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dimanche 25 novembre 2018

Dimanche 25 novembre 2018. Nouvelles du pari bénédictin. Vivre en créature, pas en machine


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Au lieu d’un château fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée à travers le ciel.

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ROD DREHER ET L’USAGE DES OUTILS.
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"Certaines personnes soutiennent que la technologie n’est que l’application de la science et que sa portée morale dépend de l’usage que l’on en fait. Ce point de vue est naïf. « Avant d’être un instrument, la technologie est d’abord une façon de voir le monde, qui porte en elle-même une conception particulière de l’être, de la nature et de la vérité », déclarait le philosophe des sciences Michael HANBY en 2015, lors d’un rassemblement catholique.
"Qu’a-t-il voulu dire par là ? Pendant des millénaires, les hommes ont utilisé des outils pour modifier leur environnement. Mais ce qui a donné naissance à la technologie comme vision globale du monde a été, d’abord avec le nominalisme, puis avec l’émergence de la modernité, l’idée selon laquelle la nature n’a pas de signification en elle-même. Qu’elle n’est que de la matière. Ce que l’Homme technologique appelle « vérité », c’est ce qui lui sert à étendre son empire sur la nature et ce qui lui permet de façonner avec la matière des choses utiles ou plaisantes, en droite ligne avec sa conception de l’existence. Regarder le monde selon un point de vue technologique revient à le considérer comme un matériau modifiable à volonté, sans les seules limites de l’imagination.
"Au contraire, pour la tradition chrétienne, la liberté véritable de l’homme, telle que sa nature l’y prédispose, réside dans une soumission pleine d’amour à Son Créateur. Tout ce qui ne vient pas de Dieu est un esclavage. En 1993, Neil POSTMAN publiait Technopoly, un essai dans lequel il expliquait que les croyances théologiques et métaphysiques des cultures prémodernes déterminaient la façon dont elles utilisaient les outils. Ce n’est que dans les temps modernes, avec la montée en puissance de la technologie, que nos outils se sont retournés contre nous et qu’ils ont gagné le pouvoir de rediriger nos conceptions métaphysiques et théologiques."

"« Il n’est pas bien difficile de deviner que le monde se divisera bientôt entre ceux qui veulent vivre en créatures et ceux qui veulent vivre en machines », écrit Wendell BERRY. Rangeons-nous du côté des créatures, et du Créateur."
In
Rod DREHER.
Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus. Le pari bénédictin. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hubert DARBON.
Artège, Paris/Perpignan, 2017. (pages 318 et 341.)
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CONTREPOINT HARMONIEUX DE JEAN-CLAUDE GUILLEBAUD.
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"Aujourd’hui, nous sommes tentés par le désespoir. C’est donc le bon moment pour espérer.
"Examinons quelques-uns de ces vertiges de l’âme.
"Le premier, c’est le règne toujours plus puissant, conquérant, dominateur de la marchandise. Ce règne laisse de moins en moins de place à la gratuité, au partage, au désintéressement. Il finit par occuper l’espace. C’est MARX qui en a le mieux parlé au XIXe siècle quand il évoquait « les eaux glacés du calcul égoïste ». Difficile de réfléchir au nihilisme contemporain sans commencer par là. Le règne accompli de la marchandise, c’est le triomphe du « combien » sur le « comment ». Qu’il s’agisse d’apprécier le fonctionnement d’un hôpital, d’une école, d’un théâtre, le réflexe est toujours le même : compter au lieu de penser."

"Aujourd’hui, il est clair que nous sommes souvent dans une méconnaissance comparable. Nous agissons sans savoir ce qui est réellement en jeu. Dans l’univers médiatique, on use régulièrement ― et en toute innocence ― de la lapidation d’un présumé coupable. Un homme politique, un artiste, un curé, un chanteur, un magistrat, peu importe. Pendant trois ou quatre jours, il sera désigné comme coupable et lynché en tout bien tout honneur."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
La foi qui reste. (Pages 138 et 146).
L’iconoclaste, Paris, 2017.
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COMMENTAIRES PERSONNELS.
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Ces quelques citations illustrent parfaitement l’impasse politique et sociale dans laquelle est piégée notre patrie.
Les idées forces de ces citations sont les suivantes :
(a) Les machines et les outils se sont retournés contre nous. Devenus dépendants du pétrole pour développer une agriculture intensive et accélérer les échanges par des transports de plus en plus rapides, nous ne pouvons plus réfléchir, rentrer dans le silence et devenir maître de notre vie.
(b) Le règne de la marchandise s’étale avec une rare impudeur aux yeux de ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter tout ce qu’il offre. C’est la raison des protestations qui, ici et là, s’élèvent contre le blocage des centres commerciaux, notamment lors de ce hideux black Friday emprunté aux États-Unis, par les "Gilets jaunes".
(c) La quantité remplace la qualité. Aucun journaliste ne s’est gaussé de l’annonce par monsieur CASTANER du nombre de manifestants à l’unité près, du nombre de sites où manifestaient les gilets jaunes, du nombre d’interpellations et de blessés lors des manifestations d’hier. Certes, un ministre de l’intérieur n’est pas mis à ce poste pour faire du sentiment, mais tout de même, il pouvait y avoir un commentaire de compassion ou de compréhension pour ces manifestants qui expriment leur misère sans pouvoir mettre de mots dessus et en sont réduits à le faire par la colère.
(d) Enfin, la nécessité de trouver un coupable ; il a été identifié hier et qualifié par monsieur CASTANER de bandes d’ultra-droite, alors que j’ai vu de mes yeux vu des manifestants anarchistes relevant de l’ultra-gauche sur des vidéos que l’on peut retrouver sur Twitter.

