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jeudi 3 août 2017

03 août 2017. Nouvelles de la Dissidence. Folie de la libre-pensée !

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Nous allons bientôt terminer le cycle CHESTERTON. Mais il y a encore quelques perles à ajouter à son collier !
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Les agnostiques seront ravis d’apprendre que si le monde s’est enfin fatigué de leurs singeries et le leur a fait savoir, c’est entièrement dû à leurs propres énergie et entreprise et à leur ardente poursuite de leurs propres singeries. Nous avons très peu fait contre eux, non nobis, Domine. La gloire de leur renversement final est entièrement la leur. Nous avons fait beaucoup moins que nous n’aurions dû, pour expliquer tout cet équilibre subtil et sain qui est véhiculé par une civilisation chrétienne. Nos remerciements vont à ceux qui nous ont si généreusement aidés en donnant un aperçu de ce que pourrait être une civilisation païenne. Et ce qui est perdu dans cette société n’est pas tant la religion que la raison, l’éclairage ordinaire et commun de l’instinct intellectuel qui a conduit les enfants des hommes. Un monde dans lequel les hommes savent que la plupart de leurs connaissances sont probablement fausses ne peut pas être honoré du nom de monde sceptique. C’est tout bonnement un monde impuissant et abject, n’attaquant rien, mais admettant tout sans se fier à rien, admettant même sa propre incapacité à attaquer, admettant son propre déficit d’autorité d’admettre, doutant même de son droit à douter. Nous sommes reconnaissants pour cette expérience et cette démonstration publique. Elle nous a tant appris. Nous ne croyions pas que les rationalistes fussent si complètement fous, jusqu’à ce qu’ils le rendissent tout à fait clair à nos yeux. Nous ne pensions pas nous-même que la simple dénégation de nos dogmes puisse se terminer dans une telle anarchie inhumaine et démente. Il aurait pu prendre longtemps au monde pour comprendre que ce qu'on lui avait enseigné comme une théologie médiévale était souvent du simple sens commun, quoique le terme de sens commun, ou communis sententia, fût de conception médiévale. Mais il a fallu très peu de temps au monde pour comprendre que le discours de l’autre côté était un non-sens des moins communs. C’était un non-sens dont on ne pouvait faire la base d’aucun système commun, tel que celui fondé sur le sens commun."
In
Gilbert Keith CHESTERTON.
Le puits et les bas-fonds. Traduit de l’anglais par Patrick GOFMAN, assisté d’Angélique PROVOST. Révision et notes de Wojciech GOLONKA.
Desclée de Brouwer, Paris/Perpignan, 2016. (Page 114.)
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2. COMMENTAIRES.
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Dans ce monde qui a remisé Dieu aux oubliettes de la pensée et de la vie publique, il est particulièrement réjouissant d’entendre la grande et grave voix de CHESTERTON démolir avec un humour ravageur la bêtise des libres penseurs, des laïcards, des anticléricaux et des politiciens de tous poils qui surenchérissent sur la nécessité de dissimuler autant qu’il se peut la soif des hommes pour l’infini. Les pauvres ! Ils croyaient avoir ravalé de Dieu de Jésus-Christ au rang des idoles. En réalité ils en font fait voir la gloire et la beauté en nous montrant dans toutes leurs bassesses et leur laideur les idoles de l’argent, du sexe, de la bouffe, du pouvoir et de la manipulation des foules.
Ils peuvent nous raconter ce qu’ils veulent ; ils peuvent vouloir le transhumanisme, le transgenre, l’eugénisme, ils ne peuvent rien contre le bon sens du peuple, contre le communis sententia. Ils ont laissé se développer une anarchie inhumaine et démente. La lecture des journaux ou un simple regard jeté sur les journaux télévisés suffisent à nous convaincre que ce monde matérialiste est devenu fou.
Je suis tout de même très étonné de voir le peu d’intérêt que le monde politique porte à la vie de l’esprit, sauf à soutenir et à faire soutenir par le médias des œuvres comme Golgotha picnic, le Piss-Christ, le Vagin de la Reine et autres horreurs dont le Peuple se détourne avec justesse en se moquant des zélateurs qui ne voient point que le roi est nu !
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3. REVUE DE PRESSE.
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Une belle histoire sur le scoutisme, racontée avec humour.

