mardi 8 septembre 2009

Le ridicule risque de tuer plus que la grippe


Je me demande vraiment si le ridicule ne risque pas de tuer plus que la grippe. Le Journal Libération publie une pétition de chercheurs, médecins, hommes politiques, responsables syndicaux, qui s'élèvent avec vigueur contre la "gestion liberticide" de la probable ou éventuelle pandémie. Il y a de quoi en effet s'inquiéter pour les libertés publiques. Mesurez avec moi l'ampleur des atteintes. Elles sont considérables. Le Maire du GUILVINEC (bourg de notoriété internationale, on en conviendra) vient de prendre un arrêté municipal interdisant que l'on s'embrasse dans les écoles et dans la rue ; les responsables d'une banque veulent rendre obligatoire la vaccination (que leur établissement prendrait à sa charge, du reste). Le Syndicat de la Magistrature dénonce un plan secret de la chancellerie pour assurer la continuité de la justice en cas de pandémie. Le Journal Libération en publie les grandes lignes (on se demande comment il s'est procuré le document) : huis clos, juge unique, absence de débat contradictoire, prolongation des détentions provisoires sans audience ni débat, mineurs jugés en correctionnelle, délais de prescription suspendus etc. Des mesures prises par voie d’ordonnance et qui relèvent, selon les signataires de la pétition, d’une "justice d’exception". Il est clair qu'il vaudrait beaucoup mieux que tout fût bloqué, que les juges, les gardiens de prison, les prévenus, les avocats fussent contaminés, égrotants, cloués au lit par la fièvre, de façon que, tous étant égaux devant la loi , mais surtout devant la maladie, il y ait une paralysie totale de la justice.


Parmi les signataires de ce poulet ridicule, on note avec regret la présence madame Françoise BARRE-SINOUSSI, Prix Nobel ; il y a bien entendu les habituels pétitionnaires "de gauche" (ah ! Fourmi, ça me démange...) Martine AUBRY, Noël MAMERE, Cécile DUFLOT, Marie-Georges BUFFET, François CHEREQUE (habituellement mieux inspiré), Olivier BERNARD (Médecins du Monde), Rony BRAUMAN (Samu social, dit la dépêche ; moi, je croyais que le fondateur de ce mouvement était monsieur Xavier EMMANUELLI).


Et comme le style de ces hautes personnalités est beau comme l'antique, la pétition se termine par un appel à "préserver la démocratie dans la gestion de cette crise" et "à mettre au premier plan de la riposte collective, la solidarité". Solidarité dans la contagion sans doute.


Ah, je vais vous dire ce que BERNANOS pensait des intellectuels dans La France contre le robots : Les imbéciles sont capables de discuter indéfiniment sur n'importe quelle question, mais ils se garderont bien de la poser d'une telle manière qu'ils soient forcés d'y répondre.
Et il ajoute, un peu plus loin : L'expérience m'a montré que l'imbécile n'est jamais simple, et très rarement ignorant. L'intellectuel devrait donc nous être, par définition, suspect ? Certainement. Je dis l'intellectuel, l'homme qui se donne lui-même ce titre, en raison des connaissances et des diplômes qu'il possède. [...] Oui, dussè-je, une fois de plus, perdre en un instant tout le bénéfice de mon habituelle modération [sic], j'irai jusqu'au bout de ma pensée. L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire.
Et je ne puis m'empêcher d'ajouter à cela ce que dit Marcel DE CORTE, dans son remarquable ouvrage L'intelligence en péril de mort que j'évoquais dans mon précédent billet : L'idéalisme attire tous les esprits qui renâclent devant l'effort à déployer pour épouser le réel et qui prétendent, malgré leur démission ou à cause de leur démission même, offrir une solution à tous les problèmes humains, fût-ce au prix de la suppression de tous les problèmes et de leur caractère humain. Il va comme un gant à tous ceux qui sacrifient les leçons de l'expérience et de la tradition à leurs propres leçons.
Alors tous ces gens qui pétitionnent, s'agitent, glosent, discutent, supputent, ont-ils perdu la mémoire, eux qui, au moment de la canicule critiquaient le ministre de la santé, monsieur MATTEI, parce qu'il avait traité la question de son lieu de vacances ? Ainsi, d'un côté, ils se plaignent que l'Etat ne soit point intervenu comme il convenait, et de l'autre ils combattent les mesures que les autorités prennent au nom d'un principe, le principe de précaution, dont ils sont les inventeurs. Masques et Tartuffes, un peu plus de pudeur s'il vous plaît.

