mardi 23 août 2011

Curieuse justice

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Après l'avoir traîné dans la boue de l'ignominie, monsieur Cyrus VANCE vient de décider d'abandonner les poursuites qu'il avait initialement envisagé de faire contre l'infortuné (!) Dominique STRAUSS-KAHN. Il faut bien comprendre que cet abandon des poursuites ne signifie nullement que l'ancien patron du FMI est innocent (ni même coupable), mais que le procureur n'est pas assuré d'obtenir l'avis unanime (et nécessairement unanime) des jurés, en raison du manque de crédibilité de la victime supposée. Les responsables socialistes disent leur joie et leur soulagement à cette nouvelle. Ils oublient simplement une chose. C'est que le procès pénal est certes abandonné, mais que le procès civil ne l'est pas et que madame Nafitassou DIALLO a toutes les chances d'obtenir des compensations financières de la part de son agresseur supposé. Il est donc possible, aux Etats Unis de ne pas être pénalement condamné, mais d'être obligé de payer des sommes parfois considérables, à celles des plaignants dont le bon droit n'aurait pas été reconnu au pénal. Pour un esprit cartésien, la chose est impensable.
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C'est donc une bien curieuse justice que cette justice-là. Car si madame DIALLO obtient des compensations financières, il faut bien qu'elles lui soient accordées en fonction de faits avérés et prouvés. Décidément, je préfère le système inquisitoire français (malgré ses défauts) au système accusatoire américain, qui aboutit à condamner des innocents et à innocenter des coupables. Il faut avoir de bons avocats et de l'argent pour pouvoir traverser les mailles de ce système ; leurs dimensions est à géométrie variable, et notre bon La FONTAINE l'a déjà dit : "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir". J'ai bien peur que nous n'ayons avec ce feuilleton érotico-politico-financier, quelque illustration contemporaine de cet amer constat. Ceci étant dit, mes remarques ne préjugent aucunement de la culpabilité ou de l'innocence de l'ex-prévenu. Elles s'inscrivent dans une réflexion plus générale sur l'inégalité de traitement des citoyens devant la loi.
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lundi 22 août 2011

La voie de la nature

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La voie de la nature, un chemin vers Dieu ? D'où vient que devant le spectacle des beautés de la nature, quelque  chose en nous s'émeut, nous élève l'esprit et nous interroge, confusément ou non, sur la signification de ce que nous voyons ? Voici quelques photos de diverses réalités naturelles. Je vous les livre en vous demandant d'en choisir une et d'écrire ce que vous ressentez à sa vue. A titre de démonstration, je vais le faire pour un des planches de Radiolaires publiées par HAECKEL au milieu du XIXe siècle.
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Je m'émerveille de la délicatesse de structure du squelette siliceux de ces micro-organismes qui constituent une composante du plancton animal, je suis étonné par la variété des formes, j'observe aussi que certains de ces Radiolaires épousent une forme quasi sphérique, et utilisent à cette fin des structures hexagonales et pentagonales. Je vérifie que le nombre de pentagones est bien égal à 12. Il est en effet impossible de construire de telle structure sans utiliser ce nombre, pas un de plus, pas un de moins. Et en outre, le nombre d'hexagones n'est pas quelconque. Il est possible de le déterminer mathématiquement. Les Grecs avaient déjà eu l'intuition des relations qui existent entre les mathématiques et le monde divin. Mais ici, on touche à autre chose ; je veux dire que l'on touche à la NECESSITE, à ces réalités nécessaires qui font que Dieu lui-même ne peut faire qu'elles soient autrement, et comme il est intellectuellement impossible de limiter la toute puissance de Dieu, il faut que cette nécessité de nature, dans le monde où nous vivons, soit un reflet de ce qu'il est et qu'il veut pour nous, dans la situation qui est la nôtre. Je les trouve très belles ces structures. Et quoique naturelles, elles rejoignent la voie de la beauté, autre chemin vers Dieu. Il y a comme une cohérence, une unité entre ces voies.
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Je vous invite à faire ce genre de commentaires. J'ai pris l'image la plus difficile. Mais il en est d'autres qui font naître en mon coeur des sentiments de douceur, d'émerveillement, d'éblouissement, en un mot qui m'émeuvent. Allons, maintenant au travail. Vous pouvez choisir entre six photos (celle des Radiolaires y compris) prises dans des domaines naturels très différents. Laissez-vous émouvoir. Mon commentaire n'est pas ému, je le confesse, mais s'il ne l'est pas c'est pour des raisons qui tiennent à ma profession ; j'ai enseigné la Virologie, et les règles de construction des virus quasi sphériques sont les mêmes que celles des Radiolaires. Je n'ai pas pu échapper à cette détermination.
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Dessins de Radiolaires publiés par HAECKEL au milieu du XIXe siècle.