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Démence et folie des hommes sans Dieu.

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Union des saintes Églises d’Orient et d’Occident !

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Une vidéo de Vladimir POUTINE.


Vladimir a raison. On ne traite pas ainsi un grand pays. Les États-Unis se trompent ( !) lourdement.
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Shame on you ! Shame !


Le petit Charlie n’a pas pu mourir chez lui entouré de ses parents. Voilà bien la folie des hommes, leur démesure. Oui, si Gilbert Keith avait été encore de ce monde, il aurait enfoncé dans leur médiocrité et leur inhumanité ces « experts » qui savaient tout mais ne savaient que ça !
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Le nouveau CEMA évoque les carences des gouvernements passés !


Voir aussi :


mardi 18 avril 2017

18 avril 2017. Nouvelles de la Résistance. Oui à la France, oui à la patrie.

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Suite du cycle consacré à Henru HUDE.
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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté !
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"Il existe trois raisons très fortes pour justifier les réticences du patriotisme à l’égard d’une sorte d’internationalisme, ou, comme on dit parfois, de mondialisme abstrait.
1. Si les patries disparaissaient, les centres de pouvoir s’élèveraient beaucoup plus haut et le régime deviendrait irresponsable et oligarchique. La sauvegarde de la démocratie ne se fera que dans les nations.
2. La pluralité des nations est ce qui exprime et garantit le mieux la distinction du spirituel et du temporel. La communauté spirituelle est en effet de droit universelle. Si donc la société temporelle est aussi universelle, ou trop étendue, on risquera toujours de l’ériger en communauté spirituelle. C’est pourquoi les notions d’empire, ou de république universelle, sont totalitaires.
3. La nation est dans la nature humaine, et c’est pourquoi il est impossible de la détruire (sauf solution finale de liquidation physique). Sa valeur tient en ceci qu’elle est, obscurément mais très profondément, un moyen nécessaire à l’homme pour accomplir sa destinée spirituelle.

Ce sont ces trois raisons qui expliquent pourquoi l’Union soviétique a éclaté, et pourquoi il en ira de même de l’Union bruxelloise. Ce sont des constructions rationalistes, technocratiques et totalitaires. Et quand l’oppression est trop forte, la gabegie trop insupportable, les abus trop monstrueux, les nations rentrent dans leurs droits.
Au reste, un Français ne peut ignorer quels ravages peut accomplir le rationalisme à l’intérieur même d’une nation, ni combien il peut corrompre le sentiment patriotique, en identifiant une nation à une liberté hypostatique, absolue, arbitraire, et en la conduisant à fouler aux pieds les autres nations.
[…]."
In
Henri HUDE.
Éthique et politique. Collection "Philosophie européenne".
Chapitre V. Europe et patrie. Section 4 : La patrie comme exigence spirituelle.
Éditions Universitaires, Mame, Paris, 1992, p. 73.
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2. COMMENTAIRES.
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Dans mes billets, j’ai toujours pris grand soin de distinguer les notions de patrie et de nation et je n’aurais pas donné mon entier consentement à ce que dit Henri HUDE, s’il n’avait pris soin de souligner que l’application indue du rationalisme à une philosophie politique peut conduire au nationalisme, le plus abject poison qui soit. Mais la patrie (ou la nation entendue comme son équivalent) n’est pas une notion abstraite. C’est une réalité existentielle, vécue, éprouvée en chacun de nos jours, par chacun d’entre nous.
Les trois raisons qu’il donne pour défendre la patrie contre les monstres abstraits et totalitaires que sont les grands machins qui ont nom Union Européenne ou Alena ou Mercosur, sont d’une évidence aveuglante.
Franchement, peut-on raisonnablement croire que les plumitifs, hauts fonctionnaires et commissaires européens se préoccupent du peuple ? Au moment où nous nous apprêtons à voter, il nous faut remarquer que quelques candidats seulement défendent la notion de patrie : monsieur MELENCHON (et c’est ce qui, à gauche, explique sa popularité), madame LE PEN, monsieur DUPONT-AIGNAN et dans une moindre mesure, monsieur FILLON. Monsieur MACRON (entouré hier soir, lors de son meeting parisien par toute une brochette de « personnalités » qui pour être connues c’est-à-dire populaire de réputation, sont essentiellement des bobos : Stéphane BERN, Lie RENAUD, Pierre ARDITI pour ne nommer que ces trois-là.) est résolument mondialiste, c’est-à-dire contre le peuple. Qu’ont-ils de commun les supporteurs de monsieur MACRON si ce n’est leur appartenance à un monde clos, celui des médias, du show-business, de la finance et des apparences ?
Henri HUDE avait prédit, en 1992, la dislocation de l’Union européenne. Si, dans sa présente forme, elle venait à défuncter, j’avoue que je n’irais point à son enterrement. Le Brexit est le premier craquement qui se fait entendre dans cette colossale et inhumaine architecture ; elle ne se soucie que d’économie, de commerce et de fric. On y cherche en vain un souffle, une vision exaltante de l’histoire, de notre commun destin de premier continent christianisé. Au lieu de cela, l’Europe nous pond des directives, nous imposent des cuvettes de WC aux normes, des courbures de bananes et de courges, des diamètres de pommes, bref des règlements pataphysiques…
Eh bien il est grand temps de dire stop au grand bidule et de refonder une Union européenne qui ait une autre allure, un autre souffle et soit animée par d’autres personnalités que des JUNKER, des SCHULZ et autres pantins du même acabit. Grâce à ses beaux costumes, monsieur MOSCOVICI, pour ce qui est des apparences, représente un peu le chic français. Représente-t-il l’esprit français ? Je vous laisse libre de répondre à cette question.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Monsieur BARBIER, par ailleurs, joue dans une pièce de théâtre !


