Le Monde a consacré un article à cette contribution de CAMUS.
Cf. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/les-devoirs-du-journaliste-selon-albert-camus_1669779_3212.html).
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CONTREPOINT DE JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD.
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"Lui non plus [il s’agit de PÉGUY] n’a jamais raté une occasion de récuser la dérision et ceux qu’ils appellent les blagueurs. Dans son livre le plus connu, Notre jeunesse, il assure qu’on « ne fonde aucune culture sur la dérision », et que « le sarcasme et l’injure sont des barbaries. À mes yeux, aujourd’hui comme jadis, les blagueurs dénigrent d’abord ceux qui croient à quelque chose ou à quelqu’un. Ils jugent plus avisé ― ou plus prudent ― de ne pas croire. Est-ce un réflexe défensif ? Une façon de camoufler ce que Régis DEBRAY appelle le « cynisme de l’acquiescement » ? Je ne sais pas.
"Reste que lesdits railleurs ont pris le pouvoir médiatique. Un parti pris de rigolade colonise la plupart des radios et des télévisions. La directrice d’une radio publique en avait même fait, en 2016, une « stratégie d’audience ». Soyez punks ! avait-elle demandé à ses troupes [Il s’agit de Laurence BLOCH.
Cf. https://www.lemonde.fr/culture/article/2014/06/13/laurence-bloch-soyez-un-peu-punk_4433739_3246.html ; note personnelle ]. On entendit, et l’on entend toujours, des humoristes intervenir du matin au soir sur les ondes, mêlés aux commentateurs et aux journalistes. La plupart paraissent soucieux jusqu’à l’obsession de ridiculiser la croyance en général et la foi en particulier. C’est la cible du moment."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Page 44.)
L’iconoclaste, Paris, 2017.
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Dans mon billet du 12 novembre, j’évoquais les Yann MOIX, Yann BARTHÈS, Laurent RUQUIER et consorts. Je devrais y ajouter Stéphane GUILLON. Il ne s’agit pas de tomber dans la vengeance et de désigner du doigt ces faux humoristes qui se croient drôles et ne sont que vulgaires. Toute cible leur est bonne pour tenter de nous faire rire, surtout, du reste, les chrétiens en général et les catholiques en particulier, sans compter Donald TRUMP (à qui monsieur BARTHÈS déclare, dans un anglais très approximatif, qu’il peut aller se faire foutre) ou les policiers dont une représentante a été publiquement humiliée par monsieur MOIX lequel, avec l’élégance propre aux grands esprits de ce siècle lui faisait le procès de « ch… dans son froc » à l’idée d’aller se coltiner les banlieues difficiles. Elle n’est plus là pour lui répondre puisque, quelques jours après cette humiliation, elle se donnait la mort. MOIX a présenté ses excuses, et nous ne pouvons pas affirmer qu’il y a une relation directe entre cette humiliation et ce suicide. Mais tout de même ! Est-ce ainsi que les médias doivent agir ?
CAMUS l’a bien vu qui nous dit que la dérision des amuseurs publics nous conduit tout droit à la servitude. Le parieur bénédictin ne tourne pas ses adversaires en dérision. Il peut faire preuve d'humour, sans doute, mais il les respecte, car comme le commente GUILLEBAUD, avec René GIRARD, il sait qu'ils sont dans la méconnaissance de l'innocence de leurs victimes. 




mardi 13 novembre 2018

Mardi 13 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin : une initiative des parieurs !


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.
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LE PARI BÉNÉDICTIN VU PAR JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD.
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"Ah, cette envie de fuir tout cela et de s’enfermer dans la citadelle ! Se répéter une fois encore « je suis chrétien », et attendre que revienne le temps de la foi partagée ! Après tout, la nôtre est assez solide pour résister aux années qui passent en verrouillant notre esprit. Attendre la fin de l’orage comme firent les hôtes ― humains et animaux ― de l’arche de Noé, mis à l’abri du Déluge. Ne plus bouger spirituellement et oublier les exhortations adressées par AUGUSTIN aux « voyageurs » que nous sommes. Oui, cette tentation m’habite encore de temps en temps. Elle a toujours existé. De siècle en siècle, des hommes et des femmes ont choisi plusieurs fois le refus, l’immobilité stoïque, le retranchement défensif dans leur statut de croyant.
"La citadelle en question, on l’aura compris, est d’abord métaphorique. C’est celle que Thérèse d’AVILA appelle le château intérieur, dans un livre rédigé en 1577, chef-d’œuvre de la mystique occidentale. Reste à savoir de quelle façon on habite ce château. Comme une forteresse insolente, pont-levis haussé et bannières déployées dans le désert des Tartares ? Comme un abri ouvert à l’autre ? Nous voilà revenus, on l’aura compris, à cette querelle moderne de la « foi identitaire », celle que j’évoquais dans le premier chapitre. J’en parlais alors avec sévérité, mais je n’ai aucune envie de jeter l’opprobre sur les chrétiens qui revendiquent ― ou assument ― ce qualificatif d’« identitaire »."
[…]
"Disons que, dans un contexte changé, cette proclamation est aujourd’hui devenue un piège dont je mesure les dangers. Certes, je comprends très bien qu’on puisse réagir face à une menace. On se regroupe, on fait corps pour faire face, quitte à s’enfermer dans un périmètre particulier. Par réflexe, on brandit son identité devant ceux qui ne la respectent pas, ou la combattent. Rien de plus naturel. Face à d’autres discriminations (Noirs, homosexuels, migrants, etc.) les diverses manifestations que l’on qualifie de pride (fierté) sont parfois bruyantes mais légitimes."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Page 92ss).
L’iconoclaste, Paris, 2017.
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CONTREPOINT DE ROD DREHER.
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Il me semble vous avoir déjà donné cet extrait du livre de DREHER. J’y reviens, car il illustre fort bien ce que Jean-Claude GULLEBAUD veut dire, ainsi du reste que la citation de Jacques MARITAIN qui nous sert de devise depuis l’inauguration de cette série consacrée au pari bénédictin.