Une orchidée.

Orchidée Rouge

Un papillon.


L'aube sur la montagne.

RETOUR


La nébuleuse d'Orion.

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Cristal d'améthyste sur quartz.

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Et maintenant, que dites-vous ?

 




dimanche 21 août 2011

Aveuglement, idéologie ou incompétence ? Allez savoir

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J'ai entendu hier soir au Journal Télévisé les réactions de monsieur HOLLANDE et de madame JOLY à l'appel de monsieur François FILLON publié dans le Figaro. Le Premier Ministre y  lançait un appel vibrant à l'unité nationale en réclamant de l'opposition une adhésion à l'inscription de la "Règle d'or" (la mal nommée) dans la Constitution. Les réactions de l'opposition sont consternantes. Elles transpirent l'aveuglement, l'idéologie ou l'incompétence, et même l'irresponsabilité. Je vais essayer d'expliquer pourquoi.
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Monsieur HOLLANDE refuse d'endosser une mesure qui, dit-il, ne s'imposerait qu'en 2013. Il feint de croire que son report à un an est fait pour embarrasser les socialistes, assurés d'arriver au pouvoir en 2012 (à mon avis, revêtus de la peau de l'ours). C'est tout simplement malhonnête. Un budget se prépare plus d'un an à l'avance, et la mise en oeuvre de la règle d'or supposerait que l'on réécrive maintenant la totalité du document présenté au Parlement : c'est impossible, bien évidemment. Et comme monsieur HOLLANDE n'en connaît pas encore le contenu, tout en en supposant la teneur, celle de l'austérité, sa remarque est nulle et non avenue. Comme toujours les socialistes, il a regardé dans son cerveau avant de regarder le réel : G. SOULIE de MORANT dans sa Vie de CONFUCIUS, le dit admirablement en commentant l'opinion si fine du sage en matière de politique : "la déraison s'irrite des réalités",
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François HOLLANDE ose dire que le champion du déficit est l'actuel gouvernement, remarque que monsieur FILLON a déclaré, lors de son entrée en fonction, que la France était au bord de la faillite et n'aurait rien fait pour remédier à cet état de catastrophe, mais il n'a voté aucune des propositions de loi présentée par le Gouvernement, tendant à combler le gouffre que lui et ses mis socialistes ont antérieurement creusé par l'adoption de mesures démagogiques (dont les plus emblématiques sont la retraite à 60 ans, et l'adoption des 35 heures). Il est donc nécessaire de lui poser quelques questions :
Oui ou non, y a-t-il un problème du déficit des comptes publics de la France ?
Quelle en est l'origine ? Pourquoi la France est-elle obligée d'emprunter ?
Si déficit abyssal il y a, quelles mesures prendrait-il pour le combler ? Augmentation des impôts ? Diminution des prestations sociales ? Contrôles renforcés de leur distribution ? Diminution des subventions de tous ordres aux associations qui sont leurs relais et leur soutien ? Mesures restrictives sur les pensions de retraite ? Ou autres choses ?
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On connaît le solutions socialistes : satisfaire les exigences de leur clientèle électorale pour parvenir au pouvoir et s'y maintenir, c'est-à-dire recruter des fonctionnaires, accabler d'impôts les classes moyennes et supérieures (artisans, commerçants, professions libérales) faute de pouvoir  faire "payer les riches" dont les fortunes sont depuis longtemps à l'abri à l'étranger, protégées de toute ponction supplémentaire, faire intervenir l'Etat dans toutes les activités humaines afin de contrôler la vie sociale, agir sur les médias, sur le monde de la culture, mobiliser la sympathie des français naturalisés de fraîche date. Il faut que j'aille jusqu'au bout : je ne doute pas un seul instant que nombre de socialistes soient convaincus de la justesse de leur choix. Cette justesse, ils la trouvent dans leur doctrine, et non pas dans une analyse de la réalité. L'explication de cette plaie de l'esprit est simple : elle réside dans la croyance en la dialectique de papa HEGEL : thèse, antithèse, dépassement de la contradiction par la synthèse. Ils sont donc parfaitement assurés que leurs propositions réalisent une synthèse susceptible de dépasser les complications du moment, engendrées par des difficultés que nous ne pouvons contrôler (mondialisation, financiarisation de la vie économique) : ils ne voient en elles que des contradictions et non des éléments fondamentaux dont la prise en considération est indispensable à la conduite d'une action adaptée.
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Je vais encore aller plus loin : le bouclier fiscal était une erreur ; il offensait le sens de l'équité et de l'égalité, chevillé au coeur des Français depuis les Gaulois (j'ai fait un petit billet là-dessus), et sa justification économique (éviter l'évasion des grandes fortunes hors de France) s'est révélée fausse. De plus, il n'est pas anormal que les plus fortunés contribuent davantage à la vie du pays que les moins avantagés. Ce qui ne va pas, dans les réactions socialistes, c'est la haine qu'ils expriment à l'égard des riches, supposés être leurs ennemis politiques. Or la France a besoin de leur concours, et l'on ne prend pas des mouches avec du vinaigre. Allez, qu'ils cessent, ces gens pleins d'aigreur, de jouer la lutte des classes, qu'ils arrêtent de confondre les entreprises et certains patrons du XIXe siècle égarés dans le XXIe, qu'ils comprennent enfin que le problème de la France n'est pas un problème de demande, mais d'offre : nous ne produisons plus assez de richesses pour satisfaire notre désir de consommation, voilà le réel et seul problème de notre patrie, si elle persiste dans sa vision de la vie économique : la croissance à tout prix, le fric à tout prix, le plaisir à tout prix. Certains, dont nombre de jeunes, commencent à se lasser de cette perspective.
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Je ne dirai rien de l'intervention  de madame JOLY. Elle est à la hauteurs des intrigues qu'elle aurait tramées avec ses amis lors de la préparation des élections primaires du parti écologiste. J'en resterai donc là en vous souhaitant un bon dimanche.
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samedi 20 août 2011