Illustration éclatante de l'arrogance de ce genre de journaliste.
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Enfin, un évêque parle du bien commun et nous dit en quoi il consiste.

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Je n’aime point trop ou plus trop le journal L’opinion qui, sans le dire, tout en le disant, mais un peu, pas trop, quelquefois tout de même a choisi le camp de la mondialisation.

Il a quand même quelques bonnes analyses.


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Tout finit toujours par se savoir !


Le recours

samedi 17 décembre 2016

16 décembre 2016. Nouvelles de la Résistance. La solution rationnelle pas toujours la bonne

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Ce n’est pas l’ignorance qui nous empêche de devenir vrai, c’est la lâcheté
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1. LA CITATION DU JOUR.
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"L’homme est un être essentiellement religieux, et toute âme humaine, individuelle ou collective, vit sur un fond de mysticité naturelle, plus ou moins riche, plus ou moins mêlé, plus ou moins impur. Le chef-d’œuvre du Christianisme avait été de policer cette force brute, de l’épurer, de le sublimer, autant que le comporte notre nature pécheresse. La culture moderne, ayant entrepris de rationaliser la totalité de la vie, et à cette fin déclaré la guerre à la religion en général comme à la Bastille de l’irrationnel, crut bientôt l’avoir extirpé radicalement du cœur du peuple. En réalité, ce qu’elle avait extirpé, du moins gravement ébranlé, c’était le Christianisme, c’est-à-dire la puissance civilisatrice de la mysticité naturelle ; quant à cette mysticité même, elle l’avait méconnue pour une part, et pour une autre part elle s’était contentée de la recouvrir d’une croûte de notions rationnelles ou prétendues telles."
In
René GILLOUIN.
L’homme moderne bourreau de lui-même.
Le portulan, [sans mention de lieu, Paris probablement]°, 1951, p. 66.
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2. COMMENTAIRES.
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La tendance à la pseudo-rationalisation, à l’objectivation de toute décision, qu’elle soit économique, politique, scientifique, qui conduit les gouvernants, tous les gouvernants, à nous faire croire que nous n’avons pas le choix, est de nature totalitaire. Ce rationalisme, cher à tous les hommes politiques, depuis deux siècles, nous a conduits là où nous en sommes aujourd’hui. Il conduit à dénier à l’homme toute liberté, y compris dans l’espace public, politique par excellence, à en faire un pur objet soumis aux diktats des « experts », à interdire la mise en œuvre de toutes solutions autres que « rationnelles » aux problèmes sociaux. Or, nous le savons, "le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas !"
Dans ma propre expérience de vie, aussi bien professionnelle que personnelle, j’ai constaté que ce sont justement les solutions prétendues irrationnelles qui donnent une issue à des problèmes apparemment insolubles.
Voilà ce qui devrait inciter tous les hommes à chercher d’abord la justice avant de chercher la solution imposée par ce qu’il est convenu d’appeler la raison, laquelle n’est que le cache-sexe de la crainte qui nous habite devant la mort, la violence et la souffrance.
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3. INFORMATIONS DIVERSES.
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Une magnifique prière à la Vierge.