DREHER parle des pistes que KINZER ouvre aux chrétiens. (KINZER a été député républicain à la chambre des représentants du KANSAS. Il a lutté, sans succès, pour la liberté religieuse et pour l’objection de conscience. Il a depuis abandonné partiellement la politique conventionnelle.)

"« Il ne faut pas être alarmiste, je sais, mais nul ne peut ignorer les menaces très sérieuses qui pèsent sur les chrétiens, et les dangers bien réels du monde politique. Les chrétiens doivent comprendre ce que signifie être en minorité, et à quel point leur situation est critique. Sans cela, ils joueront à un jeu sans en connaître les nouvelles règles. »
"KINZER soutient que les chrétiens, s’ils doivent effectivement se concentrer sur le local et les communautés paroissiales, ne peuvent pas pour autant se permettre de déserter la politique. L’enjeu des libertés religieuses est bien trop élevé. Que faire, en ce cas ? Il propose quelques pistes :
"— Entreprendre des actions aux niveaux local et national : interpeller les législateurs par courrier manuscrit (en non en copiant-collant des e-mails de groupes activistes) et lors des rencontres publiques.
"— Préférer des objectifs prudent atteignables. Ne pas se lancer à corps perdu dans la guerre culturelle et gâcher un capital politique précieux en gestes anecdotiques ou au contraire trop virulents.
"— Rien n’est plus important que d’assurer la liberté, pour les institutions chrétiennes, de faire grandir les générations futures dans la foi. Vu notre faiblesse politique, c’est la priorité et le reste attendra.
"— Faire appel aux médias locaux pour faire entendre la voix des chrétiens lors de débats importants.
"— Rester poli et respectueux, de manière à ne pas donner raison à ceux qui considèrent les engagements des chrétiens comme des combats de bigots puritains.
"— Parce que nous avons besoin de toute l’aide possible, former des alliances entre les différents courants du christianisme et avec les religions non chrétiennes. Tendre une main amicale aux homosexuels qui ne sont pas de notre avis, mais luttent pour la liberté d’expression et de pensée."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON. (Page 134.)
Artège, Paris/Perpignan, 2017.
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Il n’est pas question que les chrétiens, devenus minoritaires sur une terre où ils furent jadis triomphants (un peu trop sans doute), désertent le monde. Ils doivent au contraire l’habiter, en sachant qu’ils n’en sont pas des membres consentants. Le chrétien est dans le monde, il n’est pas de ce monde.
Je voudrais donner ici un exemple très concret de l’action du parieur bénédictin. Il est illustré par la création sur la paroisse Sainte-Jeanne de Chantal de l’association Oasis. Ouverte à tous les habitants du quartier, elle offre aux jeunes la possibilité de faire du sport, d’être aidés dans leur travail ; elle aide de jeunes entrepreneurs à monter leur affaire ; elle propose des rencontres de réflexion (surtout aux parents d'adolescents). Il n’y a pas d’ostentation dans son action ; il y a une offre pleine de douceur faite à tous les hommes de bonne volonté, une offre qui se fait dans le nom de Jésus, mais qui ne l’impose jamais. (Cf. https://www.saintejeannedechantal.com/L-Oasis-le-pole-jeune-de-Sainte-Jeanne-de-Chantal_a223.html ; j’ajoute que le site ne décrit pas l’intégralité des activités proposées, lesquelles s’adresse, il est vrai essentiellement aux jeunes).
Penser à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel ! Le ciel serait profondément obscur s’il n’était clouté de ces brillants, innombrables et pourtant humbles lumignons que parfois nous devinons avec peine quand la brume est tombée, mais qui n’en sont pas moins là. Nous n’avons pas à être saisi par la fièvre obsidionale, mais nous avons l’ardente obligation de proclamer à temps et à contretemps la Bonne Nouvelle, y compris en manifestant pacifiquement mais massivement et publiquement notre opinion.