Mystère et musique

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Il y a des coïncidences qui relèvent de la Providence et non point du hasard. Mais avant d'en parler, je voudrais présenter de plates excuses à mes lecteurs réguliers (si, si, il y en a [bis]) pour ne pas avoir repris le 19 août comme je l'avais annoncé, mais aujourd'hui, le 20.
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Lors de mon dernier billet, je parlais des quatre chemins possibles (en tout cas pour moi) de la montée vers Dieu. Et voilà qu'en rentrant de vacances, je trouve un exemplaire de la revue Prier qui m'est envoyé à titre publicitaire. C'est un ensemble de quelques articles. L'un m'interpelle particulièrement. Il a pour titre : Claire GIBAULT : la musique m'a donné le goût du mystère. Il s'agit d'une interview de la première femme à avoir dirigé l'orchestre de la Scala de Milan. Sa carrière a été prestigieuse et semé d'embûches cependant, car dans ce métier, les femmes, dit-elle "sont perçues comme d'insupportables rivales par les hommes en situation de pouvoir".
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Au journaliste qui lui demande si la musique est un chemin vers Dieu (l'expression est donc celle que j'ai moi-même employée dans mon dernier billet), Claire GIBAULT répond : "Non, je ne crois pas, mais si l'on rencontre Dieu à travers la musique, tant mieux, cela la magnifie. Car la musique classique n'est pas naturellement proche de la spiritualité. On peut très bien diriger les Vêpres de la Vierge de MONTEVERDI [c'est un des exemples que je donnais dans mon billet] ou la Passion selon saint Matthieu de BACH sans éprouver la moindre émotion religieuse. Et de fait, notre société tend à remplacer la spiritualité par l'art, et la croyance par la beauté. Cette focalisation sur l'artiste comme seul maître de la beauté - une sorte de Deus ex machina - a longtemps été la mienne. Néanmoins, j'ajouterais que, très tôt, la musique m'a communiqué le goût du mystère".
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Je respire ! Je respire ! Car Claire GIBAULT parle ici de son expérience d'artiste et elle souligne avec justesse que le chemin de Dieu lui est barré, quand l'artiste se croit maître de la beauté alors qu'il en est que le médiateur. Elle utilise du reste l'expression Deus ex machina. Mais ce n'est pas tout. Un jour Claire GIBAULT se rend dans une paroisse orthodoxe de Paris. Elle assiste à une messe et elle traduit ainsi son expérience : "J'ai ressenti une douceur et une joie incroyables, lumineuses. Tout dans la liturgie me parlait : le langage, la force des chants qui comblait la musicienne que j'étais, et les icônes, de sorte que j'avais l'impression d'y être partie prenante". Cette expérience unique la pousse à la conversion à l'orthodoxie en 1984. Elle a alors 39 ans.
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Oui, la beauté est un chemin vers Dieu pour celui qui le cherche. Et c'est quand elle s'est mise en situation d'écoute que cette grande artiste a rencontré "celui que son coeur aime", comme le dit l'amoureuse du Cantique des cantiques. Pour trouver Dieu, il faut le chercher avant de se chercher soi-même.
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mercredi 3 août 2011