Vous l'avais-je point dit (bis) ?

Petit à petit, la vérité sort du puits. Il vous souvient sans doute que j'avais évoqué dans mon billet intitulé "Satellites" que l'affaire de l'Arctic sea était une affaire d'Etat, et qu'elle dissimulait sans doute un trafic d'armes ou un transport de matières fissiles, commandité par des mafieux russes.
Nous apprenons par le journal gratuit Direct Matin, en date du 7 septembre, confirmé par un autre journal gratuit, 20 minutes du 8 septembre, que ce bateau transportait, outre du bois (prétexte), des missiles à destination de l'IRAN (réalité). Chose curieuse, le premier de ces journaux donne comme source de son information le Sunday Times du 6 septembre, et le second, le journal autrichien Salzburger Nachrichten (date non donnée). Il faudrait savoir pourquoi on cite deux sources différentes, comme si l'on avait voulu distiller la nouvelle par plusieurs canaux. Les deux journaux indiquent que le bateau était suivi de très près par les services secrets israéliens, qui auraient eux-mêmes recruté les pirates avant d'alerter MOSCOU du trafic mafieux (Sunday Times), obligeant ainsi la RUSSIE à intervenir pour ne pas perdre la face. Le prétexte eût été trop beau pour ISRAËL, et l'on craignait sans doute une réaction musclée de JERUSALEM à ce trafic, d'où le relatif étouffement de l'affaire.
Ainsi tout s'explique. Le temps de vérifier la véracité de la nouvelle, la séquestration et le rapatriement ultra-rapide des marins, la capture relativement aisée de quelques pirates qui ne devaient sans doute pas beaucoup craindre les foudres de la RUSSIE en raison de ce qu'ils savaient et pouvaient balancer à la face du monde.
Chose également très curieuse, à ma connaissance, aucun quotidien et en tout cas aucun journal télévisé ne semble avoir repris la nouvelle. Vous avez dit bizarre ?

Le réel nous résiste

Je répondrai plus en détail à la contribution-commentaire de Fourmi sur PICASSO. Mais, puisqu'elle m'y invite, je vais développer la notion : "le réel est ce qui nous résiste".
Quand je veux planter un clou dans un mur, il me faut prendre un marteau. Car le mur résiste au clou, et il ne suffit pas que je claque dans les doigts pour parvenir à mes fins. Le mur et le clou sont des objets réels qui ne se laissent pas manipuler sans effort. Si je ne mets pas d'essence dans le réservoir de ma voiture, elle finira par s'arrêter. Car, réellement, elle a besoin de carburant pour avancer. Montons d'un cran. Un homme aime une femme qui ne lui rend pas son amour. Le réel est bien là qui la fait résister aux avances de cet homme. Et un peintre ? Où est le réel du peintre ? Tant que le peintre a eu pour souci de rendre au mieux ce qu'il voyait (nature morte) ou imaginait (scènes mythologiques ou religieuses), il s'est efforcé de rendre sur la toile les couleurs, les contours, l'atmosphère de son "sujet" (mot banni aujourd'hui). Et c'est pourquoi il nous est possible de repérer, grâce à l'analyse aux rayons X, les tableaux des anciens maîtres, les retouches et les repentirs des grands maîtres. Le réel des formes, des couleurs, de l'atmosphère leur résistait et, hormis quelques génies, il est rare qu'ils aient peint d'un premier jet. Ils s'efforçaient de rendre la réalité sublimée par leur talent.
Quand PICASSO torture les visages féminins, il n'est pas dans le réel. Car ces visages ne lui résistent en aucune manière. Il est vrai - je l'ai vérifié dans le film de CLOUZOT - qu'il a été un champion des repentirs picturaux. Mais qu'est-ce qui lui résistait alors ?
Alors je vais terminer par une citation de Marcel DE CORTE (L'intelligence en péril de mort ; chapitre 1 ; les Intellectuels et l'Utopie)
"Du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, le régime le plus général sous lequel a vécu et vit encore, si l'on peut dire, l'humanité, est la dictature de l'intelligence telle qu'elle est devenue depuis qu'elle est monopolisée par les intellectuels développés, sous-développés ou en voie de développement. Il n'est pas d'époque de l'histoire où l'humanité ait délibérément reconnu aux "lettrés" ce redoutable et exorbitant privilège de la conduire vers un nouveau paradis terrestre, des lendemains qui chantent, un point Oméga, une fraternité planétaire, un communisme universel, une démocratie mondiale, une fusion oecuménique de tous les théismes, athéismes, monothéismes et polythéismes, bref vers l'utopie."
Eh bien moi je résiste à ces tentatives totalitaires de contrôle par quelques têtes d'oeuf, et si j'utilise mon intelligence, c'est d'abord pour explorer un réel qui ne me doit rien pour exister, et devant lequel je m'incline avec le plus d'humilité possible.