Je discutais récemment avec un ami, Jacques, qui n’est manifestement pas un pilier de sacristie, mais qui a choisi de vivre comme un moine : pas de télévision, pas de voiture, pas de téléphone portable, une garde-robe réduite à son minimum. Spécialiste de l’Inde, fin connaisseur du sanscrit, Jacques m’expliquait pourquoi il est indispensable de s’affranchir de l’usage du pétrole, ressource épuisable, vendue spéculativement par des pays qui sont des ennemis déclarés de notre civilisation ; qu’il est indispensable de revenir à des modes de vie plus simples, tout simplement parce qu’un jour l’épuisement des ressources naturelles, exploitées sans aucune vergogne par des compagnies anonymes, internationales, puissantes et discrètes, pourrait conduire à la guerre de tous contre tous. Jacques a en tête un projet de développement pour l’Inde. Peut-être acceptera-t-il d’en témoigner sur ce Blog. Je l’y encourage vivement. Dans tous les cas, je partage son analyse, et j’en ai tiré des conclusions personnelles pratiques, notamment dans l’usage de l’électricité.
Vivre en créature, pas en machine ! Et si c'était cela que voulaient exprimer les Gilets jaunes ? Je leur dis ceci : NON AU DÉSESPOIR !



dimanche 7 octobre 2018

Samedi 06 octobre. Nouvelles du pari bénédictin. Ensemencer avec le grain de la Bonne Nouvelle


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Au lieu d’un château-fort dressé au milieu des terres, pensons plutôt à l’armée des étoiles jetée dans le ciel.
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NOTRE GRANDE SIMONE WEIL CONTINUE À PARLER DU PROGRÈS.
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"On peut tout accorder au Progrès, car on ignore tout à fait ce qu’il demande. Qui a jamais tenté de définir un progrès ? Si l’on proposait ce thème dans un concours, il serait sans doute instructif et amusant de comparer les formules. Je propose la définition que voici, la seule à mon avis satisfaisante et qui s’applique à tous les cas : on dit qu’il y a progrès toutes les fois que les statisticiens peuvent, après avoir dressé des statistiques comparées, en tirer une fonction qui croit avec le temps. S’il y a en France ― simple supposition ― deux fois plus d’hôpitaux qu’il y a vingt ans, trois fois plus qu’il y a quarante ans, il y a progrès. S’il y a deux, trois fois plus d’automobiles, il y a progrès. S’il y a trois fois plus de canons, il y a progrès. S’il y a deux, trois fois plus de cas de tuberculose… mais non, cet exemple ne conviendra que le jour où on fabriquera de la tuberculose. Il convient d’ajouter à la définition ci-dessus que la fonction doit exprimer l’accroissement des choses fabriquées.
In