Avant de partir en vacances...

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Je vais m'absenter pour une quinzaine de jours et reprendrai mes billets vers le 18-19 août. Mais je ne voudrais pas le faire sans répondre ici à deux fidèles lecteurs : Pierre-Henri THOREUX et CORATINE.
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D'abord j'admets tout à fait que la seule raison ne parvient à prouver que Dieu existe. Néanmoins, je crois que son usage permet de faire une partie du chemin qui conduit à accueillir la grâce de la foi, toujours un don.
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Je vois quatre voies possibles, et qu'il est indispensable d'utiliser toutes pour aller à la rencontre de Dieu.
(a) La première me semble être la contemplation de l'Univers. Attention, pour ne pas tomber dans la critique de l'argument de la preuve cosmique, je me contenterai de dire que ce spectacle élève l'âme, qu'il s'agisse de la mystérieuse profondeur d'une nuit pleine d'étoiles, ou de l'organisation délicate et admirable d'une diatomée ou d'un radiolaire (je prends ces exemples à dessein, car ces deux types de micro-organismes ont des structures époustouflantes de beauté). Je ne cherche pas la cause de tout cela. Je me contente de contempler sans comprendre.
(b) La seconde voie est celle de la beauté, je veux parler de la beauté dont des artistes de génie, connus ou non, ont été les créateurs. Qui n'est pas bouleversé à l'audition du Concerto pour clarinette de MOZART, ou des Vêpres de la Très sainte Vierge Marie de MONTEVERDI ? Qui n'est pas saisi par la forme parfaite d'un céladon de Chine ? Par l'étrangeté des masques africains, par les sculptures grecques, le buste de NEFERTITI, les miniatures persanes ou médiévales européennes ? Le saisissement esthétique est un puissant élévateur de l'âme. Et c'est pourquoi les cultureux de la décadence sont comme les pharisiens du temps de JÉSUS : ils barrent l'accès à la source avec leurs beuglantes, leurs excréments, leur sang, leurs informités et difformités, leurs bruits inorganisés. Tous les artistes contemporains ne sont pas à mettre dans ce panier. Il en est qui font de la merveilleuse musique ; elle est moderne, certes, mais l'inspiration en est profonde, spirituelle, poétique, et j'inclus là les gospels, le negro spirituals, du jazz. Il y a des peintres abstraits qui produisent des chefs-d'oeuvre d'équilibre de composition, de couleurs, de rythme graphique. Mais ceux-là sont rarement compris et peu médiatiques. Ils ne connaissent pas le chemin du Ministère de la Culture, seulement celui de leur coeur.
(c) La troisième voie me semble être celle de l'histoire et des chercheurs qui la commentent et la scrutent. Je suis en train de faire un travail sur les manuscrits des textes bibliques, et je suis frappé de voir comment, en dépit des petites variantes d'un manuscrit à l'autre, toujours mineures, ces textes se sont conservés ne varietur. Un exemple : le rouleau d'Isaïe trouvé à QUMRAN comporte 1400 variations mineures d'avec le texte le plus ancien (IIIe S.) que l'on connaissait avant qu'il ne fût découvert. Il date de 150 avant J.-C. Seules huit ou neuf variations ont été utiles pour comprendre ou éclairer les éditions critiques modernes de ce prophète. Il faut avoir de très puissantes raisons pour conserver ainsi ces textes, dans une civilisation où la transmission orale tient une très grande place. Il est raisonnable de croire (i) que les textes bibliques ont été transmis sans altérations substantielles ; (ii) que les textes du Nouveau Testament rapporte fidèlement des événements qui se sont réellement passés, vus et compris dans la lumière post-pascale. Il faut une puissante cause pour que douze hommes peu cultivés entreprennent d'évangéliser le monde connu avec la force qu'on leur connaît ; (iii) et puis il y bien sûr des commentateurs, je pense à René GIRARD notamment, dont les analyses forcent l'admiration et entraînent l'adhésion : Jésus est un Maître en humanité et révèle à celle-ci les secrets de sa naissance en tant que société constituée en états, possédant des mythes, des rites, des religions, des sacrifices, des lois, toutes organisations élaborées pour éviter la violence mimétique et la destruction totale, sans jamais la garantie du succès.
(d) Enfin il y a la voie de l'exemple ; celui des mystiques et des saints. Très près de nous, Mère TERESA, Marthe ROBIN, de saints ermites orthodoxes dont j'ai hélas oublié les noms, le Padre PIO, Edith STEIN, Catherine CULMANN (de confession évangélique ; orthographe non garantie). Je veux écouter ce que disent ces personnes de leur expérience intérieure. Elle me paraît plus intéressante que celle de Martine AUBRY, Nicolas SARKOZY ou Marine LE PEN (je ne veux pas faire dans le sectarisme, d'où l'éclectisme de mes références !).
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Voilà, me semble-t-il des chemins possibles. Ils ont été les miens. Rien n'y est facile. Mais tout y est nourrissant. Bonnes vacances.
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mardi 2 août 2011