lundi 7 septembre 2009

Pourquoi ?

Je reviens sur mon séjour à AIX-EN-PROVENCE. Il m'inspire deux pourquoi ? Le premier est relatif à l'accueil mitigé que la critique parisienne (Le Monde, Le Nouvel Observateur, Libération) a fait à l'exposition Picasso-Cézanne. Je n'ai pas lu ces critiques. Leur teneur générale m'a été rapportée par une habitante d'AIX qui habite juste devant le Musée GRANET où se tient l'exposition. Il semblerait que ces messieurs, qui rédigent sans doute leur papier dans les cafés chics du Boulevard Saint-Germain, aient jugé que l'exposition tenait à un prétexte, que le rapprochement entre les deux peintres était artificiels, etc. Comme ci le rapprochement parisien de PICASSO et des Maîtres anciens ne l'était pas ? En vérité, celui-ci se justifie pleinement. PICCASSO était un grand collectionneur de tableaux de CEZANNE. Il avait acheté le château de VAUVENARGUES et des hectares de terre au pied de la montagne Sainte-Victoire et il proclamait bien fort : "J'ai acheté la Sainte-Victoire de Cézanne" (je cite de mémoire). Et si l'exposition pouvait se passer de quelques dessins ou esquisses, superfétatoires, elle nous donne à voir des chefs-d'oeuvre. De CEZANNE, un arlequin tout de rouge et de pourpre vêtu évoque - au point qu'on peut s'y tromper - un arlequin de PICASSO (qui a eu les honneurs d'un timbre), et un arlequin de PICASSO, dans des couleurs pastel, qui lui fait pendant, est une véritable splendeur. Le portrait de la mère de PICASSO par son fils est saisissant, comme l'autoportrait du peintre au crayon qui est digne des plus grands dessinateurs italiens de la Renaissance. Il y a aussi des portraits de Jacqueline. Un tableau de la Sainte-Victoire, peint par CEZANNE annonce le cubisme. Et, même si je n'aime pas les portraits picassiens torturés de femme, qui nous sont présentés sur les cimaises, je reconnais qu'il y a dans cette décomposition des formes quelque chose de saisissant. Bref une très belle exposition.
Mon deuxième "pourquoi" ? Il porte toujours sur PICASSO. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône a eu la bonne idée d'organiser une petite exposition parallèle intitulée "Le geste de PICASSO". On peut y remarquer des céramiques de l'époque de VALLAURIS, mais surtout, il nous est loisible, pendant plus d'une heure d'admirer le film que CLOUZOT fit sur PICASSO en train de créer. Le peintre est derrière sa toile. On ne nous montre les traits et les couleurs animant la toile que par transparence. Le montage est tel que, souvent, on voit les états successifs du travail, états très rapprochés, mais présentés de manière discontinue. Et l'on se dit : "Comment un tel génie, un dessinateur aussi exceptionnel que cet homme, a-t-il pu prostituer son talent aussi bêtement ?". En effet, chaque toile qui naît sous nos yeux, commence toujours par un dessin absolument parfait, jailli en quelques traits. Ainsi, le picador en train de braquer sa lance sur un taureau furieux - est-ce DON QUICHOTTE ? Au loin, on croit distinguer sur la montagne des traces de moulins à vent - est dessiné en 5 à 6 secondes à peine. Et le résultat est prodigieux de proportion, de force, de précision, d'autant que le tout est noir et que, au terme de ce qui paraissait être un simple gribouillis, on voit émerger les silhouettes du brave et de l'animal furieux. Ici encore, la cafetière peinte en trois ou quatre coups, en traits épais de couleur bleu : à coup sûr, il faut la main d'un génie. Et puis tout se gâte. On surcharge, on déforme, on met des couleurs hurlantes, on accumule les repentirs, et au bout du compte, il y a ces productions qui font s'esbaudir l'homme au fait des tendances, mais laissent le petit enfant et ses yeux naïfs, plein de stupeur et qui dit à son papa en train de faire semblant d'admirer de somptueux mais invisibles habits : "Pourquoi le Roi il est tout nu, papa ?".
Voilà donc mes deux pourquoi. Que les admirateurs de PICASSO ne m'en veuillent pas. J'ai dit ce que je pensais.