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Un numéro du Point sur la vie de Jésus.




mercredi 27 avril 2011

Rationalité, rationalisme et islam

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"Ne pas agir selon la raison contredit la nature de Dieu" a dit BENOIT XVI dans sa conférence de RATISBONNE, dont le titre exact était "Souvenirs et réflexions". Pour les philosophes musulmans, il n'en est pas ainsi. La transcendance de Dieu, son altérité rendent à jamais inaccessible la moindre connaissance le concernant. Il est présenté comme un Dieu arbitraire qui n'est tenu ni par la vérité ni par le bien. Le respect que les musulmans ont pour la transcendance de Dieu est admirable. Et il nous interpelle, nous qui nous délectons de Piss Christ et autres ordures prétendues artistiques. Première remarque : prenons garde de ne pas nous attirer un mépris justifié de la part de ces millions de fidèles qui reconnaissent en 'Issa (Jésus) un envoyé de Dieu. Ceci est une première remarque.


Deuxième remarque : il est assez remarquable et intriguant de constater que nombre de pays arabo-musulmans sont à l'heure actuelle secoués de manifestations, répressions, constestations du pouvoir en place. Il y a deux manières d'interpréter ces événements, deux manières qui, du reste, ne sont pas exclusives l'une de l'autre. L'idéal démocratique occidental, les Droits de l'homme, la diffusion des moyens techniques inventés par l'Occident, animent les élites arabes de sentiments contradictoires. Les uns aimeraient que leur patrie puisse bénéficier des libertés publiques et privées en vigueur dans les démocratie occidentales ; d'autres (comme Tarik RAMADAN) y voient des semences de décadence culturelle et religieuse. Nous pouvons avancer sans trop de crainte de nous tromper que la mondialisation des modes de pensée et de consommation est en grande partie responsable d'événements dont nous ne pouvons prévoir l'issue.


Troisième remarque : il est tout de même curieux de voir que des penseurs arabo-musulmans inscrits dans une civilisation qui a aidé l'Occident à redécouvrir les penseurs grecs (PLATON et surtout ARISTOTE) n'aient pas eu dans leur propre pays une influence suffisante pour susciter chez les légistes et les imams interprètes du Coran une réflexion rationnelle. Pour avoir donné une interprétation plus nuancée de cette transmission, Sylvain GOUGENHEIM s'est attirée les foudres de nombre d'imbéciles. La réalité en effet est plus complexe. Bien des philosophes arabo-musulmans ont eu pour maîtres des philosophes arabo-chrétiens. J'ai fait en son temps un petit billet là-dessus. Et je possède dans ma bibliothèque un livre très rare, publié par le père Henri CHARLES, jésuite, en 1936, et intitulé "Le christianisme des arabes nomades sur le Limes et dans le désert syro-mésopotamien aux alentours de l'hégire" (Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes, section des Sciences Religieuses, LIIe volume, Librairie Ernest Leroux, Paris, 1936) qui nous apprend bien des choses, notamment comment MOHAMMED, le général des TAYÂYE "outre les nombreux maux et les meurtres innombrables qu'il causa en MESOPOTAMIE, voulut faire apostasier ceux des TAYÂYE qui étaient restés chrétiens. Il fit venir le chefs des TAGLIBITES, qui s'appelait MOAD et il le pressait de se faire musulman et d'apostasier. Comme celui-ci ne cédait aucunement à ses flatteries [...], il le fit tuer et défendit de l'ensevelir. Le saint gisait depuis plusieurs jours sur le fumier, sans se corrompre et sans être dévoré par les animaux : alors EUSTHATIUS de DARA demanda son corps, l'emmena et bâtit un monastère au-dessus de son tombeau" (Chronique de Michel le Syrien). Le père CHARLES indique, avec Michel le Syrien, que plusieurs TAYÂYE subirent le martyr. La scène ici relatée a eu lieu en l'an 792 de notre ère. Ainsi, 150 ans après la mort de MUHAMMAD-MAHOMET, la volonté de convertir par la force des peuples arabes christianisés était devenue pratique courante. Il convient de signaler qu'il y avait alors dans ces régions des milliers de prêtres et de moines et des centaines d'évêchés.