Ces petits détails qu'on nous cache

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Il faut toujours lire avec beaucoup d'attention les livres dont on désire s'approprier le contenu. Souvent ils délivrent quelques détails dont on ne mesure les conséquences réelles qu'un fois que l'on en a pris connaissance consciente. En voici trois qu'il m'a été donné de lire dans le livre de Marc FERRO, Le Ressentiment dans l'histoire et dans celui de Roberto de MATTEI dont j'ai déjà parlé il y a peu. Ils me semblent illustrer parfaitement le propos que depuis quelques jours, en dialogue notamment avec Pierre-Henri THOREUX, je m'efforce de vous présenter. Nous allons voir ici comment l'idéologie et la négation de la loi naturelle a pu conduire aux pires dérives ou au refus tragiques.
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Commençons par quelques rappels sur Marcel DEAT, le chantre de la collaboration avec les nazis, et qui acceptait que son parti fasciste soit cimenté par "la résignation des Français à devenir un petit Etat agricole, le verger et le Luna-Park de l'Hitlérie." et sur DORIOT. DORIOT, autre collaborationniste notoire, était issu du Parti Communiste. Marcel DEAT a adhéré au Parti Socialiste en 1919. Il a beaucoup souffert de la scission du Congrès de Tours. La signature du pacte germano-soviétique laisse DORIOT décontenancé, accablé, sans voix. Rien n'est dit de la réaction de DEAT. BLUM avait fait de grands éloges de ce tribun batailleur, sans toutefois donner à DALADIER son accord pour le faire rentrer au Gouvernement.  Finalement DEAT approuve les accords de MUNICH et passe ouvertement dans le camp des pacifistes. Il est violemment anticlérical, mais aussi antibolchevique. Il jette dès le 5 juillet 1940 les fondements de son nouveau parti, le Rassemblement National Populaire, à vocation de parti unique. Il est rejoint par BERGERY et les néos (formule pudique pour désigner les socialistes ralliés à ses vues), ainsi que par DORIOT. Il s'engagea (avec DORIOT, DELONCLE et FONTENOY) dans la LVF. Nous avons là deux vies d'hommes entièrement dévorés par la passion politique, rongés de l'intérieur par leur idéologie. Ils ont fait fi du sentiment national en acceptant la défaite et en l'exploitant à leurs fins ; ils sont rentrés dans les vues racistes, antisémites du nazisme. Peut-on dire qu'ils ont suivi la loi naturelle ? Et pourquoi leurs prises de position nous heurtent-elles ? Quelle partie de nous-même est-elle blessée par l'action de nos compatriotes ? L'identité nationale n'en a-t-elle pas pris un coup ?
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Comment comprendre l'enthousiasme des Autrichiens pour HITLER ? Refusant aux vaincus le droit de disposer d'eux-mêmes qu'ils avaient accordé aux peuples qui avaient été leurs victimes, CLEMENCEAU et les alliés refusent aux Autrichiens celui de s'unir à l'Allemagne, malgré un vote explicite du parlement autrichien consécutif au Traité de Saint-Germain qui consacrait le démembrement de l'Empire Austo-Hongrois. Réduit à un état croupion après avoir été un pays à la pointe de la vie intellectuelle et artistique européenne, l'Autriche et les Autrichiens, pour cette raison-là, votent à 99 % l'Anschluss en 1938. A aucun moment, ils ne manifesteront un rejet d'HITLER. Peut-on en vouloir à un peuple aussi maltraité que l'Autriche, plus maltraité que l'Allemagne, pourtant le principal responsable de la guerre, de courir après la grandeur perdue ? On aurait sans doute pu éviter bien des drames ultérieurs si l'on avait fait droit à sa revendication démocratique, celle d'unir son destin à l'Allemagne.