samedi 5 septembre 2009

Il a bon dos le dioxyde de carbone

Il y a quelques jours, dans la réponse que je faisais à l'un de mes lecteurs, je disais ma perplexité, et l'incapacité dans laquelle je me trouvais de trancher cette ténébreuse histoire de la "taxe carbone". Ma lanterne est maintenant éclairée, et je partage l'avis de mon commentateur. C'est une fumisterie. Me direz-vous, comment éclairâtes-vous ladite lanterne ? Fort simple. Il m'a suffi de lire un livre tout à fait remarquable, informé, bourré de références bibliographiques, argumenté, qui a pour auteur Vaclav KLAUS, Premier Ministre tchèque. On sait que les médias français ne l'aiment guère, et le taxent, un peu rapidement, d'eurosceptique.


D'abord le titre de l'ouvrage : Planète bleue en péril vert. Qu'est-ce qui est en danger aujourd'hui : le climat ou la liberté. Il est édité par l'IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales, Paris, 2009) Mais il faut aller sur le site http://www.irefeurope.org/ pour savoir comment se le procurer. On me l'avait prêté et je me suis épargné la peine d'avoir à le trouver en librairie.


Dans un premier chapitre, l'auteur explique, références historiques et citations à l'appui que l'idéologie écologiste (qu'il nomme environnementaliste) se rapporte à la liberté humaine et non point à l'environnement. Mais le chapitre le plus informatif est le chapitre 6 : Le réchauffement de la planète : qu'en est-il en réalité ?

On apprend ainsi que les cycles climatiques historiquement étudiables ont une durée de 1.500 ans. Les auteurs qui ont forgé ce concept (S.F. SINGER et D.T. AVERY, La preuve physique de l'irrésistible cycle climatique de 1500 ans de la terre), admettent tout-à-fait que nous traversons une ère de réchauffement, mais, avec d'autres (vrais) savants, ils montrent que le responsable de la "variation naturelle du climat sur Terre est le Soleil", et non pas l'activité humaine. Cette notion de cycle est fort bien illustrée par l'histoire des glaciers. Certains d'entre eux ont commencé à reculer à partir de 1850, et il n'existe aucune preuve que les glaciers arctiques aient reculé PLUS RAPIDEMENT au cours du XXe siècle qu'à celui du XIXe. Plus encore, la fonte des glaces ralentit d'année en année. Les glaciers alpins ont perdu 60 % de leur masse depuis 1850. Mais l'évolution de cette perte est très intéressante. La perte a été de 20 % entre 1855 et 1890. La masse de ces glaciers est restée stable de 1890 à 1925. Elle a encore diminué de 26 % entre 1925 et 1960, s'est stabilisée entre 1965 et 1980, et n'a diminué que de 5 % après 1980. Ainsi la fonte des glaciers n'est pas une fonction directe de l'augmentation de la température. Un autre exemple est très intéressant. La région du KILIMANDJARO voit sa température baisser depuis des décennies, et pourtant la masse du glacier ne cesse de diminuer depuis plus de 100 ans, en raison de la baisse sur le long terme de l'humidité.


Il n'existe aucune étude scientifique prouvant de manière irréfutable que le réchauffement climatique, évident, est provoqué par une certaine forme d'activité humaine. C'est du reste ce que dit Malcolm ROSS, Président de la Société Américaine de Météorologie : L'idée que les hommes contribuent SIGNIFICATIVEMENT au réchauffement planétaire est la plus grosse supercherie scientifique dont il a été le témoin.