Simone WEIL.
Fragment intitulé Progrès et Production rédigé sans doute pour une rubrique des Nouveaux Cahiers. (Page 398.)
Écrits historiques et politiques. Collection Espoir, fondée par Albert CAMUS. 
Gallimard, Paris, 1960.
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CONTREPOINT DE RENÉ GUÉNON.
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"Dans toute civilisation traditionnelle, comme nous l’avons déjà dit bien souvent, toute activité de l’homme, quelle qu’elle soit est toujours considérée comme dérivant essentiellement des principes ; cela, qui est normalement vrai pour les sciences, l’est tout autant pour les arts et les métiers, et d’ailleurs il y a alors une étroite connexion entre ceux-ci est celles-là, car, suivant la formule posée en axiome fondamental par les constructeurs du moyen âge, ars sine scientia nihil, par quoi il faut entendre évidemment la science traditionnelle, et non point la science profane, dont l’application ne peut donner naissance à rien d’autre qu’à l’industrie moderne. Par ce rattachement aux principes, l’activité humaine est comme « transformée », pourrait-on dire, et, au lieu d’être réduite à ce qu’elle est en tant que simple manifestation extérieure (ce qui est en somme le point de vue profane), elle est intégrée à la tradition et constitue, pour celui qui l’accomplit, un moyen de participer effectivement à celle-ci, ce qui revient à dire qu’elle revêt un caractère proprement « sacré » et « rituel ». C’est pourquoi on a pu dire que, dans une telle civilisation, « chaque occupation est un sacerdoce » ; pour éviter de donner à ce dernier terme une extension quelque peu impropre, sinon tout à fait abusive, nous dirons plutôt qu’elle possède en elle-même le caractère qui, lorsqu’on a fait une distinction de « sacré » et de « profane » qui n’existait nullement à l’origine, n’a plus été conservé que par les seules fonctions sacerdotales.
"Pour se rendre compte de ce caractère « sacré » de l’activité humaine tout entière, même au simple point de vue extérieur ou, si l’on veut, exotérique, si l’on envisage, par exemple, une civilisation telle que la civilisation islamique, ou la civilisation chrétienne du moyen âge, rien n’est plus facile que de constater que les actes les plus ordinaires de l’existence y ont toujours quelque chose de « religieux ». C’est que, là, la religion n’est point une chose restreinte et étroitement bornée qui occupe une place à part, sans aucune influence effective sur tout le reste, comme elle l’est pour les Occidentaux modernes (pour ceux du moins qui consentent encore à admettre une religion) ; au contraire, elle pénètre toute l’existence de l’être humain, ou, pour mieux dire, tout ce qui constitue cette existence, et en particulier la vie sociale proprement dite, se trouve comme englobé dans son domaine, si bien que, dans de telles conditions, il ne peut y avoir en réalité rien de « profane », sauf pour ceux qui, pour une raison ou pour une autre, sont en dehors de la tradition, et dont le cas ne représente alors qu’une simple anomalie. Ailleurs, où le nom de « religion » ne peut plus proprement s’appliquer à la forme de la civilisation considérée, il n’y en a pas moins une législation traditionnelle et « sacrée » qui, tout en ayant des caractères différents, remplit exactement les mêmes rôles ; ces considérations peuvent donc s’appliquer à toute civilisation traditionnelle sans exception. Mais il y a encore quelque chose de plus : si nous passons de l’exotérisme à l’ésotérisme (nous employons ici ces mots pour plus de commodité, bien qu’ils ne conviennent pas avec une égale rigueur à tous les cas), nous constatons, très généralement, l’existence d’une initiation liée aux métiers et prenant ceux-ci pour base ou pour « support » ; il faut donc que ces métiers soient susceptibles d’une signification supérieure et plus profonde, pour pouvoir effectivement fournir une voie d’accès au domaine initiatique, et c’est évidemment encore en raison de leur caractères essentiellement qualitatif qu’une telle chose est possible."
In
René GUÉNON.
Le règne de la quantité et les signes des temps. (Collection "Tradition".) Édition définitive établie sous l’égide de la Fondation René Guénon. (Page 66.)
Gallimard, Paris, 2015.
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COMMENTAIRES.
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Envisagé sous l’angle de la Quantité, comme le dit magistralement Simone WEIL, le progrès conçu comme un accroissement des choses produites, fabriquées, ne pouvait aboutir qu’à cette société industrielle post-moderne, où, par exemple, l’influence de la France dans le monde se mesure à l’aune du nombre de visiteurs étrangers fabriqués par les Tour Operator lesquels, usage symbolique très caractéristique, sont des agents actifs de l’Industrie du Tourisme.
On peut étendre indéfiniment cette notion du Progrès perçu comme un accroissement des choses produites (ou vendues, ou transportées, en incluant alors dans cette catégorie les êtres humains considérés comme des anonymes interchangeables, comme des colis) à tous ce qui nous est raconté par les médias.
Et bien c’est de ce monde-là que les peuples ne veulent plus, n’en déplaise aux mondialistes, aux économistes patentés, au quantificateurs de Bercy ou du FMI ou de je ne quel organisme du genre ONU, OMC, etc. C’est que les gens simples, qui n’ont pas fait l’ENA ou un MBA aux États-Unis ou au Royaume-Uni ne peuvent plus supporter. Ils vivent encore – pour combien de temps, là est la question – dans un monde peuplé de symboles, de principes d’action, de valeurs, un monde de qualité, un monde qui a gardé un caractère sacré, le caractère de la VIE.
C’est un monde que le parieur bénédictin peut prendre à sa charge et peut ensemencer avec la graine de la Bonne Nouvelle et renouveler de fond en comble. Il ne s'agit pas, encore une fois, de maudire, mais de voir le REEL.


mercredi 11 octobre 2017

11 octobre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Défendre la personne humaine.