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Il existe à l'ONU, nous apprend de MATTEI, deux lobbies qui jouent un rôle essentiel dans l'organisation et le diffusion des avortements, des stérilisations (souvent forcées) et des programmes contraceptifs. L'un d'eux s'appelle l'IPPF (International Planned Parenthood Federation). Comme son nom l'indique, c'est une fédération, et plus précisément une fédérations de huit Associations Nationales de planification familiale préexistantes, créée à BOMBAY en 1952 (le lieu n'est pas innocent ; le Père X... nous disait [cf.mon billet sur les Fioretti de l'Inde pour en savoir plus sur cet homme hors du commun] que les familles des slums étaient assez restreintes : deux enfants maximum, et il précisait que la méthode contraceptive utilisée étaient la ligature des trompes. Ceci suppose que l'on a en Inde de l'argent pour pratiquer ces interventions chez les pauvres, mais pas assez pour leur donner accès aux soins primaires). Or donc, la section allemande de l'IFPP, appelée Pro familia (admirons le nom) a été fondée en 1952 par le Dr Hans HARMSEN, mort en 1989. Ce Dr HARMSEN est l'auteur d'un projet de politique de population, daté de 1931, et devenu le fondement théorique de la politique raciale nazie. Il rédigea et publia les Actes du terrible et tristement fameux Congrès International de la Science et de la Population, tenu à BERLIN en 1935. HARMSEN est resté président  de Pro familia  jusqu'en 1967 et Président d'honneur de cette Association jusqu'en 1984. L'influence de l'IFPP auprès de l'ONU en matière de "santé reproductive" (entendons "contraception systématique") est considérable. On mesure déjà les effets d'une intervention de l'Etat dans la constitution des familles en Chine. Au SHANDONG, il naît 130 garçons pour 100 filles, à cause des avortements consécutifs à des échographies prénatales, et de la loi sur l'enfant unique. Et les responsables chinois se demandent comment inverser cette tendance.
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Voilà trois épisodes, trois détails minuscules, cueillis au détour d'une page. Il ne s'agit pas d'en faire des éléments déterminants de la marche de l'histoire, mais très certainement des éléments importants, actifs. Dans les trois cas, on a des exemples de comportements politiques ou d'essence politique fondamentalement idéaliste, privés de tout contact avec les réalités humaines.
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Voilà pourquoi je pense qu'il faut toujours garder un esprit critique et une boussole pour garder le cap. Car il n'y a pas de bon vent pour celui qui ne sait pas où il veut aller.
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lundi 1 août 2011