L'analyse du compte-rendu public Résumé pour les politiciens du rapport du GIEC-IPCC, commanditée par l'ONU a été reprise par un groupe d'experts indépendants qui a publié un Résumé indépendant à l'usage des politiques. Il est impossible de reprendre dans ce billet la totalité des conclusions de ces experts ; j'en retiendrai deux ou trois.


(a) Les arguments selon lesquels les gaz à effet de serre ont ou sont susceptible d'entraîner un réchauffement climatique sont sérieux et méritent notre attention. Néanmoins, cette hypothèse ne peut être prouvée par des arguments théoriques formels, et les données disponibles autorisent à le discuter de façon crédible.


(b) Tandis que le niveau de la mer s'est élevé de 120 mètres au cours des derniers millénaires qui ont suivi la fin de l'ère glaciaire, il s'est stabilisé il y a 2000 à 3000 ans. L'ère actuelle montre que le niveau général des mers s'élève de 2 à 3 mm par an.


(c) L'activité solaire (cause essentielle des modifications climatiques, je vous le rappelle) a été exceptionnellement importante au XXe siècle, en comparaison des 400 dernières années. (Le réchauffement ne se produit pas seulement sur Terre, mais aussi sur Mars, Jupiter, Saturne et même Pluton, dit un spécialiste tchèque, Lubos MOTL.)


Et les auteurs de ce rapport d'indiquer qu'attribuer l'origine du changement climatique au facteur humain en fin de compte affaire d'opinion. Là est le point essentiel. C'est une opinion, dont les environnementalistes ont fait un dogme qu'ils s'efforcent de nous faire avaler par tous les moyens de pressions, médiatiques, politiques, idéologiques, en menaçant gravement nos libertés, et en faisant peser sur le développement des pays pauvres des terribles menaces de récessions.


Je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage. Il est celui d'un économiste, qui démontre que la liberté va de pair avec le bien être humain, et que le développement technique maîtrisé, joint à des attitudes personnelles respectueuses de l'environnement sont suffisants pour maîtriser les effets du réel mais très modeste réchauffement climatique, dont il se plaît à souligner quelques effets bénéfiques potentiels (comme la possibilité de mettre en culture les terres présentement gelées de la Sibérie).


La conclusion revient à Michael CRICHTON cité par l'auteur : Le plus grand défi auquel l'humanité soit confronté est celui de distinguer le réel de l'imaginaire et la vérité de la propagande.


Le dioxyde de carbone a bon dos. La caque contemporaine de monsieur le député COHN-BENDIT sent le hareng soixante-huitard de Dany le ROUGE.