Nous achevons la lecture de GUILLEBAUD (ou presque).
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Avec cette nouvelle crise des fondements, avec cette remise en question de la personne humaine, c’est la capacité de penser qui est lentement déconstruite, ou en tout cas l’existence d’une pensée non réductible au calcul. Mais alors ? Devrons-nous renoncer demain à penser nos vies ? Faudra-t-il cesser de bâtir des projets politiques, de philosopher, d’espérer, de croire, d’agir en pleine conscience ? Hier encore, ces questions eussent semblé ridicules. Elles ne le sont plus. Le vide qui se creuse dans les tréfonds se ramène bien imprudemment à un congé donné à la conscience humaine. « Les sciences cognitives, se demande par exemple Jean-Pierre DUPUY, ne sont-elles pas en train de parachever cette entreprise de désillusionnement et de démystification en nous démontrant que là où nous croyions sentir le souffle de l’esprit, il n’y a que des réseaux de neurones mis à feu comme un vulgaire circuit électrique ? »."
In
Jean-Claude GUILLEBAUD.
Le principe d’humanité.
Éditions du Seuil, Paris, 2001. (Page 304.)
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2. COMMENTAIRES.
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Il me paraît évident que les critiques déversées par les médias sur ce qu’ils appellent les extrêmes n’a qu’un seul but : nous empêcher de penser. C’est bien la raison pour laquelle dans la note brève où je faisais l’apologie des sites de réinformation, j’évoquais les faits et phénomènes qui ne sont pas pris en compte parce qu’ils sont d’ordre qualitatif et non point quantitatif. Il suffit de dire : Untel est un fasciste parce qu’il est contre la GPA, ou parce qu’il approuve des raisonnements émis par madame LE PEN ou par sa nièce (qui la dépasse de mille coudée par la hauteur de sa pensée) pour que tout le monde dise : ce misérable Untel est un fasciste. C’est le sort que l’on réserve à Robert MÉNARD, par exemple, lequel n’en a cure, car c’est un esprit libre et de surcroît l’homme est courageux. Il suffit que quelques bien-pensants déclarent que Unetelle est une gauchiste parce qu’elle se permet d’attaquer des ou les mesures gouvernementales relatives au droit du travail pour que le troupeau des médias reprennent en cœur : Unetelle est une gauchiste. Personne ne s’est posé la question de savoir si les revendications n’étaient pas, justement, plus qualitatives que quantitatives.
Je ne suis pas en train de dire que la quantité n’a pas d’intérêt. Je dis, avec René GUÉNON dont nous avons lu quelques extraits ensemble il y a peu, que tout réduire à la quantité est une erreur politique de première grandeur. On nous assomme avec des pourcentages, des chiffres, des statistiques. Et ainsi on nous enfume, en essayant de réduire la subjectivité sociale, le ressenti d’une groupe, à l’ignorance de faits prétendument établis que les experts élaborent dans les alambics mystérieux des ministères et qui sont censés DÉTERMINER l’avenir. C’est tout simplement nier la liberté humaine.
Le politique contemporain ne prend pas en compte, ne veut pas prendre en compte, pour des raisons d’efficacité et d’affirmation de pouvoir, tout ce qui relève de la qualité, de l’indéterminé, du délibératif, de la conscience. Pour lui, il n’y pas d’hommes, il n’y a que des individus.
Monsieur HOLLANDE, et d’autres avant lui, ont détricoté le principe d’humanité que défend si bien GUILLEBAUD. Monsieur MACRON et madame SCHIAPPA s’apprêteraient à le faire à leur tout en légitimant la PMA pour les lesbiennes et la GPA pour les couples homosexuels masculins. Ils ouvriraient encore davantage la boîte de Pandore d’où, n’en doutez pas, surgiraient d’autres démons, à commencer par ceux de l’eugénisme et de l’euthanasie obligatoire.
Il est urgent de défendre le principe d’humanité, le droit de la conscience à juger de ce qui est bien et juste, non pas en vertu des lois, mais en vertu de principes supérieurs qui, n’en déplaisent aux imbéciles, se trouvent fort bien résumés dans le Décalogue et dans la loi naturelle dont il a permis le ferme établissement.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Lire en priorité cette analyse que nous livre Elvire DEBORD, 

d’un livre de nostalgie, qui devrait aussi remplir de honte ceux des Français qui ont abandonné les harkis.


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Et de notre cher Jean-Claude, ces remarques.


Qui dit critique, dit pensée. 
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Le slogan du jour : Faites des placements, pas des enfants !

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Un président de l’oligarchie ?

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La Pologne et le Rosaire.

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Le mensonge, arme des déconstructeurs !

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La pari perdu de Notre-Drame de Paris.

Une belle illustration de la différence entre le qualitatif et le quantitatif.




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Evangélisation des musulmans : n’ayons pas peur d’annoncer la bonne nouvelle !


J

mardi 26 septembre 2017

26 septembre 2017. Nouvelles de la Dissidence. Les origines contiennent déjà la complexité : non à l'avortement.