Quatrième remarque : plutôt que de condamner en bloc les musulmans et de dénigrer l'islam, il est préférable d'abord de le connaître et de poser deux questions essentielles : (a) d'où le Coran tient-il son attachement à ABRAHAM (et la TORAH), à la personne de JESUS et à celle de MARIE ? (b) Pourquoi, à la différence des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, le Coran est-il parfaitement anhistorique dans sa présentation, alors qu'il a de toute évidence une histoire ?


Cinquième et dernière remarque. Prenons bien garde de ne pas confondre rationalité et rationalisme. C'est condamner toute possibilité d'un dialogue vrai avec les penseurs musulmans. Il en est de fort brillants. On m'accordera qu'il n'a pas fallu attendre VOLTAIRE pour défendre les droits de la raison, et l'on m'accordera aussi que la raison ne saurait être confondue avec le rationalisme, préjugé philosophique qui exclut de son champ d'investigation tout ce qui n'est pas du domaine sensible, expérimentable, et mesurable. On a vu où menait cette impasse ; elle revient à rejeter dans les ténèbres d'une prétendue ignorance et d'une infériorité définitive tout manière de penser qui ne tombe pas sous la coupe de ces exigences : par exemple les phénomènes mystiques. Voilà qui est inacceptable pour un penseur oriental. Les efforts des Sciences humaines pour rejoindre cette scientificité apparaissent bien dérisoires, et c'est pourquoi quelques imbéciles à tête dure les appellent les Sciences molles. Voilà un jugement bien prétentieux. Il me semble qu'il suffirait de constater qu'il existe bien des phénomènes qui échappent à ce rasoir de la pensée systématique, pour mieux comprendre l'homme. N'est-ce pas là l'objet des Sciences humaines ?


C'est tout pour aujourd'hui.




mardi 23 septembre 2008

Le pape, la science et Yvon Quiniou

Monsieur Yvon QUINIOU a fait paraître dans le Monde un article qui mérite qu'on s'y attarde. Il s'agit d'un article de fond qui critique assez sévèrement la position de Benoît XVI telle qu'il l'a présentée dans sa Conférence aux Bernardins.

Monsieur QUINIOU a l'honnêteté de reconnaître que s'il est philosophe, il est aussi incroyant. Il présente donc le point de vue d'un incroyant opposé à celui d'un croyant. D'un strict point de vue intellectuel cela revient à admettre la relativité des deux positions.

Je vais essayer, en tant que scientifique et croyant, de reprendre point par point les critiques de monsieur QUINIOU. Je note tout d'abord que les trois premières phrases de cet essai sont des phrases de jugement, et de jugement négatif, avec en outre, une utilisation du sens du mot "positiviste" par l'essayiste, qui est tout à fait inappropriée. Le positivisme, tel que je l'ai appris, est le mode de pensée qui consiste à ne prendre en considération que des faits tombant sous le coup de l'expérience concrète, plus précisément de l'expérience des sens, fut-elle transmise par des appareils. Le mot "positivisme" utilisé par Benoît XVI l'est strictement dans ce sens, et il ne recouvre pas entièrement le sens du mot "rationalisme", ou plus justement de celui de "rationalité". Si la raison ne peut s'exercer que sur des faits d'observation et d'expérience, alors la philosophie n'a pas lieu d'exister. Or elle se se construit par des raisonnements spéculatifs, fondés certes sur l'expérience, une expérience non seulement objective et positive, mais aussi une expérience intérieure et c'est justement ce qui en explique l'existence.