Drôle de mausolée

A-t-on idée de s'appeler SEC quand on habite une ville d'eau, AIX en l'occurrence ? Le Joseph SEC qui a fait ériger un monument à son nom, rue Pasteur, à cent mètres de l'enceinte nord de la vieille ville, n'a sans doute pas été sensible à l'ironie du contraste. Passons. Le monument qui porte la date du 26 février 1792 (la République n'était pas encore proclamée) est l'un des rares qui aient été érigés pendant la Révolution, plus soucieuse de détruire les édifices religieux, que d'ériger des monuments utiles aux citoyens. Il est fait de cette pierre blonde, (probablement de la "Pierre de la Couronne", ô ironie) légèrement poreuse d'aspect, et pourtant assez résistante, et il est beau. Il illustre à lui tout seul la naïveté pathétique, enflée, et emphatique de la période. A gauche de la plaque dédiant le monument à ville d'AIX, "observatrice des lois", surmonté d'une sorte de stèle, monsieur SEC, en effet, a fait graver le quatrain que voici :
Sorti d'un cruel esclavage,
Je n'ai d'autre maître que moi,
Mais de ma liberté je ne veux faire usage,
Que pour obéir à la Loi.
Quand on connaît l'art avec lequel les habitants de la Provence arrivent à contourner la Loi le plus légalement du monde, on se pose quelques questions quant aux répercussions qu'a eu cette belle profession de foi sur les habitants de la cité aixoise ! Passons encore. Il n'y a là aucune critique des Provençaux que je chéris particulièrement pour leur humour et leur légèreté.
Et poursuivons. A droite de la plaque, un autre quatrain qui laisse rêveur :
Fidèle observateur de ces lois admirables
Qu'un Dieu lui-même a daigné nous dicter,
Chaque jour à mes yeux, elles sont plus admirables,
Et je mourrais plutôt que de m'en écarter.
Je m'interroges sur la métrique du troisièmes vers. Il me semble qu'amuïr le "e" du pronom "elles" n'est pas conforme à ce que disaient et BOILEAU et VAUGELAS sur le dénombrement des pieds. Mais enfin, passons encore. Je ne vois pas comment il est possible de quitter un cruel esclavage dont la nature ne nous est pas précisée, pour tomber dans un esclavage plus cruel encore, qui nous ferait préférer la mort à l'inobservation de règles tombées du ciel. Tout cela est faux, ampoulé, ridicule. L'histoire ne nous dit pas si, après avoir commis ce monument, monsieur SEC a été proscrit, banni, guillotiné peut-être, pour avoir invoqué le patronage d'un tyran plus honni encore que le roi.
Un de mes proches, homme d'esprit, disait, au moment où monsieur MITTERRAND parlait du "Coup d'Etat permanent" qu'aurait perpétré contre la République l'un des derniers Grands Français, le Général de GAULLE : "Je préfère un grand con que cent petits". On pardonnera, je l'espère, la trivialité relative de l'expression, mais elle dit bien ce qu'elle veut dire. Dommage que monsieur SEC ne l'ait point connu.

Les fontaines d'Aix-en-Provence

Aix est une ville délicieuse. Je ne me suis point lassé d'en arpenter les rues, les places et les ruelles, de me tordre le cou pour admirer les façades des hôtels des XVIIe et XVIIIe siècles, les plus beaux sans doute que j'aie jamais vus. Il faut voir comment, vers les six heures du soir (heure d'été), les mascarons et le fronton de l'ancienne halle aux grains, Place de la Mairie, s'animent. Les rayons du soleil viennent raser très exactement les murs de ce chef d'oeuvre d'architecture. On dirait alors que la déesse (Cérès ?) dont une jambe pend avec grâce dans le vide - c'est une audace architectonique rare - attendait ce moment pour s'élancer vers la terre féconde qu'elle protège.
Et puis il y a les fontaines dont les eaux, jaillissant en jets puissants ou menus, retombent en bruissant dans des bassins limpides. Chaque place a la sienne, majestueuse ou simple, mais toujours faite pour le plaisir du promeneur : fontaine de la Rotonde, fontaine des Quatre Dauphins, fontaine de la Mairie, triste fontaine - celle-là est muette en effet - de la Place d'Albertas, et celle de la Place des Augustins, et tant d'autres encore.
Les femmes y sont belles, élégantes et graves. Et à ma courte honte, j'ai eu plaisir à les voir traverser la Place de la Mairie, le front haut, la taille dégagée, arborant un sourire léger. J'étais assis alors, sous l'auvent d'un café, et je buvais un pastis en grignotant des amandes, sans songer à rien d'autre qu'à la douceur du temps, goûtant la brise qui venait atténuer les ardeurs d'un jour encore brûlant.
La cathédrale est l'un des rares édifices religieux dont le baptistère soit resté continuellement en service depuis 1.500 ans, et l'est encore. Il est superbe avec les colonnes de marbre sombre qui en rythme l'espace. Il est lumineux, il parle, il est l'écho mystique des profanes fontaines de la ville.
Toute affaire cessante, et si vous en avez le loisir bien sûr, profitez des premiers jours de l'automne pour aller à Aix-en-Provence. Le temps semble s'y être arrêté ; en dépit de ce que disent les esprits chagrins et envieux, il devait y faire bon vivre du temps où l'aristocratique cité était la capitale du Comté de Provence. Et j'aime le petit clin d'oeil que la ville rebelle fait à la République. Sur chacun des écussons des corniches qui surmontent les fenêtres de la façade, il y une inscription : les trois du centre mentionnent la devise républicaine : Liberté - Égalité - Fraternité, mais celui de gauche exalte la Générosité et celui de droite la Probité ; tout un programme pour les historiens qui nous racontent la Révolution.