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Nous poursuivons la lecture de René GUENON
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Rien n’est plus facile que de prêcher la vérité. Le miracle c’est de la faire aimer.
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"[…]. Quoi qu’il en soit, et pour nous en tenir à l’idée même de la « simplicité primitive », on ne comprend pas du tout pourquoi les choses devraient toujours commencer par être simples et aller ensuite en se compliquant ; au contraire, si l’on réfléchit que le germe d’un être quelconque doit nécessairement contenir la virtualité de tout ce que sera cet être par la suite, c’est-à-dire que toutes les possibilités qui se développeront au cours de son existence y sont déjà incluses, on est amené à penser que l’origine de toute chose doit en réalité être extrêmement complexe, et c’est là, précisément la complexité qualitative de l’essence ; le germe n’est petit que sous le rapport de la quantité ou de la substance, et, en transposant symboliquement l’idée de grandeur, on peut dire que, en raison de l’analogie inverse, ce qui est le plus petit en quantité doit être le plus grand en qualité. […]."[Texte intégral.]
In
René GUÉNON.
Le règne de la quantité et les signes des temps. (Collection "Tradition".) Édition définitive établie sous l’égide de la Fondation René Guénon.
Gallimard, Paris, 2015. (Page 88.)
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2. COMMENTAIRES.
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René GUÉNON n’est plus là pour nous dire les raisons qu’il aurait d’être résolument opposé à toute forme d’avortement. Dans cet extrait, il explique lumineusement que le germe n’est petit que sous le rapport de la quantité : un œuf ou un embryon humain est perçu comme un petit tas de cellules. Mais les partisans acharnés de l’avortement négligent complètement la qualité, la potentialité, la complexité primitive tout entière incluse dans ce commencement. Dans ce monde où il est facile de nier la singularité des faits comme des êtres humains, tout est réduit à l’identique, au dénombrable. Cette conception conduit à ne considérer, dans la gestion de l’économie, que les aspects macroéconomiques, massifs, et à négliger complètement les aspects qualitatifs, spécifiques, et irréductibles à l’autre de chaque personne. Le propre du monde moderne est donc d'être matérialiste pour des raisons politiques d'affirmation et d'exercice du pouvoir.
Bien entendu, il faut bien comprendre que gérer des peuples de millions voire de centaines de millions d’êtres humains rend impossible la prise en compte des aspects personnels de chacun d’entre eux. La chose n’est possible que si l’on restaure ou instaure, entre les princes et les citoyens des corps intermédiaires de petites tailles, les seuls qui soient à même de prendre en compte les différ(a)nces-différences. Qui ne voit donc que l’égalité, telle qu’elle est appliquée dans notre système politique ne prend en compte que l’aspect quantitatif, pesant, spatial, du réel et ne fait qu’augmenter les disparités entre ceux qui prennent en compte le qualité et ceux qui la négligent.

PS : Je suis les recommandations téléphoniques de Geneviève, qui m’a demandé d’utiliser une police de caractères de taille plus grande.
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3. REVUE DE PRESSE INSOLENTE.
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Ce que le chrétien n’est pas !

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Complément à mon billet d’avant-hier sur la vérité.

"La vérité d’une proposition consiste en ce qu’elle dit de ce qui est, que cela est ; exprimé de manière scolastique, cela consiste en l’adequatio rei et intellectus. Toute vérité est en tant que telle vraie quels que soient la personne, le moment ou les circonstances où on la considère. Aucune vérité ne peut contredire quelque autre vérité."
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Une sortie de Michel ONFRAY.

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Il est urgent de couler le journal Le Monde.

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De l’Orient de l’Europe vient la lumière.

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Mon cher Léon de nouveau à la mode !

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Ecoutez, écoutez cette bouleversante interprétation de l’Agnus Dei par I Muvrini un groupe de chanteurs de musique traditionnelle corse.

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Merci qui ? Merci monsieur OBAMA.

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Sur l’élection de monsieur MACRON.

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Une aberration sociale.



Illustration de la non-prise en compte de la qualité dénoncée par GUENON.

PS : Je note qu'à 12 h 02, Facebook où j'ai affiché le lien à ce billet est inaccessible. Anastasie a dû se réveiller.

vendredi 10 février 2017

09 février 2017. Nouvelles de la Résistance. Non, ma prétendue hargne n'est pas indigne