Je suis au regret de contredire totalement monsieur QUINIOU quant au supposé rejet de la science par l'Église. J'ai à plusieurs reprises dans des anciens billets expliqué que de nombreux savants étaient des moines et des prêtres qui ont fait faire aux sciences positives des progrès considérables. Reprendre la vieille lune de GALILEE est certes efficace, mais d'une rare malhonnêteté intellectuelle. GALILEE a été condamné non pas parce qu'il disait que la terre tournait autour du soleil mais parce que, ayant prouvé qu'elle le faisait, il ne pouvait que conclure aux erreurs des écritures. On ne disposait pas à l'époque de l'outil de l'analyse littéraire et de la connaissance des genres littéraires et il a fallu plus de trois siècles pour y arriver. Monsieur QUINIOU nous donne à croire que la science a été faite par des incroyants. C'est ce que l'enseignement officiel apprend à nos enfants. Voilà une affirmation un peu courte.

Et puisque monsieur QUINIOU est philosophe, il doit savoir que ne relève du scientifique que ce qui est révocable en doute par l'expérience. L'évolutionisme de DARWIN (qui a été très remanié depuis que son auteur a exposé sa théorie) est une théorie, c'est à dire un ensemble explicatif cohérent qui rend compte de l'ensemble des faits observés, tout comme les théories sur les mouvements des astres, avant COPERNIC, expliquaient ceux-ci presque entièrement. Pour l'instant, il me paraît déraisonnable de n'y pas croire, mais c'est une croyance. En somme, le darwinisme sort de la connaissance positive telle que le conçoit monsieur QUINIOU. Ceci étant dit, je lui accorde qu'il existe un phénomène, appelé "invention génique", qui expérimentalement rend compte parfaitement de la micro-évolution. Je ferai la même remarque sur FREUD. Que ses théories soient opératoires, c'est l'évidence même. Mais elles ne sont qu'opératoires, c'est à dire susceptibles d'être utilisées avec profit dans des circonstances particulières, et ne relèvent en aucun cas de la science positive, au sens où l'entend et monsieur QUINIOU et Benoît XVI, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. En somme, en affirmant ce que critique monsieur QUINIOU, Benoît XVI réintègre dans le champ de la rationalité ce que monsieur QUINIOU s'obstine à mettre dans le champ des sciences positives. Connaître le monde, c'est aussi connaître ce qui relève de l'expérience intérieure, de l'expérience subjective, des faits de conscience.


L'expérience nous apprend aussi combien sont rares les moments de plénitude, et fréquents, obsédants ceux qui nos ramènent à nos limites, à notre finitude. Si nous n'aspirions à rien d'autre qu'à satisfaire des besoins terrestres, ce qui est en partie réalisé dans les pays riches pour un grand nombre de personnes, nous devrions nous contenter de cette satisfaction. Il n'en est rien. Des gens comblés se suicident, se droguent, meurent d'ennui, sont déprimés, comme s'ils étaient incapables de trouver du sens à leur vie. C'est bien là tout le problème. Sortant du point de vue scientifique pour rentrer dans celui du croyant, j'attribue au désir d'infini qui habite le coeur de l'homme, cette soif qui n'est jamais étanchée, même et surtout par les biens matériels.


Il me semble et je conclus, qu'une attitude ouverte et véritablement scientifique consisterait à accueillir sans préjugés, et comme également honorables et utiles, les deux attitudes : celle de l'incroyant, celle du croyant, laissant au libre arbitre de chacun un choix qui donne du sens à sa vie. Le totalitarisme consiste justement à affirmer qu'il n'y a qu'un voie possible, celle que l'on présente. D'accord avec monsieur QUINIOU, je trouve un peu raide l'affirmation qu'il n'y a qu'une culture véritable, celle qui est fondée sur la recherche de Dieu. Mais essayant d'en examiner le plus grand nombre, je suis arrivé à la conclusion que les cultures les plus sublimes sont celles qui se sont efforcées de le faire. Et il serait intéressant, d'un point de vue psychologique de faire des enquêtes comparatives sur le sentiment de bonheur personnel qu'éprouvent les croyants et les incroyants.