Synthèse et confession

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Les lecteurs réguliers de ce Blog  (si, si ; il y en a) doivent se demander si je suis cohérent. Tantôt, je dénonce l'arrogance des Lumières à vouloir fonder des valeurs universelles, et tantôt je soutiens qu'il y a des lois qui valent pour tous les hommes, en tous temps et en tous lieux. C'est que je ne parle pas de la même chose quand j'évoque l'arrogance d'un VOLTAIRE et de ses épigones, et la loi naturelle. J'ai promis à Pierre-Henri THOREUX, qui commentait mon billet d'hier sur la dictature du relativisme, de reprendre plus largement cette question. Ce lecteur amical et attentif met en avant l'impératif catégorique de KANT ; un tel impératif est censé fondé la morale indépendamment de toute référence à Dieu.
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Il convient de rappeler d'abord une des formulations de cet impératif : Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. Je soutiens que nombre d'êtres humains pensent agir de telle sorte que leur action puisse devenir une loi universelle. Et c'est bien tout le problème. Si j'agis de cette façon, je me fonde sur ma seule subjectivité (laquelle peut ne pas s'accorder à celle d'autrui), et je propose une norme qualifiée de morale ; je puis être sincère, mais être aussi dans l'erreur. La prétention des philosophes des Lumières étaient bien cette prétention à l'universel.
Certes, la présentation que je fais de l'impératif catégorique est très caricaturale, et KANT y ajoute bien des conditions auxquelles il est facile de souscrire, notamment ne jamais traiter autrui comme un moyen, mais toujours comme une fin. KANT, comme FENG YOULAN, souligne qu'un acte apparemment moral, mais intéressé, n'est pas moral, et il soutient que la fin de la vie humaine n'est pas le bonheur, mais une vie morale. C'est du moins ce que j'ai cru comprendre en lisant ici et là  des résumés ou des commentaires. Car j'avoue que les textes originaux sont... plutôt d'abords difficiles.
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En vérité, la seule manière d'échapper à la dictature d'une loi parfaitement arbitraire, et reposant sur des normes définies par des "experts" (Comités d'éthique Hippolyte et Théodule...), est de reconnaître qu'il existe une loi naturelle sur laquelle toutes les civilisations ont été fondées. Toutes aussi attribuent cette loi naturelle à un Dieu (créateur ou non, selon les époques et les continents). Peut-on imaginer que les hommes qui ont vécu dans ces civilisations et les ont fécondées de leur expérience, aient décrété de l'existence d'un Dieu en regardant simplement dans leur cerveau ? Sur quel réel ont-ils défini des règles à valeur authentiquement universelle (en gros et pour faire simple, les Dix Commandements) ? Un seul homme, fût-il génial, grand fréquentateur de salons parisiens, peut-il avoir raison contre des milliers de ses congénères ?
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J'ai passé quarante ans de ma vie à faire de la recherche. J'ai observé au microscope, par exemple et entre autre, la contraction de fibres musculaires humaines innervées par des explants de moelle épinière embryonnaire de rat. Il fallait que je rende avec des mots, des pauvres mots, une réalité fascinante. Je n'ai jamais cru que ma description verbale épuisait ce que je voyais, et que les idées abstraites qui me venaient en conclusion de mes observations étaient nées spontanément dans mon cerveau. Il fallait bien que j'écrive pour transmettre, mais je ne pouvais faire passer dans mes articles l'admiration que j'éprouvais devant la manifestation de la vie. Oui, Marcel DE CORTE a raison : "le concept est le fils des noces de l'intelligence et du réel". Et j'ajouterai qu'il ne l'épuise pas.
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Dans son ouvrage d'accès difficile (car la traduction française en est franchement mauvaise, lourde et trop littérale) intitulé Entre l'oralité et l'écriture, Jack GOODY, spécialiste reconnu de la littérature orale dit ceci (que je commenterai brièvement) : "Après l'introduction de l'écriture, la voix de Dieu fut remplacé par Sa main ; l'autorité de l'Ecriture est l'autorité de l'écrit et de de la parole. La religion écrite implique la stratification. L'écrit appartient au prêtre, à l'homme instruit, et est enchâssé dans la religion ritualiste ; l'oralité est la sphère du Prophète, de la religion extatique, des cultes messianiques, de l'innovation. [...] Le conflit entre le prêtre et le prophète, entre l'Église et la secte, est la contrepartie du caractère figé du texte et fluide de la parole."
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Je ne partage pas entièrement ce point de vue, si du moins l'auteur entend viser les Églises chrétiennes. (Il en va différemment s'il parle de l'islam.) En effet, il aurait dû noter que Jean donne le nom de Verbe de Dieu à Jésus, et que s'il existe une Église, c'est précisément pour éviter le fondamentalisme découlant d'une interprétation littérale des textes reçus, et pour mettre en relief le caractère sans cesse innovant de la Parole. Non, l'Église de Jésus n'est pas une Église du Livre, mais une Église de la Parole. Et je confesse ici, après avoir tant cherché, et alors que je suis dans la dernière partie de ma vie, jamais la Parole de Dieu ne m'a paru si vivante, si nourrissante, si épanouissante. Et pourtant le Maître le dit : "Vous demeurez dans mon amour si vous observez MES COMMANDEMENTS", à commencer par ceux qui sont inscrits dans la nature, sans aucun doute.
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Voilà le fruit d'une très longue réflexion, d'un très long chemin. Je n'en suis pas au bouT
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