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Ah ! Certes non, ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"La renommée qui enchante par sa douce voix les orgueilleux mortels, et qui semble si belle, n’est qu’un écho, un songe, l’ombre d’un songe, qu’un souffle disperse et fait évanouir."
Le TASSE.
Jérusalem délivrée, chant XIV. Diverses éditions. Cité par MONTAIGNE au chapitre XLI du livre I des Essais.
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2. COMMENTAIRES.
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Je désire ici répondre à un charmant collègue de Strasbourg qui a jugé que la prétendue hargne par moi dispensée vis-à-vis de monsieur MACRON est indigne.
Je dirai ici deux choses :
Je n’ai aucune estime pour un homme qui a trahi celui qui l’avait fait rentrer dans un gouvernement socialiste, qui dit qu’il n’est pas socialiste, qui a des ramifications extrêmement étendue avec le monde de la finance, notamment internationale, et qui est le candidat marionnette des bobos et des grossiums tremblant devant la possible révolte des peuples désireux de rentrer en possession d’eux-mêmes.
Je ne puis avoir de l’estime pour un homme de la quantité (je vais m’en expliquer) qui voit tout en termes économiques, et notamment l’arrivée des immigrés et réfugiés venant des pays de l’Afrique subsaharienne ou des Proche- et Moyen-Orient, confesse que cette idée peut déplaire mais que c’est ainsi. Pas un mot sur la détresse, la pauvreté, la peur de ces personnes ; pas un mot sur le nécessaire discernement qu’il convient d’avoir dans l’accueil des étrangers. Rien. Simplement l’opportunité de payer moins cher une main d’oeuvre taillable et corvéable à merci, ce qui est indigne de la justice.
Il se trouve que je m’occupe d’adolescent(e)s [15 à 17 ans] dans le cadre de mon activité de catéchiste, aussi bien dans l’enseignement privé que public, et ceci deux fois par semaines. Je vois des jeunes assoiffés de sens, de vie, de biens parfaitement immatériels et qui relèvent de la vie de l’esprit, du domaine purement qualitatif par conséquent. Ils ne se reconnaissent pas dans la conception que les politiques se font de l’homme, celle de l’Homo economicus. Cette conception est celle de monsieur MACRON, et de ceux qui le soutiennent : J. ATTALI, P. DRAHI, A. MINC, sans compter le trio infernal BERGE-NIEL-PIGASSE.
J’espère avoir convaincu Jean-Michel que mes préoccupations ne sont ni indignes, ni basses ; elles reflètent une certaine anxiété et cette anxiété est légitime. Jean-Michel me connaît assez pour savoir que j'ai toujours eu une parole libre, à la Faculté ou à l'Université. Je ne fais que continuer.

Fasse le bon sens du peuple français que l’ambition démesurée de monsieur MACRON n’ait été que l’écho d’un  songe qu’un souffle disperse et fait évanouir… comme le dit l’immense poète que fut LE TASSE.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Etranges paroles d’un homme qui prétend représenter la France !

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/Pour-Macron-la-culture-francaise-n-existe-pas-!

« Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse. »
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Je te tiens, tu me tiens par la barbichette !

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/02/la-trahison-macron-chapitre-2-la-drahison-macron-.html

Non seulement il a trahi son maître, mais il a défendu des intérêts étrangers, ceux de monsieur DRAHI contre des intérêts français, ceux de monsieur BOUYGUES.
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Une révélation qui ne laisse pas indifférent.

http://fr.aleteia.org/2017/02/09/saviez-vous-que-bob-marley-setait-converti-au-christianisme/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr

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Bon sang ne saurait mentir…

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/02/fran%C3%A7ois-hollande-chez-les-franc-ma%C3%A7ons.html

C'est sûr qu'on ne risque pas de voir Pépère à l'archevêché !
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Une nouvelle qui dément l’optimisme de monsieur SAPIN.

lundi 29 août 2016

29 août 2016. Nouvelles de la Résistance : des ravages de l'égalitarisme !

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LES CITATIONS DU JOUR
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"La conclusion qui se dégage nettement de tout cela, c’est que l’uniformité, pour être possible, supposerait des êtres dépourvus de toutes qualités et réduits à n’être que de simples « unités » numériques ; et c’est aussi qu’une telle uniformité n’est jamais réalisable en fait, mais que tous les efforts faits pour la réaliser, notamment dans le domaine humain, ne peuvent avoir pour effet que de dépouiller plus ou moins complètement les êtres de leurs qualités propres, et ainsi de faire d’eux quelque chose qui ressemble autant qu’il est possible à de simples machines, car la machine, produit typique du monde moderne, est bien ce qui représente au plus haut degré qu’on ait encore pu atteindre, la prédominance de la quantité sur la qualité. C’est bien à cela que tendent, au point de vue proprement social, les conceptions « démocratiques » et « égalitaires », pour lesquelles tous les individus sont équivalents entre eux, ce qui entraîne cette supposition absurde que tous doivent être également aptes à n’importe quoi ; cette « égalité » est une chose dont la nature n’offre aucun exemple, pour les raisons mêmes que nous venons d’indiquer, puisqu’elle ne serait rien d’autre qu’une complète similitude entre les individus ; mais il est évident que, au nom de cette prétendue « égalité » qui est un des « idéaux » à rebours les plus chers au monde moderne, on rend effectivement les individus aussi semblables entre eux que la nature le permet, et cela tout d’abord en prétendant imposer à tous une éducation uniforme. Il va de soi que, comme malgré tout on ne peut pas supprimer entièrement la différence des aptitudes, cette éducation ne donnera pas pour tous exactement les mêmes résultats ; mais il n’est pourtant que trop vrai que, si elle est incapable de donner à certains individus des qualités qu’ils n’ont pas, elle est par contre très susceptible d’étouffer chez les autres toutes les possibilités qui dépassent le niveau commun ; c’est ainsi que le « nivellement » s’opère toujours par en bas, et d’ailleurs il ne peut pas s’opérer autrement, puisqu’il n’est lui-même qu’une expression de la tendance vers le bas, c’est-à-dire vers la quantité pure qui se situe plus bas que toute manifestation corporelle, non seulement au-dessous du degré occupé par les êtres vivants les plus rudimentaires, mais encore au-dessous de ce que nos contemporains sont convenu d’appeler la « matière brute », et qui pourtant, puisqu’il se manifeste aux sens, est encore loin d’être entièrement dénué de qualité."
In
René GUÉNON.
Le règne de la quantité et les signes des temps. (Collection "Tradition".) Édition définitive établie sous l’égide de la Fondation René Guénon.
Gallimard, Paris, 2015, p. 64

"Je promène mes regards sur cette foule innombrable composés d’êtres pareils, où rien ne s’élève ni ne s’abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m’attriste et me glace, et je suis tenté de regretter la société qui n’est plus."

"Après avoir pris ainsi tout à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière ; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule ; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être qu’un troupeaux d’animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger."
Et
"Je promène mes regards sur cette foule innombrable composés d’êtres pareils, où rien ne s’élève ni ne s’abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m’attriste et me glace, et je suis tenté de regretter la société qui n’est plus."
In
Alexis de TOCQUEVILLE.
De la démocratie en Amérique. Les grands thèmes. Edité par J.-P. MAYER. Édition revue et corrigée avec une bibliographie supplémentaire pour l’édition de 1980. (Collection Idées. Série Sciences humaines. No 168.)
Paris, Gallimard, 1980, (pp. 348 et 366).
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2. COMMENTAIRES.
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René GUENON, dont j’ai déjà livré quelques idées, est le philosophe qui a le mieux pensé ce qu’est la qualité qu’il oppose à la quantité. Il est assez typique de la mentalité de l’Éducation qui se prétend nationale, ainsi que de la presse, d’observer la manière dont les résultats du baccalauréat sont présentés : toujours en termes de pourcentage de réussite, et de classement des académies en fonction de ce pourcentage. Nous feignons de croire que tous les bacheliers se valent et qu’il suffit d’avoir sa peau d’âne pour prétendre au sommet de la société. En réalité, la stratification est féroce, et l’obtention d’une mention (Très bien ou Bien) est l’horizon doré des ambitieux. Cette manière de voir nie que les différences entre les hommes soient de nature qualitative, et que s’il n’y avait pas de qualité propre à chaque personne, il n’y aurait pas de personne du tout.
Alexis de TOCQUEVILLE, par des biais différent, arrive aux mêmes conclusions. La démocratie est un système qui aboutit à la confiscation par l’État du pouvoir que chaque personne a le droit d’exercer sur sa vie. Nous croulons sous le poids des réglementations et des normes, et il est assez curieux de constater qu’au pays dont les élites se moquent de la normalité, ce sont ces mêmes élites qui édictent de normes : elles visent toujours le matériel et le quantitatif. D’où la tristesse de l’uniformité glacée que nous voyons s’étendre dans nos sociétés qui se disent démocratiques.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Il n’y a rien à signaler qui puisse illustrer mon propos… Ou plutôt, il y a trop d'exemples. A vous de les trouver !


mercredi 13 janvier 2016

13 octobre 2016. Nouvelles de la Résistance. Ils ont tout faux, ou la confusion de la quantité avec la qualité.

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Amour et vérité se rencontrent ! C'est pourquoi je redis :

Ce n'est pas l'ignorance qui nous empêche de devenir vrai (et aimant), c'est la lâcheté !
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1. La citation du jour.
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"Il nous faut encore insister sur un point que nous n’avons abordé qu’incidemment dans ce qui précède : c’est ce qu’on pourrait appeler la tendance à la « vulgarisation » (et ce mot est encore un de ceux qui sont particulièrement significatifs pour dépeindre la mentalité moderne), c’est-à-dire cette prétention de tout mettre « à la portée de tout le monde » que nous avons déjà signalé comme une conséquence des conceptions « démocratiques », et qui revient en somme à vouloir abaisser la connaissance jusqu’au niveau des intelligences les plus inférieures. Il ne serait que trop facile de montrer les inconvénients multiples que présente, d’une façon générale, la diffusion inconsidérée d’une instruction qu’on prétend distribuer également à tous, sous des formes et par des méthodes identiques, ce qui ne peut aboutir, comme nous l’avons déjà dit qu’à une sorte de nivellement par le bas : là comme partout, la qualité est sacrifiée à la quantité. Il est vrai, d’ailleurs, que l’instruction profane dont il s’agit ne représente en somme aucune connaissance au véritable sens de ce mot, et qu’elle ne contient absolument rien d’un ordre tant soit peu profond ; mais, à part son insignifiance et son inefficacité, ce qui la rend réellement néfaste, c’est surtout qu’elle se fait prendre pour ce qu’elle n’est pas, qu’elle tend à nier tout ce qui la dépasse, et qu’ainsi elle étouffe toutes les possibilités se rapportant à un domaine plus élevé ; il peut même sembler qu’elle soit faite expressément pour cela, car l’« uniformisation » moderne implique nécessairement la haine de toute supériorité. »
In
René GUÉNON.
Le règne de la quantité et les signes des temps. (Édition définitive établie sous l’égide de la Fondation René GUÉNON.
Gallimard, Paris, 2015, page 92.
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2. Commentaires.
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Le livre de René GUÉNON est d’un abord difficile, mais, dès qu’on s’est donné la peine de rentrer dans l’intuition fondamentale de l’auteur, qui est celle de la distinction entre qualité et quantité, entre essence et substance (ou matière), alors, tout devient clair. Qualité et essence sont du côté de l’esprit et à l’état pur contiennent toutes les virtualités susceptibles d’apparaître dans les « manifestations » des êtres. Plus on va vers la quantité et plus on va vers la matière, laquelle à l’état pur peut être informée par toutes les virtualités de l’essence, mais reste informe quand elle est vide de qualité.
Le livre est passionnant et décapant ; il irritera sans aucun doute les idéologues de gauche comme de droite, mais son argumentation procède d’évidences en évidences et il est difficile d’en prouver la totale fausseté.
Vous trouverez dans la section 3, la chronique de Martina CHYBA qui dénonce allègrement et avec humour la prétention des pédagogues à édicter leurs lois. Vous noterez que les dits pédagogues ne parlent jamais des personnes (domaine de la qualité pure) mais toujours des objets et des conditions dans lesquelles ils sont utilisés : domaine de la quantité informe.
Il est intéressant de souligner qu’un philosophe contemporain, Paul FEYERABEND, a démonté le concept de science (et il n’est pas le seul à l’avoir fait) avec une argumentation qui montre que toutes les connaissances, qu’elles soient à prétention scientifique ou qu’elles soient traditionnelles se valent. Je reviendrai sur ce que dit FEYERABEND. En attendant, et contre les zélateurs des méthodes uniformes et uniques (notez que GUÉNON critique l’instruction dispensée sous des formes et méthodes identiques, et non pas l’instruction en elle-même), je défends tout à fait l’idée selon laquelle, comme le dit ARISTOTE, rien n’est plus injuste que de traiter également des personnes inégales (à entendre au sens qualitatif : dotées de qualités différentes).
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3. Informations diverses.
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LA CHRONIQUE DE MARTINA CHYBA, JOURNALISTE ET PRODUCTRICE A LA RTS.

A propos de la novlangue. (Un ami m'a transmis cette chronique que l'on peut retrouver sur 

"Désolée je ne peux pas m’en empêcher. Je craaaque. Amatrice inconditionnelle de la novlangue pédante, bureaucratique et politiquement correcte, je me dois de partager les dernières découvertes. Déjà cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle les campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas. Donc les professionnels de la branche demandent que l’on dise désormais «hôtellerie en plein air». Haha.
J’ai aussi appris que je n’étais pas petite mais «de taille modeste» et qu’un nain était une «personne à verticalité contrariée».
Si, si ! Mais rendons à César ce qui lui appartient, l’empereur du genre reste le milieu scolaire et ses pédagos à gogo. J’étais déjà tombée de ma chaise pendant une soirée de parents quand la maîtresse a écrit sur le tableau que nos enfants allaient apprendre à manier «l’outil scripteur» au lieu de tenir un crayon. Je me suis habituée au fait que les rédactions sont des «productions écrites», les courses d’école des «sorties de cohésion» et les élèves en difficulté ou handicapés des «élèves à besoins éducatifs spécifiques». Mais cette année, sans discussion aucune, la mention très bien est attribuée au Conseil supérieur des programmes en France et à sa réforme du collège. Z’êtes prêts? Allons-y.
Donc, demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à «maîtriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres». Il n’y aura plus de dictée mais une «vigilance orthographique». Quand un élève aura un problème on tentera une «remédiation».
Mais curieusement le meilleur est pour la gym… oups pardon! pour l’EPS (Education physique et sportive). Attention, on s’accroche : courir c’est «créer de la vitesse» nager en piscine c’est «se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête» et le badminton est une «activité duelle médiée par un volant». Ah! c’est du sportif, j’avais prévenu, Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de minet).
Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la «personne en cessation d’intelligence» autrement dit, le con.

Signé : Martina Chyba, parent d’élève. Ah non, re-pardon… Martina Chyba, «génitrice d’apprenant»."